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  • OMS Europe : bilan de l’année 2023 pour la santé numérique et la data dans 34 pays européens

    Malgré des progrès significatifs au sein des états de la région, l’OMS met en avant la nécessité d’une confiance accrue dans la santé numérique, d’une infrastructure solide, d’investissements stratégiques et d’une collaboration internationale renforcée pour le secteur, en Europe.


    Le rapport « Data and digital health in the WHO European Region in 2023 A year in review », publié fin 2023 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), souligne que les états membres de la région ont réalisé des progrès significatifs dans leurs efforts visant à exploiter la puissance des données et des technologies numériques pour améliorer les résultats en matière de santé. Cette transformation du secteur de la santé a été accélérée par la pandémie de COVID-19.

    4 recommandations pour une transformation numérique durable

    Sur 53 pays, seulement 19 disposent de lignes directrices pour évaluer les interventions de santé numérique. D’où l’importance, selon le rapport de l’OMS, de garantir la sécurité et la qualité de ces initiatives.

    Par ailleurs, 4 recommandations sont promues par l’agence onusienne en Europe, pour une transformation numérique durable des systèmes de santé dans la région, autour des des axes suivants :
    1️⃣ la confiance : soulignant que le succès de la santé numérique dépend de la confiance des utilisateurs dans la sécurité de leurs données ;
    2️⃣ l’infrastructure : soulignant que le développement et la garantie de la disponibilité d’une large bande fiable et abordable dans chaque foyer est primordiale pour l’accès aux solutions de santé numérique ;
    3️⃣ l’investissement : soulignant l’importance pour les gouvernements de considérer la santé numérique comme un investissement stratégique à long terme ;
    4️⃣ la collaboration : soulignant l’importance du partage des connaissances entre les pays pour promouvoir l’adoption de la santé numérique et garantir son impact positif sur la santé publique.

    Un écosystème pas encore assez inclusif

    Le rapport met également en avant les dangers de laisser les populations défavorisées derrière, sous le slogan “no one behind”, pour la transformation numérique de la santé.

    5 actions ont été recommandées par les experts de l’OMS :
    📌 établir une gouvernance qui favorise la coopération intersectorielle nationale et internationale, en mettant l’accent sur la réalisation des objectifs de santé ;
    📌 élaborer des directives pour accroître la littératie en santé numérique afin d’accélérer la mise en œuvre des outils de santé numérique ;
    📌 promouvoir un financement durable et une collaboration (par le biais de partenariats public-privé) pour renforcer l’innovation ;
    📌 continuer à améliorer l’échange et le partage de données de santé pour en exploiter tout le potentiel ;
    📌 promouvoir une approche inclusive et centrée sur le patient de la santé numérique afin que tous les pays intègrent les solutions numériques dans leurs systèmes de santé.

    Principaux constats en Europe en 2023

    Bien que le rapport mette en avant la progression de la transformation numérique de la santé dans la région européenne, il souligne également quelques lacunes :

    • le manque de directives dans 34 pays pour évaluer les interventions en santé numérique ;
    • plus de la moitié des pays ont élaboré des politiques en matière de littératie numérique en santé et mis en œuvre un plan d’inclusion numérique ;
    • de nombreux pays ne disposent pas d’une entité dédiée chargée de la surveillance des applications de santé pour en garantir la qualité, la sécurité et la fiabilité ;
    • seulement 15 % des pays ont des évaluations des programmes de santé mobile par le gouvernement ;
    • plus de la moitié des pays ont élaboré une stratégie pour l’utilisation des données de santé ;
    • une grande majorité des pays ont une stratégie de santé numérique.

    Une attention particulière portée au rôle des femmes :

    Le rapport souligne que les femmes sont souvent “exclues des avancées technologiques” et rappelle que la réduction de l’écart en matière de compétences numériques entre les genres est “crucial pour tirer parti des avantages potentiels des technologies de la e-santé “.

    Une série d’études démontre le potentiel du secteur :

    Les conclusions de plusieurs études menées par l’OMS ont été présentées dans ce rapport. En voici les plus marquantes :

    • les outils numériques ont un impact positif sur la performance des professionnels de santé ;
    • littératie est essentielle pour surmonter les obstacles auxquels sont confrontés les professionnels de santé – la promotion de la compréhension des solutions numériques est identifiée comme un élément clé pour accélérer leur utilisation ;
    • le potentiel de l’intelligence artificielle (IA) dans la recherche pour la santé mentale est grand, toutefois le traitement des statistiques par l’IA, la validation sporadique des données et l’évaluation limitée des risques de biais sont des difficultés à combler pour ces algorithmes ;
    • l’examen du développement des systèmes d’information de santé dans les 53 pays de la région met en avant les progrès réalisés jusqu’à présent.

    Collaboration entre l’OMS et les pays européens

    L’OMS a déployé différentes activités de soutien aux pays, comprenant :

    Une assistance technique directe à 29 pays membres :

    Dans les domaines :

    • de la gouvernance des données ;
    • des systèmes d’information ;
    • de la cybersécurité ;
    • et du Big Data.

    Une formation coordonnée avec l’Universitat Politècnica de València :

    Cette collaboration s’intéresse à l’impact de la Big Data dans les soins. La formation a rassemblé des participants venant de pays tels que la Géorgie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan.

    Le plan d’action régional pour 2023-2030

    En conclusion du rapport, l’OMS rappelle les 4 directives stratégiques essentielles pour 2023-2030, détaillés dans son plan d’action régional, publié en septembre 2022 (voir article H&TI ici) :

    • définir des normes et des directives claires pour encadrer le développement et l’adoption de solutions numériques et fournir des orientations techniques pour l’évaluation et la mise en œuvre de ces solutions ;

    • accroître la littératie en santé numérique, former les professionnels de santé aux nouvelles technologies ;

    • favoriser les échanges d’expériences réussies entre les pays, partager les meilleures pratiques et établir des collaborations régionales ;

    • identification des solutions émergentes et des tendances technologiques et évaluation de leur pertinence pour les systèmes de santé des différents pays.

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  • Maladies chroniques : Amazon collabore avec Omada Health pour lancer de nouveaux programmes de santé

    Le “Health Condition Programs” est le nouveau programme de santé d’Amazon qui permettra à ses clients d’accéder aux prestations de santé numériques proposées par leur employeur ou leur assureur. Annoncé lors de la conférence JPM Healthcare tenue du 8 au 11 janvier 2024 à San Francisco, cette initiative sera menée en collaboration avec l’entreprise Omada Health, experte de la gestion des soins chroniques.

    Fondée en 2011, la société Omada s’est d’abord spécialisée dans la gestion du prédiabète, mais ses services n’ont pas tardé à évoluer pour inclure l’aide à la gestion d’autres pathologies.

    Facilité l’accès aux services numériques de santé

    L’objectif affiché par Amazon est de “permettre aux individus d’accéder à des outils de santé numériques qui peuvent les aider à gérer des maladies chroniques” telles que :
    📌 le diabète ;
    📌 le prédiabète ;
    📌 l’hypertension artérielle.

    “Amazon veut permettre aux gens d’être plus facilement en bonne santé et de le rester, et pour ce faire, il faut faciliter la découverte des produits, des services et des professionnels qui peuvent les y aider. De nombreuses personnes ne sont pas conscientes des prestations de santé auxquelles elles ont droit, qui sont généralement gratuites ou subventionnées par leur employeur ou leur régime d’assurance”, a déclaré Aaron Martin, vice-président chargé des soins de santé chez Amazon, dans un communiqué. 

    Dans la continuité de cette initiative la multinationale a également déclaré avoir l’intention d’étendre ses programmes en s’associant à d’autres entreprises de la e-santé.

    Le Health Condition Programs : un service innovant 

    Grâce au nouveau service proposé par Amazon, les utilisateurs pourront “vérifier le statut de leur couverture, postuler des programmes et gérer leur maladie chronique”. L’entreprise indique que, “si un utilisateur est couvert pour des programmes de santé spécifiques par le biais de son plan de santé ou de son employeur”, il peut avoir accès à :

    • des appareils connectés ;
    • une équipe de soins personnels ;
    • un coaching de santé ;
    • et une planification diététique…

    Cette offre vise à faire connaître les programmes cardiométaboliques d’Omada et à augmenter le nombre d’inscriptions pour les plus de 1 900 employeurs et régimes de santé clients d’Omada, représentant plus de 20 millions de membres éligibles. Une approche innovante qui ouvre la voie à un avenir où la technologie rendra les patients autonomes, en les mettant en contact avec les ressources dont ils ont besoin pour gérer efficacement les maladies chroniques.

    Plusieurs projets en santé déjà lancés par Amazon

    En 2019, le géant américain du numérique avait déjà lancé Amazon Care, une clinique virtuelle destinée à ses propres employés, qui avait finit par fermer ses portes car, selon Neil Lindsay, vice-président principal d’Amazon Health Services, le service de télésanté n’était “pas une offre suffisamment complète pour les grandes entreprises clientes que nous avons ciblées, et n’allait pas fonctionner à long terme.”

    La même année, Amazon Clinic a été lancée, une plateforme de soins virtuels destinée à la gestion des affections courantes, notamment : 

    • la perte de cheveux ;
    • les brûlures d’estomac ;
    • l’acné ;
    • les pellicules ;
    • les allergies saisonnières, etc.

    En 2022, Amazon a également annoncé la signature d’un accord définitif pour l’achat de One Medical pour 3,9 milliards de dollars.

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  • [DATA] Norvège : quelle stratégie en santé numérique & data ? Des ambitions à l’horizon 2030

    La Norvège fait partie des pays pionniers en matière de télémédecine avec un premier déploiement dès les années 1990. En 2024, le gouvernement accorde à la santé numérique un budget total de 110 M€ sur 6 ans.


    En janvier 2023, Mariann Hornnes, directrice adjointe e-santé à la Helsedirektoratet, la Direction norvégienne de la santé, a dévoilé la stratégie nationale norvégienne de e-santé 2023-2030. Cette dernière vise à améliorer la qualité et augmenter l’efficacité des soins tout en les rendant plus accessibles. La vision stratégique adoptée par les autorités du pays a été formulée comme suit : « Ensemble pour des services complets, sûrs et innovants qui favorisent l’autonomie en matière de santé et de soins. »

    L’élaboration de cette stratégie a bénéficié de la participation active de plus de 60 intervenants et parties prenantes, représentant divers segments du secteur de la santé. Parmi ces contributeurs figuraient des associations de patients et de consommateurs, des professionnels de la santé, des prestataires de soins, des représentants de la recherche et de l’industrie.

    Pour la Norvège, la numérisation du secteur de la santé vise à promouvoir 3 axes principaux :
    🎯 la qualité et la cohérence des services ;
    🎯 la durabilité du secteur de la santé ;
    🎯 et la force d’innovation.

    Une orientation vers le citoyen et le professionnel de santé

    L’ambition derrière les axes stratégiques du plan national annoncé se décline en 5 objectifs stratégiques centrés sur le patient et le professionnel de santé :
    1️⃣ la participation active à sa propre santé et à celle de ses proches ;
    2️⃣ facilitation de la journée de travail ;
    3️⃣ l’utilisation des données de santé pour le renouvellement et l’amélioration ;
    4️⃣ le partage des informations disponibles et une collaboration renforcée ;
    5️⃣ le développement de la coopération et des instruments renforçant la mise en œuvre.

    Une première stratégie e-santé en 2017

    En Norvège, la première stratégie nationale de e-santé a été lancée en 2017. Elle avait été conçue pour répondre aux besoins d’un secteur en pleine mutation, notamment en raison de l’évolution des besoins de la population et de la pandémie. Parmi les principales réalisations dans le cadre de cette initiative :
    ▪️  le développement de la plateforme HelseNorge (lancée en 2011), un portail en ligne proposant des informations et services de santé ;
    ▪️  le déploiement de la carte d’assurance maladie électronique ;
    ▪️  le renforcement de la cybersécurité.

    Un budget de 110 M€ sur 6 ans

    En 2024, le gouvernement a accordé au secteur de la santé numérique un budget total de 1,25 milliards de couronne norvégienne, soit 110 millions d’euros, sur 6 ans. Les budgets prévus pour l’année 2024 se divise de la manière suivante :
    ▪️ 110 millions de couronne norvégienne (8,8 M€) pour poursuivre le développement de la santé numérique ;
    ▪️ 150 millions de couronne norvégienne (13,2 M€) pour le développement de nouvelles technologies ;
    ▪️ 26 millions de couronne norvégienne (2,3 M€) pour le développement d’une carte de santé numérique pour les femmes enceintes.


    📌 Dans cet indicateur, Health & Tech Intelligence revient en synthèse sur les particularités du système de santé norvégien (notamment un objectif de rendre un médecin généraliste disponible pour tous les habitants), sur les principales initiatives déployées par les autorités du pays dans leur ordre chronologique, ainsi que sur les acteurs clés de la santé numérique en Norvège. Les principaux éléments de « la stratégie e-santé 2023-2030 » y sont également présentés dans le détail.

    🔴 ACCÉDER À L’INDICATEUR COMPLET :

    👉 L’ensemble des données relatives aux initiatives des autorités norvégiennes en matière de santé numérique, et plus particulièrement à leur « stratégie e-santé », sont disponibles dans la rubrique « Data », accessible via ce lien.

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  • USA : Lilly digitalise la livraison de médicaments et les consultations pour les maladies chroniques

    Lilly lance LillyDirect, une solution digitale pour aider les patients aux Etats-Unis souffrant d’obésité, de migraine et de diabète. LillyDirect offre :
    📌 des outils de gestion de maladies, incluant l’accès à des prestataires de soins ;
    📌 un support personnalisé ;
    📌 et une livraison à domicile de médicaments sur ordonnance grâce à des pharmacies tierces.

    « Le système de santé américain est complexe avec des fardeaux auxquels les patients font face lorsqu’ils ont une maladie chronique. Avec LillyDirect, notre but est d’enlever certaines de ces entraves en simplifiant l’expérience patient afin d’améliorer leurs résultats », explique David A. Ricks, CEO de Lilly. 

    LillyDirect permet ainsi au patient d’éviter les longs trajets pour aller voir un médecin et diminue le temps d’attente pour obtenir son rendez-vous. Le patient choisit directement sur le site le médicament prescrit par son médecin traitant. Cependant, afin d’être remboursé, il doit demander à sa mutuelle une autorisation préalable, souvent appuyée par un diagnostic du médecin auparavant.

    Un service de soins et de médicaments totalement digitalisés

    Pour les patients souffrant de maladies chroniques comme l’obésité, la migraine ou le diabète, LillyDirect propose les fonctions suivantes :
    ➡️ une pharmacie digitale pour choisir les médicaments Lilly prescrits, approvisionnés par des pharmacies tierces en ligne, permettant aux patients de les recevoir chez eux ;
    ➡️ de l’éducation sur les états pathologiques et sur les soins pour aider à soutenir les patients dans leur période de guérison ;
    ➡️ un accès à des téléconsultations indépendantes en complément de la première équipe de soin ou une alternative à la consultation présentielle pour certaines pathologies ;
    ➡️ un outil de recherche indépendant permettant aux patients de trouver des médecins à proximité de leur domicile, s’ils préfèrent la consultation en personne.

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  • IA : les développeurs de dispositifs peuvent désormais certifier qu’ils sont éthiques et responsables

    Témoigner que l’intelligence artificielle (IA) développée dans un dispositif est gérée “de manière éthique et responsable” : c’est le but de la norme volontaire ISO/IEC 42001 qui a été publiée par l’International Organization for Standardization (ISO) en décembre 2023 et qui pourra être obtenue par les développeurs de technologies ou de dispositifs utilisant l’IA pour prouver que “l’humain conserve toujours le dessus sur la machine”.

    Une certification valide 3 ans

    L’organisme de certification et d’évaluation de systèmes, services, produits et de personnes en France, Afnor, indique que cette norme – qui peut aussi être considérée comme un référentiel bien qu’elle ne soit imposable qu’aux éditeurs qui souhaitent s’y plier – permet à ces derniers de certifier, pour une durée de 3 ans, que leur dispositif a été développé de manière responsable et que son utilisation respecte les principes fixées en matière :
    📌 de protection des données ;
    📌 de spécification des informations utilisées pour nourrir l’IA ;
    📌 de robustesse ;
    📌 mais aussi de transparence et d’explicabilité.

    Une norme qui va pouvoir accompagner l’IA Act

    Alors qu’un accord provisoire a été obtenu entre le Conseil et le Parlement européens, le 9 décembre 2023, pour mettre en place des règles harmonisées sur l’utilisation de l’IA dans l’Union européenne et de “favoriser le développement et l’adoption d’une IA sûre et digne de confiance sur le marché unique de l’UE par les acteurs privés et publics”, cette norme certifiante ISO pourrait elle aussi favoriser ces aspects puisqu’elle partage les mêmes objectifs que la future législation européenne.

    Cependant, l’objectif de ce genre de norme “n’est pas de brider l’innovation”, comme l’explique Paul Houzé, chargé de la normalisation chez Microsoft, mais plutôt de l’accompagner “en fixant des principes partagés, qui font consensus et tracent la voie à suivre” afin de favoriser l’innovation tout en contenant au mieux les risques qui peuvent en émaner.

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  • Point of care : Roche acquiert LumiraDx’s (295 M$) et enrichit son portefeuille de diagnostic

    Un accord définitif d’acquisition par Roche de certaines parties du groupe LumiraDx liées à sa technologie innovante de point of care (POC) a été conclu pour un montant de 295M$. Un paiement supplémentaire pouvant atteindre jusqu’à 55 M$ est également prévu, il sera destiné à financer les activités de la plateforme technologique jusqu’à finalisation de l’acquisition prévue pour juin 2024. La vente de LumiraDx à Roche s’inscrit dans un processus de revue stratégique de la société, annoncé il y a plusieurs mois.

    Promouvoir les tests de diagnostic sur les lieux de soins

    La solution que propose LumiraDx, intègre diverses modalités de diagnostic au sein d’une seule plateforme et viendra enrichir la gamme de produits du groupe suisse dans les domaines de la chimie clinique, de l’immunochimie, de la coagulation, de l’obésité, ainsi que dans divers domaines pathologiques. Le portefeuille de LumiraDx comprend notamment un test HbA1c marqué CE et utilisé avec sa plateforme POC, qui fournit des résultats en moins de sept minutes.

    Roche a pour objectif d’étoffer son catalogue de produits de diagnostic sur les lieux de soins, afin de fournir davantage de tests à domicile, dans les pharmacies ou dans les cabinets médicaux. Cela lui permettra de disposer d’une large gamme de tests immunologiques et de chimie clinique, qui pourraient “être complétés à l’avenir par d’autres tests à haute valeur médicale”, annonce le laboratoire.

    Une plateforme unique et connectée

    La plateforme de LumiraDx embarque une “technologie intelligente, basée sur le cloud” qui “assure le transfert sécurisé et en temps réel des résultats” de l’instrument LumiraDx vers son “Connect Manager” ou vers le dossier du patient.

    Cette offre logicielle propose des services cloud pouvant :

    • gérer et configurer à distance les instruments ;
    • afficher les résultats des tests ;
    • et simplifier la gestion des utilisateurs à partir d’un téléphone mobile, d’une tablette ou d’un ordinateur

    Les résultats sont ensuite transférés “de l’instrument vers le dossier du patient via ou pas un middleware de biologie délocalisée”.

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    LuminarDx en difficulté ces dernières années

    LumiraDx s’était déjà fait un nom pendant les premières phases de la pandémie de Covid-19 en obtenant l’une des premières autorisations d’urgence de la FDA pour un test d’antigène. Au début de l’année 2021, les prévisions de revenus variant entre 600 millions et 1 milliard de dollars ont incité l’entreprise à se tourner vers les marchés publics par le biais d’une transaction SPAC de 5 milliards de dollars, mais quelques mois plus tard, la forte baisse de la demande de tests Covid a contraint LumiraDx à réduire de 2 milliards de dollars la valeur annoncée

    En octobre dernier, LumiraDx a déclaré avoir reçu une notification du Nasdaq l’informant qu’elle serait radiée de la bourse après que le prix de son action a été inférieur à 1 dollar pendant 30 jours consécutifs. À l’époque, la société a déclaré qu’elle prévoyait de faire appel. Sa conformité avait également été mise en doute au mois de février précédent.

    Les résultats financiers du deuxième trimestre 2023 de la société affichaient un chiffre d’affaires de 21 millions de dollars, contre 44 millions de dollars au cours de la même période de l’année précédente, dont 9,2 millions de dollars de ventes en dehors du Covid, contre une perte nette de près de 50 millions de dollars après dépenses.

    Roche confirme son leadership sur le marché du diagnostic

    Avant cette nouvelle acquisition et au-delà de son portefeuille en POC, Roche a réussi en 2023 à faire valider et mettre sur les marchés américain et européen plusieurs tests immunologiques permettant pour diverses pathologies :

    • en juin 2023, elle a obtenu l’autorisation 510(k) de la Food and Drug Administration (FDA) pour deux tests, à savoir les tests Elecsys beta-Amyloid (1-42) CSF II (Abeta42) et Elecsys Total-Tau CSF (tTau). Ces tests permettent de mesurer deux biomarqueurs de la pathologie d’Alzheimer, les protéines bêta-amyloïde et tau, chez les adultes âgés de 55 ans et plus ; 
    • en octobre 2023, la société a reçu un marquage CE pour son test immunologique Elecsys interleukine 6 (IL-6) à utiliser comme test de diagnostic pour la septicémie néonatale. Le test fournit une analyse quantitative de l’IL-6 dans le sérum et le plasma. Il dure 18 minutes et nécessite 18μL ou 30μL de sang ;
    • en novembre 2023, Roche a reçu de la FDA la désignation de dispositif révolutionnaire pour son test Elecsys de chaîne légère des neurofilaments. Ce test est destiné à détecter l’activité de la maladie chez les adultes, âgés de 18 à 55 ans, atteints de sclérose en plaques récurrente-rémittente ou secondairement progressive.

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  • Norvège : quelle stratégie en santé numérique & data ? Des ambitions à l’horizon 2030

     

    En janvier 2023, Mariann Hornnes, directrice adjointe e-santé à la Helsedirektoratet, la Direction norvégienne de la santé, a dévoilé la stratégie nationale norvégienne de e-santé 2023-2030. Cette dernière vise à améliorer la qualité et augmenter l’efficacité des soins tout en les rendant plus accessibles. La vision stratégique adoptée par les autorités du pays a été formulée comme suit : « Ensemble pour des services complets, sûrs et innovants qui favorisent l’autonomie en matière de santé et de soins. »

    L’élaboration de cette stratégie a bénéficié de la participation active de plus de 60 intervenants et parties prenantes, représentant divers segments du secteur de la santé. Parmi ces contributeurs figuraient des associations de patients et de consommateurs, des professionnels de la santé, des prestataires de soins, des représentants de la recherche et de l’industrie.

    Pour la Norvège, la numérisation du secteur de la santé vise à promouvoir 3 axes principaux :
    🎯 la qualité et la cohérence des services ;
    🎯 la durabilité du secteur de la santé ;
    🎯 et la force d’innovation.

    Une orientation vers le citoyen et le professionnel de santé

    L’ambition derrière les axes stratégiques du plan national annoncé se décline en 5 objectifs stratégiques centrés sur le patient et le professionnel de santé :
    1️⃣ la participation active à sa propre santé et à celle de ses proches ;
    2️⃣ facilitation de la journée de travail ;
    3️⃣ l’utilisation des données de santé pour le renouvellement et l’amélioration ;
    4️⃣ le partage des informations disponibles et une collaboration renforcée ;
    5️⃣ le développement de la coopération et des instruments renforçant la mise en œuvre.

    Une première stratégie e-santé en 2017

    En Norvège, la première stratégie nationale de e-santé a été lancée en 2017. Elle avait été conçue pour répondre aux besoins d’un secteur en pleine mutation, notamment en raison de l’évolution des besoins de la population et de la pandémie. Parmi les principales réalisations dans le cadre de cette initiative :
    ▪️  le développement de la plateforme HelseNorge (lancée en 2011), un portail en ligne proposant des informations et services de santé ;
    ▪️  le déploiement de la carte d’assurance maladie électronique ;
    ▪️  le renforcement de la cybersécurité.

    Un budget de 110 M€ sur 6 ans

    En 2024, le gouvernement a accordé au secteur de la santé numérique un budget total de 1,25 milliards de couronne norvégienne, soit 110 millions d’euros, sur 6 ans. Les budgets prévus pour l’année 2024 se divise de la manière suivante :
    ▪️ 110 millions de couronne norvégienne (8,8 M€) pour poursuivre le développement de la santé numérique ;
    ▪️ 150 millions de couronne norvégienne (13,2 M€) pour le développement de nouvelles technologies ;
    ▪️ 26 millions de couronne norvégienne (2,3 M€) pour le développement d’une carte de santé numérique pour les femmes enceintes.


    📌 Dans cet indicateur, Health & Tech Intelligence revient en synthèse sur les particularités du système de santé norvégien (notamment un objectif de rendre un médecin généraliste disponible pour tous les habitants), sur les principales initiatives déployées par les autorités du pays dans leur ordre chronologique, ainsi que sur les acteurs clés de la santé numérique en Norvège. Les principaux éléments de « la stratégie e-santé 2023-2030 » y sont également présentés dans le détail.

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    Chiffres clés du système de santé norvégien :

    La Norvège dispose de 20 hôpitaux généraux publics et de 5 000 médecins généralistes pour 5,5 millions d’habitants. En 2021, 116 millions consultations ont été réalisées.

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    Les acteurs clés de la santé numérique en Norvège

    Au niveau national, les principaux acteurs sont :

    • le Storting (parlement norvégien) : responsable de l’élaboration des lois et des politiques de santé ;
    • le ministère de la santé et des soins : responsable de la mise en œuvre des politiques de santé ;
    • le ministère des collectivités locales et de la modernisation : responsable des services publics locaux, dont la santé.

    Au niveau régional, les principaux acteurs sont :

    • les 5 agences régionales de santé : responsables de la gestion des établissements de santé et des services de santé dans leurs régions respectives.

    Au niveau local, les principaux acteurs sont :

    • les 356 municipalités norvégiennes : responsables des services de santé de base, tels que les soins primaires et les soins sociaux ;
    • les hôpitaux publics et privés : responsables des soins spécialisés ;
    • les médecins généralistes : les principaux prestataires de soins primaires en Norvège.

    Deux ministères concernés

    L’infographie ci-dessous précise la distinction entre les acteurs dépendant du ministère de la Santé et des Soins et ceux dépendant du ministère des Collectivités locales et de la Modernisation.

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    Sous la tutelle du ministère de la Santé et des Soins, on retrouve :

    • Direction de la e-santé (Direktoratet for e-helse) est une agence gouvernementale qui a fusionnée, le 1er janvier 2024, avec la Direction de la santé. Elle est chargée de promouvoir et coordonner la mise en place de services numériques et a également la charge de la plateforme Helseaktørportalen, un portail destiné aux acteurs de la santé.
      • Rôle : mise en œuvre de la stratégie nationale en santé numérique. Le directoire est un acteur majeur du développement de la e-santé en mettant en place de nouveaux services et projets et en évaluant l’impact de la santé numérique sur les soins.
    • Centre national de recherche en e-santé (Nasjonalt senter for e-helseforskning) est un institut de recherche succédant au centre des soins intégrés et de la télémédecine (NST). Il a notamment mis en place une plateforme pour la prise en charge du diabète. Il est chargé du développement de la santé numérique en menant des projets de recherches et en communiquant ses connaissances aux autorités afin qu’elles puissent prendre des décisions éclairées.
      • Rôle : mener des recherches en collaboration avec d’autres institutions spécialisées. Le centre diffuse également les résultats de ces recherches à l’écosystème et utilise son rôle pour construire des réseaux et collaborer avec l’ensemble du secteur de la santé.
    • Le réseau de santé norvégien (Norsk Helsenett SF) est une entreprise de l’état norvégien en charge du développement de l’infrastructure nationale dans le secteur de la santé numérique pour la communication et l’échange d’informations.
      • Rôle : prestataire national de service pour la santé. Depuis, 2020 certaines missions de la Direction de la e-santé lui ont été transférées ainsi que 200 employés et des tâches liées à la gestion du HelseNorge, à la e-prescription, au “journal patient” et à certaines bases de données.

    Sous la tutelle du ministère des Collectivités locales et de la Modernisation :

    • L’agence norvégienne pour la numérisation (Digdir) est une agence gouvernementale en charge de l’accélération et de l’harmonisation de la digitalisation de la société.
      • Rôle : superviser le développement et la mise en œuvre de la politique gouvernementale en matière de TIC et stimuler l’innovation ainsi que la coopération entre les acteurs du numérique.

    🔴 La stratégie nationale e-santé 2023-2030

    5 objectifs stratégiques centrés sur le patient et le professionnel de santé :

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    La gouvernance repose sur un modèle collaboratif :

    Des comités jouent un rôle central dans le suivi et la mise en œuvre des initiatives. Le conseil national pour la e-santé occupe une position cruciale dans cette gouvernance, en favorisant une participation étendue et en assurant la représentation des perspectives des utilisateurs ainsi que des acteurs clés du secteur. 2 sous-comités du conseil national pour la e-santé jouent un rôle spécifique dans le processus :

    • NUFA (comité national pour la formation et le développement) : fournie des recommandations sur les initiatives, les indicateurs et les objectifs de la stratégie.
    • NUIT (comité national pour la mise en œuvre et le suivi) : chargé du suivi opérationnel et de la recommandation des ajustements nécessaires concernant la stratégie.

    📌 Pour aller plus loin

    🌍 Les derniers indicateurs H&TI relatifs aux stratégies de santé numérique & data déployées à l’international :

    📝 Les publications H&TI relatives à la santé numérique en Norvège (annonces réglementaires / institutionnelles et actions sur le marché) :

    Stratégie e-santé 2017-2022 :

    Et aussi :

  • 20 ans des cancéropôles : les nouvelles technologies transforment la recherche sur le cancer (bilan)

    Le séquençage haut-débit, la bio-informatique, l’approche « Single Cell », le patient au centre de la recherche et la création d’un consortium européen pour analyser les troubles cognitifs liés au cancer sont autant d’initiatives portées par les cancéropôles à travers la France. Fin 2023, l’Institut national du cancer a publié un bilan de 20 ans depuis la création des cancéropôles en France.

    Créés en 2003, soutenus par l’Institut national du cancer depuis 2005 et labellisés depuis 2011, 7 cancéropôles contribuent à structurer la recherche au niveau régional ou interrégional, selon les orientations stratégiques de l’Institut et de la Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030. Répartis sur le territoire national, les cancéropôles ont 4 missions principales :
    • inscrire la recherche en cancérologie dans une dynamique régionale en s’appuyant sur une connaissance approfondie de l’écosystème régional (recherche, santé, industrie, politique) ;
    • faciliter les collaborations entre les chercheurs d’un même cancéropôle ;
    • accompagner les chercheurs dans la détection de nouveaux projets, notamment au travers d’appels à projets régionaux ou interrégionaux (AAP) ;
    • contribuer à la valorisation scientifique et économique des résultats de la recherche.

    Dans cet article, Health & Tech Intelligence revient sur 4 exemples de projets innovants menés par 4 cancéropôles :
    📌 le cancéropôle Île-de-France (CIDF) ;
    📌 le cancéropôle Paca ;
    📌 le cancéropôle Lyon Auvergne-Rhône-Alpes (Clara) ;
    📌 le cancéropôle Nord-Ouest (CNO).

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    Cancéropôle Île-de-France (CIDF) : les données de séquençage haut débit

    Le CIDF accompagne depuis 2014 les chercheurs débutants en bio-informatique en les formant à l’analyse de données issues de séquençage haut débit. Avec une demande très forte des équipes franciliennes, les formations adoptent un format Mooc (Massive Online Open Course) depuis 2021, permettant de former simultanément un grand nombre de personnes. Ces formations ont pour objectifs de permettre aux chercheurs biologistes de se familiariser avec les concepts des analyses NGS (Next-Generation Sequencing), d’acquérir le vocabulaire et de s’initier à l’analyse de données avec R Studio.

    Cancéropôle Paca : des actions régionales structurantes

    Les actions structurantes sont des programmes cherchant à faire émerger et structurer une thématique spécifique à partir des opportunités présentes dans la région. Elles permettent le partage de ressources et de connaissances, sont accessibles et ouvertes à tout membre de la communauté. Dirigées par des membres du Comité scientifique et des experts, ces programmes sont centrés sur des technologies innovantes allant de la bio-informatique à des approches « Single Cell », c’est à dire le séquençage de cellule unique où un ensemble de techniques de biolgie moléculaire permettant l’analyse de l’information génétique.

    Ils passent aussi par des modèles précliniques tridimensionnels (3D-Hub), des outils génériques de pointes (CRISPR Screen), la neuro-oncolgie (PETRA Network), la métabolomique (Met’Connect) ou encore la transcriptomique spatiale (ST-omics). Fin novembre 2023, l’Inca a dévoilé les 3 lauréats de l’AAC Pedriatex23, 3 consortiums retenus pour former des centres de recherche contre le cancer des enfants : En-Hop Smart4CB, Paris Kids Cancer et South Rock. South Rock est l’exemple d’un consortium entre deux régions : il allie l’Institut d’Hématologie et d’Oncologie Pédiatrique (IHOPE) de Lyon et les Hôpitaux Universitaires de Marseille (AP-HM) afin d’accélérer leur recherche et d’unir leur technologie de pointe pour lutter contre le cancer chez les enfants.

    Cancéropôle Lyon Auvergne-Rhône-Alpes (Clara) : le patient au cœur de l’innovation

    Créé en 2022, le groupe de travail Eclair (Expérience Patient-CLARA-Innovation-Recherche) rassemble des patients experts et les associations pour mettre en valeur l’impact du vécu dans la lutte contre le cancer. Eclair mène l’appel à projets « Oncostarter » (Emergence) baptisé « Expérience Patient », une initiative pionnière pour reconnaître le patient comme un acteur et un décideur à part entière.

    « Les patients apportent leur expérience et leur vécu sur leur(s) pathologie(s), l’annonce du diagnostic difficile, leurs traitements, leur vie quotidienne. Dans la recherche, de simples témoins, ils s’engagent à toutes les étapes et deviennent investigateurs » explique Raymond Merle, Directeur du Département Universitaire des Patients, Grenoble.

    Cancéropôle Nord-Ouest (CNO) : le programme Cancer & Cognition

    Le CNO développe une approche multidisciplinaire des troubles cognitifs liés avec le cancer et ses traitements. L’ouverture à l’internationale a conduit à la création d’un consortium européen « Cancer & Cognition ». Au total, le CNO pilote 12 équipes de recherche participant au consortium, dont 8 pays européens (France, Belgique, Danemark, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Espagne et Portugal).

    Les recherches sont désormais étendues aux tumeurs cérébrales et les nouvelles voies impliquées dans la genèse des troubles cognitifs. La transmission de l’expertise multidisciplinaire du CNO est favorisée par un diplôme Interuniversitaire avec l’objectif d’approfondir les connaissances des professionnels de santé et des chercheurs sur les troubles neuropsychologiques liés au cancer, les mécanismes impliqués et les possibilités de prise en charge.

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  • Renforcer les alliances pour faire avancer la santé numérique (rapport WEF, BCG)

    Le manque de ressources financières et humaines, une augmentation croissante des maladies chroniques et du nombre de personnes atteintes, ainsi des résultats et un accès inéquitables aux soins… Autant de défis qui restent à relever par les systèmes de santé dans le monde, selon le rapport “Transforming Healthcare. Navigating Digital Health with a Value-Driven Approach”, publié en janvier 2024 par le Forum économique mondial (WEF) et Boston Consulting Group (BCG) qui incitent les décideurs du monde entier à s’allier pour faire avancer la santé numérique.

    “Même si presque tous les aspects du monde de la santé et des soins ont été touchés par le numérique, l’intelligence artificielle (IA) et les technologies innovantes, […] des défis permanents persistent”, constatent les auteurs du rapport. Et tout indiquant qu’”aucun impact transformateur sur les systèmes de santé n’a encore été constaté” depuis l’explosion du numérique et de son utilisation dans le monde de la santé, ils tentent de trouver des moyens pour permettre au numérique et aux technologies de “transformer la santé”. Ils soulignent que le problème n’est pas le manque d’innovation mais bien “le manque de collaboration entre les différents acteurs” autour des innovations disponibles.

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    Une nécessité de collaboration pour améliorer les soins

    Alors que le WEF et BCG estiment que la hausse des coûts des soins représente une “perte de près de 1 800 milliards de dollars” dans le monde en 2023 et que les choses ne sont pas prêtes de changer, avec une pénurie de professionnels de santé estimée à de 10 millions d’ici 2030, le rapport met l’accent sur la nécessité de collaboration pour améliorer les soins.

    Renforcer la collaboration public-privé pour accélérer l’innovation :

    Pour le Forum, les défis d’accès et d’amélioration des soins peuvent être surmontés par l’utilisation des technologies numériques comme l’IA. Cependant, cette utilisation doit être le fruit d’une plus grande collaboration public-privé qui pourrait aller jusqu’à la mise en place d’une “plate-forme adaptable pour connecter les acteurs entre eux et accélérer les efforts innovants dans le domaine des soins à l’échelle mondiale”.

    De son côté, BCG appelle les gouvernements, les leaders du secteur de la santé qu’ils soient chercheurs ou fournisseurs des solutions à intensifier leurs efforts pour permettre “non seulement l’accroissement des solutions numériques et des technologies qui utilisent les données et l’IA, mais également une transformation éthique et sécurisée des soins à travers le monde”.

    Un cadre stratégique basé sur 5 catalyseurs

    Le rapport “Transforming Healthcare” explique que pour libérer le potentiel du numérique, des données et de l’IA, “les parties prenantes du système de santé doivent se rassembler et travailler en équipe intégrée”. L’ambition étant de bâtir un cadre stratégique qui repose sur 5 catalyseurs :

    • 1️⃣ les données : libérer la valeur des données pour favoriser le développement des applications numériques et créer des solutions percutantes ;
    • 2️⃣ la technologie et l’analyse : construire une base solide en matière de technologie et d’analyse pour extraire la valeur des données et les utiliser dans un objectif d’amélioration des soins ;
    • 3️⃣ les financement et les incitations : aligner les incitations entre les parties prenantes et garantir le financement pour développer les solutions numériques pour un impact maximal ;
    • 4️⃣ la prestation de soins de santé hybrides : renforcer les capacités numériques et la conception des utilisateurs pour faciliter la mise en œuvre de soins hybrides ;
    • 5️⃣ les réglementations et politiques : élaborer des réglementations et des politiques numériques adaptées pour garantir une transformation éthique et sécurisée.

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  • IA et cancer : Deeplife et l’Inserm collaborent pour découvrir des thérapies pour l’hépatoblastome

    Exploiter la puissance des données omiques afin de “réaliser une analyse approfondie du paysage moléculaire du cancer de l’hépatoblastome” : telle est l’ambition du contrat signé, le 8 janvier 2024, entre la start-up de biotechnologie Deeplife et Inserm Transfert, filiale de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), visant à étudier ce cancer pédiatrique difficilement pris en charge avec les thérapies utilisées actuellement. Cette collaboration est réalisée au nom de l’équipe Mircade (Méthodes et innovations pour la recherche sur les cancers de l’enfant) de l’Institut d’oncologie de Bordeaux (Bric) – U1312 (Université de Bordeaux, Inserm) afin de “mettre en place des stratégies de combinaison de médicaments adaptées pour lutter contre ce cancer”.

    L’IA pour alléger les thérapies à destination de l’enfant

    Principal cancer du foie pédiatrique, l’hépatoblastome est une maladie rare qui se caractérise la plupart du temps par une distension et une masse abdominales chez l’enfant de moins de 4 ans. Les principales thérapies disponibles aujourd’hui sont la chirurgie, la chimiothérapie néoadjuvante et la transplantation hépatique, toutes des interventions très lourdes pour l’enfant.

    Pour cette raison, la collaboration entre Deeplife et Inserm Transfert a vu le jour : elle doit permettre “de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques et de nouvelles combinaisons de médicaments” grâce à l’utilisation des technologies d’intelligence artificielle (IA) développées par la start-up parisienne.

    Un jumeau numérique des cellules cancéreuses

    Dans son communiqué annonçant la collaboration entre les deux entités, l’équipe Mircade a expliqué qu’elle avait pour objectif commun, avec Deeplife et Inserm Transfert, de “mettre en avant l’importance et l’utilité du jumeau numérique de la cellule, dans le but de favoriser une compréhension plus large des phénomènes biologiques et une adoption de cette approche par la communauté scientifique”.

    La technologie d’IA développée par Deeplife permettrait de créer un jumeau numérique des cellules cancéreuses de l’hépatoblastome pour identifier les gènes activés et les processus moléculaires impliqués dans la résistance aux traitements et à l’adaptation des cellules tumorales à leur environnement afin d’”augmenter significativement les chances de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques et de nouvelles combinaisons de médicaments”. Le CEO de la start-up, Jonathan Baptista, a indiqué qu’à travers cette approche, la société souhaite révolutionner “la découverte de médicaments et des stratégies de traitement de ce cancer”.

    En plus d’avoir une vision à long terme “consistant à mettre en œuvre des outils d’IA pour accélérer les découvertes de médicaments en oncologie pédiatrique”, cette collaboration a aussi pour but de “diffuser les connaissances à travers divers canaux, notamment des publications, des présentations lors de conférences et d’autres communications scientifiques et non scientifiques”.

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