Ces dispositifs sont aujourd’hui largement utilisés dans pratiquement toutes les spécialités médicales, y compris la chirurgie générale, l’urologie, la chirurgie digestive et thoracique, la gynécologie, la pédiatrie, l’ORL, l’orthopédie, ou encore la neurochirurgie. Leur utilisation importante et continue dans le temps démontre l’engagement continu des industriels à améliorer constamment leurs technologies pour répondre aux besoins tant des patients que des professionnels de la santé.
L’innovation pour une chirurgie plus précise et personnalisée
Le professeur Patrick Pessaux, chef de service Chirurgie viscérale et digestive au CHU de Strasbourg et président de l’Association française de chirurgie, souligne dans la préface de ce rapport l’importance de concevoir les innovations, en particulier dans la robotique chirurgicale, en réponse aux besoins et à l’usage des chirurgiens et des patients. Il insiste sur la nécessité d’intégrer des considérations environnementales dans le processus d’innovation chirurgicale, tout en soulignant le rôle essentiel du chirurgien moderne en tant que coordinateur dans le parcours de soins global. La robotique chirurgicale, grâce à la puissance des algorithmes et des outils de réalité virtuelle, est présentée comme une évolution majeure permettant une chirurgie plus précise et personnalisée, avec des bénéfices notables pour la récupération du patient.
Dans cet article, Health & Tech Intelligence revient en détail sur le panorama réalisé par le Snitem retraçant l’évolution de la robotique dans différentes spécialités chirurgicales, depuis le début des années 1990.
Enjeux de la chirurgie robot-assistée
Selon cette nouvelle édition du livret Progrès & DM du Snitem dédiée à la chirurgie robot-assistée, les défis et les perspectives dans le domaine incluent :
- l’intégration imminente de l’imagerie (scanner, IRM) pour fournir une cartographie en temps réel du patient, permettant au robot de guider les chirurgiens de manière plus précise ;
- la collecte de données, enregistrant les gestes, les réussites et les complications, afin de standardiser les procédures et faciliter la diffusion des bonnes pratiques, notamment pour la formation des jeunes chirurgiens ;
- l’harmonisation des pratiques: La robotique chirurgicale permet de lisser la gestuelle chirurgicale, assurant une qualité optimale des soins pour les patients et favorisant la diffusion des bonnes pratiques ;
- la formation et le compagnonnage : Les industriels forment l’ensemble de l’environnement chirurgical. La formation continue est également soulignée, en particulier en cas de mises à jour du système. Certains systèmes robotiques proposent une double console, permettant aux chirurgiens expérimentés d’accompagner ceux en formation. Cela favorise le compagnonnage et une formation plus rapide des jeunes chirurgiens ;
- le partage d’expériences ;
- l’attractivité d’un établissement.
En résumé, le rapport met en avant les avantages de la robotique chirurgicale, son impact sur la formation et la collaboration interdisciplinaire, ainsi que ses implications dans la réorganisation des pratiques et l’attrait des établissements de santé. Cependant, il est souligné que la robotisation ne vise pas à révolutionner les pratiques, mais plutôt à s’adapter aux besoins et aux habitudes des chirurgiens, facilitant la prise en main tout en préservant la méthode traditionnelle.
La robotisation en chirurgie générale s’accélère
La chirurgie robotique urologique pionnière : toujours plus d’adeptes en France, malgré les freins d’accès
Le rapport soutient que malgré une adoption moins répandue en France qu’aux États-Unis, de plus en plus de chirurgiens urologues se forment à cette technologie pour offrir ses nombreux bénéfices aux patients, incluant une réduction des complications, des pertes sanguines et des douleurs postopératoires, favorisant un rétablissement plus rapide.
L’innovation continue avec l’avènement de robots spécialisés et l’intégration de l’intelligence artificielle dans la prise de décision chirurgicale. Les enjeux actuels incluent la question de l’accès à cette technologie et son coût, ainsi que la diversification des modèles de robots, offrant des perspectives prometteuses pour l’avenir de la chirurgie robotique urologique.
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La chirurgie robotique digestive : en quête d’adhésion des chirurgiens et à la recherche d’un robot adapté aux spécificités de cette spécialité
Parmi les idées clés rapportées dans le livret du Snitem :
- introduction progressive : la chirurgie digestive robotique a connu une adoption progressive au fil des années, surmontant les défis spécifiques de cette spécialité ;
- applications pratiques : utilisée principalement pour les cancers du côlon, du rectum, du pancréas, du foie, de l’estomac, elle s’étend également aux pathologies colorectales et à la chirurgie bariatrique ;
- évolution technologique : les premières expérimentations datent du milieu des années 1990, mais des progrès technologiques significatifs ont été nécessaires pour surmonter les contraintes de la cœlioscopie ;
- adhésion croissante : malgré les premières réticences en France, les chirurgiens digestifs montrent désormais une adhésion croissante en considérant la robotique comme une aide précieuse pour la chirurgie mini-invasive ;
- formation des jeunes chirurgiens : la robotique digestive est intégrée aux cursus universitaires, contribuant à son adoption plus large.
La chirurgie robotique en thoracique : une réponse prometteuse pour le cancer du poumon
Quelques points clés du rapport:
- utilisation prédominante du robot chirurgical en chirurgie thoracique pour le traitement du cancer du poumon, en raison de l’anatomie délicate et concentrée du poumon ;
- croissance rapide de l’utilisation de la chirurgie robotique en thoracique, avec des avantages notables dans la prise en charge du cancer du poumon ;
- possibilité de réaliser des opérations plus complexes et de respecter les plans de dissection grâce à la précision accrue des systèmes robotiques ;
- perspectives positives pour l’avenir, avec la possibilité d’étendre l’utilisation de la chirurgie robotique à des interventions plus variées et la potentialité de la chirurgie ambulatoire ;
- besoins futurs d’amélioration, notamment dans la miniaturisation des instruments, l’absence de retour de force dans les doigts du chirurgien, et l’intégration de la réalité augmentée.
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Exploration des horizons oncologiques : la révolution de la chirurgie robotique gynécologique
Les auteurs du panorama soutiennent que la chirurgie robotique a transformé la prise en charge des cancers gynécologiques, en particulier pour le cancer de l’endomètre, offrant une approche moins invasive et des avantages postopératoires significatifs. Depuis son introduction dans les années 2000, l’utilisation de la chirurgie robotique en gynécologie oncologique a connu une croissance exponentielle, ouvrant de nouvelles perspectives pour les patients. Des bénéfices médico-économiques sont encore à démontrer, mais des études cliniques évaluent l’efficacité de la robotique, avec un accent sur la formation des chirurgiens et la collecte de données pédagogiques.
Les perspectives d’avenir incluent l’intégration de l’imagerie pour guider les gestes chirurgicaux, la miniaturisation des instruments, et l’extension des avantages de la robotique à d’autres domaines oncologiques.
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La chirurgie robotique en gynécologie non oncologique pour améliorer et toujours préserver
Parmi les points clés du rapport :
- défis anatomiques dans le pelvis : le pelvis féminin représente un défi délicat en chirurgie gynécologique. La robotique vise à étendre les indications de la chirurgie mini-invasive, préservant la délicatesse de cet environnement. Dans des conditions telles que l’endométriose, où les nerfs et la région anatomique sont altérés, l’objectif de la robotique est de minimiser les séquelles à long terme, préservant ainsi la fertilité autant que possible ;
- élargissement des indications : la robotique permet de traiter des affections gynécologiques bénignes telles que les fibromes et l’endométriose avec une précision accrue, minimisant les séquelles tout en augmentant la réactivité chirurgicale ;
- accessibilité au robot : L’accès à la chirurgie robotique reste une préoccupation en raison de son coût élevé. Les cas sont sélectionnés en fonction de leur pertinence et de la disponibilité du robot ;
- perspectives d’amélioration : les professionnels de santé attendent des améliorations continues notamment dans la vision et les instruments. L’intégration d’images de scanner ou d’IRM est une attente forte pour une cartographie précise et une préservation accrue des organes et des tissus.
Malgré les défis, la chirurgie robotique a déjà prouvé son bénéfice en gynécologie, améliorant les procédures chirurgicales et favorisant la standardisation des protocoles opératoires.
De belles perspectives pour la chirurgie robotique pédiatrique
Le rapport soutient que la chirurgie robotique pédiatrique est encore considérée comme une niche par rapport à la chirurgie robotique chez les adultes, mais le nombre de CHU équipés de robots pour les chirurgiens pédiatriques a augmenté ces dernières années. Plus de trois quarts des CHU en France permettent aux chirurgiens pédiatriques d’accéder aux systèmes robotiques, même si seulement deux de ces systèmes sont exclusivement dédiés à la chirurgie pédiatrique. La France est le pays d’Europe ayant la plus grande exposition à la robotique en chirurgie pédiatrique.
La chirurgie pédiatrique est particulière en raison de la petite proportion de patients, de leur jeune âge, et de la grande variété de pathologies rares, malformations et tumeurs à traiter :
- chaque cas de chirurgie robotique pédiatrique fait l’objet d’une discussion et d’une décision collégiales, car la variété des indications rend difficile la standardisation des procédures ;
- la courbe d’apprentissage est plus longue en chirurgie pédiatrique en raison de la diversité des indications et du plus faible volume d’activité par rapport à la chirurgie robotique adulte.
Une étude prospective appelée PECROP (Performance et efficience de la chirurgie robotique pédiatrique) est en cours pour évaluer la performance et l’efficacité de la chirurgie robotique chez les enfants et les adultes. Elle inclut plusieurs hôpitaux et cherche à élargir le pool de patients pour une analyse approfondie.
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La chirurgie robotique en orthopédie transforme le parcours de soins
Selon le rapport, les nouvelles technologies entraînent de nombreuses modifications dans les pratiques et les parcours de soins, notamment grâce à la planification, la navigation, la chirurgie robot-assistée et le suivi à distance.
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Chirurgie orthopédique sans imagerie
Quelques points clés du rapport:
- la chirurgie robotique en orthopédie, bien que manquant encore d’études à long terme, semble offrir des avantages tant pour les patients que pour les professionnels de la santé ;
- les évolutions futures incluent l’amélioration de l’équilibrage ligamentaire dans la chirurgie du genou pour retrouver la cinématique originelle du genou. Les industriels travaillent également sur l’extension des indications de la chirurgie robotique en orthopédie, actuellement réservée aux premières intentions ;
- L’intelligence artificielle pourrait jouer un rôle crucial en améliorant la performance des planifications chirurgicales, ce qui permettrait d’étendre le recours à la chirurgie robotique à des interventions plus complexes et des reprises de prothèses. Cela est particulièrement important pour répondre aux défis du vieillissement de la population.
Chirurgie robotique orthopédique avec imagerie ➡️ objectif : augmenter le bénéfice vers le patient
Quelques points clés du rapport:
- des publications scientifiques ont démontré que l’utilisation de cette technologie conduit à une diminution de la douleur postopératoire, à une réduction des prescriptions d’opioïdes, et à une récupération plus rapide des patients ;
- les outils d’IA seront essentiels pour améliorer la prise de décision chirurgicale en fournissant des informations utiles sans compromettre le rôle essentiel du chirurgien. Les données récoltées contribueront à affiner et à perfectionner les techniques chirurgicales ;
- bien que la technologie assistée par robot soit un outil précieux, la main et la tête du chirurgien restent indispensables. Une formation obligatoire est requise pour que les chirurgiens se familiarisent avec le système avant de l’utiliser dans des procédures réelles ;
- les industriels travaillent constamment à améliorer la technologie et à l’adapter pour d’autres articulations, tout en évitant le retour à des systèmes autonomes qui ont montré des limites.
Neurochirurgie robotique
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Neurologie rachidienne : des améliorations imminentes
Quelques points clés du rapport:
- la chirurgie robotique du rachis offre une optimisation du geste et une grande précision d’accès à la colonne vertébrale, mais des études randomisées complètes manquent encore pour démontrer les bénéfices à long terme ;
- les premiers résultats indiquent une amélioration en termes de précision du geste et de qualité du montage, ainsi qu’une facilité accrue pour réaliser des chirurgies mini-invasives, même chez des patients obèses ;
- Les perspectives d’innovation incluent des améliorations ergonomiques pour rendre les robots plus petits, maniables, faciles d’utilisation, et dotés d’interfaces intuitives. Les robots pourraient éventuellement effectuer des découpes, réséquer des os, et fournir des signaux d’alerte pour renforcer la sécurité ;
- la rentabilité médico-économique de la chirurgie robotique du rachis reste une question, avec des coûts élevés qui dépendent de la masse d’activité. L’adoption de la technologie dépend de la fréquence des arthrodèses réalisées dans une institution. La prudence reste de mise en attendant l’évaluation des résultats des études cliniques comparatives à venir.
Neurochirurgie cérébrale : le robot contribue à réduire tout à la fois la durée des interventions, l’invasivité, le risque d’infection et la période de récupération des patients
Quelques points clés du rapport:
- la neurochirurgie robotique fonctionnelle intervient dans des pathologies telles que la maladie de Parkinson, la dystonie, le tremblement essentiel, les TOC, le Syndrome de Gilles de la Tourette et les crises d’épilepsie ;
- le CHU de Grenoble est un pionnier en neurochirurgie robotique depuis 1987, notamment dans le développement de bras robotisés chirurgicaux. L’informatique a été intégrée en 1989, améliorant la planification et la précision ;
- l’innovation dans les années 2010 a conduit à une nouvelle génération de dispositifs offrant une précision accrue, améliorant le confort du patient en évitant le cadre de stéréotaxie traditionnel.
La data et l’IA concentrent les efforts des industriels et des professionnels
Les données enregistrées pendant les interventions chirurgicales facilitent la comparaison des procédures et accélère l’apprentissage en identifiant des axes d’amélioration. Les outils numériques permettent également l’intervention à distance d’un chirurgien expert, rendant la chirurgie plus sécurisée. L’utilisation des données de santé pour intégrer l’intelligence artificielle dans les algorithmes offre des recommandations en temps réel au chirurgien. Cela ouvre la voie vers le concept de “chirurgien augmenté”.
Toutefois, le chirurgien reste au centre du processus, avec la responsabilité individuelle et la nécessité de combiner innovations technologiques et expertise humaine.
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