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  • Santé populationnelle : contexte, définitions et enjeux pour le système de santé

    📝 Contexte : origine, définition et enjeux

    Passer d’un modèle curatif à un modèle préventif :

    Le modèle de la santé populationnelle consiste à :

    • élaborer et mettre en œuvre des programmes d’action partagés répondant aux besoins de ces populations cibles ;
    • développer des outils et une méthodologie utilisables par l’ensemble des territoires de santé en France ;
    • développer un modèle d’intégration clinique suffisamment flexible pour tenir compte des spécificités territoriales, mais suffisamment robuste pour être généralisable ;
    • développer un modèle qui soit aussi utilisable pour d’autres populations cibles ;
    • et, in fine, créer le prototype d’un système de santé territorial, basé sur la responsabilité populationnelle et l’intégration clinique.

    Son ambition est donc de transformer la vision du système de santé, en passant d’un modèle curatif, basé sur la prise en charge des patients, à un modèle préventif visant le maintien en bonne santé de la population.

    Construire un système intégré :

    Pour soutenir ce modèle, des solutions numériques se développent. L’enjeu n° 1 pour les écosystèmes français et européen est de parvenir à rattraper le retard cumulé depuis plusieurs années sur ce marché, par ailleurs en forte croissance. Un défi de taille, qui se doit d’être soutenu par les autorités.

    La Fédération hospitalière de France (FHF) porte depuis 2017 la démarche de responsabilité populationnelle, avec une expérimentation menée dans 5 territoires ; l’approche a été reconnue législativement dans l’article 20 de la loi du du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé. Mais le concept de santé populationnelle n’est pour l’heure pas lisible dans la « Maison du numérique en santé », fondement de la feuille de route pilotée par la Délégation au numérique en santé (DNS) avec l’Agence du numérique en santé (ANS).

    Pour Christophe Clément-Cottuz, pilote du groupe de réflexion Santé populationnelle du syndicat professionnel des entreprises du numérique, Numeum : “Il faut d’abord souligner que pour accompagner la réponse aux défis de l’approche santé populationnelle, les technologies numériques existent, sont éprouvées et accompagnées de guides de bonnes pratiques“. Ces technologies sont supportées par les entreprises de Numeum, dont certaines font partie de la commission santé. L’enjeu est de les adapter au contexte français dans un souci de souveraineté et de développement de la filière du numérique en santé.

    Dès aujourd’hui, des solutions sont disponibles et permettent le lancement d’un projet de santé populationnelle à partir de données de santé. “Nous voulons convaincre que des projets numériques avec la maîtrise des données sont une partie de la solution, en prenant la précaution de rappeler qu’un projet informatique ne remplace pas une stratégie“, ajoute Christophe Clément-Cottuz. Un engagement qui vise à améliorer la satisfaction du patient, l’état de santé de la population, ainsi que le bienêtre des professionnels et les coûts pour le système de santé.

    Les enjeux numériques et des systèmes d’information :

    • l’interopérabilité pour réussir de suivre une population à travers différentes sources ;
    • l’exécution de parcours adaptés en fonction des besoins spécifiques ;
    • ainsi que l’analyse et la priorisation des interventions les plus rentables en fonction de la valeur offerte.

    Plusieurs étapes sont nécessaires pour l’optimisation des stratégies de soins :

    • identifier un patient ;
    • repérer un patient ;
    • stratifier sa maladie ;
    • inclure le patient dans une cohorte ;
    • générer et partager les chemins cliniques par strate ;
    • soutenir les patients dans leur parcours ;
    • soutenir les professionnels dans la prise en soin des patients ;
    • informer les professionnels et les patients ;
    • extraire des données nominatives et populationnelles ;
    • piloter la démarche.

    Exemples de programmes en France et à l’étranger :

    Exemples de systèmes de santé intégrés dans le monde
    Exemples de systèmes de santé intégrés dans le monde – @Antoine Malone (FHF)

     

    Exemples de systèmes de santé intégrés en Europe
    Exemples de systèmes de santé intégrés en Europe – @Antoine Malone (FHF)

     

    La stratification clinique et médicoéconomique des populations :

    La stratification médico-économique et clinique des populations cibles offre une perspective cohérente des besoins de santé, reflétant ainsi la demande de services de santé. Cette approche combine l’analyse des bases de données nationales de santé avec une expertise médicale avancée. Elle permet d’évaluer les économies potentielles pour la société en maintenant une personne (ou un groupe de personnes) dans une catégorie spécifique, valorisant ainsi la prévention.

     

    La stratification médico-économique de la population diabétique de type 2 (Parcelle, France)
    La stratification médico-économique de la population diabétique de type 2 (Parcelle, France)

     

    Dans la pyramide, chaque strate correspond un profil clinique et chaque profil correspond un ou plusieurs logigrammes de prise en charge. La pyramide permet ainsi de lier un profil de personne avec les actions appropriées, et l’ensemble de ces données permet aux acteurs de construire des parcours adaptés.

     

    De la stratification à la prise en charge : exemple du territoire Aube-Sézannais (315 903 habitants)
    De la stratification à la prise en charge : exemple du territoire Aube-Sézannais (315 903 habitants)

     

    🔎 Bilan de l’expérimentation FHF

    Trois années après le déploiement de la démarche de responsabilité populationnelle dans 5 territoires pionniers, la FHF a présenté en octobre 2022 les premières résultats de ce qu’elle défend comme « un véritable changement de paradigme de notre système de santé ».

    La région Sud Lorraine, 6e territoire à adopter la Responsabilité populationnelle :

    Le 3 juillet 2023, à la mairie de Nancy, en présence du Maire de Nancy et du Maire de Toul, le GHT Hôpitaux Sud Lorraine, les CPTS, les URPS, France Assos Santé et le DAC ont signé une convention avec la FHF pour intégrer la Responsabilité populationnelle, marquant ainsi son passage de l’expérimentation au déploiement.

    Ce dispositif vise à améliorer les pratiques cliniques en mobilisant le savoir scientifique et en favorisant une collaboration entre différents acteurs de santé. Le CHRU de Nancy et la FHF ont développé des outils innovants et ont apporté un soutien méthodologique aux zones de proximité. L’Agence régionale de santé et Pulsy ont également été impliqués via la plateforme e-Parcours “Parceo”. Une expérimentation pour étendre la Responsabilité populationnelle à la prise en charge des personnes âgées a été menée dans le Sud-Lorraine. Cette approche, définie par le Code de la Santé Publique, a déjà montré des résultats positifs dans cinq territoires pilotes et a suscité l’intérêt d’autres régions.

    Une expérimentation « article 51 » :

    Dans ces territoires, l’ensemble des acteurs de santé sont allés au plus près des populations à risque, pour leur offrir « un meilleur suivi, coordonné entre la ville et l’hôpital ». La FHF y expérimente, dans le cadre de l’Article 51, « un système de financement novateur, qui vise à restituer aux acteurs de santé le fruit de leurs efforts, en leur redistribuant une partie des économies générées par l’amélioration de l’état de santé de la population ».

    Pour ce faire, la FHF et les fédérations hospitalières régionales ont développé un ensemble d’outils adaptés au pilotage et à la conduite de ces projets sur le terrain : outils de stratification, profils cliniques, algorithmes de prise en charge. Depuis 2018, la Fédération hospitalière de France (FHF) a entrepris une initiative novatrice appelée la responsabilité populationnelle, visant à restructurer les services de santé sur le territoire national. Ce concept, axé sur la prévention et les besoins de santé spécifiques à chaque région, est déjà en place dans plusieurs pays et suscite l’intérêt quant à son potentiel en France.

    La responsabilité populationnelle repose sur une approche territoriale et poursuit trois objectifs principaux pour une population donnée : améliorer la santé globale, optimiser la prise en charge par un réseau d’acteurs de santé locaux, et ce, à moindre coût. Cette approche est actuellement testée dans diverses régions et a été intégrée au code de santé publique en 2019.

    5 territoires pionniers :

    Depuis 2018, des expérimentations sont menées dans 5 zones géographiques distinctes, représentant une population totale d’environ 1,5 million de personnes :

    • l’Aube et le Sézannais ;
    • la Cornouaille ;
    • le Douaisis ;
    • les Deux-Sèvres ;
    • et la Haute-Saône.

    La FHF s’est ainsi penchée sur deux maladies chroniques spécifiques, communes à ces 5 territoires, pour mettre en œuvre les programmes d’intégration clinique : le diabète de type 2 et l’insuffisance cardiaque.

    Le processus de mise en œuvre comprend plusieurs étapes :

    1. l’identification des populations cibles ;
    2. l’évaluation du niveau de risque ou de la gravité de la maladie pour classer les individus dans une pyramide comprenant différentes strates de progression ;
    3. l’utilisation des recommandations de bonnes pratiques des organismes spécialisés pour élaborer un programme clinique adapté à chaque groupe cible (des outils pratiques sont mis à disposition des médecins généralistes pour faciliter le suivi des directives cliniques) ;
    4. le recensement des différents acteurs locaux, y compris les médecins hospitaliers et de ville, les structures de santé communautaires, les dispositifs de coordination, les associations de patients, les pharmaciens et les infirmières de santé publique (ces acteurs jouent un rôle crucial dans la sensibilisation et la mise en place d’actions de prévention et de dépistage auprès de la population, lors d’événements communautaires ou dans des lieux de rassemblement) ;
    5. et, enfin, la mise en œuvre du programme, de l’inscription des patients jusqu’au suivi avec des indicateurs d’évaluation pour mesurer l’impact et l’efficacité des interventions.

     

  • IA : 5 propositions pour renforcer le système de santé (think thank Économie Santé)

    L’IA pour “sauver le système de santé” ?

    L’avènement de ChatGPT (OpenAI) en novembre 2022 et la multiplication des algorithmes d’IA générative ont marqué un tournant dans de nombreux secteurs, dont celui de la santé. Si beaucoup de solutions dotées d’IA ont vu le jour pour faire progresser la recherche, les diagnostics et les traitements, de nouveaux algorithmes – qui apprennent plus rapidement et sur des bases de données beaucoup plus grandes qu’auparavant – pourraient bouleverser à plus grande échelle les pratiques et les comportements.

    Dans ce sens, le think thank Économie Santé dédie sa recommandation 2024 à l’IA en santé. Dans cette publication, il indique que “l’IA a la potentialité d’apporter une réponse aux nombreux défis actuels bien connus”, comme le vieillissement de la population, les maladies chroniques, la pénurie de soignants, la qualité et l’accès aux soins, la pertinence des soins, le gaspillage, etc. Les auteurs de la recommandation rappellent toutefois que cette technologie “ne va pas, à elle seule, sauver le système de santé mais peut y contribuer à certaines conditions”.

    Gagner la confiance du système de santé parmi les 5 mesures

    Le think thank Économie Santé “liste les atouts de l’IA en santé, décrit les freins qui sont nombreux, alerte sur les dérives possibles, […] passe en revue les écueils et comment les contourner”, mais s’attache surtout à “définir les leviers pour accélérer” l’impact de l’IA sur le système de santé. Il en a ainsi identifié 5  :

    1️⃣ Gagner la confiance par l’utilité concrète et la sécurité de l’IA en santé :

    Alors que l’IA alimente une vision “qui va d’un optimisme excessif et affolant pour certains à une crainte exagérée pour sa propre identité, son travail ou encore pour la confidentialité de ses données de santé”, l’instauration d’une confiance pour les citoyens, les patients et les professionnels de santé est indispensable.

    Le groupe de réflexion propose de renforcer la confiance en l’IA par le biais de discours et de débats sur son utilité concrète pour la santé du citoyen, le système de soins et la santé publique. Il précise cependant que la confiance ne devrait pas se gagner uniquement sur le terrain de l’utilité, mais aussi sur celui de la sécurité : après avoir convaincu les citoyens de son utilité, il faudrait que les outils dotés d’IA soient évalués “par un organisme indépendant” afin de garantir “la confidentialité des données et de leur stockage et utilisation”.

    2️⃣ Clarifier la gouvernance et réaffirmer la volonté politique :

    Le think thank explique que le sujet l’IA en santé est “d’une telle importance, tant pour la recherche, la pratique médicale, le pilotage du système de santé et la santé publique, sans oublier la souveraineté de la France et de l’Europe”, qu’il doit être “pris à bras-le-corps par les pouvoirs publics et réaffirmé avec force au plus haut niveau de la santé au sein de l’État”.

    Pour clarifier sa gouvernance et réaffirmer la volonté politique, le groupe de réflexion souligne que les pouvoirs publics doivent “déterminer quelques priorités qui bénéficieront des aides publiques”, afin d’éviter que les efforts ne soient dilués à cause d’un trop grand nombre de projets en rapport avec l’IA. Il préconise également de “standardiser le recueil et la structuration des données de santé”, ainsi que de mettre en place des moyens pour “faciliter l’accès aux données de santé et leur usage”.

    L’interopérabilité est aussi au cœur du débat, car le partage des données par le biais de logiciels qui communiquent entre eux est obligatoire pour garantir une meilleure utilisation de l’IA.

    3️⃣ Financer de manière importante et pérenne :

    Pour que l’IA puisse renforcer et améliorer l’ensemble du système de santé, les auteurs sont catégoriques : il faut que cette transformation soit “financée massivement”. Parmi les leviers financiers qu’il convient d’actionner, ils parlent :

    • de plus de 30 milliards d’euros sur une dizaine d’année pour “la création au sein du Health Data Hub d’une plateforme technologique d’hébergement des données de santé qui soit française ou plutôt européenne pour remplacer Microsoft” ;
    • mais aussi de plusieurs dizaines de millions d’euros pour lancer des appels à projets pour la constitution d’entrepôts de données de santé, ainsi que de réfléchir à la mise en place “du financement (public) et/ou de la financiarisation (privée) de ce secteur d’avenir”.

     

    4️⃣ Former dans l’interdisciplinarité et renforcer l’esprit critique des soignants :

    Le think thank indique que, s’il convient de former les professionnels à l’IA dans chaque domaine, “l’enjeu de la formation est encore plus crucial” pour renforcer les bases et sensibiliser davantage tous les soignants (en formation ou en exercice) :

    • au numérique en santé ;
    • aux données de santé ;
    • et à l’IA, et sur une nouvelle vision de leur métier”.

     

    Si elle est nécessaire, cette formation ne doit pas non plus être un prétexte pour que les professionnels de santé se reposent sur les performances de l’IA. En effet, le groupe de réflexion indique que, dans ce cas de figure, l’usage de l’IA risque à terme “de conduire à une diminution” des connaissances des médecins. Il préconise donc d’ouvrir une réflexion sur la formation “pour passer d’un amoncellement de connaissances à la maîtrise d’un environnement plus compliqué avec de multiples outils et intervenants”.

    5️⃣ Donner du sens, de la visibilité et un devoir de vigilance par la création d’un observatoire indépendant de l’IA et du numérique en santé :

    La création d’un “observatoire indépendant de l’IA et du numérique en santé” est la recommandation ultime du think thank Économie Santé. Un tel organisme devrait permettre “de suivre et d’alerter sur les éventuels retards, les difficultés de tous ordres et aussi les dérives” liés à l’IA en santé.

    Les auteurs recommandent ainsi de mettre en place un observatoire qui n’est pas obligatoirement une nouvelle entité, mais qui doit “être autonome pour ne pas être entaché de conflits d’intérêts” et être à l’écoute de tous “non pas pour sanctionner ou stigmatiser, mais pour débusquer et éclairer les freins au développement de l’IA”. Il pourrait, ajoutent-ils, être géré “par des institutions ou des structures qui, au cours des récentes années, ont montré leur intérêt et leur pertinence en ce domaine”, à l’image de :

     

  • Territoires : quelles actions à mettre en place par les élus locaux pour réussir le déploiement de la e-santé ?

    Principales réflexions des élus sur le numérique en santé

    Selon le rapport de l’ESPT, le déploiement de l’e-santé se fera dans le cadre du plan national pour un numérique inclusif (PNI2), notamment avec les collectivités territoriales que sont les régions, les départements, les intercommunalités et les communes. Les élus locaux assument, eux aussi, la responsabilité de réussir l’adoption de la e-santé ainsi que les ajustements nécessaires pour son utilisation par tous, sur leurs territoires respectifs. Parmi les points clés de la réflexion proposée par l’ESPT sur la e-santé :

    • la centralisation des données : malgré le gain de temps et l’accès aux informations du patient, elle soulève des questions éthiques et juridiques comme la confidentialité et l’utilisation des données ;
    • une approche territoriale indispensable: le développement de la e-santé doit se faire une réflexion approfondie sur les besoins et les réalités de chaque territoire, notamment en termes de couverture numérique, les spécificités locales et les attentes des citoyens ;
    • la lutte contre la fracture numérique : le numérique ne doit pas amplifier les inégalités d’accès aux soins, il faut mettre en place des politiques et des solutions pour que tous les citoyens, dont ceux vivant des zones rurales ou isolées, bénéficient de la e-santé ;
    • le renforcement les collaborations et l’innovation : la e-santé compte sur la contribution des patients, des professionnels de santé, des institutions publiques et privées, des chercheurs et innovateurs.

     

    Les fondations du PN2I

    Le plan national pour un numérique inclusif (PN2I) est une initiative essentielle pour réduire la fracture numérique et garantir l’accès de tous aux services numériques. Sa réussite dépend d’une mobilisation collective des acteurs publics, privés et associatifs, ainsi que d’une collaboration étroite entre les différentes collectivités territoriales.

    Le PN2I lancé en 2018 et renforcé en 2020 a pour objectif d’accompagner les publics éloignés du digital. Voici ces axes principaux :

    • détecter les publics : former les travailleurs sociaux à identifier les personnes en difficulté avec le numérique, sensibiliser à l’inclusion lors des services civiques, développer des outils en ligne pour les sensibiliser à l’identification des besoins ;
    • orienter les publics vers des lieux d’accompagnement : mettre en place le Pass numérique et former les agents d’acceuil à l’orientation des publics vers les lieux adaptés ;
    • accompagner les démarches administratives : encadrer et professionnaliser les aidants numériques et développer des outils/services afin de faciliter les démarches en ligne ;
    • consolider les lieux de médiation numérique : déployer des têtes de réseau locales pour coordonner les actions d’inclusion numérique, créer des Hubs France Connectée pour proposer un accès libre et accompagné aux outils numériques ;
    • outiller et soutenir les dispositifs : proposer des outils d’auto-évaluation des compétences numériques, comme PIX, et mettre à disposition des ressources et des formations destinées aux acteurs de l’inclusion numérique.

     

    Pour articuler le plan, des compétences sont mises en place par les différentes collectivités territoriales :

    • par la région : pour le développement économique et l’inclusion numérique des entreprises ;
    • par le département : pour la solidarité territoriale et l’inclusion sociale des populations fragilisées ;
    • par les intercommunalités : pour la coordination des actions d’inclusion numérique à l’échelle locale ;
    • et par les communes : pour le premier contact avec les usagers et l’installation de services de proximité.
  • Chirurgie : Rofim et Ama santé lancent une solution globale de téléassistance

    Aider les établissements à maintenir leurs activités

    Fruit d’une collaboration entre Rofim et Ama, avec la participation de la chaire d’innovation Bloc opératoire augmenté (Bopa) portée par l’AP-HP, l’Institut Mines Telecom et l’Université Paris Saclay, cette solution de téléassistance chirurgicale couvre les phases pré, per et post-opératoire. Elle est déjà présente dans certains centres de santé à Paris ainsi que chez les ARS et les Grades de Guyane et de Martinique.

    Accessible via un navigateur web, la plateforme offre les avantages suivants :

    • un transfert d’expertise et un maintien d’activité pour les centres requérants ;
    • une extension de l’influence des centres experts et la possibilité d’apporter un second avis pour des situations chirurgicales complexes ;
    • une meilleure prise en charge des patients grâce à l’échange d’expertise chirurgicale à travers plus d’experts, comme l’assistance d’un chirurgien junior au sein d’un CHU ;
    • mais aussi un chiffrage et une sécurisation qui empêchent que les données ne soient conservées.

     

    Les fonctionnalités de cette téléassistance chirurgicale

    Selon ses éditeurs, cette solution favorise les pratiques du bloc opératoire et encourage la coopération entre les centres hospitaliers. Elle propose notamment :

    • une téléexpertise : les centres médicaux peuvent demander un avis spécialisé auprès d’un centre de référence en transmettant le dossier médical et les imageries préopératoires du patient en question ;
    • une assistance d’expert à distance : pendant l’opération, le chirurgien peut partager son point de vue en temps réel avec un expert à distance qui l’assiste grâce à la réalité augmentée (l’expert reçoit divers flux vidéo en simultané et dispose de fonctionnalités avancées, telle que le pointage vidéo, la prise de photos annotées, le zoom, le contrôle de la luminosité et des contrastes…) ;
    • des réunions pluridisciplinaires inter-centres : la solution permet d’organiser des réunions virtuelles entre plusieurs équipes médicales pour discuter de cas complexes.

     

     

  • UK : une application permet aux Londoniens de consulter leurs plans de soins personnalisés (NHS)

    Plus de 55 000 londoniens utilisent déjà l’UCP

    L’UCP est également disponible sur le London Care Record, ainsi que via certains systèmes locaux de dossiers électroniques des patients, ou via un portail web. Introduit en juillet 2022, il est initialement destiné à aider les professionnels de santé à planifier les soins de fin de vie et les soins palliatifs.

    Aujourd’hui, plus de 55 000 habitants de la capitale britannique utilisent l’UCP. La plateforme a, jusque-là, été consultée 290 000 fois par des professionnels de santé, dont 83 000 fois par les services d’urgence.

    Les préférences de fin de vie transmises aux soignants

    L’UCP garantit que les patients reçoivent les soins qu’ils préfèrent lorsqu’ils atteignent la fin de leur vie, y compris la possibilité de mourir dans le contexte de leur choix. En permettant aux gens de consulter leur “plan de soins universels” via l’application du National health service (NHS), “la visibilité et la sensibilisation sont stimulées”, contribuant ainsi “à garantir que les bons soins sont prodigués au bon moment et au bon endroit”, explique Katherine Buxton, responsable clinique de l’UCP. Et d’ajouter : “Cela contribuera à donner aux gens l’assurance dont ils ont tant besoin dans ce qui peut souvent être une période très difficile.”

    A la suite d’un programme pilote, lancé en novembre 2023 dans 20 cabinets de médecins généralistes, les plans de soins ont été consultés 627 fois par les patients via l’application NHS en janvier 2024.

    Comment est élaboré ce plan de soins ?

    L’UCP est un service du NHS permettant à chaque Londonien de partager en ligne ses préférences en matière de soins et de relations avec les professionnels de santé. Après un échange entre le soignant et son patient, un plan de soins est créé à partir des éléments suivants :

    • ce qui est important pour le patient dans son quotidien ;
    • de quel soutien a-t-il besoin et qui est le mieux placé pour leur fournir ;
    • et les informations sur les autres personnes susceptibles de participer à ses soins (famille et proches).

     

    Le plan de soins est ainsi créé et est visible par tous les services de santé, tels que le London Ambulance Service, le 111 et les services de médecins généralistes.

    La technologie utilisée pour l’UCP

    L’UCP offre plusieurs avantages techniques aux utilisateurs du système de santé :

    • un partage d’informations en temps réel entre divers établissements de soins de santé de la région londonienne ;
    • une interopérabilité pour assurer les échanges d’informations entre les différents systèmes informatiques de santé ;
    • une plateforme ouverte de données de santé et des outils “low code” pour créer rapidement des applications de planification dynamique de soins ;
    • un stockage de données centralisé en s’appuyant sur un stockage persistant central, ouvert et sur openEHR, pour garantir l’interopérabilité et la fédération du système ;
    • une réduction de la duplication des données ;
    • et des plans de soins partagés pour établir une variété de parcours cliniques.

    Des développements de l’application mobile et web sont menés par le NHS afin de permettre aux patients de créer et de modifier eux-mêmes leurs plans de soins. Une fonctionnalité qui devrait être disponible plus tard cette année.

     

  • 4 projets innovants (soins, énergie…) partagés par les établissements du groupe Elsan

    De l’expérimentation à la mise à l’échelle

    Ces dernières années, le groupe d’hospitalisation privée, Elsan, accélère son engagement en faveur de l’innovation en santé. Grâce à sa plateforme dédiée, Innolab, des professionnels de santé, des experts en technologie et des partenaires de l’industrie se réunissent pour développer et tester des solutions novatrices. Ce “living lab” vise ainsi à exploiter le potentiel de la technologie et de l’innovation en permettant la transformation d’idées en projets concrets, avec pour objectif ultime d’améliorer la qualité des soins et l’expérience des patients. “Depuis 2019, avec notre Living Lab, nous identifions des meilleures solutions et nous les expérimentons avec les professionnels de santé sur le terrain”, explique Dorothée Moisy-Gouarin, direction Innovation chez Elsan, dans une déclaration exclusive à H&TI.

    Lors de la 6e édition du Live d’Innolab, qui aura lieu le 25 mars 2024 à 18h, et qui portera sur des cas concrets “alliant le meilleur de l’humain et du digital au service du soin”, 4 programmes innovants seront présentés avec des retours d’expérience des établissements du groupe et de ses partenaires. Pour Dorothée Moisy-Gouarin, la force d’un groupe et l’avantage d’une proximité terrain, “c’est de trouver la voie du passage à l’échelle, la solution pour déployer dans tous les établissements. Nous sommes ravis de partager ces 4 retours d’expérience avec l’écosystème.”

     

    👉 Pour assister au Live d’Innolab en distanciel, l’inscription est possible sur ce lien.

     

    4 projets seront présentés au Live d’Innolab

    1️⃣ Des services digitaux intégrés pour guider et accompagner le patient tout au long de son hospitalisation :

    Le parcours patient unifié « Elsan Care », développé par Elsan, vise à proposer une interface utilisateur unique, tout en capitalisant sur les partenaires, solutions et organisations déjà en place. La démultiplication des solutions numériques expertes répondant à de véritables besoins utilisateurs (patients comme professionnels) entraine parfois une expérience patient fragmentée. C’est dans ce contexte que le groupe d’hospitalisation privée a co-construit “Mon espace Elsan Care” avec des partenaires, des professionnels de santé et des patients. Il permet notamment à ces derniers préparer leur hospitalisation et de rester en contact avec l’équipe pendant toute leur prise en charge.

    Aujourd’hui déployé dans 2 établissements, les retours des patients mettent en avant “une expérience plus fluide, claire et accessible“. De leur côté, les professionnels de santé “apprécient la simplicité de l’organisation mise en place et anticipent un meilleur service personnalisé pour les patients“. Selon la directrice Innovation d’Elsan, ce portail patient est “en cours de déploiement dans plusieurs établissements.” Il devrait permettre à terme au groupe d’acquérir de l’autonomie dans l’ajout de services digitalisés qui apportent “une valeur à l’expérience patient”.

     

    2️⃣ Des parcours de soins « phygitaux » pour améliorer la qualité des soins :

    Avec une prise en charge médicale de plus en plus ambulatoire (près de 70 % de l’activité du groupe Elsan) et tournée vers le domicile, “les équipes médicales ont besoin de maintenir le contact avec le patient, besoin exacerbé dans le cadre de traitements aux effets secondaires tels que la chimiothérapie”. Dans ce cadre, Elsan, deuxième acteur de soins en cancérologie en France, a expérimenté au sein du Centre de cancérologie des Dentellières une prise en charge innovante : la télésurveillance lors d’un traitement en chimiothérapie.

    Outre l’outil qui permet de connecter le patient à son équipe médicale en remontant les alertes pertinentes pour sa prise en charge, 2 éléments se révèlent être cruciaux dans le déploiement de cette nouvelle activité :

    • l’approche pluridisciplinaire de l’organisation mise en place avec les oncologues pour renforcer le parcours du patient par ;
    • et le rôle des paramédicaux dans le tri et la qualification des alertes ainsi que dans l’accompagnement et l’écoute des patients.

     

    3️⃣ Le digital indispensable à la coordination des professionnels de santé de l’HAD :

    Pour apporter des solutions pertinentes aux besoins médicaux complexes de l’hospitalisation à domicile (HAD) (notamment en raison de la mobilité en zones rurales et de la diversité des intervenants), Elsan s’est engagé dans une transition vers le tout numérique pour ses HAD. En plus de soutenir sa croissance rapide, son objectif est de garantir sécurité, qualité et réactivité.

    Cela s’illustre avec son choix d’Equasens comme partenaire. Pensées pour la mobilité, deux solutions de cette entreprise ont été déployées “avec succès, améliorant la communication et la qualité des soins dans toutes les HAD d’Elsan” :

    • Domilink, le dossier patient HAD et son application mobisoins ;
    • et PandaLab Pro, outil de coordination incluant une messagerie instantanée et une visioconférence sécurisée.

     

    La polyvalence des outils choisis qui s’adaptent aux organisations et usages des professionnels de santé, ainsi que leur interopérabilité sont “une clef du succès du passage à l’échelle des usages de ces solutions” : aujourd’hui la messagerie instantanée Pandalab est déployée dans 100 % des 18 HAD d’Elsan et plus largement dans 68 établissements du groupe – plus de 3 000 utilisateurs s’y échangent en moyenne 80 000 messages par mois.

     

    4️⃣ S’appuyer sur le digital pour répondre aux enjeux environnementaux de l’hôpital :

    Afin de réduire leur empreinte carbone, Elsan a déployé, grâce à un partenariat avec Eveler, une solution digitale permettant à ses établissements d’avoir “une vue globale de leurs consommations (électricité, gaz, eau) et de les piloter“.

    Portés par les enjeux sociétaux forts, des contraintes réglementaires et des coûts qui n’ont cessé d’augmenter ces dernières années, les organisations de santé sont désormais obligées de travailler sur la diminution de leur consommation énergétique. Dorothée Moisy-Gouarin souligne que l’outil digital n’est qu’un support pour les équipes techniques : “ce sont bien des hommes qui permettent au quotidien ces économies de consommation.” Cela passe en effet par :

    • un plan de sobriété ;
    • des investissements travaux ;
    • une gestion technique ;
    • et une conduite du changement des comportements des usagers et patients.

     

    A l’échelle du groupe, l’ensemble de ces actions a permis des résultats concrets : -10% des réductions de consommations de l’électricité. Elsan voit l’outil Eveler comme “une opportunité de professionnaliser cette nouvelle activité du métier de la gestion technique des bâtiments en vulgarisant et rendant accessible à tous une mesure objective des plans d’actions mis en œuvre.” A terme, il devrait permettre d’instaurer “une veille en routine des dérives techniques ou comportementales.

    Grâce à ce pilotage, les prochaines étapes du plan de sobriété d’Elsan consistent en :

    • la poursuite des programmes de travaux, d’amélioration dans la gestion technique des bâtiments ;
    • davantage d’initiatives de sensibilisation ;
    • et la recherche de solutions innovantes pour maintenir le confort et l’hygiène des patients, tout en réduisant la consommation énergétique.

     

  • Cardio : une étude pour observer l’adhésion thérapeutique dans l’angine de poitrine (Servier)

    La non-observance responsable de plus de 200 000 morts par an

    Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que “plus de la moitié des patients ne prennent pas leurs traitements tels que prescrits” et que ce manque d’adhésion thérapeutique est un problème majeur de santé publique car il a de nombreuses répercussions que ce soit sur les patients ou sur les systèmes de santé. En effet, les mauvais et non respects des prescriptions thérapeutiques peuvent avoir un impact “important sur l’état de santé des patients et leur qualité de vie” explique Servier qui s’est engagé dans le projet Beamer (pour “Behavioral and Adherence Model for improving quality, health outcomes and cost-Effectiveness of healthcaRe“), en plus d’affecter “très significativement les coûts des systèmes de santé, partout dans le monde”. Des chiffres montrent que la mauvaise adhésion thérapeutique est responsable de 200 000 morts prématurées chaque année en Europe et qu’elle représente une perte de 125 milliards de dollars chaque année dans l’Union européenne.

    Pour répondre à ce problème majeur de santé publique qu’est l’adhésion thérapeutique, le consortium européen Innovative Medicine Initiative (IMI) – devenue l’Innovative Health Initiative (IHI) en 2021 – a lancé le projet Beamer. Ce dernier se caractérise par des études pilotes impliquant 18 000 patients européens qui permettront de définir comment se caractérise la non-observance thérapeutique afin d’élaborer des conseils que les acteurs de la santé pourraient transformer en outils et solutions pour améliorer cette observance.  Ce projet n’a pas pour but de se focaliser sur une pathologie en particulier mais sur une grande cohorte de patients afin d’étudier leurs différents comportements, en fonction aussi du type de traitement qui leurs sont prescrits. L’IHI indique cependant qu’il sera possible pour les membres du projet Beamer “d’ajouter des éléments spécifiques à une maladie”.

     

    600 patients souffrants d’angine de poitrine à suivre

    Servier, qui est le seul membre français du projet Beamer, a décidé de lancer en février 2024 une étude de vie réelle qui allait par la suite être intégrée à la base de données de Beamer. Cette étude concerne la pathologie de l’angine de poitrine. L’entreprise française explique que cette étude prospective internationale (car réalisée dans 5 pays de l’UE) a pour objectif “d’évaluer l’efficacité en vie réelle et l’impact sur la qualité de vie d’un médicament chez des patients récemment diagnostiqués, souffrant d’une angine de poitrine non contrôlée par le traitement de première intention”.

    Pour l’occasion, 600 patients vont être suivis pour analyser leur adhésion thérapeutique et seront sollicités pour répondre au questionnaire Beamer afin de récolter ces données. Le groupe Servier indique qu’à ce jour, “plus de 200 patients sont déjà inclus et la quasi-totalité d’entre eux ont accepté de répondre au questionnaire” et que les données déjà collectées vont être transférées à l’IHI dans les prochains mois.

     

  • Data : nouvel AAP « Espaces de données » pour structurer des filières industrielles françaises

    Pour un partage des outils et des données

    Cet appel à projets qui s’inscrit dans le Plan 2030, ainsi que dans la stratégie européenne pour les données, et qui est opéré par Bpifrance pour le compte de l’Etat, doit permettre de favoriser “la circulation dans un cadre de confiance de données de qualité et interopérables entre acteurs inter-intra filière, condition sine qua non pour faire émerger des nouveaux usages de l’économie de la donnée et renforcer la capacité d’innovation de nos filières industrielles”.

    Dans cet objectif, l’AAP sera ouvert à deux profils de candidats et devra donc être porté :

    • soit par une structure représentative de la filière ;
    • soit par un consortium identifiant une entreprise « cheffe de file » et rassemblant des partenaires industriels de toute taille ou des partenaires de recherche.

     

    Deux relèves prévues : en juin et en décembre 2024

    Les candidats pourront proposer des projets qui pourront notamment prendre la forme de plateformes, d’outils collaboratifs, d’interfaces de programmation applicative, permettant aux entreprises s’inscrivant dans une stratégie d’intérêt collectif pour une filière ou plusieurs filières, ou pour un ou plusieurs sous-secteurs d’une filière, de partager des outils et des données dans des domaines aussi variés que la logistique, les achats, l’informatique, l’intelligence économique, les RH, le design, le marketing, la démarche commerciale, la traçabilité des pièces, l’économie circulaire ou l’écologie industrielle, la mobilité, la sécurité et la défense, l’environnement, avec un plan d’affaires dédié”.

    Les inscriptions à l’AAP sont d’ores et déjà ouvertes et accessibles via la plateforme Pixcel de Bpifrance.

    À noter que deux relèves sont prévues : une première en juin 2024 et une seconde en décembre 2024.

     

    L’institut  Mines-Télécom, nouveau coordinateur du Hub France de Gaia-X

    À l’occasion de cette réunion au ministère de l’Économie et des Finances, Marina Ferrari a aussi annoncé que l’Institut Mines-Télécom prenait la tête du pilotage du Hub France de Gaia-X qui “fédère l’écosystème européen du cloud et de la donnée autour de l’enjeu crucial de la confiance”, et cela pour les trois prochaines années.

    Dans le cadre de ses missions, l’Institut s’attachera à :

    • “promouvoir le Hub France et animer ses activités” ;
    • “garantir la coordination du Hub France avec Gaia-X et avec les hubs nationaux” ;
    • “soutenir la participation de la filière française au déploiement de la stratégie européenne et française en matière de données”.

     

  • Etude / Maladies rares : un algorithme facilite la détection du syndrome de Kabuki (Nature)

    Faciliter le diagnostic grâce à l’IA

    La filière santé maladies rares TeteCou décrit le syndrome de Kabuki comme étant “une maladie génétique rare, caractérisée par des malformations d’organes (cœur, rein, œil, oreille, squelette, dent, palais, etc.), des traits du visage particuliers (dysmorphie faciale), un retard de croissance pré et postnatal, un déficit intellectuel (de léger à modéré), des manifestations immunologiques, des anomalies hormonales (ou endocriniennes, notamment un déficit en hormone de croissance et un hyperinsulinisme), une obésité”.

    Cette maladie est difficilement détectable à la naissance et durant l’enfance car la malformation est souvent minime. Le manque d’outils permettant de la détecter entraîne donc une errance diagnostic qui peut entraîner différents types de retards chez l’enfant à cause de son hétérogénéité clinique (malformation, retard intellectuel, anomalie, etc…). C’est pour cela qu’en cas de détection, la prise en charge “est multidisciplinaire, principalement symptomatique et paramédicale et/ou psycho-éducative”.

    Afin faciliter le diagnostic du syndrome Kabuki (qui repose aujourd’hui sur une interprétation des variations morphologiques faciales mineures, qui va par la suite être confirmé par une confirmation génétique) une équipe de chercheurs a mis en place le projet AIDY, qui a réuni les équipes du service de chirurgie maxillo-faciale et chirurgie plastique et du laboratoire forme et croissance du crâne de l’hôpital Necker-Enfants malades, du MAFACE, d’Université Paris Cité, de l’Inserm et de l’Institut Imagine, pour produire une étude sur l’apport de l’intelligence artificielle (IA).

    Des résultats concluants mais qui montrent certaines limites

    Cette étude a été réalisée sur 1 448 photographies faciales frontales et latérales (634 patients) dont 364 photographies de 107 patients atteints du syndrome de Kabuki (KS) réalisées entre 1998 et 2023. Ces photographies viennent d’établissements hospitaliers français (Montpellier, Nantes, Tours, Grenoble) et internationaux (Suisse et Thaïlande) et représentent des patients atteints du KS1 (78 % des patients atteints) et KS2 (22 % des patients atteints) qui ne se manifestent pas par les mêmes symptômes.

    Les premiers résultats de l’étude satisfaisants, puisque le modèle d’IA développé par l’équipe de chercheurs a montré une précision de 95,8 % dans la détection du syndrome grâce à l’analyse du visage de personnes atteintes. Le modèle d’IA a même montré une précision de près de 80 % dans la distinction entre les patients atteints du KS1 et du KS2.

    Un biais d’inclusion réduit l’efficacité de l’algorithme :

    Seuls points noirs de l’étude : l’algorithme a du mal à reconnaître le symptôme de Kabuki sur les patients qui ne sont pas caucasiens. En effet, sur les patients atteints du syndrome, “les ethnies étaient 85 % caucasiennes, 7 % africaines/caraïbes et 8 % asiatiques” et le seul patient non reconnu comme porteur du syndrome alors qu’il l’était vraiment était un individu d’origine africaine. Cela souligne “le manque de données de formation pour les patients non caucasiens” ont indiqué les chercheurs.

    Pour les prochaines études de ce genre, les chercheurs ont donc conseillé de réaliser des séries plus grandes “pour mieux définir les différences phénotypiques entre KS1 et KS2, et la dépendance générale du phénotype à l’origine ethnique”.

     

  • Bilan Himss24 : l’IA et les soins virtuels en progression, les ROI et metrics en question

    Le déploiement de l’IA générative en santé prend de l’ampleur

    Himss24 a fermé ses portes vendredi 15 mars. L’intelligence artificielle (IA) a dominé les stands et les échanges et plus particulièrement l’IA générative. Presque tous les fournisseurs ont des solutions basées sur l’IA, en particulier dans le champ clinique, visant à réduire la charge de travail des équipes soignantes et à augmenter la capacité de prise en charge de patients.

    Il est impossible de nier la domination de l’IA et de l’IA générative, et la rapidité avec laquelle le développement et l’adoption de ces technologies se sont accélérés depuis l’édition précédente de Himss. Les débats sont passés de questionnements existentiels sur l’IA générative en 2023 à des échanges axés sur la façon d’opérationnaliser et de mettre à l’échelle ces technologies afin de contrôler les risques et d’offrir une réelle valeur ajoutée.

    Si les premiers cas d’usage de l’IA générative sont davantage axés sur la réduction des charges administratives (comme la documentation clinique), l’optimisme est également de mise quant à son potentiel d’améliorer la prise de décision clinique et les soins aux patients.

     

    Une avancée pour l’Hôpital virtuel

    Les technologies de soins virtuels visant à fournir des soins de haute criticité, telles que l’hôpital virtuel ou l’hôpital à domicile, étaient également très présentes lors de la conférence. L’un des cas d’utilisation qui gagne le plus de terrain est celui des soins infirmiers virtuels pour les patients hospitalisés, où des infirmières à distance soutiennent l’équipe de soins au chevet du patient.

    Les résultats de certains de ces programmes semblent performants : réduction significative des taux de rotation du personnel infirmier, amélioration des résultats pour les patients (notamment réduction des événements indésirables et de la mortalité) et amélioration de la satisfaction des patients.

     

    Privilégier les enjeux et la collaboration, pas la technologie

    La prolifération des nouvelles solutions qui arrivent sur le marché doit servir les problèmes organisationnels à résoudre ou les résultats à obtenir. L’épuisement des cliniciens est un problème évident et, de plus en plus, la technologie sera un facteur de différenciation pour le recrutement et la fidélisation des cliniciens.  Pour autant, les technologies sont encore peu matures et les ressources financières et humaines pour les mettre en place sont à évaluer avant de se lancer.

    Les organisations qui ont réussi à mettre en œuvre ces technologies émergentes adoptent une approche très mettre en œuvre de nouvelles solutions, en s’appuyant fortement sur l’expérience terrain médical et infirmier, en incluant DSI et direction de l’innovation. Ce changement de culture professionnelle, alliée à celle d’une méthode de gestion projet structurée sur des tests et des résultats courts sont garants des réussites des déploiements.

     

    Trouver les mesures de ROI pour financer la transformation

    Le financement de la santé numérique qui a afflué lors de la crise COVID-19 à l’échelle internationale s’est ralenti partout.

    Pour obtenir l’adhésion des dirigeants à des projets d’investissements dans les technologies, les directeurs financiers doivent pouvoir mesurer les apports des solutions numériques aux organisations des soins et aux attentes des patients.

    Cela passe par l’identification des priorités du système de santé et la construction d’une feuille de route pour y répondre. Le frein numéro un est la frustration des patients en ce qui concerne la programmation de leur prise en charge et de leur parcours de soins. Tout cela avec un parcours digital fluide, donc une interopérabilité et une intégration des solutions pour réduire les temps d’attente, la mise en attente téléphonique et l’absence de capacités de programmation des prises en charge.

    Pour les organisations hospitalières, les métriques identifiées sont :

    • la fidélisation des professionnels de santé à la fois et leur confort de travail ;
    • l’optimisation des capacités et de l’activité ;
    • ainsi que la réduction des coûts inutiles et des risques.