Les 4 piliers de l’action gouvernementale en santé
1️⃣ Premier pilier : la formation de plus de médecins
En 2017, il y avait 8 150 places en 2e année de médecine à l’université. Gabriel Attal annonce les porter à 12 000 en 2025 et 16 000 en 2027. Il a ainsi déclaré : « Entre 2017 et 2023, nous formerons 50 % de médecins formés en plus. C’est historique. »
Pour rappel :
- à la rentrée 2017, on comptait 8 124 étudiants en deuxième année en France ;
- en 2023, ils étaient 10 795 ;
- par ailleurs, 2 700 praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE) viendront exercer à l’hôpital en France dès ce printemps et seront affectés à leur poste dès ce mois d’avril.
2️⃣ Deuxième pilier : la simplification pour libérer du temps médical dès à présent
« Mon objectif est clair avec ces mesures d’urgence : reconquérir 15 à 20 millions de rendez-vous chez le médecin généraliste dès cette année, dès cet été », a annoncé le Premier ministre. Il a ajouté que, d’ici à juin, 16 procédures médicales du quotidien seront définitivement simplifiées, en donnant des compétences à plusieurs professions de santé, comme suit :
- pharmaciens : chaque année, il y a 9 millions de consultations pour les angines et les cystites – à partir de juin, les pharmaciens pourront prescrire directement les antibiotiques du quotidien pour ce type d’infections bactériennes ;
- opticiens : chaque année, il y a 17 millions de consultations chez l’ophtalmologue pour des ordonnances de lunettes – à partir de juin, l’opticien pourra adapter directement la correction s’il s’avère qu’elle ne convient pas à l’essai des lunettes ;
- kinésithérapie : dès le mois de juin, dans 13 départements (un par région métropolitaine) et en Outre-mer, les rendez-vous chez le kinésithérapeute sans passage préalable chez le médecin seront expérimentés ;
- assistants médicaux : 10 000 assistants médicaux seront recrutés d’ici à la fin de l’année pour prendre en charge les formalités administratives des médecins et ainsi libérer leur temps, cela représente l’équivalent de 2,5 millions de rendez-vous médicaux libérés ;
- médecins spécialistes : une expérimentation dans 13 départements (un par région) et en Outre-mer de l’accès direct aux médecins spécialistes sans passer par le médecin généraliste.
3️⃣ Troisième pilier : la reconquête du 18h-minuit et des week-end
« Environ 4 millions de Français vivent sans aucune solution de médecin de garde dans leur territoire, c’est une injustice majeure. Nous lançons dès aujourd’hui un plan d’urgence. »
Ce plan d’urgence repose sur une aide financière ainsi que sur la responsabilité des médecins pour assurer les permanences de soins, partout sur le territoire : pour que chaque Français ait un médecin de garde à moins de 30 minutes de chez lui, le soir et les week-end. En outre, Il a été décidé un élargissement dès cet automne du système de gardes en ambulatoire à d’autres professionnels de santé : infirmiers, dentistes et sages-femmes.
4️⃣ Quatrième pilier : la responsabilisation des patient
« Chaque année, il y a entre 20 et 30 millions de rendez-vous perdus car non honorés, les “lapins”. Dès cette année, nous mettrons en place un mécanisme de responsabilisation avec une retenue de 5 euros qui ira directement au médecin si son patient ne se présente pas ou prévient moins de 24h avant. »
Dès cette année, ce mécanisme de responsabilisation sera mis en place, par la loi, sur les plateformes de prise de rendez-vous en ligne. Concrètement, le patient donnera son empreinte bancaire, soit au professionnel soit à la plateforme de rendez-vous. S’il ne se présente pas à son rendez-vous, sans un délai de prévenance de 24h, le médecin pourra le débiter d’un montant de 5 euros en tant que pénalité pour le “lapin” qui lui a été posé.
La santé mentale des jeunes comme grande cause
Gabriel Attal a réaffirmé sa volonté de faire de la santé mentale des jeunes une priorité : « Je l’ai dit, je veux en faire la grande cause de l’action de mon Gouvernement. Je décrète l’état d’urgence sur la santé mentale en France. »
Dans ce cadre, des mesures spécifiques ont été annoncées :
- le dispositif MonSoutienPsy est simplifié dès le mois de juin ;
- les patients pourront aller directement chez le psychologue sans passer par un professionnel de santé avant ;
- la séance sera valorisée à 50 euros pour le psychologue (contre 30 euros actuellement) ;
- jusqu’à 12 séances seront désormais remboursées par an (contre 8 aujourd’hui) ;
- le gouvernement souhaite également “imposer” aux complémentaires de payer le reste à charge de ces séances de psychologues (ticket modérateur à hauteur de 30 % de l’acte), en plus de la participation de l’Assurance maladie.
Premières réactions : les médecins libéraux en colère
Jugées “divergentes”, les annonces du Premier ministre ont provoqué plusieurs réactions et communications. Ainsi pour Franck Devulder, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), il s’agit d’un sabotage des négociations conventionnelles : “La destruction du parcours de soins et le transfert de compétences à d’autres professions de santé au mépris de la qualité et de la pertinence des soins des français, le Gouvernement fait le choix d’en finir avec le médecin traitant et avec toutes les autres spécialités médicales libérales.
Sur les réseaux sociaux, des psychiatres crient à la fin de la psychiatrie tandis que des kinésithérapeutes se réjouissent de l’expérimentation annoncée.