Le Ségur du Numérique en Santé a été mis en place dans l’objectif de généraliser le partage des données de santé entre professionnels de santé et avec le patient pour mieux prévenir et mieux prendre en charge.
La vague 1 du Ségur sur l’imagerie s’est terminée en décembre 2023 et a permis l’alimentation de Mon espace santé en compte rendus radiologiques :
- 9 RIS référencés,
- des mises à jour installées sur 851 sites pour un financement de 13 M€,
- avec une représentation de 75% des sites libéraux et 60% des sites publics.
En décembre 2023, le flux mensuel de documents radiologiques envoyés dans le DMP était de 18M, et de près de 25 M en mars 2024 (source ANS).
La vague 2 lancée début 2024 a pour objectif l’évolution des RIS pour la consultation des images grâce à la mise en place de DRM-M (Data Radiologie Imagerie Médicale & Médecine nucléaire), qui a comme objectif la création d’un réseau unique et national de partage d’images médicales. Le projet DRIM-M doit s’appuyer sur le DMP et permettre aux professionnels d’accéder aux images, ainsi que pour les patients au travers de Mon espace santé.
Un projet collaboratif, avec des objectifs d’usages cliniques
Le partage d’images est encore sous développé aux regard des autres données médicales.
Le projet DRIM-M résulte d’un partenariat unique entre radiologues (G4, FNMR, SFR), médecins nucléaires (CNPMN (conseil national professionnel de médecine nucléaire) et pouvoirs publics. Il renforce la contribution des radiologues et médecins nucléaires aux plans nationaux en cours.
Tous les protagonistes du projet saluent le travail constructif réalisé en commun : les professionnels de santé soulignent la qualité d’écoute et d’interaction de leurs interlocuteurs institutionnels, et ceux-ci lient l’avancée rapide et positive du projet à l’implication des professionnels de santé. Les professionnels soulignent l’excellente compréhension du terrain de leurs interlocuteurs, leur capacité à adapter les outils aux professionnels. Cet accompagnement dure également dans la mise en œuvre, la formation, l’information.
Le projet DRIM-M est un projet d’usages, avec en particulier la possibilité :
- Pour le radiologue, le médecin nucléaire, ou le spécialiste ayant besoin des images natives, d’ importer l’examen dans son environnement DICOM afin de comparer et post traiter.
- Pour les professionnels de santé, le médecin demandeur:
- De visualiser un examen réalisé n’importe où sur le territoire au travers d’un lien présent dans le compte-rendu.
- Permettre d’accéder aux antériorités du patient
- Pour le patient : Pouvoir consulter les images au travers de Mon espace santé, en y accédant comme toutes les autres données médicales, et y accéder en tout lieu à tout moment
Les radiologues utilisateurs soulèvent les questions suivantes :
- Le retour aux utilisateurs sur les usages : il n’y a pas de feed back aux radiologues à la suite de l’envoi des comptes rendus sur mon espace santé (Ségur 1): combien y a-t-il de connections et qui se connecte, combien de visualisation ? par quels profils…
- Le radiologue doit donner un avis de conduite à tenir, pas toujours simple à gérer avec l’automatisme. Une proposition peut être de mettre en place un garant humain dans des situations complexes (proposer une téléconsultation)
- Pour les « cas graves », les images et le compte rendu sont disponibles dès la validation du radiologue ou médecin nucléaire : le patient peut ainsi être confronté à une « mauvaise nouvelle » avant que son médecin prescripteur n’ait eu le temps de lui parler. Des solutions potentielles sont en cours de discussion : masquage, mise en place d’un délai, flag d’alerte…
- Importance de la bonne volonté à faire des différents acteurs : il a été parfois constaté lors de la réalisation de tests entre solutions numériques, de la lenteur ou de l’absence de réaction de professionnels (établissements).
- Quid des images de téléradiologie qui ne sont actuellement pas intégrées?
- Restent toujours des questions « techniques » : réseaux, flux, débit, cybersécurité
” le projet a bien avancé, se réalise et devient opérationnel en pratiquement deux ans, grâce à la présence à la DGOS d’experts ayant travaillé en entreprise, connaissant et comprenant les logiques industrielles, métier public et privé.” Jean-Philippe Masson, président de la FNMR.
Usages de la DRIMbox
Pour mettre en oeuvre ce partage, le projet DRIM M repose sur des solutions techniques DRIM Box. La FNMR, investie dans le projet dès les premiers jours, a tenu à une complète interopérabilité des solutions : la DRIM Box sera indépendante du RIS ou autres logiciels en place sur le site d’imagerie, et ne pourra pas être la base de marchés captifs. Après deux années de conception, le projet DRIM-M est entré sa dimension opérationnelle avec la communication aux éditeurs des premières spécifications techniques et des conditions financières.
Une solution technique unique, sans base nationale de stockage d’images
Initiée en 2021, la phase de conception touche à la fin d’une première étape, prolongée par la mise en place d’une composante forte de sécurité avec l’intégration de l’authentification des professionnels via pro Santé Connect . Financé dans le cadre de la vague 2 du Ségur, le dispositif va rentrer dans sa mise en œuvre opérationnelle dans le second semestre 2024.
La solution retenue est novatrice : la France est le seul pays qui a choisi cette solution où les images restent dans leur site de production, et où les professionnels ou le patient vont les chercher à l’aide de pointeurs.
La DRIMbox, élément clé du dispositif, est la solution technique qui va permettre de créer le maillage, sous la forme d’une passerelle intégrée au système d’information des structures d’imagerie :
Les données ne seront pas stockées directement dans Mon espace santé. Chaque service ou cabinet de radiologie sera un nœud du réseau DRIM-M : il connectera son PACS au réseau via la DRIMbox pour mettre à disposition les images produites.
Une DRIMbox possède deux fonctions :
- Une fonction Production/Source : la validation du compte-rendu d’imagerie par le radiologue déclenche l’accès par la DRIMbox aux références des images de l’examen dans le PACS. Avec ces informations, elle construit un pointeur vers l’examen pour soumission au DMP. La DRIMbox Source dispose également d’un Viewer DICOM (non-diagnostic à minima) pour permettre l’affichage des examens.
- Une fonction Consommation : elle se connecte au DMP, et elle récupère les pointeurs vers les examens et à l’aide des identifiants de l’examen présents dans le DMP. Le pointeur récupère les images auprès de la DRIMbox source de la structure productrice de l’examen.
Le projectathon réalisé en septembre 2023 a apporté la démonstration du bon fonctionnement du système, la solution techniquement doit marcher (ensemble d’éléments de solution qui ont fait leurs preuves). La sécurisation doit être encore adressée, par intégration de la brique Pro santé Connect – qui assure une authentification forte.
Mode de financement de la DRIM box
Dans le cadre du volet numérique du Ségur de la santé, l’Etat met en place un mécanisme d’achat pour compte au bénéfice des acteurs de l’offre de soins, sous la forme d’un système ouvert et non sélectif de référencement et de financement. La plupart des éditeurs y ont travaillé et sont avancés.
Concernant les professionnels, sont concernées toutes les structures, privées et publiques, qui stockent les images sur leurs PACS et qui vont ainsi pouvoir les rendre accessibles après validation du compte rendu.
La prestation prise en charge par l’Etat, Prestation Ségur « Mise à jour vague 1 et vague 2 » couvre :
- L’octroi au Client des droits d’utilisation de la solution logicielle correspondant au Périmètre vague 1 et au Périmètre vague 2
- L’installation, la configuration et la qualification de la solution logicielle,
- L’installation, la configuration, la qualification des demi-connecteurs
- La maintenance de la Solution logicielle sur le Périmètre vague 1 et au Périmètre vague 2
- Les prestations de formation de référents utilisateurs de la Solution logicielle
- La livraison de l’ensemble des documents nécessaires : le guide utilisateur, le guide administrateur et la documentation technique spécifique aux demi-connecteurs ;
- Le suivi de l’ensemble du projet d’installation.
Les Prestations Ségur ne couvrent pas :
- Les prestations de changement complet de la solution logicielle ou de rattrapage d’une version obsolète
- Les prestations d’ajouts de modules de nouvelles fonctionnalités hors périmètre technico-fonctionnel
- Les services de boîtes aux lettres MSS, nominatives, applicatives et/ou organisationnelles
- Les coûts d’infrastructure additionnels éventuellement nécessaires à l’installation de la version référencée (acquisition de serveurs, migration de système de gestion de base de données, etc.) ;
La DRIM Box est payée dans le cadre du Segur 2 (prix en fonction du volume d’activité du site et du périmètre retenu (Mise à jour Ségur 2 seul ou Segur 1+2), et varie d’environ 7000 euros à 80 000 euros). Le Ségur doit permettre de financer pratiquement 70% du parc.
Positionnement des éditeurs
Les éditeurs sont pleinement investis dans le projet DRIM-M. Il y a aujourd’hui au moins une dizaine d’acteurs qui se sont déclarés partants, avec lesquels il y a régulièrement des échanges directs et au travers d’ateliers en groupe. Ces acteurs peuvent être classés en trois catégories : les éditeurs de RIS, les éditeurs de PACS, les éditeurs spécialisés dans les transferts.
La revue de la FNMR, le médecin radiologue libéral (octobre 2023), a publié pour les JFR 2023 un descriptif du projet avec un tour d’horizon des positions des différents éditeurs sur leur DRIM Box en cours de développement. Deux autres numéros sont à venir sur ce sujet : un numéro sur le panorama des DRIM Box et leurs fonctionnalités (de base et option) en déclaratif par les éditeurs, puis après l’été, un numéro publiant les mêmes éléments après réalisation d’un audit fonctionnel par la FNMR.
Objectif 2026 : partager 90% des images produites.
L’objectif pour 2026 est d’arriver à partager 90% des images produites. Le Ségur 1 a déjà embarqué 75% de l’activité radiologique, et la cible du Ségur 2 est jugée tout à fait atteignable. Les sites qui n’ont pas participé à la vague 1 peuvent rattraper avec la vague 2 en réalisant les deux phases simultanément.
La troisième phase, numériser et intégrer la prescription dans le DMP, représente un défi majeur, car elle change les pratiques des médecins prescripteurs, pas toujours partants, et souvent surchargés, et donc peu enclins à modifier leurs habitudes
Textes de référence
Pour les logiciels de type « Système de diffusion d’images » du couloir Imagerie, la vague 2 du dispositif est encadrée par les textes et documents suivants :
– L’arrêté du ministre de la Santé et de la prévention, qui définit le programme de référencement et de financement mis en place, consultable sur le site Légifrance ;
– Les trois documents annexés à l’arrêté susvisé, qui en précisent les modalités de mise en oeuvre sur les plans technique, administratif et financier :
- Le référentiel d’exigences et de scénarios de conformité REM-IMG-DB-Va2, qui définit les exigences techniques, fonctionnelles et ergonomiques à respecter pour bénéficier du référencement, ainsi que les scénarios de vérification associés ;
- Le dossier de spécification de référencement DSR-IMG-DB-Va2, qui présente les modalités de présentation et d’instruction des demandes de référencement ;
- Le document d’appel à financement en vue de l’équipement numérique des acteurs de l’offre de soins AF-IMG-DB-Va2, qui définit l’ensemble des règles et conditions associées à l’attribution et au versement des financements
source : Spécification Projet DRIM-M (esante.gouv.fr)