L’intérêt attendu de l’activité de télésurveillance médicale
Selon un rapport de la HAS publié en 2023 concernant la télésurveillance médicale du patient insuffisant cardiaque, basé sur une revue de la littérature réalisée en 2020, la télésurveillance médicale améliore la qualité des soins en permettant un suivi régulier des patients et en facilitant la coordination entre les professionnels de santé. Elle aide à réduire les hospitalisations liées aux problèmes cardiaques, à améliorer la qualité de vie des patients et à diminuer les complications. Sur le plan organisationnel, la télésurveillance impacte :
- le processus de soins : réduisant le recours aux soins et le temps nécessaire pour certains épisodes ;
- les compétences requises des acteurs de santé : favorisant le maintien des patients chez eux ;
- et l’accès aux soins : en tenant compte des facteurs socio-culturels et économiques.
La télésurveillance cardiaque vise, par ailleurs, à identifier les patients à risque, à stabiliser la maladie et à encourager l’implication des patients dans leur traitement.
Des études satisfaisantes réalisées par des éditeurs en France
Satelia Cardio permet de réduire le risque d’hospitalisation :
Le système de télésurveillance développé par la société française Satelia pour les patients souffrant d’insuffisance cardiaque a été évalué en vie réelle dans le cadre d’une étude observationnelle rétrospective et multicentrique. Menée par des chercheurs français et publiés en 2023 dans le Journal of Cardiology and Cardiovascular Medicine, elle révèle que l’algorithme de Satelia Cardio a une valeur prédictive négative à 7 jours de 99,43 %. Cette capacité à identifier les patients à faible risque devrait permettre d’adapter le suivi des patients.
Cette étude démontre donc que l’absence d’alertes est hautement prédictive de l’absence d’hospitalisations. Les médecins pourraient ainsi se concentrer davantage sur les patients qui présentent un risque plus élevé de décompensation, d’événements intercurrents ou d’hospitalisation.
87 % des insuffisants cardiaques satisfaits :
En moyenne, 87% utilisateurs de l’application web de Satelia se disent globalement “très satisfaits” de cette solution numérique. Les résultats d’une enquête déclarative menée par des chercheurs et cliniciens français et publiés en 2023 dans les Annales de cardiologie et d’angéiologie, montrent par ailleurs que ce niveau de satisfaction ne dépend pas de la culture numérique des patients :
- 77 % des patients maîtrisant le numérique se sont dits satisfaits de l’utilisation de l’outil de télésurveillance Satelia Cardio :
- 94 % d’entre eux le trouvaient facile à utiliser ;
- et 97 % le considéraient comme utile pour la prise en charge de leur insuffisance cardiaque ;
- la satisfaction chez les patients ayant une faible culture numérique s’est avérée également très bonne, 97 % se disant satisfaits de la solution :
- 98 % la considéraient facile à utiliser ;
- et 97 % utile dans leur suivi.
Bien que le caractère déclaratif de l’enquête (dont l’échantillon de l’étude n’a pas été randomisé) puisse constituer un biais, les auteurs de l’étude estiment que « l’impact perçu de Satelia Cardio pourrait avoir la même amplitude que les thérapies habituelles utilisées dans l’insuffisance cardiaque chronique ».
Une sous-utilisation mise en évidence
Des chercheurs français issus du service cardiologique de l’hôpital Bicêtre (AP-HP) et du Syndicat national des cardiologues (SNC) mettent en avant la sous-utilisation des solutions de monitoring des patients souffrant d’insuffisance cardiaque, malgré leur “efficacité reconnue”. Des conclusions partagées dans une étude publiée en juillet 2023 dans le Journal of Community Medicine & Public Health (JCMPH).
Les auteurs de l’étude se sont penchés sur le suivi des patients insuffisants cardiaques à domicile et sur les conditions organisationnelles favorisant ou défavorisant la mise en place d’outils de télésurveillance. Réalisée dans 71 centres de cardiologies privées (29,5 %) et publics (70,5 %), cette étude a consisté en un questionnaire qualitatif en ligne soumis aux cardiologues, leur permettant d’exprimer leur perception des freins au déploiement des outils de télésurveillance des patients et leur vision quant aux solutions à mettre en œuvre pour favoriser le déploiement.
Cette sous-utilisation serait ainsi attribuable à plusieurs obstacles, notamment la difficulté d’utilisation pour les patients et les professionnels, le manque de personnel formé pour répondre aux alertes, ainsi que des problèmes réglementaires et de financement. Pour surmonter ces défis, l’étude propose plusieurs solutions, telles que des formations approfondies pour les professionnels de santé, une clarification des conditions d’accès aux services de télésurveillance sur le plan réglementaire, et une meilleure intégration des praticiens de ville dans les protocoles de suivi et une coopération accrue avec eux.
Un intérêt économique déjà démontré
Une équipe, comprenant le Pr Rémi Sabatier du CHU de Caen, le Grandes Normand’E-Santé, Amgen France, l’association Aprice et le bureau d’études spécialisée en santé Cemka, a mené une étude médico-économique (publiée en octobre 2022 dans la revue BMCCardiovascular Disorders) démontrant la rentabilité du programme de télésurveillance Scad (Suivi clinique à domicile), expérimenté auprès de patients insuffisants cardiaques. À court terme, ces pratiques se révèlent moins coûteuses et plus efficaces que les pratiques de soins standards.
Les principales conclusions de l’étude :
- L’efficacité du programme Scad est clairement démontrée par rapport aux soins standards, avec un ratio de coût-résultat de 6 491 € par année de vie gagnée en bonne santé.
- Rendre le programme accessible à tous les patients en France permettrait de générer des économies à court terme grâce à la réduction des hospitalisations.
- L’extension du programme à un plus grand nombre de patients aurait « un impact budgétaire limité mais apporterait des avantages cliniques importants ».
- Le coût total estimé était de 30 932 € dans le cadre des soins standards et de 35 177 € dans le cadre du programme Scad : le surcoût du programme Scad était principalement dû à des coûts de gestion totaux plus élevés, les patients y étant surveillés plus longtemps.
Le surcoût des programmes de télésurveillance :
Les chercheurs expliquent que les programmes de télésurveillance “supportent un coût attribuable à la fois au coût du programme lui-même et à des coûts de gestion plus élevés liés à des coûts ambulatoires plus élevés et à une surveillance plus longue des patients”. Ils précisent que “ce coût est relativement faible par rapport au coût total de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque”.
Le potentiel de l’IA générative dans la prévention en cardiologie
Selon une étude menée par des chercheurs issus de la Clinique de Cleveland (Ohio) et de l’Université de Stanford (Californie), publiée en février 2023 dans le JAMA Network, l’agent conversationnel d’OpenAI utilisant l’intelligence artificielle (IA), ChatGPT, a été capable de répondre de manière pertinente à 21 questions sur 25 portant sur la prévention des maladies cardiovasculaires. Les résultats de ces travaux soulignent le potentiel de l’IA interactive pour améliorer l’éducation des patients et la communication patient-médecin autour des questions courantes relatives à la prévention des maladies cardiovasculaires.







