Dans le contexte de la Journée mondiale de lutte contre le cancer (le 4 février), Health & Tech Intelligence fait le point sur les chiffres clés, les annonces gouvernementales et les innovations relatifs à cette maladie, enjeu de santé public majeur, première cause de mortalité chez l’homme et deuxième chez la femme (Insee).
Il est à noter que le renforcement de la prévention en santé, au sens large et en particulier dans le champ de l’oncologie, fait partie des priorités nationales, tant au niveau des autorités qu’au niveau des acteurs du secteur. L’amélioration de la participation de la population éligible constitue un enjeu majeur dans la politique de dépistage des cancers. Les campagnes de dépistage organisées portent un double objectif de réduction des pertes de chances de guérison et d’amélioration de l’accès aux examens diagnostiques.
IA & aide à la décision, anapath numérique, entrepôt de données…
👉 Sont présentés dans cet indicateur :
📌 Les chiffres & données clés : les principaux cancers, l’évolution du taux de mortalité mais aussi les coûts associés à la maladie et les objectifs chiffrés du plan national 2021-2030 ;
📌 Les principaux objectifs du plan français mais aussi du plan européen de lutte contre le cancer (Europe’s Beating Cancer Plan), deux stratégies qui placent l’intelligence artificielle (IA) et le numérique au centre de leurs actions ;
📌 Un retour sur les principales innovations dans la filière, avec :
• un focus sur l’espoir porté par l’immunothérapie et l’ARN messager ;
• le développement de l’IA, en particulier dans l’aide au dépistage : avec une présentation de sociétés spécialisées dans l’IA appliqué à l’oncologie mais aussi des principales start-ups et PME françaises spécialisées en IA et radiologie (aide à la détection) ;
• anapath numérique : une transformation en cours, avec l’arrivée de la numérisation des lames et de l’IA dans l’analyse de ces lames ;
• l’essor de l’ambulatoire et des outils de suivi à domicile, porteurs de promesses mais présentant aussi certaines limites : avec une présentation de dispositifs innovants de suivi ambulatoire dédiés à l’oncologie ;
• la structuration des données parmi les enjeux ;
➡️ Avec un zoom sur le déploiement de Consore (Continuum soins-recherche), moteur de recherche pour le big data en cancérologie, dans les centres Unicancer.
Chiffres clés : 433 000 nouveaux cas de cancer détectés en France
Synthèse des chiffres et données clés :
[photo=198466]Ci-dessous les chiffres clés du cancer en France, mis en perspective avec les objectifs chiffrés du plan décennal français de lutte contre les cancers (2021-2030) ;
note : les cancers de la prostate, du sein, du côlon-rectum et du poumon sont les cancers les plus fréquents en France : “la majorité d’entre eux peuvent être détectés de plus en plus tôt et faire l’objet de traitements donnant aux patients de meilleures chances d’en guérir, avec moins de séquelles”, indique l’Institut national du cancer (Inca) sur son site web.
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Chiffres et données clés en détail :
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Sources : Présidence de la République et Inca (présentation du plan décennal 2021-2030) ; Inca (panorama des cancers en France, édition 2023).
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Inégalités face au cancer dans l’UE : Les taux de mortalité par cancer varient de 1,6 fois selon les pays et jusqu’à 37 % entre les régions d’un pays
L’Asie concentre près de la moitié des cas détectés en 2022 d’après le CIRC (9,8 millions), l’Europe (au sens large, Russie incluse) concentre à elle seule près du quart des diagnostics (4,5 millions).
Selon un rapport publié par la commission européenne en 2023, de fortes inégalités persistent en matière d’exposition aux facteurs de risque, affectant particulièrement les personnes issues de milieux socio-économiques défavorisés ; par exemple, le tabagisme quotidien est près de 50 % plus répandu chez les personnes moins instruites et les niveaux de surpoids et d’obésité sont 21 % plus élevés. De même, tant la consommation de fruits et légumes que les niveaux d’activité physique sont inférieurs.
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Des écarts socio-économiques au détriment des personnes moins instruites sont constatés pour plusieurs facteurs de risque de cancer.
Ce rapport montre également que Des taux de participation plus élevés aux programmes de dépistage du cancer du sein sont associés à des ratios plus faibles de mortalité par cancer du sein et d’incidence
Rapport : OECD (2024), Beating Cancer Inequalities in the EU: Spotlight on Cancer Prevention and Early Detection, OECD Health Policy Studies, OECD Publishing, Paris
Coût : 1,86 Md € remboursé par la Cnam en 2017 (derniers chiffres)
Les dépenses :
- 6,3 milliards d’euros de dépenses hospitalières en 2021 liées au diagnostic, au traitement ou au suivi des personnes atteintes de cancer* : +6,6% par rapport à 2020;
- Dépenses liées aux médicaments anticancéreux, sur liste en sus* : 3,8 milliards d’euros (+ 13,9 % par rapport à 2020), dont 73 % pour les immunothérapies.
* Hors séances de radiothérapie réalisées dans le secteur libéral et hors dépenses des anticancéreux facturés en sus des groupes homogènes de séjours.
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Répartition des dépenses :
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Évolution des dépenses des immunothérapies de 2014 à 2017 :
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Le remboursement :
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Source : « Les cancers en France en 2018 – L’essentiel des faits et des chiffres », édition 2019, Institut national du cancer.
Lutte contre le cancer : le plan français (1,74 Md€) place IA et numérique au centre
[photo=198165] Une « utilisation élargie de l’intelligence artificielle (IA) » et un appui sur les dispositifs numériques – notamment pour lutter contre l’isolement des personnes et les inégalités territoriales – font partie des actions principales inscrites dans la stratégie décennale de lutte contre les cancers (2021-2030), coordonnée par l’Inca, avec le ministère des Solidarités et de la Santé ainsi que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Les axes forts de ce plan ont été présentés le 3 février 2021 en conférence de presse, en amont du discours tenu le 4 février par le Président de la République, dans le contexte de la Journée mondiale de lutte contre le cancer.
Le budget global de cette stratégie s’élève à 1,74 milliard d’euros pour 2021-2025 : le détail de cette enveloppe et des actions du plan sur 5 ans est précisé dans la feuille de route du Gouvernement, publié par décret au Journal officiel (JO) le 5 février 2021.
Les 4 priorités nationales :
- 1. améliorer la prévention : Mieux informer et sensibiliser la population sur les dépistages des cancers;
- 2. Augmenter le nombre de participants aux dépistages organisés des cancers en population générale ;
- 3. Mettre en œuvre des actions spécifiques pour les personnes les plus éloignées des systèmes de prévention et dans les territoires avec un moindre taux de participation, pour diminuer les inégalités d’accès aux dépistages des cancers ;
- 4. Viser une amélioration continue des dépistages des cancers
La stratégie décennale est plus précisément articulé en 4 grands axes, déclinés en 234 actions concrètes (qui seront dévoilées ultérieurement) :
- axe 1 : améliorer la prévention (la lutte contre tabagisme et alcoolisme font partie des priorités n° 1 : « Je souhaite que la génération qui aura 20 ans en 2030 soit la première génération sans tabac de l’histoire récente », insiste Emmanuel Macron, qui annonce hausse des prix, extension des espaces sans tabac, campagne d’information et meilleur accompagnement pour ceux qui souhaitent arrêter de fumer) ;
- axe 2 : limiter les séquelles et améliorer la qualité de vie ;
- axe 3 : lutter contre les cancers de mauvais pronostic ;
- axe 4 : s’assurer que les progrès bénéficient à tous.
1 deuxième feuille de route a été établie pour 2024-2028
Dans le détail, une première feuille de route de route a été établie pour la période 2021-2025 ; une seconde pour la période 2024-2028 : elles définissent les responsables des différentes mesures, les partenaires, les jalons, les indicateurs et le calendrier. Leur déploiement sera facilité par la mise en place d’une gouvernance adaptée, avec la création de 3 comités spécifiques à échelon national et à échelon régional.
Il est à noter que le numérique et l’IA font partie des domaines prioritaires à développer en matière d’aide à la détection.
Plusieurs innovations sont en cours qui permettent de mieux cibler, là aussi de mieux prévenir grâce à ces technologies, d’éviter parfois des actes inutiles suite au premier constat et donc d’améliorer le dépistage.
Télécharger la deuxième feuille de route ici
Pour aller plus loin :
- les éléments clés du plan français de lutte contre les cancers sont présentés dans un article H&TI dédié, accessible via ce lien ;
- présentation détaillée de la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 sur le site de l’Inca ici ;
- 1er bilan du plan français (115 actions lancées, 16 terminées et 27 en retard) : éléments clés présentés dans un articles H&TI ici.
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ZOOM : la filière IA & Cancers a été créée en août 2021 pour mutualiser les données de la recherche privée et publique
Développer « une plateforme de données unique au monde » pour « rendre accessibles à la recherche les données publiques et privées en cancérologie » et « rendre plus aisée l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) » : c’est l’un des objectifs de la « stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 » annoncée par Emmanuel Macron le 4 février 2021, et dont le 1er comité de pilotage s’est tenu le 5 juillet 2021 à Matignon.
L’Inca, le Health Data Hub, l’Ariis, France Biotech et les 7 industriels de santé sont les 11 membres fondateurs de l’association « Filière Intelligence artificielle et Cancers » (FIAC), investie d’une mission d’intérêt général. Officiellement créée le 3 août 2021, elle a été présentée en détail par ses fondateurs le 14 septembre 2021 à l’occasion d’une conférence de presse. Objectif : « accélérer l’innovation et la recherche au bénéfice des patients » à travers une collaboration inédite entre les acteurs du secteur public et du secteur privé.
La singularité de l’association « repose sur sa capacité à fédérer, aux côtés des acteurs publics, une représentation importante d’industriels de santé », soulignent les partenaires dans un communiqué commun. « L’utilisation de l’IA dans le traitement des données de santé sera décisive dans la recherche, quel que soit le champ couvert, avancent-ils. Elle peut contribuer ainsi au développement de nouvelles stratégies de diagnostic et de traitements pour les patients. »
Pour aller plus loin :
ZOOM – Inauguration du Paris Saclay Cancer Cluster : Eric Vivier président, Benjamin Garel directeur général
L’inauguration du PSCC, dont la création a été annoncée par Emmanuel Macron dans le cadre du CSIS en juin 2021, a eu lieu le 4 février 2022 dans les locaux de Gustave Roussy à Villejuf (Val-de-Marne) – en présence des ministres Olivier Véran (Santé) et Frédérique Vidal (Recherche et Innovation) ainsi que des représentants des 5 membres fondateurs de PSCC :
- Sanofi ;
- Gustave Roussy ;
- l’Inserm ;
- l’Institut polytechnique de Paris ;
- l’université Paris-Saclay.
L’une des principales priorités du PSCC est d’accélérer et simplifier l’accès aux données tout en garantissant leur standardisation, leur qualité et leur interopérabilité. Pour relever ce défi, le cluster met en œuvre les actions suivantes :
- Création d’un réseau fédéré de données permettant des requêtes multisites, même si les données demeurent dans les établissements.
- Établissement d’un point d’entrée unique pour tous les porteurs de projet.
- Fourniture d’une assistance aux établissements de santé pour accélérer leurs initiatives en matière de qualité et d’interopérabilité.
Ce projet, réalisé en partenariat avec UNICANCER, réunit déjà l’Institut Gustave Roussy, l’Institut Curie, le Centre Léon Bérard, l’AP-HP et l’hôpital Foch, et bénéficie des données du plan France Médecine Génomique 2025, comprenant plus d’un million de séquences génomiques 48 équipes de recherche en oncologie et 31 start-up. Pour aller encore plus loin, le PSCC collabore avec Cancer Core Europe, un réseau regroupant sept des principaux instituts de recherche et de soins européens, ainsi qu’avec le réseau des centres français de lutte contre le cancer Unicancer.
Pour aller plus loin :
- consulter les articles H&TI complets sur ce sujet ici et ici.
Lutte contre le cancer : Le plan français en cohésion avec le plan européen (4 Md€)
[photo=198166] Le 3 février 2021, la Commission européenne (CE) a présenté le plan européen pour vaincre le cancer (Europe’s Beating Cancer Plan), « une priorité essentielle dans le domaine de la santé de la Commission [présidée par Ursula von der Leyen] et un élément clé pour une Union européenne (UE) de la santé forte », souligne la CE dans le dossier exposant les lignes directrice de sa feuille de route.
Ce plan, doté d’un budget de 4 milliards d’euros, est axé sur les nouvelles technologies, la recherche et l’innovation dans le but de définir une « nouvelle approche » de l’UE en matière de prévention, de traitement et de soins du cancer. Cela passera notamment :
- par la mise en place d’« une initiative en matière d’imagerie sur le cancer » pour « soutenir le développement de nouveaux outils assistés par ordinateur afin d’améliorer la médecine personnalisée et les solutions innovantes » ;
- par la fondation d’un Centre de connaissances sur le cancer dont le but sera de « contribuer à la coordination des initiatives scientifiques et techniques liées au cancer à l’échelle de l’Union ».
Lors de la conférence de presse présentant le plan français, Anne-Marie Armanteras, conseillère santé, handicap, personnes âgées auprès du président de la République, a relevé que la feuille de route de française était en adéquation avec les objectifs visés par l’Europe en matière de lutte contre le cancer.
Pour aller plus loin :
Lutte contre le cancer- Recherche : Création de trois Instituts Hospitalo-Universitaires (IHU) en cancérologie
[photo=198166] En 2023, suite à un appel à projets, trois centres d’excellence axés sur la recherche en cancérologie ont été annoncés. Parmi ces Instituts Hospitalo-Universitaires (IHU), on distingue :
- L’IHU PRISM, une initiative conjointe du Centre National de Médecine de Précision en Oncologie et de l’Institut Gustave Roussy, reposant sur un consortium incluant l’Inserm, l’Université Paris Saclay, l’École CentraleSupélec et le réseau Unicancer basé sur le Cancer Campus à Villejuif. Ses objectifs sont :
- Améliorer la survie des patients atteints de cancers difficiles à traiter de plus de 10 %.
- Réduire les toxicités liées aux traitements chez au moins 20 % des patients.
- Accélérer le développement de médicaments.
- L’IHU THEMA-2, porté par l’Institut Européen de la Leucémie et la Fondation de l’Université Paris-Cité, a pour ambition de transformer radicalement le pronostic de la leucémie, voire de l’éradiquer.
- L’IHU Cancers des Femmes, porté par l’Institut des Cancers des Femmes et l’Institut Curie à Paris, est spécifiquement dédié aux cancers gynécologiques. Ses missions comprennent :
- Révolutionner la compréhension des cancers féminins.
- Repenser la prise en charge des cancers féminins en développant des stratégies de prévention des rechutes et d’amélioration de la qualité de vie des patients.
- Devenir un foyer d’innovation ouverte pour dépasser les attentes médicales et scientifiques, en catalysant les idées provenant des soignants, des chercheurs, des patients, des citoyens et des autorités publiques.
Les promesses de l’immunothérapie
[photo=198175] En plein essor depuis quelques années, l’immunothérapie est “un traitement qui vise, pour les molécules utilisées dans le mélanome, à stimuler les défenses immunitaires de l’organisme contre les cellules cancéreuses, explique l’Inca sur son site web. Deux types de molécules d’immunothérapie sont utilisés : les anticorps monoclonaux et l’interféron alpha.”
2 immunologistes, l’Américain James P. Allison et le Japonais Tasuku Honjo, ont été récompensés par le prix Nobel de médecine en 2018 pour leurs travaux sur le traitement du cancer par “inhibition de la régulation immunitaire négative”.
Une application à tous les cancers n’est pas encore possible
Quoique très efficace et présentant un effet durable après l’arrêt du traitement, l’immunothérapie présente certaines limites puisqu’elle ne peut pas encore s’appliquer à tous les cancers comme toutes les tumeurs ne sont pas identiques.
Les causes des échecs de l’immunothérapie ne sont pas toutes connues : la recherche clinique actuelle a pour but, à l’aide de biomarqueurs, de caractériser les patients chez qui ces thérapies ont des effets bénéfiques.
“L’offre des traitements anticancéreux a été bouleversée avec l’arrivée de nouveaux médicaments, dits d’immunothérapie spécifique, relève Marianne Duperray, directrice des recommandations et du médicaments de l’Inca (source : panorama des cancers en France, édition 2022, Inca). Parmi eux, on compte les inhibiteurs de points de contrôle de l’immunité et les cellules CAR-T qui sont des lymphocytes T prélevés dans le sang du patient puis génétiquement modifiés en laboratoire avant d’être réinjectés au patient. Les cellules CAR-T, médicaments de thérapie cellulaire et génique, sont associées à de nombreux enjeux en matière d’organisation des soins, de sécurisation du circuit du médicament, de gestion de leurs toxicités, de maîtrise des dépenses de santé, etc. Pour assurer la sécurité des patients, un arrêté limite l’utilisation des cellules CAR-T à certains établissements de santé en fonction de critères précis.”
ARN messager contre le cancer : un premier essai clinique lancé au Royaume-Uni
Des patients de l’hôpital Hammersmith, à l’ouest de Londres, ont reçu une thérapie génique à ARNm. Cette intervention fait partie d’un essai clinique de phase 1/2, dont l’objectif est d’évaluer la toxicité, la tolérance et l’efficacité de cette nouvelle approche dans le traitement du mélanome, du cancer du poumon et d’autres tumeurs solides, comme rapporté par le Guardian.
Il est à noter que plusieurs vaccins contre le cancer utilisant la technologie de l’ARN messager sont en cours de développement à l’échelle mondiale. L’Imperial College de Londres les classe en deux catégories :
1. Les immunothérapies anticancéreuses personnalisées, qui reposent sur l’extraction du matériel génétique du patient à partir de ses propres tumeurs.
2. Les immunothérapies thérapeutiques “prêtes à l’emploi”, telles que celle discutée ici, qui sont conçues pour cibler un type spécifique de cancer.
Les promesses de l’IA
Exemple d’un projet : le challenge AI4Curie ou l’IA au service de l’immunothérapie dans les cancers du poumon
[photo=198173] L’Institut Curie et Swiss Life se sont associés en 2020 dans le cadre d’un challenge en IA pour prédire l’efficacité de l’immunothérapie dans le traitement des cancers bronchiques :
- lancement le 22 janvier 2020 de la 1ère édition d’« AI4Curie », un appel à projets (AAP) qui s’adresse aux start-ups et aux chercheurs en IA dans l’objectif d’identifier des projets prometteurs (plus de détails sur l’AAP ici) ;
- la start-up Magic Lemp est la lauréate du challenge (résultats dévoilés en septembre 2020) :
- le projet de Magic Lemp : « Capricorn » (pour « Calibration de protocoles d’immunothérapie construits par réseau de neurones ») ;
- son objectif : « permettre aux médecins de prendre une décision personnalisée sur la base des données du patient » (plus de détails dans l’article H&TI ici).
La deuxième édition de l’AAP « AI4Curie » n’a pas encore été lancée.
l’institut Curie a mené la création d’une intelligence artificielle capable de déterminer l’origine de cancers particulièrement retors
L’Institut Curie à Paris a développé une intelligence artificielle (IA) capable de détecter l’origine de certains cancers difficiles à diagnostiquer, offrant ainsi une meilleure adaptation des traitements et potentiellement une augmentation du taux de survie. Le docteur Sarah Watson, oncologue médicale et chercheuse à l’Institut Curie, a dirigé cette initiative pour les cancers de primitifs inconnus (CPI), qui posent des défis majeurs aux spécialistes. L’IA, entraînée sur plus de 20 000 échantillons, a démontré une précision remarquable dans la détection de l’origine des cancers avec un taux de réussite dépassant 80%. Des patients ont bénéficié de traitements adaptés basés sur les diagnostics de l’IA, montrant des résultats prometteurs. Bien que l’IA soit un outil précieux, Sarah Watson souligne qu’elle doit être intégrée à une approche globale de prise en charge médicale, avec une interprétation humaine des résultats et une décision thérapeutique ultime.
Zoom sur 4 autres actions de l’Institut Curie :
L’IA au service de l’aide à la prédiction
2 études mettent en avant les limites de l’IA :
D’autres études mettent en avant l’efficacité de l’IA dans l’aide à la prédiction :
Études publiées en 2021 :
Études publiées en 2020 :
Études publiées avant 2020 :
Pour aller plus loin :
Exemples de sociétés spécialisées dans l’IA appliqué à l’oncologie :
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FOCUS – les principales start-ups et PME françaises spécialisées en IA et radiologie :
- Note : le domaine de la radiologie rejoignant celui de l’oncologie (aide à la détection), la présentation ci-dessous a été intégrée dans cette partie dédiée à l’IA appliquée à la lutte contre le cancer.
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Pour aller plus loin :
Anapath numérique : une transformation en cours
Plus de 1 670 anatomopathologistes (anapath) exerçaient en France en 2020. Selon les données du Cnam, 31,6 % exerçaient en libéral au 1er janvier 2021, 61,5 % en mode salarial et 6,9 % en mode mixte (Atlas de la démographie médicale en France). Depuis quelques années, le métier d’anapath évolue, notamment avec l’arrivée de la numérisation des lames et de l’intelligence artificielle (IA) dans l’analyse de ces lames. Le champ de l’oncologie est directement concerné par cette transformation.
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Publications H&TI sur la numérisation de l’anapath :
Exemples de dispositifs innovants de suivi ambulatoire dédiés à l’oncologie
[vue=198099]
À noter : liste non exhaustive
Les limites des applications de suivi à domicile :
Dans le cadre d’une étude publiée en septembre 2019 dans le BMJ Open, des chercheurs écossais de l’université d’Aberdeen ont mené une revue exploratoire de la littérature sur les applications mobile dédiées au cancer. Ils en ont étudié 151 et ont constaté que la plupart d’entre elles sont développées par des organisations commerciales. Quant aux promesses d’autonomisation dans la lutte contre le cancer, elles sont tempérées par le fait que beaucoup d’allégations de santé sont exagérées.
Présentation détaillée des travaux et des résultats ici.
La structuration des données parmi les enjeux
Filière IA & Cancers : vers une plateforme de données en cancérologie
La FIAC se concentre sur la réutilisation des données en cancérologie, en répondant aux besoins exprimés par les acteurs du domaine. L’appariement des bases de données est un enjeu majeur, au cœur des projets pilotes collaboratifs de la FIAC, visant à partager une expérience commune.
L’INCa s’engage à construire une Plateforme des données en cancérologie, intégrant différentes sources de données, y compris celles des dossiers communicants. Le projet BACK-GAMMON, mené par Novartis, vise à enrichir cette plateforme avec des données d’examens de génétique moléculaire dans certains cancers du poumon.
Les données d’accès précoce suscitent un intérêt particulier pour leur utilisation dans les médicaments nouvellement disponibles en France. Des efforts sont faits pour automatiser la collecte de données dans tous les centres de soins, avec une standardisation des protocoles pour faciliter leur utilisation. Les laboratoires comme AstraZeneca et Amgen développent des projets pour appairer ces données avec la base SNDS de la plateforme de l’INCa
La FIAC explore également le potentiel des données de santé pour améliorer les parcours de soins. Des travaux sont en cours pour évaluer l’utilisation de questionnaires de qualité de vie structurés et pour mieux comprendre les parcours de santé, avec des propositions d’orienter les appels à projets vers des solutions technologiques adaptées.
D’autres enjeux, tels que les bras contrôles synthétiques dans les essais cliniques, ont été soulevés lors de la journée. NovaDiscovery, spécialiste de ce sujet, présentera ses solutions aux membres de la FIAC, dans le cadre d’ateliers d’innovation réguliers
FOCUS : Consore, un moteur de recherche pour le big data en cancérologie
[photo=198174] L’outil Consore (pour “Continuum soins-recherche”), développé par Unicancer, est présenté comme un moteur de recherche pour le big data en cancérologie.
L’objectif pour le groupe est que tous ces centres de lutte contre le cancer (CLCC) soient équipés de l’outil d’ici la fin de l’année 2020, indique Unicancer à Health & Tech Intelligence.
Consore permet :
- l’identification simplifiée de patients à qui proposer une étude clinique multicentrique : Consore identifie en quelques secondes le nombre de patients répondant aux principaux critères de sélection dans les différents centres ;
- la visualisation synthétique de l’histoire pathologique des patients (apparition d’une tumeur, récidive, métastase, second cancer et traitements) et des soins dispensés en préparation de la réunion de concertation pluridisciplinaire ;
- l’analyse de données pour des études épidémiologiques, en vie réelle ou médico-économiques.
Pour chaque centre participant, Consore rassemble des données structurées et non structurées depuis 2004 notamment sur les traitements, les examens, la caractérisation des tumeurs et la démographie des patients.
Ces données sont issues :
- des dossiers patients y compris les compte-rendu d’examens et les courriers ;
- des actes codés dans le PMSI (y compris la chirurgie et la radiothérapie) ;
- les fiches de description standardisée des tumeurs ;
- du dossier pharmaceutique pour les chimiothérapies ;
- des informations du Centre de ressources biologiques (disponibilité d’échantillons tumoraux ou sanguins);
- les informations des outils métiers de la radiothérapie ;
- les analyses biologiques ;
- les données d’imagerie.
Le moteur de recherche exploite uniquement des documents existants et ne requiert donc pas de travail de codage supplémentaire aux centres hospitaliers qui l’utilisent, note Unicancer.
10 ans de déploiement de Consore dans les centres de lutte contre le cancer Unicancer : état des lieux
[vue=198096]
Un outil qui a donné naissance à des programmes majeurs pour l’avenir de la lutte contre le cancer
- Unibase, conduit en partenariat avec le Health Data Hub (HDH), qui permet de créer et mettre à la disposition des acteurs de la recherche en cancérologie une collection de bases de données de référence. Dans ce cadre, 9 projets financés : un premier projet – Precision Predict, lauréat du Grand défi IA en santé – de l’appel à projets du HDH, 3 dans l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) 2022 et 5 dans l’AMI 2023.
- ONCO-DS, le projet d’entrepôts fédérés de données de santé d’Unicancer, retenu par le ministère de la Santé et de la Prévention et BPI France dans le cadre de l’appel à projets « Accompagnement et soutien à la constitution d’entrepôts de données de santé hospitaliers » de France 2030.
- Le choix de ConSoRe par le Paris Saclay Cancer Cluster, le premier biocluster national, pour répondre aux grands défis de la cancérologie au sein des Centres, et peut-être demain pour d’autres hôpitaux.
Pour aller plus loin :