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  • OMS / Europe : une initiative des partenaires stratégiques pour les données et la santé numérique

    Une transformation collaborative des soins

    Alors qu’elle devait normalement débuter en février 2024, le lancement de cette initiative des partenaires stratégiques pour les données et la santé numérique, portée par la branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a été repoussé au 13 juin 2024 par un texte amendé le 13 février. Dans le but de dresser un état des lieux des écosystèmes de santé numérique européens pour les améliorer et combler leurs lacunes, cette initiative sera rejointe par “plus de 100 représentants d’États membres, d’organisations intergouvernementales, gouvernementales et non gouvernementales, de centres collaborateurs de l’OMS pour les données et la santé numérique, du secteur privé et d’établissements universitaires”.

    L’OMS voit dans cette initiative un moyen d’améliorer les soins dans toute la région européenne grâce aux technologies, aux données et à tous les outils du numérique en santé. L’organisation explique que les travaux de cette initiative “seront motivés par les priorités des États membres et s’appuieront sur les recherches scientifiques les plus récentes et sur des pratiques actuelles fondées sur des données probantes, et seront en cohérence avec la Stratégie mondiale de l’OMS sur la santé numérique 2020-2025 et le Plan d’action régional pour la santé numérique dans la Région européenne de l’OMS 2023– 2030.”

     

    La mise en place de 4 groupes de travail

    Dans son rapport qui annonce le futur lancement de cette initiative pour les données et la santé numérique publié en juin 2023, l’OMS indiquait que les partenaires stratégiques européens impliqués seront répartis en 4 groupes de travail :

    •  un premier groupe sera consacré à l’« alignement des politiques d’utilisation des données de santé et de la santé numérique dans les pays” et cela après examen des facteurs contribuant à la réussite de la transformation numérique des systèmes de santé européens ;
    •  un deuxième groupe sera consacré au “renforcement des capacités des pays afin de mieux gérer la transformation numérique dans le secteur de la santé”, par le biais de l’examen des approches visant à renforcer la capacité des pays à financer, à acheter et à gérer des solutions de données et de santé numérique, ainsi que des approches visant à “accroître la littératie numérique du personnel de santé” ;
    •  un troisième groupe sera consacré à la mise en place de collaborations “entre partenaires, parties prenantes et grand public pour augmenter l’adoption de solutions de santé numérique sûres et inclusives” ;
    •  le dernier groupe sera consacré à l’exploration des méthodes permettant de recueillir des preuves démontrant l’efficacité et la fiabilité des solutions de santé numérique afin de “renforcer la confiance” des européens qu’ils soient patients ou professionnels de santé.

     

    Objectifs de l’initiative portée par l’OMS en Europe :

    La mise en place de ces 4 groupes de travail devrait permettre d’atteindre les objectifs clés fixés pour l’initiative des partenaires stratégiques. Il s’agit :

    • de déterminer les principales difficultés et les mesures à prendre pour que la santé numérique soit plus facilement acceptée dans les pays et qu’elle soit sûre et équitable ;
    • de faciliter les collaborations qui promeuvent la solidarité en matière de soins de santé numériques ;
    • d’assurer aux États membres un « refuge » indépendant pour qu’ils puissent apprendre à explorer les données et les solutions de santé numérique et collaborer avec des partenaires externes à cet effet ;
    • et d’élaborer des scénarios pour la prestation des soins de santé et l’utilisation de données dans la Région européenne, sur lesquels on pourra s’appuyer pour poursuivre la transformation des systèmes de santé et le reprofilage des personnels de santé.
  • Pneumo : Quinten Health et Constances collaborent pour développer des jumeaux numériques

    Des jumeaux numériques pour accélérer les essais cliniques

    La collaboration entre Quinten Health et Constances est née du besoin de thérapies pour de nombreux patients atteints d’affections respiratoires. Les deux partenaires expliquent que “bien que de nombreuses options thérapeutiques pour l’asthme et la BPCO soient commercialisées, il existe encore de forts besoins non satisfaits dans les sous-groupes de patients importants, chez les mauvais répondeurs ou les patients diagnostiqués tardivement, ainsi qu’une prise en charge inefficace avec des médicaments biologiques coûteux”.

    Pour répondre à ce besoin, ce partenariat vise à développer et utiliser des jumeaux numériques de patients en vie réelle, créés grâce à l’IA. Le but étant de “réduire les risques et accélérer les essais cliniques de phase 3”. Grâce à une cohorte de 220 000 patients mise en place par Constances, les données de santé récoltées permettront à Quinten Health de créer des jumeaux numériques qui simuleront les caractéristiques des patients, afin de tester de nouvelles molécules et “d’anticiper leur impact médical et économique dans la vie réelle”. Ces tests permettront de déterminer s’il est pertinent de développer ces molécules à destination des patients qui ne parviennent pas à se soigner avec les traitements disponibles sur le marché.

    Une réponse à la variabilité de la progression des maladies

    Alors que toutes les solutions thérapeutiques ne conviennent pas à tous les patients, notamment en raison de “l’hétérogénéité et de la variabilité de la progression des maladies, ainsi que de la complexité des parcours de soins”, le président de Quinten Health, Alexandre Templier, indique que cette collaboration et l’utilisation des jumeaux numériques créés à partir de bases de données robustes permettront de “modéliser et simuler cette complexité” pour :

    • réduire les coûts et la durée du développement ;
    • faciliter l’approbation et l’adoption ;
    • et maximiser l’impact pour chaque patient.

     

  • DCT : la phase pilote ouverte aux études internationales (DGS)

    Elaborer une doctrine et des recommandations françaises

    Cette phase pilote a été lancée par le ministère de la Santé, lAgence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Elle a pour objectif :

    • d’établir des recommandations sur les DCT ;
    • et de permettre à la Cnil d’élaborer une doctrine sur la dématérialisation et la décentralisation des essais cliniques.

     

    Par ailleurs, cette phase porte sur les essais cliniques portant sur un médicament, un dispositif médical (DM) ou un DM de diagnostic in vitro (DMDIV). Mais les essais concernant une première administration à l’humain en sont exclus.

    Quel intérêt de l’ouverture aux études internationales ?

    L’ouverture de la phase pilote, annoncée par la DGS, aux études internationales dans le domaine des essais cliniques représente un tournant majeur dans la recherche médicale contemporaine. Cette démarche vise à :

    • élargir les champs d’application de la phase pilote et recueillir plus de données sur les DCT ;
    • promouvoir l’attractivité de la France, la décentralisation étant, selon le Leem, un facteur important pour les industriels et une norme aux Etats-Unis ;
    • mais aussi nourrir la doctrine sur la dématérialisation et la décentralisation à élaborer par la Cnil.

     

     

  • EHDS : un accord provisoire trouvé en le Parlement européen et le Conseil de l’UE

    Le Parlement européen est arrivé avec un texte qui portaient notamment sur le consentement à la réutilisation et la localisation des données. Si le texte a subi quelques ajustements, un accord provisoire a finalement été scellé et sera soumis à un vote des ambassadeurs des États membres de l’UE, le 22 mars, avant un vote final en séance plénière au Parlement en avril prochain.

    Un accord trouvé sur le droit d’opt-out

    Le principal point de discorde lors de la séance du 7 mars, entre les différentes institutions invitées à la table des négociations, était la présence dans le texte d’un droit d’opt-out. En effet, les précédentes séances s’étaient soldées sans accord parce que le Parlement souhaitait que tous les pays européens intègrent un droit d’opposition à la réutilisation de leurs données pour les patients, tandis que le Conseil préférait que chaque État membre puisse décider de mettre en place ou non un tel droit à l’échelle nationale.

    Finalement, le Parlement a proposé une solution qui a été acceptée par tous, après quelques petites modifications : le droit d’opt-out concernera tous les patients de l’Union européenne, qui pourront donc s’opposer à l’utilisation secondaire de leurs données de santé, mais avec certaines exceptions.

    Les États membres de l’UE pourront outrepasser ce droit d’opposition des citoyens lorsqu’une utilisation des données – qui sera demandée par une “institution publique” ou une “institution privée chargée d’exécuter des tâches publiques” – se fera dans le but de contribuer à :

    • la recherche scientifique pour des raisons importantes d’intérêt public ;
    • des “activités de protection contre les menaces transfrontalières graves pour la santé ;
    • ou encore des activités visant à garantir des niveaux élevés de qualité et de sécurité des soins de santé.

     

    Le stockage hors UE possible sous conditions

    Pour ce qui est du stockage des données, le texte prévoit que dans le cas de l’EHDS, “les organismes d’accès aux données de santé, les détenteurs de données uniques et le service d’accès aux données de l’Union doivent stocker et traiter les données de santé électroniques personnelles dans l’Union européenne lorsqu’ils effectuent des opérations de pseudonymisation, d’anonymisation et toute autre opération de traitement de données personnelles”.

    Il est toutefois prévu que ces données “peuvent être stockées et traitées dans un pays tiers, un territoire ou un ou plusieurs secteurs spécifiés au sein de ce pays tiers”, lorsque la Commission a décidé que “le pays tiers, un territoire ou un ou plusieurs secteurs spécifiés au sein de ce pays tiers, ou l’organisation internationale en question” assurent un niveau de protection adéquat.

  • IA générative : qu’en pense le Comité national pilote d’éthique du numérique ? (rapport)

     

    Placé sous l’égide du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), le CNPEN a été installé en 2019. Son rôle consiste à :

    • rendre des avis sur les saisines qui lui sont confiées ;
    • éclairer le débat public sur les enjeux d’éthique du numérique ;
    • et rédiger des propositions relatives à la pérennisation de la réflexion nationale sur l’éthique du numérique.

     

    Depuis le lancement de ChatGPT et l’accélération des systèmes d’intelligence artificielle générative (IAG), dans la santé comme dans tous les secteurs économiques, plusieurs interrogations éthiques se posent. Dans ce sens, le CNPEN a rendu son Avis n°7, portant sur les enjeux éthiques de ces systèmes. Ce dernier ce décline en 3 grands axes, sur lesquels H&TI revient en détails dans cet article :

    • 1) les enjeux d’éthique ;
    • 2) les enjeux juridiques ;
    • 3) et les enjeux écologiques et environnementaux.

     

    1) Sur les enjeux éthiques

    Les transformations technologiques, notamment celles liées à l’IAG, suscitent à la fois espoirs et craintes dans la société. Cependant, la société a du mal à anticiper pleinement les conséquences de ces avancées, soulevant ainsi des questions éthiques et sociales dans les débats sur leur réglementation.

    Le CNPEN recommande :

    • d’analyser éthiquement les choix technologiques lors de la conception des systèmes d’IA générative. Si des tensions éthiques sont détectées, envisager méthodiquement des solutions techniques pour les résoudre, puis évaluer ces solutions dans des contextes d’utilisation réels ;
    • d’éviter les excès de contrôle (overpolicing) des modèles par les concepteurs ;
    • de créer une entité souveraine dédiée à la recherche et à la formation sur “IA, science et société” ;
    • et faire preuve de prudence dans la vitesse d’adoption des systèmes d’IA générative et prévoir des évaluations préalables et continues.

     

    Par ailleurs, le CNPEN identifie 7 problématiques éthiques pour lesquels il élabore 12 préconisations :

    Rapport à la vérité et absence de signification :

    • Utiliser des sources de qualité pour l’apprentissage des systèmes d’IAG.
    • Tenir compte des effets des choix des hyperparamètres des modèles.

     

    Manipulation de l’utilisateur sans responsabilité :

    • Évaluer les biais connus des modèles à base de jeux d’essais standardisés.
    • Mutualiser les pratiques d’utilisation des systèmes d’IAG.

     

    Maintien des distinctions :

    • Implémenter une solution technique, comme un code en filigrane (“watermark“), pour permettre à l’utilisateur de distinguer le résultat d’un modèle d’une production humaine.
    • Amplifier les recherches sur les codes en filigrane.

     

    Projection de qualités humaines :

    • Mettre en œuvre des mécanismes de contrôle et de filtrage spécifiques pour réduire la projection des qualités humaines sur les systèmes d’IAG.
    • Informer l’utilisateur des biais potentiels de l’anthropomorphisation.

     

    Comportements émergents :

    • Étudier les comportements émergents et les effets inconnus des modèles.

     

    Multilinguisme et dominance d’une langue :

    • Concevoir les systèmes d’IAG dans différentes langues reflétant la diversité des cultures.

     

    Éducation et conséquences sur l’apprentissage humain :

    • Faciliter la prise en main du système grâce au paramétrage des systèmes d’IA par les utilisateurs.
    • Utiliser les systèmes d’IAG pour l’éducation.

     

    Question de libre accès et de logiciel ouvert :

    • Conditionner le libre accès des modèles de fondation à la prise de conscience par leurs concepteurs des enjeux d’ouverture et des risques de mésusage.
    • Expliciter et appliquer des critères de transparence et d’évaluation.

     

    2) Sur les enjeux juridiques

    Les règles juridiques imposées aux systèmes d’IAG et aux modèles de fondation :

    • Considérer les modèles de fondation mis sur le marché et les systèmes d’IAG comme des systèmes à haut risque.
    • Attribuer la responsabilité légale aux fournisseurs des modèles de fondation et aux déployeurs d’applications spécifiques d’IAG à partir de ces modèles, avec une extension de la responsabilité morale aux concepteurs et développeurs.

     

    Le RGPD en lien avec les systèmes d’IAG :

    • Produire des lignes directrices par le Comité européen de protection des données pour articuler le règlement sur l’IA avec le RGPD, afin de préciser l’interprétation de ce dernier dans le contexte du développement de l’IAG en Europe.

     

    Le droit d’auteur en lien avec les systèmes d’IAG :

    • Élaborer des règles juridiques et un questionnement éthique sur la collecte, le stockage et la réutilisation des traces linguistiques des interactions entre les modèles de langue et les êtres humains, similaire à l’encadrement des données à caractère personnel.
    • Engager des recherches scientifiques, des réflexions pluridisciplinaires et des discussions entre États sur l’adaptation du droit existant en matière de droit d’auteur aux techniques d’IAG.

     

    3) Sur les enjeux écologiques et environnementaux

    Impact environnemental de l’IAG :

    • Développer une métrique de l’empreinte environnementale des systèmes d’IAG et des modèles de fondation.
    • Exiger plus de transparence sur les effets sur l’environnement de la part des concepteurs.

     

    👉 Résumé

    Les préconisations du CNPEN sur les enjeux liés à la conception, la recherche et la gouvernance des systèmes d’IAG :

     

    Préconisations du CNPEN sur les enjeux de l’IAG liés à la conception, la recherche et la gouvernance
    Préconisations du CNPEN sur les enjeux de l’IAG liés à la conception, la recherche et la gouvernance – H&TI

    En 2022, l’Avis n°4 du CNPEN portait sur l’IA et le diagnostic médical

    Pour répondre à une précédente saisine formulée dans la lettre de mission du Premier ministre, un groupe de travail rassemblant des membres du CCNE et du CNPEN s’est penché sur la question du diagnostic médical et l’IA. Son avis, qui a été rendu en novembre 2022, présentait les conclusions suivantes :

    • Les systèmes d’IA pour le diagnostic médical (SIADM) offrent des avantages significatifs, permettant de détecter des lésions invisibles à l’œil humain et de traiter rapidement les cas répétitifs, libérant ainsi du temps médical pour des interactions plus approfondies avec les patients.
    • Certains SIADM contribuent également à repenser l’organisation des soins, améliorant ainsi les phases d’accueil des patients à l’hôpital.
    • Cependant, l’utilisation des technologies d’IA dans le diagnostic médical soulève plusieurs enjeux éthiques, notamment concernant le respect de la personne et la nécessité d’un traitement équitable pour tous les individus.
    • Ces tensions éthiques mettent en lumière la nécessité de concilier une approche individualisée avec une considération équitable de l’ensemble des personnes concernées, associant ainsi les dimensions singulières et algorithmiques de la prise en charge médicale.
    • En conclusion, le CCNE et le CNPEN soulignent l’émergence de nombreux développements en IA dans le domaine de la prévention sanitaire, appelant à une réflexion complémentaire pour couvrir ces questions connexes et intégrer une approche holistique dans la gestion des défis éthiques liés à l’IA en santé.
  • US : une dotation de 100 M$ consacrée à la recherche en santé des femmes

    Objectif : lutter contre un manque de connaissances

    “Bien qu’elles constituent plus de la moitié de la population, les femmes ont toujours été sous-étudiées et sous-représentées dans la recherche sur la santé”, déclarait Jill Biden, le 13 novembre 2023, lors du lancement de la première initiative de la Maison-Blanche sur la recherche en matière de santé des femmes. Une action censée “stimuler l’innovation dans la santé des femmes et combler les lacunes en matière de recherche”, expliquait le président américain lors de la signature du document ordonnant aux ministères et agences fédérales américaines de se pencher sur la question.

    6 mois plus tard, la Première Dame des États-Unis annonce une dotation de 100 millions de dollars pour amorcer cette mission de recherche et de développement consacrée à la santé des femmes. Au moment de cette nouvelle annonce, Jill Biden a souligné l’existence de “grandes lacunes dans la recherche – notamment le manque de connaissances sur la santé des femmes par les femmes elles-mêmes – ce qui peut entraîner des conséquences potentiellement graves”. Cette initiative devrait donc permettre de “placer les femmes au centre d’un système de soins, où leurs avis et leurs expériences vécues seront pris en compte”, afin qu’elles ne se contentent pas de “survivre avec des maladies chroniques, mais qu’elles mènent une vie longue et saine”.

    Les start-ups de la femtech premières bénéficières :

    Les 100 millions de dollars alloués seront utilisés dans un premier temps pour investir dans la recherche sur la santé des femmes, mais aussi pour soutenir des jeunes pousses de la femtech qui développent des solutions intéressantes. Ces entreprises ont généralement du mal à trouver les financements dont elles ont besoin auprès d’entreprises privées.

    Des initiatives similaires attendues en France

    L’annonce de cette dotation a fait réagir de nombreux acteurs de la santé des femmes en France. Parmi eux, Juliette Mauro, CEO de la start-up My S Life, a salué l’initiative dans un post Linkedin. Elle espère voir ce genre de projet “plus près de [la France]”.

    Si le gouvernement français n’a pas encore pris d’initiative de cette ampleur, on peut enregistrer quelques avancées dans ce secteur. Malgré l’absence de fonds dédié à ce secteur en France (alors que les USA et le UK en sont dotés), la difficulté persistante à levée des fonds et le manque de données médicales, des actions pour faire avancer la santé des femmes commencent à voir le jour. A l’image de la validation scientifique par la Haute autorité de santé d’un test diagnostique salivaire de l’endométriose développé par Ziwig, alors que l’endométriose accuse encore un retard moyen de diagnostic de 7 ans dans l’Hexagone.

    Par ailleurs, de nombreuses start-ups de la femtech ont été créées ces dernières années. Qu’elles ciblent la santé des femmes ou leur bien-être, leur multiplication montre une réelle envie de faire avancer la recherche sur le sujet. Health & Tech Intelligence a dressé un panorama des solutions françaises de la femtech à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. A retrouver en cliquant sur ce lien.

  • Cancer : Posos et Rofim s’allient pour faciliter la coordination des parcours de soins

    Une coordination difficile entre les différents praticiens

    Si plus de 380 000 nouveaux cas de cancer sont recensés chaque année par l’Institut national du cancer (Inca), beaucoup de patients rapportent qu’il y a souvent un manque de coordination entre les différents praticiens qu’ils voient tout au long de leur parcours de soin. Ce dernier commence dès le diagnostic de leur cancer et se poursuit après la chirurgie ou la thérapie au travers d’un suivi post-traitement. En effet, 47 % des patients indiquent qu’ils ont rencontré “au moins un problème de coordination entre les médecins et les autres professionnels qui les suivent à l’hôpital ou en ville”, comme l’expliquait la Ligue contre le cancer dans l’un de ses rapports paru en 2022.

    La solution développée par Rofim et Posos en direction des CLCC devrait permettre de résoudre ces problèmes grâce à l’alliance des outils créés par les deux start-ups françaises. Les CLCC pourront ainsi utiliser ce nouveau dispositif pour améliorer la coordination entre les différents acteurs du parcours de soins. Pour Emmanuel Bilbault, CEO et cofondateur de Posos, ce partenariat va marquer “un tournant décisif dans la modernisation des processus de soins en CLCC”.

     

    Combiner téléexpertise et recommandation thérapeutique

    La solution qui se veut être le vecteur d’une amélioration de la prise en charge des patients, de la réduction des séquelles et de la prévention des cancers, “grâce à une approche coordonnée et sécurisée”, est une plateforme connectée multifonctions. Elle propose :

    • un outil de téléexpertise ;
    • l’outil de gestion des réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) de Rofim ;
    • et les modules de conciliation médicamenteuse et de retranscription des ordonnances de Posos.

    L’alliance entre les deux entreprises s’inscrit dans le sillage de ce que Rofim réalise depuis plusieurs années, à savoir la mise en place d’outils visant à “accélérer le diagnostic et la prise en charge des patients”, que ce soit dans les CLCC ou dans les services d’oncologie des CH et CHU. Gustave Roussy, qui est l’un des partenaires de Rofim, pourra être l’un des premiers établissements à déployer cette nouvelle solution.

  • Pharma : le niveau de confiance des Français dans le secteur reste stable (62 %)

    62 % des Français ont confiance en la Pharma

    Le secteur du médicament en France est à la 5e place des domaines les mieux perçus par les citoyens (62 %), derrière le secteur de l’aéronautique et l’aérospatial (80 %), du bâtiment et des travaux publics (71 %), de l’automobile (68 %) et des télécommunications et du numérique (65 %). Cette étude de l’Ipsos été réalisée en ligne, du 7 au 11 décembre 2023, sur un échantillon de 1 000 personnes.

    Le niveau de confiance envers l’industrie du médicament est particulièrement stable depuis 2021. Par ailleurs, ce niveau relativement supérieur aux résultats des années précédentes : il a progressé de 10 points par rapport à 2019 (52 %) et de 6 points par rapport à 2020 (56 %).

     

    La stabilité de la confiance dans le secteur du médicament : Ipsos | Réputation des entreprises du médicament - Décembre 2023
    Une stabilité de la confiance dans le secteur du médicament – Ipsos, décembre 2023

     

    Une confiance en baisse dans les médicaments, pas dans les vaccins

    77 % des personnes sondées déclarent avoir confiance en les médicaments. Un score inférieur de 4 points par rapport à celui de 2022. D’un autre côté, les vaccins ne perdent pas de point aux yeux des Français, en 2023. Bien au contraire, le niveau de confiance en ces produits de santé atteint les 75 %, soit 2 points de plus par rapport à l’année précédente.

     

    La confiance en baisse des médicaments tandis que celle des vaccins reste constante - Ipsos, décembre 2023
    La confiance en baisse des médicaments tandis que celle des vaccins reste constante – Ipsos, décembre 2023

     

    L’impact de la crise du Covid-19 sur l’image de la Pharma

    Ces dernières années, la confiance des Français dans les médicaments a connu une instabilité particulière. Passant de 78 % à 73 % entre 2019 à 2020, pour rebondir ensuite à partir de 2021 et retrouver son niveau d’avant la pandémie, à 79 %.

    Le même phénomène est observé du côté des vaccins, en lesquels 76 % des Français déclarent avoir confiance en 2019. Un taux qui tombe à 68 % en 2020, avant de remonter en 2021 pour atteindre les 80 %, avant de retrouver le niveau des 75% en 2023.

     

    La confiance envers les médicaments chutent en 2020 avant de retrouver son niveau d'avant Covid - Ipsos, décembre 2023
    La confiance envers les médicaments chutent en 2020 avant de retrouver son niveau d’avant Covid – Ipsos, décembre 2023
  • IA : Sanofi et MIS lancent un outil pour le pré-diagnostic rapide de 270 maladies rares

    Jusqu’à 15 ans d’errance diagnostic

    Selon les chiffres dévoilés par les ministères des Solidarités et de la Santé et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, dans le cadre du Plan national Maladies rares 2018 – 2022, le délais pour leur diagnostic se situe entre 2 et 3 ans pour la majorité des patients atteints d’une des 7 000 maladies rares existantes en France. Et, pour 25 % d’entre eux, cette errance diagnostique peut durer entre 5 et 15 ans, ce qui les obligent à consulter environ 5 médecins avant que le bon diagnostic ne soit posé. Et pour cause, le manque de connaissance concernant certaines maladies. 

    L’outil d’IA développé par Sanofi et MIS doit permettre aux médecins de diagnostiquer plus facilement et plus rapidement les patients atteints de maladies rares (pour l’instant l’outil permet la détection de 270 d’entre elles). Sanofi déclare avoir pour objectif de réduire l’errance diagnostique qui « constitue une réelle perte de chance pour [les] patients [car] plus la prise en charge médicosociale est tardive, plus le risque d’aggravation de la maladie et de la qualité de vie croît ». 

    Un pré-diagnostic disponible en 5 minutes 

    La solution codéveloppée par la start-up français MIS et le géant de la pharmacie est une plateforme gratuite, accessible via le site web accelrare.com.

    Le médecin peut y rentrer plusieurs informations sur son patient : symptômes, signes cliniques, antécédents personnels et familiaux et examens médicaux. Grâce à son IA, accelRare analyse les informations saisies et dresse un premier bilan en 5 à 10 minutes : l’outil identifie ainsi « le risque de maladie(s) rare(s) », et fournit « une fiche descriptive de la ou des maladies suspectées ». Il propose aussi de lister « les examens complémentaires que le médecin pourrait prescrire en milieu libéral pour renforcer le niveau de suspicion ». 

    Pour accompagner davantage le médecin dans sa prise de décision, accelRare recommande la ou lesfilières de santé maladies raresqui peuvent diagnostiquer cette maladie et oriente le patient  vers centre expert le plus proche.

    Un besoin clinique d’aide à la détection des maladies rares  

    Le 29 février 2024, à l’occasion de la journée internationale des maladies rares, Sanofi a publié les résultats d’une étude réalisée par l’Ifop sur le recours à l’IA pour le diagnostic et le traitement des maladies rares. 600 médecins ont été interrogés. 

    Les résultats ont montré que : 

    • 92 % des médecins estiment que le diagnostic d’une maladie rare est difficile ;
    • 73 % aimeraient bénéficier d’un meilleur accompagnement pour le diagnostic et le traitement des maladies rares ;
    • 78 % des médecins généralistes et 85 % des pédiatres déclarent qu’ils pourraient avoir recours à au moins une technologie pour le diagnostic d’une maladie rare ;
    • dans 81 % des cas, les médecins pensent que l’utilisation des systèmes d’IA pourrait aider à améliorer le diagnostic des maladies rares ;
    • et, dans 74 % des cas, ils estiment que l’IA peut améliorer la qualité de vie des patients atteints de maladies rares en fournissant un suivi médical personnalisé.
  • Cardiologie : état des lieux, réglementations, études et cartographies de l’écosystème (insuffisance cardiaque, télésurveillance…)

    Etat des lieux de l’innovation en cardiologie

    Avant l’intégration de la télésurveillance médicale de l’insuffisance cardiaque (mais pas seulement) dans le droit commun Français et de son remboursement, la Caisse nationale de l’Assurance maladie avait lancé une campagne de prévention contre cette pathologie. Cette campagne en deux parties s’est étalée sur les années 2022 et 2023. Elle s’inscrit dans un contexte particulièrement sensible, marqué par de forts enjeux autour de la généralisation de la télésurveillance, avec des négociations tarifaires musclées qui se sont finalement conclues par cette inscription dans le droit commun de la télésurveillance pour l’insuffisance cardiaque (IC), mais aussi pour l’insuffisance respiratoire, le diabète et l’insuffisance rénale.

    Cette campagne a permis d’alerter tant les patients sur les symptômes de l’IC, que les professionnels pour que ces derniers mettent en place une meilleure communication concernant l’IC dans le but d’atteindre l’objectif principal qui était de “sensibiliser au dépistage de l’insuffisance cardiaque”. Dans le cadre de cette campagne nationale de prévention, Catherine Grenier, directrice des assurés de la Cnam, avait souligné que “l’insuffisance cardiaque est un enjeu de santé publique. D’abord parce que cette maladie est fréquente (…) et en augmentation. En plus, cette pathologie est considérée comme sous-estimée. Sous-estimée, à la fois sur le plan épidémiologique et sur le plan clinique avec un sous-diagnostic patient.”

    Une prise en charge pour une durée allant de 6 à 12 mois :

    L’adoption de la télésurveillance médicale de l’IC marque un tournant dans l’histoire de la prise en charge de cette maladie. Elle est la principale cause de décès dans le monde. Alors qu’au moment où cette adoption a été inscrite dans le droit français seulement 15 450 patients en insuffisance cardiaque bénéficiaient d’une télésurveillance pour IC, ce nombre de patients télésurveillés devrait augmenter. En effet, lors des Journées européennes de la Société française de cardiologie (JESCF), le professeur Patrick Jourdain, chef du service cardiologie à l’hôpital Bicêtre (AP-HP), a expliqué que le nombre de patient atteint d’IC va augmenter avec le vieillissement de la population où “10 à 12 % des patients de plus de 80 ans ont de l’insuffisance cardiaque”.

    De plus, plus de 15 000 patients sont éligibles à ce remboursement et peuvent donc dès à présent bénéficier sans coût d’une télésurveillance qui peut s’avérer cruciale : le professeur Jourdan indique que “la télésurveillance permet d’éviter des hospitalisations et des passages aux urgences en cas de décompensation”. Les patients éligibles à un remboursement de cette télésurveillance pour une durée allant de 6 à 12 mois sont “tous les patients souffrant d’insuffisance cardiaque chronique ayant été hospitalisés au cours des 12 derniers mois ou ayant été victimes d’une poussée d’insuffisance cardiaque”.

     

    Un observatoire en 4 parties

    Dans le cadre de cette mise à jour de son indicateur sur la cardiologie, Health & Tech Intelligence publie un observatoire en deux parties :

    a) Contexte et chiffres clés :

    2023 a été une année charnière pour la prise en charge de l’insuffisance cardiaque (IC) en France. Le dispositif expérimental Etapes a permis l’entrée dans le droit commun du remboursement de la télésurveillance médicale, notamment pour l’insuffisance cardiaque, depuis le 1er juillet de cette année. Une avancée qui va profiter aux 1,5 million de patients français concernés.

    👉 Tous les chiffres sont à retrouver dans cet article.

    b) Revue de la littérature : quelle place pour la télésurveillance dans le système de santé ?

    Selon les recommandations de la Société européenne de cardiologie 2021, la télésurveillance du patient insuffisant cardiaque vise à réduire les hospitalisations et la mortalité. Elle facilite le suivi médical et l’éducation thérapeutique, renforçant le lien entre le patient et les professionnels de santé.

    👉 Une revue détaillée des études analysées à lire sur ce lien.

    c) Evolution de la réglementation dans le domaine de la cardiologie :

    Entrée de la télésurveillance dans le droit, adoption des conditions techniques de fonctionnement de l’activité interventionnelle sous imagerie, remboursement du défibrillateur automatique et du pacemaker dans les activités de télésurveillance médicale. La réglementation concernant la cardiologie en France évolue au fur et à mesure que les pratiques et le marché des solutions numériques changent.

    👉 Pour consulter la synthèse de ces évolutions réglementaires, cliquez ici.

    d) 3 cartographies pour mieux comprendre l’écosystème de la cardiologie :

    • 📌 une première cartographie des solutions de télésurveillance cardiaque après le programme Etape ;
    • 📌 une deuxième cartographie des acteurs clés de la cardiologie en France ;
    • 📌 et un panorama des personnes clés et KOL de la cardiologie en France.