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  • M. Marmier nommée conseillère Santé des populations, Produits de santé et Bioéthique de G. Attal

    Par un arrêté publié le 2 février 2024, Mathilde Marmier a été nommée au cabinet du Premier ministre, Gabriel Attal, en tant que conseillère santé des populations, produits de santé et bioéthique. Diplômée d’un doctorat en médecine spécialisé en santé publique et médecine sociale de l’Université Paris-Est Créteil (Upec), Mathilde Marmier a pris ses nouvelles fonctions le 29 janvier 2024, après avoir été sous-directrice de la Santé de la Ville de Paris. Elle a également fréquenté l’Université Paris Dauphine (PSL) où elle a obtenu un master en économie et management des organisations du secteur médico-social.

    Une expérience politique précoce

    Très tôt au cours de sa carrière, Mathilde Marmier a été nommée conseillère en questions de société, droits des usagers, santé mentale, et populations vulnérables au sein du cabinet de la Ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes. De 2012 à 2015, elle a joué un rôle clé dans l’élaboration de politiques publiques axées sur l’amélioration de la qualité de vie des groupes les plus vulnérables de la société. Son engagement dans ce domaine a été marqué par une approche centrée sur l’humain, visant à adresser les complexités des questions sociales et de santé mentale à un niveau gouvernemental.

    En 2015, elle a rejoint le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis pour superviser des programmes de santé publique, notamment dans la lutte antituberculeuse et la vaccination. A partir d’avril 2022, elle occupe le poste de sous-directrice de la Santé à la Ville de Paris.

    Une expertise en santé publique et en éducation

    Mathilde Marmier a connu diverses expériences en santé publique et en enseignement : en tant qu’enseignante en master Affaires publiques à Sciences Po Paris, et en 2019, en tant que responsable adjointe du département produits de santé à la Caisse nationale de l’assurance maladie, avant d’assumer les responsabilités de médecin cheffe du service de protection maternelle et infantile (PMI).

    L’arrêté publié le 2 février 2024 marque ainsi le retour de Mathilde Marmier dans le champ politique mais aussi la reconnaissance de son expertise dans les différents domaines de la santé publique.

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  • Mon espace santé : plus de 10 millions de Français ont déjà activé leur compte (DNS)

    “Chaque mois, ce sont 20 millions de documents de santé qui sont envoyés sur Mon espace santé, soit un document de santé sur deux : ce qui représente plus du double du nombre de documents envoyés en 15 ans dans l’histoire du DMP” : c’est l’un des constats dressés par Hela Ghariani, co-responsable de la DNS, lors de la présentation de la synthèse d’études quantitative et qualitative sur les Français et le numérique en santé organisée le 5 février 2024 au ministère de la Santé par la Délégation au numérique en santé (DNS). Cette synthèse, réalisée de manière récurrente (la dernière ayant eu lieu en 2020, après l’épisode du Covid qui a fait exploser l’adoption du numérique), aborde les questions de : l’usage du numérique en santé par les Français, certaines de leurs inquiétudes quant à la montée de cet usage, mais surtout le rapport des Français au service Mon espace santé (MES).

    Ces résultats sont le fruit de deux enquêtes :
    • la première, dite “quantitative”, réalisée en ligne sur 2 032 Français âgés de plus de 18 ans ;
    • la seconde, dite “qualitative”, réalisée par le biais de 6 réunions par groupe de 8 à 10 personnes en mettant en place un équilibre en termes d’âge, de sexe, de catégorie socioprofessionnelle, d’utilisateur ou non de Mon espace santé, ou encore de personnes atteintes ou non d’affection de longue durée (ALD).

    Une utilisation de plus en plus croissante

    Le croisement des données récoltées par le biais de ces enquêtes a montré une nette évolution de l’utilisation du numérique en santé par les Français depuis la dernière synthèse réalisée par la DNS en 2020 : 90% des personnes interrogées indiquent qu’elles ont déjà eu recours à au moins un outil ou service numérique en santé comme une téléconsultation ou de la récupération électronique de documents d’analyse. Cette évolution se remarque par exemple avec un augmentation de 8 points depuis 2020 (passant de 70 à 78 %) du nombre de Français qui ont déjà eu recours à un rendez-vous en ligne avec un praticien. Une augmentation de 7 points est enregistrée (passant de 32 à 39 %), celle du nombre de Français qui ont déjà communiqué avec leur médecin par SMS ou par e-mail.

    Le numérique en santé présente pour les Français deux principaux avantages :

    • 74 % d’entre eux considèrent que son développement “aura un effet positif sur la coordination” des différents praticiens dans le suivi du dossier médical du patient et donc une meilleure coordination de son parcours médical ;
    • 72 % des Français estiment que la santé numérique “aura un effet positif sur la fluidité des démarches administratives de santé”, notamment la prise en charge ou le remboursement.

    MES : bien connu des Français mais encore peu exploité

    Les deux enquêtes réalisées ont montré que plus de 4 Français sur 5 (82 %) connaissent Mon espace santé même si seulement la moitié de ceux interrogés affirment l’avoir déjà utilisé. Un chiffre qui peut paraître surprenant lorsque l’on sait que seulement 15,6 % de la population a effectivement activé son compte MES. Hela Ghariani indique que la campagne de communication incitant les Français à activer leur espace santé a démarré en septembre 2022 et qu’en 15 mois, plus de 10 millions de personne ont activé leur compte. Elle ajoute qu’il est rare de voir “un niveau d’utilisation aussi haut de la part des usagers en si peu de temps, en sachant qu’environ 300 000 personnes se connectent pour la première fois sur le service chaque mois”.

    Le rôle des professionnels de santé dans l’adoption de MES :

    Pour les 82% des personnes qui connaissent MES, elles ont soit été informées de manière directe ou indirecte :

    • 28% indiquent qu’elles ont eu connaissance du service en se connectant à un autre service ou à un autre site de gestion de santé comme la MGEN ou Ameli ;
    • 26% ont en eu connaissance via leur médecin qui leur en a parlé et 13% par le biais d’un autre professionnel de santé qui n’est pas le médecin traitant ;
    • 23% indiquent qu’elles ont découvert MES par le biais des médias.

    De plus, parmi les non-utilisateurs du service, 57% d’entre eux ont déclaré qu’ils seraient prêts à l’utiliser sur recommandation d’un médecin. Ceci témoigne que ce chiffre de 15% d’utilisateurs pourrait augmenter rapidement si les professionnels de santé incitaient leur patient à l’utilisation de MES.

    Les parents favorables à un carnet de santé numérique :

    Parmi les parents questionnés au cours des deux enquêtes, 78 % de ceux qui ont un enfant âgé de moins de 12 ans ont montré un fort intérêt pour la mise en place d’un carnet de santé numérique au sein de Mon espace santé. Un carnet qui serait un doublon du format papier, tandis que 65% d’entre eux ont montré un intérêt pour le remplacement total du carnet papier par un carnet numérique.

    Qu’est-ce qui explique la non-activation du compte MES ?

    Alors que 85 % des Français n’utilisent pas MES et que seulement 15,6 % d’entre eux ont activé leur compte, la synthèse des enquêtes menées expliquent les principales raisons de cette non-activation :

    • 29 % de ceux qui n’ont pas activé leur compte MES alors qu’ils connaissent le service déclarent qu’ils ne l’ont pas fait parce qu’ils “n’en voyaient pas l’utilité” ;
    • 26 % d’entre eux indiquent qu’ils ne l’ont pas fait par manque de temps et parce qu’ils ont l’impression que le processus d’activation sera long et fastidieux ;
    • 24 % de ceux qui ne l’ont pas activé déclarent ne pas l’avoir fait parce qu’”ils n’avaient pas à disposition toutes les informations qui semblaient nécessaires” à cette activation.

    Des inquiétudes sur l’usage et la sécurité des données

    Même si 90 % des Français interrogés affirment avoir déjà utilisé un outil ou un service de santé numérique, il n’en reste pas moins que de nombreuses barrières freinent encore leur adoption massive et continue. Parmi les plus évoqués :

    • la crainte que la qualité des diagnostics et des soins soit altérée par la déshumanisation ;
    • la crainte de la mise à l’écart des populations moins à l’aise avec le numérique ;
    • la crainte concernant l’utilisation et la sécurité des données personnelles de santé : 86 % considèrent que leurs données sont sensibles et 76 % redoutent des usages commerciaux de leurs données de santé.

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  • H&TI Morning / Webinaire : bilan 2023 des levées de fonds des startups de la santé numérique (13/02)

    Chers abonnés,

    Nous avons le plaisir de vous inviter à notre prochain H&TI Morning, consacré au bilan des levées de fonds réalisées lors de l’année 2023 par les sociétés françaises sur le marché du numérique en santé, en lien avec une analyse DATA publiée en parallèle sur H&TI.

    Après une croissance sans précédent des investissements depuis 2020 et la crise liée à la pandémie Covid-19 jusqu’à fin 2022, la période « record » touche à sa fin, avec un retour à la dynamique pré-covid qui se confirme. Les sociétés françaises du numérique en santé ont levé 619 millions d’euros en 2023, soit une chute de plus de 67 % des investissements et une baisse de près de 32 % du nombre de deals effectués. Pour rappel les investissements en health tech s’élevaient à 2,13 Mds € en 2021 (107 opérations), 621,86 M€ en 2020 (66 opérations), 732 M€ en 2019 (66 opérations) et 245,5 M€ en 2018 (57 opérations).

    À noter : l’année 2023 a été marquée par une forte diminution du capital risque et une absence de “méga deals”. En 2022, plus de 1,4 Md€ avait été totalisé par les 10 levées les plus importantes, parmi lesquelles 6 ont été réalisées par des licornes. Faut-il s’inquiéter de cette baisse des investissements ? Quelles opportunités pour les start-ups en 2024 ?

    📅 Au programme du webinar :

    • Quel est le bilan des levées de fonds annoncées entre janvier et décembre 2023 sur le marché du numérique en santé (montants, nombre d’opérations…) ?
    • Quel est le bilan des levées de fonds en santé numérique aux USA et quelles sont les tendances ?
    • Quels sont les investisseurs les plus actifs ?
    • Quel est le top 10 des opérations les plus importantes ?
    • Quelles sont les principales tendances et les perspectives d’évolution du marché à court et à moyen terme ?
    • Quelles seront les meilleures approches en santé numérique pour se financer en 2024 ?

    👉 Pour participer, inscrivez-vous maintenant en suivant ce lien


    📌 Connectez-vous le mardi 13 février de 8h30 à 9h15 et posez vos questions en direct aux intervenants : 
    Arnaud Houette, associé gérant chez Extens ;
    Jill Handy, consultant healthcare innovation Care Insight.

    Arnaud Houette est un professionnel reconnu dans le domaine de l’investissement et de l’entrepreneuriat, occupant le poste d’associé gérant chez Extens, un fonds d’investissement de premier plan en France dans le secteur des logiciels de santé. En plus de son rôle chez Extens, il assume des responsabilités en tant qu’administrateur au sein de sociétés technologiques à forte croissance. Parmi ses réalisations notables, Arnaud Houette est l’inventeur du concept FlyView. En tant qu’entrepreneur passionné, Arnaud Houette s’intéresse profondément aux leviers de croissance des PME, au leadership des dirigeants et aux avancées technologiques et scientifiques. Son parcours professionnel reflète son engagement envers l’innovation et son désir de promouvoir le développement des entreprises technologiques et de santé.

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  • IA & pharmacie : quels freins et quels leviers pour réussir l’intégration des innovations ? (étude)

    La formation des personnels, plus d’investissement dans des solutions innovantes et une réglementation solide pour protéger les données des patients. Selon une étude* publiée dans le Journal of Medical Economics, plusieurs leviers existent pour accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) en pharmacie. L’IA automatise et simplifie certaines tâches, poussant les pharmacies à devenir à l’avenir des centres de gestion de la santé plutôt que de simples lieux de dispensation des médicaments. Les outils pilotés par l’IA modifient de nombreux aspects de la chaîne pharmaceutique de l’approvisionnement, à la sécurisation des ordonnances, en passant par la gestion des stocks et la prédiction des ruptures.

    Quels enjeux et quels avantages pour l’IA en pharmacie ?

    Selon les auteurs, l’intégration de l’IA dans les pharmacies, qu’elles soient d’officine ou hospitalières, promet de nombreux avantages et soumise à différents enjeux :

    • 1️⃣ un gain de temps et une réduction des coûts ;
    • 2️⃣ un manque de connaissances des pharmaciens pour utiliser les applications d’IA, notamment dans les pays en voie de développement ;
    • 3️⃣ les coûts initiaux à installer l’IA sont conséquents, mais peuvent augmenter l’efficacité opérationnelle et réaliser des économies importantes à long terme ;
    • 4️⃣ la collaboration avec les professionnels de santé est cruciale pour le succès de l’IA en pharmacie, notamment dans le partage et l’accès aux données de santé. C’est en fournissant des plans de traitements complets grâce à des efforts multidisciplinaires que les soins pourront être personnalisés ;
    • 5️⃣ afin de surmonter les entraves structurelles à l’IA, les pharmaciens devront être formés en amont, bénéficier du soutien financier des acteurs de la santé et s’appuyer sur une réglementation solide pour la protection des données des patients.

    Les chatbots peuvent interagir comme un représentant du service client, répondant aux questions et aux préoccupations des utilisateurs. Si la question est vraiment complexe, ils peuvent la transmettre à un humain du service afin d’obtenir une réponse personnalisée.

    Des difficultés au déploiement

    L’article du Journal of Medical Economics objective différents obstacles concernant l’adoption de l’IA dans les pharmacies, notamment le manque de connaissances entravant son fonctionnement et son amélioration. L’IA pose également des problèmes de confidentialité et de sécurité des données de ses utilisateurs, notamment face aux menaces des cyberattaques et de perte de données.

    Les agences de réglementation exigent des preuves rigoureuses sur la sécurité, la fiabilité et l’efficacité des algorithmes intelligents avant d’approuver leur utilisation dans les communautés et les milieux pharmaceutiques hospitaliers. Ce processus est long, fastidieux et nécessite beaucoup de ressources, aussi bien financières qu’humaines, avec des logiciels et du personnel hautement qualifiés.

    Un investissement initial et une formation pour les personnels

    L’intégration de l’IA fait face à des problèmes techniques, des coûts opérationnels élevés et la nécessité d’une collaboration multidisciplinaire. L’IA peut améliorer la gestion des stocks et la prévision des ventes de médicaments. Le frein majeur réside dans des investissements initiaux importants, notamment dans l’installation du matériel adéquat. Le manque de collaborations avec d’autres professionnels de santé réduit les avantages potentiels de la technologie, qui a besoin d’une quantité de données significatives.

    Pour bénéficier des avantages de l’IA, les pharmaciens devront être formés et sensibiliser à la pratique de ses applications. Son utilisation pourra libérer les pharmaciens de leurs tâches quotidiennes comme la distribution de médicaments pour des actions à valeur ajoutée, comme des orientations, des conseils et des services de santé personnalisés comme des vaccinations, des dépistages ou de la gestion de maladies.

    Concernant les autorités, les politiques publiques devront proposer des directives explicites pour l’intégration de l’IA dans les soins de santé et les pharmacies. Notamment un cadre réglementaire pour la protection des données de santé et la mise en place de mesures efficaces, comme l’acquisition de compétence liée à cette technologie.

  • IA & pneumologie : « Les médecins ont besoin de comprendre l’IA avant de l’utiliser » (Parlons IA)

    “Un médecin voyant un patient fait de la recherche sans le savoir parce qu’il récolte des données de santé qui vont alimenter des entrepôts de données, et donc contribuer à la création de cohortes virtuelles” : c’est l’une des convictions portée par le Pr. Antoine Magnan (Hôpital Foch) lors de la diffusion de la web TV “Parlons IA” organisée par Astrazeneca, le 2 février 2024 pour aborder la question de l’intelligence artificielle (IA) en pneumologie.

    Réunissant médecins, mathématiciens, universitaires et experts du secteur du numérique en santé, la deuxième édition de cette conférence en ligne avait pour objectif de débattre des enjeux majeurs de la décision médicale et de l’IA en pneumologie. Les échanges ont pu adresser plusieurs problématiques, de l’évolution des pratiques médicales à la dimension sociétale et éthique de l’IA, en soulignant la question cruciale de la formation des médecins à ces nouvelles avancées technologiques.

    Parlons I.A : l’après ChatGPT

    Depuis la première édition de “Parlons IA” en novembre 2022, le monde de l’intelligence artificielle a connu le raz-de-marée ChatGPT. Ce logiciel a révolutionné la façon d’utiliser les algorithmes d’IA qui sont désormais de plus en plus génératifs s’alimentant eux mêmes d’informations et de données de manière continue. Isabelle Laforgue, directrice “digital, transformation, innovation” chez AstraZeneca France indique que le secteur de la santé accuse encore un retard par rapport à d’autres secteurs : alors qu’un tiers des données produites en France sont des données de santé, ces dernières “sont encore sous exploitées pour la mise en place de technologies alimentées par l’IA”.

    Une émission en 6 axes :

    Les débats se sont concentrés sur 6 axes permettant de mettre en lumière tant les opportunités que les défis soulevés par l’intégration de l’IA dans les processus de prise de décisions médicales :

    • Introduction : vers une médecine influencée par l’IA ou l’inverse ? ;
    • IA et décisions médicales : décryptage des nouveaux horizons technologiques ;
    • IA et startup : réalités, réglementations et perspectives ;
    • IA et pratique médicale : impacts pour la pratique et la formation des médecins ;
    • IA et médecins : défis éthiques et transformations de la relation patient-médecin ;
    • IA, décisions médicales et pneumologie : un avenir à imaginer et construire ensemble.

    Compétences, métiers et acculturation : cas d’usage, pratique, formation

    Un manque de connaissances des médecins :

    L’une des principales causes du retard de l’intégration de l’IA dans le monde de la santé est le manque de connaissance des médecins à propos de cette matière. Bernard Aguilaniu, pneumologue et professeur de médecine à l’université de Grenoble, explique que “les médecins n’ont pas totalement intégré l’IA dans leur activité, sauf en oncologie, en radiologie ou pour ce qui est de la télésurveillance parce que cela permet une fiabilité et une rapidité diagnostique. Mais ils ne l’utilisent pas directement pour le soin”.

    L’étape supérieure et indispensable pour faire avancer la médecine et les soins grâce à l’IA serait de l’utiliser pour la prise de décision quant aux soins. Pour cela, le professeur Aguilaniu recommande de penser avec les professionnels de la tech pour comprendre le fonctionnement de l’IA et son intérêt pour le domaine de la santé. Pour lui, il est important que les médecins comprennent l’IA, “même si on ne leur demande pas d’être experts, ni d’être mathématiciens, parce que c’est un autre métier”.

    L’importance de la co-construction de dispositif d’IA avec les médecins :

    Cette même remarque a été évoquée par le professeur Sylvie Leroy, pneumologue au CHU de Nice, indiquant que pour s’approprier l’intelligence artificielle, les professionnels de santé “doivent d’abord savoir l’utiliser comme un outil”. Pour elle, la meilleure manière de créer cette appropriation de l’IA par les médecins est que ces derniers soient à l’origine des dispositifs de santé numérique alimentés par des algorithmes d’IA.

    Grâce à cette appropriation, les médecins pourront, aux côtés des ingénieurs et mathématiciens, coconstruire des “outils qui viennent s’intégrer dans leurs habitudes de fonctionnement, qui faillent leurs tâches  et qui ne sont pas durs d’utilisation”. Ces outils vont leur permettre de laisser “plus de temps pour les cas les plus complexes et permettre de redonner du temps aux patients”.

    Intégrer l’IA dans la formation :

    Antoine Magnan explique qu’”on assiste à une révolution complète de la médecine et de la carte mentale du professionnel de santé qui vient renverser le principe même de la médecine puisque le citoyen va maintenant aller voir le professionnel de santé avant d’être malade”. L’IA va permettre de “penser avec le patient avant qu’il ne soit malade pour récolter des données qui généreront des algorithmes pour créer une prévention avant la maladie”. La relation soignant/patient va se transformer en relation prévenant/prévenu et c’est dans cette optique que la formation des soignants doit évoluer.

    La formation et l’enseignement attendu pourrait viser 3 grands axes :

    • avoir une formation sur l’IA pour comprendre comment elle fonctionne ;
    • avoir une formation qui permet au médecin de juger si les biais intégrés par l’algorithme dans son raisonnement sont acceptables ou non ;
    • avoir une formation pour comprendre la façon dont l’IA fait sa prédiction.

    Le professeur Magnan précise que le but n’est pas que tous les médecins deviennent des ingénieurs ou des mathématiciens même s’il “encourage les doubles cursus permettant de former des médecins-ingénieurs”.

    Défis éthiques et réglementaires

    Un cadre réglementaire qui peut parfois freiner l’innovation :

    Le retard de l’intégration de l’IA au monde de la santé n’est pourtant pas de la seule faute du manque de formation ou de connaissance des médecins pour l’IA : le cadre réglementaire apparaît comme un frein à l’innovation et à la mise sur le marché de dispositifs médicaux alimentés par l’IA. Sandrine Degos, présidente de Care Insight, explique que cette mise sur le marché doit être précédée d’une “validation scientifique des outils” ce qui peut repousser la date où ces innovations seront utilisées par les praticiens et les patients, même si “des fast tracks existent”.

    Ce constat est partagé par Yann Le Guillou, co-fondateur et COO de Biosency, mettant au point une solution qui permet de prévenir une crise de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) 10 jours avant qu’elle n’arrive. Pour le moment cette solution n’est pas remboursée mais devrait l’être “au mieux dans 4 ans, soit près de 10 ans après le début de son développement” car elle fait actuellement l’objet d’une étude clinique. “La technologie évolue rapidement et encore plus dans le secteur de l’IA” et l’IA d’une solution doit être figée et ne doit pas être modifiée lorsqu’elle fait l’objet d’une étude clinique. Yann Le Guillou explique que lorsque sa solution sera totalement remboursable, la technologie aura fortement évolué et la solution ne sera plus aussi bénéfique pour le patient.

    L’entrée en vigueur de l’IA Act prévue cette année :

    Après l’accord provisoire conclu entre le Conseil de l’Europe et le Parlement européen en décembre 2023, l’AI Act a été ratifié par les 27 états membres de l’Union européenne (UE), le 2 février 2024. Ce texte de loi européen doit permettre de « favoriser le développement et l’adoption d’une intelligence artificielle (IA) sûre et digne de confiance » sur le marché unique de l’UE par les acteurs privés et publics, mais aussi de « stimuler l’investissement et l’innovation dans le domaine de l’IA en Europe ». Cette ratification du texte ne voit cependant pas son entrée en vigueur. Plusieurs étapes doivent encore intervenir avant la publication de l’AI Act au Journal officiel (JO) de l’Union européenne.

    Des problèmes éthiques pour le patient ?

    Si les outils d’IA génératives permettent aux médecins de dresser des meilleurs diagnostics plus rapidement, lorsqu’il sont mis entre les mains des patients, ils peuvent s’avérer aussi dangereux. Selon Sylvie Leroy, de nombreux patients “vont sur ChatGPT avant la consultation et viennent donc avec un diagnostic, alors qu’avant ils venaient avec une pathologie”. cela demande de “passer du temps à défaire ce diagnostic, sauf s’il s’avère bon, pour en dresser un nouveau”.

    D’autres questions éthiques se posent : les outils sont parfois alimentés par des données qui peuvent ne pas être bonnes ou ne pas être éthiques. Bernard Aguilaniu prend comme exemple une IA qui s’alimente de comptes-rendus médicaux et explique que certains stéréotypes comme celui du “syndrome méditerranéen” va alimenter l’IA, ne comprennant pas que c’est un stéréotype et va donc se construire sur cette base et va réutiliser des données pouvant être non éthiques ou dépassées. Il insiste donc sur l’importance d’utiliser de bonnes données.

    De plus, l’empathie peut être complexe pour la sécurité des patients. Serena Villata, directrice de recherche au CNRS et directrice scientifique adjointe à l’Institut 3IA Côte d’Azur, explique que “maintenant, les IA sont très empathiques et vont agir avec les patients avec empathie : des patients peuvent donc croire qu’ils interagissent avec un autre être humain et ça n’est pas le cas. Et ça, ça peut être dangereux”.

    Marché et acteurs de l’écosystème

    Les start-ups, véritable moteur de l’utilisation de l’IA en santé :

    Malgré différents freins réglementaires et éthiques à la généralisation des outils d’IA en santé, les start-ups sont les acteurs qui développent le plus de solutions alimentées par des algorithmes d’IA. Isabelle Laforgue explique qu’AstraZeneca accompagne des start-ups, souvent les acteurs qui créént les nouvelles innovations en IA “pour que l’IA rentre dans l’usage et soit adoptée par les utilisateurs” qu’ils soient patients ou praticiens.

    Sur les plus de 40 start-ups accompagnées par le géant de l’industrie pharmaceutique, les solutions fonctionnant le mieux sont celles qui sont directement et exclusivement à destination du patient “parce que l’interopérabilité des logiciels n’est pas encore au point alors qu’avec le smartphone : l’interopérabilité a été traitée pour lui donc c’est plus facile d’utilisation”. Elle indique que ces acteurs de l’écosystème que sont les start-ups est “tout à fait prête et dynamique” pour le patient “impatient”.

    Une cartographie des solutions d’IA en pneumologie de Health & Tech Intelligence :

    Au cours d’une des 6 tables rondes, Sandrine Degos a présenté la cartographie des solutions d’IA en pneumologie dressée par Health & Tech Intelligence. Dans cette cartographie, non exhaustive, HTI a recensé les solutions embarquant de l’IA d’aide à la décision médicale et d’aide au diagnostic présentes en France.

    La majorité de ces solutions sont des logiciels (57 %) ou des applications mobiles (24 %). Les outils d’aide au diagnostic en imagerie permettant de détecter des nodules, des lésions ou des épanchements pleuraux par l’utilisation du deep learning.

    Les outils d’aide à la décision médicamenteuse et à la prescription, comme par exemple la solution de Posos qui permet de fournir une information rapide et fiable concernant la prescription de certains médicaments dans des situations complexes, notamment en pneumologie comme c’est le cas au CH de Saint-Denis. Ce type d’outil permet de sécuriser la prise de décision et gagner du temps médical.

    Le machine learning (23 %) et le deep learning (32 %) sont les 2 types d’IA les plus utilisées par les solutions de cartographie.

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  • IA : lever les obstacles pour des données plus accessibles, homogènes et de qualité (Journée Fiac)

    Des bases de données plus accessibles, applications d’intelligence artificielle (IA) plus calibrées pour développer la recherche médicale, et une France leader européen de la gestion de données en santé… Autant de problématiques et d’ambitions discutées lors d’une table ronde organisée dans le cadre de la conférence la Filière intelligence artificielle du cancer (Fiac) à PariSanté Campus, le 31 janvier 2024. Cette discussion, animée Virginie Lasserre, directrice des Affaires externes chez Janssen France, a réuni :
    Romain Cazavan, CEO de Medexprim ;
    • Carole Dorphin, directrice des partenariats au Health Data Hub ;
    • Franck Le Ouay, co-fondateur et CEO de Lifen ;
    • Michaël Pressigout, CPTO chez Adlin Science ;
    • Vincent Susplugas, CEO de Collective Thinking.

    L’usage de l’IA supervisée et l’IA on supervisée

    2 méthodes permettent de traiter de la donnée de santé avec l’IA. “L’IA non supervisée qui identifie des éléments indésirables dans un ensemble de données, elle identifie par elle-même sur des dizaines de milliers de données les défauts, comme une erreur médicamenteuse chez un patient ou un retard transfusionnel”, rappelle Vincent Susplugas (Collective Thinking). “D’autres IA ont des apprentissages supervisés sur des pathologies, avec un ensemble de diagnostics ou d’actes trouvés dans les données.” Ce processus fonctionne bien lorsque le volume de données est important. Mais la problème se pose dans le cas où elles ne le sont pas, comme pour les maladies rares.

    L’enjeu de la représentativité géographique :

    La dimension géographique est centrale dans la représentativité des données en France, où l’ensemble du territoire est digitalisé et possède des “datas centers”. Pour Romain Cazavan (Medexprim), cela est étroitement lié au degré de maturité des établissements : “Nous sommes au niveau de la curation et de la mise en qualité de la donnée, tant que les établissements de santé en sont à construire un entrepôt avec des use cases et un data model qui traite la question clinique”. D’où l’importance d’assurer le développement de la structure et à la mise en qualité de la donnée de manière homogène sur tout le territoire national.

    Maîtriser la gestion des données

    “Nous devons être leader en Europe, nous avons les données, les médecins, tout l’écosystème”, plaide Romain Cazavan. “L’Espagne est parfois en avance car elle est plus collaborative. Si nous le sommes aussi, la France pourra générer de nouvelles capacités de sourcing”.

    De son côté, Vincent Susplugas rappelle que le niveau de structuration d’un pays à un autre n’est pas le même et que la France a encore beaucoup de travail à accomplir, mais qu’elle peut “atteindre ses objectifs si elle est proactive et collaborative, notamment avec ses données en cancer du poumon, une cause nationale”.

    Des obstacles à l’accès et à l’usage de la data :

    Le patrimoine de données de santé en France étant colossal, l’enjeu principal reste l’accessibilité : “Il faut avoir un discours de transparence sur la réalité de l’accès à la donnée”, déclare Michaël Pressigout (Adlin Science). “Pour entraîner les modèles d’IA, il nous faut des quantités de données énormes. Or, même si nous avons des bases de données partout, nous avons encore du mal à y accéder”, explique-t-il. Bien que la réglementation française est contraignante pour les éditeurs souhaitant “ouvrir leurs données”, les experts soulignent que la DGOS travaille pour adapter les politiques publiques pour aller dans ce sens.

    Des données accessibles mais homogènes aussi :

    L’un des défis majeurs pour les acteurs de la data en santé est de parvenir à avoir une homogénéité de la donnée, c’est-à-dire que les données soient collectées de la même manière et d’une qualité équivalente. Selon Franck Le Ouay (Lifen) : “Il y a des difficultés avec les études multicentriques, avec un réseau d’experts propre à chaque étude ou chaque pathologie. Nous avons donc un maillage unique pour chaque étude et nous pouvons très difficilement nous baser sur un entrepôt de données en cours de montage, avec une maturité et des technologies différentes.”

    Carole Dorphin (Health Data Hub) rappelle, pour sa part, que “les accès à des données de santé sont dépendants de la finalité poursuivie, du référencement, du consentement des patients… Ceci a un impact sur le délai d’attente.”

    APSoren, un partenariat entre Collective Thinking et le HDH

    Dans le cadre d’un partenariat entre Collective Thinking et le Health Data Hub, le projet APSoren s’articule autour de 3 IA dédiées au parcours de soins, sur des réseaux neuronaux artificiels concernant les traumatismes crâniens. “Nous avons été capables de générer les variables de la recherche sur 2 millions de documents en 8 heures”, dévoile Vincent Surplugas. “Humainement, le calcul aurait pris 108 ans”.

    Le projet souhaite étendre ses algorithmes à d’autres pathologies comme le diabète, le cancer ou les maladies neurodégénératives.

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  • CES 2024 : Abbot reçoit le prix de la meilleure innovation « digital health » pour son pacemaker AVEIR

    Un pacemaker sans fil à double chambre : c’est l’innovation développée par le laboratoire pharmaceutique Abbott qui a remporté le prix de la meilleure innovation du CES 2024 dans la catégorie “digital health”. En concurrence avec 55 autres produits, dont le multiscope de Withings, c’est le “stimulateur cardiaque sans fil à récupération d’énergie” d’Abbott, nommé AVEIR, qui a fait la plus forte impression au jury de la Consumer Technology Association à Las Vegas cette année.

    Dans le sillon du stéthoscope intelligent

    Le dispositif d’Abbott permettant de traiter les patients atteints d’une bradycardie (un rythme cardiaque lent, inférieur à 60 battements par secondes) succède au stéthoscope portable connecté AeviceMD, développé par la société singapourienne Aevice Health. Grâce à la mesure de plusieurs types de données, dont la fréquence respiratoire ou la fréquence cardiaque, ce stéthoscope alimenté par des algorithmes d’intelligence artificielle (IA) permet au patient :

    • de détecter d’éventuelles anomalies dans sa respiration ;
    • de suivre l’évolution de sa maladie lors de la prise de son traitement ;
    • ou encore d’échanger avec des professionnels de santé en téléconsultation.

    La révolution de la double chambre

    Approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) en juillet 2023, le dispositif AVEIR d’Abbott est le premier système de stimulation sans fil à double chambre au monde. Sans parler de double chambre, le système de stimulation sans fil est déjà une révolution en lui-même puisqu’il convertit les oscillations du cœur en tension, alors qu’un pacemaker classique est un dispositif implanté dans l’organisme du patient lui fournissant des impulsions électriques destinées à stimuler les muscles cardiaques.

    Une implantation par chirurgie mini-invasive

    Ce dispositif sans fil permet tout d’abord au patient d’être équipé d’un système de stimulation cardiaque sans avoir à subir une lourde intervention chirurgicale, puisque le pacemaker est introduit à l’aide d’une chirurgie mini-invasive : à l’aide d’un cathéter, un système est introduit dans la ventricule droite du coeur quand le second est introduit dans son oreillette droite.

    Abbott indique qu’avec cette introduction par le biais d’un cathéter, il sera plus facile de retirer le dispositif dans le cœur du patient si ce dernier nécessite un changement de traitement ou s’il n’a plus besoin de ce dispositif.

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    2 chambres qui communiquent grâce à un signal

    Après cette implantation, les deux chambres du pacemaker vont communiquer grâce à un signal émis par la technologie i2i d’Abbott pour permettre de détecter un affaiblissement du rythme cardiaque du patient et d’envoyer une décharge électrique pour stimuler son muscle cardiaque.

    Ce type de dispositif novateur permet au patient de profiter de tous les avantages d’un pacemaker sans certains inconvénients comme :

    • n’avoir aucune complication liée au plomb présent dans les pacemaker basique qui peut causer des infections, une érosion de la peau ou encore la formation de chéloïdes ;
    • aucune restriction de mouvement du bras après l’implantation.

    Cependant, plusieurs inconvénients à ce type de système de stimulation sans fil ont été relevés par une étude* publiée sur le site de l’American Heart Association en 2023. Parmi ces inconvénients ont retrouve notamment que la batterie ne dure pas aussi longtemps que pour un pacemaker classique (entre 7 et 12 ans contre plus de 15 ans) et que – contrairement à ce qu’a affirmé Abbott – l’extraction de ce type de dispositif est difficile ce qui pourrait forcer les chirurgiens à introduire de nouveau système de stimulation sans fil dans le coeur du patient sans extraire les anciens.

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  • IA & cancer : Aqemia lève encore 30 M€ pour faire évoluer sa plateforme de recherche de thérapies

    Dans un tour de table mené par le fonds d’investissement Wendel Growth et aussi Bpifrance ou Elaia Partners, la biotech française Aqemia a levé 30 millions d’euros, a-t-elle annoncé le 30 janvier 2024. Spin-off de l’École normale supérieure (ENS) et du CNRS, l’entreprise avait déjà levé 30 millions d’euros auprès de ses investisseurs historiques en octobre 2022, ce qui porte à 60M€ les fonds levés en série A par la start-up. À l’époque, Aqemia avait exprimé son ambition de “lancer ses propres projets en oncologie”. Par ailleurs, un partenariat conclu avec Sanofi, en décembre 2023, doté d’un budget de 140 millions d’euros, visait à permettre à la start-up d’” accélérer la découverte de petites molécules dans divers domaines thérapeutiques”, en exploitant sa plateforme.

    La start-up compte utiliser ces nouveaux fonds pour :
    • continuer de développer sa plateforme ;
    • continuer de lancer et développer ses propres projets en oncologie ;
    • et enfin lancer ses premiers essais cliniques.

    Déjà 12 projets lancés

    “Contrairement aux plateformes basées exclusivement sur l’IA qui ont besoin de données expérimentales rares et chères pour s’entraîner”, la plateforme d’Aqemia “génère ses propres données” à l’aide d’algorithmes de physique théorique issus de 12 années de recherches menées à l’université de Cambridge, à Oxford, à l’École normale supérieure (ENS) et au CNRS. La start-up est ainsi capable de générer des molécules innovantes très rapidement, dès l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques difficiles.

    Une rapidité qui lui a permis de lancer 12 projets depuis sa création en 2019. Ces projets portent principalement sur la découverte de thérapies anticancéreuses et plus spécifiquement contre “les cancers du sang et ceux entraînant des tumeurs”.

    Prioriser les projets internes aux partenariats multiples

    Maximilien Levesque, CEO et cofondateur de la start-up, perçoit cette nouvelle levée de fonds comme un “nouveau chapitre dans l’histoire d’Aqemia qui permettra de faire progresser les programmes de recherche de médicaments”, alors que 3 projets internes de la biotech “sont en phase de test sur des animaux”.

    Revenant sur le partenariat avec Sanofi, il a aussi indiqué que ce dernier atteste du succès de la plateforme d’Aqemia, rappelant que l’objectif premier de la start-up n’est pas de multiplier les partenariats mais de se concentrer sur “ses propres projets”.

    Les premiers essais cliniques dès 2025 ?

    Pour continuer le développement de sa plateforme, Aqemia compte utiliser une partie de ses fonds pour recruter de nouveaux collaborateurs et ainsi doubler le nombres de ses salariés. Pour Maximilien Levesque, passant de 50 à 100 personnes, d’ici la fin d’année 2025, devrait permettre d’améliorer l’IA de la plateforme qui “invente des molécules thérapeutiques” afin qu’à terme, “en tapant le nom de la maladie sur un ordinateur, la molécule permettant de la soigner sorte directement”. Lorsque les projets auront dépassés la phase de test sur des animaux, la start-up lancera ses premiers essais cliniques pour ses traitements. Aqemia espère démarrer ces essais dès 2025.

    Une implantation future à Boston (USA) :

    La même année au cours de laquelle la biotech française souhaite prendre une tournure internationale : Maximilien Levesque explique que l’un des objectifs de sa société est de s’implanter à Boston aux Etats-Unis, qui est “le hub le plus concentré en biotechs et en pharma” dans le monde et où l’on trouve “une très forte concentration de talents, qui n’existe pas encore en France ou en Europe”.

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  • Cancer : 10 propositions pour améliorer les soins, la prévention et le diagnostic (rapport)

    Répondre aux nouvelles réalités de la pathologie 20 ans après le premier “plan cancer”, tel est l’objectif des 10 propositions préconisées dans le rapport “Face aux cancers“, rendu public le 29 janvier 2024 par le collectif du même nom créé par Unicancer, Patients en réseau et MSD. Ce collectif s’appuie également sur un conseil d’experts qui réunit des professionnels de santé, représentants d’associations de patients, décideurs et chercheurs en sciences humaines, sociales et économiques.

    Des progrès qui redéfinissent les réalités du cancer

    Depuis le premier plan cancer de 2003, plusieurs progrès sont observés :

    • l’arrivée d’innovations thérapeutiques majeures (immunothérapies, thérapies ciblées, anticorps conjugués…) ont permis d’améliorer significativement la prise en charge et même la survie à des cancers pour de nombreux patients;
    • les innovations organisationnelles et servicielles leur ont offert de nouvelles possibilités liées à leur qualité de vie ainsi qu’une autonomie renforcée ;
    • le visage de la maladie se transforme. Pour les patients, ces nouvelles perspectives sont porteuses d’espoir car elles impliquent un changement de paradigme : l’incurabilité, souvent associée au cancer, succède désormais la possibilité d’une chronicisation, voire d’une guérison.

    2 axes et 10 propositions pour y répondre

    Les 10 propositions du rapport sont articulées autour de 2 axes:

    • le premier est la nécessité de continuer à améliorer la prise en charge des cancers, avec pour objectif principal l’amélioration de la qualité de vie des patients – cela englobe également leur intégration au sein de la société, un aspect parfois négligé mais pourtant essentiel de la maladie ;
    • le deuxième volet de ce rapport met l’accent sur la nécessité de renforcer l’équité pour les patients confrontés au défi du cancer tout au long de leur parcours de soins : prévention, diagnostic, accès à l’innovation.

    Ci-dessous, une synthèse des 10 propositions :

    1. Permettre une meilleure compréhension du cancer en brisant les préjugés sociaux et en favorisant l’intégration sociale et professionnelle des patients :

    • œuvrer en faveur d’une représentation sociétale des cancers plus juste et plus inclusive pour les patients ;
    • faciliter l’intégration professionnelle des patients atteints d’un cancer en prenant mieux en compte le caractère parfois chronique de leur maladie.

    2. Améliorer la coordination et l’attractivité des professions du soin pour offrir la meilleure prise en charge aux personnes touchées du cancer :

    • mieux valoriser les activités liées à la coordination des soins de santé ;
    • améliorer la formation et l’attractivité de certaines trajectoires professionnelles des acteurs du soins.

    3. Améliorer l’autonomie des patients dans leur parcours de soins et améliorer leur qualité de vie en intégrant davantage les soins de support :

    • permettre une meilleure information des patients aux nouvelles innovations, qu’elles concernent les soins de support ou le parcours de soins ;
    • renforcer et mieux valoriser les soins de support dans le parcours des patients.

    4. Adapter et promouvoir l’intégration et l’évaluation de nouveaux designs d’essais cliniques dans la prise en charge du cancer.

    5. Renforcer les outils permettant un véritable pilotage pluriannuel des politiques de lutte contre le cancer et adapter les modalités de financement de l’innovation thérapeutique pour en assurer l’accès :

    • créer de nouveaux indicateurs pour mieux rendre compte du coût du non-traitement des patients et des futurs patients ;
    • développer de nouveaux outils de pilotage et de maîtrise des dépenses.

    6. Élargir les mesures de prévention primaire contre le cancer dès le plus jeune âge et en s’adaptant à tous les publics, y compris les plus précaires :

    • dès le plus jeune âge, mettre en place une prévention primaire adaptée ;
    • renforcer la prévention primaire vers les publics les plus précaires et mieux prendre en compte l’impact des inégalités informationnelles et géographiques.

    7. Favoriser la sensibilisation et l’accessibilité au dépistage précoce du cancer, notamment du cancer du poumon :

    • inclure l’ensemble des acteurs du soin dans une démarche de renforcement du dépistage ;
    • repenser la manière de sensibiliser les citoyens au dépistage.

    8. Prioriser le diagnostic précoce du cancer pour accélérer la mise sous traitement et améliorer les chances de guérison :

    • améliorer la coordination des acteurs du soin pour accélérer le diagnostic ;
    • mieux accompagner l’après-diagnostic.

    9. Renforcer l’attractivité de la France pour l’accueil des essais cliniques innovants et leur accessibilité pour les patients :

    • moderniser les mécanismes de conduite des essais cliniques ;
    • favoriser les essais cliniques dans les territoires ;
    • lever les barrières informationnelles.

    10. Garantir et améliorer l’attractivité du mécanisme d’accès précoce qui a fait ses preuves, notamment au niveau du recueil de données.

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  • Cancer : comment la donnée de vie réelle peut-elle servir les parcours de santé ? (Journée Fiac)

    Intégration, interopérabilité, valorisation des données de vie réelle au service des parcours de santé… Des enjeux majeurs évoqués lors de la conférence organisée par la Filière intelligence artificielle du cancer (Fiac) à PariSanté Campus, le 31 janvier 2024. Lors de cette journées d’échange et de réflexion, plusieurs acteurs de l’écosystème ont pu s’exprimer et présenter leurs travaux, notamment Marie Daudé, directrice générale de l’Offre de soins (DGOS), et autour d’une table ronde :
    Jean-Michel Behier, directeur médical chez BMS ;
    • Lionel Bensimon, directeur Health Economics & Outcomes Research chez MSD ;
    • Guillemette Jacob, co-fondatrice et CEO de Seintinelles ;
    • Jérôme Krulik, directeur médical chez Pfizer ;
    • et Muriel Dahan, directrice de la Recherche et du Développement chez Unicancer.

    Valoriser le patrimoine national des données de santé

    Selon Marie Daudé (DGOS), au Ministère de la Santé et du Travail, 3 grands axes data sont mis en place : l’accès à la donnée, la structuration et la massification. “Notre objectif est de disposer sur le territoire de données de santé pertinentes en termes de catégories, de profondeur historique, de massivité et de qualité afin de répondre aux besoins d’usage requis par l’écosystème de la santé numérique”. Un travail qui devra être fait en collaboration “avec les acteurs nationaux issus du soin, de la recherche et des entreprises” dans le but de “valoriser notre patrimoine national de données.”

    Afin d’y parvenir, la plateforme de données en cancérologie de l’Institut national du cancer (Inca) est censée regrouper au même endroit différentes sources dont le Système national des données de santé (SNDS), les registres épidémiologiques des cancers ainsi que les centres de dépistages. « J’ai souhaité la création de deux nouveaux départements : l’un consacré aux enjeux numériques pour l’offre de soin et l’autre aux enjeux de données pour le pilotage de nos politiques », affirme Marie Daudé. Le département numérique sera placé auprès de la DGOS pour interagir avec les acteurs du secteur. Le département de la donnée prendra en compte les données de santé mais aura un champ plus large, notamment les ressources humaines et hospitalières afin de mieux éclairer les politiques publiques par la suite.

    L’enjeu de l’intégration et de l’interopérabilité

    La masse de données de santé s’accroît chaque jour, avec 12 millions de documents intégrés dans Mon espace santé (MES) par mois. Une réelle opportunité pour le dépistage, le diagnostic et le soin, tous inclus dans un parcours global. Pour la directrice de la DGOS, “la France dispose d’un patrimoine de santé très riche, qui devient aujourd’hui cloisonné et peu interopérable”. D’où la nécessité d’agir pour lever certains obstacles, comme la complexité et la longueur des démarches d’accès aux données.

    Pour y répondre, 2 chantiers sont en cours :

    • le premier consiste à intégrer les données de santé nationales au Health Data Hub (HD) d’ici 2 ans, notamment avec un allégement de la réglementation française dans le cadre du futur règlement européen sur les données de santé ;
    • le deuxième consiste à adapter les standards de données pour renforcer leur interopérabilité et leur valorisation.

    “Les bases de données sont peu appareillées entre elles, alors que les analyses de parcours de vie et de soins complets apportent une plus-value importante”, souligne Marie Daudé. Et d’ajouter : “Le chaînage des données de vie réelle avec les SNDS à travers les entrepôts santé représentent un enjeu important, notamment en automatisant le processus.”

    Un questionnaire patient pour évaluer le parcours de soins

    « Au travers d’un projet de recherche, il serait intéressant pour la Fiac d’évaluer un questionnaire en vie réelle pour avoir une meilleure connaissance du patient, de sa perception de l’utilisation au-delà de l’efficacité et de la tolérance”, explique Jean-Michel Behier (BMS). “L’idée serait de mieux comprendre “comment il vit son parcours et son apport thérapeutique dans son quotidien”. Un questionnaire qui viendra enrichir la base de données afin de mieux évaluer les besoins des patients dans leur parcours de soins. D’après Jérôme Krulik (Pfizer) : “Les parcours de soins sont éclatés et complétement différents. Nous voulons utiliser des algorithmes pour les reconstituer”.

    Impliquer les patients pour s’adapter à leurs besoins :

    L’enjeu d’impliquer les patients en amont de la conception et de la protocolisation d’une étude clinique est devenu primordial. “Nous avons fait un regard croisé patient-médecin car il était indispensable d’avoir les associations de patients. Ces dernières nous ont permis d’identifier les dimensions à explorer dans les questionnaires et de revoir le langage des questions afin qu’il soit adapté au patient”, souligne Lionel Bensimon (MSD). “Il faut créer une dynamique et un engagement de la communauté citoyenne”.

    Une dimension psycho-sociale à prendre en considération :

    Au-delà de la logistique des flux de données, les sciences humaines et sociales ont un rôle à jouer pour comprendre l’attente des patients et leur ressenti lors de leur traitement. Guillemette Jacob, fondatrice de Seintinelles, une plateforme de recherche collaborative mettant en relation les chercheurs et les citoyens afin d’accélérer la recherche sur le cancer, raconte comment son association œuvre pour impliquer les patients et établir un dialogue avec eux : “Nous travaillons sur un essai thérapeutique à l’échelle européenne où les patients voient des psychologues afin de ne pas leur imposer un fardeau de remplissage trop important.” Un travail en amont très instruction, selon elle, pour identifier leurs préoccupations véritables.

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