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  • Prix Galien 2019 : Anamnèse et Eyeneed, lauréats du volet « e-santé »

    Anamnèse et Eyeneed décrochent le prix Galien « e-santé », respectivement dans les catégories « amélioration dans le parcours de soins » et « amélioration dans la prise en charge d’une pathologie ». Au total, 10 sociétés ont été couronnées lors de la cérémonie de remise des prix, qui s’est tenue le 16 décembre 2019 à Paris.

    Anamnèse : il s’agit d’une intelligence artificielle (IA) médicale multilingue qui assiste les professionnels de santé en questionnant les patients en amont « pour structurer un dossier médical exhaustif permettant ainsi la régulation et l’optimisation du parcours de soins des patients » (communiqué). Le jury a plus précisément récompensé Géri’App, une version d’Anamnèse dédiée à la coordination des soins Ehpad-ville-hôpital, développée à la demande du service des urgences de l’Hôtel-Dieu et de l’Ehpad départemental du Creusot (Bourgogne-Franche-Comté).

    Eyeneed : présenté comme un « secrétariat numérique intelligent », Eyeneed est un projet de plateforme nationale de la santé visuelle dont l’objectif est de diminuer les délais en ophtalmologie et d’améliorer la prise en charge des patients (accès aux soins pour tous).

    Prix Galien 2019 : les lauréats du volet « e-santé »

    Prix Galien 2019 : les 10 lauréats

  • J&J Innovation investit 7,5 M€ dans le capital de Mauna Kea Technologies (plateforme Cellvizio)

    Mauna Kea Technologies (MKEA), une société française commercialisant une plateforme multidisciplinaire d’endomicroscopie confocale laser, annonce un investissement stratégique de 7,5 millions d’euros par Johnson & Johnson Innovation (JJDC). Dans le cadre de cet accord, JJDC, l’entité stratégique de venture investissement de J&J, va acquérir « 5 357 142 actions ordinaires MKEA nouvelles au prix de 1,40 euros par action, représentant un montant total de 7,5 millions d’euros », indique l’entreprise dans un communiqué publié le 16 décembre 2019.

    Les nouvelles actions ordinaires seront assimilées aux actions existantes de Mauna Kea Technologies. « JJDC détiendra environ 17,5 % du total des actions ordinaires en circulation à la suite de cette opération », précise MKEA, ajoutant que JJDC n’aura « aucun droit » à être représenté au conseil d’administration.

    « Cet investissement stratégique fera avancer notre collaboration avec la Lung Cancer Initiative (LCI) de Johnson & Johnson, laquelle travaille sur le développement de nouvelles approches diagnostiques et thérapeutiques pour lutter contre le cancer du poumon« , commente Robert L. Gershon, directeur général de Mauna Kea Technologies.

    MKEA, une entreprise française également basée aux États-Unis, développe la plateforme Cellvizio et la mini-sonde confocale AQ-Flex 19, conçues pour être utilisées avec les bronchoscopes, aiguilles transbronchiques et autres accessoires bronchoscopiques existants, « ce qui en fait une option de choix pour une utilisation avec les nouvelles plateformes robotiques et les plateformes de navigation avancées existantes« , complète le responsable.

    Pour rappel, le dispositif médical a obtenu l’approbation de la FDA en décembre 2017.

    Cellvizio : les images microscopiques des tissus fournies instantanément

    Cellvizio est un système d’endomicroscopie qui fournit instantanément aux praticiens des images microscopiques des tissus, explique Mauna Kea Technologies sur son site web. Ce système de reconnaissance des critères permet « une prise de décision facilitée et améliore la prise en charge des patients ».

    Un DM qui explore la micro-architecture des tissus

    La solution proposée par la société se situe entre la médecine et l’astrophysique car son microscope confocal par laser est équipé d’un microscope minuscule capable de générer des images au niveau cellulaire en temps réel. Cette capacité lui confère la possibilité d’éliminer ce qui équivaut, dans le cadre d’un examen histologique classique, à la coupe physique des échantillons de tissu extraits par endoscopie ou biopsie.

    Son endoscope ou un accessoire endoscopique permet d’explorer des tractus anatomiques gastro-intestinal, urinaire ou respiratoire, ou des tissus adjacents à ces tractus.

    L’avantage que procure Cellvizio tient à la possibilité de combiner l’imagerie microscopique, le traitement des données et l’informatique cognitive afin de guider le chirurgien au bloc opératoire en temps réel par les images d’un anatomopathologiste.

    Les études cliniques ont montré que Cellvizio pouvait présenter des avantages « à chaque étape de la prise en charge des patients et dans diverses indications », notamment :

    • l’endobrachyœsophage,
    • les lésions gastriques
    • les sténoses bilio-pancréatiques,
    • les kystes pancréatiques,
    • les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI),
    • les lésions colorectales,
    • les nodules pulmonaires,
    • les lésions du tractus urinaire.

    Dans le détail, selon les études cliniques réalisées, Cellvizio permet :

    • en cas de kystes pancréatique, d’améliorer la caractérisation des kystes indéterminés, et à la fois, sachant que 50 % des kystes mucineux ne sont pas détectés par la cytologie, de confirmer une impression échoendoscopique ;
    • en cas de sténose biliaire, d’écarter le diagnostic de cancer de façon confiante pour les sténoses d’apparence bénignes, là où le processus classique nécessite au moins 3 procédures de cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) sans la possibilité de qualifier précisément : à noter que 15 % à 24 % des résections chirurgicales réalisées pour des sténoses supposées malignes, révèlent un caractère bénin ;
    • en cas de lésions colorectales, d’évaluer en temps réel l’étendue des lésions colorectales, sans nécessiter d’examen supplémentaire dans un second temps par un laboratoire, et d’évaluer l’évolution de la maladie au niveau de la muqueuse afin de proposer le traitement le plus adéquat possible (recours aux médicaments ou pas, durée du traitement, etc.).
  • Étude : essor de la télécontraception et surestimation de la sécurité des nouvelles pratiques

    L’Association des pharmaciens américains (AphA) estime que la télécontraception pourrait permettre de rétablir une certaine égalité d’accès aux médicaments contraceptifs tout en garantissant la sécurité des patientes.

    Cette affirmation de l’AphA, émise dans un communiqué daté du 1er novembre 2019, est en fait fondée sur les résultats d’une étude* publiée en septembre 2019 dans le New England Journal of Medicine. Largement diffusée dans le monde anglo-saxon, cette recherche intitulée « A Study of Telecontraception » (« Une étude de la télécontraception« )* montre par une méthodologie utilisant de fausses patientes :
    • que la télécontraception pourrait faciliter l’accès à la contraception pour toutes ;
    • que certains sites de télécontraception respecteraient mieux les recommandations de prescription que certaines cliniques américaines spécialisées dans les consultations physiques de contraception ;
    • que le service proposé par la plupart des sites internet est plutôt sûr.

    Les auteurs précisent cependant que le service de télécontraception proposé par ces nouveaux acteurs n’est pas parfait. En effet, ces derniers devraient :
    • s’intéresser un peu plus au suivi de l’observance des médicaments prescrits ;
    • mieux contrôler les contre-indications rares aux contraceptifs oraux éventuellement présentées par certaines patientes ;
    • mieux informer les patientes de l’existence d’alternatives aux contraceptifs oraux.

    La télécontraception, pratique visant à faciliter l’accès à des moyens de contraception sur ordonnance par consultation à distance de professionnels de santé, émerge aux États-Unis. De plus en plus de sites internet proposent ce service en ligne, un nombre croissant de patientes tente d’obtenir une pilule contraceptive sans solliciter de consultation physique chez un prescripteur, et plusieurs associations de professionnels partagent publiquement l’engouement des femmes pour cette nouvelle pratique.

    L’enthousiasme pour les premiers résultats de cette étude s’exprime dans le contexte d’intenses débats aux États-Unis concernant la réglementation de l’accès aux contraceptifs hormonaux : de nombreuses patientes et de nombreux gynécologues demandent à ce que les contraceptifs oraux (pilules) et locaux (anneaux vaginaux, etc.) actuellement sur ordonnance obligatoire deviennent disponibles sans prescription (over the counter – OTC).

    En France, alors que la télémédecine émerge notamment en gynécologie, la télécontraception telle qu’elle est pratiquée aux États-Unis ne semble pas suivre un développement aussi rapide.

    La télécontraception évaluée sur 9 plateformes en ligne américaines

    Service évalué

    Les auteurs ont évalué le service de télécontraception rendu par 9 plateformes en ligne américaines (non nommées dans l’étude). Ce service de télécontraception permet aux patientes de recevoir par courrier ou directement dans leur pharmacie une prescription de contraceptifs après connexion à la plateforme et remplissage d’un questionnaire éventuellement suivi d’un échange de messages ou d’un appel vidéo. Les auteurs ne précisent pas pourquoi ces 9 plateformes ont été sélectionnées (n’en existe-t-il que 9 aux États-Unis ? Ces plateformes sont-elles les plus utilisées ? etc.).

    Les auteurs se sont attachés à examiner l’efficacité des questionnaires concernant le dépistage de contre-indications à certains contraceptifs hormonaux et de l’inobservance de traitements quotidiens. Ces questionnaires sont-ils suffisamment robustes pour mettre en évidence les contre-indications présentées par certaines patientes et éviter que ces dernières ne reçoivent une prescription dangereuse pour leur santé ? Permettent-ils de prévoir l’observance des patientes ? Ces questions sont assimilées par les auteurs à celle de la sécurité du service proposé.

    Une méthode fondée sur le recours à des « patients secrets »

    Les auteurs ont recruté 7 patientes fictives. Le profil de chaque patiente était tel que chacune présentait soit des difficultés d’observance de la prise quotidienne d’un médicament, soit un ensemble de contre-indications relatives ou absolues aux contraceptifs oraux (antécédent de thrombose veineuse profonde ; allaitement et moins de 15 jours de post-partum ; migraine avec aura ; adénome hépatocellulaire).

    Entre octobre 2018 et mars 2019, les 7 patientes ont effectué 63 demandes de prescription pour des contraceptifs oraux auprès des 9 plateformes évaluées. Sur ces 63 demandes, 45 correspondaient à des profils comportant des contre-indications médicales aux pilules contraceptives, et 18 correspondaient à des profils de patientes non observantes.

    Des résultats mitigés notamment concernant la sécurité

    • Sécurité

    Deux des 9 plateformes ont contacté les patientes immédiatement après qu’elles aient rempli le questionnaire par appel vidéo. Au total, environ 30 % des connexions ont été suivies d’un échange soit écrit sous forme de messages texte, soit oral pendant un appel téléphonique, soit vidéo pendant un appel vidéo. 3 plateformes n’ont exigé aucune autre interaction patient-plateforme que le questionnaire.

    Sur les 45 visites au cours desquelles les patientes ont présenté des contre-indications médicales aux contraceptifs oraux, 3 ont mené à la prescription d’une pilule contre-indiquée : 93 % des sollicitations ont mené à une prise en charge non dangereuse pour les patientes.

    Aucune des plateformes examinées n’a vérifié l’aptitude des patients à observer quotidiennement le traitement par contraceptifs oraux.

    Concernant l’information des patientes, 2 des 9 plateformes ont rappelé aux patientes l’existence de moyens de contraception autres que la pilule.

    • Efficience

    Les plateformes choisies étaient disponibles dans chaque état des États-Unis.

    Chaque acte de télémédecine contraceptive a duré en moyenne entre 7,5 minutes (temps de connexion et de remplissage du questionnaire en ligne compris).

    Concernant le délai d’obtention de la prescription, des ordonnances ont été reçues par les patientes fictives soit le jour-même par voie électronique à la pharmacie, soit à leur domicile en version papier après une attente de 7 jours en moyenne (3 jours au minimum, 14 jours au maximum).

    Le coût total moyen d’une ordonnance de 12 mois pour un patient non assuré était de 313 dollars américain (environ 284 €) – coût à peu près équivalent à celui d’une consultation habituelle chez un spécialiste aux États-Unis.

    Conclusion : un faible niveau de preuve

    Dans leurs conclusions, les chercheurs ne discutent pas du nombre relativement faible d’actes de télécontraception effectués : 63 actes et 7 profils de patientes ne suffisent pas à obtenir des résultats hautement significatifs – cette étude reste à faible niveau de preuve.

    Par ailleurs, ils ne rappellent pas en clôture de l’article que 10 % des patientes concernées par des contre-indications à des contraceptifs oraux ont tout de même reçu une ordonnance pour des médicaments non adaptés à leur profil et potentiellement dangereux pour leur santé.

    Les auteurs indiquent simplement que les fournisseurs de services de télécontraception « pourraient améliorer la qualité de leur service en améliorant le dépistage de la non-observance du traitement par la patiente (…) et des contre-indications rares aux contraceptifs oraux ». 

    Ils incitent cependant ces plateformes à « s’assurer que les patientes connaissent [l’existence d’autres] contraceptifs ».

    Contexte de parution de l’étude : rendre la pilule plus accessible aux Etats-Unis

    Cette étude a été publiée dans un contexte d’intenses débats concernant l’accès aux contraceptifs hormonaux tels que les pilules contraceptives.

    La fin du mois de septembre a en effet été marqué aux États-Unis par un « World Contraception Day » (journée mondiale de la contraception) au cours duquel de nombreux professionnels de la santé et patientes ont réclamé à ce que tous les moyens de contraception deviennent disponibles sans ordonnance obligatoire (over the counter – OTC drugs), c’est-à-dire sans consultations obligatoires et régulières chez le médecin. Il s’agit, pour les militants, de réduire le nombre de grossesses non souhaitées en facilitant l’accès matériel (et non pas seulement l’accès économique qui a avoir avec la question de la couverture par les assurances) aux technologies de contrôle des naissances.

    Ce débat n’est en fait pas si nouveau puisqu’en 2012, l’American College of Obstetricians and Gynecologists proposait dans des recommandations de faire des pilules contraceptives et des autres contraceptifs hormonaux, anneaux vaginaux y compris, des médicaments à prescription non obligatoire, à l’instar des pilules de contraception d’urgence.

    La télémédecine contraceptive en France

    La télémédecine pour recevoir une réponse rapide à des interrogations en gynécologie

    Les plateformes de télémédecine développement depuis 2018 des services spécialisés en gynécologie. La plateforme MesDocteurs a par exemple développé le service de télémédecine gynécologique Parl’oGyn en mai 2018.

    Des statistiques diffusées par communiqué environ 6 mois après le lancement de Parl’oGyn permettent d’appréhender le succès de ce type de services auprès des utilisatrices françaises.

    Ces dernières ont en effet été environ 10 000 à consulter Parl’oGyn dans les 6 mois suivant son lancement en particulier pour une réponse immédiate à une question unique. 5 555 d’entre elles ont été mises en contact avec un gynécologue au sein d’un chat, 131 au cours d’un appel, et 18 lors d’une visioconférence : il s’agit de poser une question et d’obtenir une réponse rapide puis de consulter son médecin traitant ou son gynécologue habituel. « Ce projet est en support d’une consultation car plus de 70% des utilisatrices déclarent vouloir certainement ou probablement consulter leurs médecins traitants ou gynécologues suite à cet échange », a  en effet rapporté la société dans une infographie. Il ne s’agit donc pas d’échanges visant à mener uniquement et rapidement à l’obtention d’une ordonnance mais plutôt à solliciter un avis, une réponse à des questions relativement générales concernant la contraception, la grossesse ou la sexualité.

    Recevoir facilement une ordonnance électronique

    D’autres plateformes telles que la plateforme Feeli tendent cependant à se développer en gynécologie comme dans d’autres spécialités selon un modèle plus proche du modèle américain décrit. Elles permettent d’accéder facilement à une prescription.

    En effet, cette dernière plateforme, Feeli, propose elle aussi de remplir un questionnaire alors « examiné par un docteur » [source : site Feeli] et éventuellement complété par une prise de contact (messagerie, téléphone ou appel visio), puis de recevoir une ordonnance « numérique et personnalisée » au sein d’un « espace utilisateur ».

    L’entreprise n’a pas publié de statistiques permettant d’appréhender l’engouement éventuel des patientes françaises pour le secteur « gynécologie » de ce service.

    Télécontraception et risque de vente illégale de contraceptifs oraux sur internet

    D’autres plateformes francophones mais souvent non françaises proposant d’obtenir une contraception hormonale sans ordonnance se multiplient sur l’Internet français.

    Ces plateformes ressemblent à des plateformes de télémédecine gynécologique ou de télécontraception dans la mesure où :

    • elles semblent spécialisées en gynécologie ou contraception ;
    • elles proposent également de remplir un questionnaire visant à obtenir une ordonnance personnalisée.

    Cependant, ces plateformes sont souvent des sites internet facilitant la vente de pilules contraceptives en ligne : il s’agit, suite à la remise du questionnaire en ligne, de générer une ordonnance permettant à la patiente d’acheter directement des contraceptifs sur le site internet concerné.

    La vente des contraceptifs oraux en ligne est cependant interdite en France à l’instar de tout médicament soumis à prescription obligatoire. Seuls les moyens de contraception d’urgence tels que les pilules dites du lendemain (Levonorgestrel, Ulipristal), disponibles sans ordonnance, peuvent-être vendus sur Internet par des pharmacies agréées.

    Les médias diffusant des informations concernant la télécontraception devraient donc également alerter les patientes et insister sur la distinction entre télémédecine et pratiques frauduleuses de vente en ligne facilitée de médicaments soumis à prescription obligatoire.

  • Premier partenariat de la e-pharmacie Pillpack (Amazon) avec un programme de couverture santé

    Pillpack, pharmacie en ligne d’Amazon, conclut un premier partenariat avec un programme de couverture santé : les bénéficiaires de Blue Cross (Blue Cross Blue Shield of Massachusetts) , un organisme à but non lucratif, pourront gérer leurs ordonnances via la e-pharmacie rachetée en juin 2018 par le géant américain, de la commande à la livraison, indique Blue Cross dans un communiqué publié le 10 décembre 2019.

    Les bénéficiaires du programme auront accès aux services de Pillpack, et notamment :
    • à la livraison à domicile de médicaments pré-triés ;
    • à un emballage personnalisé portant la date, l’heure et le nom du médicament avec sa posologie ;
    • à un service d’assistance 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 assuré par des pharmaciens par téléphone, email ou chat ;
    • à un contact permanent de Pillpack avec leur médecin pour les renouvellements d’ordonnance.

    « En utilisant l’application ou le site web MyBlue pour atteindre Pillpack, les bénéficiaires qui prennent plusieurs médicaments n’auront plus besoin de faire la queue dans une pharmacie, ni de perdre du temps à trier les pilules ou à craindre de manquer une recharge« , soulignent les porte-paroles de Blue Cross. 

    Amazon a déjà modifié mi-novembre l’intitulé de Pillpack pour baptiser le service « PillPack by Amazon Pharmacy » et promu son patron-fondateur Terence Jonathan Parker au poste de vice-président d’Amazon.

    La presse évoquaient dès le mois de mai 2019 des négociations de PillPack avec les financeurs, relayant les appréhensions des gestionnaires de pharmacie (pharmacy benefit managers, PBMs), qui se sentent menacés dans leur position d’intermédiaire par ce nouvel acteur. Sa taille critique pourrait en effet lui permettre, selon les analystes, d’obtenir des baisses de prix sur les médicaments.

    Le groupe Surescripts, un des leaders de la prescription électronique aux États-Unis, a pris des mesures durant l’été 2019 pour empêcher Pillpack d’accéder aux données de ses clients et notamment à leur historique de médication.

  • Rapport A. Dufeu-Schubert sur le grand âge : un pack de services pour améliorer les soins à domicile

    La transformation des Ehpads, opérée dans le cadre d’un financement assuré par la Caisse des dépôts et consignations, « pourra être impulsée par l’Agence nationale d’appui à la performance (Anap) sur la base d’un cahier des charges « politique » prévoyant qu’au lieu de vie (domicile ou institution) soit associé un « pack de services » sanitaires, médico-sociaux, et sociaux ». Il s’agit de l’une des recommandations émises par la députée LREM de Loire-Atlantique (8ème circonscription) Audrey Dufeu-Schubert dans son rapport « Réussir la transition démographique et lutter contre l’âgisme » (86 propositions), remis à la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, indique son cabinet dans un communiqué publié le 16 décembre 2019.

    La député ajoute que les « personnes âgées devront absolument être associées à cette réflexion » ayant pour but de « redonner une véritable place au domicile pour changer le regard sur le vieillissement ».

    Autres propositions clés du rapport en lien avec la santé :

    • organiser sous l’égide de la Haute autorité de santé (HAS) une conférence de consensus citoyenne sur le risque à domicile et en institution de type « grand débat » ;
    • insistant sur « l’importance que chacun en vieillissant puisse affirmer ses choix et ses droits », notamment sur la question du maintien à domicile, Audrey Dufeu-Schubert propose dans son rapport de systématiser la rédaction des directives anticipées dans le dossier médical partagé (DMP) : dans le cadre de la mise en place du DMP, l’idée est de « conserver ou a minima [de] signaler » l’existence de directives anticipées afin de susciter une réflexion personnelle au moment de la création de ce DMP ;
    intégrer la prise en compte des besoins des consommateurs dans les labels existants HS2 (haute sécurité santé) et « Testé et approuvé par les seniors » : ces 2 labels montrent l’intérêt porté à la transition démographique cependant il serait intéressant qu’ils évoluent pour intégrer dès la conception des produits les besoins des personnes concernées avec l’avis d’équipes gériatriques, est-il noté dans le rapport ;
    labelliser un centre régional de la longévité par région : ces centres proposeront une approche pluridisciplinaire de l’âge dans une perspective gérontologique. Leur cahier des charges élaboré par le commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) et la HAS a pour but de garantir un accompagnement des collectivités et autres acteurs qui solliciteront ces centres ressources.

    L’ensemble des propositions feront l’objet d’un « examen attentif » de la part de la ministre, « dans la perspective de la réforme globale de la politique du grand âge et de l’autonomie », note le ministère.

  • Création d’une base de données nationale des défibrillateurs automatisés externes (arrêté)

    Il est créé une « base de données nationale des défibrillateurs automatisés externes (DAE) », permettant « le recueil et le traitement [de données relatives] aux lieux d’implantation, à l’accessibilité et aux caractéristiques techniques [des DEA] sur l’ensemble du territoire. » C’est ce qui est annoncé dans un arrêté publié au Journal officiel (JO) en novembre 2019 : la création de la base était prévue par la loi du 28 juin 2018 relative au défibrillateur cardiaque, elle-même issue d’une proposition de loi adoptée en octobre 2016. 

    La base de données nationale des DAE permettra :
    • aux exploitants de « répondre à l’obligation légale de déclaration » des données relatives aux défibrillateurs ;
    • « la diffusion et la mise à disposition » des données.

    Ces données sont transmises par l’exploitant, soit en ligne via un portail dédié, soit via une interface technique. L’accès à la base est géré par le directeur général de la santé.

    Il est précisé dans les annexes de l’arrêté que les données suivantes doivent obligatoirement être fournies par l’exploitant du DAE : nom de l’appareil, latitude et longitude, situation en intérieur ou en extérieur, accès libre ou non, jours et heures d’accessibilité, numéro de téléphone de la personne à contacter sur le site d’implantation, état de fonctionnement, raison sociale du fabricant, nom du modèle, numéro de série, date de dernière maintenance, ainsi que le numéro Siren, la raison sociale, le numéro de téléphone et l’adresse électronique de l’exploitant. L’adresse du DAE et son identifiant unique (IUD) font partie des données facultatives.

    La publication de ce texte intervient alors que l’obligation de détenir un DAE entre en vigueur le 1er janvier 2020 pour les ERP (établissements recevant du public) de catégories 1 à 3 (établissements recevant plus de 300 personnes) conformément au décret du 19 décembre 2018.

  • Étude : des millions d’économies potentielles grâce à une IA prédisant les soins aux seniors (USA)

    Un modèle de réseau de neurones profond est parvenu à prévoir les visites dans les établissements de santé des personnes âgées. Ce système d’intelligence artificielle (IA), créé par des chercheurs finlandais, s’est révélé plus efficace que les modèles de régression traditionnels couramment utilisés pour prédire la fréquence de recours aux soins. Les auteurs de l’étude* parue en décembre 2019 dans Proceedings of Machine Learning Research (anciennement le Journal of Machine Learning Research), estiment que cet outil pourrait faire économiser des millions de dollars.

    L’intelligence artificielle pour anticiper la charge de travail

    De nombreux établissements de santé utilisent des systèmes pour prévoir les taux de recours aux soins et ainsi débloquer les ressources adéquates. Aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Allemagne, notamment, ces modèles d’ajustement au risque sont basés sur le décompte des diagnostics de l’année précédente, le profil démographique des patients (âge, sexe) mais aussi leurs caractéristiques socio-économiques. Cependant, ces modèles de régression statistique ne sont pas d’une grande précision.

    Des chercheurs du Centre finlandais pour l’intelligence artificielle (IA), de l’Université Aalto, de l’Université d’Helsinki et de l’Institut finlandais de la santé et du bien-être ont donc décidé d’utiliser l’IA pour améliorer leurs prévisions. La démarche est relativement inédite car les applications du machine learning (apprentissage automatique) dans le domaine de l’allocation des ressources de soins de santé est assez rare.

    Un réseau de neurones basé sur 1,4 million de dossiers électroniques

    L’enjeu économique est majeure car comme l’explique Pekka Marttinen, professeur adjoint à l’Université Aalto et au Centre finlandais pour l’intelligence artificielle, « sans modèle d’ajustement du risque, les établissements de soins dont les patients sont plus souvent malades que la moyenne des gens seraient traités injustement ». Pour construire leur réseau de neurones, ils ont choisi les personnes âgées qui « sont un bon exemple d’un tel groupe de patients. L’objectif du modèle est de prendre en compte ces différences entre les groupes de patients lors de la prise de décisions de financement », explique Pekka Marttinen.

    Les chercheurs ont donc utilisé les dossiers de santé électroniques de 1,4 million de citoyens finlandais, âgés de 65 ans et plus, pour développer un modèle d’apprentissage approfondi (deep learning) séquentiel qui peut prédire quand et pourquoi les personnes âgées utiliseront les services de santé au cours de l’année suivante, et ce au niveau individuel. Les résultats de cette étude ont été publiés en décembre 2019 dans Proceedings of Machine Learning Network

    Résultats : un score de prévision amélioré de 10 %

    • Le score de prévision est amélioré de 10 % par rapport aux systèmes statistiques traditionnels.
    • Un tel réseau de neurones ne nécessite pas un énorme ensemble de données pour produire des résultats fiables.

    Une IA peu gourmande en données

    Les auteurs de cette étude soulignent que le nouveau modèle basé sur l’IA a mieux fonctionné que les modèles plus simples basés sur le nombre, « même s’il n’utilisait qu’un dixième de toutes les données disponibles ». En d’autres termes, expliquent-ils, « il fournit des prédictions précises même avec un ensemble de données relativement petit, ce qui est remarquable, car l’acquisition de grandes quantités de données médicales est toujours difficile ». Et « le fait d’avoir un modèle précis peut permettre d’économiser plusieurs millions de dollars », ajoute le principal auteur de l’article.

    En outre, les chercheurs finlandais n’envisagent pas de remplacer les modèles statistiques par les réseaux de neurones pour prévoir les soins mais d’intégrer les caractéristiques des modèles d’apprentissage en profondeur aux modèles existants, en combinant les meilleurs aspects des deux. « À l’avenir, l’objectif est d’utiliser ces modèles pour soutenir la prise de décision et allouer des fonds de manière plus raisonnable », précisent les auteurs des travaux. Enfin, un tel système ne se limite pas à prévoir les soins des personnes âgées ; il pourrait tout à fait s’appliquer à tout groupe de patients diagnostiqués avec des maladies qui nécessitent des traitements très coûteux.

  • e-Recrutement : Medelse lance un forfait jour et travaille sur la partie prédictive de son algorithme

    « Nous partons des besoins des médecins », explique Marion Giendaj, head of marketing communication à Medelse, une plateforme en ligne de recrutement dans le médical qui se présente comme « l’agent des praticiens en santé ». La société vient de lancer un contrat forfait jour, alternative à l’intérim, afin de répondre aux besoins ponctuels des praticiens et des établissements.

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, Marion Giendaj revient en détail sur cette nouvelle offre et les particularités de la plateforme, dont l’algorithme fait matcher les demandes des praticiens avec les offres des établissements. « Nos informations sont mises à jour quotidiennement et tout est vérifié, précise-t-elle entre autres. C’est un point important parce que le secteur est opaque. Les praticiens ne connaissent pas toujours toutes les opportunités auxquelles ils ont accès et n’ont pas le temps de gérer leur évolution de carrière. Nous avons une équipe d’agents pour accompagner les praticiens et une équipe de référents pour accompagner les établissements. » L’accès à la plateforme est gratuit pour les praticiens et une tarification fixe est proposée aux établissements.

    Autre information clé : Medelse souhaite « mettre en lumière » l’ensemble des données de sa plateforme, en proposant dans un premier temps courant 2020 un accès à cette base à ses utilisateurs. L’idée à terme est de travailler sur la partie prédictive de son algorithme, d’anticiper les prochaines volontés des médecins.

    Marion Giendaj indique par ailleurs que la société envisage un développement à l’étranger, en Europe tout d’abord courant 2020-2021 puis « éventuellement » aux États-Unis.

    Forfait jour : plus de 1 000 jours d’exercice fournis aux établissements en 6 mois

    Medelse se présente comme l’agent des praticiens en santé, avec actuellement plus de 14 000 postes ouverts, en libéral ou salariat. Vous venez de lancer un contrat forfait jour pour répondre à l’urgence présente dans l’ensemble des établissements de santé : 30% des postes vacants, difficultés d’attractivité pour les établissements, etc.

    Oui, et nous sommes aussi partis d’un souhait des candidats. Nous avons remarqué que beaucoup de praticiens recherchaient un forfait court et en jour avant une installation en libéral ou une collaboration de longue durée avec un établissement. Idem du côté des établissements. Ce forfait jour permet d’éviter un passage par l’intérim, plus coûteux. Le contrat est généré par les établissements.

    Les praticiens sont nombreux à souhaiter réaliser un remplacement avant de savoir où ils veulent aller pour une installation de longue durée. Nous avons par exemple une médecin généraliste qui a travaillé pendant 5 ans en Nouvelle-Calédonie en remplacement. À son retour en métropole, elle a obtenu un contrat forfait jour à Lyon puis a été prise en CDI par l’établissement.

    Quel est le premier bilan de ce forfait jour ?

    Nous avons testé ce nouveau contrat en juin-août 2019 et l’avons réellement lancé fin septembre. Pendant la période d’expérimentation de 3 mois, plus de 350 jours d’exercice ont été fournis aux établissements, ce qui est bon résultat. Et, sur les 6 derniers mois (3 mois de test + 3 mois de lancement officiels), nous comptabilisons un peu plus de 1 000 jours d’exercice fournis.

    Nous constatons que les établissements anticipent beaucoup plus leurs besoins ponctuels que leurs besoins de recrutements permanents. Il y a beaucoup plus de facilités pour eux parce qu’en 48 heures le processus est réglé. La démarche est plus rapide car les établissements expriment plus rapidement leurs besoins, les praticiens sont plus flexibles sur les conditions du court terme et il y a moins d’échanges pour se mettre d’accord. En clair, l’établissement émet une demande, qui est envoyée aux praticiens disponibles correspondants. Dès qu’un praticien accepte l’exercice tout est validé, contrairement à un recrutement permanent, où il y a des échanges téléphoniques et physiques. 

    Combien de praticiens et d’établissements utilisent votre plateforme ?

    Nous comptons environ 1 500 établissements utilisateurs. Il s’agit de tous types de structures, comme des hôpitaux, des maisons de santé mais aussi des groupes comme la Croix-Rouge, etc. Côté praticiens, nous comptabilisons plus de 20 000 utilisateurs, en sachant que nous avons introduit le paramédical il y a quelques mois, secteur pour lequel le marché de l’emploi est différent.

    « Notre algorithme centralise l’offre et la demande au niveau national »

    Comment vous démarquez-vous des autres plateformes d’offres dans le secteur de la santé ?

    Par rapport à un site d’annonces classiques, notre plateforme se démarque par la fraîcheur des informations qu’elle recense, mises à jour au quotidien.

    Notre algorithme centralise l’offre et la demande au niveau national. C’est un autre plus. les établissements n’ont pas besoin d’aller en région pour connaître le marché, de passer par un cabinet de recrutement régional.

    Un autre avantage est la rapidité. L’algorithme fait « matcher » les praticiens et les établissements dont les besoins coïncident. En moyenne, le recrutement se fait sur 3 semaines via notre plateforme, en prenant en compte les entretiens, au lieu de 3 mois habituellement.

    L’accompagnement que nous proposons nous permet également de nous démarquer. Nous avons des agents qui sont dédiés quotidiennement au suivi des établissements et des praticiens. Nous nous sommes aperçus qu’il pouvait y avoir un langage de sourds entre les uns et les autres. Nous sommes-là pour harmoniser le langage des praticiens et celui des établissements. Nous avons également constaté que beaucoup de médecins ne savaient pas réellement comment être efficaces dans leur recherche d’emploi, comment mettre en avant leurs compétences, leurs expériences, etc. Nous leur délivrons des conseils et leur donnons également accès à des reportages vidéos et à des photos pour qu’ils aient une vision concrète des établissements. Nos référents sont là pour mettre en avant leurs établissements, en cohérence bien entendu avec les besoins et souhaits des praticiens.

    Un accès gratuit pour les praticiens, une tarification fixe pour les établissements

    Quel est votre business modèle ?

    L’accès à la plateforme est gratuit pour les praticiens. Ce sont les établissements qui paient. Nous avons fait le choix d’une tarification fixe avec une garantie de 100 % de succès. Cela ne les engage donc à rien. À nous d’être plus efficaces pour que les établissements recrutent plus rapidement grâce à Medelse.

    Quels sont les axes d’amélioration de votre service, les évolutions de l’offre envisagée ?

    Nous réfléchissons à différentes offres, qui s’adapteraient  à toutes les tailles de structures (petits centres de santé comme grands centres hospitaliers, qui ne recrutent pas de la même manière et avec les mêmes moyens).

    En ouvrant notre plateforme au paramédical, nous nous attaque également à un recrutement qui est encore plus en souffrance et qui est géré totalement différemment. Nous sommes en réflexion avec les établissements à ce sujet, pour créer par exemple des accès différents pour le paramédical ou encore un système de pack avec un objectif de recrutements à effectuer sur l’année, financièrement plus intéressant encore.

    « Notre partie data va être mise en avant courant 2020 »

    Combien de personnes travaillent actuellement pour Medelse ?

    Nous sommes une quinzaine dans les locaux de Clichy, avec une équipe technique basée à Toulouse. Il y a une grosse équipe RH dédiée à l’accompagnement des établissements et une autre dédiée aux médecins. L’équipe technique et produits est en charge de toute notre innovation et de notre algorithme.

    À ce propos, nous avons un data scientist qui a pour mission d’optimiser cet algorithme, de le rendre plus fin dans ses analyses. Toute cette partie data va être mise en avant courant 2020.

    De quelle manière ?

    L’idée est de travailler sur la partie prédictive du système, d’anticiper les prochaines volontés des médecins, de mieux identifier les zones où il y a un vide médical pour savoir où créer un établissement de santé par exemple. Nous avons beaucoup de données à disposition et l’objectif est de pouvoir les mettre en lumière l’année prochaine, en donnant dans un premier temps un accès à ces données au cours du 1er semestre 2020.

    Un développement de la plateforme prévu en Europe et aux États-Unis

    Envisagez-vous un développement à l’étranger ?

    À horizon 2020-2021, nous envisageons de tester le marché européen dans un premier temps puis éventuellement l’international avec les États-Unis.

  • Rapport : mieux former les pharmaciens à la santé mobile pour mieux conseiller les patients

    Les pharmaciens perçoivent la santé mobile comme un levier permettant de centrer les prises en charge médicamenteuses sur les patients. Si la plupart de ces professionnels se servent quotidiennement d’applications mobiles liées à des bases de données de médicaments, beaucoup n’osent cependant pas conseiller d’applications mobiles de santé à leurs patients notamment par manque d’information et de preuves de l’efficacité de ces solutions.

    C’est ce que relève un rapport publié par la Fédération internationale pharmaceutique (FIP) en septembre 2019, visant à décrire l’utilisation des applications mobiles de santé par les pharmaciens et à estimer son impact sur la pratique pharmaceutique.

    Pour comprendre comment les pharmaciens utilisent actuellement des dispositifs de santé mobile, un questionnaire a été envoyé à de nombreux pharmaciens membres de la FIP.

    Selon les réponses données par ces derniers, il semble que :
    • les pharmaciens ont de plus en plus recours à des dispositifs de santé mobile qui peuvent selon eux sécuriser les traitements ;
    • les pharmaciens apprennent rapidement à manier ou à conseiller ces nouveaux outils malgré une formation initiale et continue insuffisante en ce qui concerne ce type de nouvelles technologies de santé ;
    • des progrès technologiques, une plus grande inclusion des utilisateurs dans les processus de développement des applications ainsi que des études montrant l’efficacité de ces solutions permettraient d’accélérer le déploiement de la santé mobile en pharmacie et d’inciter les pharmaciens à conseiller certaines applications.

    Health & Tech Intelligence revient en détail sur les principaux résultats de ce rapport.

    Les bénéfices de la santé mobile

    Pour les pharmaciens

    Pour les pharmaciens, le recours à des dispositifs de santé mobile permet en particulier de consulter rapidement et facilement des ressources documentaires présentées sous un format simple dans une application. Les bases de données concernant les médicaments sont en effet de plus en plus souvent disponibles sous la forme d’applications mobiles. Il s’agit donc de faciliter l’accès des professionnels à des informations fiables concernant leur spécialité.

    Ces applications permettent par ailleurs un certain confort éthique et une affirmation du rôle du pharmacien en sécurisant les pratiques et en aidant les professionnels de la pharmacie dans l’analyse des prescriptions.

    Certains dispositifs mobiles renseignent également les pharmaciens sur les médicaments disponibles ou en rupture de stock auprès de leurs fournisseurs, voire constitue un support pour la gestion de leur propre stock à l’officine.

    D’une manière générale, les pharmaciens semblent donc utiliser en particulier :

    • des applications donnant accès à des bases de données concernant des médicaments, recommandations pratiques, des articles de recherche ;
    • des applications de calcul de posologies ;
    • des applications renseignant sur la disponibilité des médicaments ;
    • des applications de formations continues permettant de suivre des programmes simples sur des thèmes variées – souvent proposées par les entreprises mettant à disposition des bases de données pharmaceutiques.

    Pour les patients

    Les patients disposent de plus en plus de matériel digital et mobile leur permettant de se connecter à de nombreuses plateformes notamment de santé. Ils utilisent donc de plus en plus d’applications mobiles de santé leur permettant :

    • d’accéder facilement à des informations de santé fiables et vulgarisées ;
    • de monitorer leur activité physique ou certaines de leurs données de santé ;
    • de communiquer rapidement et facilement avec leur pharmacien ou leurs praticiens de santé.

    Les patients utilisent donc en particulier des applications de suivi de leurs traitements permettant de visualiser son historique de prescription, de programmer des alarmes rappelant l’heure des horaires de prise de médicaments, d’accéder facilement à des informations adaptées concernant les médicaments ou de communiquer par messages avec un pharmacien.

    Les barrières qui empêchent la santé mobile de se développer dans les officines de pharmacie

    Manque d’interopérabilité des systèmes

    Les données produites par de très nombreuses et diverses applications de santé sont souvent peu interopérables : souvent, seule l’application ayant produit un ensemble de données de santé sera à même de lire et de comprendre cet ensemble de données de santé. Ces données sont donc difficilement partageables entre applications mobiles, rendant donc l’intégration de ces données dans des plateformes telles que des dossiers médicaux électroniques difficiles. Or, la centralisation de ces données vers un SI unique tel qu’un dossier de santé dématérialisé permettrait d’améliorer le suivi du patient et d’augmenter le niveau de personnalisation et de qualité de ses soins.

    Accès réduit aux technologies de l’information

    L’accès réduit aux technologies de l’information (TIC) est un des principaux freins à l’implémentation de la santé mobile en pharmacie. « Le déploiement de la santé mobile est hautement dépendante des infrastructures disponibles dans un environnement donné », rappelle la fédération dans son rapport. Le manque d’experts en nouvelles technologies observé dans la plupart des régions sous-dotées en infrastructures y rend souvent le développement de la santé mobile plus difficile encore.

    Compétences technologiques limitées de certains patients

    Bien que les patients semblent maîtriser de mieux en mieux des applications de plus en plus ergonomiques, certains groupes tels que les personnes âgées ou analphabètes continent à présenter des difficultés d’utilisation des dispositifs mobiles donc des applications mobiles de santé.

    Capacités d’investissement limitées dans les nouvelles technologies et dans la santé

    La santé mobile se développe dans des régions dont la situation économique est telle que des investissements nombreux et élevés peuvent être réalisés dans les secteurs de la santé et de l’innovation. Au contraire, dans les pays aux capacités d’investissement moindres, l’innovation, la santé et donc la santé mobile se transforment moins.

    Facteurs de développement de la santé mobile en pharmacie

    Former les pharmaciens à la santé mobile

    Puisque les pharmaciens d’officine comptent parmi les professionnels de santé les plus accessibles, les former à la santé mobile et les informer des évolutions de ce marché leur permettrait de conseiller au mieux des patients qui s’interrogent de plus en plus sur la fiabilité de ces dispositifs. Or, les pharmaciens semblent encore peu informés des applications mobiles existantes utilisables par les patients : une étude menée en Angleterre en 2017 a par exemple montré que :

    • seuls 56 % des pharmaciens connaissaient des applications de santé mobile destinées aux patients ;
    • seuls 30% des pharmaciens avaient déjà conseillé certaines applications de santé à leurs patients.

    Évaluer la qualité et la sécurité des dispositifs

    La qualité des applications de santé mobile interroge. Le manque de preuves concernant l’efficacité des applications de santé constitue une des raisons pour lesquelles les pharmaciens ne conseillent pas leur utilisation aux patients. Conduire de nouvelles études pourrait donc mener la santé mobile à entrer dans l’ère de l’evidence based medecine et les pharmaciens à pouvoir placer leur confiance en des solutions qui auront fourni la preuve de leur efficacité.

    De même, fournir aux pharmaciens des informations claires et détaillées assurant de la sécurité des données de santé des patients produites ou analysées par ces solutions permettrait aux pharmaciens de juger au mieux la fiabilité des applications mobiles de santé.

    Revoir les processus de développement des applications de santé

    Afin de rendre les applications de santé plus ergonomiques et intuitives pour les patients comme pour les pharmaciens et afin de répondre à de réels besoins (et non de proposer des applications de santé « gadget » rapidement abandonnées par les patients), les utilisateurs devraient être plus intégrés aux processus de développement de ces solutions.

    Les attentes des patients et des pharmaciens devraient ainsi être mieux évaluées aux stades précoces de la conception des applications. Les utilisateurs devraient ensuite être consultés tout au long du développement et du design des solutions mobiles afin de s’assurer de leur facilité d’utilisation.

    Objectif : monitorer les traitements à distance, en temps réel et en conditions de vie réelle

    L’enjeu du déploiement de la santé mobile en pharmacie est la capacité à monitorer les traitements à distance, en temps réel et en conditions de vie réelle. Ce suivi à distance permettrait donc :

    • d’assurer un suivi précis du patient et ainsi d’améliorer la pertinence et la qualité de ses soins ;
    • de renforcer la communication entre patients, pharmaciens et médecins exerçant en ville comme à l’hôpital, ce suivi pouvant être partagé entre divers professionnels de santé.

    Des solutions mobiles très sophistiquées pour adapter le traitement en temps réel, bien que rares, ont déjà fait leur apparition, notamment en diabétologie (Freestyle libre).

    De tels systèmes de suivi trouvent par ailleurs leur application dans le domaine des essais cliniques : ils pourraient permettre de développer des médicaments sur la base non seulement de données produites dans un environnement contrôlé mais également dans des conditions de vie réelles.

    Progrès technologiques nécessaires à la réalisation de cet objectif

    Cet objectif de monitoring à distance des traitements sur la base de données mesurées en conditions de vie réelle demeure encore difficile à atteindre pour de raisons scientifiques : des progrès technologiques doivent encore être réalisés dans le domaine de la santé mobile.

    • Changement de paradigme : disparition de la nuance entre santé mobile et santé digitale

    La nuance entre santé mobile et santé digitale doit disparaître pour permettre une plus grande plasticité des projets de recherche et ainsi le développement d’applications plus sophistiquées autorisant la production de grandes quantités de données stockées et traitées à distance.

    • Recours aux technologies de blockchain et progrès concernant l’interopérabilité

    Si des infrastructures de blockchain permettraient de faciliter et de sécuriser le traitement des données de santé de plus en plus nombreuses, elles bénéficieraient également à l’industrie pharmaceutique en renforçant la traçabilité des médicaments.

    L’enjeu principal est d’améliorer le niveau d’interopérabilité des systèmes utilisés en santé, de permettre un meilleur échange des données entre ces applications mobiles de santé, de les centraliser vers des fichier ou plateformes plus centrales telles que des dossiers médicaux électroniques.

  • Données de santé : l’Institut Montaigne compare les approches européenne, indienne et chinoise

    L’approche européenne de la réglementation des données de santé est « très générique », l’approche indienne est « radicale et globale », l’approche chinoise est « stratégique ». C’est ce qu’observe l’Institut Montaigne dans son rapport publié le 13 décembre 2019 sous le titre « Données personnelles : comment gagner la bataille ». Son auteur, le sinologue François Godement, consacre un focus sur la question des données de santé.  

    • Dans ce document, l’institut relève que le RGPD, « prouesse réglementaire, laisse une grande marge de manœuvre aux États membres pour décider de leurs propres règles » en matière de données de santé, car celles-ci « relèvent de la catégorie exemptée de « l’intérêt public » ».  

    • Par contraste, le Digital Information Security in Healthcare Act (DISHA), proposé par le ministère indien de la Santé en mars 2018 et actuellement en cours de finalisation, « va beaucoup plus loin » que le Personal Data Protection Bill (PDPB), également en préparation, qui lui « suit largement » le RGPD. Le DISHA consacre la primauté du « consentement individuel » : l’accès du gouvernement aux données de santé est conditionné à « des fins strictement sanitaires ». Les sociétés pharmaceutiques « n’ont pas accès aux données de santé numériques individuelles, même pour la recherche« , est-il noté dans le rapport.

    • La Chine, au contraire, utilise les données de santé comme « une ressource fondamentale et stratégique de l’État » selon les lignes directrices livrées en 2016 par le Conseil d’État chinois. Elle a « tout mis en œuvre pour collecter, agréger et utiliser toutes les données de santé disponibles », facilitant également « l’accès des sociétés étrangères aux bases de données locales », indique l’Institut Montaigne. Ces efforts « portent leurs fruits », souligne-t-il, relevant que la province du Guangdong a mis en commun les données de 3 112 établissements de santé et constitué une base de données contenant les dossiers médicaux de 80 millions de résidents permanents. Les documents officiels mentionnent la « protection de la vie privée ≫ mais « sans détailler les moyens concrets pour y parvenir », observe l’institut.

    Principaux enseignements du rapport

    Les 7 propositions de l’Institut Montaigne :

    1. renforcer le contrôle, l’application et l’adaptabilité du RGPD

    • Un RGPD révisé devrait mettre l’accent sur la clarté, la simplicité et la facilité de la mise en oeuvre.

    2. rendre les politiques de confidentialité plus lisibles et ergonomiques

    • L’amélioration de l’expérience utilisateur (UX) est essentielle pour atteindre l’un des objectifs premiers du RGPD, soit la possibilité donnée aux particuliers de reprendre le contrôle de leurs données personnelles.

    3. assurer le respect effectif de la vie privée dès la conception (privacy by design)

    • Les individus devraient être déchargés de décisions qu’ils ne peuvent pas prendre.

    4. donner le droit effectif d’obtenir une explication dans le cadre du RGPD

    • L’ »explicabilité », la fiabilité, la responsabilité et la transparence des algorithmes doivent être garanties, particulièrement dans le secteur public.

    5. créer la possibilité de recours en responsabilité et dommages (tort and litigation)

    • En contrepartie de la mise en place de recours judiciaires en responsabilité ex post, l’exigence de transparence des algorithmes privés pourrait être moindre.

    6. introduire des réglementations sectorielles

    • La définition d’une réglementation plus précise devrait être encouragée dans les secteur de la santé, des services financiers et de la sécurité.

    7. créer des données de santé simulées pour améliorer l’anonymisation

    • Le processus de « simulation » des données de santé par le projet britannique Simulacrum apparait comme « un moyen technologique de gérer les échecs de l’anonymisation et de la pseudonymisation ».