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  • Etude : transformer la recherche clinique par l’IA en adaptant la « pyramide des preuves »

    Transformer la pyramide des preuves scientifiques afin d’intégrer correctement l’intelligence artificielle (IA) dans la recherche clinique est l’enjeu analysée par une étude* publiée le 21 novembre 2023 dans le journal Discover Health Systems par des chercheurs de l’université de Parme (Italie)Le Pr Valentina Bellini et son équipe ont ainsi exploré l’impact de l’IA sur les résultats cliniques et la nécessité d’adapter les méthodes de recherche et la pyramide des preuves médicales à ce nouveau changement de paradigme.

    Les principales conclusions mettent en lumière :
    📌 la nécessité d’une approche tridimensionnelle de la pyramide des preuves, soulignant les défis organisationnels, techniques et éthiques liés à l’adoption de ces technologies ;
    📌 et l’importance de produire des preuves de haute qualité pour maximiser les avantages de la médecine personnalisée basée sur l’IA.

    Health & Tech Intelligence revient en synthèse sur cette transformation de la pyramide des preuves par l’IA ainsi que sur les changements conceptuels et les implications de la métamorphose en cours dans le domaine.

    Transformation de la pyramide des preuves par l’IA :

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    Les auteurs proposent une version actualisée de la pyramide des preuves scientifiques, passant d’une approche bidimensionnelle traditionnelle à une approche tridimensionnelle.

    La pyramide traditionnelle bidimensionnelle classe les études en fonction de leur solidité (quantité de preuves) et de leur fiabilité (qualité). Elle comprend plusieurs niveaux :

    • les avis d’experts et les déclarations consensuelles ;
    • des études de cas ;
    • des études de cohortes ;
    • des essais contrôlés randomisés (ECR) ;
    • et les revues systématiques et les méta-analyses, qui combinent et analysent systématiquement les données de plusieurs études constituant le sommet de la pyramide.

    Une métamorphose vers une pyramide tridimensionnelle intègre les niveaux de preuves conventionnels avec une troisième dimension représentant les “efforts de recherche nécessaires à chaque progression” :

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    Défis et opportunités de l’intégration de l’IA dans la recherche clinique :

    Dans la seconde partie de leur article, les chercheurs mettent en avant  les défis et les opportunités liés à cette approche tridimensionnelle de la pyramide des preuves, comme suit :

    Défis :

    • les méthodes d’analyse traditionnelles ne sont plus adéquates pour traiter le volume massif de données ;
    • les questions légales et éthiques liées à la protection des données ;
    • les défis techniques et logistiques dus à la disparité des infrastructures entre les établissements de santé et pour la gestion en temps réel des bases de données ;
    • la résistance vis-à-vis d’une adoption large de l’IA liée à des facteurs culturels selon les pays et à de la méfiance ;
    • l’évaluation et la validation des modèles IA dans des contextes cliniques réels.

    Opportunités :

    • la personnalisation des soins ;
    • l’amélioration de la précision des soins grâce à une meilleure sélection des traitements et des parcours cliniques ;
    • la réduction des erreurs cliniques grâce à l’aide à la décision ;
    • la réduction du temps consacré à l’administratif ;
    • la réduction du temps de recherche, notamment grâce à des modélisations in silico à grande échelle.

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  • Rétro 2023 : bilan des levées de fonds dans la heath tech, une baisse de 67 % par rapport à 2022

    En ce début d’année, Health & Tech Intelligence revient sur les publications clés de l’année passée, en commençant aujourd’hui par un bilan des levées de fonds réalisées sur le marché français de la health tech en 2023, avec une analyse de l’évolution des opérations sur le marché depuis 2016.


    Environ 60 sociétés françaises du secteur de la health tech ont levé 619 millions d’euros au cours de l’année 2023, contre 1,92 milliards d’euros pour 88 opérations en 2022, soit une chute de plus de 67% des investissements et une baisse de près de 32% du nombre de deals effectués. Pour rappel les investissements health Tech s’élevaient à 2,13 Mds € en 2021 (107 opérations), 621,86 M€ en 2020 (66 opérations), 732 M€ en 2019 (66 opérations) et 245,5 M€ en 2018 (57 opérations).

    📌 En synthèse, il ressort qu’après une croissance sans précédent observée depuis 2020 et la crise liée à la pandémie de Covid-19 jusqu’à fin 2022, la période « record » touche à sa fin, avec un retour à la dynamique pré-Covid qui se confirme.

    🤖 Tendances tech : IA, data, DTx et métaverse

    Les domaines technologiques dans lesquels il a été le plus investi en 2023 sont :
    • l’intelligence artificielle (IA), un segment boosté par l’essor de l’IA générative depuis fin 2022 ;
    • la data, encore et toujours, avec un fort enjeu autour du déploiement des entrepôts de données de santé ;
    • la télésurveillance, un marché qui devrait monter en puissance avec l’entrée récente de l’acte dans le droit commun ;
    • et la réalité virtuelle/augmentée – métaverse, un marché émergent.

    Concernant les thématiques d’innovation les plus attractives, on retrouve dans le top 5 :
    • l’imagerie médicale ;
    • la santé mentale ;
    • les services ;
    • la santé mobile (mHealth) ;
    • la télémédecine.

    🚀 Pas de « méga deals » dans le top 10 des opérations en 2023

    Une majorité (45 %) des entreprises ayant levé des fonds en 2023 ont recueilli des montants en dessous de 5 M€, avec la plupart des opérations réalisées en amorçage ou en série A. Seulement 8 entreprises ont levé des fonds entre 20 M € et 100M €. Ce bilan de 2023 est marqué par l’absence de « méga deals » : aucune levée de fonds ne dépasse les 61 M€. Comparativement, en 2022 6 licornes françaises se retrouvaient dans le top 10 des levées de fonds avec 4 méga deals réalisés:
    ▶️ Doctolib, avec un tour de table de 500 M€ annoncé en février ;
    ▶️ Dataiku, entreprise franco-américaine (200 M$ / 188 M€ : opération annoncée en décembre) ;
    ▶️ Alan, assureur santé 100 % numérique (183 M€ : opération annoncée en juin);
    ▶️ DNA Script : 172 M€ .

    📈 Un montant total similaire à 2019 (-0,5 %) et 2020 (-0,4 %)

    Afin d’avoir une vision globale de l’année 2023, H&TI présente dans cet indicateur un comparatif du montant des levées de fonds et du nombre d’opérations réalisées chaque mois depuis janvier. Ce bilan est lui-même mis en comparaison avec celui des 7 années précédentes (2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022) afin d’avoir un regard plus fin sur la situation actuelle.

    En 2020, le bilan des opérations réalisées était quasi similaire à celui de 2019 et 2018. L’année 2021 avait été marquée par une hausse inédite des levées sur le marché français du numérique en santé, tant en termes de montants recueillis que du nombre d’opérations réalisées (107, contre 66 en 2021 et 2020). Les opérations étant entamées plusieurs semaines avant la communication des entreprises sur la clôture des levées de fonds, ce bilan record est le signe que la crise liée au Covid-19 (survenue début 2020) a bel et bien eu un fort impact sur le marché. En 2022, la hausse exponentielle des montants levés ne s’est pas poursuivie : le marché s’est stabilisé avec un total des montants levés quasi identique à 2021.avec une baisse de seulement 0,88 % entre 2021 et 2022). Il est intéressant de noter que le nombre d’opérations est cependant plus faible en 2022 qu’en 2021 (89 opérations vs 107), signe que la somme levée par une même entreprise a en moyenne été plus conséquente en 2022 qu’en 2021.

    En 2023, le bilan des opérations est sensiblement similaire aux montants observés avant la crise du Covid, autant sur le plan des montants que sur celui du nombre d’opérations. On relève une certaine stabilité entre 2018 et 2020 (650,70 M€ en 2018, 651,88 M€ en 2019 et 621,86 M€ en 2020), mais surtout une explosion en 2021 avec plus de 2,1 Mds € levés au total sur le marché, soit une hausse de plus de 243 % par rapport à 2020 et plus de 1 118 % par rapport à 2016.

    👉 Quelles perspectives pour 2024 ?

    📅 À NE PAS MANQUER : Health & Tech Intelligence organise courant janvier un H&TI Morning pour présenter en détail les levées de fonds de 2023 dans le secteur du numérique en santé ainsi que les prospectives pour 2024 (date, programme et inscription à venir).

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    Top 10 de l’année 2023

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    Tendances de l’année 2023

    Thématiques et technologies les plus dynamiques :

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    Forte diminution du capital-risque :

    En 2022, la hausse exponentielle des montants levés ne s’est pas poursuivie : le marché s’est stabilisé avec un total des montants levés quasi identique à 2021 (avec une baisse de seulement 0,88 % entre 2021 et 2022). Comme observé plus haut, le nombre d’opérations est cependant plus faible en 2022 qu’en 2021 (89 opérations vs 107), signe que la somme levée par une même entreprise a en moyenne été plus conséquente en 2022 qu’en 2021.

    L’année 2023 a confirmé la baisse de l’engouement constaté en 2022. L’absence de “méga deals” (supérieurs à 100 M€) en est témoin. En 2022, plus de 1,4 Md€ avait été totalisé par les 10 levées les plus importantes parmi lesquelles 6 ont été réalisées par des licornes. 

    💸 Top investisseurs : fonds privés, Bpifrance, business angels, mutuelles et Régions :

    • Les principaux investisseurs en 2023 sont :
      • les fonds privés (capital ventures, private équity) : 45 opérations ;
      • Bpifrance : 22 opérations ;
      • les mutuelles/complémentaires santé et les Régions : 30 opérations ;
      • les business angels : 21 opérations.
    • Autres investisseurs :
      • les hôpitaux, les instituts de recherches et les professionnels de santé ;
      • les industriels ;
      • les fonds régionaux, étatiques, européeens ;
      • les écoles et les incubateurs d’écoles.

    Comparatif de 2016 à 2023 🇫🇷

    De manière générale :

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    • Si l’on se concentre sur le total annuel des levées de fonds depuis 2016, on relève une certaine stabilité entre 2018 et 2020 (650,70 M€ en 2018, 651,88 M€ en 2019 et 621,86 M€ en 2020), une hausse importante par rapport à 2016 (175 M€) et à 2017 (242 M€) mais surtout une explosion en 2021 avec plus de 2,1 Mds € levés au total sur le marché, soit une hausse de plus de 243 % par rapport à 2020 et de plus de 1 118 % par rapport à 2016. En 2022, la dynamique s’est stabilisée avec un total des montants levés quasi identiques à 2021. En 2023 on relève un retour à des niveaux similaires à la période (2018-2020).

    ❗ Point d’attention : le secteur de la health tech était moins mature en 2016 et en 2017, la hausse observée par rapport à ces deux premières années n’est donc pas forcément significative.

    • Le nombre total du nombre d’opérations reste quant à lui plus ou moins similaire d’une année sur l’autre, excepté là encore en 2021, année durant laquelle 107 opérations ont été réalisées, contre 66 en 2021 et en 2020 et 60 en 2023. En 2022, 89 opérations ont été réalisées, soit une légère baisse par rapport à 2021 mais les montants levés s’avèrent en moyenne plus conséquents (moins d’opérations mais montant total quasi identique).

    Pour aller plus loin:


    Dans le détail :

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    • L’évolution, mois par mois, montre une tendance légèrement différente des années précédentes, avec une stabilité des investissements au T1 (en moyenne 61,19M€) et une chute des investissements dès le mois d’avril contre habituellement une chute en février (25 M€ vs 116M€ en 2018).
    • Cependant, il ressort clairement que 2021 et 2022 sont des années record, les barres (en rose pour 2021 et en jaune pour 2022) dépassant largement toutes les autres sur le grapheci-dessus, avec des pics en mai, en juillet-août, en octobre et novembre pour 2021, puis en janvier, mars, mai, juin et décembre pour 2022.

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    • Quant au nombre d’opérations, il apparaît clairement que les courbes de 2021 et de 2022 dominent, le total cumulé du nombre d’opérations effectuées entre janvier et décembre est nettement plus important pour ces 2 années, avec 89 et 107 opérations au total respectivement en 2022 et en 2021, contre 66 en 2021 et en 2020.

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  • USA : IA, obésité, VBHC et interopérabilité parmi les tendances 2024 en santé numérique (Rock Health)

    • Fin 2023, Rock Health a cartographié les principales évolutions en santé numérique dans le but de mettre en avant les tendances pour l’année 2024 aux Etats-Unis. 7 domaines ont été sélectionnés pour son analyse :
      ▪️ l’intelligence artificielle (IA) en santé ;
      ▪️ les solutions pour les aidants ;
      ▪️ l’interopérabilité des données ;
      ▪️ les soins numériques de l’obésité ;
      ▪️ l’alimentation comme médicament ;
      ▪️ les distributeurs devenant prestataires ;
      ▪️ et l’habilitation des soins basés sur la valeur ou Value-Based Healthcare (VBHC).

    Cette sélection se base sur la perception de l’écosystème de la santé numérique par le fonds d’investissement américain qui se base sur des échanges réalisés avec différents acteurs (fournisseurs, partenaires, clients etc.).

    Les auteurs du rapport évaluent et classent les développements d’un marché en fonction des estimations de son volume d’activité et de sa maturité. Les segments de marché sont ainsi classés en 5 degrés de maturité (de “naissant” à “mature”). Pour cela, ils se basent sur 3 indicateurs mesurables qui permettent d’évaluer le potentiel, le développement et la maturité d’un secteur :
    1️⃣ volume des publications scientifiques : mesuré grâce à l’activité annuelle et à la croissance sur 2 ans des mentions sur Pubmed ;
    2️⃣ financements par capital-risque : mesuré grâce au volume de financement ;
    3️⃣ développement de partenariats : mesuré grâce au volume de partenariats établis.

    L’interopérabilité et de la prestation de soins en accélération

    Selon les résultats du rapport :
    📌 2 domaines sont considérés naissants : l’alimentation comme médicament et les soins numériques de l’obésité ;
    📌 1 domaine est considéré émergeant : les solutions pour les aidants ;
    📌 2 domaines sont considérés en développement : l’IA en santé, les soins basés sur la valeur ;
    📌 seuls 2 domaines sont identifiés en calibrage : l’interopérabilité des données, les distributeurs devenant prestataires de soins.

    Aucun domaine n’est encore considéré comme mature par Rock Health.

    📈 Les 5 degrés de maturité de l’innovation étudiés

    La maturité d’un marché, en abscisse, (ou domaine d’innovation) se découpe en 5 phases :

    • naissante : des domaines encore à un stade précoce (en cours de proof-of-concept ou en phase pilote) ;
    • émergent: des domaines dont l’activité attirent l’attention des acteurs du marché ;
    • en développement : des domaines dont l’activité gagne du terrain et qui obtiennent des financements importants ;
    • en calibrage : des domaines qui commencent à s’installer à grande échelle ;
    • mature : des domaines qui sont adoptés par un grand nombre de prestataires et dont les résultats sont positifs. Ces domaines peuvent devenir des modes passagères dont l’engouement est éphémère « fad », ou des niches qui répondent à un besoin spécifique/unique, ou « table stake » c’est-à-dire une innovation qui est considérée une norme de soins.

    Les ordonnées représentent, quant à elles, le volume d’activité qui varie de « limité » à « élevé ».

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    ✨ Les domaines d’innovation :

    🚩 L’interopérabilité des données :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en calibrage

    Ce domaine est considéré comme une priorité en santé numérique. Les entreprises développent et déploient des solutions pour aider à la conformité et à l’utilisation de l’interopérabilité des données. Les entreprises de ce secteur représentent un financement de 630 M$ au T3 2023. Aux Etats-Unis, l’infrastructure d’interopérabilité est encore en construction.

    En 2024, l’interopérabilité des données continuera d’évoluer vers une infrastructure plus sophistiquée, offrant des fonctionnalités avancées pour répondre aux besoins croissants en matière d’analyse et de partage des données de santé. Les solutions qui privilégient la précision, la profondeur de l’information, la sécurité et la convivialité se démarqueront selon Rock Health.

    🚩Les distributeurs développant des prestations de santé :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en calibrage

    Les grandes enseignes de la distribution telles que Target et Walmart évoluent depuis une dizaine d’années pour se positionner comme des prestataires de santé pour les soins primaires et urgents. Les détaillants développent de plus en plus de partenariats avec des entreprises de santé numérique, acquérant même certaines (exemple : Amazon rachète One Medical pour 3,9 Mds$).

    En 2024, les distributeurs chercheront à améliorer la coordination des soins et à étendre leurs modèles de soins à domicile grâce à des services omnicanaux.

    🚩 Les soins basés sur la valeur :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en développement

    Ce domaine d’innovation est difficile à adopter à grande échelle. Il est noté que les entreprises proposant des modèles de soins basés sur la valeur gagnent en traction commerciale. Des modèles axés sur la gestion des soins rénaux et la capitation des soins primaires ont suscité d’importants investissements en 2023. Ce domaine d’innovation a la plus forte croissance de partenariats par rapport aux autres domaines analysés par Rock Health.

    En 2024, le secteur dépendra des résultats obtenus par les principaux payeurs (cliniques, inscriptions, utilisations). Les différentes solutions de ce marché pourraient se regrouper et converger vers une plateforme unique pour fournir des services plus complets.

    🚩 L’IA en santé :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en développement

    Ce domaine d’innovation est celui ayant le financement en capital-risque le plus élevé par rapport aux 6 autres domaines analysés. En 2023,cela représente un total de 2,9 Mds $ de financement en capital-risque avec 101 transactions sur l’année. Ce domaine est également 2ème en termes de croissance des partenariats. Les entreprises développant des algorithmes d’IA, notamment ceux soutenant le triage des patients, la planification et la découverte de médicaments, ont attiré d’importants investissements et établissent des partenariats solides.

    En 2024, les solutions d’IA continueront à être de plus en plus intégrés dans les soins. Un accent devra être porté sur la gestion des défis éthiques, la gouvernance et la recherche de collaborations.

    🚩 Les solutions pour les aidants :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en émergence

    Les difficultés économiques depuis 2021 et la “Great Resignation” ont mis en lumière la charge croissante des aidants (personnes prenant soin de proches âgés, d’enfants ou de personnes malades). La valeur économique de ce marché aux Etats-Unis est estimée à 600 Mds $.

    En 2024, les consommateurs et les employeurs pourraient investir dans des solutions pour les aidants. Les preuves d’efficacité sont essentielles pour le succès des solutions B2B2C afin de réduire l’absentéisme, à susciter l’engagement, améliorer le bien-être et la productivité des employés.

    🚩 Les soins numériques de l’obésité :

    📑Phase de maturité de l’innovation : naissante

    Les entreprises proposant des services de soutien liés à la gestion du poids (télésurveillance et coaching) sont en pleine émergence. De 2020 à 2022, les publications liées à des solutions numériques sur PubMed ont augmenté de 85%. Les entreprises ont levés 176 M$ en 2023, principalement en early-stage.

    En 2024, les nouveaux modèles de soins contre l’obésité se distingueront par leur approche individualisée et leur capacité à traiter les facteurs sous-jacents de l’obésité.

    🚩 L’alimentation comme “médicament” :

    📑Phase de maturité de l’innovation : naissante

    Ce domaine inclut les solutions numériques de recommandations nutritionnelles et d’interventions liées à l’alimentation. Rock Health note de plus en plus de recherches dans ce domaine et des changements de politique (au niveau gouvernemental et pour le remboursement de programmes alimentaires, notamment en Oregon, Arkansas et Massachusetts).

    En 2024, les législations et les voies de remboursement continueront à se développer. Des partenariats entre les start-ups axées sur l’alimentation et celles axées sur les soins pour l’obésité pourront être envisagés.

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  • Rétro 2023 : les tops et les flops des technologies de santé

    Intelligence artificielle (IA), télésurveillance, applis mobiles… tous ces outils ont poussé la porte des hôpitaux et des cabinets médicaux. Pourtant, ils ne sont pas à ranger dans la même catégorie que le bon vieux stéthoscope. Leur utilisation fait encore l’objet de nombreuses évaluations scientifiques. Comme le prouve cette sélection d’études traitées par Health & Tech Intelligence en 2023, reprise en synthèse de cet article.

    Après la radiologie, l’IA inspire d’autres spécialités médicales

    Plusieurs milliers d’études sont publiées chaque année pour évaluer la pertinence de l’intelligence artificielle et des technologies de santé dans des domaines très variés : la prévention, l’aide au diagnostic, la surveillance, la gestion des dossiers médicaux, les traitements personnalisés…

    Par ailleurs, ces études montrent que dans le sillon de la radiologie, de nombreuses spécialités médicales commencent à adopter les technologies de santé de manière significative. C’est évidemment le cas de :
    📌 l’oncologie ;
    📌 la cardiologie ;
    📌 la dermatologie ;
    📌 mais aussi la santé mentale.

    En 2023, les essais mettant ChatGPT à l’épreuve ont aussi fait une percée. Au moins d’un point de vue numérique. Les performances du robot conversationnel s’améliorent mais la plupart des études, à cause de leurs fragilités méthodologiques, ne permettent pas de conclure. Un autre domaine intéresse de plus en plus les chercheurs : l’apport des technologies de santé d’un point de vue économique.

    Une rétrospective en attendant l’adoption dans la pratique  

    En ce début d’année, c’est l’heure des rétrospectives. Health & Tech Intelligence, qui a décrypté plus de 80 études dans l’année, dont bon nombre sont signées par des chercheurs français, revient ici sur les plus saillantes d’entre elles. Certaines montrant des bénéfices réels liées aux technologies de santé et d’autres alertant sur les limites voire les dangers de tels outils.

    Des chercheurs de l’université d’Oxford (Angleterre) concluaient d’ailleurs dans une étude parue en octobre 2023 dans le JMIR que « malgré les progrès de la recherche sur l’IA et la réussite avérée des systèmes d’IA dans diverses études médicales rétrospectives, un nombre relativement limité d’outils d’IA ont été mis en œuvre dans la pratique médicale ».

    CANCEROLOGIE

    Mayo Clinic, IA : résultats prometteurs pour détecter précocement les cancers du pancréas

    The Lancet : le dépistage par mammographie assisté par IA est sûr et moins chronophage

    Nature, France : l’apprentissage fédéré (IA) entraîné à prédire la réponse à la chimiothérapie

    TELESURVEILLANCE

    Satelia : un algorithme prédit la stabilité des insuffisants cardiaques

    Cambridge University : la télésurveillance des patients démontre sa rentabilité économique

    The Lancet, France : la télésurveillance du pied diabétique réduit la charge médicale & économique

    CHATGPT

    Radiology : ChatGPT obtient de bons résultats à un examen de radiologie

    JAMA : comment ChatGPT pourrait devenir un outil de prévention des maladies cardiovasculaires

    NEJM AI : ChatGPT-4 a réalisé de meilleurs diagnostics complexes que des humains

    EVALUATION MEDICO-ECONOMIQUE

    Nature : les psychothérapies en ligne confirment leur efficacité et leur intérêt économique

    JAMA : la télémédecine permettrait aux patients souffrant du cancer aux US d’économiser plus de 140$ par RDV

    Cambridge University : la télésurveillance des patients démontre sa rentabilité économique

    DIVERS

    Nature : une IA découvre une classe d’antibiotiques qui tue le MRSA, une bactérie résistante

    Nature : les interfaces cerveau-machine progressent pour aider les personnes paralysées à communiquer

    NEJM / IA : nouvelles données prometteuses sur le test salivaire de Ziwig pour l’endométriose

    JMIR : retour sur 20 ans de publications relatives aux technologies numériques de santé

    LES FLOPS

    Radiology : des modèles d’IA responsables de biais raciaux et liés au sexe

    The Lancet Digital Health : dépersonnaliser les données ne suffit pas à protéger la vie privée

    JMIR, IA & santé mentale : une analyse financée par l’OMS pointe les lacunes des études publiées

    JMIR : l’intérêt des objets connectés sur les résultats des soins reste à démontrer

  • IA générative : Nabla lève 24 M$ pour accélérer le déploiement de Nabla Copilot aux USA

    Dans un tour de table mené par Cathay Innovation et Zebox Ventures, le spécialiste français de la génération automatique des comptes-rendus médicaux, Nabla, a levé 24 millions de dollars (environ 21,95 millions d’euros) en série B, a-t-il annoncé le 5 janvier 2024. Après une levée de fonds à hauteur de 17 millions d’euros en 2021 pour diffuser son application dédiée à la santé de la femme et personnalisée grâce à l’IA, cette nouvelle levée de fonds lui permet d’atteindre une valorisation de 180 millions de dollars

    Disponible depuis mars 2023, le logiciel Nabla Copilot promet de libérer du temps médical et de réduire de moitié le temps consacré par les médecins aux tâches non-médicales tout en améliorant la qualité de la documentation clinique : basé sur GPT-3, puis  GPT-4, cet outil permet de recueillir les informations clés échangées lors d’une consultation ou d’une téléconsultation, générant ainsi automatiquement un compte rendu médical structuré, intégré directement au logiciel médical des praticiens. 

    La start-up parisienne entend utiliser les fonds récoltés lors de ce nouveau tour de financement pour : 
    📌 continuer de faire évoluer son logiciel Nabla Copilot ; 
    📌 accélérer son déploiement aux États-Unis, ainsi que dans d’autres pays “où l’IA peut aider à relever les défis auxquels les systèmes de santé sont confrontés”.

    Déjà plus de 20 000 cliniciens utilisateurs 

    Presque un an après son lancement, le logiciel compte désormais plus de 20 000 médecins utilisateurs à travers le monde et a permis de traiter 3 millions de consultations pour en extraire les informations essentielles afin de produire des comptes-rendus automatisés.

    Pour rappel, le médecin actionne le logiciel au début de la consultation afin qu’il puisse l’enregistrer et Nabla Copilot va ensuite produire une synthèse vocale qu’il va retranscrire avant de générer un compte rendu médical structuré qui comporte les raisons de la consultation, les antécédents médicaux et les allergies du patient, ses symptômes, ainsi que les traitements donnés par le médecin.

    De nouvelles langues ajoutées au logiciel en 2024

    Lors de l’annonce de cette nouvelle levée de fonds, Delphine Groll, COO et cofondatrice de Nabla, a indiqué qu’en moyenne “le logiciel permet de faire gagner deux heures par jour aux médecins qui l’utilisent”. Un gain de temps qu’ils peuvent consacrer à leurs patients. Elle a aussi expliqué que si pour le moment Nabla Copilot est disponible dans 3 langues, dont l’anglais et le français, de nouvelles langues devraient être ajoutées en 2024.

    La société – qui fait partie des 335 start-ups citées dans la « bible de l’IA générative » de CB Insights – souhaite que dans une perspective future, des fonctionnalités telles que la suggestion de questions pendant la consultation et l’envoi automatique de messages de suivi soient envisagées pour améliorer encore davantage l’expérience des patients et des professionnels de santé.

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  • Étude : retour sur 20 ans de publications relatives aux technologies numériques de santé (JMIR)

    « Malgré la réussite avérée des systèmes d’intelligence artificielle dans diverses études médicales rétrospectives, un nombre relativement limité d’outils d’IA ont été mis en œuvre dans la pratique médicale », relèvent les auteurs de l’étude.


    Des chercheurs de l’université d’Oxford (Angleterre) ont mené la première étude visant à étudier de manière systématique l’utilisation des technologies numériques de santé pour mesurer leurs résultats cliniques à l’aide de données générées par les patients. Globalement, le nombre d’essais incluant des données probantes avec des types de technologies variées n’a cessé de croître mais les chercheurs estiment nécessaire de mener des recherches plus rigoureuses pour démontrer si la capture des données améliore vraiment la santé des patients.

    Les résultats de cette étude* ont été publiés le 11 octobre 2023 dans la revue Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Afin de mener leur analyse, les chercheurs ont pris en compte les études publiées entre 2000 et 2022 dans lesquelles des données numériques sur la santé ont été collectées, passivement ou activement. Sur 11 015 publications identifiés, 510 études ont été retenues : elles portaient sur 169 pathologies dans plus de 20 domaines thérapeutiques et étaient issues de 44 pays.

    📌 Principaux résultats :
    • les données les plus utilisées pour la recherche concernaient la santé mentale et les toxicomanies (21,8 %), suivies de la neurologie (15,3 %) et des maladies cardiovasculaires (13,9%) ;
    • le type de technologie numérique le plus courant était les applications mobiles, présentes dans environ la moitié des études.

    Concernant l’intelligence artificielle (IA), les auteurs des travaux constatent une augmentation de l’utilisation de l’IA dans le corpus de recherche ciblé sur la période 2018-2021. « Malgré les progrès de la recherche sur l’IA et la réussite avérée des systèmes d’intelligence artificielle dans diverses études médicales rétrospectives, un nombre relativement limité d’outils d’IA ont été mis en œuvre dans la pratique médicale », précisent-ils.

    La santé numérique, un champ de recherche dynamique

    Le 11 octobre 2023, la Food and drug administration (FDA) américaine a annoncé la création d’un nouveau comité consultatif sur les technologies de santé numérique (voir article H&TI ici). Sa mission : aider le régulateur américain à “explorer les questions complexes, scientifiques et techniques liées à la santé numérique, telles que l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique, la réalité augmentée, la réalité virtuelle, les thérapies numériques, la télésurveillance médicale…”.

    Le champ est vaste : l’utilisation des technologies numériques dans les essais cliniques s’est considérablement développée depuis 2000, à un rythme de 34 % par an. Pour défricher ce large champ, les experts de ce tout nouveau comité vont pouvoir consulter les résultats d’une étude systématique sur l’utilisation des technologies numériques de santé.

    Une large étude sur l’évolution de la littérature, les domaines thérapeutiques traités…

    Des chercheurs de l’université d’Oxford ont en effet publié le 11 octobre 2023 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR) les résultats d’une large étude aux multiples enjeux :

    • Comment la nature des publications de cette littérature a-t-elle évolué au fil du temps ?
    • Pour quelles maladies et quels domaines thérapeutiques les résultats cliniques sont-ils mesurés à l’aide de technologies numériques de santé ?
    • Comment l’utilisation de différentes technologies numériques de santé pour mesurer les résultats cliniques dans le monde réel a-t-elle évolué au fil du temps ?

    Le champ d’investigation était important car ces données réelles sont de plus en plus utilisées par l’industrie pharmaceutique pour évaluer les résultats des patients, soutenir les approbations réglementaires, étudier des profils de patients toujours plus diversifiés ou des populations de maladies rares, faire un lien entre le prix des traitements et leur efficacité ou encore rationaliser l’utilisation des ressources.

    Les régulateurs et les payeurs sont aussi très friands de ces données exigeant des fabricants qu’ils démontrent la valeur ajoutée de leurs produits à l’aide de données réelles. Les données de vie réelle peuvent inclure des résultats cliniques, économiques, des mesures rapportées par les patients et des éléments sur la qualité de vie.

    Afin de mener leur analyse, les chercheurs ont pris en compte les études publiées entre 2000 et 2022 dans lesquelles des données numériques sur la santé ont été collectées, passivement ou activement.

    Résultats : la santé mentale avide de données de vie réelle

    • Sur 11 015 publications identifiés, 510 études ont été retenues.
    • Elles portaient sur 169 pathologies dans plus de 20 domaines thérapeutiques et étaient issues de 44 pays.
    • Les données les plus utilisées pour la recherche concernaient la santé mentale et les toxicomanies (21,8 %), suivies de la neurologie (15,3 %) et des maladies cardiovasculaires (13,9%).
    • Le type de technologie numérique le plus courant était les applications mobiles, présentes dans environ la moitié des études. Les ingérables ne sont apparus qu’en 2013. Les données étaient rares sur les implantables, les moniteurs électroniques de médicaments et les biocapteurs environnementaux.
    • Les données physiologiques étaient les plus souvent collectées (37,1 %), suivies des données sur les symptômes cliniques (36,9 %) et des données comportementales (33,5 %).

    L’IA : des études mais peu d’outils dans la pratique

    Depuis 2018, la croissance du nombre d’études – et du nombre de technologies utilisées – semble avoir commencé à se stabiliser. Toutefois, la période 2018-2021 a été marquée par une augmentation de l’utilisation de l’IA dans ce corpus de recherche. Et sur ce point, les auteurs de l’étude précisent que « malgré les progrès de la recherche sur l’IA et la réussite avérée des systèmes d’IA dans diverses études médicales rétrospectives, un nombre relativement limité d’outils d’IA ont été mis en œuvre dans la pratique médicale ».

    Enfin, même si le panorama décrit est très large, il permet de dresser une photographie de l’existant mais pas vraiment de tirer de conclusion. Pour mesurer finement l’impact de ces technologies sur la santé, les auteurs estiment « nécessaire de mener des recherches plus rigoureuses qui vont au-delà de la validation de la technologie pour démontrer si des données robustes du monde réel peuvent être capturées de manière fiable auprès des patients dans leur vie quotidienne et si leur capture améliore les résultats pour les patients ».

  • Ségur du numérique en santé : les médecins de ville premiers émetteurs de documents pour MES

    Avec 221 millions de documents versés sur Mon espace santé (MES) jusqu’en novembre 2023, l’alimentation de cet espace numérique de stockage a connu une croissance remarquable durant l’année écoulée, et un rythme mensuel allant jusqu’à plus de 16 % en novembre 2023, dernier mois dont les données ont été communiquées par l’ANS.

    La santé est sur le point de franchir un cap majeur dans son virage numérique, avec des avancées significatives vers les objectifs fixés par Olivier Véran en 2020. Une transformation sans précédent qui témoigne de l’implication des acteurs clés du secteur, tels que les professionnels de santé, les éditeurs de logiciels, et les patients.

    Dans cet article, Health & Tech Intelligence revient sur les chiffres clés du déploiement du Ségur du numérique en santé pour l’année 2023 (dont les détails complets, y compris les valeurs par type de document, par département, et par région, peuvent être trouvés sur la page web de l’Agence du numérique en santé, accessible via ce lien).

    La médecine de ville comme contributeur principal

    Une contribution importante à MES émane des médecins de ville, dont l’engagement s’est traduit par une augmentation spectaculaire de 44% par mois au cours du dernier trimestre 2023. Ces professionnels de santé se positionnent désormais en première position des émetteurs de documents numérisés, à égalité avec le secteur de la biologie médicale, générant environ 6 millions de documents par mois.

    Au cours de novembre 2023, le volume de documents téléversés dans Mon espace santé se répartit entre 6 types d’émetteur comme suit :

    • médecins de ville : 33 % ;
    • biologie médicale de ville : 29 % ;
    • hôpitaux : 26 % ;
    • radiologie de ville : 6 % ;
    • officines : 6 % ;
    • secteur médico-social : 1 %.

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    Des objectifs initiaux ambitieux

    L’outil de suivi des données relatives à MES, rendu disponible par l’ANS, s’inscrit dans une démarche de transparence visant à partager les chiffres clés mensuels liés au déploiement du Ségur du numérique en santé. Les objectifs de ce dernier étant :

    • de généraliser le partage fluide et sécurisé des données de santé entre les professionnels de santé et les usagers ;
    • et d’accélérer la feuille de route du numérique en santé en augmentant le nombre de documents médicaux échangés afin d’améliorer la prévention et la qualité des soins.

    Une transparence par les chiffres :

    Une attention particulière des autorités est portée à l’alimentation de Mon espace santé : chaque citoyen est encouragé à devenir un acteur à part entière de sa santé.

    L’évolution rapide du nombre de documents mis à disposition dans MES, notamment entre mars et novembre 2023, illustre cette ambition. Le nombre annuel moyen de documents par habitant, en augmentation lui aussi, en représente une autre démonstration :

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    Les documents concernés sont principalement des résultats d’analyses et des prescriptions médicales.

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    Un facteur favorisant : la reprise de l’historique DPI

    Les cartes interactives par département proposées par l’ANS offrent une vision claire du nombre annuel moyen de documents échangés par habitant. Les territoires ayant atteint l’objectif du Ségur numérique, fixé à 4 documents par habitant, sont identifiés en vert sur la carte.

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    Certains départements, précise l’ANS, bénéficient d’une “hausse significative de l’alimentation DMP grâce à la mise en place de la reprise de l’historique DPI”, comme indiqué dans la liste des candidats retenus qui a été publiée.

  • Note aux abonnés : meilleurs vœux pour 2024, reprise des publications, rétrospective 2023…

    Chers abonnés,

    Toute l’équipe de Health & Tech Intelligence vous souhaite une excellente année 2024, riche en innovations et en progrès.

    L’année qui vient de s’écouler a été remplie de challenges et d’opportunités, mais aussi de réflexions, de décisions importantes et de nouvelles découvertes, dans le secteur de la santé numérique. C’est pourquoi, nous avons le plaisir de vous proposer cette semaine une rétrospective des faits marquants de 2023 avec, chaque jour, un article thématique récapitulant les informations clés de l’année concernant :
    📌 les levées de fonds ;
    📌 les tendances du marché ;
    📌 les opérations réalisées ;
    📌 les textes publiés et les nominations

    Nous vous remercions pour votre fidélité et restons mobilisés pour vous fournir les informations et les analyses les plus pertinentes autour de la santé numérique.

    Bien cordialement,

    L’équipe H&TI

  • JO : le point sur les textes clés publiés en fin d’année (téléconsultation, prescription élec., …)

    La facturation de majorations pour les forfaits professionnels de la télésurveillance en cardiologie et en diabétologie, la mise en place des modalités fixant la délivrance du certificat de conformité aux référentiels d’interopérabilité, d’éthique et de sécurité pour les personnes à l’origine des outils ou services numériques en santé, ainsi que les conditions de mise en œuvre et d’entrée en vigueur de la prescription électronique font partie des textes clés publiés au Journal officiel de la République française lors de la fin d’année 2023… Health & Tech Intelligence synthétise dans cet article les éléments clés des différents textes qui intéressent le numérique en santé.

    Majoration des forfaits de télésurveillance en cardiologie et en diabétologie pris en charge par l’assurance maladie

    Fruit d’un groupe de travail mené par la Direction générale de l’offre de soin (DGOS) et les conseils nationaux professionnels de la santé pour continuer “d’améliorer les prises en charge des patients”, l’un des arrêtés du 21 décembre 2023 publié par le ministère de la Santé et de la Prévention le 7 janvier 2024 vient modifier l’arrêté du 16 mai 2023 et fixer le montant forfaitaire de l’activité de télésurveillance médicale prise en charge par l’Assurance maladie, ainsi que “les modulations applicables à ces tarifs et la périodicité de leur révision”.

    Alors que l’arrêté du 16 mai 2023 se contentait de fixer les deux tarifs de l’activité de télésurveillance médicale prise en charge par l’Assurance maladie, à savoir 11 euros pour le tarif du forfait opérateur de niveau 1 et 28 euros pour le tarif du forfait opérateur de niveau 2, le nouveau texte de loi met en place deux forfaits majorés applicables aux tarifs du forfait opérateur de niveau 2 : 
    • forfait majoré de niveau 1 : 56 € ;
    • forfait majoré de niveau 2 : 70 €.

    Pour pouvoir bénéficier de cette majoration dans leur prise en charge par l’Assurance maladie, les patients suivis par télésurveillance doivent être atteints d’insuffisance cardiaque ou de diabète et doivent avoir un statut de malade qui respecte certaines conditions, qui peuvent être, par exemple, le fait d’être atteint d’une ou de plusieurs comorbidités prévues dans l’article.

    L’arrêté indique enfin que “pour les patients en cours de télésurveillance à la date de publication du présent arrêté, les forfaits majorés […] s’appliquent à compter du 1er mois suivant l’échéance de la période de facturation en cours”, mais aussi que “la facturation pour un même patient des forfaits majorés prévus par le présent article ne peut excéder une période sans interruption de 6 mois renouvelables une fois pour l’activité de télésurveillance médicale de l’insuffisance cardiaque [ou] 3 mois renouvelables une fois pour l’activité de télésurveillance médicale du diabète”.

    La prescription électronique entre dans le droit commun et devient la norme

    Afin de prendre en compte la transformation numérique des systèmes de santé et l’augmentation de l’utilisation des canaux informatiques, que ce soit pour partager des informations telles que les données de santé ou pour réaliser des consultations à distance, le ministère de la Santé a publié le 20 décembre 2023 un décret relatif à la prescription électronique et aux conditions de sa mise en œuvre et d’entrée en vigueur, qui vient faire de ce type de prescription la norme puisqu’il instaure une obligation de la dématérialisation des prescriptions

    Le décret définit la prescription électronique comme “la dématérialisation des prescriptions de soins, de produits de santé et de prestations établies ou exécutées par les professionnels de santé et leur transmission à l’Assurance maladie par voie électronique”, et détermine “les droits des patients à l’égard de ces précisions dématérialisées et de leurs conditions d’exécution ainsi que les cas ou circonstances dans lesquels la dématérialisation pourra, par dérogation, ne pas être mise en œuvre par les professionnels”.

    Ce décret vient créer un nouveau titre VII de la partie réglementaire du code de la santé publique, consacré à la prescription électronique qui indique que :

    ➡️ la Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM) “assure la conception et la mise en œuvre des traitements de données nécessaires à la dématérialisation des prescriptions” en mettant à disposition des professionnels de santé “les téléservices leur permettant […] de transmettre de manière dématérialisée leurs prescriptions ainsi que les données relatives à l’exécution de celles-ci”, ains qu’en transmettant “aux organismes d’assurance maladie les données nécessaires à la prise en charge des frais de santé” ;
    ➡️ le patient a la possibilité de “s’opposer à la consultation par le prescripteur des données d’exécution de la prescription électronique […] soit au moment de l’établissement de la prescription et auprès du prescripteur, […] soit ultérieurement, à tout moment, auprès de son organisme d’assurance maladie obligatoire de rattachement” ;
    ➡️ malgré l’obligation de dématérialisation des prescriptions, le professionnel qui émet la prescription doit remettre au patient “une ordonnance établie sur papier, sauf si le patient exprime le souhait de la recevoir exclusivement au moyen de la messagerie sécurisée” ;
    ➡️ plusieurs raisons peuvent cependant justifier des exceptions à l’obligation de dématérialisation comme : “l’indisponibilité des téléservices”, “une connexion internet insuffisante”, l’”impossibilité d’identification du patient via les services numériques en santé dédiés”, ou encore la “prescription occasionnelle pour soi-même ou pour son entourage”.

    Un certificat de conformité pour les outils numériques en santé

    Pour s’assurer que les systèmes d’informations et les services ou outils numériques en santé sont conformes aux référentiels d’interopérabilité, d’éthique et de sécurité, une loi du 23 décembre 2022 prévoit qu’un certificat de conformité peut être demandé par la personne physique ou morale qui fabrique, développe, édite ou exploite un service numérique en santé mentionné à l’article L.1470-1 du Code de la santé publique pour attester de la conformité au référentiel de ce service numérique en santé.

    Alors que le texte de loi prévoyait que ces dispositions entrent en vigueur “dans des conditions et à une date fixées par décret, et au plus tard le 31 décembre 2023”, un décret publié le 27 décembre 2023 fixe les modalités de délivrance d’un certificat de conformité pour certains référentiels destinés aux services numériques en santé, mais aussi la validité du certificat dans le temps, ainsi que les dispositions à prendre en cas de modifications du service ou du référentiel pour conserver ce certificat. Le décret indique qu’il entre en vigueur au lendemain de sa publication et fait donc partie du droit commun français depuis le 28 décembre.

    Ce décret vient donc rajouter un titre VII au livre IV de la première partie du code de la santé publique. Ce nouveau titre concerne les articles R.1470-1 à R.1470-11 qui indiquent que : 

    ➡️ les personnes physique ou morale qui fabrique, développe, édite ou exploite un service numérique en santé mentionné à l’article L.1470-1 du Code de la santé publique peuvent demander l’obtention d’un certificat attestant de la conformité d’un service numérique en santé à un référentiel d’interopérabilité, de sécurité et d’éthique mentionné à l’article L.1470-5 auprès du groupement d’intérêt public mentionné à l’article L.1111-24 ; 
    ➡️ cette demande doit se faire de manière dématérialisée et doit être accompagnée d’un dossier qui comporte “l’identification du service numérique concerné et du référentiel pour lequel le certificat de conformité est demandé, ainsi que les justificatifs nécessaires pour apprécier le respect par le service numérique des exigences du référentiel” ;
    ➡️ en cas de délivrance du certificat, ce dernier comporte, entre autres : “le référentiel auquel la conformité est certifiée et sa version”, ains que “le cas échéant, la date du prochain contrôle à effectuer” ; 
    ➡️ la délivrance ne s’obtient pas pour une durée indéterminée puisqu’une date de contrôle peut être fixée et la personne physique ou morale qui est à l’origine du service numérique en santé en question peut aussi perdre ce certificat dans le cas où le service a été modifié et “n’est plus conforme aux exigences du référentiel pour lequel il a été certifié ou à celles prévues par l’arrêté l’ayant approuvé” ou que le référentiel est modifié : dans ce cas-là, “le groupement d’intérêt public met en demeure le titulaire du certificat de conformité de prendre des mesures correctrices ou de présenter ses observations sur les non-conformités relevées dans un délai qu’il fixe, et qui ne peut excéder six mois”.

    📝 Autres textes clés :

    ➡️ l’arrêté du 7 décembre 2023 a abrogé l’arrêté du 14 janvier 2023 et a modifié le montant prévisionnel de la dotation annuelle du fonds pour l’innovation du système de santé pour l’exercice 2023 : alors que le montant de la dotation de la branche maladie, maternité, invalidité et décès du régime général versée au fonds pour l’innovation du système de santé avait été fixé, pour l’exercice 2023, à 102 000 000 €, cet arrêté l’augmente à 128 000 000 € ; 

    ➡️ l’arrêté du 27 décembre 2023 autorise l’ouverture d’une période transitoire pour l’innovation “EQUILIBRES” qui souhaite mettre en place “une évaluation standardisée et régulière de la situation des patients associée à une forfaitisation au temps passé auprès des patients pour les soins infirmiers à domicile” et qui a pour objectif de “promouvoir un système de prise en charge en équipe, focalisé sur les patients, leur autonomisation et leur qualité de vie, plutôt que sur la production d’actes techniques” ; 

    ➡️ l’arrêté du 28 décembre 2023 autorise l’ouverture d’une période transitoire pour l’innovation “Equip’Addict” qui souhaite expérimenter “un nouveau mode de financement d’une équipe de soins primaires en exercice coordonné : les microstructures médicales addiction” qui ont pour mission “d’offrir des soins de proximité et de qualité aux personnes atteintes d’addiction, présentant une situation complexe et n’étant pas prises en charge dans le cadre d’un dispositif destiné aux personnes souffrant d’addiction préexistant en ville”.

    👤 Nominations clés :

    Cette fin d’année a aussi eu le droit à son lot de nominations parues au JO : 

  • Découverte de médicaments par IA : Owkin crée la start-up Bioptimus pour développer de nouveaux LLM

    Créer des grands modèles de langages (LLM) afin d’accélérer la découverte de médicaments : telle est l’ambition de Bioptimus, la start-up créée par les dirigeants d’Owkin, qui va s’appuyer sur l’expertise de cette dernière en terme de recherche de nouvelles thérapies par l’intelligence artificielle (IA) pour développer des modèles d’IA prédictive. Comme écrit sur le site de la jeune pousse, sa mission est de “construire un modèle de base à plusieurs niveaux de référence pour la biologie, qui transformera les données à plusieurs échelles en représentations exploitables afin de permettre des découvertes révolutionnaires”.

    Créée le 3 janvier 2024, la start-up va bénéficier des avancées d’Owkin dans le but d’explorer un espace chimique de milliards de molécules et de découvrir un ensemble de médicaments de meilleure qualité afin de mieux répondre aux besoins des patients en fonction de leur profil, dans une démarche de personnalisation de la médecine.

    Si l’IA permet déjà de mettre en place une médecine prédictive, les LLM permettent d’aller plus loin parce qu’ils peuvent analyser simultanément une grande quantité de données et cela sur plusieurs échelles, comme les cellules, les atomes, les molécules, les tissus, ou encore les organes : grâce à cela, les IA utilisées par Bioptimus vont pouvoir simuler de manière plus précise les réactions des organismes aux molécules des médicaments.

    Plus de 20 millions d’euros déjà levés

    C’est l’actuel directeur de la recherche et du développement d’Owkin, Jean-Philippe Vert, qui a été nommé à la direction de Bioptimus. Ce dernier ne sera pas seul à diriger la nouvelle entreprise, puisqu’il sera épaulé par deux cadres supérieurs de la licorne française, David Cahané et Eric Durand.

    La start-up qui est logée au même siège social qu’Owkin, dans le 9e arrondissement de Paris, a annoncé avoir dépassé son objectif de financement de 20 millions d’euros pour son premier cycle, sans pour autant avoir dévoilé le montant total des fonds levés puisque le cycle n’est pas encore arrivé à son terme. Ce montant pourrait donc encore évoluer de plusieurs millions d’euros.

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