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  • Téléconsultation : un intérêt confirmé pour les patients et les professionnels (étude e-Meuse Santé)

    Moyen de lutte efficace contre les déserts médicaux, le programme de télémédecine e-Meuse Santé est déployé dans les 3 départements de de la région Grand Est. La Meuse, la Haute-Marne et la Meurthe-et-Moselle connaissent des difficultés d’accès aux soins liés à la désertification médicale et au vieillissement de la population auxquelles vient répondre « e-Meuse Santé ».

    Des consultations médicales assistées et augmentées, en proximité

    Il s’agit d’un programme national d’expérimentation de l’utilisation des nouvelles technologies au bénéfice de la télémédecine. Piloté depuis 2020 par le département de la Meuse, il a ensuite débordé sur les départements de Haute-Marne et de Meurthe-et-Moselle.

    E-Meuse Santé propose la téléconsultation, assistée et augmentée, dans différents lieux ouverts et repérés par la population : maisons de santé, Ehpad, cabinets infirmiers, etc. Il couvre quatre thématiques :

    • l’accès aux soins ;
    • la prévention ;
    • le maintien à domicile ;
    • et le suivi des maladies chroniques.

    Avec un modèle qui repose sur l’appropriation du dispositif par la communauté médicale du territoire, en 3 ans ont été réalisées près de 4 500 téléconsultations, remboursées par l’Assurance maladie, grâce à la collaboration de plus de 80 professionnels de santé, associations de patients et collectivités locales.

    Une évaluation positive après 3 ans

    A l’issue des 3 années d’expérimentation, e-Meuse Santé a publié en décembre 2023 son rapport d’évaluation, qui s’appuie sur les travaux réalisées par l’Université de Lorraine, intitulé : « Préconisations et mesures pour la réplicabilité du déploiement territorial de la télémédecine ». Cette étude prend en compte l’expérimentation menée sur 15 sites installés sur les 3 départements du Grand Est. Ils recouvrent une configuration variée d’accès aux soins, différents types d’habitat et d’organisation de la santé, de la zone rurale à la ville, mais qui connaissent tous des difficultés d’accès à la santé.

    Le rapport a été rédigé à l’issue d’un large processus de concertation et d’enrichissement itératif par une série d’ateliers et d’entretiens, ayant impliqué, outre les professionnels de santé et les représentants de patients, les élus locaux et les acteurs économiques et sociaux, partenaires d’e-Meuse Santé.

    12 recommandations pour pérenniser et développer la télémédecine

    L’évaluation par l’Université de Lorraine confirme l’intérêt de la télémédecine pour les patients et les professionnels de santé. Elle démontre que, bien conçue et bien déployée, la télémédecine est un outil efficace qui offre des solutions d’accès aux soins à des habitants confrontés à la pénurie de soignants et qu’elle permet aux personnes sans médecin traitant de pouvoir retrouver un parcours de soins satisfaisant. Le rapport contient 12 recommandations opérationnelles pour favoriser le déploiement de la télémédecine.

    2 prérequis essentiels au succès de la téléconsultation dans les territoires :

    • une offre conçue en appui et au service des professionnels de santé du territoire concerné ;
    • une offre qui fasse l’objet d’une mobilisation des acteurs du soin et de l’accès aux soins des patients, dans le respect du rôle, du statut et des expertises de chacun.

    Parmi les autres recommandations du rapport :

    • une collaboration renforcée avec les médecins traitants et les professionnels de santé afin de pérenniser les projets existants et soutenir la création de nouveaux sites de téléconsultation ;
    • un modèle de financement dissociant ce qui relève du soin et de l’accès aux soins, ouvrant ainsi la possibilité de nouvelles formes d’implication aux collectivités territoriales ;
    • une gouvernance et une animation de la politique de l’accès aux soins animée par les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ;
    • une revalorisation de la fonction des « téléassistants » en s’appuyant sur leur contribution à l’accès aux soins ;
    • l’élargissement du réseau des sites de télémédecine à la médecine spécialisée (téléconsultation de spécialité, téléexpertise et télésurveillance) et à la prévention (médecine du travail, médecine scolaire, opérations nationales de dépistage, etc.) ;
    • la mise en place d’une plateforme commune facilitant les usages et la prise de rendez-vous ;
    • le développement d’une offre de formation où interagissent tous les acteurs du projet de télémédecine ;
    • une expérimentation sur trois ou quatre départements d’une durée de trois ans, associant les collectivités et les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).

    Coordonner les modèles économiques de la santé et du médico-social :

    Le rapport préconise également une clarification de l’offre de télémédecine avec des cahiers des charges et des méthodologies matures et validées, aujourd’hui disponibles grâce aux expérimentations.

    Il propose de nouveaux modèles (d’organisation, de financement) ouvrant un champ d’action important aux territoires pour les politiques de l’autonomie et du maintien à domicile. La télémédecine peut être un outil majeur de la coordination du modèle économique de la santé avec celui du médico-social, en s’inscrivant notamment dans les politiques de prévention des départements.

    Cette évaluation positive est renforcée par la position de France Assos Santé qui se déclare favorable à une offre territoriale structurée de télémédecine dans son « Manifeste pour faire de la télémédecine un réel vecteur d’accès aux soins pour tous », publié en septembre 2023.

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  • Dedalus : « Nous passons d’éditeur à fournisseur de services » (Guillem Pelissier)

    Améliorer la satisfaction client en se focalisant sur l’expérience utilisateur, adapter son offre de dossier patient informatisé (DPI), promouvoir une approche de self-service et de e-learning : retour sur la conférence de presse organisée par Dedalus lors de son événement D4Evolution le 25 janvier 2024, en présence de son nouveau directeur général Guillem Pelissier, et du directeur général délégué Frederic Vaillant.

    La satisfaction client sera au cœur de la stratégie de Dedalus cette année, qui se décline “en 3 actes” :
    • l’expérience utilisateur, grâce à des investissements “sur des plateformes pour y répondre” ;
    • la qualification, en repensant les solutions “dans les environnements des clients” ;
    • la formation, qui va continuer “avec du self-service et du e-learning”.

    « Notre mission est de continuer à développer nos activités, en accompagnant nos clients vers différents types d’usage et en créant de la valeur qui répond au plus près aux attentes de nos utilisateurs. Nous voulons moderniser nos services et nos plateformes, avec le cloud et l’IA », a déclaré Guillem Pelissier.

    Développer une offre de service d’accès aux soins (SaaS)

    Dedalus exprime son ambition de développer des offres Saas basées sur les technologies de cloud et d’IA qui “permettent de réduire les tâches administratives, d’améliorer l’expérience utilisateur et l’ergonomie”. Guillem Pelissier explique que le cloud pose “la question de la souveraineté”. Pour lui, Dedalus est justement souverain par son histoire et son capital : “car nous sommes détenus par des investisseurs français (…) Nous suivons la démarche gouvernementale, ainsi que les évolutions réglementaires européennes et françaises en ce qui concerne l’hébergement des données en santé, notamment du référentiel HDS”. Une question essentielle pour l’entreprise qui souhaite s’inscrire dans le champ de la souveraineté numérique européenne, les acteurs du cloud européen et français n’étant aujourd’hui pas forcément encore au niveau des alternatives étrangères comme AWS.

    Le défi à relever avec les DPI

    Dedalus est leader sur le marché français du DPI, avec 41 groupements hospitaliers de territoire (GHT) sur 135 équipés avec ses solutions. Sans communiquer de détails exacts, l’entreprise rapporte que son chiffre d’affaires en 2023 est meilleur que celui de l’année précédente.

    Avec la base mutualisée de son nouveau logiciel, Care4U, Dedalus accompagne les hôpitaux afin de transférer leur DPI, comme cela a été le cas pour tous les établissements de l’AP-HP, “sauf l’hôpital européen Georges Pompidou qui devrait migrer dans les 2 ans qui viennent”. Les clients de Dedalus ayant un patrimoine de données d’au moins 10-15 ans, toute la problématique réside dans la migration afin d’éviter la perte de données. « Nous passons de questionnaires très statiques à des questionnaires intelligents avec de l’IA. Il faut donc les réadapter et les reparamétrer. L’enjeu n’est pas de changer de DPI mais de pouvoir le faire évoluer en récupérant leurs données et en installant notre solution par-dessus”, souligne Frédéric Vaillant. 

    S’affirmer sur le marché des logiciels d’imagerie

    En France, Dedalus détient 80 % de part de marché des logiciels des laboratoires privés. D’après Frédéric Vaillant : « Il y a une évolution in vitro avec les premières installations qui se dérouleront cette année. La mise en œuvre du premier site de “digital pathology” va se faire au CHU d’Amiens. C’est un consortium avec 3 GHT (St-Quentin, Beauvais et Amiens) qui vise à gérer les analyses et les seconds avis médicaux ».

    À partir de 2024, l’entreprise ambtionne d’accélérer sa dynamique dans le secteur de l’imagerie : « Nous avons un Pacs tout neuf appelé Deep Unity qui connaît un certain succès dans le GHT d’Amiens. Notre ambition est de pousser le domaine de l’imagerie en doublant nos équipes. Nous voulons faire aussi bien sur la partie imagerie que sur la partie laboratoire ». L’imagerie ayant généré un chiffre d’affaires autour de 6 millions d’euros en 2023, Dedalus souhaite doubler son résultat en 2024.

  • IA : Tessan intègre Nabla dans sa solution pour automatiser la rédaction des comptes rendus médicaux

    L’expert de la téléconsultation Tessan propose désormais à ses 150 médecins salariés l’outil Nabla, permettant de rédiger les comptes-rendus de consultations automatiquement grâce à l’écoute basée l’intelligence artificielle (IA). Ceci pour leur permettre :
    • de se concentrer sur l’examen médical ;
    • de sécuriser l’établissement de diagnostic ;
    • d’éviter les oublis lors de la relecture du compte rendu ;
    • et de gagner du temps.

    “Nabla nous a tous impressionnés par sa performance et sa facilité d’intégration dans notre pratique”, déclare Jordan Cohen, fondateur de Tessan. “Grâce à l’assistant médical Nabla, le parcours de soins est renforcé avec un bilan de téléconsultation très complet pour un meilleur suivi entre praticiens. C’était notre objectif prioritaire”.

    Quel fonctionnement avec l’outil de Nabla ?

    Lorsqu’un patient qui cherche une téléconsultation souhaite utiliser la solution de Tessan, il peut se rendre en pharmacie, en mairie ou à tout autre espace qui en est équipé. En s’installant dans une cabine ou devant une borne, il insère sa carte vitale, crée son compte personnel et renseigne son motif de téléconsultation. Le patient a également la possibilité d’envoyer ses antécédents médicaux (analyses, comptes-rendus, etc.). Selon l’entreprise, il n’attend que 7 minutes en moyenne avant d’être vu par un médecin généraliste.

    La cabine et la borne sont équipés de dispositifs médicaux (thermomètre, tensiomètre, oxymètre, otoscope, stéthoscope, dermatoscope…) que le professionnel de santé pilote à distance. Pendant toute la durée de la consultation, l’outil Nabla enregistre automatiquement tous les échanges entre le patient et le médecin et génère un compte-rendu complet et structurer à la fin de la séance.

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  • IA : les hôpitaux resteront les acteurs les mieux équipés en 2030 (étude Xerfi)

    La conjoncture actuelle semble laisser penser à une généralisation de l’intelligence artificielle (IA) en médecine. Pourtant, les inégalités entre utilisateurs, les appréhensions de nombreux praticiens et le durcissement de la législation, notamment à l’échelle européenne, apparaissent comme des freins majeurs à son adoption globale dans le secteur de la santé. 


    Que ce soit pour la radiologie, la chirurgie, la télésanté ou encore pour limiter l’aspect chronophage de certaines tâches des praticiens, l’IA cohabite désormais clairement avec le monde de la santé, et encore plus depuis l’avènement du logiciel d’OpenAI, ChatGPT, en fin d’année 2022.

    Alors que “le potentiel de l’intelligence artificielle générative semble considérable dans la filière de soins, en particulier en matière d’amélioration de l’efficience et de la qualité des soins”, l’institut d’études privé spécialisé dans l’analyse économique sectorielle, Xerfi, a publié en début d’année 2024 une étude traitant des perspectives de l’IA en médecine d’ici à 2030. Il livre un bilan global sur le sujet et sa future évolution :
    📌 le degré de maturité des solutions en fonction du secteur ;
    📌 le type d’algorithmes les plus ciblés et appréciés selon les spécialités ;
    📌 les freins humains et juridiques à une explosion de l’IA ;
    📌 ou encore les inégalités qu’il peut y avoir entre les différents acteurs de la santé en matière d’accès aux nouvelles solutions d’IA.

    Un écart se creuse entre hôpital et médecine de ville

    Les solutions d’IA les plus abouties sont à l’hôpital :

    Dans son étude, Xerfi indique que les établissements hospitaliers, qu’ils soient publics ou privés, sont déjà les institutions du secteur qui investissent le plus dans les solutions basées sur l’IA. En effet, ils ont déjà “une approche proactive dans ce domaine”, grâce à des solutions considérées comme les plus abouties, que ce soit en imagerie médicale, en chirurgie ou encore dans “l’automatisation des tâches chronophages et à faible valeur ajoutée (paramétrage des équipements d’imagerie, codage des séjours hospitalier, retranscription des ordonnances, etc.)”.

    Si l’accès aux données est facilité dans le futur et si la digitalisation de l’offre de soins est toujours souhaitée par les pouvoirs publics, l’utilisation de l’IA devrait s’intensifier et être de plus en plus performante dans les établissements hospitaliers, jusqu’à devenir quasiment indispensable pour accompagner les médecins et améliorer la qualité des soins pour les patients.

    Le retard de la médecine de ville ne sera compensé que partiellement :

    De l’autre côté, les médecins de ville, qui accusent déjà un retard en la matière à cause du manque de moyens – même si ceux travaillant pour des structures membres d’un réseau intégré ou d’un groupement sont moins impactés – risquent d’être dépassés par ces évolutions, face à des établissements avec une capacité d’investissements plus importante. L’étude montre qu’à court terme, ce retard historique en matière de digitalisation “ne sera qu’en partie compensé […] par les programmes de soutien des pouvoirs publics” comme celui du Ségur du numérique.

    Une disparité entre les établissements aussi :

    Xerfi tient à rappeler que l’écart qui existe entre “les établissements hospitaliers qui appartiennent à un groupe” et “les établissements hospitaliers indépendants” va lui aussi se creuser pour, là aussi, une question de moyens. Le potentiel du développement de l’IA dans ces établissements, comme les centres de lutte contre le cancer (CLCC) ou les cliniques de court séjour, sera donc plus modéré que dans des grands groupes comme l’AP-HP.

    Des freins humains et juridiques existants

    Malgré un potentiel jugé énorme, d’autant plus que “les expérimentations se poursuivent […] pour développer des algorithmes de deep learning capables de croiser de multiples données pour réaliser des diagnostics précoces toujours plus précis et personnaliser davantage les traitements”, plusieurs freins vont venir s’interposer à une explosion de l’utilisation de l’IA dans la médecine, rapporte Xerfi :

    D’abord, les industriels qui développent des solutions d’IA :

    Les éditeurs d’outils numériques intelligents “éprouvent toujours des difficultés pour obtenir des bases de données volumiques et de qualité afin d’entraîner leurs modèles”. Une situation qui ne devrait pas changer avec l’adoption de nouvelles réglementations, dont l’IA Act, vues par certains industriels européens comme une menace pour l’innovation, puisqu’elles viendraient freiner la facilité d’accès aux données de santé qui sont, indispensables pour développer des modèles d’IA performants.

    Ensuite, la résistance des professionnels de santé :

    Malgré une adoption de plus en plus massive de l’IA en médecine, l’un des plus importants freins reste les professionnels de santé eux-mêmes. En plus d’un manque de formation et de connaissances des outils numériques, beaucoup d’entre eux conservent de nombreuses craintes sur le sujet, notamment “celle d’une déshumanisation du travail et de perte des liens sociaux”.

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  • Essais cliniques : la France toujours en retard dans un contexte international très compétitif (Leem)

    La France se positionne au 3e rang dans la participation aux essais cliniques internationaux, tandis que l’Espagne arrive à se distinguer fortement en la matière, et dans un contexte global où l’Europe reste devancée par les États-Unis et la Chine : c’est le constat dressé par le Leem, dans la 13e édition de son enquête “Attractivité de la France pour la recherche clinique”, publiée le 22 janvier 2024.

    Dans ce rapport, le Leem souligne qu’il devient “urgent de mettre un coup d’accélérateur, face à une compétition internationale qui s’intensifie” en matière de recherche clinique, alors que 2 ans après le lancement du plan Innovation Santé 2030, “le bilan est mitigé” et la France n’arrive pas à se hisser en tête en termes de participation aux essais cliniques, notamment à cause des longs délais nécessaire au démarrage d’un essai clinique.

    Selon, Thibaut Victor-Michel, président de la commission Recherche et Innovation du Leem, l’ambition fixée dans le plan Innovation Santé 2030 de devenir leader européen en recherche est encore atteignable. C’est pourquoi les entreprises du médicament se sont fixées un double objectif :
    1️⃣ augmenter la participation de la France aux essais multinationaux de 25 % ;
    2️⃣ et accélérer le démarrage des essais pour inclure le premier patient en 120 jours.

    La France dans l’ombre de l’Espagne

    Les essais sont “le premier mode d’accès aux médicaments innovants pour les patients, et notamment ceux atteints de pathologies graves comme le cancer (42 % des essais initiés) ou les maladies auto-immunes (18 %)”. Malgré ses efforts, la France reste derrière l’Espagne dans le domaine :

    • lors des 18 derniers mois, 810 essais cliniques multinationaux ont été lancés par l’Espagne contre 636 pour la France ;
    • malgré une spécialisation de la France dans le domaine de l’oncologie, l’Espagne conserve tout de même son statut de leader européen (la France est 2e) ;
    • en Espagne, le premier patient est inclus dans un essai clinique en 149 jours en moyenne, alors qu’en France, le délai moyen est de 160 jours ;
    • en France seulement 86 % des objectifs d’inclusion sont atteints contre 94 % en l’Espagne.

    L’Europe peine toujours à s’imposer

    L’investissement de l’Espagne dans la réalisation d’essais cliniques ne suffit pas à lui seul pour faire de l’Europe le leader mondial. Au cours des 12 derniers mois, les chercheurs du Vieux continent n’ont lancé que 2 087 essais, loin derrière l’Asie avec ses 5 016 essais. Côté américain (USA, Canada et Amérique du Sud), on compte : 3 157 essais cliniques.

    L’Europe se place cependant en tête en matière d’essais cliniques multinationaux, qui représentent 63% de son activité, contre 11% en Asie et 44% en Amérique.

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    4 leviers pour renforcer l’attractivité de la France

    Dans son rapport, le Leem cite 4 leviers qui pourraient faire de la France le pays le plus attractif d’Europe en termes d’essais cliniques et qui doivent être mis en place “au plus vite par les autorités” :

    • 1️⃣ supprimer la demande d’autorisation d’exportation et d’importation des échantillons biologiques qui viennent, par cette exception française, allonger les délais d’autorisation ;
    • 2️⃣ simplifier le dispositif de la convention unique en privilégiant une approche forfaitaire par visite du patient ;
    • 3️⃣ mettre en place des fast tracks de l’étape d’autorisation à l’inclusion pour garantir le démarrage en 120 jours des essais innovants pour les patients sans alternative thérapeutique ;
    • 4️⃣ adapter le cadre législatif pour permettre le déploiement des essais cliniques décentralisés (DCT).

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  • IA : Eisai développe un bracelet connecté pour évaluer le risque de maladies neurodégénératives

    Un outil d’apprentissage automatique (machine learning) pour prédire l’accumulation de bêta-amyloïde (Aβ) dans le cerveau grâce à un bracelet connecté : c’est le fruit d’une collaboration entre Eisai et l’Université Oita au Japon. Selon cette accumulation, le bracelet connecté évalue si l’utilisateur risque de développer une maladie neurodégénérative comme Alzheimer.

    Un meilleur faisceau d’arguments pour poser le diagnostic

    Le bracelet mesure une batterie de données biologiques (activité physique, sommeil, rythme cardiaque…) qui couvrent un large spectre de l’hygiène de vie, prenant en compte d’autres informations complémentaires, telles que :
    📌 le nombre de personnes dans le foyer de l’individu ;
    📌 l’activité professionnelle du patient ;
    📌 la fréquence avec laquelle le patient sort de chez lui ;
    📌 le nombre de ses interactions sociales ;
    📌 ainsi que d’autres facteurs comme l’âge, la formation académique et un historique de sa consommation d’alcool.

    Un algorithme coordonne ces données avec les consultations médicales de la personne, permettant ainsi d’établir un diagnostic.

    Eisai affirme que l’étude réalisée prouve que l’association capteur/algorithme a suffisamment de capacité pour dépister l’amyloïde dans le cerveau. Elle serait une alternative à moindre coût comparé aux méthodes utilisées aujourd’hui, comme la tomographie par émission de positons (TEP) et l’analyse du liquide céphalo-rachidien (LCR), qui sont limitées par leur coût élevé, leur caractère invasif et leur disponibilité fluctuante.

    Un dépistage efficace et moins contraignant

    Une étude réalisée au Japon a suivi 120 personnes âgées de 65 ans ou plus souffrant d’un trouble cognitif léger pendant 3 ans. Tous les participants portaient le bracelet environ 7 jours tous les 3 mois, fournissant ainsi des données biologiques en continu. Après cette période, il a été observé que les résultats étaient similaires à ceux des tests conventionnels et aux scans TEP. En effet, ce modèle rapporte des résultats prometteurs pour un dépistage précis.

    Cette approche rend le dépistage de la maladie d’Alzheimer plus accessible, notamment dans les régions manquant d’installations de tests médicaux avancés.

    L’importance de l’analyse du mode de vie

    Les facteurs de mode de vie semblent jouer un rôle sur l’accumulation de bêta-amyloïde (Aβ) dans le cerveau, notamment :

    • l’activité physique ;
    • le sommeil ;
    • le rythme cardiaque ;
    • le volume et la fréquence des conversations ;
    • l’âge ;
    • la longueur des études ;
    • la vie avec ou sans enfants ;
    • et les moyens de transport de la personne.

    Eisai explique que la clé pour améliorer le traitement serait “de détecter l’accumulation d’amyloïde dans le cerveau des patients avec un trouble cognitif léger avant le début des symptômes de la démence”.

    Développer un écosystème digital de prise en charge :

    Aux côtés de son partenaire Biogen, Eisai commercialise les premiers médicaments visant l’amyloïde pour le traitement de l’Alzheimer, notamment Legembi, qui a été approuvé aux Etats-Unis et au Japon. En parallèle de son approche sensorielle et algorithmique, l’entreprise considère d’autres moyens numériques pour identifier les gens susceptible de développer une démence, en lançant sa filiale Theoria Technologies, avec une volonté de créer un écosystème digital.

    Eisai avait déjà collaboré avec d’autres acteurs du domaine, notamment avec le leader japonais des nouvelles technologies NTT IT sur un système basé sur le cloud permettant aux professionnels de santé de partager les traitements et les informations médicales de leurs patients avec une application numérique appelée NouKNOW, et ainsi d’évaluer leur performance cognitive et de détecter les prémices d’une démence. Le laboratoire pharmaceutique nippon participe également à un projet de recherche au Royaume-Uni pour développer un outil digital pour le traitement des pathologies dégénératives.

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  • Télésurveillance : Abbott annonce un partenariat avec la plateforme myDiabby Healthcare

    Offrir une solution de suivi innovante aux personnes atteintes de diabète équipées du système FreeStyle Libre 2 commercialisé par Abbott : c’est dans cette optique que le géant américain des dispositifs médicaux étend son expertise dans la surveillance en continu du diabète à travers son nouveau partenariat avec la start-up parisienne myDiabby Healthcare, spécialisée dans le suivi du diabète de type 1, de type 2 et gestationnel.

    La plateforme de télésurveillance développée par myDiabby est utilisée par un vaste réseau francophone composé de centaines de centres hospitaliers universitaires (CHU), centres hospitaliers (CH), cliniques et médecins de ville interconnectés. Les patients s’y inscrivent mensuellement pour bénéficier d’un suivi médical à distance, étendu sur l’ensemble du territoire.

    Une remontée de données automatisée

    “L’entrée dans le droit commun de la télésurveillance pour les patients français est une innovation unique en Europe et constitue un élément supplémentaire pour renforcer la prise en charge personnalisée et le suivi des patients”, déclare Philippe Emery, directeur général de la division Diabète d’Abbott en France. Grâce l’intégration transparente des données entre le système FreeStyle Libre 2 et la plateforme myDiabby, facilitant une prise en charge proactive et personnalisée des patients, ce partenariat marque une étape majeure dans l’engagement d’Abbott envers l’interopérabilité de ses systèmes.

    Pour Anastasia Pichereau, présidente de myDiabby Healthcare, cette alliance permettra aux professionnels de santé de “compter sur des systèmes automatisés de remontée de données médicales afin d’assurer le suivi par télésurveillance de leurs patients”, dans le cadre de la prise en charge par l’Assurance maladie.

    Une synergie bénéficiant aux diabétiques

    L’essence de cette collaboration réside dans la synergie entre la technologie de pointe d’Abbott et l’expertise télémédicale de myDiabby. Une offre plus complète et novatrice voit ainsi le jour pour les patients atteints de diabète et équipés du dispositif FreeStyle Libre 2.

    L’écosystème digital FreeStyle Libre permet aux patients de partager automatiquement et de manière sécurisée leur profil glycémique complet avec leur médecin, aussi bien lors des consultations qu’entre deux rendez-vous, via l’application FreeStyle LibreLink sur la plateforme LibreView.

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  • [DATA] Health Data Hub : état d’avancement et premières réalisations prometteuses des projets (bilan)

    17 projets soutenus par le Health Data Hub (HDH) depuis sa création visent à démontrer l’importance du croisement des données de santé, de leur réutilisation pour faire avancer la santé et du rôle du HDH dans leur mise en œuvre, comme le présente un rapport publié par le HDH le 9 janvier 2024. Intitulé “État d’avancement des premières réalisations prometteuses des projets accompagnés par le Health Data Hub”, ce document étaye la progression de projets qui touchent à de nombreuses pathologies et qui croisent des données à caractéristiques différentes issues de diverses bases, même si celles-ci sont souvent “chaînées à celles de l’Assurance Maladie“.

    Créé en 2019 comme groupement d’intérêt public (GIP), le HDH – aussi appelé “Plateforme de données de santé” – doit permettre de “veiller à la qualité des données de santé et aux conditions générales de leur mise à disposition, garantissant leur sécurité et facilitant leur utilisation dans le respect de la protection des données personnelles sur l’ensemble du territoire”. C’est dans cet objectif que de nombreuses vagues d’appels à projets (AAP) ou à manifestation d’intérêt (AMI) ont été lancées ces 4 dernières années, promettant un accompagnement par le Hub des projets qui sauront faire évoluer le monde de la santé : AMI et AAP sur l’intelligence artificielle (IA) en santé, AMI pour la bibliothèque ouverte d’algorithmes en santé, Data Challenges en santé, AAP du HDH…

    Des allergies aux pollens au cancer du sein

    Prise en charge des patients greffés rénaux, réduction des crises d’insuffisance cardiaque, prévention des allergies aux pollens, adaptation du parcours de dépistage organisé des cancers du sein… les projets soutenus par le HDH vise à promouvoir le traitement et la prévention de diverses maladies et ne se concentrent donc pas sur une seule pathologie ou une seule source de données. Et si seulement 17 projets ont été retenus pour figurer dans ce rapport, il est important de rappeler que depuis 2019, ce sont plus de 30 projets ont été et sont toujours accompagnés par le HDH. 

    “Les projets que le Health Data Hub accompagne contribuent à améliorer le système de soin et la santé des personnes, et leur succès tient au travail d’équipe avec les porteurs de projets”, ont souligné Stéphanie Combes et Gérard Raymond, respectivement directrice et vice-président du HDH, dans le rapport. Ils rappellent aussi que par le biais de ces projet, les données présentes dans la Plateforme peuvent être utilisées par tous les acteurs qui ont “la légitimité d’utiliser les données à des fins d’utilité publique”, qu’ils soient des établissements de soins, des start-ups et industriels, ou des associations d’usagers du système de santé.

    Plus de 7 000 projets déposés au HDH depuis sa création

    A date, les établissements de santé ont déposé le plus de projets auprès de HDH (3 652 sur 7520 projets déposés en 4 ans), loin devant les industriels de la santé (1 427 projets) et les universités/écoles (598 projets).

    Dans un indicateur publié en décembre 2022 et faisant le bilan de l’état d’avancement des projets déposés dans le HDH et des sources de données mobilisées, Health & Tech Intelligence (H&TI) avait relevé que “sur les 2 224 dossiers déposés au Health Data Hub, 2 164 ont été instruits et 1 621 transmis au Cerees / Cesrees, dont 1 309 (80,8 %) ont reçu un avis favorable et 102 (6,3 %) un avis défavorable (156 un avis réservé : 9,6 %). Concernant les 1 224 dossiers déposés à la Cnil, 954 (77,9 %) ont été autorisés et 33 (2,7 %) refusés”.

    Un indicateur en 4 parties

    À l’occasion de la parution de ce rapport, H&TI présente dans cet indicateur en 4 parties, un bilan des projets déposés au HDH :
    1️⃣ état d’avancement et premières réalisations prometteuses de 17 projets du HDH ;
    2️⃣ focus sur 2 exemples de projets ;
    3️⃣ projets déposés pour une demande d’autorisation Cnil de 2017 à 2022 ;
    4️⃣ pour aller plus loin : ressources utiles + dernières informations relatives au HDH.

    🔴 ACCÉDER À L’INDICATEUR COMPLET :

    👉 L’ensemble des données relatives aux projets déposés au HDH sont accessibles via ce lien :

    À l’occasion de la parution de ce rapport, H&TI présente dans cet indicateur en 4 parties, un bilan des projets déposés au HDH :

    • 1️⃣ état d’avancement et premières réalisations prometteuses de 17 projets du HDH ;
    • 2️⃣ focus sur 2 exemples de projets ;
    • 3️⃣ projets déposés pour une demande d’autorisation Cnil de 2017 à 2022 ;
    • 4️⃣ pour aller plus loin : ressources utiles + dernières informations relatives au HDH.

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  • Téléassistance : un levier majeur de la lutte contre les chutes des personnes âgées (étude DITP)

    Afin de gagner en efficacité, la téléassistance doit être connectée au réseau local et à Mon Espace Santé, selon une étude-action de la DITP.


    Le Plan national antichute lancé en février 2022 préconise un ensemble de mesures pour prévenir les chutes des personnes âgées à domicile, dont la téléalarme. C’est dans ce cadre que la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP) a piloté, avec la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), une étude action sur la prévention des chutes des personnes âgées, publiée en avril 2023 et mise à jour en décembre.

    La téléassistance, complémentaire des dispositifs existants

    Le constat est qu’il n’existe pas de parcours de prévention mais « une cohabitation de dispositifs préventifs » proposés par divers acteurs (le médecin, le CCAS, les associations, les proches) :
    📌 l’aménagement du logement ;
    📌 la stimulation du lien social ;
    📌 l’alimentation ;
    📌 l’activité physique, etc.

    La téléassistance (TLA), dispositif d’alerte d’urgence en cas de chute, est un levier complémentaire majeur.

    L’étude de la DITP insiste sur un usage plus efficace de la téléassistance. Une enquête de terrain a montré que même si la TLA est installée, elle n’est pas nécessairement bien utilisée par l’abonné. D’autre part l’usage de ce dispositif pourrait être optimisé, dans une logique territorialisée avec les professionnels de santé.

    Dans cet article, Health & Tech Intelligence revient sur les actions proposées par la DITP après son examen de l’utilisation de la TLA dans les pays européens et une analyse des freins à son développement .

    Homogénéiser les services grâce à un cahier des charges unifié

    C’est « un prérequis à l’évolution des services de TLA » car actuellement «  les services proposés par les opérateurs n’ont à ce jour pas le même niveau d’intégration dans le circuit de prévention territoriale selon les départements 

    Instaurer un binôme TLA/professionnels de santé

    L’objectif est que les aides à domicile, les médecins et les équipes hospitalières puissent utiliser la ligne de téléassistance comme interface pour partager des informations sur la santé de l’abonné. Cela suppose de s’entendre sur le partage d’informations et de sécuriser le partage des données patients. Un tel service d’accompagnement serait à expérimenter, en s’appuyant sur l’expérience de certains sites (Val-de-Marne, Marseille).

    Créer un numéro vert départemental

    « Autonomie info service », grâce aux plateaux téléphoniques de TLA

    Le standard téléphonique du numéro vert serait hébergé par les opérateurs de TLA, sous réserve que les “téléassisteurs” bénéficient d’une formation pour rediriger les appels des personnes âgées ou des aidants vers les professionnels compétents. Les informations dont ils disposent seraient partagées avec les CCAS et les départements, « afin de faciliter la détection des habitants les plus fragiles et de mieux les accompagner par la suite, notamment en déclenchant d’éventuelles prises en charge en fonction du risque perçu ».

    Faire contribuer les téléassisteurs à Mon Espace Santé

    À ce jour, les téléassisteurs ne sont pas inclus dans le déploiement de Mon espace santé, alors qu’ils disposent de données déterminantes dans la détection et l’évolution des fragilités des personnes âgées à leur domicile.

    La téléalarme d’un abonné pourrait être reliée à son espace santé en ligne, avec son autorisation. Chaque déclenchement d’alarme sera enregistré dans le profil de l’abonné et accessible aux professionnels de santé qui, lors de leurs interventions au domicile ou de leurs consultations, auraient accès à cet historique. Cette traçabilité serait également utile à l’usager et aux aidants.

    L’expérimentation en cours pour permettre aux intervenants à domicile d’entrer leurs données sur Mon Espace Santé pourrait servir d’exemple à une expérimentation avec les téléassisteurs, après leur homologation.

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  • USA / IA : la FDA autorise une solution de Techsomed pour faciliter l’ablation du foie en temps réel

    Permettre aux médecins de planifier les procédures d’ablation du foie en améliorant la précision du traitement, tel est l’objectif de VisAble I.O, solution d’imagerie basée sur l’intelligence artificielle (IA) développée par Techsomed, qui vient d’être autorisée par la Food and Drug Administration (FDA).  

    L’apport de l’imagerie dans les procédures d’ablation

    L’ablation guidée par imagerie en temps réel peut aider les médecins à “retirer stratégiquement des lésions hépatiques en fournissant une visualisation de la zone ablatée, basée sur l’imagerie échographique standard”.

    Le traitement d’ablation est une thérapie utilisant des températures extrêmement élevées ou basses pour détruire les tissus déficients, notamment les tumeurs hépatiques primaires et secondaires inopérables. Le manque de précision dans le guidage d’image et le contrôle du traitement d’ablation entraîne cependant un risque élevé de récurrence et de complications.

    Une alternative pour les tumeurs hépatiques inopérables

    VisAble I.O est un logiciel de la solution BioTrace créé par Techsomed, il permet la visualisation complète et le contrôle de la thérapie par ablation, guidée par l’image, et ainsi la diminution des risques de l’ablation du foie. Grâce à sa technologie basée sur l’IA, le logiciel exploite l’imagerie standard comme l’échographie, la tomodensitométrie (TDM) ou encore l’imagerie par résonance magnétique (IRM).

    Grâce à cette imagerie 3D en temps réel, le logiciel fournit une vue anatomique de l’étendue complète de la zone d’ablation, optimisant par là la précision des médecins dans l’élimination la tumeur.  Alors que l’échographie est une option fiable pour la visualisation en temps réel des organes, il existe un potentiel d’amélioration notamment dans “la surveillance continue de la réponse des tissus à l’ablation”.

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