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  • Rétro 2019 : les études les plus probantes sur l’impact positif des technologies en santé

    En cette semaine de rentrée 2020, Health & Tech Intelligence revient sur les publications fortes de l’année passée. Aujourd’hui, retour sur les études les plus probantes ayant démontré l’efficacité de certaines technologies dans le domaine de la santé.

    Intelligence artificielle (IA) et aide à la détection
    – un logiciel d’IA détecte mieux le cancer du poumon que les radiologues ;
    – quand l’IA détecte les premiers signes de maladie cardiaque ;
    – l’IA pourrait prédire décès et crises cardiaques avec une précision de 90 % ;
    – un ECG dopé à l’IA détecte des fibrillations auriculaires cachées ;
    – l’IA détecte des cellules pré-cancéreuses plus précisément que des experts humains ;
    – moins de risque de faux positifs dans le dépistage du cancer du poumon grâce à l’IA ;
    – l’IA à même de rendre plus précise la prédiction du risque de cancer du sein ;
    – l’analyse des radiologues associée à l’IA permet une identification à 90 % du cancer du sein ;
    – l’IA capable de faciliter le diagnostic de la leucémie en classifiant les cellules sanguines ;
    – soulager les symptômes du cancer en prévoyant leur survenue grâce à l’IA ;
    – …

    Analyse des données et prédiction
    – le big data permet de prédire le risque de hernie après intervention ;
    – l’ensemble des données de santé mentale de la population danoise passée au crible pour établir les risques de comorbidité chez les personnes souffrant d’un trouble mental.

    Objets connectés
    – une appli pour faciliter la découverte de nouveaux antibiotiques ;
    – une appli vidéo améliore l’observance du traitement de la tuberculose ;
    – une appli pour détecter les otites de l’enfant grâce au son ;
    – le cycle menstruel décrypté grâce aux données d’une appli ;
    – une appli dédiée à la fertilité aussi efficace que la pilule ;
    – une simple appli de réalité virtuelle réduit les symptômes de l’acrophobie ;
    – une appli de méditation personnalisée grâce à un algorithme améliore l’attention.

    Les nouvelles technologies au service de la chirurgie
    – des images 3D en réalité virtuelle amélioreraient les résultats de la chirurgie ;
    – une rétine artificielle (Inserm & Pixium) prometteuse pour le traitement de la DMLA.

    À venir : le top 10 des études révélant les limites de certaines technologies de santé.

    IA et aide à la détection

    L’IA s’avère particulièrement exploitée dans le domaine de la cardiologie et de l’oncologie

    • Exemple en cardiologie : un logiciel d’IA détecte mieux le cancer du poumon que les radiologues (Nature Medicine)

    Une équipe de chercheurs de Google AI a développé un algorithme de deep learning (apprentissage profond) capable de dépister le cancer du poumon à partir d’un scanner, en totale autonomie. Entraîné sur les images de plus de 14 000 personnes, le logiciel a atteint un taux de réussite dans le dépistage de plus de 94 %. L’intelligence artificielle a ainsi dépassé les radiologues en détectant plus de cancers et en faisant moins de faux positifs. Les résultats de cette étude ont été publiés le 20 mai 2019 dans la revue Nature Medicine.

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    Autres études portant sur l’IA et l’aide à la détection en cardiologie :

    – quand l’IA détecte les premiers signes de maladie cardiaque (Congrès de radiologie, USA) ;
    – l’IA pourrait prédire décès et crises cardiaques avec une précision de 90 % (congrès) ;
    – un ECG dopé à l’IA détecte des fibrillations auriculaires cachées (The Lancet).

    • Exemple en oncologie : l’IA détecte des cellules pré-cancéreuses plus précisément que des experts humains (JNCI) 

    Un algorithme a été capable de détecter des cellules précancéreuses dans 91 % des cas contre 71 % après un examen réalisé par un professionnel de santé. Ce système d’intelligence artificielle, développé par des chercheurs américains du National Cancer Institute pourrait devenir un puissant outil de dépistage du cancer du col de l’utérus, en particulier dans des pays en développement. Les résultats de cette étude ont été publiés le 10 janvier 2019 dans le Journal of the National Cancer Institute (JNCI).

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    Autres études portant sur l’IA et l’aide à la détection en oncologie:

    – moins de risque de faux positifs dans le dépistage du cancer du poumon grâce à l’IA (Thorax) ;
    – l’IA à même de rendre plus précise la prédiction du risque de cancer du sein (Radiology) ;
    – l’analyse des radiologues associée à l’IA permet une identification à 90 % du cancer du sein ;
    – l’IA capable de faciliter le diagnostic de la leucémie en classifiant les cellules sanguines ;
    – soulager les symptômes du cancer en prévoyant leur survenue grâce à l’IA (Scientific Reports).

    Autres études démontrant l’efficacité de l’IA en termes d’aide à la détection :

    – l’IA pourrait dépister la maladie d’Alzheimer 6 ans plus tôt que les médecins (Radiology) ;
    – l’IA détecte la rétinopathie diabétique avant les premiers symptômes ;
    – l’IA permettrait de dépister tôt le syndrome d’alcoolisation fœtale (Frontiers in Neurology) ;
    – l’IA capable de diagnostiquer le stress post-traumatique avec la voix (Depression & Anxiety) ;

    – le machine learning évite des chirurgies mammaires inutiles (JCO Clinical Cancer informatics) ;
    – l’apprentissage automatique permet de détecter Alzheimer dans des images numérisées (Nature) ;
    – le machine learning capable de prédire l’espérance de vie des insuffisants cardiaques (ESC) ;
    – l’apprentissage automatique à même de faciliter le dépistage de la dépression (JMIR) ;

    – le deep learning développé par Owkin prédit l’évolution du mésothéliome (Nature Medicine) ;
    – le deep learning pourrait aider à trier les radiographies thoraciques urgentes (Radiology) ;

    Analyse des données et prédiction

    Le big data permet de prédire le risque de hernie après intervention (congrès de chirurgie)

    Sur la base des données de santé de près de 30 000 patients, des chercheurs américains de l’université de Pennsylvanie ont développé une application qui prédit la probabilité qu’un patient développe une hernie après une chirurgie abdominale. La compilation des data issues des dossiers électroniques permet de générer un score de risque pour chaque patient et en temps réel. L’application, qui a fait l’objet d’une étude, a été présentée le 12 avril 2019 au congrès annuel de l’American Surgical Association, qui se tenait à Dallas, au Texas.

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    L’ensemble des données de santé mentale de la population danoise passée au crible pour établir les risques de comorbidité chez les personnes souffrant d’un trouble mental (Jama Psychiatry)

    Des chercheurs danois de l’université d’Aarhus ont mené une étude de cohorte d’une taille inédite. Afin d’établir avec précision les risques de comorbidité chez les personnes souffrant d’un trouble mental, ils ont analysé des données provenant des quelque 6 millions de personnes vivant au Danemark. Cette étude de grande envergure, publiée le 16 janvier 2019 dans le Jama Psychiatry, révèle que le risque de développer une comorbidité persistait pendant 15 ans. Les chercheurs ont également développé une page web interactive offrant aux professionnels et au grand public un accès à ces données en fonction de l’âge, du sexe et du type de trouble mental.

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    Objets connectés

    Une appli pour faciliter la découverte de nouveaux antibiotiques (Nature Microbiology)

    Une équipe de l’université d’Illinois a mis au point une application web qui serait capable d’évaluer rapidement les composés médicamenteux s’accumulant dans les bactéries dites à « Gram négatif ». Ainsi, cet outil faciliterait le développement de nouveaux médicaments destinés à éliminer ces pathogènes dangereux. Les résultats de cette étude ont été publiés le 18 novembre 2019 dans Nature Microbiology.

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    Une appli vidéo améliore l’observance du traitement de la tuberculose (The Lancet)

    Le suivi des patients souffrant de tuberculose grâce à une application mobile serait plus efficace que la prise en charge habituelle, montre une étude randomisée et contrôlée réalisée par une équipe de l’University College London et publiée le 21 février 2019 dans The Lancet. Selon ces travaux, les patients équipés de cette appli qui permet d’enregistrer et d’envoyer par vidéo la prise de médicaments étaient plus observants que ceux du groupe contrôle. En outre, cette technique dite de TOV (traitement sous observation vidéo) s’est révélée beaucoup moins chronophage pour les équipes soignantes.

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    Une appli pour détecter les otites de l’enfant grâce au son (Science Translational Medicine)

    Des chercheurs de l’université de Washington ont créé une nouvelle application pour smartphone qui permet de détecter les otites de l’enfant. Les parents, munis d’un morceau de papier roulé en forme d’entonnoir, d’un microphone et d’un haut-parleur pour smartphone seront ainsi capables de repérer le liquide derrière le tympan grâce à une série de sons émis par l’appli. Selon leur étude, publiée le 15 mai 2019 dans la revue Science Translational Medicine, ce système détecte les otites dans 85 % des cas.

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    Applications mobiles et santé de la femme

    • le cycle menstruel décrypté grâce aux données d’une appli (Nature Digital Medicine) ;
    • une appli dédiée à la fertilité aussi efficace que la pilule (European Journal contraception).

    Applications mobiles et psychologie

    • une simple appli de réalité virtuelle réduit les symptômes de l’acrophobie (Jama Psychiatry) ;
    • une appli de méditation personnalisée grâce à un algorithme améliore l’attention (Nature).

    À noter : l’efficacité des applications mobiles en santé remises en cause dans plusieurs études

    H&TI a repéré plusieurs études mettant en doute l’efficacité voire le sérieux de certaines applications mobiles, en particulier dans le domaine de la santé mentale mais pas seulement :

    • 9 applis sur 10 dédiées au suicide ne sont pas conformes aux recommandations (BMC Medicine) ;
    • la validité clinique des applis de santé mentale remise en cause dans 2 revues (Nature, JAD) ;
    • des applis de lutte contre la dépression peu respectueuses de la confidentialité (Jama) ;
    • l’efficacité de la majorité des applis de santé mentale ne repose sur aucune preuve (Nature) ;
    • beaucoup de marketing et de faux espoirs dans les applis mobiles dédiées au cancer (BMJ Open) ;
    • les applis de fitness ont peu d’impact sur le niveau d’activité physique (JMIR).

    Les nouvelles technologies au service de la chirurgie

    Des images 3D en réalité virtuelle amélioreraient les résultats de la chirurgie (Jama)

    Une étude menée par l’UCLA a montré que l’utilisation de modèles de réalité virtuelle en 3D pour préparer les chirurgies de la tumeur du rein améliore de façon substantielle les résultats de l’intervention. Cette meilleure visualisation de l’anatomie du patient se traduit par des durées d’opération plus courtes, une perte de sang moins importante lors de la chirurgie et un séjour hospitalier plus court. Les résultats de cette étude ont été publiés le 18 septembre dans le Jama Network Open.

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    Une rétine artificielle (Inserm & Pixium) prometteuse pour le traitement de la DMLA (Nature)

    Des chercheurs français de l’Inserm développent un implant sous-rétinien avec la société Pixium Vision afin de lutter contre la cécité. Testé chez des primates, il s’est révélé capable de stimuler la rétine à un niveau de résolution élevée. Ces résultats, publiés le 2 décembre 2019 dans la revue Nature Biomedical Engineering, ouvrent la voie à l’évaluation clinique de la prothèse chez des patients atteints de dégénérescence maculaire atrophique sèche et liée à l’âge.

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  • Logiciels pour professionnels de santé : rachat du Français Epsilog par l’Allemand CompuGroup (72M€)

    Le groupe allemand CompuGroup Medical (CGM), fournisseur de solutions de e-santé, acquiert 100 % de la société française Epsilog SAS, spécialiste de l’informatique santé pour les masseurs-kinésithérapeutes et les infirmiers.

    L’opération dont le montant annoncé est de 72 millions d’euros, permet à CompuGroup d’investir le marché des auxiliaires médicaux : dans un communiqué daté du 27 décembre 2019, le groupe allemand vante la « complémentarité parfaite » d’Epsilog avec son portefeuille produit. « La coordination des soins sera beaucoup plus facile à réaliser entre professionnels de santé utilisateurs d’une solution CGM, prévoit Compugroup, en particulier, en matière de téléconsultation et de télé-expertise qui peuvent être significativement améliorées tant pour les patients que pour les professionnels de santé. »

    Selon l’étude de marché 2019 des industriels pour les professionnels de santé libéraux publiée par le GIE Sesam-Vitale, Epsilog équipait en juin 2019 12,1 % des professionnels de santé effectuant de la facturation Sesam-Vitale, contre 8,3 % pour Compugroup, derrière Cegedim (18,8 %), dans un marché concentré autour de 15 éditeurs majeurs. Selon la même source, Epsilog équipe exclusivement les auxiliaires médicaux, tandis que Compugroup équipe quasi exclusivement les médecins.

    Epsilog : un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros en 2018

    Le produit phare d’Epsilog, société basée à Castries dans l’Hérault, est Vega, un système d’information ambulatoire.

    L’entreprise a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros et un Ebitda (excédent brut d’exploitation) d’environ 5 millions d’euros avec 44 000 clients.

    CompuGroup Medical : un chiffres d’affaires de plus de 717 millions d’euros

    CompuGroup Medical affiche un chiffre d’affaires de plus de 717 millions d’euros et revendique plus d’un million d’utilisateurs dans plus de 56 pays (médecins, dentistes, pharmaciens et autres professionnels de santé actifs au sein d’établissements de soins ambulatoires et hospitaliers).

     

  • Légion d’honneur : les acteurs de la santé et du numérique distingués (promotion du 1er janvier 2020)

    Plusieurs figures des secteurs de la santé et du numérique figurent parmi les 487 personnalités nommées et promues dans l’Ordre de la Légion d’honneur par décrets du Président de la République en date du 31 décembre 2019, parus au Journal officiel (JO) du 1er janvier 2020.

    À noter en particulier les 3 nominations suivantes :

    • François Bourdillon, médecin de santé publique, directeur jusqu’en 2019 de Santé Publique France qu’il a contribué à fonder, est nommé chevalier sur le contingent du ministère des Solidarités et de la Santé ;

    • Serge Weinberg, président du conseil de Sanofi, est nommé commandeur, sur le contingent du ministère de l’Économie et des Finances;

    • Marie-Laure Pochon, P.-D.G. de la société Acteon Group, spécialisée en dispositifs médicaux de haute technologie, est nommée officier sur le contingent du ministère de l’Économie et des Finances.

    Bercy salue l’engagement pour l’innovation numérique

    Le ministère de l’Économie et des Finances porte au grade de chevalier plusieurs personnalités engagées dans le domaine de l’innovation technologique :

    •  Jean-David  Chamboredon, président exécutif du fonds d’investissement Isai, coprésident jusqu’en 2019 de l’association France Digitale ;
    • Claire Houry, associée du fonds Ventech Partners, vice-présidente jusqu’en 2019 de France Digitale ;
    • Luc Julia, vice-président du groupe Samsung chargé de l’innovation ;
    • Yann Le Cun, vice-président et scientifique en chef de l’intelligence artificielle de Facebook ;
    • André Choulika, fondateur et P.-D.G. de Cellectis, ex président de France Biotech.

    Le Mesri récompense la conscience éthique des scientifiques

    Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) porte au grade de chevalier deux personnalités engagées en faveur de l’éthique en matière de numérique et de santé :

    • Laurence Devillers, professeure en intelligence artificielle à Sorbonne Université, membre du comité pilote d’éthique du numérique du CCNE ;
    • Hervé Chneiweiss chercheur en neurologie, président du comité d’éthique de l’Inserm.
  • Généralisation de la e-prescription : les pharmacies britanniques noyées sous le papier

    Un mois après la généralisation des prescriptions électroniques au Royaume-Uni, la quantité de papier à gérer par les pharmaciens d’officine explose.

    C’est ce que révèle The Pharmaceutical Journal, journal officiel de la Royal Pharmaceutical Society, dans un article* daté du 6 décembre 2019 intitulé « Paperless NHS ignores community pharmacy » (« Le NHS sans papier ignore la pharmacie d’officine »). La Royal Pharmaceutical Society est l’organisme responsable du leadership et du soutien de la profession de pharmacien en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles.

    Pour expliquer cette forte recrudescence paradoxale du support papier à l’officine, The Pharmaceutical Journal pointe en particulier :
    • des financements insuffisants menant le National Health Service (NHS) à délaisser l’officine ;
    • un déplacement de la masse de papier qui pesait sur les prescripteurs et en premier lieu sur les médecins généralistes vers les pharmaciens d’officine ;
    • une application insuffisante de certaines exemptions permettant aux établissements de santé de dispenser les pharmaciens d’imprimer certains documents.

    Une volonté de réduire la dépendance au papier à 78 millions de livres (91 M€)

    La volonté de réduire la dépendance au papier au sein du NHS s’est exprimée le 1er novembre 2019 par un certain nombre de mesures censées généraliser le recours à la prescription électronique d’ici 2024. Selon Matthew Hancock, secrétaire britannique à la Santé, ce passage à la e-prescription devait, en réduisant le recours à « des prescriptions papier archaïques », :

    • améliorer les soins ;
    • permettre aux patients de gagner du temps ;
    • faciliter le travail des professionnels de la santé ;
    • promouvoir un exercice coordonné entre les différentes spécialités à l’hôpital et en ville.

    Le tout afin de réduire de 50 % les erreurs médicamenteuses potentiellement mortelles.

    Pour réaliser ce passage à la prescription électronique, 78 millions de livres sterling (soit 91,2 millions d’euros) ont été débloqués. Selon The Pharmaceutical Journal, ce montant n’est pas approprié : pour réduire la quantité de papier que l’intégralité des professionnels de santé ont à gérer au quotidien, il aurait fallu un financement plus important et mieux réparti entre les différents corps de métier de l’écosystème de la santé.

    Déplacement du papier des prescripteurs vers les dispensateurs

    En effet, si les mesures permises par le NHS pour inciter les professionnels de la santé à passer à la prescription électronique ont conduit à une diminution de la quantité de papier à gérer par les médecins, elles ont mené à une forte augmentation de la masse de papier produite à l’officine.

    « C’est que plus de 6000 cabinets de médecine générale pouvant télécharger des ordonnances par voie numérique, la médecine générale est la spécialité qui émet le plus de prescriptions électronique », indique le journal de la Royal Pharmaceutical Society. Les hôpitaux et les cabinets de spécialistes de ville abandonnant également progressivement leurs blocs d’ordonnances, la quantité de papier à gérer par les prescripteurs en général semble effectivement s’être effondrée au cours du mois de novembre 2019.

    Cependant, la prescription électronique n’a fait que transférer la charge de papier – et son coût – qui pesait sur les prescripteurs vers les dispensateurs de produits de santé tels que les pharmaciens d’officine. « Car là où les prescriptions papier étaient autrefois imprimées, signées et remises au patient par le médecin généraliste, les QR codes support des prescriptions électroniques sont désormais transmis numériquement au pharmacien qui doit souvent imprimer seul les prescriptions correspondant à ces QR codes », explique The Pharmaceutical Journal : le fardeau du papier, jadis partagé entre les médecins et les pharmaciens, est aujourd’hui seulement porté par les pharmaciens.

    Mauvaise application des exemptions d’impression prévues par les réglementations

    Afin de diminuer la quantité de prescriptions électroniques à imprimer par les pharmaciens, une liste d’exemptions a été publiée par le NHS dès février 2019. Cependant, ces exemptions sont rarement appliquées « dans un soucis de préserver a sécurité des patients dans le processus de vérification des traitements », précise le journal de la Royal Pharmaceutical Society.

    Des expérimentations intéressantes en pharmacie

    Afin de trouver des façons de réduire fardeau du papier qui augmente alors que la e-prescription est de plus en plus adoptée par les prescripteurs, plusieurs pharmaciens lancent dans leur officine quelques expérimentations.

    En particulier, 2 pharmacies du Nord de l’Angleterre « testent actuellement l’utilisation des iPads pour accéder aux dossiers de soins des patients », note The Pharmaceutical Journal et, à terme, visualiser directement sur tablette le contenu des prescriptions électroniques des patients.

    Malgré ces quelques initiatives bienvenues qui montrent le désir des pharmaciens de digitaliser également leurs services, le journal conclut que « l’avenir sans papier du NHS n’est pas prêt d’être réalisé ».  « Malgré les discussions du gouvernement sur un NHS sans papier remontant à 2013, le NHS Digital semble ne pas encore avoir de plans pour une pharmacie libérée du papier », ajoute-t-il.

  • Validé par la Cnil, le référentiel INS est approuvé par arrêté (JO)

    Le référentiel sur l’identifiant national de santé (INS) est approuvé par un arrêté paru au Journal officiel (JO) le 28 décembre 2019 : le texte décrit les conditions et les modalités de mise en œuvre de l’obligation de référencement des données de santé avec l’INS. Le 5 décembre, Dominique Pon et Laura Létourneau, qui pilotent la délégation ministérielle du numérique en santé (DNS), avaient annoncé la validation du référentiel par la Cnil à l’occasion de l’étape « Martinique » du Tour de France de la e-santé, organisé par l’Agence du numérique en santé (ANS, ex Asip).

    L’implémentation de l’identifiant national de santé est la priorité de 2020, indiquent les 2 porteurs de la feuille de route  du numérique établie dans le cadre du plan Ma Santé 2022, l’objectif étant de déployer le dispositif sur l’ensemble du territoire d’ici le 1er janvier 2021.

    Dans un document de présentation, l’Agence de la santé numérique précise notamment l’objet de ce référentiel :

    • le référentiel INS décrit les conditions et modalités de mise en œuvre de l’obligation de référencement des données de santé avec l’INS ;
    • il concerne le référencement des données de santé avec le numéro d’inscription au répertoire national d’identification des personnes physiques (NIR) ou le numéro identifiant d’attente (NIA) uniquement pour la prise en charge sanitaire et le suivi médico-social (les autres usages du NIR ne sont pas couverts) ;
    • il ne traite pas le cas des personnes ne disposant ni d’un NIR ni d’un NIA.
  • Plan « Investir pour l’hôpital » : 150 M€ de crédits disponibles pour les hôpitaux dès janvier 2020

    « Dans le cadre de la troisième délégation de crédits aux établissements de santé, qui intègre le reversement intégral des crédits mis en réserve en début d’exercice, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, alloue 150 millions d’euros aux hôpitaux pour leur besoin d’investissement du quotidien« , indique le ministère dans un communiqué publié le 2 janvier 2020, précisant que ces crédits seront disponibles « dès ce mois de janvier ». Cette mesure s’inscrit dans le cadre du plan  « Investir pour l’hôpital », présenté en novembre 2019 par le Premier ministre Édouard Philippe et Agnès Buzyn.

    Cette troisième délégation de crédits permet :
    • aux établissements d’acheter dès à présent le matériel nécessaire au travail des soignants au quotidien : équipements et petits matériels, ou petites opérations de travaux qui impactent le quotidien des services de soins ;
    • d’entamer le renforcement du financement consacré aux missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation (Merri) avec l’attribution de 11 millions d’euros complémentaires.

    À noter également :
    • conformément aux engagements pris dans le cadre du pacte pour la refondation des urgences, des crédits sont attribués aux hôpitaux « pour favoriser l’admission directe des personnes âgées dans les services d’hospitalisation, sans passage par les urgences » ;
    • cette mesure est aussi un investissement en faveur de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent : avec l’allocation d’une enveloppe de 20 millions d’euros de crédits pour couvrir en priorité les territoires non pourvus ou sous dotés au regard des besoins de la population, notamment en offre d’hospitalisation pour mineurs.

    Au total, via la troisième circulaire budgétaire, 830 millions d’euros de crédits supplémentaires sont rendus disponibles pour les établissements de santé dès ce mois de janvier. « Une ultime phase de délégation de crédits interviendra d’ici le début du mois de mars afin de tenir compte le plus finement possible de la réalité de l’activité hospitalière réalisée en 2019 », note le ministère.

    Rétro 2019 : retrouvez ici le bilan des principales annonces politiques de l’année 2019 portant sur la santé numérique et la transformation du système de soins.

  • EVA

    Échelle visuelle analogique

  • SCD

    Sickle cell disease (drépanocytose)

  • Aide à domicile : 1ère levée de fonds pour la plateforme Click&Care auprès de la Maif et de la BdT

    « La Banque des territoires (groupe CDC) et la Maif soutiennent Click&Care, 1ère plateforme gestionnaire en ligne d’aides à domicile qualifiées », annoncent les 3 partenaires dans un communiqué daté du 12 décembre 2019. La Maif devient « actionnaire partenaire » de cette « entreprise solidaire d’utilité sociale » via son fonds d’investissement Maif Investissement Social et Solidaire, avec l’objectif de « soutenir l’accès à un maintien à domicile de qualité pour tous ». Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé.

    Créé en 2016 par le Dr Lina Bougrini, Click&Care propose une assistance qui se veut « rapide et sur-mesure » pour le maintien à domicile d‘une personne dépendante ou temporairement invalide en « sortie d’hospitalisation par exemple ». La société souligne que sa mission est « d’intérêt général » dans le sens où elle vise à rendre « le maintien à domicile de qualité accessible à tous, partout en France ». 

    Click&Care revendique quelque 250 utilisateurs en Île-de-France et 1 200 intervenants qualifiés. Le société indique que le taux de sélection est « inférieur à 3 % » et assure que le service est mis en place « sous 2 heures ». Elle « souhaite accompagner la maîtrise des dépenses liées aux aides pour l’autonomie, à niveau de service équivalent, déclare Lina Bougrini, un peu comme le médicament générique qui coute 40 % de moins à efficacité égale a offert un souffle à la sécurité sociale ».

    Pour la Maif, Click&Care « s’inscrit en totale adhérence avec la raison d’être du groupe Maif centrée sur l’attention réelle portée à l’autre et la recherche d’un réel mieux commun ». La Banque des territoires souligne pour sa part que cet investissement correspond à « sa mission de permettre l’émergence d’entreprises à impact territorial fort pour l’amélioration du parcours de soin, le maintien à domicile et le développement de l’autonomie ».

  • Docaposte acquiert Softeam Group pour « constituer un leader de la transformation numérique »

    « Constituer un leader de la transformation numérique » sur ses 4 marchés stratégiques, dont celui de la e-santé : c’est l’objectif affiché par Docaposte, filiale numérique du groupe La Poste, dans un communiqué daté du 19 décembre 2019 annonçant le rachat de Softeam Group, « sa plus importante acquisition ». « Comptant 6 400 collaborateurs, le nouvel ensemble vise 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2023 » contre 550 millions en 2019 pour Docaposte.

    Créé en 1989, Softeam Group revendique la place de 28e entreprise de services numériques (ESN) en France. Avec ses 1400 collaborateurs, cette société a réalisé 150 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019. Elle est spécialiste du consulting dans les secteurs de la finance, de la banque, de l’assurance ainsi que des technologies de rupture associant digital agency, digital factory, data et intelligence artificielle.

    Spécialiste de la transformation digitale des entreprises et du secteur public, Docaposte compte pour sa part plus de 5 000 collaborateurs et se présente comme le premier opérateur de signature électronique en France, « leader sur le vote électronique, l’archivage [et] l’hébergement des données de santé ».