Articles

  • Sensome lève 8M€ et s’allie à une société japonaise pour co-créer un guide connecté traitant l’AVC

    Sensome, qui développe un petit capteur capable d’identifier les tissus biologiques, lève 8 millions d’euros en série B dans le cadre d’un tour de table mené auprès de ses investisseurs historiques (Kurma Partners, Idinvest, BNP Paribas Développement et Paris-Saclay Seed Fund) et d’Asahi Intecc, une société japonaise présentée comme le leader mondial de la technologie de guide. La somme recueillie va être utilisée pour tester la performance clinique de Clotild, le guide neurovasculaire connecté de Sensome pour le traitement de l’AVC ischémique et à préparer sa mise sur le marché, précise la société dans un communiqué publié le 13 janvier 2020.

    Sensome et Asahi se sont également alliés pour mettre en place un plan de développement sur 2 ans afin de créer un nouveau guide connecté pour le traitement de l’AVC ischémique, alliant le micro-capteur de Sensome et Chikai, le guide d’Asahi.

    Un guide connectée pour faciliter le recours à thrombectomie mécanique

    L’AVC ischémique est la principale cause d’invalidité dans le monde, rappelle Sensome (communiqué), précisant qu’il peut désormais être traité en retirant le caillot par le biais de dispositifs de thrombectomie mécanique, guidés depuis l’aine sur un fil métallique.

    « Sensome transforme ces guides grâce à son capteur afin d’aider les médecins à retirer le caillot du premier coup, ce qui n’est aujourd’hui réalisé que dans un cas sur trois et améliore ainsi considérablement le pronostic du patient », indique la société.

    La technologie de capteurs de cette dernière peuvent être déployée dans divers domaines médicaux, note-t-elle, comme celui de la cardiologie interventionnelle et de l’oncologie.

    Un dispositif qui « permettra au médecin d’en savoir beaucoup plus sur la nature du caillot de son patient sans modifier la prise en charge »

    « Le guide connecté vise à recueillir et interpréter une quantité considérable d’informations sur les caillots, contribuant ainsi à améliorer le traitement de l’AVC ischémique aigu. Un guide performant, facile à utiliser doté du micro-capteur embarqué, permettra au médecin d’en savoir beaucoup plus sur la nature du caillot de son patient sans modifier la prise en charge, explique Masahiko Miyata, P.-D.G. d’Asahi Intecc. L’alliance des technologies de micro-capteur de Sensome et de guide d’Asahi est hautement synergique. Asahi est convaincu que cette collaboration donnera naissance à un guide intelligent révolutionnaire aux performances mécaniques exceptionnelles et aux capacités uniques. »

    Asahi Intecc est l’un des principaux fabricants et fournisseurs de guides et de cathéters au monde. Les dispositifs médicaux de l’entreprise sont utilisés par les hôpitaux pour les interventions cardiovasculaires et neurovasculaires dans plus de 108 pays et régions.

    « L’avenir des thérapies interventionnelles dépend de la disponibilité de la bonne information au bon moment »

    « L’avenir des thérapies interventionnelles dépend de la disponibilité de la bonne information au bon moment. Nous avons développé la technologie qui permet de rendre les dispositifs médicaux connectés, que ce soit dans le domaine de l’AVC ischémique ou d’autres spécialités, commente Franz Bozsak, P.-D.G. et co-fondateur de Sensome. Le partenariat avec Asahi démontrera que la technologie de capteurs de Sensome peut être intégrée dans tout dispositif médical haut de gamme sans dégrader sa performance. »

  • Étude : une IA diagnostique les tumeurs cérébrales pratiquement en temps réel (Nature Medicine)

    Un programme d’intelligence artificielle (IA), mis au point par des chercheurs américains des universités du Michigan et de New York, a réussi à diagnostiquer des tumeurs cérébrales en moins de 2 minutes 30 lors d’une opération, alors qu’il faut compter environ une demi-heure avec la méthode classique. Les résultats de cette étude* publiée le 6 janvier 2020 dans Nature Medicine montrent qu’un tel outil pourrait aider les chirurgiens à opérer de façon plus sûre et plus précise et qu’il pourrait pallier la pénurie d’experts dans le domaine.

    Repérer les tumeurs du cerveau pendant l’opération

    Être capable de poser un diagnostic pendant une opération est essentiel pour fournir des soins sûrs et efficaces. Le diagnostic peropératoire aide en fait à guider la main du neurochirurgien. Or, la méthode actuelle consistant à colorer à l’hématoxyline et à l’éosine des tissus traités est exigeant en temps, en ressources et en main-d’œuvre. De plus, l’interprétation des images histologiques peropératoires dépend d’une main-d’œuvre inégalement répartie, qui fait parfois défaut dans certains établissements de santé.

    Des chercheurs américains de l’Université du Michigan et de New York ont testé une autre méthode diagnostique : un technique d’imagerie optique associée à un algorithme d’intelligence artificielle (IA) reposant sur des réseaux de neurones profonds. Ces derniers ont été entraînés sur plus de 2,5 millions d’images de biopsies. Sa mission consiste à indiquer si les cellules prélevées sont cancéreuses et à de quelle type sont les tumeurs.

    Les résultats de cet essai ont été publiés le 6 janvier 2020 dans la revue Nature Medicine.

    Résultats : un diagnostic précis presque en temps réel

    L’IA est parvenue à :

    • poser le diagnostic de tumeurs cérébrales en salle d’opération en moins de 150 secondes (2 minutes 30), contre 20-30 minutes avec la technique traditionnelle ;
    • classer les tumeurs identifiées au sein des types de cancers du cerveau les plus fréquents ;
    • identifier les régions diagnostiques infiltrées par la tumeur dans les images.

    Dans une étude antérieure, incluant 278 personnes souffrant d’une tumeur au cerveau, les mêmes chercheurs avaient démontré que le diagnostic via l’intelligence artificielle n’était pas inférieur à l’interprétation pathologique des images histologiques conventionnelles puisque le diagnostic était correct dans 94,6 % contre 93,9 % pour l’analyse humaine traditionnelle.

    « Voir ce qui serait invisible autrement »

    « En tant que chirurgiens, nous sommes limités dans nos interventions par ce que nous pouvons voir ; cette technologie nous permet de voir ce qui serait autrement invisible, d’améliorer la vitesse et la précision dans la salle d’opération et de réduire le risque de mauvais diagnostic « , commente l’auteur principal de l’étude Daniel A. Orringer, professeur agrégé de neurochirurgie à l’école de médecine Grossman de l’université de New York.

    Cette technique élimine en effet le long processus d’envoi des tissus hors de la salle d’opération pour traitement et interprétation. « De façon étonnante, dans tous les cas où les pathologistes se sont trompés, notre algorithme a vu juste, et dans tous les cas où l’algorithme s’est trompé, les pathologistes ont vu juste », note le Pr Daniel A. Orringer. « Avec cette technologie d’imagerie, les opérations du cancer seront plus sûres et plus efficaces que jamais », prédit le spécialiste. Plus de 15 millions de personnes se voient diagnostiquer un cancer chaque année et plus de 80 % subissent en conséquence une chirurgie.

  • Rétro 2019 : réglementations et engagements américains qui ont marqué le secteur de la e-santé

    En cette rentrée 2020, Health & Tech Intelligence revient sur les publications fortes de l’année passée. Aujourd’hui, retour sur l’essentiel de l’actualité et de la réglementation américaines de la e-santé en 2019. 

    Réglementations en cours : 
    • un identifiant patient unique au niveau national ;
    • un décret pour améliorer l’accès des seniors à la télé-santé et aux DM ;
    • une demande de sursis à la mise en œuvre du règlement MDR ;

    Engagements et projets : 

    • un projet de réforme du système de santé ;
    • un projet de Cnil au niveau fédéral ;
    • la stratégie e-santé des États-Unis (indicateur).

    USA : la Chambre des représentants vote en faveur d’un identifiant patient unique au niveau national

    La Chambre des représentants américaine a adopté l’amendement bipartisan présenté par Bill Foster (démocrate, Illinois) et Mike Kelly (républicain,Pennsylvanie), qui prévoit d’autoriser un financement fédéral pour un identifiant patient unique au niveau national. Ce vote, qui a eu lieu le 12 juin 2019, a été acquis par 246 voix contre 178 lors de l’examen du projet de loi de financement des ministères de la Santé et du Travail (Labor-HHS Appropriations bill).  S’il est confirmé par le Sénat, cet amendement mettra fin à une interdiction établie depuis 20 ans.

    La suite de l’article est accessible ici.

    USA : Donald Trump signe un décret pour améliorer l’accès des seniors à la télésanté et aux DM

    « Rationaliser les processus d’homologation pour que les produits innovants, notamment « les dispositifs médicaux révolutionnaires  » et les « avancées en matière de télé-santé et de technologies similaires », soient commercialisés plus rapidement » mais aussi « correctement remboursés et largement disponibles ». C’est l’objectif assigné par Donald Trump à son secrétaire à la Santé, Alex Azar, dans un décret présidentiel (executive order) signé le 3 octobre 2019 au Sharon L. Morse Performing Arts Center dans la localité de The Villages en Floride, qui abrite une forte communauté de personnes retraitées. Le président en campagne pour sa réélection a ainsi affirmé sa volonté de « protéger et [d’]améliorer Medicare pour les aînés »

    La suite de l’article est accessible ici.

    Règlement MDR : les États-Unis demandent un sursis de 3 ans

    Dans une communication datée du 23 juillet 2019, la délégation américaine auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a saisi la commission chargée des barrières techniques au commerce : elle fait part de ses « profondes inquiétudes » sur la possibilité pour l’industrie américaine d’avoir accès au marché européen des dispositifs médicaux (DM), alors que le nombre d’organismes notifiés (est jugé « insuffisant pour mener des activités de certification » dans le cadre  des règlements MDR et IVDR (DM de diagnostic in vitro). Elle souligne que, selon la DG Grow, la direction générale de la Commission européenne chargée de la croissance, le nombre d’ON certifiés avant la fin 2019 ne devrait pas dépasser les 12.

    La suite de l’article est accessible ici.

    États-Unis : D. Trump annoncera un projet de réforme du système de santé « dans environ deux mois »

    Un projet de réforme du système de santé américain sera présenté dans « environ deux mois, peut-être moins », a déclaré le président des États-Unis Donald Trump dans une interview accordée au journaliste d’ABC News George Stephanopoulos et diffusée le 16 juin 2019. 

    La suite de l’article est accessible ici.

    États-Unis : un projet de loi sur la protection des données prévoit une Cnil au niveau fédéral

    Une agence fédérale de la protection des données numériques (Data protection agency), organisme indépendant chargé d’assurer la protection de la vie privée et d’ enquêter sur les abus ». C’est ce que veulent créer 2 représentantes démocrates de Californie, Anna G. Ehsoo et Zoe Lofgren, dans une proposition de loi sur la protection de la vie privée sur internet (Online Privacy Act). Selon les documents publiés le 5 novembre 2019 par les deux congressistes, cette nouvelle agence assumerait une partie des missions actuellement confiées à la Federal Trade Commission (FTC), qui a condamné Facebook à une amende de 5 milliards de dollars (4,5 milliards d’euros), mais avec des moyens humains bien supérieurs (jusqu’à 1 600 employés).

    La suite de l’article est accessible ici.

    Stratégie e-santé des États-Unis

    Aux États-Unis, l’Office of the National Coordinator for Health Information Technology (ONC) suit sa feuille de route 2015-2020. Intitulée « Federal Health IT Strategic Plan », sa stratégie vise à utiliser les technologies de l’information pour parvenir à des soins de grande qualité, à moindre coûts, avec une population engagée et en meilleure santé.

    L’indicateur présentant en détail la stratégie e-santé des États-Unis est accessible dans la rubrique « Data » ici.

  • LNA Santé : une stratégie innovation axée sur les usages et un partenariat avec des start-ups e-santé

    « L’innovation est dans les gènes de LNA Santé depuis 30 ans. Cette démarche d’innovation frugale, on la mature depuis 3 ans au travers d’une cellule innovation multidisciplinaire, réunissant expertises métiers établissements et siège », synthétise Marie-Laure Lévêque, directrice du pôle « prospective et stratégie santé » du groupe LNA Santé (anciennement Le Noble Âge), opérateur global de santé qui gère environ 70 établissements dédiés aux personnes fragilisées (SSR, Ehpads, centres de santé) avec une activité également dans le domaine de l’hospitalisation à domicile.

    Interrogée par Health & Tech Intelligence sur la stratégie d’innovation de LNA Santé, Marie-Laure Lévêque détaille les ambitions du groupe et les projets en cours.

    Elle met notamment en avant les 4 objectifs principaux de la recherche d’innovations d’usage :
    • soutenir l’expertise médicale via notamment la télémédecine et la robotique ;
    • maîtriser la durée des séjours par le biais entre autres des objets connectés, des applications mobiles et des dossiers médicaux numériques ;
    • favoriser le retour à domicile en l’accompagnant via des applications dédiées ;
    • améliorer l’expérience patient en facilitant la vie du patient, du résident et des professionnels de santé, notamment par la mise en place de nouveaux services ainsi qu’en contribuant au bien-être des résidents et de leurs familles.

    Les innovations technologiques sont au centre de la stratégie de LNA, insiste Marie-Laure Lévêque, avec :
    des partenariats publics forts ;
    des projets d’innovation numérique et de santé connectée qui se développent fortement dans les établissements du groupe, par le biais de partenariats avec des start-ups innovantes du secteur.

    Des partenariats en cours avec une dizaine de start-ups

    LNA Santé a organisé fin novembre 2019, au sein de son siège social à Vertou (Loire-Atlantique), la 3ième édition du LNA Digital Day dans l’objectif d’« attirer les acteurs de l’innovation » et de « sensibiliser les équipes internes aux opportunités offertes par la e-santé ».

    Cet événement a été l’occasion de mettre en avant le projet stratégique du groupe dont l’axe 6 « le digital pour servir les métiers » est un des enjeux du projet « Grandir ensemble 2018-2022 ».

    « L’objectif du LNA Digital Day est de permettre une acculturation de nos établissements sur le numérique et de les mettre en relation avec une quinzaine de start-ups innovantes du secteur, explique Marie-Laure Lévêque. Il s’agit d’un événement interne pour acculturer les équipes, médecins, cadres de rééducation, cadres de santé, directions, à l’innovation et à la transformation numérique. »

    La matinée était dédiée à une session plénière en présence de Jean-Jacques Coiplet, directeur de l’ARS Pays de la Loire qui s’est exprimé sur le thème « la région Pays de la Loire, terre d’innovation dans le domaine de la santé ». L’après-midi ont été organisés des ateliers pour mettre en lien les participants avec les start-ups.

    Les participants ont pu découvrir « une dizaine de start-ups sélectionnées pour l’intérêt de leurs solutions, dont certaines sont en test actuellement au sein du groupe, ou des services innovants portés par LNA Santé », indique l’organisation dans un communiqué. Ont participé à l’événement :

    • Avis Vérifiés : plateforme multi-outils et services de collecte et d’analyse d’avis clients, encadrés par la norme NF « avis clients » :
      • www.avis-verifies.com ;
    • Feetme : solutions connectées pour améliorer la prise en charge des patients atteints de troubles de la mobilité :
      • www. feetme.fr ;
    • Lumeen : outil de médiation mobile utilisant la réalité virtuelle à destination des professionnels de l’animation en secteur :
      • medico-social.www.lumeen.com ;
    • Naocare : éditeur de formation et de solutions digitales en santé pour améliorer l’éducation thérapeutique des patients :
      • www.naocare.com :
    • Neuradom : service « AutonHome », service personnalisé d’auto-rééducation sur le lieu de vie :
      • www.neuradom.com ;
    • Walkbyresilient : dispositif d’analyse des mouvements et de rééducation des troubles de marche d’origine neurologique :
      • www.walkbyresilient.com.

    L’après-midi, LNA Santé a organisé plusieurs ateliers pour présenter sa stratégie et ses projets en cours dans le domaine de la e-santé :

    • les équipes RH ont proposé un atelier Digit’RH pour faire découvrir leur stratégie digitale, destinée à recruter ou à fidéliser les collaborateurs ; ;
    • un deuxième atelier a mis en avant un projet phare du groupe en matière de télémédecine (un axe fort de LNA Santé), le projet de télémédecine Cardio, destiné, à terme, à être déployé dans tous les Ehpads et SSR du groupe ;
    • le pôle « recherche clinique » et « programmes thérapeutiques » a présenté les 5 premiers projets de recherche et études réalisés depuis sa création ;
    • le pôle immobilier ,en partenariat avec le cabinet AIA, a dévoilé les outils numériques de pointe qui facilitent actuellement le travail de conception des projets immobiliers du groupe.

    « Une équipe pluridisciplinaire se réunit chaque vendredi autour d’un retour d’expérience »

    « Notre stratégie d’innovation est structurée dans le cadre d’une démarche centrée sur le principe d’innovation frugale, explique Marie-Laure Lévêque. Chacun au sein de l’équipe est contributeur. Nous avons une équipe pluridisciplinaire qui se réunit chaque vendredi pour partager un retour d’expérience avec les établissements expérimentateurs du groupe ou découvrir une solution innovante. Nous procédons à l’évaluation de start-ups, en testant 12 à 15 expérimentations in situ (pendant 4 mois généralement), au sein de notre groupe. »

    Tous les membres de LNA sont mobilisés (la DSI, la direction médicale et qualité, le pôle «  recherche clinique », l’équipe de prospecting marketing, l’équipe RH, etc.). Un retour d’expérience est réalisé pour toutes les innovations, avec des fiches projets, l’idée étant de se concentrer sur 4 points : aspect économique, optimisation du métier, amélioration de l’organisation du leadership et attractivité (état du marché, impact, etc.).

    « Nous n’évaluons pas une innovation si l’usage n’a pas été déterminé (hospitalisation à domicile, Ehpad, etc.) », précise la directrice du pôle « prospective et stratégie santé ».

    Une stratégie articulée en 6 axes clés du projet « Grandir ensemble 2018-2022 »

    La stratégie de LNA Santé est organisée selon 6 axes, au sein desquels on retrouve cette volonté d’innovation.

    1. Donner envie aux professionnels de santé et renforcer l’attractivité de leur établissement :

    • en renforçant l’attractivité de l’entreprise et la fidélisation de nos équipes en s’appuyant notamment sur notre politique RSE.

    2. Être plus agile :

    • en instaurant des rituels de pilotage et une dynamique managériale, avec des outils digitaux comme Trello et Klaxoon pour organiser des réunions à distance ;
    • développer le management de proximité en faisant le lien entre la famille et l’unité de vie managée par les maitresses de maison, soignantes référentes, formées au management.

    3. Améliorer l’expérience clients et l’offre médicale :

    • notamment par le biais de l’innovation par la mise en place de projets de télémédecine :
      • une quarantaine d’initiatives sont en cours, notamment dans les domaines des plaies et de la cicatrisation, de la géronto-psychiatrie et du bucco-dentaire mais aussi en cardiologie pour mieux suivre les patients et réajuster les traitements si besoin.

    4. Être plus présent dans le secteur médico-sanitaire et renforcer la synergie inter-établissement :

    • en renforçant nos implantations et nos synergies inter-établissements dans nos territoires ;
    • mise en place d’un outil de visio-conférence au siège social du groupe, à Vertou (Loire-Atlantique), en lien avec les établissements, tous équipés d’un outil de visio pour pouvoir se parler et échanger ;
    • l’innovation est en particulier centrée sur le soutien à domicile, l’ambulatoire, avec l’utilisation de tablettes connectées, notamment pour la gestion des maladies chroniques :
      • développement d’ateliers d’éducation thérapeutique axés sur la prévention.

    5. Être un acteur accompagnateur de la transformation en santé, en particulier pour l’innovation organisationnelle :

    • proposer des offres de services et de santé en lien avec la feuille de route MaSanté 2022 (Ehpad hors les murs, plateforme d’accompagnement et de répit des aidants, mutualisation d’infirmières de nuit, digitalisation de l’éducation thérapeutique…)

    6. Servir les métiers par le digital :

    • fiabiliser et améliorer nos systèmes d’informations au service des métiers et des parcours clients ;
    • des réflexions sont en cours sur la question de la e-réputation :
      • des enquêtes « qualité » sont réalisées pour avoir un retour des patients et savoir quelles améliorations apporter.

    Pour aller plus loin : focus sur les projets d’innovation du groupe accessible sur LNA-sante.fr via ce lien.

    « L’innovation va très vite et son mode de financement beaucoup moins »

    La question du financement et de sa pérennité est l’une des problématiques centrales dans le domaine de l’innovation, estime Marie-Laure Lévêque.

    « Le reste à charge est parfois trop important. L’innovation va très vite et son mode de financement beaucoup moins, observe-t-elle. S’il y a un réel bénéfice, on finance les projets mais la question est de savoir comment, par exemple, financer les tablettes nécessaires dans le cadre d’un suivi à domicile ? Face à la diversité des innovations proposées, nous devons être également très vigilants sur l’évaluation du bénéfice/risque pour nos patients et résidents ; c’est la raison pour laquelle les tests doivent être encadrés et validés par la direction médicale. »

    « Nous avons mis en place un pôle de recherche clinique et un pôle thérapeutique en juillet 2018 pour gérer la structuration des programmes d’études et de recherche, complète-t-elle. Cela est très positif en termes de valorisation de nos métiers. Il y a notamment en cours une étude sur la réhabilitation fonctionnelle de l’épaule, une autre sur les modes de prises en charge des patients traités en oncologie en hospitalisation à domicile et une autre encore sur l’impact de la réduction du traitement de l’hypertension chez les plus de 80 ans. »

  • Droits des patients : le Cnom met en demeure le groupe Facebook « Le Divan des médecins »

    « Concernant le groupe privé Facebook ‘Le Divan des médecins’ nous mettons en demeure le régulateur du groupe s’agissant du contrôle des contenus, et nous signalerons ces contenus au Procureur de la République ». C’est ce qu’a déclaré Patrick Bouet, président du Cnom lors de la cérémonie des vœux de l’organisation, le 9 janvier 2020.

    Dans un communiqué diffusé le même jour, la fédération d’associations de patients France Assos Santé accuse ce groupe créé en juillet 2017 et rassemblant 11 000 praticiens de  « multiples atteintes aux droits des patients et à leur dignité » et de  « violations caractérisées du secret professionnel, de la vie privée »: elle demandait au Cnom « des sanctions à la hauteur des outrages et préjudices subis par les patients ».

    Ces prises de positions font suite à une enquête publiée le 5 janvier par « L’Obs » qui dénonçait la publication par les membres du groupe de « photos reconnaissables des patients » et de « commentaires à caractère pénal ».

    « Le Divan des médecins »: les arguments de la défense

    Dans un entretien accordé au site « Whatsupdoc », le Dr Elsa Fayad, cofondatrice et administratrice du groupe, déclare vouloir « communiquer davantage sur la fonction « signaler » », et, «  recentrer l’administration du groupe afin d’avoir une visibilité parfaite sur ce qui s’y passe et éviter de passer à côté d’incidents ». Elle demande de comparer la centaine de captures d’écran réalisée par l’Obs avec les 3137 publications et 55 000 commentaires recensés sur le forum au cours du mois écoulé.  « Si nous avions mis en place une modération a priori pour valider chaque nouvelle publication, le groupe aurait perdu tout son intérêt » estime-t-elle.

    Dans le « Quotidien du médecin », Elsa Fayad ajoute que les dérapages proviennent de quelques membres, « parfois occasionnellement et parfois de façon répétée », que les  « rares cas » de non-anonymisation des cas cliniques, ont été rapidement « signalés et corrigés », et qu’« un à deux membres sont expulsés du Divan par trimestre ».

    Des médecins interrogés par le site spécialisé Egora louent la « confraternité » de ce « sas de décompression » pour une profession « en souffrance », estimant que le groupe aurait « évité plusieurs suicides ».

  • Rétro 2019 : top 10 des études révélant les limites de certaines technologies de santé

    En cette semaine de rentrée 2020, Health & Tech Intelligence revient sur les publications fortes de l’année passée. Après un focus sur les études les plus probantes ayant démontré l’efficacité de certaines technologies dans le domaine de la santé, retour aujourd’hui sur celles qui ont mis en avant les limites voire l’inefficacité de certaines solutions, en particulier les applications mobiles dédiées à la santé mentale.

    Télé-santé :
    – essor de la télécontraception et surestimation de la sécurité des nouvelles pratiques.

    IA et big data :
    – un algorithme prive de soins des Afro-Américains à cause d’un biais racial ;
    – les preuves du pouvoir diagnostic de l’IA restent fragiles.

    Applications mobiles et chatbots :
    – la validité clinique des applis de santé mentale remise en cause dans 2 revues ;
    – 9 applis sur 10 dédiées au suicide ne sont pas conformes aux recommandations ;
    – les traqueurs d’activité encouragent l’activité physique mais pas durablement ;
    – les applis de sport entraînent une augmentation modeste de l’activité physique ;
    – beaucoup de marketing et de faux espoirs dans les applis mobiles dédiées au cancer ;
    – l’évaluation des applis souffre d’un manque de standardisation.

    Téléconsultation

    Essor de la télécontraception et surestimation de la sécurité des nouvelles pratiques

    L’Association des pharmaciens américains (AphA) estime que la télécontraception pourrait permettre de rétablir une certaine égalité d’accès aux médicaments contraceptifs tout en garantissant la sécurité des patientes.

    Cette affirmation de l’AphA, émise dans un communiqué daté du 1er novembre 2019, est en fait fondée sur les résultats d’une étude publiée en septembre 2019 dans le New England Journal of Medicine. Largement diffusée dans le monde anglo-saxon, cette recherche intitulée « A Study of Telecontraception » (« Une étude de la télécontraception ») montre par une méthodologie utilisant de fausses patientes :

    • que la télécontraception pourrait faciliter l’accès à la contraception pour toutes ;
    • que certains sites de télécontraception respecteraient mieux les recommandations de prescription que certaines cliniques américaines spécialisées dans les consultations physiques de contraception ;
    • que le service proposé par la plupart des sites internet est plutôt sûr.

    Lire la suite de l’article ici.

    IA et big data

    Un algorithme prive de soins des Afro-Américains à cause d’un biais racial (Science)

    Une équipe de chercheurs américains a découvert qu’un algorithme très utilisé par les médecins avait conduit à sous-estimer les besoins de soins de millions d’Afro-Américains. Ce biais racial reposait sur une analyse erronée des coûts de santé : moins une personne dépensait d’argent pour ses soins, moins elle était considérée comme à risque et ayant besoin de soins complémentaires. Les résultats de cette étude ont été publiés le 25 octobre 2019 dans la revue Science.

    Lire la suite de l’article ici.

    Les preuves du pouvoir diagnostic de l’IA restent fragiles (Lancet Digital Health)

    De plus en plus d’études indiquent que la précision diagnostique des algorithmes est équivalente ou supérieure à celle des humains. Cependant, elles comportent des biais, leurs résultats sont donc difficilement généralisables.

    Selon une étude publiée le 25 septembre 2019 dans la revue The Lancet Digital Health, sur 20 000 publications passées en revue, moins de 1 % reposaient sur une méthodologie solide.

    Lire la suite de l’article ici.

    Applications mobiles

    La validité clinique des applis de santé mentale remise en cause dans 2 revues (Nature, JAD)

    Deux études remettent en cause l’efficacité des applications mobiles de santé mentale. La première, parue le 2 décembre 2019 dans Nature Digital Medicine, estime que les preuves sont insuffisantes pour recommander les applis en tant qu’interventions psychologiques autonomes. La seconde étude, parue le 3 décembre dans le Journal of Affective Disorders (JAD), révèle que les travaux menés sur ces applis ne sont pas valides dans la mesure où la moitié des patients ont abandonné l’utilisation de la solution en cours d’essai.

    Lire la suite de l’article ici.

    9 applis sur 10 dédiées au suicide ne sont pas conformes aux recommandations (BMC Medicine)

    La plupart des applications mobiles (93 %) pour la prévention du suicide et la gestion de la dépression ne fournissent pas les 6 stratégies de prévention du suicide qui sont couramment recommandées dans les directives cliniques internationales. Les chercheurs de la Nanyang Technological University de Singapour (NTU Singapour) ont même constaté que plusieurs applications téléchargées plus d’un million de fois qui indiquaient des numéros de téléphone d’urgence incorrects ont été trouvés disponibles dans le monde. Les résultats de leur étude ont été publiés le 19 décembre 2019 dans la revue BMC Medicine.

    Lire la suite de l’article ici.

    Les traqueurs d’activité encouragent l’activité physique mais pas durablement (Jama)

    Une application de téléphone mobile conçue pour des femmes inactives s’est révélée efficace pour augmenter le niveau d’activité physique lorsqu’elle était associée à un suivi d’activité et à des conseils personnalisés. Cependant, l’étude en question, publiée le 24 mai 2019 dans le Jama Network Open et menée par des chercheurs de l’université de Californie, montre les limites de cette stratégie. L’outil ne permettait pas un changement de comportement durable. Au bout de 3 mois, le niveau d’activité physique diminuait de nouveau.

    Lire la suite de l’article ici.

    Les applis de sport entraînent une augmentation modeste de l’activité physique (Lancet)

    Une étude financée par la Stanford Data Science Initiative montre que des interventions de coaching sur smartphone, via des applications mobiles d’activité physique, permettent d’inciter les participants à bouger. Dans le cadre de ces travaux, le niveau d’activité physique a augmenté de 10 % grâce à ces incitations virtuelles. Les résultats de l’étude, publiée le 9 octobre 2019 dans le journal The Lancet Digital Health, sont certes modestes mais toute augmentation du niveau d’activité s’avère bénéfique selon les spécialistes.

    Lire la suite de l’article ici.

    Beaucoup de marketing et de faux espoirs dans les applis mobiles dédiées au cancer (BMJ Open)

    Des chercheurs écossais de l’université d’Aberdeen ont mené une revue exploratoire de la littérature sur les applications mobile dédiées au cancer. Ils en ont étudié 151 et ont constaté que la plupart d’entre elles sont développées par des organisations commerciales. Quant aux promesses d’autonomisation dans la lutte contre le cancer, elles sont tempérées par le fait que beaucoup d’allégations de santé sont exagérées. Les résultats de cette étude ont été publiés en septembre 2019 dans le BMJ Open.

    Lire la suite de l’article ici.

    L’évaluation des applis souffre d’un manque de standardisation (Nature Digital Medicine)

    Les applications de santé mentale les plus téléchargées sont celles qui mettent l’accent sur la relaxation, la pleine conscience et les compétences en matière de méditation. Ces résultats issus d’une étude publiée le 17 juin 2019 dans Nature Digital Medicine montrent par ailleurs que les outils de mesure de la qualité et de l’efficacité de ces outils ne sont pas du tout standardisés. Les chercheurs de l’université de Washington qui ont réalisé ces travaux insistent sur la nécessité de fournir aux consommateurs et aux cliniciens des conseils actualisés et validés scientifiquement.

    Lire la suite de l’article ici.

  • H&TI Webinar – RÉTRO : les grandes levées de fonds e-santé de 2019 (15/01/2020, 11h30)

    Chers abonnés,

    Nous avons le plaisir de vous inviter au prochain H&TI Webinar, consacré aux plus grandes levées de fonds des sociétés françaises réalisées sur le marché de la e-santé en 2019.

    L’objectif sera de faire un bilan global des tendances d’investissement de l’année 2019 et les perspectives pour 2020.

    Connectez-vous le 15 janvier de 11h30 à 12h15 et posez vos questions en direct aux intervenants :
    Iman El Bekkali, consultante start-ups et e-santé à Care Insight, qui reviendra sur les plus importantes levées de fonds de 2019 ;
    • 2 acteurs clés du secteur : un fonds d’investissement et une start-up française à succès.

    Les inscriptions, gratuites, doivent être réalisées via ce lien.

    En attendant, n’hésitez pas à consulter ici notre indicateur présentant le top 10 des plus importants tours de table de l’année passé.

  • Pratique avancée libérale : l’avenant n° 7 publié au Journal officiel (arrêté)

    L’avenant n°7 sur la pratique avancée libérale, signé le 4 novembre 2019 par l’Uncam et 2 des 3 syndicats infirmiers (la FNI et le Sniil : Convergence s’est abstenu), est effectif depuis la publication d’un arrêté au Journal officiel du 3 janvier 2020. Le texte précise les modalités d’exercice de la pratique avancée pour les infirmiers libéraux (Idel) sous le régime conventionnel, avec notamment la création de plusieurs forfaits spécifiques. Il s’applique aux Idel qui souhaitent exercer « en tant qu’activité exclusive en pratique avancée ou en tant qu’activité concomitante à une autre activité d’infirmière libérale (activité mixte) ». Ces professionnels devront exercer au sein d’une équipe de soins primaires ou auprès d’un médecin spécialiste en tant qu’assistants

    Le métier d’infirmier est la première profession de santé pour laquelle est mise en place un exercice dit en « pratique avancée », à l’image de ce qui se fait déjà dans d’autres pays (Australie, Canada, États-Unis, Finlande, Irlande, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni).

    Les textes mettant en place le métier d’infirmier en pratique avancée (IPA) visent à :
    • 1. améliorer l’accès aux soins notamment dans les territoires sous dotés en médecins ;
    • 2. améliorer la qualité des parcours des patients par le biais d’une coordination renforcée ;
    • 3. soutenir les médecins dans la prise en charge de patients atteints de pathologies ciblées ;
    • 4. diversifier l’exercice des infirmiers et à développer des perspectives de carrières.

    Les partenaires conventionnels ont convenu d’une valorisation de plusieurs forfaits :
    • un forfait, destiné à vérifier l’éligibilité du patient au suivi par l’IPA, valorisé à hauteur de 20 euros et facturable une seule fois ;
    • une fois l’éligibilité vérifiée, 4 forfaits trimestriels de suivi peuvent être facturés par an et par patient (si au moins un contact par trimestre). Chaque forfait valorise toutes les interventions réalisées par l’IPA au cours du trimestre de prise en charge y compris les actions de coordination et de concertation nécessaires : le premier forfait de l’année correspond à un contact plus long avec le patient, il est valorisé à 58,90 euros par patient ; les trois forfaits suivants, sont valorisés chacun à 32,70 euros par patient et par trimestre.

    Pour aller plus loin : l’article présentant en détail l’avenant n°7 est accessible via ce lien.

  • 27 M€ attribués aux investissements informatiques des hôpitaux ; 20 M€ pour Hop’en (circulaires)

    Plus de 27 millions d’euros de crédits sont délégués au financement d’investissements informatiques des hôpitaux dans le cadre des nouvelles circulaires budgétaires de fin 2019. De manière globale, « dans le cadre de la troisième délégation de crédits aux établissements de santé, qui intègre le reversement intégral des crédits mis en réserve en début d’exercice, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, alloue 150 millions d’euros aux hôpitaux pour leur besoin d’investissement du quotidien », a annoncé le ministère le 2 janvier 2020, précisant que ces crédits seront disponibles « dès ce mois de janvier ».

    La troisième circulaire relative à la campagne tarifaire et budgétaire 2019 des établissements de santé attribue par ailleurs :

    1,3 million d’euros en aides à la contractualisation (AC) non reconductibles aux établissements supports des GHT sélectionnés à l’issue de l’appel à projets (AAP) lancé fin 2019 par la DGOS sur la convergence des SI (instruction du 6 septembre 2019).

    220 000 euros pour une « opération de régularisation » mise en place à destination de l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France : elle concerne le déploiement de l’outil C3 (chemins cliniques cohérents), un site web sécurisé accessible aux cliniciens des établissements membres de GHT, conçu pour identifier des écarts de pratiques.

    3,3 millions d’euros en AC non reconductibles au programme Simphonie, dont l’objectif est notamment de simplifier le parcours administratif du patient, généralisé dans les GHT depuis 2017.

    1,8 million d’euros non reconductible pour un AAP lancé auprès des ARS concernant l’usage de messageries sécurisées intégrées à l’espace de confiance MSSanté. 500 000 euros sont spécifiquement alloués à 9 projets régionaux : 200 000 euros « pour l’amorçage du projet » et 300 000 euros « conditionnés à l’atteinte des cibles d’usage ».

    2,175 millions d’euros non reconductibles à la phase pilote de mise en place de l’identifiant unique des dispositifs médicaux (IUD) pour la traçabilité des dispositifs médicaux implantables (DMI).

    Au total, via la troisième circulaire budgétaire, 830 millions d’euros de crédits supplémentaires sont rendus disponibles pour les établissements de santé dès ce mois de janvier. « Une ultime phase de délégation de crédits interviendra d’ici le début du mois de mars afin de tenir compte le plus finement possible de la réalité de l’activité hospitalière réalisée en 2019 », note le ministère.

    À noter également que 20 millions d’euros sont notamment attribués « au titre de l’amorçage des projets » du programme Hop’en dans le cadre de la deuxième délégation de crédits du fonds de modernisation des établissements de santé publics et privés (FMESPP) au titre de 2019, pour laquelle une autre circulaire a été diffusée en parallèle de la circulaire budgétaire.

  • Panorama 2019 du Snitem : le marché du DM numérique rassemble 2,5 fois plus d’entreprises qu’en 2017

    51 % des entreprises du secteur dispositif médical (DM) « sont en phase de développement de DM connectés et/ou de solutions et applications digitales » et le marché numérique en santé rassemble actuellement « 2,5 fois plus d’entreprises qu’en 2017 » . Il s’agit des informations centrales figurant dans le Panorama 2019 du dispositif médical en France, réalisé par la société D&Consultants  et présenté par le Snitem le 9 janvier 2020 à Paris. Les auteurs de l’étude indiquent cependant que « le segment du numérique en santé apparaît toujours comme un marché émergent compte tenu de la faible part relative de chiffre d’affaires qu’il représente » au sein du secteur français du DM.

    « Toutes les entreprises qui ont les moyens d’investir dans le numérique le font, tout le monde est persuadé que c’est une partie de notre avenir », commente Philippe Chêne, président du Snitem : « La question est de savoir comment cela va être évalué [et] remboursé ».

    L’épineuse question de la rémunération

    « La Haute autorité de santé (HAS) démarre la méthodologie pour les étudier, ils ne savent pas vraiment faire », précise Eric Le Roy, directeur général du Snitem . Quand des solutions e-santé numérique sortiront avec un tampon HAS, il faudra que le CEPS change son modèle de tarification pour arriver à quelque chose de soutenable, explique-t-il. Ce sera plus difficile d’obtenir un prix pour une application pure et dure car c’est complètement nouveau.»

    « Pour les deux solutions de télémédecine prises en charge aujourd’hui, la télécardiologie et la télésurveillance respiratoire, la rémunération ne couvre pas les coûts pour l’entreprise », précise-t-il.

    Une filière dynamique portée par l’export

    70 % de la croissance anticipée serait générée par l’export selon le panel d’entreprises interrogé

    La filière française du dispositif médical (DM) en 2019 compte 1 502 entreprises, soit 201 de plus qu’en 2017 lors de la dernière édition du Panorama. Le secteur « se caractérise par une très forte dominante de PME » (93 %) et emploie 89 130 salariés sur le territoire national, est-il indiqué dans le rapport. Les sociétés d’origine étrangère représentent 27 % des entreprises, 48 % des salariés et 66 % du chiffre d’affaires de la filière.  

    La dynamique du secteur apparaît « portée par l’international » : 70 % de la croissance anticipée serait générée par l’export selon le panel d’entreprises interrogé, avec pour marchés privilégiés l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie. La majorité des entreprises interrogées (84 %) ont, de plus, affirmé vouloir conquérir davantage de nouveaux marchés.

    4 enjeux majeurs pour les industriels

    Le Panorama pointe 4 « grands enjeux » qui préoccupent les acteurs de la filière :

    • la règlementation : l’introduction du règlement européen MDR devrait entraîner « une augmentation significative des exigences » , de sorte que 33 % des entreprises estiment qu’elle « menace la pérennité de leurs sites de production en France ». 77 % anticipent un retard de mise sur le marché de leurs DM ;
    • l’accès au marché : 41 % des entreprises déclarent avoir renoncé à la mise sur le marché d’un DM en France, dont 54 % en raison de prix « trop faibles » et 37 % en raison d’un accès au remboursement « trop compliqué » ou « trop long » ;
    • le financement des entreprises : 53 % des acteurs interrogés constatent un manque de financement post-amorçage « traduisant un vrai déficit de compétitivité » ;
    • les ressources humaines : 70 % des entreprises interrogées peinent à trouver des profils règlementaires (52 %), marketing/vente (42 %) et numérique (34 %).