Exploiter la puissance des données omiques afin de “réaliser une analyse approfondie du paysage moléculaire du cancer de l’hépatoblastome” : telle est l’ambition du contrat signé, le 8 janvier 2024, entre la start-up de biotechnologie Deeplife et Inserm Transfert, filiale de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), visant à étudier ce cancer pédiatrique difficilement pris en charge avec les thérapies utilisées actuellement. Cette collaboration est réalisée au nom de l’équipe Mircade (Méthodes et innovations pour la recherche sur les cancers de l’enfant) de l’Institut d’oncologie de Bordeaux (Bric) – U1312 (Université de Bordeaux, Inserm) afin de “mettre en place des stratégies de combinaison de médicaments adaptées pour lutter contre ce cancer”.
L’IA pour alléger les thérapies à destination de l’enfant
Principal cancer du foie pédiatrique, l’hépatoblastome est une maladie rare qui se caractérise la plupart du temps par une distension et une masse abdominales chez l’enfant de moins de 4 ans. Les principales thérapies disponibles aujourd’hui sont la chirurgie, la chimiothérapie néoadjuvante et la transplantation hépatique, toutes des interventions très lourdes pour l’enfant.
Pour cette raison, la collaboration entre Deeplife et Inserm Transfert a vu le jour : elle doit permettre “de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques et de nouvelles combinaisons de médicaments” grâce à l’utilisation des technologies d’intelligence artificielle (IA) développées par la start-up parisienne.
Un jumeau numérique des cellules cancéreuses
Dans son communiqué annonçant la collaboration entre les deux entités, l’équipe Mircade a expliqué qu’elle avait pour objectif commun, avec Deeplife et Inserm Transfert, de “mettre en avant l’importance et l’utilité du jumeau numérique de la cellule, dans le but de favoriser une compréhension plus large des phénomènes biologiques et une adoption de cette approche par la communauté scientifique”.
La technologie d’IA développée par Deeplife permettrait de créer un jumeau numérique des cellules cancéreuses de l’hépatoblastome pour identifier les gènes activés et les processus moléculaires impliqués dans la résistance aux traitements et à l’adaptation des cellules tumorales à leur environnement afin d’”augmenter significativement les chances de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques et de nouvelles combinaisons de médicaments”. Le CEO de la start-up, Jonathan Baptista, a indiqué qu’à travers cette approche, la société souhaite révolutionner “la découverte de médicaments et des stratégies de traitement de ce cancer”.
En plus d’avoir une vision à long terme “consistant à mettre en œuvre des outils d’IA pour accélérer les découvertes de médicaments en oncologie pédiatrique”, cette collaboration a aussi pour but de “diffuser les connaissances à travers divers canaux, notamment des publications, des présentations lors de conférences et d’autres communications scientifiques et non scientifiques”.
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