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  • Finlande : état des lieux, initiatives réglementaires et principaux acteurs de la santé numérique

    La Finlande s’engage résolument dans la voie de la santé numérique depuis 1995, en mettant en place des stratégies ambitieuses, un cadre réglementaire solide et en favorisant l’innovation à travers ses institutions de santé clés. Cet indicateur est donc divisé en 4 parties :

    Contexte et chiffres clés sur le système de santé finlandais

    Les centres de santé locaux fournissent des soins primaires, tels que des consultations médicales générales et des services préventifs. Les hôpitaux de district, gérés au des comtés de bien-être, offrent des soins secondaires, tandis que les 5 centres hospitaliers universitaires (CHU) répartis dans le pays assurent les soins tertiaires, y compris les traitements spécialisés et complexes. L’Institut d’assurance sociale Kela, quant à lui, joue un rôle crucial dans la sécurité sociale en Finlande, en remboursant les soins, la santé au travail, les médicaments prescrits et les indemnités de maladie. Tous les résidents permanents en Finlande sont couverts par ce régime national d’assurance maladie.

    👉 H&TI dresse un aperçu détaillé de différents aspects du système de santé du pays, notamment son organisation, son financement et ses récentes réformes, dans un article à retrouver ici.

    Principales initiatives réglementaires en Finlande en lien avec la santé numérique

    Le système de santé finlandais est décentralisé et universel, avec une répartition des responsabilités entre le ministère des affaires sociales et de la santé et les municipalités/comtés de bien-être. Une réforme majeure en 2023 a transféré la responsabilité de l’organisation des services de santé et sociaux des municipalités aux comtés, visant à améliorer la disponibilité et la qualité des services de base.

    👉 H&TI dresse un état des lieux des principales initiatives réglementaires sur lesquelles s’appuient les différentes stratégies en santé numérique, dans un article à retrouver ici.

    Cartographie des acteurs clés de l’écosystème finlandais de la santé numérique

    La collaboration étroite entre les différents institutionnels en Finlande permet la promotion et l’adoption de technologies numériques, ce qui permet d’encourager l’innovation, la recherche et l’accessibilité des services de santé en ligne. Les 5 CHU du pays jouent un rôle crucial dans l’adoption des solutions numériques. Ils sont également impliqué dans des projets de recherche et collaborent étroitement avec les universités pour développer des solutions innovantes. Findata a un rôle important dans cet écosystème car en charge de l’octroi d’autorisations pour l’utilisation secondaire des données de santé à des fins de recherche.

    👉 H&TI réalise une cartographie des nombreuses organisations jouant un rôle essentiel dans la réglementation et la mise en œuvre des initiatives numériques, dans un article à retrouver ici.

    Quelle stratégie en santé numérique et data ?

    La stratégie en santé numérique 2024 intitulé « Stratégie de numérisation et de gestion de l’information dans le domaine de la santé et de la protection sociale » a été annoncé en décembre 2023. Sa mise en œuvre repose sur 4 objectifs principaux :

    • 1️⃣ autonomie des individus dans la gestion de leur bien-être et de leur santé ;
    • 2️⃣ priorité aux canaux numériques dans les services de bien-être ;
    • 3️⃣ allègement de la charge de travail du personnel de santé et des services sociaux ;
    • 4️⃣ accès étendu à l’information pour les dirigeants et les chercheurs.

     

    Pour atteindre ces objectifs, la stratégie prévoit la réalisation de treize tâches clés, telles que la mise en place d’un centre national pour la santé numérique, le développement de modèles opérationnels numériques, la garantie de la qualité des données, et la sécurité numérique.

    👉 H&TI réalise une synthèse des principaux points de cette stratégie, dans un article à retrouver ici.

  • Cartographie des acteurs clés de l’écosystème finlandais de la santé numérique

    Les centres hospitaliers universitaires

    L’objectif de cette réforme est d’améliorer la disponibilité et la qualité des services publics de base à travers le pays. Elle représente le plus grand changement dans le système finlandais depuis 1945.

    Les soins hospitaliers sont gérés par 21 districts hospitaliers. En effet, la Finlande est divisée en 20 districts hospitaliers, avec la province autonome des îles Åland formant son propre district distinct. Chacun de ces districts est placé sous la responsabilité de l’un des 5 CHU du pays. Les districts hospitaliers sont des entités administratives coordonné par un CHU et qui ont sur leur territoire de nombreux hôpitaux.

    Les CHU sont des acteurs essentiels à la fois pour les soins, mais également dans l’adoption des technologies numériques pour la santé.  Par exemple, le CHU de Helsinki (HUS) coordonne un hub appelé le CleverHealth Network dont le rôle est de développer des traitements et diagnostics personnalisés à travers l’innovation. En tant qu’institutions de recherche et d’enseignement, les CHU sont également des moteurs de l’innovation, en participant à des projets de recherche, en développant de nouvelles applications et en formant le personnel de santé à l’utilisation des technologies numériques.

    Les projets menés par les 5 CHU en Finlande :

    🔷 Helsinki University Hospital (HUS) : Situé à Helsinki, le HUS est le plus grand hôpital de Finlande et l’un des plus grands d’Europe. Il offre une large gamme de soins médicaux spécialisés et agit en tant que centre de référence pour de nombreuses maladies complexes. En santé numérique, le HUS est impliqué dans de nombreux projets comme le système d’information client et patient Apotti. Ce système est fourni par Oy Apotti Ab, une entreprise co-détenue par HUS et les villes d’Helsinki, Vantaa, Kauniainen, Kerava, Loviisa et Tuusula, ainsi que par les municipalités de Kirkkonummi, Inkoo, Lapinjärvi et Siuntio. L’objectif de ce système est d’accélérer le transfert sécurisé des données des patients entre différents acteurs.

    Par ailleurs, en tant que précurseur dans l’application de l’IA en médecine spécialisée, le HUS concentre ses efforts sur des domaines spécifiques tels que les soins intensifs et l’imagerie médicale, utilisant des outils basés sur l’IA pour l’analyse prédictive et avancée.

    🔷 Turku University Hospital (TYKS) : Situé à Turku, le TYKS est un autre hôpital universitaire de premier plan en Finlande. Il est réputé pour ses compétences en transplantation d’organes, en oncologie et en pédiatrie. Durant la crise Covid, le TYKS a été le 1er hôpital en Finlande à adopter un programme d’oxygénothérapie à domicile avec de la télésurveillance grâce à une application numérique développée par HealthFOX.

    Plus récemment, le projet SLIM (soutenir le changement de mode de vie chez les mères enceintes obèses grâce à l’IoT). Le projet vise à surveiller et prédire les complications liées à l’obésité pendant la grossesse. En combinant des données sur le mode de vie et l’environnement avec des signaux biologiques, le système développé permet une surveillance continue et une intervention précoce des professionnels de santé. Le projet est financé à hauteur de 600 000 € par l’académie de Finlande.

    🔷 Tampere University Hospital (TAYS) : Situé à Tampere, le TAYS est particulièrement reconnu pour son expertise en cardiologie, neurologie et psychiatrie. En santé numérique, le projet Digital and Physical Immersion in Radiology and Surgery mené conjointement avec l’université de Tampere vise à développer des solutions techniques innovantes pour une utilisation médicale et chirurgicale. L’objectif est de créer des modèles 3D plus réalistes et immersifs à l’aide de la réalité augmentée et de la réalité virtuelle, fournissant ainsi aux chirurgiens et au personnel médical des données visuelles. Le TAYS possède également un centre de recherche, de développement et d’innovation dont le HealthHub est un lieu d’expérimentation pour des solutions numériques.

    🔷 Oulu University Hospital (OYSH) : Situé à Oulu, l’OYSH est le plus grand hôpital du nord de la Finlande. Il est un centre de référence national pour certaines maladies rares. Le projet DigiHealth, en collaboration avec l’Université d’Oulu, se concentre sur le développement et la validation de nouvelles technologies numériques pour la santé basées sur les données. Le projet en cours de « smart hospital » pour le CHU d’Oulu vise à transformer l’hôpital en un établissement de soins intelligent d’ici 2030, en intégrant des technologies numériques de pointe. L’accent est mis sur l’utilisation des dernières technologies et des installations modernes pour améliorer les soins. La santé numérique est un aspect essentiel de ce programme de transformation, avec des solutions telles que l’application mobile Onnikka pour la gestion du poids, qui a prouvé son efficacité dans un récent essai clinique.

    🔷 Kuopio University Hospital (KYS) : Situé à Kuopio, le KYS fournit des soins à près d’un million d’habitants de l’est et du centre de la Finlande. Un projet entre la ville de Kuopio et le KYS a permit la mise en place d’un Living Lab pour les entreprises du secteur de la santé numérique afin de tester leurs produits.

    Conjointement, les 5 CHU sont impliqués dans la fourniture de services en ligne à destination des patients et des professionnels de santé, notamment grâce au concept de maisons virtuelles.

    Ces services spécialisés sont disponibles en ligne via Terveyskylä.fi (le village de la santé), qui propose des services professionnels dans divers domaines spécialisés. Ces domaines sont appelés « maisons virtuelles ». Ces maisons virtuelles offrent des services allant de la santé mentale à la gestion de la douleur, en passant par la réadaptation et l’orientation en cas d’urgence. Ces services sont ouverts et accessibles sans inscription préalable. Une autre plateforme en ligne intitulé Terveyskylä PRO propose également des outils pour la recherche et l’orientation qualité destinée aux professionnels de santé.

    Les acteurs clés de l’écosystème

    Cartographie des acteurs clés de l’écosystème de la santé numérique en Finlande.

    Ce panorama revient sur les principaux acteurs de l’écosystème :

    Nom de l’organisation Autorité nationale de surveillance pour le bien-être et la santé
    Sigle Valvira
    Description Chargé de promouvoir la santé et le bien-être des résidents finlandais par le biais de la supervision et de l’orientation proactive et réactive, avec une attention particulière aux secteurs des soins sociaux et de santé, de l’alcool et de la santé environnementale.
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    Catégorie de l’organisation Administration opérant sous le STM
    Date de création 2009
    Adresse Ratapihantie 9, Helsinki, Uusimaa 00521, FI
    Taille de l’organisation 170
    Dirigeant Markus Henriksson
    Rôle de l’organisation Garantit le respect des normes de qualité, de sécurité et d’éthique, tout en offrant des licences et des orientations pour les professionnels de santé et les fournisseurs de services de bien-être

     

    Nom de l’organisation Autorité d’autorisation des données sociales et de santé
    Sigle Findata
    Description Autorité d’autorisation des données sociales et de santé chargée de la gestion des autorisations pour l’utilisation secondaire des données de santé et sociales en Finlande. Findata vise à améliorer la sécurité des données, à accélérer l’utilisation des ressources de données de santé et sociales et à réduire les doublons dans le traitement des autorisations. Elle opère en collaboration avec diverses agences et organismes gouvernementaux pour guider et développer ses opérations
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    Catégorie de l’organisation Administration publique
    Date de création 2019
    Adresse Mannerheimintie 166, Helsinki, FI
    Taille de l’organisation 30
    Dirigeant Johanna Seppanen
    Rôle de l’organisation Fournit des conseils, accorde des autorisations et de garanti la combinaison et la divulgation sécurisées des données

     

    Nom de l’organisation Agence finlandaise du numérique
    Sigle DVV
    Description Agence en charge de la numérisation de la société pour l’administration, la sécurité et la maintenance des systèmes d’information ainsi que le développement de services numériques. En 2017, la santé entre dans son scope d’activité. Il gère dès lors les services d’authentification forte et de signature électronique pour les professionnels de la santé et les patients.
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    Catégorie de l’organisation Agence gouvernementale opérant sous le ministère des finances
    Date de création 2020
    Adresse Lintulahdenkuja 2, Helsinki, Southern Finland 00530, FI
    Taille de l’organisation 300
    Dirigeant Mikko Pitkanen
    Rôle de l’organisation Promotion de la digitalisation de la société et sécurise la disponibilité des données

     

    Nom de l’organisation Agence du médicament
    Sigle Fimea
    Description Autorité nationale compétente pour la régulation des produits pharmaceutiques, favorise la santé et la sécurité de la population en régulant les médicaments, les dispositifs médicaux, les produits sanguins et tissulaires, les biobanques et en développant le secteur pharmaceutique.
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    Catégorie de l’organisation Agence gouvernementale opérant sous le STM
    Date de création 2009
    Adresse Microkatu 1, 70210 Kuopio, FI
    Taille de l’organisation 250
    Dirigeant Eija Pelkonen
    Rôle de l’organisation En charge de la réglementation des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux

     

    Nom de l’organisation Sailab MedTech Finlande
    Sigle Sailab
    Description Regroupement d’entreprises fabricant ou importateur de DM dont l’objectif est de conseiller, former, représenter les entreprises qui ont des solutions de santé
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    Catégorie de l’organisation Association de l’industrie numérique de la santé
    Date de création 1977
    Adresse Eteläranta, Helsinki, Uusimaa 00130, FI
    Taille de l’organisation 13
    Dirigeant Laura Hollanti
    Rôle de l’organisation Coordination et promotion de la collaboration entre les entreprises ayant des technologies médicales en Finlande

     

    Nom de l’organisation Comité national d’éthique de la recherche médicale
    Sigle Tukija
    Description Autorité indépendante et experte en éthique de la recherche médicale pour les essais cliniques, la biobanque, l’utilisation ds organes, tissus et cellules humaines et participe à la coopération réglementaire ainsi qu’au débat sur les essais cliniques.
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    Catégorie de l’organisation Comité opérant sous Valvira
    Date de création 2020
    Adresse Ratapihantie 9, Helsinki, Uusimaa 00521, FI
    Taille de l’organisation 45
    Dirigeant Erkki Palva
    Rôle de l’organisation Fournit des évaluations éthiques des essais cliniques en Finlande et donne un avis sur la création de biobanque finlandaise

     

    Nom de l’organisation Fonds d’innovation finlandais
    Sigle Sitra
    Description Fondation dont l’objectif est de favoriser la compétitivité de la Finlande à travers de nouveaux modèles opérationnels et en accélérant les activités commerciales des entreprises
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    Catégorie de l’organisation Fondation opérant sous le parlement finlandais
    Date de création 1967
    Adresse Itämerenkatu 11-13, PL 160, Helsinki, none 00181, FI
    Taille de l’organisation 450
    Dirigeant Atte Jääskeläinen
    Rôle de l’organisation Investit dans des projets et des initiatives visant à promouvoir l’innovation dans le domaine de la santé numérique et à améliorer l’efficacité des services de santé.

     

    Nom de l’organisation CleverHealth Network
    Sigle CHN
    Description Ecosystème pour les technologies de la santé où des entreprises et des professionnels de santé développent des solutions et des traitements innovants. Les innovations en produits et services sont basées sur les vastes données de santé du HUS et l’expertise de pointe des cliniciens. Avec la coordination du HUS et le soutien de Business Finland, les participants de l’écosystème comprennent des acteurs majeurs de l’industrie tels que AstraZeneca, Fujitsu, Microsoft etc.
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    Catégorie de l’organisation Hub coordonné par le CHU de Helsinki
    Date de création 2017
    Adresse HUS, Helsinki, HUS 00029, FI
    Taille de l’organisation 10
    Dirigeant
    Rôle Développement de traitements et diagnostics personnalisés à travers l’innovation

     

    Nom de l’organisation Institut finlandais pour la santé et le bien-être
    Sigle THL
    Description Promeut le bien-être, la santé de la population. Ses domaines d’action incluent la prévention des maladies et des problèmes sociaux, le développement du bien-êtrede la population et le soutien aux systèmes de santé et de sécurité sociale. En tant qu’autorité statistique, il recueille des données et fournit des services de santé et de médecine légale.
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    Catégorie de l’organisation Institut de recherche indépendant opérant sous le STM
    Date de création 2009
    Adresse Mannerheimintie 166, P.O. Box 30, Helsinki, Uusimaa 00271, FI
    Taille de l’organisation 1200
    Dirigeant Mika Salmimen
    Rôle de l’organisation Fournit des informations, des analyses et des recommandations sur la santé publique en Finlande et collecte des données de santé.

     

    Nom de l’organisation Institut d’assurance sociale
    Sigle Kela
    Description Responsable des prestations sociales et des remboursements des frais de santé
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    Catégorie de l’organisation Institut opérant sous le parlement finlandais
    Date de création 1937
    Adresse Nordenskiöldinkatu, Helsinki, Southern Finland FI
    Taille de l’organisation 2000
    Dirigeant Outi Antila
    Rôle de l’organisation Chargé de la sécurité sociale

     

    Nom de l’organisation Ministère des affaires sociales et de la santé
    Sigle STM
    Description A pour mission de promouvoir la santé et l’intégrité des individus, des environnements de vie et de travail sains, ainsi que l’égalité des genres, tout en garantissant des services de santé et sociaux suffisants et un niveau de vie équitable à différentes étapes de la vie. Ses responsabilités comprennent la mise en œuvre du programme gouvernemental, l’élaboration de législations et de réformes clés, la coordination des réformes et la gestion des fonctions administratives gouvernementales.
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    Catégorie de l’organisation Ministère
    Date de création 1924
    Adresse Meritullinkatu 8, Helsinki, 00170, FI
    Taille de l’organisation 2000
    Ministre Kaisa Juuso
    Rôle Chargé de la planification, de l’orientation et de la mise en oeuvre de la politique sanitaire et sociale

     

     

  • Quelle stratégie en santé numérique et data la Finlande déploie-t-elle ?

    Historique des différentes stratégies mise en place

    Depuis la stratégie e-santé 1995-1998, de nombreuses mises à jour et évolution ont été mise en place afin que les stratégies en santé numérique soient en phase avec les besoins changeants du système de santé et en accord avec les avancées technologiques. Le gouvernement finlandais a promu dès le début des années 2000 le dossier électronique patient et a mis en place des législations pour les rendre interopérable.

    La stratégie de 2015-2020 intitulé « Information pour soutenir le bien-être et le renouvellement des services, stratégie e-santé et e-social 2020 » était axée sur 6 thèmes :

    • 1️⃣ les citoyens en tant qu’utilisateurs de services ;
    • 2️⃣ les professionnels de santé ;
    • 3️⃣ le système de services ;
    • 4️⃣ la gestion de l’information et des connaissances ;
    • 5️⃣ la gouvernance et la coopération en matière de gestion de l’information ;
    • 6️⃣ et l’infrastructure.

     

    La mise en œuvre de cette stratégie a été poursuivi au-delà de 2020 et des plans d’implémentation ont été mis en place pour améliorer les compétences numériques des citoyens et résidents en Finlande.

    Vers une stratégie 2024 plus flexible

    La stratégie en santé numérique 2024 intitulé « Stratégie de numérisation et de gestion de l’information dans le domaine de la santé et de la protection sociale » a été annoncé en décembre 2023. Celle-ci met l’accent sur la flexibilité et vise à construire des services numériques qui aident les individus à maintenir indépendamment leur bien-être, leur santé et leur capacité de travail.

    Cette stratégie a été développé dans le cadre du Programme du Gouvernement du premier ministre Orpo pour répondre aux objectifs de digitalisation des services afin de promouvoir de nouveaux modes de fonctionnement dans les services de santé tels que la télémédecine et les services mobiles.

    Vision pour la santé numérique : « bâtir des fondations numériques solides pour les services de santé et les services sociaux »

    L’objectif de cette vision est d’offrir des services flexibles et efficaces, permettant l’indépendance des individus dans le maintien de leur bien-être et de leur santé, tout en garantissant la qualité et la durabilité des services basés sur des données.

    Ainsi, les 3 axes de cette vision sont les suivants :

    • l’indépendance du citoyen : afin que celui-ci puisse prendre soin de lui ou de ses proches de manière autonome ;
    • la flexibilité et l’efficacité : afin de réduire la charge de travail du personnel médical ;
    • les données probantes : afin d’avoir toujours des services de meilleur qualité et durables.

    4 objectifs stratégiques pour réaliser la vision :

    La stratégie a pour objectif de permettre aux citoyens de prendre en charge leur bien-être et santé grâce à solutions numériques efficaces, à ce que tous les comtés de services de bien-être utilisent les canaux numériques pour leurs services, à réduire la charge de travail du personnel de santé et des services sociaux grâce à l’optimisation de l’utilisation de l’information et à l’introduction de solutions numériques, et à assurer un accès étendu à des informations fiables et à jour pour les décideurs et les chercheurs.

    1️⃣Autonomie des individus dans la gestion de leur bien-être et de leur santé

    2️⃣Priorité aux canaux numériques dans les services de bien-être

    3️⃣Allègement de la charge de travail du personnel de santé et des services sociaux

    4️⃣Accès étendu à l’information pour les dirigeants et les chercheurs

    Les 13 tâches de la stratégie finlandaise

    Les tâches Objectif Responsables de la tâche Calendrier prévu
    1. Mise en place d’un centre national pour la santé numériques et les services sociaux orienté conseil client et service. Garantir que les services numériques sont utilisés dans tous les centres de santé et de service sociaux Coopération régionale, ministère des Affaires Sociales et de la Santé, Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé 2023-2024 à fin 2025
    2. Développement de modèles opérationnels et interfaces numériques dans les comtés de services de bien-être. Etablir des modèles interopérables sur une base opérationnel pour les comtés de services de bien-être Développement régional et coopération, éventuel soutien et évaluation nationaux 2023-2024 à fin 2027
    3. Donner aux patients accès à leurs propres données. Empowered patient Ministère des Affaires Sociales et de la Santé (travail législatif), Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé (modèles opérationnels), Kanta Kela Mi-2024 à 2026
    4. Participation des clients aux services. Cette tâche vise à réduire les inégalités et l’exclusion numérique en soutenant l’inclusion des individus Coopération élargie 2024 à 2035
    5. Développement de modèles opérationnels numériques pour le bien-être et les tâches de service. Soutenir la prévention et l’utilisation de services favorisant le bien-être Développement régional et coopération soutenus par un acteur national 2024 à 2035
    6. Garantie de la qualité des données. Mise en place de normes de qualité pour la collecte et éviter la redondance des données Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé, Institution d’Assurance Sociale de Finlande, coopération régionale 2023-2024 à mi-2025
    7. Politiques d’interopérabilité et sélection des modèles de données. Garantir l’interopérabilité sémantique en introduisant les modèles de données nécessaires guidant la production, le transfert, le traitement et la distribution d’informations Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé en tant que coordinateur 2023-2024 à mi-2025
    8. Évaluation et mise à jour des services du système d’information Kanta. Introduire, contrôler et évaluer l’utilisation de la robotique dans le transfert de données dans les services Kanta Ministère des Affaires Sociales et de la Santé (achat de l’évaluation auprès d’un tiers), Institution d’Assurance Sociale de Finlande, Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé (mesures de développement); développement régional en ligne avec le développement national 2023-2024 à 2026
    9. Renforcement des avantages des données Kanta. Mise en avant de Kanta comme interface patient en affichant des données patients afin de les rendre plus visible pour eux. Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé, Kela ; en tenant compte des besoins régionaux dans le processus de développement Fin 2024 à 2030
    10. Pilotage national et régional du système de services par le développement de l’utilisation secondaire des données de santé et de services sociaux. L’objectif est que le système national de services (santé et bien-être) devienne plus efficient et productif Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé ; avec la participation de l’Institution d’Assurance Sociale de Finlande et des comtés de services de bien-être 2024 à 2034
    11. Utilisation de l’information dans les activités de recherche, de développement et d’innovation. Soutenir la recherche et l’innovation pour le traitement et l’analyse de données tout en favorisant la coopération internationale. Ministère des Affaires Sociales et de la Santé (évaluation, législation), Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé, Findata (responsabilité principale pour le développement); avec la participation des contrôleurs et de la communauté de recherche 2023-2024 à 2032
    12. Développement d’un modèle de gestion et de pilotage pour la numérisation et la gestion de l’information. Clarification du modèle de gestion et de fonctionnement pour le développement de la numérisation dans les services de santé et les services sociaux. Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, discussion interactive avec les agences gouvernementales et les comtés de services de bien-être 2023-2024 à mi-2025
    13. Sécurité numérique. Garantir la sécurité pour les activités numériques tout en minimisant la survenue d’événements nuisant. Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, comtés de services de bien-être, prestataires de services privés Tout au long de la stratégie
  • Principales initiatives réglementaires en Finlande en lien avec la santé numérique

    De nombreuses lois et décrets ministériels réglementent le système de santé et la santé numérique en Finlande, dans cet article H&TI revient sur les initiatives et les lois qui façonnent l’écosystème de la santé finlandais. Ces lois établissements le cadre juridique du système de santé et des services sociaux finlandais. Elles définissent les responsabilités des différents acteurs tels que les municipalités, les comtés, les hôpitaux et les centres de soins primaires.

    Evolution de la réglementation en santé depuis 1972

     

    Textes réglementaires en lien avec la santé publique et la santé numérique

    Les lois en lien avec la santé publique influent et régissent la santé numérique à travers son application et sa mise œuvre. Les lois en lien direct avec la santé numérique ont été détaillées.

    Principales lois :

    • The Constitution of Finland 731/1999 :
    • Act on Primary Health care 66/1972
    • Act on Specialized Medical Care (1062/1989)
    • Act on Personal Data (523/1999)
    • Act on Experiments with Seamless Service Chains in Social Welfare and Health Care Services and with a Social Security Card (811/2000)
    • Act on Social Insurance Institution 731/2001
    • Act on Occupational Health Care 1383/2001
    • Act on Social Welfare 1301/2014
    • Act on Sickness Insurance 1224/2004
    • Act on Child Welfare 417/2007
    • Act on the Electronic Processing of Client Data in Social and Health Care 159/2007 :

    Cette législation a été adoptée pour réglementer l’utilisation des données des patients et des clients. Elle couvre les services d’archives centralisées des services Kanta, le cryptage et la certification ainsi que l’accès des patients à leurs propres données. Cette loi a rendu obligatoire l’enregistrement des opérations des prestataires de soins publics au système d’archivage électronique.

    • Act on Electronic Prescriptions 61/2007 :

    Cette législation a été adoptée pour améliorer la sécurité des patients et l’efficacité pour la prise de médicaments. Cette loi était déjà appliquée dans certains pays européens (Danemark et Suède).

    • Act on Health Care 1326/2010
    • Act on Information Management Governance in Public Administration 634/2011
    • Act on Supporting the Functional Capacity of the Older Population and on Social and Health Services for Older Persons 980/2012
    • Act on changes in the legislation on the Electronic Processing of Client Data in Social and Health Care (250/2014)
    • Act on Social Care Client Documentation (254/2015)
    • Act on changes in the legislation on the Electronic Processing of Client Data in Social and Health Care (255/2015) :

    Cette législation apporte des changements à celle adoptée en 2007. Ces modifications ont été apportées en raison de difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des formulations initiales de la législation et en raison de l’ajout de nouveaux services à l’infrastructure. Les principaux nouveaux services électroniques ajoutés sont le service Résumé Patient et le portail Web qui donne un accès direct aux services centraux. Ce dernier permet l’accès aux services pour les petits prestataires de services et les praticiens privés. L’autre ajout à cette loi est le système d’archive des données clients pour les services de protection sociale pour inclure les documents clients des services de protection sociale.

    • Act on Electronic Client Data Processing in Social Welfare and Healthcare (784/2021) :

    Cette loi accompagne la préparation d’un référentiel national de données clients pour les services de protection sociale, ainsi que d’autres services nationaux d’information électronique sur le bien-être, dont la mise en œuvre a débuté sur une base volontaire en mai 2018.

    Les décrets ministériels :

    • Ministerial Act 298/2009. Act on patient record documentation. Ministry of Social Affairs and Health (Sosiaali- ja terveysministeriö)
    • Ministerial Act 11.4. 2012/165. Ministerial Act, Ministry of Social Affairs and Health, on timing of the implementation of the eArchive.
    • Ministerial Act 13.10. 2015/1257. Ministerial Act, Ministry of Social Affairs and Health, on timing of the implementation of the eArchive
    • Ministerial Act on social and health care client data electrical handling 300/2018
  • Contexte et chiffres clés sur le système de santé finlandais

    Toutefois, la responsabilité de l’organisation des services sociaux et de santé est à la charge des municipalités et des autorités intercommunales. Le système de santé finlandais est organisé de cette manière depuis la réforme de 1929 qui a vu le jour des hôpitaux financés publiquement.

     

    Fiche pays- chiffres clés

     

    Organisation des soins

    Les centres de santé locaux ou municipaux ont la charge des soins primaires. Ils permettent l’accès au médecin généraliste. Le médecin généraliste est le point d’entrée dans le système de santé. Il oriente les patients qui le nécessitent vers les niveaux de soins secondaires ou tertiaires.

    Les hôpitaux de district, gérés au niveau municipal, ont la charge des soins secondaires. Tandis que les soins tertiaires sont assurés par les 5 CHU du pays :

    • à Helsinki ;
    • à Turku ;
    • à Tampere ;
    • à Kuopio ;
    • et à Oulu.

    Fin 2023, une réforme des soins transfère la responsabilité de l’organisation des soins passant d’une gestion nationale-municipale à une gestion nationale-comté-municipal.

    Financement du système de santé

    En Finlande, les soins hospitaliers sont financés par les impôts tandis que les soins ambulatoires sont financés par l’Institut d’assurance sociale Kela.

    Le financement public est attribué :

    • aux soins gérés par les 310 municipalités et à présent par les 21 comtés ;
    • aux 148 hôpitaux qui sont organisés en district hospitalier au nombre de 20 ;
    • aux soins privés ;
    • à la santé au travail.

    Kela, l’Institut d’assurance sociale ou Kansaneläkelaitos a la charge de la sécurité sociale en Finlande. Financé par les cotisations obligatoires et une aide de l’Etat, Kela soutient financièrement les soins privés (qui concernent 3 à 4% des résidents en Finlande), la santé au travail, les médicaments prescrits en ambulatoire et les indemnités de maladies. Tous les résidents permanent en Finlande sont couverts par le régime national d’assurance maladie (NHI).

    En 2022, les frais remboursés par l’assurance maladie s’élèvent à 4,6 Mds € dont :

    • 49,2% pour les dépenses médicales ;
    • 26,7% pour les indemnités de maladies ;
    • 21,8% pour les allocations destinées aux parents ;
    • 2,3% pour les allocations de soins spéciaux et autres compensations patronales, congés annuels, congés familials etc.

    Soit 2,26 Mds € pour le remboursement des dépenses médicales.

    Réforme 2023 sur l’organisation des soins

    À partir du 1er janvier 2023, la responsabilité de l’organisation des soins, des services de bien-être et services sociaux a été transférée aux 21 comtés. Sauf la capitale, Helsinki, qui conserve sa responsabilité pour l’organisation des soins sur son territoire.

    La réforme compte 8 objectifs pour la période 2023-2026 :

    • l’augmentation de la disponibilité, de la continuité et de la coordination des services de base ;
    • l’assurance de l’adéquation, de la disponibilité et de la permanence du personnel de santé et de bien-être social ;
    • la viabilité économique des activités et la maîtrise de la croissance des coûts ;
    • l’accent mis sur l’efficacité dans la direction et la gestion des activités ;
    • la mise en place de structures de coopération efficaces mettant l’accent sur la prévention ;
    • la création d’un système de services flexible et résilient aux crises ;
    • le renforcement des activités de recherche et développement dans le domaine des services de soins primaires et du bien-être social ;
    • la gestion de l’information et la numérisation soutenant les objectifs et le renouveau des opérations orienté vers les résidents.

     

    Les 8 objectifs de la réforme sur l’organisation des soins

     

  • IA : Salesforce va lancer 2 nouvelles solutions pour accompagner les professionnels de santé

    L’agent conversationnel “Einstein Copilot Health Actions”

    Einstein Copilot Health Actions” est un assistant conversationnel basé sur l’IA, développé par Salesforce, utilisant la technologie de traitement du langage naturel (NLP). Il permet aux professionnels de santé les actions suivantes :

    • automatiser les tâches administratives, comme remplir le formulaire d’un patient ;
    • générer des informations à partir des données du patient ;
    • utiliser des commandes vocales ou textuelles pour la planification des rendez-vous médicaux et la suggestion de soins ;
    • et trouver un prestataire de soins selon sa localisation et sa spécialité.

     

    “Assesment Generation” pour une meilleure prise en charge des patients

    La solution “Assesment Generation“, pilotée par Salesforce Health Cloud, numérise les évaluations des patients, évitant ainsi la saisie manuelle fastidieuse. Elle permet d’extraire les données automatiquement des formulaires numérisés, réduit le codage manuel et les erreurs.

    Assesment Generation télécharge ainsi automatiquement les informations dans la plateforme, permettant de collecter et d’automatiser les données des patients, offrant les avantages suivants :

    • le remplissage de formulaires électroniques : les formulaires PDF sont transformés en questionnaires numériques interactifs.
    • un remplissage par les patients : les patients peuvent répondre aux questions directement sur l’appareil de leur choix.
    • le suivi des progrès : l’évolution de l’état de santé du patient est mesurée au fil du temps.

     

    Avantages pour les professionnels de la santé

    Pour résumer, la proposition de valeur des nouvelles solutions intelligentes de Salesforce pour le secteur de la santé se construit sur 3 éléments principaux :

    • le gain de temps : Einstein Copilot automatise les tâches répétitives, ce qui permet aux professionnels de santé de se concentrer sur les soins ;
    • une meilleure efficacité : Assessment Generation numérise et rationalise le processus d’évaluation des patients ;
    • et des soins plus personnalisés : les deux outils sont censés permettre aux médecins de prendre des décisions plus éclairées et de proposer des plans de traitement individualisés à leurs patients.

     

  • Luxembourg : lancement du Dataspace4health pour faire avancer la recherche médicale

    Projet collaboratif mené par NTT Data, les Hôpitaux Robert Schuman (HRS), le Luxembourg Institute of Health (LIH), l’Université du Luxembourg, l’Agence eSanté et le Luxembourg National Data Service (LNDS), D4H est cofinancé par le ministère de l’Économie du Luxembourg dans le cadre de l’initiative européenne de gouvernance numérique Gaia-X.

    Caractéristiques du projet D4H

    Le consortium Luxembourgeois présente plusieurs caractéristiques innovantes :

    • il est candidat Gaia-X : le projet est un pionnier dans l’échange de données de santé sécurisé et conforme en Europe ;
    • l’effort collaboratif : le projet rassemble des leaders du domaine et peut intégrer de nouveaux membres ;
    • l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) : le projet explorera l’utilisation de l’IA pour exploiter les données dans le but, notamment, de développer de nouveaux traitements médicaux innovants ;
    • des cas d’usage concrets : le projet se concentre sur des cas d’usage précis, comme ceux du diabète et de l’oncologie, avec une application potentielle dans d’autres domaines.

     

    Un focus sur le diabète et le cancer

    Ces deux pathologies ne sont pas les seules qui seront étudiées dans le cadre du projet D4H. Elles seront cependant ses cibles privilégiées :

    • concernant le diabète : développer un système d’aide à la décision basé sur l’IA pour prévenir des complications, en s’appuyant sur des données anonymisées et un jumeau numérique de patients ;
    • et concernant le cancer : un programme d’oncologie de précision avec l’établissement d’une architecture de données fédérées pour améliorer l’interopérabilité et l’échange de données entre les fournisseurs de soins et les instituts de recherche.

     

    Proposer des soins de meilleure qualité

    Au-delà de la recherche clinique, le but ultime de D4H est de permettre au système de santé luxembourgeois d’offrir à ses usagers des soins de grande qualité et une meilleure stratégie de prévention. Il vise ainsi à :

    • améliorer les diagnostics et les traitements : la plateforme permettra aux professionnels de santé d’accéder à un ensemble complet de données de santé pour chaque patient, facilitant un diagnostic plus précis et des traitements plus personnalisés ;
    • adopter une meilleure compréhension des maladies : l’analyse de données anonymisées à grande échelle permettra d’identifier des tendances et des facteurs de risque pour plusieurs maladies, contribuant à une meilleure compréhension de leur développement et de leur prévention ;
    • et installer des mesures préventives efficaces : la plateforme permettra de développer des outils et des services pour la prévention en s’appuyant sur l’analyse des données et l’IA.

     

  • Santé mentale : moins d’un quart de la population mondiale se considère épanouie (étude Axa)

    Le nombre de personnes en difficulté mentale en nette progression

    Priorité de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis sa première conférence ministérielle européenne sur le sujet en 2005, la santé mentale est en danger et son niveau mondial se dégrade d’année en année. C’est ce que montre la dernière édition 2023 de l’étude réalisée par Axa en partenariat avec Ipsos sur 16 000 participants interrogés dans 16 pays différents (1 000 participants par pays), dont la France, les États-Unis, le Mexique, le Japon, la Turquie et l’Espagne.

    Un constat plus alarmant que celui fait en 2023 :

    Au cours de la dernière année, que la santé mentale s’est globalement détériorée, et ce sur la quasi-totalité de ces composantes : une baisse des personnes épanouies, une augmentation du nombre de personnes souffrant d’au moins un problème de santé mentale, une augmentation du nombre de personnes actives qui rencontrent des problèmes psychologiques en raison de leur travail…

    Cette étude s’est appuyée sur l’indice Mind Health Index (MHI) qui est un outil proactif d’évaluation et de promotion du bien-être mental. Il consiste en un questionnaire (50 questions) qui permet de classer l’individu dans l’une des quatre catégories suivantes : “en difficulté mentale”, “en langueur” (languishing en anglais), “qui s’en sort”, et “épanoui”. L’étude d’Axa montre ainsi que, dans le monde, la part des personnes “en langueur” est restée au même niveau en 2023 qu’en 2022 (28 %), mais que les parts des personnes qui s’en sortent et qui sont épanouis ont baissé (respectivement de 35 % à 33 % et de 25 % à 24 %) , alors que celles des personnes en difficulté mentale a progressé de 3 points en un an (de 12 % à 15 %). En France, la proportion des personnes en difficulté mentale progresse de 6 points, passant de 10 à 16 %.

    Détérioration de la santé mentale en 2023 par rapport à 2020 - @ Ipsos, AXA
    Détérioration de la santé mentale en 2023 par rapport à 2020 – @ Ipsos, Axa

    Au travail, des difficultés mentales qui peuvent pousser jusqu’à la démission :

    Dans le détail, cette augmentation du nombre de personnes en difficulté mentale se caractérise par une évolution du nombre de personnes qui souffrent d’anxiété et de dépression sévères, voire très sévères, ainsi que par la baisse de 7 points des personnes qui déclarent n’avoir aucun problème de santé mentale (de 70 % à 63 %). En outre, plus de 3/4 de la population active (76 %) déclarent endurer des difficultés mentales ou psychologiques sur le lieu de travail (fatigue, troubles du sommeil, perte d’intérêt et stress), et 61 % envisagent une ou plusieurs actions de désengagement à l’égard de leur travail pouvant aller jusqu’à la démission.

    L’un des rares points positifs du rapport est la baisse du niveau global de stress, passant de 67 % à 62 % des personnes interrogées.

    Signes de désengagement au travail liés à des difficultés mentales - @ Ipsos, AXA
    Signes de désengagement au travail liés à des difficultés mentales – @ Ipsos, AXA

    A l’origine, une mauvaise prise en charge et une surévaluation de la santé mentale

    Le questionnaire du MHI investigue également les moyens et méthodes de traitement adoptées par les personnes sondées, ainsi que leur propre perception de leur santé mentale. Ces questions permettent de constater une tendance à la surévaluation de la santé mentale, ainsi qu’une mauvaise prise en charge des personnes qui se plaignent de détérioration de leur état ou qui indiquent souffrir de difficultés mentales.

    En effet, l’étude montre que seulement 11 % des participants qualifie leur santé mentale de “mauvaise”, alors que 23 % déclarent souffrir d’anxiété, de stress ou de dépression à des niveaux sévères. Ces réponses illustrent une surévaluation du niveau de santé mentale, qui entraîne un mauvais traitement des difficultés mentales, ce qui peut expliquer leur aggravation par la suite.

    Par ailleurs, 40 % des participants expliquent qu’ils gèrent leurs difficultés mentales tout seuls et seulement 43 % d’entre eux déclarent avoir recours à une aide professionnelle, contre 50 % en 2022.

    En France, ces niveaux sont encore plus alarmants : 43 % des personnes interrogées indiquent gérer leur problèmes de santé mentale seules (14 points de plus par rapport à l’année 2022), et seulement 42 % indiquent avoir recours à une aide professionnelle (contre 56 % en 2022).

    La proportion des personnes gérant elles-mêmes leurs problèmes de santé mentale augmente - @ Ipsos, Axa
    La proportion des personnes gérant elles-mêmes leurs problèmes de santé mentale augmente – @ Ipsos, Axa
  • Comment le groupe Elsan allie le meilleur de l’humain et du digital au service du soin (Live Innolab)

    Trouver la meilleur voie de passage à l’échelle des solutions numériques déployées avec succès dans certains établissements du groupe : tel est l’objectif de la plateforme Innolab d’Elsan, dédiée à l’innovation. Un “living lab” qui, depuis 2019, aide le groupe à identifier les meilleures solutions qui répondent à ses besoins et de les tester sur le terrain, dans le cadre d’expérimentations menées avec les professionnels de santé. Partenaire de l’édition 2024 du Live Innolab, Health & Tech Intelligence revient sur les principaux enseignements de ces expérimentations réalisées.

    Répondre aux besoins des établissements du groupe

    Croiser les enjeux des patients et des professionnels de santé :

    Le Dr. Myriam Combes, directrice de la stratégie et des relations médicales chez Elsan, souligne l’existence d’un “déséquilibre entre les attentes des patients et notre capacité à y répondre”. D’où la nécessité de “combiner les expériences du patient et du professionnel de santé qui souhaite  avoir une bonne qualité de vie”. Cela s’illustre par deux enjeux majeurs :

    • un besoin de personnalisation de la prise en charge des patients ;
    • et une absolue nécessité de qualité qui ne surcharge pas les professionnels de santé.

     

    Dans ce sens, le digital permet, selon le Dr Combes, de “faire vivre ces deux expériences au sein des établissements d’Elsan.

    Le paradoxe du digital en santé :

    De son côté, Thomas Daubigny, directeur digital d’Elsan, constate un “paradoxe du digital en santé” : d’un côté, des grands besoins réels à différents niveaux du système de santé, et de l’autre, un retard de la santé en termes d’adoption de solutions numériques par rapport aux autres secteurs économiques. Il identifie ainsi 3 défis à relever :

    • la faible tolérance à l’erreur : la santé étant un domaine sensible, les solutions numériques qui y sont déployées doivent avoir un impact concret dès le début ;
    • la complexité : notamment des protocoles adoptés dans le soin et des parcours existants ;
    • ainsi que l’hétérogénéité : au niveau des systèmes d’information plus particulièrement.

     

    En réponse à ces défis, Thomas Daubigny insiste sur l’importance d’être “au plus proche des irritants” :

    • des patients, en leur apportant de la valeur pragmatique, à travers des entretiens autour des solutions à développer ;
    • et des établissements, en harmonisant les flux des dossiers patient informatisés (DPI), cette “couche transverse sur tous les établissements”, pour arriver à déployer très vite les solutions des startups partenaires dans l’ensemble des structures du groupe.

     

    Des expérimentations concluantes et des retours d’expérience positifs

    Un patient en maîtrise de sa situation :

    Parmi les projets déployés dans les établissements d’Elsan et présentés lors du Live Innolab de cette année (pour plus de détails, voir cet article H&TI), le parcours patient unifié “Elsan Care” propose différents services d’accompagnement du patient tout au long de son hospitalisation. A l’origine de ce projet, un besoin de centralisation des applicatifs patients, constaté par les salariés et professionnels de santé du groupe.

    La pluralité de ces outils peut, en effet, construire un obstacle à la fluidité des parcours numérique du patient et de son suivi. Ainsi, le principal objectif d’Elsan Care est de “développer le lien avec les patients, et le digital y joue un rôle important”. Il s’agit d’une approche centrée sur le patient, “en fonction des parcours, coconstruite avec les équipes du groupe venant de différents établissements”. Les professionnels de santé du groupe rapportent apprécier la simplicité de la plateforme et ses avantages :

    • sur le plan administratif : dans les établissements Elsan des Hauts-de-France, par exemple, “les salles d’attente sont peu bondées, les hôtesses d’accueil se sentent plus à l’aise et le travail est plus fluide” ;
    • et sur le plan de la prise en charge : les parcours sont plus personnalisés à chaque patient, avec des consignes et des explications plus pertinentes.

     

    Accélérer le virage ambulatoire :

    Dans son expérimentation de nouvelles approches combinant le numérique et le physique, le groupe Elsan cultive l’ambition de renforcer la prise en charge en ambulatoire de ses patients. Ceci en allant vers des solutions qui permettent de suivre ces derniers à domicile après leur sortie et de maintenir le contact avec eux, notamment dans le cadre d’une chimiothérapie. Le choix d’Elsan s’est porté sur la solution de Resilience, solution remboursée sous nom de marque, pour une télésurveillance des patients sous chimiothérapie qui ont des besoins médicaux spécifiques, notamment :

    • la gestion des effets secondaires ;
    • la planification et le rappel des séances de chimiothérapies ;
    • et l’atténuation des répercussions des traitements sur leur quotidien et leur vision d’avenir…

     

    La télésurveillance permet de dépister les effets secondaires à travers des questionnaires. Et, pour y répondre, les équipes d’Elsan effectuent des appels téléphoniques ou organisent des consultations anticipées. Cette stratégie, qui implique une approche pluridisciplinaire (les professionnels paramédicaux y jouent un rôle important), a un impact organisationnel qui a nécessité une adaptation au sein du groupe  :

    • des arbres décisionnels ont été créés pour la gestion des alertes (effets secondaires) ;
    • l’alerte est traitée selon le dossier du patient ;
    • un appel est le plus souvent nécessaire pour étayer l’alerte ;
    • enfin, les arbres décisionnels sont utilisés pour adapter la prise en charge du patient au cas par cas.

     

    Une transition numérique dans la HAD :

    En réponse à des besoins médicaux complexes de l’hospitalisation à domicile (HAD), en particulier dans les zones rurales, Elsan s’est lance dans la digitalisation de ses services, en partenariat avec Equasens, avec des outils tels que Domilink et PandaLab Pro.

    Les retours du terrain venant des établissements où ces solutions ont été déployées sont très positifs :

    • une forte utilisation quotidienne, avec en moyenne 3 000 utilisateurs par jour et 80 000 messages envoyés chaque mois ;
    • une amélioration notable de la communication et de la coordination entre les professionnels de santé ;
    • une augmentation de l’efficacité et de la rapidité des interventions ;
    • en moins d’un an, “la file active des patients a doublé”, témoignant d’un gain d’efficacité et de rapidité.

     

    Pour l’avenir, le groupe envisage de mettre l’accent sur le développement de nouvelles solutions technologiques qui aideront à accompagner les patients dans les aspects sociaux et d’isolement lors du retour à domicile.

    Une baisse de 10 % de la consommation d’électricité grâce au digital

    Le suivi énergétique est un sujet nouveau pour les établissements, avec des enjeux majeurs tels que:

    • la réduction de l’empreinte carbone ;
    • la conformité aux réglementations telles que le décret tertiaire visant à réduire la consommation énergétique de 40 % d’ici 2030 ;
    • la réduction des coûts de l’énergie ;
    • l’amélioration du confort des patients…

     

    Selon Cyrille Lemoine, DG Eveler, pour relever ces défis, une meilleure maîtrise du digital est nécessaire, avec la mise en place de l’Internet des objets (IoT) pour surveiller et réguler la consommation. Cependant, l’aspect humain reste essentiel pour accompagner cette transition numérique.

    Premiers résultats :

    Les résultats concrets enregistrés par Elsan depuis le déploiement de l’outil d’Eveler, montrent des diminutions significatives de la consommation énergétique :

    • une réduction de 13 % de la consommation d’électricité et de gaz ;
    • 7 % d’économie d’eau dans un établissement sur une année ;
    • à l’échelle du groupe, une baisse de 10 % de la consommation d’électricité, avec une réduction de 13 % au cours des deux premiers mois de l’année 2024.

     

    Etendre les usages du numérique et industrialiser les démarches réussies

    Pour la direction d’Elsan, ses équipes et ses partenaires, digitalisation ne signifie pas déshumanisation. L’humain reste “au cœur du processus, avec l’outil numérique venant en soutien”. Qui plus est, la direction du groupe constate que “les soignants ne sont pas résistants au changement, mais seulement au mauvais changement”. Avec ces premiers résultats positifs obtenus par les innovations mises en place et la satisfaction de leurs utilisateurs, la suite pour Elsan est de prolonger l’expérience et de la développer dans ses autres établissements. Son objectif est maintenant clair : industrialiser cette démarche et l’étendre à d’autres volets de l’administration ou de la prise en charge des patients.

    Une mise à l’échelle en 3 étapes :

    • une étape de préparation à l’industrialisation : une proximité du terrain qui commence dès l’analyse des solutions repérées pour pouvoir les tester grandeur nature, en définissant les organisations “qui peuvent déployer et bénéficier le mieux de la valeur ajoutée de la solution” ;
    • une étape de construction des partenariats dans la durée : avec les éditeurs des solutions les plus pertinentes ;
    • et une étape de mise à l’échelle : une collaboration avec toutes les parties prenantes de l’écosystème nécessaire pour réussir la mise à l’échelle sur différents sujets importants, comme celui du parcours de soins.

     

    L’importance de l’innovation partenariale :

    “L’innovation est une invention qui rencontre ses usages, son marché”, souligne Dorothée Moisy-Gouarin, directrice Innovation chez Elsan. Avec son équipe, elle a pour mission d’”identifier les cas d’usage qui vont avoir de l’impact” parce que “le digital est une valeur ajoutée à toutes les pratiques au sein du groupe”. Selon elle, le prisme d’Elsan au sujet de l’innovation se décline en 2 grands principes : l’importance de l’innovation partenariale et le choix d’une innovation à impact réel, “pas seulement marketing”, conclut-elle.

     

  • IA générative : Apple rachète DarwinAI pour développer son modèle MM1

    Une start-up à la pointe de la “computer vision”

    DarwinAI a développé Gensynt, une plateforme permettant l’inspection visuelle de la qualité grâce à l’intelligence artificielle (IA). Avec sa technologie brevetée, elle se donne pour objectif d’améliorer l’efficacité de la production d’assemblages de circuits imprimés pour l’industrie de la fabrication électronique. Pour cela la plateforme s’appuie sur :

    • l’apprentissage automatique pour comprendre l’architecture des réseaux neuronaux ;
    • et l’IA afin de générer de nouveaux réseaux neuronaux équivalents, mais plus petits et plus rapides.

    Apple progresse dans l’IA générative avec son modèle MM1

    Si Apple acquiert DarwinAI, c’est pour étoffer ses produits de de nouvelles fonctionnalités d’IA. D’ailleurs, il semblerait également qu’Apple serait en négociations avec Google pour intégrer Gemini à sa mise à jour d’iOS 18. Son ambition est de développer des modèles multimodaux qui revêtent 2 qualités principales : la flexibilité et la performance. Pour étudier l’importance du choix de données mais aussi des différents composants architecturaux, Apple réalise des ablations exhaustives :

    • de l’encodeur d’image ;
    • du connecteur langage-vision ;
    • ainsi que de divers choix de données de pré-entrainement.

    Afin d’obtenir des résultats précis en apprentissage à partir de peu d’exemples sur plusieurs référentiels, Apple a réussi à démontrer l’importance de plusieurs facteurs, notamment en ce qui concerne le pré-entraînement multimodal à grande échelle, à savoir l’utilisation :

    • d’un mélange judicieux de données image-légende ;
    • d’images et de texte entrelacés ;
    • et de données texte seulement.

     

    C’est ainsi que les équipes d’Apple ont développé la famille de modèles multimodaux MM1, capables d’atteindre jusqu’à 30 milliards de paramètres. Cette famille comprend les modèles les plus puissants de pré-entrainement : des “modèles denses” et des” variantes de mélange d’experts (MoE)”. Selon les chercheurs d’Apple, grâce à une pré-formation à grande échelle, MM1 bénéficie de propriétés attrayantes, “telles qu’un apprentissage amélioré en contexte et un raisonnement multi-images, permettant une chaîne de pensée en quelques étapes”.