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  • Quelles stratégies des géants de la tech pour l’IA générative ?

    Des solutions spécialisées dans le domaine de la santé existent, mais la majorité de celles-ci sont développées ou acquises par les géants américains de la Tech. En effet, la course au développement de solutions d’IA générative a connu une hausse spectaculaire en 2023 avec 21,8 Md $ investis, soit une hausse de 407 % en un an.

    Les solutions d’IA générative investies par les acteurs de la tech et leurs partenaires

    Comme vu dans l’indicateur sur les investissements et les levées de fonds dans l’IA générative, les Gafam sont largement en tête dans la course au développement de ces solutions.

    Microsoft investit dans Open IA et développe Nuance en santé

    Parmi les acteurs américains, Microsoft a le plus investi en 2023 en injectant 10 milliards de dollars dans la solution développée par Open IA : Chat GPT. Une déclinaison de cette IA, BioGPT, permet de générer du texte biomédical. L’hébergement des données sera assuré par Microsoft Azure. La société a également développée la solution d’IA générative Nuance (Dax Copilot), permettant de rationaliser les tâches administratives des professionnels de santé pour leur faire gagner du temps. Nuance annonce à Himss 2024 avoir développé des partenariats avec Stanford Medecine pour la prise de notes cliniques, WellSpan Health pour fluidifier les interactions patients-médecins et Providence afin d’utiliser son réseau cloud avec Microsoft Azure.

    En termes de partenariats, Microsoft s’est lié avec des acteurs de l’IA comme Mistral AI, Open IA, Inflection IA et Meta (anciennement Facebook).

    Amazon investit dans Claude 3 développé par Anthropic

    Amazon a investi 4 Md $ dans la solution Anthropic, qui développe le modèle de fondation « Claude 3 » (Haiku, Sonnet et Opus), conçu pour une réactivité quasi instantanée et des expériences d’intelligence artificielle (IA) générative homogènes imitant les interactions humaines.

    Google AI développe Vertex IA et MedLM pour les acteurs du soins

    De son côté, Google créé des applications d’IA générative rapidement et de manière responsable. La société améliore le service client avec les agents virtuels de Contact Center AI et les produits d’IA conversationnelle comme Speech-to-Text. Elle peut créer, déployer et faire évoluer des modèles d’IA plus efficaces avec sa plate-forme de Machine Learning unifiée, Vertex AI. Google a également investi 2 Md $ pour le chatbot Anthropic.

    En cours de test par des clients de Google Cloud, MedLM est basé sur un algorithme de grand modèle de langage (LLM), utilisé par des clients comme la Mayo Clinic, il propose les fonctionnalités suivantes :

    • des réponses aux questions d’ordre médical pour les patients ;
    • une génération automatique de résumés de documents médicaux (compte-rendu de consultation, note sur les antécédents médicaux du patient, etc.) en gardant les informations pertinentes du textes originales ;
    • un API pour classer les radiographies pulmonaires ;
    • un API pour la génération de chronologies dans l’affection des patients ;
    • ainsi qu’une mise à jour des tâches des infirmières aux moments de passation des gardes.

    Google Cloud met cependant en garde en disant que MedLM n’est pas un dispositif médical en tant que tel et doit être validé par un professionnel de santé.

    Meta développe son outil Llama

    Meta possède son outil d’IA générative « Llama », une plateforme ouverte comportant des modèles d’IA, des outils et des ressources pour façonner des modèles. Intégrant du LLM capable de générer du code, et un langage naturel sur le code, à partir d’invites de code et de langage naturel.

    La société détient de nombreux partenariats, aussi bien des acteurs de la Tech que des acteurs de la santé : Linkedin, Cloudflare, Orange, Nvidia, LG, Scale, CNRS, Microsoft, AWS, Dropbox, IBM, Shopify, Surge, Inria, Octo AI, Accenture, Zoom et d’autres.

    Nvidia découvre des nouvelles molécules grâce à Clara Discovery

    Nvidia développe sa technologie Nvidia Clara™ Discovery, regroupe une collection de frameworks, d’outils, d’applications et de modèles pré-entraînés, optimisés et accélérés par GPU pour la découverte de médicaments assistée par ordinateur. Conçue pour prendre en charge les workflows multidisciplinaires, la plateforme Clara Discovery aide les scientifiques et les chercheurs à accélérer la mise sur le marché des médicaments et offre de nouvelles possibilités pour la recherche sur les mécanismes pathologiques.

    Côté partenariats, Nvidia a investi avec Microsoft dans Open IA à hauteur de 1,3 Md $ et financé en partie Databricks, une société anglaise.

    Mistral AI fournit une API avec un haut niveau de raisonnement

    La jeune pousse française née en 2023, Mistral AI, développe des Modèles de langage performants (LLM) qui sont aussi utilisées en santé (Mistral Small, Mistral Large, Mistral Embed). Classé deuxième parmi tous les modèles disponibles via une API, sa solution fournit des capacités de raisonnement de haut niveau.

    La startup a lancé un partenariat de distribution avec Microsoft depuis mars 2024, qui avait investi 15 M € dans sa levée de fonds de 385 M €. Mistral AI a également établi un partenariat avec Capgemini. Elle possède des clients comme BNP Paribas, Orange, CMA CGM, MongoDB, Octo AI, Lamini, Pretto et Cloud flare.

    Les cas d’usage les plus attractifs utilisés en santé

    Dans les différents cas d’usage de l’IA générative appliqués par les acteurs de la tech, nous retrouvons dans le secteur de la santé les entreprises suivantes :

    • l’automatisation des flux de travail manuel avec Google, Microsoft et sa solution BioGPT ;
    • la Documentation des patients informatisés (DPI) avec Microsoft, Mistral AI, Open AI, AWS ;
    • la découverte de nouvelles molécules avec Nvidia (Clara Discovery).

     La GenAI au service des flux de travail d’examen manuel

    L’intégration de la GenAI dans les flux de travail d’examen manuel offre une solution prometteuse pour automatiser ces processus. L’IA générative est employée pour créer des résumés de dossiers médicaux, générer des interprétations préliminaires d’images médicales, et analyser des données de laboratoire pour identifier des tendances ou des anomalies. Ce cas d’usage se concentre sur l’automatisation et l’optimisation des tâches répétitives, permettant aux professionnels de santé de consacrer plus de temps aux aspects critiques de la prise en charge des patients.

    L’automatisation appliquée aux DPI

    La Documentation des patients informatisés (DPI) traités par l’IA générative sont utilisées pour analyser les informations des patients, les publications médicales et d’autres données pertinentes, en vue de créer des documents complets et exacts dans les dossiers de santé électroniques. Ce procédé simplifie et automatise la documentation, ce qui diminue les risques d’erreurs et améliore l’efficacité des professionnels de la santé dans la tenue à jour des dossiers de leurs patients.

    Découverte de nouvelles molécules

    L’IA générative simplifie la création/découverte de nouvelles molécules en variant leurs structures de base tout en préservant les caractéristiques pharmacologiques essentielles. Cette technologie permet aux chercheurs d’explorer de nouvelles possibilités dans le domaine de la chimie, ouvrant la voie à des médicaments potentiels avec des propriétés améliorées et des mécanismes d’action différents.

     

    Synthèse des stratégies GenAI des géants de la tech

    La stratégie d’IA générative de Microsoft :

     

    La stratégie d’IA générative d’Amazon Web Services (AWS) :

     

    La stratégie d’IA générative de Google :

     

  • GenAI en santé : une révolution en cours mais des biais et des limites encore à surpasser (revue de la littérature)

    Des avancées considérables à exploiter

    L’avancée de l’intelligence artificielle (IA) révolutionne le secteur de la santé. Parmi les développements majeurs qui sont en cours, les applications des modèles d’IA générative (IAG), notamment les modèles de transformation (transformer models) et les modèles de diffusion (diffusion models) :

    ➡️ les modèles de diffusion se concentrent sur la génération de données itérative en propageant une distribution de probabilité :

    Il s’agit d’une  autre classe de modèles génératifs utilisés dans le domaine de l’apprentissage automatique. Ils sont souvent utilisés pour la génération et la manipulation d’images et d’autres types de données séquentielles.

    ➡️ tandis que les modèles de transformation sont des architectures de réseau de neurones utilisées pour traiter des données séquentielles, en particulier dans les domaines du traitement du langage naturel et de la vision par ordinateur :

    Il s’agit d’une classe de modèles utilisés dans l’apprentissage automatique (machine learning), plus précisément dans le domaine du traitement du langage naturel (NLP) et de la vision par ordinateur. Il sont particulièrement efficaces pour les tâches de compréhension, de génération et de traduction automatique du langage naturel, mais sont également utilisés dans d’autres domaines tels que la vision par ordinateur.

    En médecine, ces modèles de transformation ont joué un rôle crucial dans l’analyse de diverses formes de données, notamment :

    • l’imagerie médicale (de la reconstruction d’images et leur traduction d’images en images à leur génération et leur classification) ;
    • l’interprétation en radiologie ;
    • l’aide au diagnostic ;
    • l’aide à la décision clinique ;
    • la prédiction de la structure des protéines ;
    • la représentation et la conception de molécules ;
    • la documentation clinique ;
    • ainsi que le codage médical et la facturation.

     

    Dans cet article, Health & Tech Intelligence met l’accent sur les applications de la GenAI dans le domaine de la santé, mais aussi sur les limites et biais de l’utilisation de la GenAI en santé, en réalisant une revue macroscopique de la littérature scientifique de ces dernières années, avec un focus sur les cas d’usage dans 4 segments du secteur :

    • recherche clinique et découverte des médicaments ;
    • organisation de l’offre de soins ;
    • payeurs / assureurs ;
    • pratique médicale (volets administratif et clinique).

     

    Parmi ces cas d’usage, les plus utilisés concernent la prédiction des structures et la conception de molécules, l’imagerie ainsi que l’automatisation de tâches chronophages comme la synthèse ou rédaction de documents médicaux. D’autres cas d’usage de la GenAI mentionnés dans des publications scientifiques sont présentés comme des applications potentielles de cette technologie dans le secteur de la santé, sans qu’il y ait encore de preuves suffisantes de son efficacité.

    Historique des travaux sur la GenAI en santé

    Les modèles génératifs sont apparu dans les années 1950 et ont connu d’importantes évolutions au cours des 10 dernières années, avec le développement l’apprentissage profond et de nouvelles méthodes telles que les réseaux neuronaux. Aujourd’hui, et depuis la naissance du modèle “transformeur génératif pré-entraîné” (GPT) d’OpenAI, la GenAI démontre de plus en plus son efficacité , notamment  dans la production logique de contenu.

    Dans le domaine de la santé, la GenAI attirent tous les regards et notamment ceux de l’industrie. Elle est, en effet, très utilisée pour prédire la structure des protéines (Meyers et al. 2021 et Madani et al. 2023).

    D’importants progrès de la GenAI en santé, ces dernières années

    Il existe plusieurs revues de la littérature concernant les usages de la GenAI en santé (Bohr et Memarzadeh 2020, AlAmir et AlGhamdi 2022, Kazerouni et al. 2023), dont la plupart s’intéressent à une application spécifique de ces technologies, notamment en imagerie. Cela signifie qu’un énorme potentiel est encore à explorer. Mais, de manière générale, les publications scientifiques ont commencé dès 2020, sur différentes bibliothèques en ligne autour de la GenAI en santé. Mais ce n’est qu’en 2022 que leur nombre devient significatif, dépassant les 600 publication par an. Il est à noter que les modèles de transformation ont logiquement la part du lion de ces publications.

     

    Evolution du nombre de publications scientifiques sur l'IA générative en santé
    Evolution du nombre de publications scientifiques sur l’IA générative en santé.

    Une recherche spécifique et très resserrée sur la plateforme américaine Pubmed, concernant les articles traitant du sujet de la GenAI en santé, montre que les premières publications apparaissent déjà en 2022 et évolue exponentiellement en 2023. Durant cette année, Pubmed enregistre au moins 176 publications. Au premier trimestre 2024 seulement, la plateforme présente au moins 140 publications.

    Evolution du nombre de publications scientifiques dédiée spécifiquement à l'IA générative en santé sur Pubmed
    Evolution du nombre de publications scientifiques dédiée spécifiquement à l’IA générative en santé sur Pubmed.

     

    Découverte des médicaments

    Découverte et développement de médicaments :

    L’IA générative offre une solution prometteuse pour la conception de structures moléculaires de novo. Elle peut générer de nouveaux composés, optimiser les candidats médicamenteux et prédire les propriétés des médicaments. Elle permet ainsi de concevoir des modèles moléculaires 1D, 2D et même 3D (Li et al., 2021). Les modèles d’IA générative sont ainsi utilisés pour générer de nouvelles petites molécules, des séquences d’acides nucléiques et des protéines avec une structure ou une fonction désirée (Vert, 2023). En analysant la structure chimique des médicaments réussis et en simulant des variations, ils peuvent produire des candidats médicaments potentiels à un rythme beaucoup plus rapide que les méthodes traditionnelles.

    La prédiction de la fonction des protéines figure parmi les défis du développement de médicaments. Prot2Text est une approche novatrice qui le fait sous forme de texte libre, en générant des descriptions détaillées et précises (Abdine et al., 2023).

    Plus récemment, des chercheurs de l’Université McMaster et de l’Université Stanford ont développé un modèle d’IA générative capable de concevoir des milliards de nouvelles molécules antibiotiques peu coûteuses et faciles à construire en laboratoire (plus de détails dans cet article H&TI). Synthemol est parvenu à inhiber une super-bactérie en laboratoire (Swanson, K., Liu, G., Catacutan, D.B. et al., 2024).

    Optimisation des essais cliniques :

    L’IA générative aide à faire progresser la conception et la validation des protocoles pour les essais cliniques (Mueller et al., 2023). Elle le fait en simulant des essais virtuels avec différents designs, des stratégies de randomisation ou en établissant des critères d’inclusion. Une nouvelle approche pour les essais cliniques propose de générer des données de patients virtuels tout en garantissant théoriquement la confidentialité des données (Gootjes-Dreesbach et al. 2020). L’IA générative peut donc aider à identifier les problèmes éventuels lors des essais cliniques, ce qui peut finalement réduire le temps et le coût du développement de médicaments (Callaway, 2023).

    Prédiction des effets indésirables :

    Les méthodes génératives ont le potentiel de produire de nouveaux composés avec des profils d’effets indésirables attendus. Elles peuvent également favoriser une compréhension plus approfondie de la sécurité des médicaments. Par exemple, le journal BMC Bioinformatics a publié une technique de “empreinte neurale” dans un cadre “d’apprentissage profond concurrentiel” pour la prédiction des effets indésirables de telle sorte que les informations d’étiquetage (relation médicament-effets indésirables) peuvent être utilisées “dans l’étape de conception du processus d’apprentissage automatique” (Dey et al., 2018).

    Augmentation/génération de données synthétiques :

    L’IA générative joue un rôle crucial dans le développement de données de patients synthétiques (réalistes et anonymisées) en créant des points de données artificiels qui capturent les caractéristiques statistiques et les attributs de l’ensemble de données réelles d’origine (Suthar et al., 2022). Des techniques comme les GAN (generative adversarial networks) et les VAE (variational autoencoders) ont évolué pour générer des données tabulaires synthétiques aidant notamment dans la recherche médicale (Jadon & Kumar, 2023). De plus, les GAN peuvent synthétiser les données des dossiers patient informatisés (DPI) ce qui peut être une solution au problème de la confidentialité des données. Enfin, la capacité de générer des données synthétiques avec différentes caractéristiques peut aider chercheurs et cliniciens à explorer diverses hypothèses, ouvrant de nouvelles perspectives (Limeros et al., 2022).

    Identification des biomarqueurs :

    Les biomarqueurs ont un impact significatif sur le diagnostic, le pronostic, le choix du traitement et la surveillance des maladies. L’IA générative accélère leur découverte en créant des biomarqueurs hypothétiques et en les validant ensuite dans des environnements expérimentaux (Nair et al., 2023). Bien que son rôle dans l’identification des biomarqueurs ne soit qu’à ses débuts, l’IA promet des avancées révolutionnaires dans la compréhension du rôle des biomarqueurs et le développement d’une médecine personnalisée.

    Organisation et opérations

    Excellence opérationnelle :

    Les opérations et la gestion des ressources en santé impliquent différents paramètres (allocation des ressources, prédiction de la demande, optimisation des flux de travail, etc.). Les organisations de santé peuvent exploiter la puissance de l’IA générative pour prendre des décisions basées sur les données et optimiser leurs opérations. L’IA générative peut automatiser les processus routiniers de prise de décision (approuver, refuser voire même recommander) en fonction de critères ou de conditions prédéfinis, allégeant ainsi la charge administrative et raccourcissant les délais (Barat et al., 2023).

    Le modèle Dall-e d’OpenAI peut potentiellement être utilisé pour générer des représentations visuelles des aménagements d’un établissement de santé et des plans d’étage des installations de soins, afin d’aider à identifier les axes d’amélioration, à rationaliser les flux de travail et à optimiser l’espace et les équipements. De son côté, ChatGPT, peut planifier des rendez-vous de patients et fournir des mises à jour en temps réel sur les délais d’attente.

    Triage médical :

    En médecine, le triage est défini comme la priorisation des soins aux patients (ou aux victimes de catastrophes) en fonction de leur état, de leur gravité, de leur pronostic et de la disponibilité des ressources. Le triage est utilisé pour identifier les patients nécessitant une réanimation rapide, les affecter à une zone de soins désignée pour prioriser leurs soins et commencer les procédures diagnostiques et thérapeutiques nécessaires.

    En offrant une assistance utile et en améliorant la prise de décision, l’IA générative a le potentiel d’avoir un impact significatif sur le domaine du triage médical (Huang et al., 2023). Elle vise à accélérer la prise de décision en analysant rapidement et avec précision un large éventail d’informations sur les patients (Levine et al., 2023). Le triage médical peut ainsi être optimisé en combinant la force de l’IA générative avec le jugement humain, améliorant la qualité et l’efficience des soins dans des scénarios difficiles.

    Payeurs / assureurs

    Pré-autorisation des assurances :

    Dans certains pays, la pré-autorisation est un mécanisme utilisé par les payeurs de soins (comme les assurance) pour décider s’ils doivent rembourser un service médical ou pas. Bien que des études soient encore nécessaires pour étayer cette opportunité, l’IA générative pourrait potentiellement améliorer cette procédure en l’automatisant : l’examen des demandes nécessite un temps clinique significatif de la part des payeurs. Selon un rapport publié Mckinsey en 2022, les professionnels de santé passent jusqu’à 13 heures par semaine sur cette tâche.

    L’IA générative peut, en outre, aider à organiser les données des dossiers médicaux électroniques, des e-mails, des politiques publiques, des procédures médicales, etc., pour ainsi améliorer l’expérience des prestataires de soins et des patients. Les compagnies d’assurance pourraient déléguer la prise de décision délicate à des médecins hautement qualifiés et automatiser le reste.

    Usages médicaux de l’IAG

    Les succès de ChatGPT :

    • Une évaluation des réponses de ChatGPT aux questions de l’examen médical des États-Unis (USMLE) a obtenu une réussite avec une précision de 60 % (Kung et al., 2023).
    • Une autre évaluation a été réalisée sur ChatGPT 4 qui a passé l’examen du Programme d’évaluation des connaissances en ophtalmologie (OKAP) de l’American Academy of Ophthalmology (Teebagy et al., 2023). Les résultats ont indiqué que ChatGPT 4 pouvait réussir l’examen et surpasser son prédécesseur, ChatGPT 3.5.
    • ChatGPT a également réussi un examen de radiologie (Bhayana et al., 2023). Il a obtenu un score global de 69 % en répondant correctement à 104 questions sur 150.

    Imagerie médicale :

    L’IA générative (GAI) s’est imposée comme une solution prometteuse pour relever les défis de l’imagerie médicale.

    1) Augmentation des données :

    La GenAI peut générer des images synthétiques qui ressemblent aux données des patients, augmentant la robustesse des modèles. Ceci est d’autant plus pertinent dans le cas de maladies rares ou de données manquantes.

    2) Amélioration et reconstruction des images :

    Lorsqu’une image subit une distorsion, l’IA générative peut la réparer. Le modèle de diffusion, DiffMIC, conçu pour la classification des images médicales, élimine les bruits et les perturbations (Yang et al., 2023). Les modèles de GenAI peuvent également produire des images de haute résolution à partir de données de basse résolution en appliquant une approche de “super-résolution”. Les images “super-résolues” sont utilisées pour un diagnostic précis des maladies et une étude détaillée des structures anatomiques (Bing et al.).

    3) Traduction d’images entre modalités différentes :

    Chaque modalité utilise différentes propriétés physiques et techniques d’imagerie pour générer des images (rayons X, échographie, IRM, tomodensitométrie…) et chacune présente des avantages et des inconvénients. La traduction d’images entre modalités convertit des images médicales d’une modalité à une autre tout en préservant ses caractéristiques pertinentes. Cela permet la fusion des avantages spécifiques à chaque modalité et des informations complémentaires. La traduction entre modalités d’images basée sur l’IA générative ouvre de nouvelles perspectives de recherche et d’innovation.

    4) Interprétabilité et explicabilité :

    Les modèles de GenAI aident à atteindre l’interprétabilité et l’explicabilité en imagerie médicale (Susnjak, 2023). L’interprétabilité se réfère à la capacité de comprendre et d’expliquer le processus de prise de décision du modèle d’IA. En imagerie médicale, elle est cruciale car les prestataires de soins et les patients doivent avoir confiance et comprendre les résultats générés. Pour y parvenir, la visualisation est la solution majeure. L’explicabilité indique à l’utilisateur pourquoi une décision spécifique a été prise en fournissant une explication claire et cohérente. Cela rend le processus de prise de décision plus transparent.

    Documentation clinique :

    Des modèles LLM tels que GPT-4 et PALM-2 peuvent être utilisés pour générer des résumés des données des patients (Patel & Lam, 2023). L’IA générative peut également automatiser le processus des demandes d’assurance. L’automatisation de tels processus peut soulager la charge administrative des professionnels de santé.

    Pour améliorer l’efficacité des tâches de NLP, un algorithme peut analyser la mise en page des documents cliniques et en extraire uniquement le texte pertinent à la clinique (Gérardin et al., 2023). Des modèles d’IA générative pré-entraînés sur un grand corpus de texte clinique améliorent plusieurs tâches de NLP clinique en aval, telles que la réponse aux questions et la classification de documents (Lentzen et al., 2022 ; Y. Li et al., 2022 ; Moon et al., 2022).

    En somme, plusieurs études mettent en évidence l’utilité des modèles de transformation et d’autres techniques avancées dans diverses tâches de PNL clinique, telles que la classification de documents, la reconnaissance d’entités nommées et l’extraction d’informations à partir de textes cliniques dans plusieurs langues (Oh et al., 2022 ; Searle et al., 2023 ; Sivarajkumar & Wang, 2022 ; Solarte-Pabón et al., 2023 ; Wei et al., 2022 ; Yogarajan et al., 2021) . Cependant, l’efficacité de ces modèles varie en fonction de la tâche, de la langue et des caractéristiques spécifiques des données, ce qui suggère la nécessité d’une approche adaptée à chaque application.

    Agents conversationnels (chatbots) médicaux :

    L’une des applications importantes de l’IA Générative a été le développement de chatbots médicaux. Les chatbots sont des programmes informatiques polyvalents conçus pour simuler une conversation humaine et fournir des réponses automatisées. Ils peuvent servir d’assistants virtuels pour le soutien et l’engagement des patients, ou de moyen d’éducation thérapeutique (ETP). Ils peuvent répondre aux questions courantes, offrir des conseils et fournir des rappels de médication, à l’image de ChatGPT. Ce dernier peut avoir différentes applications en médecine, de l’aide aux patients en tant qu’assistant virtuel et la tenue de leurs dossiers (Dave et al., 2023). Il peut offrir des conseils préliminaires en posant des questions pertinentes et évaluer, sur la base des informations fournies par le patient, l’urgence et la gravité du symptôme pour fournir des informations générales sur l’étiologie ou la symptomatologie de la maladie, ainsi que sur les mesures d’autosoin et quand consulter un médecin. Il contribue, de ce fait, au triage et l’évaluation des symptômes.

    Un chatbot médical basé sur ChatGPT, appelé Dr GAI (DiagnaMed Holdings Corp.) aide les gens dans un conseil général en santé. Un autre, variante de ChatGPT appelée InstructGPT, peut fournir des instructions précises aux patients, sur l’administration de médicaments, y compris l’ouverture des emballages, le dosage et l’utilisation de dispositifs médicaux spécifiques tels que les seringues ou les compte-gouttes.

    Personnalisation des traitements :

    La GenAI est rapidement passée d’une modélisation prédictive initiale des traitement à une intégration de conditions spécifiques pour des plans de traitement sur mesure. En modifiant les valeurs de différentes conditions, le modèle génère différents plans de traitement adaptés à chaque patient (Buche et al., 2023). Les modèles NLP affinés tels que BERT (Bidirectional encoder representation from transformers) se sont améliorés dans la génération de traitements personnalisés et de plans de soins adaptés, basés sur les données du patient.

    Assistance médicale en santé mentale :

    La GenAI peut effectuer une analyse des émotions en analysant les modèles de texte et de parole et en détectant des indices sentimentaux et émotionnels. Elle contribue à la détection précoce des troubles de santé mentale en analysant de gros volumes de données et en repérant des signes évocateurs de certains troubles. Qui plus est, la GenAI peut signaler les individus susceptible de présenter un haut risque ou de nécessiter une assistance en urgence.

    La dépression, par exemple, peut être diagnostiquée grâce à l’analyse des données multimodales, y compris du texte et de marqueurs vocaux (Yang, 2019). La GenAI peut générer un environnement de réalité virtuelle (VR) immersif pour les patients. Cela ouvre les portes pour une simulation d’une thérapie d’exposition, des techniques de relaxation et des scénarios de gestion du stress.

    Modélisation de l’évolution des maladies :

    Pour modéliser la progression d’une maladie, son développement, ses symptômes et ses effets potentiels sont examinés et prédits au fil du temps. L’IA générative a le potentiel d’être un outil puissant dans ce domaine (Zaballa et al., 2023). En analysant de vastes bases de données de données de patients, de dossiers médicaux et de résultats cliniques, les modèles génératifs peuvent découvrir des motifs et des liens au sein des données et imiter des scénarios de développement de maladies. Ces modèles peuvent produire des trajectoires hypothétiques qui décrivent avec précision le développement des affections tout en tenant compte de diverses variables, telles que la génétique, le mode de vie et les traitements. Cela permet aux praticiens et aux chercheurs d’apprécier les conséquences potentielles de différentes modalités thérapeutiques.

    L’IA générative peut traiter les complexités de la modélisation des tumeurs cérébrales malignes (Liu et al., 2023). Des images radiologiques et des informations sur le traitement permettent des estimations de la croissance tumorale à un moment donné. En fournissant des images générées, des prédictions de croissance tumorale et des estimations d’incertitude, le modèle offre des informations précieuses pour la prise de décision clinique et la compréhension des mécanismes sous-jacents au cours des maladies ainsi que pour l’accélération de la découverte de nouveaux traitements.

    Limites et biais de l’utilisation de la GenAI en santé

    Si la GenAI s’est montrée prometteuse lorsqu’évaluée dans des environnements contrôlés, la tester dans des scénarios réels est indispensable pour déterminer son efficacité. Pour ce faire, plusieurs facteurs doivent être pris en compte, notamment : la fiabilité des résultats, les possibles biais, sa généralisation à des populations différentes, etc.

    Biais et qualité des données :

    Le cadre de l’IA générative produit des résultats basés sur les données d’entraînement fournies par les dossiers de santé et les documents médicaux. Si les données fournies sont biaisées ou de mauvaise qualité, cela conduira à des résultats inexactes. Ces biais de données peuvent s’introduire à n’importe quelle étape du développement et provenir de plusieurs facteurs, (disparités démographiques, variations dans les pratiques de santé ou sous-représentation de populations spécifiques). Les données sont parfois collectées sur internet sans tenir compte des sources potentielles de désinformation ou de biais (Harrer, 2023) ou générées à partir de sources peu fiables.

    Confidentialité des données des patients :

    Dans un contexte médical, les capteurs ambiants collectent des données sensibles des patients (état civil, état de santé, caractéristiques physiques). Si de telles informations sont divulguées, la vie privée des patients risque d’être rendue publique (Martinez-Martin et al, 2021). Les modèles d’IA générative doivent donc accorder aux patients le droit de décider de leur confidentialité et de la quantité d’informations qu’ils souhaitent partager.

    Par ailleurs, les systèmes d’IA générative peuvent être vulnérables aux cyber-attaques, d’où la nécessité d’intégrer des mesures de sécurité dans les solutions proposées.

    Généralisation des données non vues :

    Si les modèles d’IA générative ne parviennent pas à mettre à jour leurs données au fil du temps ou à s’adapter aux nouvelles tendances médicales, ils rencontreront des problèmes de performance lors du traitement de nouvelles données, différentes de celles de leur entraînement.

    Problème d’attribution :

    La difficulté de comprendre les motivations derrière les jugements produits par les modèles d’IA générative en santé est connue sous le nom de “problème d’attribution” associé à son utilisation. Souvent, ces modèles ne peuvent pas être facilement compris ou expliqués, ce qui empêche leur application responsable et efficace dans les environnements de soins. Parce que les modèles d’IA générative fonctionnent comme des boîtes noires complexes, il est difficile d’identifier et de créditer le processus de prise de décision. Cela pose un problème d’attribution.

    Le problème d’attribution soulève également des questions éthiques et légales. Il est essentiel dans le secteur de la santé de pouvoir attribuer la responsabilité des choix effectués. Face à des organisations de santé qui pourraient hésiter à adopter des solutions d’IA générative sans mécanismes d’attribution clairs, plusieurs méthodologies “d’interprétabilité et de compréhensibilité” sont étudiées pour résoudre ce problème.

    Problème de contextualisation :

    La contextualisation consiste à absorber et à prendre en compte les données contextuelles pertinentes lors de la production de sorties d’une IA générative. Cela implique de comprendre le contexte précis, les restrictions et les besoins liés à l’activité, et d’utiliser ces informations pour fournir des résultats plus précis. En tenant compte du contexte, le modèle de GenAI peut fournir des résultats plus appropriés pour le scénario en question. Une autre méthode de contextualisation peut inclure des données plus globales (ressources financières, contraintes de temps, problèmes éthiques et moraux, règles institutionnelles, etc.). En santé, la contextualisation permet de garantir que les sorties générées (diagnostics, recommandations de traitement, dossiers de patients…) sont exactes et conformes aux meilleures pratiques. Sans une contextualisation suffisante, donc, les résultats pourraient ne pas être cohérents.

    Génération d’informations fausses :

    Concrètement, on ne sait jamais si les informations produites par un LLM sont vraies, déformées ou fausses. Et, parce que ce sont des algorithmes probabilistes, ils peuvent proposer des réponses différentes à la même demande si elle est formulée plus d’une fois. Un tel comportement pose un problème de reproductibilité et de fiabilité qui nécessite une surveillance humaine continue du fonctionnement du modèle.

    Dans ce sens, des chercheurs de la Cleveland Clinic Foundation ont mené une étude (article H&TI à lire ici) pour évaluer la capacité de ChatGPT et de Google Bard à fournir des recommandations en matière de médecine préventive. L’IA a présenté des réponses précises dans seulement 30 à 50 % des cas (Kassab et al., 2024).

    Intégration avec les technologies de santé actuelles :

    Les modèles génératifs doivent être compatibles avec les systèmes d’information, les DPI et autres infrastructures informatiques de santé. Un traitement en temps réel des demandes et des résultats exige une architecture informatique efficace et des algorithmes optimisés.

    Manque d’expertise professionnelle :

    Bien que les modèles de GenAI puissent aider à la prise de décision, la responsabilité des soins prodigués aux patients doit être assumée par les professionnels de la santé. Les recommandations de l’IA doivent être prises en compte après une validation appropriée par des cliniciens. Des cadres réglementaires et éthiques bien codifiés sont indispensables pour régir le déploiement des modèles d’IA générative dans le secteur de la santé.

    Coût :

    L’entraînement et la construction de modèles d’IA générative nécessitent des ressources importantes, une expertise et un investissement en infrastructure informatique. Certaines dépenses récurrentes peuvent s’avérer trop coûteuses (mise à niveau des modèles, maintenance du matériel, cybersécurité, formation continue…).

    Éthique :

    Des lois strictes et des organismes de réglementation peuvent protéger le processus global de traitement d’un patient. Un facteur majeur dans les considérations éthiques est la transparence. L’utilisateur doit pouvoir savoir en toute autonomie si la sortie fournie par l’IA est vraie. Il existe également un risque que la dépendance excessive aux LLM entraîne la sous-évaluation du jugement clinique et de la compétence humaine. Bien que les LLM puissent soutenir la prise de décision, ils ne devraient pas remplacer les connaissances, l’expérience ou la capacité de réflexion critique de l’être humain.

    Les systèmes d’IA générative doivent être considérés comme des machines insuffisantes qui ont le potentiel d’augmenter l’efficacité des processus mais qui nécessitent une surveillance humaine étroite.

    __________________________________________________________________________

    Synthèse des cas d’usage avec évaluation de leur maturité

    • En vert, les cas d’usage qui ont été explorés par des études et où l’efficacité e la GenIA est relativement démontrée
    • En orange, les cas d’usage dont le potentiel est encore à explorer et pour lesquels H&TI n’a pas identifié d’études suffisantes à date

     

    Segment Cas d’usage Publications
    Recherche clinique et découverte des médicaments




    Découverte et développement de médicaments Li et al., 2021

    Vert, 2023

    Abdine et al., 2023

    Optimisation des essais cliniques Mueller et al., 2023

    Gootjes-Dreesbach et al. 2020

    Callaway, 2023

    Prédiction des effets indésirables Dey et al., 2018
    Augmentation/génération de données synthétiques Suthar et al., 2022

    Jadon & Kumar, 2023

    Limeros et al., 2022

    Identification des biomarqueurs Nair et al., 2023
    Organisation et opérations Excellence opérationnelle Barat et al., 2023
    Triage médical Huang et al., 2023

    Levine et al., 2023

    Payeurs / assureurs Pré-autorisation des assurances N/A

    Rapport de Mckinsey, 2022

    Pratique médicale

    (volets administratif et clinique)

    Imagerie médicale Yang et al., 2023

     

    Documentation clinique Patel & Lam, 2023

    Gérardin et al., 2023

    Lentzen et al., 2022

    Y. Li et al., 2022

    Moon et al., 2022

    Oh et al., 2022

    Searle et al., 2023

    Sivarajkumar & Wang, 2022

    Solarte-Pabón et al., 2023

    Wei et al., 2022

    Yogarajan et al., 2021

    Agents conversationnels (chatbots) médicaux Dave et al., 2023
    Personnalisation des traitements Buche et al., 2023
    Assistance médicale en santé mentale Yang, 2019
    Modélisation de l’évolution des maladies Zaballa et al., 2023

    Liu et al., 2023

     

    Bibliographie :

    • Li, J. Pei and L. Lai, “Structure-based de novo drug design using 3D deep generative models”, Chem. Sci., vol. 12, no. 41, pp. 13664-13675, 2021.
    • Abdine, M. Chatzianastasis, C. Bouyioukos and M. Vazirgiannis, “Prot2Text: Multimodal protein’s function generation with GNNs and transformers”, arXiv:2307.14367, 2023.
    • Vert JP. How will generative AI disrupt data science in drug discovery? Nat Biotechnol. 2023;41(6):750–1.
    • Mueller, R. B. Parikh and A. Noble, “Evaluating clinical trial inclusion/exclusion criteria from claims using generative artificial intelligence”, 2023.
    • Gootjes-Dreesbach, M. Sood, A. Sahay, M. Hofmann-Apitius and H. Fröhlich, “Variational autoencoder modular Bayesian networks for simulation of heterogeneous clinical study data”, Frontiers Big Data, vol. 3, pp. 16, May 2020.
    • Callaway, “How generative AI is building better antibodies”. Nature. 2023. https://doi.org/10.1038/d41586-023-01516-w.
    • Dey, S., Luo, H., Fokoue, A. et al. Predicting adverse drug reactions through interpretable deep learning framework. BMC Bioinformatics 19 (Suppl 21), 476 (2018)
    • Suthar AC, Joshi V, Prajapati R. A review of generative adversarial-based networks of machine learning/artificial intelligence in healthcare. 2022.
    • Jadon and S. Kumar, “Leveraging generative AI models for synthetic data generation in healthcare: Balancing research and privacy”, arXiv:2305.05247, 2023.
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    • Nair, D. D. Mohan, S. Frank, S. Setlur, V. Govindaraju and M. Ramanathan, “Generative adversarial networks for modelling clinical biomarker profiles with race/ethnicity”, Brit. J. Clin. Pharmacol., vol. 89, no. 5, pp. 1588-1600, May 2023.
    • Barat, P. Soyer and A. Dohan, “Appropriateness of recommendations provided by ChatGPT to interventional radiologists”, Can. Assoc. Radiologists J., vol. 74, no. 4, pp. 758-763, Nov. 2023.
    • Meyers, Joshua, Benedek Fabian, and Nathan Brown. 2021. “De Novo Molecular Design and Generative Models.” Drug Discovery Today 26 (11): 2707–15.
    • Madani, Ali, Ben Krause, Eric R. Greene, Subu Subramanian, Benjamin P. Mohr, James M. Holton, Jose Luis Olmos Jr, Caiming Xiong, Zachary Z. Sun, and Richard Socher. 2023. “Large Language Models Generate Functional Protein Sequences across Diverse Families.” Nature Biotechnology, 1–8.
    • Bohr, Adam, and Kaveh Memarzadeh. 2020. “The Rise of Artificial Intelligence in Healthcare Applications.” In Artificial Intelligence in Healthcare, 25–60. Elsevier.
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    • Teebagy, L. Colwell, E. Wood, A. Yaghy and M. Faustina, “Improved performance of ChatGPT-4 on the OKAP exam: A comparative study with ChatGPT-3.5”, medRxiv, Apr. 2023.
    • Bhayana, S. Krishna and R. R. Bleakney, “Performance of ChatGPT on a radiology board-style examination: Insights into current strengths and limitations”, Radiology, vol. 307, no. 5, Jun. 2023.
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    • Patel SB, Lam K. ChatGPT: the future of discharge summaries? Lancet Digit Health. 2023;5:e107–8.
    • Christel Gérardin, Perceval Wajsbürt, Basile Dura, Alice Calliger, Alexandre Moucher, Xavier Tannier, Romain Bey, “Detecting automatically the layout of clinical documents to enhance the performances of downstream natural language processing”, arXiv:2305.13817. 23, May 2023
    • Grouin C, Grabar N, “Year 2022 in Medical Natural Language Processing: Availability of Language Models as a Step in the Democratization of NLP in the Biomedical Area”. Yearb Med Inform. 2023 Aug;32(1):244-252.
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    • Yang, “Multi-modal depression detection and estimation”, Proc. 8th Int. Conf. Affect. Comput. Intell. Interact. Workshops Demos (ACIIW), pp. 26-30, Sep. 2019.
    • Dave, S. A. Athaluri and S. Singh, “ChatGPT in medicine: An overview of its applications advantages limitations future prospects and ethical considerations”, Frontiers Artif. Intell., vol. 6, May 2023.
    • Huang, L. Neill, M. Wittbrodt, D. Melnick, M. Klug, M. Thompson, et al., “Generative artificial intelligence for chest radiograph interpretation in the emergency department”, JAMA Netw. Open, vol. 6, no. 10, Oct. 2023.
    • M. Levine, R. Tuwani, B. Kompa, A. Varma, S. G. Finlayson, A. Mehrotra, et al., “The diagnostic and triage accuracy of the GPT-3 artificial intelligence model”, medRxiv, Jan. 2023.
    • Zaballa, A. Pérez, E. G. Inhiesto, T. A. Ayesta and J. A. Lozano, “Learning the progression patterns of treatments using a probabilistic generative model”, J. Biomed. Informat., vol. 137, Jan. 2023.
    • Liu, E. Fuster-Garcia, I. T. Hovden, D. Sederevicius, K. Skogen, B. J MacIntosh, et al., “Treatment-aware diffusion probabilistic model for longitudinal MRI generation and diffuse glioma growth prediction”, arXiv:2309.05406, 2023.
    • Harrer, “Attention is not all you need: The complicated case of ethically using large language models in healthcare and medicine”, eBioMedicine, vol. 90, Apr. 2023.
    • Martinez-Martin, Z. Luo, A. Kaushal, E. Adeli, A. Haque, S. S. Kelly, et al., “Ethical issues in using ambient intelligence in health-care settings”, Lancet Digit. Health, vol. 3, no. 2, pp. 115-123, Feb. 2021.
  • Quelle maturité de l’IA générative en santé ? Cas d’usages, publications, marché et solutions

    Après la conférence du Think Tank qui a vu différents intervenants partager leurs retours de Himss24 et discuter de la valeur ajoutée de la GenAI en santé, Health & Tech Intelligence dresse, dans cet indicateur premium, un état des lieux détaillé du déploiement de ces technologies.

    Afin de pouvoir évaluer la maturité de ses différents cas d’usage, des analyses sous différents angles et des cartographies complémentaires sont publiées aujourd’hui.

    Analyses

    Quelles stratégies des géants de la tech pour l’IA générative ?

    Les Gafam investissent tous dans des solutions d’IA générative (GenAI), en particulier dans les grands modèles de langage (LLM), avec des logiciels comme ChatGPT, Claude 3, Llama et Gemini. Développés pour plusieurs usages, ces technologies sont utilisées en santé comme dans l’automatisation des tâches manuelles, les dossiers patient informatisés (DPI) et la découverte des médicaments.

    👉 La suite de cet article est à retrouver ici.

    Quelles dynamiques d’investissements sur la GenAI ?

    Depuis l’avènement de ChatGPT en novembre 2022, l’IA générative connaît un intérêt croissant de la part des géants américains de la tech. En tête, Microsoft investit la plus grande somme avec 10 milliards de dollars dans OpenAI et sa solution ChatGPT en 2023. Cependant, d’autres acteurs comme Google, Amazon, Apple et Meta ont rejoint la course à l’IA générative.

    👉 Plus de détails sur ces dynamiques d’investissement dans cet article.

    Quels cadres éthique et réglementaire ?

    La France prévoit de dépenser 2,22 milliards d’euros pour la diffusion des technologies d’intelligence artificielle (IA) dans les différents secteurs économiques. Et, comme la Chine et les Etats-Unis, la France travaille en Europe sur des mesures visant à instaurer un cadre réglementaire et éthique afin de tirer le meilleure de l’IA générative (GenAI).

    👉 Un tour d’horizon international des politiques publiques et réglementations (France, USA, Chine) à lire ici.

    Quelles recommandations en France et dans le monde ?

    Si aucune loi au monde n’encadre pour le moment clairement l’usage de l’intelligence artificielle générative (GenAI), de par sa complexité et sa nouveauté, de nombreux acteurs ont déjà formulé des recommandations à destination des pouvoirs publics, des établissements de santé ou encore des fournisseurs des solutions technologiques. Etats des lieux.

    👉 Un panorama international des recommandations émises sur la GenAI en santé à retrouver ici.

    Revue de littérature scientifique

    De la découverte des médicaments à l’automatisation des tâches, en passant par l’excellence opérationnelle et la pratique clinique, l’intelligence artificielle générative (GenAI) présente déjà plusieurs cas d’usage en santé. Mais qu’en est-il vraiment ? Qu’en dit la science, à ce jour ? Dispose-t-on d’assez de preuves d’efficacité et de sécurité des modèles de GenAI utilisés en santé ?

    👉 GenAI en santé, une révolution en cours mais des biais et des limites encore à surpasser : une revue de la littérature accessible via ce lien.

    Entretien

    “Des outils mal conçus ou mal perçus entraînent une perte de productivité mais de petites améliorations contribuent à des gains de productivité significatifs lorsqu’elles sont combinées dans le dossier patient”. Automatiser des tâches pour soulager le personnel soignant et améliorer les outils qui leur sont mis à disposition, telle est l’ambition de la plateforme Alakin.

    👉 Entretien : réduire la charge administrative grâce à l’automatisation des tâches par la GenAI : un entretien exclusif H&TI avec le Dr Fabrice Pakin , co-fondateur et CEO de Tech2Heal à lire en suivant ce lien.

    Cartographies GenAI

    Quels cas d’usage de l’IA Gen en santé (segments Pharma, Medtech, financeurs, établissements de santé ) ?

    Les principaux cas d’usage de l’IA générative en santé se portent sur les soins, la recherche biomédicale, les assurances et les technologies médicales (DPI, imagerie, automatisation manuel). Avec 9 cas d’usage principaux dans le secteur, la découverte de molécules et l’automatisation des tâches chronophages sont les deux segments qui concentrent le plus d’entreprises dédiées.

    👉 Cette cartographie des cas d’usage de la GenAI est accessible en cliquant ici.

    Quelles solutions présentes à l’international ?

    Plus de 100 entreprises développant des solutions autour de l’IA générative dans le secteur de la santé sont référencées dans la cartographie dressée par Health and Tech Intelligence. Elle se compose de tous types d’acteurs, avec une majorité de PME. En 2023, les levées de fonds liées à l’IA générative dans le secteur de la santé représentaient plus de 340 selon CB Insights.

    👉 La suite de cet article est à retrouver ici.

    Quelles solutions présentes sur le marché en France ?

    23 solutions d’IA générative sont utilisées ou vont l’être prochainement dans le secteur de la santé français, mais aucune d’elles n’est utilisée en clinique : c’est ce que montre la cartographie dressée par Health and Tech Intelligence. Les cas d’usage sont pour le moment concentrés, comme dans le reste du monde, sur la découverte de médicaments, ainsi que l’analyse et le traitement de la donnée.

    👉 La suite de cet article est à retrouver ici.

    + Synthèse de la conférence et replay 

    La première conférence du ThinkTank Health and Tech pour 2024 s’est déroulée le 5 avril sur le campus de Microsoft. L’objectif principal était d’explorer et de discuter des défis actuels, des enjeux et des opportunités dans le domaine d’IA générative en santé, notamment à partir des solutions et cas d’usages recensés aux Etats Unis, lors de la conférence Himss24 à Orlando.

    👉 La synthèse de cette première conférence du Think Thank de l’année 2024 est à lire ici.

    + Quiz et sondage GenAI

    👉 A retrouver sur la page d’accueil de la plateforme Health & Tech Intelligence.

  • Conférence du Think Tank – Retour HIMSS24 : peut-on avoir confiance dans l’IA générative ?

    La 1ere conférence du Think Tank Health&Tech pour 2024 s’est déroulée  le 5 avril sur le campus de Microsoft. L’objectif principal était d’explorer les défis actuels, les enjeux et les opportunités dans le domaine de la GenAI en santé à partir notamment des solutions et cas d’usages recensés aux Etats-Unis, lors de la Conférence Himss 2024 à Orlando.

    Les échanges ont permis de dresser des idées fortes sur les conditions de la confiance dans la GenAI en santé, les cas d’usages envisagés et la capacité à les déployer en France.

    Garantir le succès de l’IA générative dans le domaine de la santé avec une approche globale

    Anne-Marie Armanteras, présidente du Think Tank Health&Tech a mis en lumière l’évolution rapide et l’impact croissant de l’IA dans le domaine de la santé :

    • La confiance est essentielle pour concilier les promesses fantastiques de l’IA avec les défis pratiques et les besoins des différents acteurs du système de santé.
    • Le succès de l’IA générative dans le domaine de la santé passe par une collaboration étroite entre tous les acteurs impliqués : patients, professionnels de santé, régulateurs et citoyens
    • La transformation du système de santé n’est réelle que lorsque les technologies sont fortement adoptées et  ont un impact massif.

     

    L’IA générative, comprendre la technologie et imaginer ses cas d’usages

    Pierre Lagarde, CTO de Microsoft met en avant les avancées de l’IA générative et son potentiel transformateur dans divers secteurs, en particulier la santé. Les investissements, partenariats et progrès technologiques permettent d’accélérer l’adoption de ces technologies et d’améliorer la qualité des services offerts :

    • Contexte de l’IA générative : Pierre Lagarde souligne le rôle croissant des logiciels dans toutes les entreprises et organisations, et comment l’IA générative accélère cette transformation. Il met en avant deux raisons principales : la compréhension du langage naturel et la transformation des interfaces utilisateur vers des interactions en langage naturel.
    • Investissements et partenariats : Microsoft investit dans la recherche et la technologie pour soutenir le développement de l’IA générative. Des partenariats stratégiques, tels qu’avec OpenAI et Mistral, sont établis pour enrichir les capacités des modèles génératifs.
    • Modèles génératifs : Pierre Lagarde explique l’évolution des modèles d’IA, passant des modèles spécialisés à des modèles de fondation capables de traiter une variété de tâches. Il met en lumière l’importance des recherches sur ces modèles, soulignant l’émergence de modèles plus petits et spécialisés.
    • Transformation des processus : L’IA générative transforme en profondeur les processus grâce à sa capacité à comprendre et générer du langage naturel. Il présente des exemples concrets dans le domaine de la santé, comme l’analyse de texte et la génération de comptes-rendus médicaux.
    • Infrastructure et accélération : Les progrès dans les infrastructures permettent d’entraîner les modèles plus rapidement, réduisant significativement les délais. Cela ouvre la voie à de nouveaux scénarios d’utilisation de l’IA générative, notamment dans la détection de fraudes et l’amélioration de la qualité des services.
    • Détection des fraudes et fiabilité des données : les défis liés à l’authenticité et à la fiabilité des données, notamment dans le domaine médical sont majeurs. Il souligne comment l’IA générative peut contribuer à détecter les signaux faibles et identifier les fraudes en analysant des données structurées et non structurées.

    Construire la confiance dans les solutions d’IA générative », la mise en évidence la nécessité d’une approche équilibrée

    Tenir compte à la fois des avancées technologiques et des impératifs éthiques et réglementaires pour construire la confiance dans les solutions d’IA en santé, mais également identifier les sources de données accessibles pour se garantir des biais, tels sont les points clés partagés lors de la table ronde confrontant Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight, Claude Kirchner, directeur du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE), Pr Guillaume Assié, professeur d’Endocrinologie à Cochin (APHP), et Aymeric Perchant, responsable du pôle compétence innovation et recherche au ministère du Travail, de la santé et des solidarités.

    • Enjeux de confiance : La nécessité de créer la confiance dans les écosystèmes d’IA a été mise en avant, avec l’humain au cœur des dispositifs. Les enjeux de souveraineté et de sécurité des données ont été soulignés, ainsi que la nécessité d’une supervision humaine continue.
    • Cadre réglementaire et politique : Les intervenants ont discuté du cadre réglementaire existant et de son adaptation nécessaire pour accompagner le développement de l’IA générative en santé. Des efforts sont en cours pour réguler les dispositifs médicaux et les données de santé, avec des initiatives telles que le règlement EHDS de l’UE.
    • Accès aux données : Les défis liés à l’accès aux données de santé ont été abordés, notamment la nécessité de garantir la sécurité et la confidentialité tout en facilitant leur utilisation pour la recherche et le développement de solutions d’IA générative.
    • Limites des politiques publiques : Les intervenants ont souligné les décalages entre les politiques publiques et les besoins pratiques sur le terrain, notamment en ce qui concerne le partage des données de santé. Des exemples concrets ont été donnés, mettant en lumière les obstacles à surmonter pour assurer un accès équitable et sécurisé aux données.

    Claude Kirchner a présenté les recommandations du CCNE sur l’utilisation des systèmes d’IA générative en médecine.

    • L’importance d’une adoption prudente de ces technologies par les acteurs économiques et les autorités publiques, avec des évaluations préalables et continues.
    • Les préoccupations environnementales liées à ces systèmes.
    • La nécessité d’une supervision humaine constante dans le domaine de la santé, tout en encourageant la recherche et la souveraineté numérique européenne.
    • L’éthique est un impératif tant pour la biomédecine que pour l’humanisme numérique, et que la compréhension et l’action sur ces enjeux sont cruciales à tous les niveaux.

     

    Les retours de Himss 2024 : points de vue des acteurs 

    Les représentants de deux délégations françaises ont partagé leur observations sur HIMSS24 : Monique Sorrentino, directrice générale du CHU de Grenoble Alpes, Carole Dorphin, directrice des partenariats du Health Data Hub, Emilie Passemard, Responsable du pôle Régulation et conformité, Délégation au numérique en santé (DNS), Cyril Charron, Réanimateur et Président commission numérique CME, AP-HP, Pr. Pascal Staccini, directeur de l’Information Médicale, Université Cote d’Azur, Thomas Klein, Directeur de la Stratégie Technologique, Microsoft, interrogés par Wassinia Zirar (APMnews) et Sandrine Degos (Care Insight).

    Monique Sorrentino et Carole Dorphin ont offert un aperçu complet des défis et des opportunités de la transformation numérique dans le domaine de la santé. Monique Sorrentino a souligné l’importance croissante de l’intégration des données dans les soins, mettant en avant les tendances émergentes telles que la médecine prédictive et la responsabilité populationnelle. Elle a également mis en lumière les différences dans les modèles de financement et d’organisation des soins entre la France et d’autres pays, dimensions à prendre en compte tant sur la capacité à déployer ces solutions qu’à piloter des organisations intégrées.

    Carole Dorphin a mis l’accent sur l’impact crucial des données dans l’optimisation des soins et la gestion hospitalière, en soulignant l’importance de la gouvernance des données et de l’interopérabilité des systèmes. Les deux intervenantes ont souligné l’enthousiasme croissant pour l’intégration de l’intelligence artificielle et des technologies numériques dans les pratiques de santé, tout en reconnaissant les défis persistants liés à la sécurité des données, à l’éthique et à la gestion des partenariats public-privé. Leurs interventions ont mis en évidence la nécessité d’une approche collaborative et centrée sur les données pour relever les défis actuels et améliorer la qualité des soins pour les patients.

    • Monique Sorrentino a souligné l’urgence et l’importance pour les établissements de santé d’adopter et d’intégrer les technologies numériques afin de relever les défis actuels et d’améliorer la qualité des soins. La transformation numérique est perçue comme une opportunité majeure pour repenser les pratiques cliniques et la gestion hospitalière, tout en répondant aux besoins évolutifs des patients et de la population dans son ensemble.
      • l’importance croissante de la data et des technologies numériques dans le système de santé, notamment en ce qui concerne l’automatisation, la personnalisation des parcours de soins et l’amélioration de l’expérience patient ;
      • l’importance des avancées en matière de médecine prédictive et préventive, ainsi que la nécessité d’une meilleure coordination des soins pour répondre aux besoins des patients de manière plus holistique et intégrée ;
      • l’utilisation d’outils numériques pour soutenir la responsabilité populationnelle a été identifiée comme un domaine d’action prioritaire, permettant aux établissements de santé de mieux répondre aux besoins de santé de la population sur leur territoire.
    • En se fondant sur les observations faites lors de la visite à la Cleveland Clinic et les échanges avec le Samsung Medical Center lors Learning expedition, Carole Dorphin met en lumière les progrès significatifs réalisés dans le domaine de la santé numérique, tout en soulignant les défis persistants liés à la gouvernance des données, à l’interopérabilité des systèmes et à l’éthique de l’utilisation des technologies numériques en santé. La collaboration entre les acteurs du secteur public et privé, ainsi que l’adoption d’une approche centrée sur les données, sont essentielles pour relever ces défis et améliorer la qualité des soins pour les patients.
      • l’importance des données dans l’organisation des soins : la visite à la Cleveland Clinic a mis en évidence l’impact crucial des données sur l’optimisation des soins et la gestion des opérations hospitalières. L’utilisation de l’IA pour collecter et analyser les données des patients, des professionnels de santé et des ressources hospitalières permet une meilleure orchestration des soins à travers les différents service ;
      • l’aide au diagnostic précoce grâce à l’IA, avec des avancées significatives dans le déploiement d’outils notamment en radiologie et en cancérologie. Ces outils permettent de détecter plus précocement des anomalies tissulaires invisibles à l’œil nu, ce qui peut avoir un impact majeur sur le pronostic et le traitement des patients ;
      • la gouvernance des données et la gestion des partenariats : une gouvernance structurée autour de la collecte, du partage et de l’utilisation des données est essentielle pour assurer leur sécurité et leur efficacité dans l’amélioration des soins. Les partenariats public-privé, tels que celui entre la Cleveland Clinic et IBM, sont également cruciaux pour développer et déployer des solutions innovantes dans le domaine de la santé numérique ;
      • L’importance de l’interopérabilité des systèmes de santé pour assurer la fluidité et la disponibilité des données aux professionnels de santé. L’intégration des données dans un entrepôt centralisé, accessible et réutilisable, permet aux soignants d’accéder rapidement aux informations pertinentes pour la prise en charge des patients.

     

    Emilie Passemard  a souligné que les États-Unis sont désormais attentifs aux réglementations européennes, voyant le marché européen comme une opportunité commerciale et s’intéressant notamment au RGPD. Elle a également évoqué le projet de règlement européen sur les données de santé, soulignant son importance pour l’harmonisation des pratiques et la facilitation des échanges avec les pays tiers à l’Union européenne.

    Quant aux solutions innovantes observées, Cyril Charron, a été impressionné par l’organisation de la Cleveland Clinic et a noté l’impact du numérique sur les pratiques médicales, en particulier dans les domaines de la sénologie et du diagnostic du cancer du sein. Il a également souligné les défis auxquels sont confrontés les hôpitaux français en termes de moyens et de ressources, notamment en comparaison avec les établissements américains. Cyril a souligné l’utilisation de la télémédecine et des systèmes de surveillance à distance, notant que bien que ces technologies puissent être utiles pour pallier aux pénuries de personnel soignant, leur mise en œuvre doit être réfléchie et éthique.

    Pascal Staccini a partagé ses réflexions et observations sur divers aspects de la visite du Winship Cancer Institute à Atlanta, ainsi que sur les enjeux de la formation des professionnels de santé et de l’intégration des patients dans le processus de soins.

    Thomas Klein a abordé plusieurs points  concernant l’impact de Dax, dans les établissements de santé américains. Dax est présenté comme une solution intégrée dans la suite de Microsoft, permettant de capturer et d’analyser les données lors des consultations médicales. L’intelligence artificielle est utilisée pour extraire les informations pertinentes, ce qui permet d’améliorer l’efficacité des consultations et de réduire le temps administratif. Le bénéfice est notamment un gain de temps pour les soignants, médecins et infirmiers, évalué à 7mn par consultation.

    La conférence a également été l’opportunité de sonder les personnes présentes sur leur niveaux de confiance en GenAI en santé, Découvrez les résultats en infographie.

    Infographie Confiance en GENAi
    Sondage réalisé le 5 avril 2024

     

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  • GenAI : tour d’horizon international des politiques publiques et réglementations (France, USA, Chine)

    La France dans l’attente du déploiement de l’AI Act

    Pour le moment, les pays de l’Union européenne n’ont pas encore mis en place au sein de leur législation nationale des règles concernants le périmètre d’utilisation de l’intelligence artificielle générative. C’est l’AI Act – qui a été définitivement adopté le 13 mars 2024 par les eurodéputés – qui met en place les “premières règles contraignantes et complètes au monde pour une IA fiable” dans la zone de l’Union européenne. Même si le texte doit encore être approuvé en avril 2024 par les 27 membres de l’UE, avant d’être publié au journal officiel de l’UE en mai ou en juin, cette adoption de règles pour les systèmes d’IA est une première mondiale. Ces nombreuses règles seront celles qui régiront la législation française sur l’IA générative, lorsque la loi européenne sera transposée à l’échelle nationale. Plus qu’un ensemble de règles pour les fournisseurs de systèmes d’intelligence artificielle européens, l’IA Act a vocation à s’appliquer aussi aux fournisseurs non européens qui traitent sur le marché de l’UE.

    L’IA générative considérée comme “à haut risque” :

    Après l’adoption de l’IA Act par le Parlement européen le 13 avril dernier – 523 eurodéputés sur 618 ont votés pour -, le Parlement a expliqué que ce règlement “établit des obligations pour les systèmes d’IA en fonction de leurs risques potentiels et de leur niveau d’impact”.

    Pour différencier les systèmes d’IA et décider des règles qui leurs seront applicables, l’AI Act décompose sa réglementation en deux niveaux :

    • les règles qui seront imposées aux modèles d’IA à “usage général” ;
    • les règles qui seront imposées aux modèles d’IA à “haut risque”, dont font partie les systèmes d’IA générative.

     

    Pour l’IA générative, les fournisseurs de ces systèmes devront respecter des règles de transparence – comme la rédaction et mise à jour du processus d’entraînement et d’essai du modèle aux autorités et fournisseurs ultérieurs, ainsi qu’un résumé détaillé des données d’entraînement du modèle – qui sont applicables même aux fournisseurs de modèles à “usage général”,  mais aussi :

    • mettre en place un système de gestion des risques tout au long du cycle de vie du système d’IA à haut risque ;
    • assurer la gouvernance des données, en veillant à ce que les ensembles de données de formation, de validation et de test soient pertinents, suffisamment représentatifs et, dans la mesure du possible, exempts d’erreurs et complets conformément à l’objectif visé ;
    • établir une documentation technique pour démontrer la conformité et fournir aux autorités les informations nécessaires à l’évaluation de cette conformité ;
    • concevoir leur système d’IA à haut risque pour qu’il enregistre automatiquement les événements pertinents pour l’identification des risques au niveau national et les modifications substantielles tout au long du cycle de vie du système ;
    • fournir des instructions d’utilisation aux utilisateurs en aval pour leur permettre de se conformer à la réglementation ;
    • concevoir leur système d’IA à haut risque pour permettre aux déployeurs de mettre en place une surveillance humaine ;
    • concevoir leur système d’IA à haut risque pour atteindre les niveaux appropriés de précision, de robustesse et de cybersécurité ;
    • mettre en place un système de gestion de la qualité pour garantir la conformité.

    La France dans la course de l’IA générative :

    Après sa publication au Journal officiel de l’UE, l’AI Act sera pleinement effectif dans l’Union européenne dans les 24 mois après son entrée en vigueur, sauf l’interdiction des pratiques interdites (6 mois après la date d’entrée en vigueur), les codes de pratique (9 mois après), les règles concernant l’IA à usage général (12 mois après ), et les obligations pour les systèmes à haut risque (36 mois après).

    Les règles de l’IA Act qui concernent l’IA générative seront donc applicables en France dès 2026. Mais avant ça, le Gouvernement français compte bien mettre en place certaines mesures qui vont lui permettre de rester dans la course à l’IA générative face à l’énorme concurrence américaine et chinoise. Dans le cadre de la deuxième phase de la stratégie nationale pour l’IA lancée en novembre 2022, la France a prévu de consacrer 2,22 milliards d’euros pour la diffusion des technologies d’IA au sein de l’économie et l’IA générative est de la partie.

    Le 5 avril 2024, le Gouvernement a lancé l’appel à projets (AAP) “accélération des usages de l’IA générative dans l’économie” qui a pour objectif de “permettre le développement d’outils d’IA générative performants et diffusant dans l’ensemble de l’économie” et fait suite à l’AAP “communs numériques pour l’intelligence artificielle générative”, qui a clôt le 24 octobre 2023 et visait au développement de briques technologiques communes pour l’économie sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA générative “afin de stimuler le développement de produits ou services innovants”. Ces AAP s’inscrivent dans les recommandations faites par la Commission de l’intelligence artificielle au Président de la république qui mettent l’accent sur l’investissement dans l’IA générative.

    Les Etats-Unis ont obtenu des engagements des géants de l’IA générative

    L’Union européenne est donc parvenue a mettre en place les premières règles contraignantes pour l’utilisation et la conception des systèmes d’IA générative. Pourtant, le 30 octobre 2023, le président américain se félicitait d’être à la tête du premier pays à réguler l’intelligence artificielle générative. En effet, Joe Biden a signé ce jour un décret qui impose des obligations aux géants du secteur comme Google, OpenAI ou encore Microsoft. Cependant, ce décret ne contient que des engagements de la part de ces géants et ne comportent pas réellement de règles contraignantes, puisque la Maison blanche ne peut pas édicter des règles législatives car ce pouvoir revient au Congrès américain dont nombre de représentants et de sénateurs bloquent la promulgation de lois contraignantes sur le sujet de l’IA générative.

    Par ce décret, la Maison blanche a obtenu des 15 signataires :

    • de transmettre les résultats de leurs tests de sécurité réalisés lors du développement de leurs modèles d’IA générative, lorsque les projets de développement de ces modèles présentent “un risque sérieux en matière de sécurité nationale, de sécurité économique nationale, ou de santé publique ;
    • de mettre en place des tests standardisés pour évaluer les risques de leur modèle d’IA générative ;
    • d’autoriser les audits indépendants de leurs modèles d’IA générative ;
    • de s’assurer que leurs modèles respectent la vie privée de leurs utilisateurs et n’incluent pas de biais discriminatoires ;
    • de mettre en place un marquage des contenus générés par leurs modèles.

    Un groupe de travail américain pour la rédaction de recommandations :

    Bien que les 15 géants de la tech aient signé ce décret, aucune sanction n’a été prévue dans celui-ci en cas de non-respect des obligations fixées. Les points du décret tiennent donc à l’unique bon vouloir des entreprises qui développent ces modèles d’IA générative.

    Pour aller plus loin dans la réglementation de l’IA générative, la Maison blanche a décidé de mettre en place un groupe de travail composé de parlementaires pour rédiger un rapport. Au sein de ce rapport se trouveront des principes directeurs, ainsi que des recommandations pour permettre aux États-Unis de tirer profit de l’IA générative et de limiter ces risques pour les citoyens américains. C’est un premier pas vers la réglementation de la technologie dans le pays qui déploie le plus de systèmes d’IA générative et qui comporte le plus d’investisseurs dans le secteur. Comme partout dans le monde, cette réglementation est nécessaire, mais ne doit pas être trop contraignante pour permettre un bon développement de la technologie.

    La Chine encadre uniquement l’IA générative accessible au grand public

    L’autre pays qui est fortement dans la course de l’intelligence artificielle générative, c’est la Chine. La plus grande puissance économique asiatique a adopté, le 23 mai 2023, les mesures provisoires pour l’administration des services d’intelligence artificielle générative. On les nomme “mesures provisoires”, parce que les lois chinoises préexistantes sur le sujet prévalent sur ces dernières. Ce texte de 24 articles qui concerne “la technologie d’intelligence artificielle générative pour fournir au public sur le territoire de la République populaire de Chine le service de génération de texte, d’images, d’audio, de vidéo et d’autres contenus” est entré en vigueur le 15 août 2023.

    En vérité, ces mesures ne sont pas très contraignantes. Déjà, elles ne concernent pas les systèmes d’IA générative développés et utilisés par les entreprises, les établissements d’enseignement et de recherche scientifique, ou encore les établissements culturels publics et qui ne fournissent pas leurs services d’intelligence artificielle générative au public national. Seule l’IA générative accessible au grand public est concernée par ces mesures. Ensuite, aucune sanction pécuniaire n’est prévue en cas de non respect de ces mesures, alors qu’un premier projet de mesures avaient instaurés une amende de 100 000 yuans (12 600 euros). Cette mesure a été abandonnée pour ne pas décourager l’innovation des entreprises chinoises développant ces systèmes d’IA générative.

    Sur les 24 articles, seuls quelques uns établissent des règles à direction des fournisseurs des systèmes d’IA générative. Parmi ces règles, on retrouve :

    • l’obligation pour les AI génératives d’adhérer aux valeurs fondamentales du socialisme, de ne pas inciter à la subversion du pouvoir de l’état chinois, de renverser le système socialiste, de mettre en danger la sécurité et les intérêts nationaux, de nuire à l’image du pays, et de promouvoir le terrorisme, l’extrémisme ou la haine raciale ;
    • l’obligation pour les fournisseurs des systèmes d’utiliser des données obtenues que légalement et veiller à ce que leur utilisation respecte les droits de propriété intellectuelle et l’éthique commerciale
    • l’obligation pour les systèmes de ne pas créer des informations fausses et nuisibles et puissent être discriminatoires sur plusieurs plans dont l’origine ethnique, les croyances, le pays, la région, le sexe, l’âge, la profession, ou encore la santé ;
    • l’obligation pour les fournisseurs de prendre des mesures efficaces pour empêcher les utilisateurs mineurs de se fier ou de se livrer de manière excessive à l’utilisation des services d’intelligence artificielle générative ;
    • l’obligation pour les fournisseurs des systèmes d’IA génératives de prendre toutes les mesures qui lui seront possibles – comme l’arrêt de la production, de la transmission d’un contenu généré ou la mise en place d’une optimisation du modèle – dans le cas où son modèle d’IA générative produit un contenu illégal ;
    • la permission pour les utilisateurs de porter plainte contre le fournisseur du système d’IAG lorsqu’il constate que le service qu’il utilise n’est pas conforme aux dispositions des lois, des règlements administratifs et des mesures mises en place par ces articles.
  • Panorama international des recommandations émises sur la GenAI en santé

    Des recommandations émises aux 4 coins du globe

    Cabinets de conseil, organisations mondiales, groupes de travail, académies… aux 4 coins du globe des acteurs ont émis des recommandations pour palier le manque de réglementation sur l’IA générative et permettre à toutes les parties prenantes de tirer le meilleur de cette technologie, que ce soit dans le secteur de la santé ou de manière plus générale.

    Dans le cadre de son indicateur sur l’intelligence artificielle générative, Health & Tech Intelligence dresse un état des lieux des principales recommandations formulées depuis l’émergence de cette technologie en fin d’année 2022. Dans ce panorama, les recommandations pour l’usage de l’IA générative en santé sont traitées avant celles plus générales sur la GenAI. Elles sont également divisées en fonction de leur portée et de leur périmètre : France, Europe, Etats-Unis et monde.

    I – Les recommandations pour l’usage de l’IA générative en santé :

    France et Europe :

    Les recommandations de l’Académie nationale de médecine pour tous les acteurs du système de santé, publics ou privés, aux citoyens et aux pouvoirs publics (mars 2024):

    • Tous les professionnels de santé doivent être formés à l’usage des Systèmes d’Intelligence Artificielle Générative (SIAGen) ;
    • L’usage des Systèmes d’Intelligence Artificielle Générative par les professionnels de santé doit se généraliser : il serait contraire à l’éthique de se passer de l’aide de ces outils ;
    • Il faut absolument éviter de communiquer les données personnelles des patients et des professionnels de santé à des SIAgen dont la maîtrise en France ou en Europe n’est pas clairement établie : il n’y a pas de « petites » données ;
    • Toute utilisation des SIAGen doit faire l’objet d’une supervision humaine et le temps consacré au colloque singulier patient/soignant doit être préservé voire renforcé quels que soient les systèmes numériques utilisés ;
    • La responsabilité des différents acteurs, concepteurs, utilisateurs, doit être clairement déterminée par une réglementation prenant rapidement en compte le règlement européen sur l’IA pour les systèmes numériques en santé ;
    • La cyber sécurité des établissements de santé et des plateformes de données de santé doit être traitée comme une priorité première et absolue ;
    • La propriété intellectuelle des données servant à l’apprentissage des modèles doit être garantie et notamment celle des publications scientifiques ;
    • Les recherches sur les applications en santé des SIAGen doivent être fortement soutenues au niveau national et européen afin de réduire la dépendance aux entreprises étrangères et de progresser vers une souveraineté numérique européenne ;
    • L’utilisation des SIAgen doit se faire dans le respect des principes éthiques, notamment développés dans les avis 3 et 7 du Comité National Pilote d’Ethique du Numérique ;
    • Les impacts environnementaux et énergétique de la conception, la mise en œuvre et l’utilisation des SIAgen en santé doivent être précisément mesurés et pris en compte dans l’évaluation de l’impact environnemental du système de santé.

    Les recommandations du Health Data Institute pour l’IA générative en santé (mars 2024) :

    • Le Healthcare Data Institute recommande, lors de la mise en place de projets (appels d’offres, entrepôts de données, etc.), d’imposer des normes techniques, avec des spécifications fonctionnelles, afin d’assurer la robustesse, l’interopérabilité, la transparence et l’explicabilité pour accroître la confiance.
    • Introduire des modèles spécifiques au monde médical car la complexité du langage médical et des pratiques/contextes cliniques à prendre en compte expose les limites de cette approche et impose l’introduction de modèles spécifiques ;
    • Appliquer absolument les stratégies existantes d’anonymisation et d’identification des risques de données ;
    • Trouver des moyens d’effectuer un audit des données d’entraînement – alors que leur volume excède ce que les capacités humaines peuvent appréhender – pour une meilleure interprétabilité des modèles ;
    • Contrôler la qualité des données utilisées dans une phase de « raffinage ».

    États-Unis :

    Les 4 recommandations de l’American hospital association pour l’IA générative en santé (juin 2023) :

    • Adopter une approche axée sur les personnes et non sur la technologie en recrutant des talents qui pourront à la fois créer et utiliser l’IA et former les personnes de toute l’organisation à travailler efficacement avec les processus infusés par l’IA ;
    • Adopter une approche stratégique et disciplinée pour acquérir, affiner, protéger et déployer les données avant de les utiliser dans les modèles d’IA générative ;
    • Investir dans des bases de données technologiques et durables ;
    • Déployer des systèmes d’IA générative responsable et évaluer les risques éthiques avant même le déploiement.

    Les 5 clés de l’American Academy of Family Physicians pour choisir le bon fournisseur d’IAG pour les hôpitaux (octobre 2023) :

    • Choisir des systèmes d’IA générative adaptés aux flux de travail des établissements de santé qui peuvent fournir des solutions technologiques fiables sur lesquelles les cliniciens peuvent s’appuyer dans leurs flux de travail quotidiens ;
    • Choisir un partenaire qui a une approche responsable de l’IA et demander aux fournisseurs potentiels de partager les détails de leur cadre éthique d’IA pour s’assurer qu’ils prennent leurs responsabilités au sérieux ;
    • Choisir des partenaires qui possèdent une expertise en déploiement et en optimisation et qui peuvent des applications dans le monde réel et les intégrer étroitement aux systèmes de DSE, de planification et de facturation ;
    • S’assurer que les fournisseurs d’IA disposent d’une infrastructure mondiale fiable, surtout en matière de sécurité et de gouvernance ;
    • Choisir un partenaire qui possède une expérience approfondie dans le domaine de la santé et qui peut plus facilement comprendre les défis et les priorités des cliniciens.

    Les principes pour le développement, le déploiement et l’utilisation de l’IA générative en santé par l’American medical association (novembre 2023) :

    • S’il n’existe pas de politique nationale ou de structure de gouvernance pour guider le développement et l’adoption de l’IA non liée aux dispositifs médicaux, l’AMA encourage une approche globale du gouvernement pour mettre en place des politiques de gouvernance qui atténuent les risques pour les consommateurs et les patients ;
    • Déterminer quand et quoi divulguer pour garantir la transparence de l’IA et permettre aux professionnels de la santé et aux patients de comprendre comment l’IA est utilisée dans les soins ;
    • Encourager le développement de politiques et de directives pour l’adoption de l’IA générative, qui peut créer de nouvelles informations à partir de données existantes ;
    • Faire prendre conscience aux médecins de leur responsabilité lorsqu’ils utilisent des technologies basées sur l’IA : ils doivent s’assurer que l’IA répond à des normes rigoureuses pour atteindre les objectifs du quadruple objectif, promouvoir l’équité en santé, prioriser la sécurité des patients et limiter les risques pour les médecins et les patients ;
    • Protéger les données de l’IA et garantir la cybersécurité pour prévenir les violations de la vie privée et les atteintes à la sécurité des patients.

    4 recommandations de McKinsey pour réussir l’intégration de l’IA générative dans le secteur des soins (juillet 2023) :

    • Évaluer le paysage des solutions disponibles pour voir quelles technologies pourraient le mieux servir aux soins et mettre en place des groupes dans les établissements de santé pour voir quelles solutions sont les plus pertinentes pour chaque service ;
    • S’assurer de la fidélité et l’exactitude des données de santé récoltées grâce à des partenariats stratégiques (avec des prestataires, des payeurs ou des fournisseurs de technologies) et des investissements dans l’interopérabilité ;
    • Mettre en place des cadres juridiques qui régissent l’utilisation de l’IA générative dans les établissements de santé afin que garantir la sécurité des données, ainsi que leur partialité et leur équité ;
    • Mettre l’accent sur les personnes et les former en vue de la transformation de leur métier par l’IA générative.

    Monde :

    Les lignes directrices sur l’éthique et la gouvernance de l’IA pour les grands modèles multimodaux (LMM) de l’OMS (janvier 2024) :

    Les gouvernements devraient :

    • Investir dans les infrastructures à but non lucratif ou publiques auxquelles les développeurs des secteurs public, privé ou à but non lucratif ont accès – notamment la puissance de calcul et les bases de données publiques – ou les mettre à disposition, en veillant à ce que les utilisateurs qui y accèdent adhèrent à certains principes et valeurs éthiques ;
    • S’appuyer sur la législation, les politiques et la réglementation pour garantir que les LMM et les applications utilisées en santé et en médecine, indépendamment des risques ou des avantages associés à la technologie d’IA en question, respectent des obligations éthiques et des normes en matière de droits humains, notamment sur la dignité et l’autonomie des personnes ou le respect de la vie privée ;
    • Confier à un organisme de réglementation, nouveau ou existant, la responsabilité d’évaluer et d’approuver les LMM et les applications destinées à un usage en santé ou en médecine, en fonction des ressources disponibles ;
    • Mettre en place des dispositifs obligatoires d’audit et d’évaluation d’impact par des tiers indépendants, notamment en matière de protection des données et de droits humains, lorsqu’un LMM est déployé à grande échelle. Ces audits et études d’impact doivent être publiés et présenter les résultats et les impacts en les ventilant par type d’utilisateur (par exemple selon l’âge, la race ou le handicap).

    Les développeurs de LMM doivent veiller à ce que :

    • Les LMM ne soient pas conçus uniquement par des scientifiques et des ingénieurs. Les utilisateurs potentiels ainsi que l’ensemble des parties prenantes directes et indirectes (y compris les prestataires médicaux, les chercheurs scientifiques, les professionnels de la santé et les patients) doivent prendre part à la mise au point des IA dès les premiers stades, selon des modalités structurées, inclusives et transparentes, et avoir la possibilité de soulever des questions éthiques, de faire part de leurs préoccupations et à faire des observations sur l’application d’IA en question ;
    • Les LMM soient conçus pour exécuter des tâches bien précises avec le niveau de précision et de fiabilité requis pour améliorer la capacité des systèmes de santé et promouvoir les intérêts des patients. Les développeurs doivent également être en mesure de prévoir et de comprendre les conséquences indirectes potentielles de ces systèmes.

    II – Les recommandations générales :

    France et Europe :

    Les recommandations sur l’IA générative dans le rapport au Président de la république (mars 2024) :

    • Repenser la gouvernance des données en facilitant « l’accès aux données à caractère personnel pour permettre leur utilisation dans des innovations thérapeutiques, notamment en supprimant certaines procédures d’autorisation préalable d’accès aux données de santé et en réduisant les délais de réponse de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) » ;
    • Faire de la France un pôle majeur de la puissance de calcul – « ingrédient incontournable de l’IA générative » – en sécurisant sans délai « l’approvisionnement de l’écosystème français par le biais d’une commande européenne de puissance de calcul privée » et en mettant en place un crédit d’impôt IA qui « soutiendrait les projets de recherche et de développement dans la location de la puissance de calcul, sous la condition d’utiliser un centre de calcul établi sur le territoire » ;
    • Mettre en place une infrastructure technique favorisant la mise en relation entre les développeurs d’IA générative et les détenteurs de données culturelles patrimoniales ;
    • Assumer le principe d’une « Exception IA » sous la forme d’une expérimentation dans la recherche publique pour en renforcer l’attractivité ;
    • Investir dans l’observation, les études et la recherche sur les impacts des systèmes d’IA – notamment générative – sur la quantité et la qualité de l’emploi ;
    • Généraliser le déploiement de l’IA – notamment générative – dans toutes les formations d’enseignement supérieur et acculturer les élèves dans l’enseignement secondaire pour rendre accessibles et attractives les formations spécialisées ;
    • Accélérer l’émergence d’une filière européenne de composants semi-conducteurs adaptés aux systèmes d’IA, notamment générative.

    Les 40 mesures du Hub France IA pour la France et l’Europe (février 2024) :

    Pour l’entraînement des modèles :

    • Adresser les difficultés rencontrées par les start-ups pour accéder aux capacités de calcul de l’EuroHPC ;
    • Tirer les leçons de cette expérience pour optimiser les choix d’architecture ainsi que les accès à Jean Zay et d’ici 2025 Jules Verne ;
    • A court-terme, encourager un environnement plus compétitif pour optimiser le coût et les délais d’accès aux GPUs ;
    • A moyen-terme, investir de façon ambitieuse pour établir un écosystème de champions industriels européen pour traiter l’amont de la chaîne de valeur (équipements pour la gravure, gravure, fabrication et commercialisation des cartes graphiques) ;
    • Préparer Jules Verne pour répondre aux évolutions de l’IA anticipées pour 2025-2030, notamment l’hybridation entre simulation physique, apprentissage et génération.

    Pour l’inférence :

    • Inciter les travaux de recherche sur la performance des modèles réduisant le besoin de CPU pour optimiser l’équilibre performance – robustesse – coût d’inférence ;
    • Optimiser l’inférence en capitalisant sur des offres européennes de CPUs présentant le double avantage de la souveraineté et de la frugalité énergétique ;
    • Mettre en place des dispositifs incitatifs pour permettre aux fournisseurs de cloud souverain de mettre à niveau les offres PaaS et GPU et de mettre à disposition des capacités pour l’entrainement et l’inférence à des coûts contrôlés et avec une empreinte écologique maitrisée ;
    • Simplifier les processus d’accès à l’EuroHPC pour les besoins de finetuning/transfer learning.

    Pour l’intégration des IA génératives :

    • Proposer des bacs à sable pour expérimenter et stimuler l’innovation, comme par exemple les « Regulatory Sandboxes » dans le cadre de l’AI Act ou les TEF (Testing and Experimentation Facility), de la Commission Européenne6, et mettre en place les ressources et relais pour encourager les entreprises françaises à utiliser ces dispositifs, qui doivent intégrer ou donner accès à des capacités de calcul importantes ;
    • Favoriser l’émergence de briques d’intégration européennes (LLM Ops, Systèmes d’IA) via une double démarche d’achats publics et d’accessibilité dans les places de marché des hyperscalers et des intégrateurs 2. Stimuler et soutenir la croissance de l’écosystème ;
    • Lancer un « EU foundation model challenge » et accélérer l’initiative « IEC Scale-up Europe » ;
    • Favoriser l’« open source » pour garantir l’indépendance, la souveraineté et baisser les barrières à l’entrée pour les acteurs européens ;
    • Favoriser la concurrence en rendant obligatoire l’accès aux modèles des hyperscalers en dehors de leurs environnements cloud ;
    • Sécuriser un quota fixe de marchés publics pour les startups françaises et adapter les processus de référencement en conséquence (« small business act » dédié à l’IA) ;
    • Favoriser l’achat par les acteurs privés de solutions européennes, en incitant par exemple le fléchage de 10% du budget IT des entreprises sur CAC 40 ou du SBF 120 vers ces solutions, soit environ 10Md par an via une incitation fiscale type CIR ;
    • Développer des places de marché performantes chez les fournisseurs de cloud et les ESN français/européens ;
    • Adresser les problématiques de concurrence et de règles équitables en sécurisant pour les fournisseurs français une présence dans les places de marché des « hyperscalers » ;
    • Adapter le programme IA Booster France 2030 pour accompagner les PME et les ETI dans l’adoption de l’IAG en intégrant les problématiques de coût de développement (ou de licence) ;
    • Flécher le support public vers le développement d’offres B2B pour développer avec les bons talents et les bons outils des produits d’IAG respectueux des règles éthiques et des réglementations européennes, basés sur des modèles plus petits, moins chers à produire, plus frugaux et plus pertinents pour les usages des entreprises 3. Faciliter l’accès aux données dans un cadre de confiance ;
    • Créer des fédérations de bases de données européennes (texte, audio, vidéo) normées et qualifiées pour diversifier et améliorer les modèles de langage et les sécuriser dans un cloud européen souverain et mettre en place des bacs à sable pour l’entrainement hébergés sur ces bases données au GENCI (et autres équivalents européens) ;
    • Mettre en œuvre la proposition du ministère de l’Économie et des Finances d’un marché unique de la donnée avec une place de marché fondée sur un modèle économique permettant d’éviter une spéculation effrénée à l’avantage des acteurs en situation de monopole ;
    • Lancer un chantier transverse sur la gestion des droits d’auteur permettant l’émergence des modèles européens tout en préservant le marché des médias et de la culture, avec un cadre clair et transparent de monétisation de la donnée et des moyens concrets pour le mettre en œuvre.

    Pour accompagner les entreprises dans la gestion des risques et la régulation :

    • Garantir une mise en place équilibrée et progressive de l’AI Act permettant d’associer innovation et protection pour les fournisseurs de modèles ou de systèmes d’IA générative ;
    • Déployer un dispositif d’accompagnement opérationnel des fournisseurs et des consommateurs de solutions pour implémenter l’AI Act et organiser une boucle de retours terrains vers les autorités compétentes afin de faire évoluer le texte sur les mesures les plus problématiques à travers le dispositif d’actes délégués ;
    • Faciliter l’accès à des outils de mise en conformité pour la donnée, les modèles et l’inférence ;
    • Intégrer la taxonomie et les recommandations NIST7 pour se prémunir des risques cyber ;
    • Promouvoir la recherche sur la « trustworthiness » en s’appuyant sur les dispositifs européens existants.

    Pour piloter et optimiser l’empreinte environnementale :

    • Déployer un cadre normalisé pour l’analyse du cycle de vie de l’IA générative intégrant le hardware (serveurs, cartes graphiques, …), l’entrainement et l’inférence ;
    • Valoriser la frugalité des solutions souveraines européennes et l’énergie décarbonée française à un prix accessible comme un atout compétitif ;
    • Acculturer et éduquer les utilisateurs (entreprises et individus) sur les enjeux environnementaux afin d’appuyer l’utilisation de l’IAG uniquement vers les usages qui le nécessitent vraiment (ex. il n’est pas nécessaire d’utiliser des LLM pour faire une simple recherche. Souvent des briques de NLP classiques ou un modèle de classification fine-tuné suffisent largement) ;
    • Accompagner les développeurs de solutions dans l’adoption d’approches plus frugales en fonction des cas d’usage (techniques de « few shot learning », choix de modèles de petite taille…) ;
    • Inciter les fournisseurs de solutions à mettre en place des systèmes automatiques pour orienter vers des modèles pertinents et frugaux par opposition aux modèles les plus puissants ;
    • Limiter la multiplication des solutions et favoriser les solutions open source et partagées afin d’éviter le gaspillage de ressources et la redondance ;
    • Mesurer et piloter l’effet rebond et les incidences sur l’environnement.

    Pour accélérer la montée en compétence afin de favoriser l’adoption de l’IA générative :

    • Favoriser l’enseignement de l’informatique et de l’IA dès l’école primaire ;
    • Établir une cartographie des besoins en compétences IAG au sein des entreprises en fonction de leur typologie et de la typologie des métiers impactés, notamment la transformation des métiers au-delà des métiers IA et IT ;
    • Accélérer le processus de labellisation de nouvelles formations, certifiantes de préférence : parcours d’acculturation, certification de compétence sur les outils d’IA générative, re-skilling à l’échelle (stratégie de massification) ;
    • Promouvoir la transparence des solutions intégrant de l’IAG pour faciliter l’acceptabilité par les utilisateurs ;
    • Mettre en place un observatoire de l’IAG afin de piloter dans le temps l’évolution de l’adoption, des usages, de la prise en main des métiers, des risques et des impacts (productivité, emploi, effets rebonds, environnement) en s’appuyant par exemple sur le projet européen « DeployAI ».

    Les recommandations du Comité national pilote d’éthique du numérique (juillet 2023) :

    1) Sur les enjeux éthiques

    Les transformations technologiques, notamment celles liées à l’IAG, suscitent à la fois espoirs et craintes dans la société. Cependant, la société a du mal à anticiper pleinement les conséquences de ces avancées, soulevant ainsi des questions éthiques et sociales dans les débats sur leur réglementation.

    Le CNPEN recommande :

    • d’analyser éthiquement les choix technologiques lors de la conception des systèmes d’IA générative. Si des tensions éthiques sont détectées, envisager méthodiquement des solutions techniques pour les résoudre, puis évaluer ces solutions dans des contextes d’utilisation réels ;
    • d’éviter les excès de contrôle (overpolicing) des modèles par les concepteurs ;
    • de créer une entité souveraine dédiée à la recherche et à la formation sur « IA, science et société » ;
    • et faire preuve de prudence dans la vitesse d’adoption des systèmes d’IA générative et prévoir des évaluations préalables et continues.

    Par ailleurs, le CNPEN identifie 7 problématiques éthiques pour lesquels il élabore 12 préconisations :

    Rapport à la vérité et absence de signification :

    • Utiliser des sources de qualité pour l’apprentissage des systèmes d’IAG.
    • Tenir compte des effets des choix des hyperparamètres des modèles.

    Manipulation de l’utilisateur sans responsabilité :

    • Évaluer les biais connus des modèles à base de jeux d’essais standardisés.
    • Mutualiser les pratiques d’utilisation des systèmes d’IAG.

    Maintien des distinctions :

    • Implémenter une solution technique, comme un code en filigrane (« watermark« ), pour permettre à l’utilisateur de distinguer le résultat d’un modèle d’une production humaine.
    • Amplifier les recherches sur les codes en filigrane.

    Projection de qualités humaines :

    • Mettre en œuvre des mécanismes de contrôle et de filtrage spécifiques pour réduire la projection des qualités humaines sur les systèmes d’IAG.
    • Informer l’utilisateur des biais potentiels de l’anthropomorphisation.

    Comportements émergents :

    • Étudier les comportements émergents et les effets inconnus des modèles.

    Multilinguisme et dominance d’une langue :

    • Concevoir les systèmes d’IAG dans différentes langues reflétant la diversité des cultures.

    Éducation et conséquences sur l’apprentissage humain :

    • Faciliter la prise en main du système grâce au paramétrage des systèmes d’IA par les utilisateurs.
    • Utiliser les systèmes d’IAG pour l’éducation.

    Question de libre accès et de logiciel ouvert :

    • Conditionner le libre accès des modèles de fondation à la prise de conscience par leurs concepteurs des enjeux d’ouverture et des risques de mésusage.
    • Expliciter et appliquer des critères de transparence et d’évaluation.

    2) Sur les enjeux juridiques

    Les règles juridiques imposées aux systèmes d’IAG et aux modèles de fondation :

    • Considérer les modèles de fondation mis sur le marché et les systèmes d’IAG comme des systèmes à haut risque.
    • Attribuer la responsabilité légale aux fournisseurs des modèles de fondation et aux déployeurs d’applications spécifiques d’IAG à partir de ces modèles, avec une extension de la responsabilité morale aux concepteurs et développeurs.

    Le RGPD en lien avec les systèmes d’IAG :

    • Produire des lignes directrices par le Comité européen de protection des données pour articuler le règlement sur l’IA avec le RGPD, afin de préciser l’interprétation de ce dernier dans le contexte du développement de l’IAG en Europe.

    Le droit d’auteur en lien avec les systèmes d’IAG :

    • Élaborer des règles juridiques et un questionnement éthique sur la collecte, le stockage et la réutilisation des traces linguistiques des interactions entre les modèles de langue et les êtres humains, similaire à l’encadrement des données à caractère personnel.
    • Engager des recherches scientifiques, des réflexions pluridisciplinaires et des discussions entre États sur l’adaptation du droit existant en matière de droit d’auteur aux techniques d’IAG.

    3) Sur les enjeux écologiques et environnementaux

    Impact environnemental de l’IAG :

    • Développer une métrique de l’empreinte environnementale des systèmes d’IAG et des modèles de fondation.
    • Exiger plus de transparence sur les effets sur l’environnement de la part des concepteurs.

    États-Unis

    Les recommandations de l’Information Technology Industry Council (ITI) en réponse aux questions du Comité présidentiel des conseillers en science et technologie pour une meilleure utilisation de l’IA générative aux USA (août 2023) :

    • Mettre en place une politique de transparence de la part des entreprises pour renforcer la confiance des utilisateurs et leur permettre de mieux évaluer les informations générées par l’IA générative ;
    • Utiliser l’IA pour lutter contre la désinformation, notamment en mettant en place des évaluations de la fiabilité des contenus générés ou des approches collaboratives entre différents acteurs pour permettre la traçabilité du contenu numérique grâce à l’utilisation de technologies de détection.

    Monde

    Les lignes directrices de la Commission européenne pour l’utilisation de l’IA générative dans la recherche (mars 2024) :

    Recommandations pour les chercheurs :

    • Rester responsable en dernier ressort de la production scientifique ;
    • Utiliser l’IA générative de manière transparente ;
    • Porter une attention particulière aux questions liées à la vie privée, à la confidentialité et aux droits de propriété intellectuelle lors du partage d’informations sensibles ou protégées avec des outils d’IA ;
    • Lors de l’utilisation de l’IA générative, respecter la législation nationale, européenne et internationale applicable, comme dans le cadre des activités de recherche régulières ;
    • Apprendre en permanence à utiliser correctement les outils d’IA générative pour maximiser leurs avantages, notamment en suivant une formation ;
    • S’abstenir d’utiliser de manière substantielle des outils d’IA générative dans des activités sensibles qui pourraient avoir un impact sur d’autres chercheurs ou organisations.

    Recommandations pour les organismes de recherche

    • Promouvoir, guider et soutenir l’utilisation responsable de l’IA générative dans les activités de recherche ;
    • Surveiller activement le développement et l’utilisation de systèmes d’IA générative au sein de leurs organisations ;
    • Référencer ou intégrer ces lignes directrices sur l’IA générative dans leurs lignes directrices générales de recherche pour les bonnes pratiques et l’éthique de la recherche ;
    • Dans la mesure du possible et nécessaire, développer des outils d’IA générative hébergés localement ou basés sur un cloud géré par les organismes de recherche eux-mêmes.

    Recommandations aux organismes de financement de la recherche

    • Promouvoir et soutenir l’utilisation responsable de l’IA générative dans la recherche ;
    • Examiner l’utilisation de l’IA générative dans leurs processus internes, en s’assurant qu’ils l’utilisent de manière transparente et responsable ;
    • Demander de la transparence aux candidats sur leur utilisation de l’IA générative, facilitant ainsi les moyens de signaler une mauvaise utilisation ;
    • S’impliquer activement dans le paysage de l’IA générative qui évolue très rapidement.

     

  • Quelles dynamiques d’investissements dans la GenAI ? (21,8 Mds$ en 2023)

    Une hausse de 17,5 Mds$ en 2023

    L’investissement dans le secteur a explosé en 2023, passant de 4,3 Md $ en 2022 à 21,8 milliards de dollars selon CB Insights. Au cours de cette année, l’IA générative a fait un bond sans précédent avec 17,5 milliards de plus, par rapport à 2022, une augmentation de 407 %. Parmi les investissements les plus importants, le projet OpenAI avec sa solution Chat GPT, logiciel conversationnel basé sur des grands modèles de langage (LLM) décroche 10 milliards de dollars de la part de Microsoft.

    La solution développée par Anthropic « Claude 3 » est le concurrent direct de Chat GPT, financé par Amazon (4 Md) et Google (2Md), bien que ce dernier développe sa propre solution d’IA générative avec Gemini.

    Une forte domination des géants américains

    Selon Statista, près de 80 startups développant de l’IA générative ont été acquises par les GAFAM depuis 2010. Apple fait la course en tête avec 29 projets, suivies de 15 pour Alphabet détenu par Google, 13 projets de Microsoft, 12 pour Meta et 7 pour Amazon.

    En 2021, Microsoft annonce l’acquisition de Nuance, fournisseur d’IA conversationnelle et d’intelligence clinique ambiante basée sur le cloud pour les établissements de santé, pour 19,7 milliards de dollars. En janvier 2023, Microsoft Nuance annonce le lancement de Dax, une application de documentation clinique totalement automatisée. Les solutions Nuance sont actuellement utilisées par plus de 55 % des médecins et 75 % des radiologues aux États-Unis, et utilisées dans 77 % des hôpitaux américains.

    Parmi les autres acteurs notables de l’écosystème, Nvidia a investie dans deux sociétés proposant de l’IA générative, comme Inflection AI et Databricks, alors qu’ils développent eux-mêmes leur solution, notamment avec Clara Discovery pour découvrir des médicaments assistés par l’IA générative (Deep et Machine learning).

    Côté européen, les deux acteurs d’IA générative sont Aleph Alpha (Allemagne) et Mistral AI (France), deux entreprises ayant levé respectivement 500 M$ et 415 M€. Une volonté de rejoindre la course dans l’IA générative, malgré des investissements encore loin d’être à l’équivalence des entreprises américaines.

    Ces données montrent que l’IA conversationnel et générant du texte est celle qui retient le plus d’attention de la part des géants de la tech depuis 2023, en investissant massivement dans des startups et/ou en développant leurs propres solutions en interne.

    Les 8 plus grandes levées de fonds en 2023-2024

    • Open AI arrive en tête de file avec sa solution ChatGPT avec une levée de fonds de 10 Md $ financé par Microsoft en janvier 2023.
    • Anthropic reçoit 6 Md $ au total : 4 Md $ de la part d’Amazon, utilisera le cloud AWS et 2 Md $ de la part de Google.
    • Inflection AI : 1,3 Md $ financé par un consortium de Microsoft et Nvidia le 29 juin 2023.
    • Databricks : 685 M $ financé en partie par Nvidia le 14 septembre 2023.
    • Abound : la plateforme de service financier intégré à l’IA a levé 600 M € en mars 2023.
    • Aleph Alpha : 500 M $ levée en Série B avec Innovation Park Artificial Intelligence, Bosch Ventures et Schwarz group début novembre 2023.
    • SandboxAQ : 500 M $ financé par Breyer Capital,  Eric Schmidt CEO de Google, T. Rowe Price Associates, Guggenheim Investments, Time Ventures, Section 32, Parkway Venture Capital.
    • Mistral AI : 415 M € investi par General Catalyst, Lightspeed Venture Partners, Bpifrance, ainsi qu’une participation de Nvidia et Salesforce.

     

  • Entretien : réduire la charge administrative grâce à l’automatisation des tâches par la GenAI (F. Pakin, Tech2heal)

    Fondée en  2021, la startup Tech2heal propose la plateforme Alakin, regroupant  des outils numériques pour aux professionnels de la santé. Son but est d’impliquer les patients dans leur parcours de soins et de faciliter la vie quotidienne des soignants. Depuis 2023, l’entreprise se développe en France, mais aussi  au Brésil. Elle compte dans son portefeuille des hôpitaux tels que le CHU de Nice, des grands comptes (Air Liquide, Servier..) ou encore le gouvernement fédéral brésilien.

    Dans le cadre d’un entretien exclusif accordé à Health & Tech Intelligence,Fabrice Pakin , co-fondateur et CEO de Tech2Heal, partage sa vision de l’IA générative, de sa place pour la santé populationnelle  ainsi que des transformations qu’elle implique au sein du système de santé, notamment sur le plan de l’efficience .

    Principales fonctionnalités de la plateforme:

    • planification des rendez-vous : automatisation de la planification des rendez-vous en analysant la situation du patient, sa disponibilité et les plannings des prestataires de soins;
    •  documentation et enregistrement :Utilisation d’algorithmes de traitement du langage naturel (NLP) pour transcrire automatiquement les interactions entre le patient et le fournisseur de soins et remplir les dossiers de santé électroniques  avec les informations pertinentes et codées avec la bonne terminologie d’interopérabilité;
    • gestion des médicaments : aider les équipes de soins dans la conciliation des médicaments, le renouvellement des ordonnances et le suivi de l’observance thérapeutique grâce à des rappels et alertes automatisés;
    • attribution et coordination des tâches : Les algorithmes d’Alakin priorisent les tâches en fonction de l’urgence, de la disponibilité du personnel et des compétences;
    • support de télésanté : Faciliter  les consultations de télésanté en automatisant les rappels aux patients, les questionnaires préalables à la visite et les suivis post-visite.

    Quelle valeur ajoutée avec l’IA générative  ?

    Pour Tech2Heal, c’est un domaine très prometteur, notamment pour automatiser certaines tâches liées aux dossiers des patients, ce qui soulagerait le personnel soignant. C’est une préoccupation majeure . Comprendre les besoins actuels des professionnels de santé, les processus qui leur prennent du temps et comment leur organisation fonctionne est nécessaire.  Les tâches sont décomposées pour mieux les comprendre. Par exemple, au Centre Hospitalier universitaire de Nice, les doubles saisies de données manuelles ont été identifiées et éliminées, ainsi que des tâches apparemment mineures, telles que la préparation de consentements préalables pour les patients avant les consultations, qui peuvent prendre beaucoup de temps. L’objectif n’est pas seulement de résoudre des problèmes immédiats, mais aussi de favoriser un changement culturel.

    La capacité d’enregistrer les consultations, en ligne ou en cabinet, afin d’automatiser la saisie des données dans les dossiers des patients et de créer des notes automatiques pour les professionnels de santé est en cours permet de libérer du temps de qualité lors des consultations, car le médecin n’a plus besoin de se concentrer sur la saisie des données pendant la consultation, mais peut se concentrer pleinement sur le patient. Il y a également de nombreuses demandes concernant la gestion documentaire et l’automatisation du remplissage des documents en extrayant des données des notes dans les dossiers des patients. Alakin utilise également l’intelligence artificielle pour traiter les données de manière à fournir des informations personnalisées aux médecins et aux infirmières, en fonction de leurs besoins spécifiques, ce qui leur permet d’accéder rapidement aux informations pertinentes sans avoir à chercher partout. Par exemple, cela peut inclure des données sur les derniers examens, les réponses aux questionnaires, ou tout autre indicateur pertinent pour la gestion clinique.

    La plateforme a été développée en collaboration avec des équipes de santé publique,  au Brésil, dans de grandes villes ou des villes moyennes, ce qui  permet de  s’adresser spécifiquement à chaque population. Dans le domaine de la santé populationnelle, il y a un réel manque de ressources et de technologies dans les centres de santé. L’objectif avec Alakin est de fournir aux professionnels de santé des outils technologiques leur permettant d’accompagner plus efficacement leurs patients chroniques. Cela inclut des systèmes d’alerte qui favorisent un meilleur flux de patients vers les centres de santé, tout en évitant la congestion des services. En collectant des données, la plateforme fournit également aux autorités, telles que les responsables des centres de santé ou les préfectures, des informations précieuses. Par exemple, les municipalités peuvent accéder à des données agrégées et géolocalisées, ce qui leur permet d’identifier les facteurs de risque dans différentes zones et d’élaborer des stratégies adaptées. Avec des clients comme le CHU de Nice, les équipes travaillent  sur la géolocalisation, la visualisation des données sur des cartes, et l’agrégation de données sociales et environnementales. Cela inclut des informations telles que l’accès aux transports, le taux de chômage, le revenu moyen, ou même le niveau de pollution. En combinant ces données et en les visualisant, les autorités peuvent mieux comprendre les problématiques spécifiques à chaque territoire ou quartier, ce qui est essentiel en santé populationnelle.

    Parfois, des problèmes de santé importants peuvent être identifiés à seulement quelques centaines de mètres de distance. Ceci souligne l’importance de prendre en compte les spécificités locales dans les interventions de santé publique. confie Fabrice Pakin

    Quels sont les projets en cours ou à venir de Tech2Heal dans le domaine de la santé populationnelle (en France et à l’étranger) ? – Quelle est en moyenne la taille des coûts d’intégration ?

    La plateforme est un outil configurable qui permet de créer, de déployer et de gérer divers types de services numériques, par exemple:

    • un dashboard de statistiques populationnelles avec le Centre Hospitalier Universitaire de Nice en cours de déploiement. Des aspects cartographiques et de visualisation sont déjà spécifiés. L’intégration de données provenant de fournisseurs externes, telles que des données sur la qualité de l’air, et sur des dispositifs de surveillance environnementale, tels que des capteurs de pollution, se fera par la suite;
    • une clinique du sommeil;
    • digitalisation d’une clinique en santé mentale: intégration des solutions de psychothérapie numériques sont destinées à être vendues aux cliniques spécialisées en psychothérapie, qui souhaitent numériser leurs services et améliorer le suivi des patients tout en détectant précocement les signes de décompensation;
    • Medical Device : un test urinaire, qui en détectant les pathologies, permet d’adresser et d’accompagner les patients, mais surtout de faire de la prévention.

    Plusieurs projets en cours : l’un concerne le suivi à distance des patients atteints de maladies cardiaques chroniques, tandis que l’autre, en collaboration avec Air Liquide, porte sur l’analyse de données. Dans ce contexte, la plateforme intègre les données de ses clients pour créer des systèmes d’alerte efficaces. Tech2Heal collabore également avec Servier sur l’engagement des patients souffrant de pathologies cardiovasculaires et métaboliques. Ces projets sont spécifiquement axés sur le marché brésilien..

    Nous avons deux obsessions principales. La première est l’automatisation des tâches pour soulager le personnel soignant qui est actuellement très sollicité. Les outils actuels peuvent être très contraignants s’ils sont mal conçus, ce qui entraîne une perte de temps et d’efficacité. Nous pensons que résoudre ce problème est crucial, car cela ne concerne pas seulement le diagnostic, mais surtout l’optimisation du temps pendant les consultations.

    Nous considérons que l’automatisation est un élément majeur pour résoudre la crise actuelle du système de santé. C’est un problème mondial, et même aux États-Unis, des sociétés similaires à la nôtre lèvent des fonds considérables, jusqu’à 70 à 170 millions de dollars, simplement parce que leur plateforme automatise les tâches, en utilisant notamment l’intelligence artificielle.

    La santé populationnelle est un sujet émergent en France, quel modèle économique est le plus pertinent et viable à la fois pour les éditeurs de solutions et pour le système de santé ?

    En France, le modèle économique d’Alakin repose principalement sur la tarification par licence en fonction du nombre de professionnels de santé connectés à la plateforme. Cela leur donne accès à l’ensemble des outils disponibles, tous étant configurables selon leurs besoins. La plupart des outils sont déjà intégrés dans la plateforme, mais Tech2Heal est également capable de développer des fonctionnalités spécifiques en fonction des besoins de chaque client. La philosophie de la startup consiste à rendre ces développements disponibles à l’ensemble de sa clientèle, ce qui favorise la mutualisation des innovations.

    Parfois, il s’agit de petits développements ou de détails, comme la prise de rendez-vous, où il est possible d’intégrer des fonctionnalités pour faciliter le processus, comme l’envoi de documents aux patients via leur application mobile. Par exemple, dans un  CHU, cela peut représenter une économie de 30 à 40 minutes par patient, en évitant aux médecins ou infirmiers de devoir lire une notice d’utilisation pendant la consultation. Ces petites améliorations contribuent à des gains de productivité significatifs lorsqu’elles sont combinées dans le dossier patient.

    Quels sont les freins ou les leviers rencontrés durant les projets de santé populationnelle que vous avez mené ?

    Au Brésil,  l’approche sera davantage celle d’un accélérateur, car l’entreprise prévoit de capitaliser sur la créativité et la richesse des données déjà présentes localement. En revanche, en France, il s’agit d’un projet d’une grande valeur, axé sur la santé populationnelle, en partenariat avec le Centre Hospitalier Universitaire (CHU), qui concerne environ 30 000 patients, couvrant toute la métropole de Nice. Ce projet englobe une variété de territoires, allant des zones privilégiées de Nice aux villages isolés en montagne, en passant par des quartiers plus diversifiés en termes de populations et de cultures, notamment des populations immigrées.

    Le projet est soutenu par huit laboratoires d’innovation, dont ceux spécialisés dans la santé environnementale, les déterminants sociaux et l’usabilité. L’ objectif est de déployer ce projet massivement sur Nice, en ciblant spécifiquement la tranche d’âge de 50 à 70 ans, une population stratégique en termes de prévention, de vieillissement et de dépendance. Il sera ainsi possible de détecter précocement les signes de fragilité et mettre en place des programmes de prévention personnalisés adaptés à chaque territoire.

    Une caractéristique importante de cette approche est l’intégration des acteurs locaux dans la promotion de la santé: des associations, des centres de yoga, des fournisseurs d’activités physiques adaptées, des magasins bio, etc. dans le processus de prévention et de soins. Cela permet une meilleure adhésion des patients, car ils sont directement connectés à ces services via  leur application mobile, ce qui rend la prévention plus concrète et pratique pour eux.

    Les stratégies utilisées pour surmonter les obstacles dans la collecte de données, en particulier dans les régions éloignées :

      • Utilisation de la technologie mobile :
        • Réaliser une application mobile pour soignants en mobilité permettant la collecte de données spécifiques pour permettre aux agents de santé de saisir les informations directement sur le terrain, même en l’absence de connectivité Internet. Joindre une mallette d’objets connectés pour réaliser des procédures de type Echographie, glycémie, pression artérielle, électrocardiogramme, …
        • L’application mobile en hors ligne peut stocker les données localement et les synchroniser automatiquement une fois une connexion Internet disponible.
      • Formation et engagement communautaire :
        • Former et impliquer les membres de la communauté locale pour collecter les données de santé auprès de leurs pairs, en utilisant des méthodes participatives telles que des groupes de discussion ou des séances de sensibilisation.
        • Établir des partenariats avec des organisations locales, des chefs de village et des représentants communautaires pour obtenir leur soutien et leur participation active à la collecte de données.
      • Utilisation de techniques de support :
        • Mettre en place des programmes de support permettant aux agents de santé locaux de se connecter à distance avec des experts médicaux pour obtenir des conseils et des orientations sur la collecte de données et la prise en charge des patients.
        • Intégrer dans l’app patient les objets connectés et la prise de signes vitaux par l’appareil photo pour surveiller à distance les paramètres de santé des patients, tels que la pression artérielle ou la glycémie, et transmettre les données aux professionnels de santé pour évaluation.