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  • IA et médecine : 61 % des essais cliniques randomisés sont menées aux USA et en Chine

    L’imagerie médicale en tête

    Cette publication du Lancet est le fruit d’une collaboration entre plusieurs institutions, notamment le Department of Biomedical Informatics de la Harvard Medical School, et le Department of Computer Science de la l’université de Stanford, ainsi que d’autres institutions. Visant à évaluer l’état actuel des essais cliniques randomisés portant sur l’IA dans la pratique clinique, les auteurs identifient les résultats des essais, les spécialités médicales concernées ainsi que les lieux où ils sont menés. Ils mettent, par ailleurs, en évidence les défis associés, tels que la “généralisabilité” des résultats, les biais de publication et l’efficacité opérationnelle. Ils soulignent enfin l’importance des preuves issues de la pratique en vie réelle, pour mieux évaluer la valeur des algorithmes d’IA dans les soins.

    Résultats :

    • un intérêt croissant pour l’utilisation de l’IA en pratique clinique dans le monde : les essais cliniques ont doublé entre 2021 et 2023 ;
    • cet intérêt porte principalement sur l’imagerie médicale, en particulier en gastroentérologie et en radiologie générale ;
    • les Etats-Unis et la Chine sont les deux leaders mondiaux en nombre d’essais menés entre 2018 et 2023, avec 27 et 26 essais respectivement ;
    • la majorité de ces essais cliniques font état de résultats favorables en termes de diagnostic ;
    • certains essais mettent en lumière une préoccupation en matière d’efficacité opérationnelle : les systèmes d’IA peuvent aussi bien rationnaliser que compliquer les flux de travail ;
    • un biais concernant les premières publications est souligné : certains résultats d’essais cliniques peuvent avoir été exagérés ce qui compromettrait la preuve objective de l’efficacité de l’IA dans la pratique clinique.

     

    Ainsi, les auteurs insistent sur la nécessité de réaliser davantage d’essais cliniques multicentriques, en prenant en considération des mesures de résultats plus diversifiées et relatives au patient.

    Répartition géographique des essais

    61 % des essais cliniques randomisés évaluant l’usage de l’IA en pratique clinique ont donc été menés dans 2 pays : les États-Unis et la Chine. Aux USA, les essais ouvrent diverses spécialités, tandis qu’en Chine, une partie importante de ces essais est liée à l’usage d’algorithmes de deep learning basés sur la vidéo en gastro-entérologie. Les pays européens ont également participé à des essais, le plus souvent dans le cadre de collaborations multinationales.

    Pour les auteurs de l’article du Lancet, cette concentration du nombre d’études réalisées dans une poignée de pays montre le besoin d’une coopération internationale plus large et d’une diversification dans les applications cliniques de l’IA.

    Répartition géographique des essais cliniques randomisés sur l’IA, entre 2018 et 2023, selon la spécialité médicale. – @ Han et al, 2024.

    65 % des essais en gastro-entérologie menés par 3 entités :

    Parmi les 86 essais cliniques inclus dans cette “scoping review“, 37 (soit 43 %) étaient liés à la gastro-entérologie. Tous les essais en gastro-entérologie ont testé des algorithmes de deep learning basés sur la vidéo dans le but d’assister les cliniciens.

    Quasiment tous les essais en gastro-entérologie ont mesuré un critère d’évaluation principal lié au diagnostic, tels que le taux de détection ou le taux d’erreur. Par ailleurs, 27 essais en gastro-entérologie ont été menés par seulement 4 organisations : l’université de Wuhan, Wision AI, Medtronic et Fujifilm.

    Mise en perspective de l’étude

    Plusieurs limites aux études portant sur l’usage de l’IA dans la pratique clinique ont été mises en avant par les auteurs de cette revue, notamment :

    🚩 le biais de publication : les essais avec des résultats positifs sont plus susceptibles d’être publiés et communiqués, ce qui peut fausser la perception globale de l’efficacité de l’IA dans la pratique clinique – en effet, le nombre d’essais impliquant l’IA peut être plus élevé et les résultats négatifs ne sont pas forcément publiés dans des journaux scientifiques ;

    🚩 l’efficacité opérationnelle : les résultats concernant l’efficacité opérationnelle varient selon les spécialités, avec un nombre important d’essais rapportant des augmentations ou des diminutions du temps opérationnel – cela met en évidence le potentiel des systèmes d’IA autant pour simplifier que pour compliquer les flux de travail des soignants (les auteurs soulignent que la réussite de l’adoption des outils d’IA en routine clinique dépendra de facteurs tels que l’efficacité opérationnelle, la rentabilité et le niveau de formation requis, tout autant que de la performance du système d’IA) ;

    🚩 et la généralisabilité : la prédominance des essais menés dans un seul pays (Etats-Unis ou Chine), ainsi que le manque de diversité démographique dans ces mêmes études, soulèvent des inquiétudes quant à la représentativité des résultats – les auteurs posent la question de la généralisation de ces systèmes d’IA, car les preuves que ces derniers peuvent apporter pourraient être biasiées.

    * Randomised controlled trials evaluating artificial intelligence in clinical practice: a scoping review

    Ryan Han, Julián N Acosta, Zahra Shakeri, John P A Ioannidis, Eric J Topol, Pranav Rajpurkar

    The Lancet Digital Health, May 2024, DOI: https://doi.org/10.1016/S2589-7500(24)00047-5

  • Etude : un impact positif des outils de santé numérique sur les professionnels de santé

    Les études dans ce domaine restent de mauvaise qualité

    L’étude est une revue “parapluie” des revues systématiques analysant l’impact des technologies de santé numérique sur les professionnels de la santé. Elle se concentre notamment sur “leur efficacité, leur faisablité, leur acceptabilité et leur rentabilité”. Ses résultats ont révélé que ces technologies ont un impact positif sur :

    • la performance des personnels soignants ;
    • la pratique clinique et la gestion des soins ;
    • ainsi que sur l’accès aux soins.

     

    Les auteurs soulignent cependant que la qualité des études dans ce domaine est “souvent faible”. Ce qui rend difficile l’interprétation de leurs résultats et représente un obstacle à leur généralisation. En outre, la majorité des données proviennent de pays à revenu élevé. Cela nécessite de porter une attention particulière aux contextes des pays à faible et moyen revenu, pour éviter tout biais dans les conclusions tirées.

    Au moins 132 revues systématiques traitent de ce sujet :

    Pour cette étude du Lancet, les preuves sur l’effet des technologies sur les compétences et la performance des professionnels de la santé ont été rassemblées à partir de diverses bases de données jusqu’au 1er mars 2023. Les études incluses ont été évaluées selon les effets des technologies qu’elles évaluent sur divers aspects :

    • organisationnels ;
    • socio-économiques ;
    • cliniques et épidémiologiques ;
    • ainsi que sur les paramètres de performance.

     

    Au total, 12 794 revues examinées ont généré 132 enregistrements éligibles pour l’évaluation. Les résultats ont montré que les technologies de santé numériques influencent positivement la pratique quotidienne des professionnels de la santé dans diverses spécialités médicales, et des associations positives ont été établies entre elles et l’amélioration :

    • de la performance des professionnels de santé (10,9 %) ;
    • de la pratique clinique et de la gestion (9,8 %) ;
    • et de la prestation de soins et de l’accès aux soins (9,2 %).

     

    Résultats :

    Les données extraites, classifiées et évaluées ont révélé que l’amélioration des performances techniques des professionnels de santé était l’effet le plus courant des technologies de santé numérique. Cela consiste en une précision accrue de leurs décisions, une productivité augmentée et un accès plus rapide aux données.

    D’autres effets fréquents comprennent l’amélioration de la pratique clinique et de la gestion, de la prestation de soins, ainsi que la satisfaction des utilisateurs. Une amélioration des processus de diagnostic et de la communication interprofessionnelle a également notée. Cette dernière est définie par les chercheurs sur les critères suivants :

    • la diminution des écarts de communication ;
    • l’amélioration de la qualité de l’information partagée ;
    • l’amélioration de l’échange d’informations et de connaissances ;
    • le renforcement de la qualité et de l’efficacité de la communication ;
    • l’amélioration de l’accessibilité et des relations entre équipes ;
    • et l’élargissement des réseaux professionnels.

     

    Impact de la télémédecine :

    Selon les auteurs, la télémédecine et plus particulièrement la télésurveillance améliorent les processus de prise de décision, renforcent la prestation de soins et réalisent un haut niveau de satisfaction chez les professionnels de santé. Utilisées dans des interventions thérapeutiques, dans la formation et dans le recrutement du personnel, ces technologies permettent d’identifier rapidement de nouveaux problèmes cliniques et d’améliorer l’efficacité de soin prodigué par le soignant. Grâce à des applications de messagerie instantanée, elles améliorent également la communication interprofessionnelle.

    Malgré ses effets bénéfiques sur les dépenses de santé publique, cette revue précise que la télémédecine peuvent augmenter la charge de travail et le taux de burnout chez les professionnels de santé.

    Impact de la santé mobile :

    Une étude a évalué l’impact des technologies de santé mobiles sur les environnements de travail des professionnels de la santé. Les résultats montrent une corrélation significative entre ces technologies et le renforcement de la communication interprofessionnelle, l’amélioration de la prestation de soins, et une meilleure qualité des soins. De plus, elles sont associées à une amélioration des performances techniques des soignants, à des taux de satisfaction élevés parmi les utilisateurs, et à une meilleure gestion et pratique clinique, ainsi qu’à des réponses plus rapides aux urgences. D’autres résultats soulignent également l’amélioration des compétences des équipes de soin, la collecte et l’acquisition de données améliorées, l’adhérence aux protocoles de traitement, et une meilleure utilisation des systèmes de référence d’urgence.

    Impact des dossiers patients informatisés (DPI):

    23 revues parmi celles incluses dans cette publication du Lancet ont examiné l’impact des DPI, ou dossiers médicaux électroniques, sur la pratique des professionnels de santé. Ces systèmes ont été associés à une amélioration de la gestion clinique, de la collecte de données, de la communication interprofessionnelle, et de la performance professionnelle. Les équipes ont rapporté une meilleure coordination et une satisfaction élevée, attribuées à une réduction de la charge cognitive et à une meilleure qualité des soins. Cependant, l’utilisation de ces systèmes peut entraîner une augmentation de la charge de travail et du temps de documentation. Les scores de convivialité varient selon la spécialité, mais la formation des praticiens semble favoriser une meilleure utilisation de ces systèmes.

    Impact des systèmes d’aide à la décision clinique :

    Les systèmes d’aide à la décision clinique ont été évalués dans 20 revues, démontrant leur impact positif sur le comportement clinique, la performance, et les connaissances professionnelles. Leur intégration aux processus de soins a renforcé la prise de décision et l’adhérence aux lignes directrices cliniques. Cependant, leur capacité à améliorer la qualité des soins et les résultats cliniques en Afrique subsaharienne reste incertaine. Des conflits peuvent surgir lorsque les recommandations du système contredisent les connaissances des experts. La rentabilité des systèmes d’aide à la décision a été positive dans quatre revues, mais elle reste indécise dans d’autres, dépendant souvent de la géographie. Ces systèmes ont été jugés utiles dans les diagnostics, les prévisions de pronostic, et la recherche.

    Impact des systèmes d’intelligence artificielle (IA) :

    L’effet des technologies d’intelligence artificielle sur les professionnels de santé a été examiné dans huit revues, révélant l’impact positif de diverses applications telles que le phénotypage numérique, les chatbots et l’apprentissage automatique. Les résultats clés incluent une amélioration de la prestation de soins et de la pratique clinique grâce à une meilleure collecte d’antécédents médicaux et une communication professionnelle accrue. Des taux élevés d’acceptation et de satisfaction de cette technologie ont également été observés. Des indicateurs objectifs et subjectifs, tels que des entretiens et des enquêtes, ont été utilisés pour évaluer ces améliorations. En outre, des outils basés sur l’intelligence artificielle ont été associés à un meilleur contrôle et à la prévention des maladies, ainsi qu’à une amélioration potentielle de la pratique clinique dans les paramètres de soins de santé d’urgence.

     

     

    * The global effect of digital health technologies on health workers’ competencies and health workplace: an umbrella review of systematic reviews and lexical-based and sentence-based meta-analysis

    Israel Júnior Borges do Nascimento, Hebatullah Mohamed Abdulazeem, Lenny Thinagaran Vasanthan, Edson Zangiacomi Martinez, Miriane Lucindo Zucoloto, Lasse Østengaard, Natasha Azzopardi-Muscat, Tomas Zapata, David Novillo-Ortiz

    The Lancet Digital Health, Volume 5, Issue 8, 2023, Pages e534-e544, ISSN 2589-7500,
    https://doi.org/10.1016/S2589-7500(23)00092-4.

  • Cartographie des acteurs de l’écosystème de la santé au travail en France

    Les interlocuteurs du salarié pour une meilleure santé au travail

    Pour la préservation de sa santé au travail et une meilleure qualité de vie et des conditions au travail (QVCT), le salarié a des interlocuteurs au sein même de son entreprise. En cas de problèmes ou d’interrogations, il peut donc se tourner vers son employeur pour lui faire part de son ressenti et lui demander de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires à la préservation de sa santé physique et mentale. Toujours au sein de son entreprise, il peut, s’il y en a un, questionner le comité social et économique (CSE) qui représente les salariés pour toutes les questions relatives à la santé et à la sécurité du travail. Les membres du CSE sont aussi en charge de proposer des actions de prévention pour assurer le maintien d’une bonne QVCT et santé au travail pour les salariés.

    Chaque employeur doit aussi adhérer ou organiser un service de prévention et de santé au travail (SPST) afin de satisfaire à l’obligation de santé et de sécurité prévue par le code du travail. Ce service peut être propre à son entreprise ou organisé en commun avec d’autres entreprises et établissements et a pour objectif de “préserver la santé au travail des travailleurs et d’accompagner les employeurs, les travailleurs et leurs représentants en matière de prévention des risques professionnels”.

    Des interlocuteurs en dehors de l’entreprise :

    En dehors de l’entreprise, l’inspecteur du travail a pour rôle d’informer les salariés sur leurs droits et leurs obligations en matière de santé au travail, mais aussi de les conseiller. Dépendant des directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets), l’inspecteur du travail joue un rôle essentiel dans la surveillance et la régulation des conditions de travail au sein des entreprises. Sa mission englobe la vérification du respect des normes de sécurité, de la durée du travail, des rémunérations, ainsi que d’autres aspects liés notamment à la santé au travail.

    Au niveau régional, les Caisses régionales de l’Assurance maladie – Risques professionnels (Carsat, Cramif, CGSS) apportent appui et conseil aux entreprises sur les moyens techniques, organisationnels et humains à mettre en œuvre pour conduire leurs actions de prévention des risques professionnels, avec sous certaines conditions des aides financières. Elles jouent donc un rôle de soutien en aidant les acteurs de l’entreprise à adopter des méthodes efficaces pour prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles.

    Au niveau national, le salarié peut aussi solliciter l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) dont l’une des missions est de répondre aux sollicitations du salarié en matière de santé, de sécurité et de prévention au travail.

    Les principaux acteurs de l’écosystème de la santé au travail

    Les institutions :

    L’écosystème de la santé au travail est porté avant tout par les institutions du Gouvernement, qu’elles soient régionales, nationales ou internationales, puisque ce sont elles qui vont mettre en place les lignes directrices et le règles concernant la santé et la sécurité au travail.

    Parmi elles, on retrouve l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) qui a pour mission – d’après l’article L. 4642 du Code du travail – de contribuer au développement et à l’encouragement de recherches, d’expériences ou de réalisations en matière d’amélioration des conditions de travail, de rassembler et de diffuser les informations concernant, en France et à l’étranger, toute action tendant à améliorer les conditions de travail et d’appuyer les démarches d’entreprise en matière d’évaluation et de prévention des risques professionnels.

    L’Institut national de recherche et de sécurité qui est un institut pluridisciplinaire au service des professionnels de la prévention, des entreprises et des salariés sous l’égide de la Sécurité sociale, est lui aussi un acteur institutionnel au niveau national, puisqu’il est l’organisme de référence dans les domaines de la santé au travail et de la prévention des risques professionnels. Ses missions qui vont de la recherche à l’information, en passant par la formation et l’assistance et se structurent autour de trois axes étants l’identification des risques professionnels et la mise en évidence les dangers, l’analyse de leurs conséquences pour la santé et la sécurité des salariés, ainsi que la diffusion et la promotion des moyens pour maîtriser ces risques au sein des entreprises.

    Les financeurs :

    Les financeurs se divisent en deux catégories : les caisses publiques et les mutuelles privées. En ce qui concerne les caisses publiques telles que celle de l’Assurance maladie et la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole, elles ont pour mission de financer les soins des salariés, les arrêts de travail et la prévention.

    Les mutuelles privées financent aussi les soins des salariés mais vont aller plus loin en proposant des dispositifs de prévention. C’est le cas de la MGEN qui déploie depuis 2020 le dispositif “Bien être santé travail (BEST FPH)” qui permet de mettre en place des actions de prévention dans les structures hospitalières.

    Les associations :

    Les associations sont aussi des acteurs importants dans l’écosystème de la santé au travail. En effet, ceux sont elles qui vont développer des projets de recherche, propager les bonnes pratiques et mettre en place des politiques de sensibilisations. L’Association internationale de la sécurité sociale qui elle est la principale organisation internationale à l’intention des institutions, ministères et agences publiques en charge de la sécurité sociale va par exemple proumouvoir l’excellence dans l’administration de la sécurité sociale à travers des lignes directrices professionnelles, des connaissances spécialisées, ainsi que la fourniture de services et de soutien afin de permettre à ses membres de développer des systèmes et politiques de sécurité sociale dynamiques à travers le monde.

    Cartographie des acteurs de la santé au travail
    Cartographie des acteurs de la santé au travail
  • Santé au travail : état des lieux, acteurs clés et panorama des usages et des solutions innovantes

    A l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, le 28 avril, ainsi que de la Journée internationale des travailleurs, le 1er mai, Health & Tech Intelligence met à jour son indicateur dédié à la santé et à la qualité de vie et aux conditions de travail (QVCT). Avec un état des lieux juridique, contextuel et technologique de la problématique, complété de 3 panoramas détaillants les acteurs clés et les offres disponibles dans ce domaine, en France.

    État des lieux des besoins et des opportunités en santé au travail en France :

    Bilan prédictif de santé, promotion de la santé mentale des salariés, amélioration des conditions de travail… Avec la prise de conscience croissante en France de l’impact des politiques de santé sur le bien-être et la performance des salariés, les initiatives visant à promouvoir un environnement professionnel sain se multiplient.

    👉 Cet article est accessible en suivant ce lien.

    La santé des femmes et la santé mentale comme principaux chantiers réglementaires en France :

    Si peu de changements sont à constater, en matière de santé au travail, depuis l’adoption de la réforme de la loi santé et sécurité au travail de 2022, de nombreux chantiers sont en cours pour faire progresser la législation, notamment en matière de prise en charge de la santé des femmes, de la santé mentale ou encore d’une instauration plus large du télétravail pour le bien des salariés.

    👉 Tous les détails concernant la revue H&TI des évolutions réglementaires récente en matière de santé au travail sont disponibles ici.

    Etude : un impact positif des outils de santé numérique sur les professionnels de santé

    Les technologies de santé numérique affectent positivement la performance des professionnels de la santé, leur santé mentale, leur pratique clinique, ainsi que leurs prestations liées à à l’accès aux soins. C’est ce que révélait une étude publiée dans The Lancet Digital Health en 2023. La réduction des coûts directs et indirects grâce à ces technologies nécessitent encore davantage de preuves.

    👉 Un résumé de cette revue “parapluie” des revues systématiques relatives à l’impact des technologies de santé numérique sur les professionnels de la santé est disponible dans cet article.

    Cartographie des acteurs de l’écosystème de la santé au travail en France :

    Entreprises, mutuelles, institutions, associations… Différents acteurs en France et dans le monde jouent un rôle important dans la préservation de la santé au travail, notamment en matière de prévention. Cela commence au niveau de l’employeur lui-même qui doit mettre en place diverses mesures pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses employés.

    👉 La cartographie des acteurs de la santé au travail est à retrouver ici.

    Panorama des solutions numériques de santé et QVCT des salariés proposées en France :

    Le nombre de solutions numériques numériques destinées à l’amélioration de QVCT ne cesse d’augmenter en France, depuis 2015. Du suivi de la santé des salariés à la prévention des risques psychosociaux (RPS), en passant par le sommeil ou les troubles musculosquelettiques (TMS) : panorama des solutions disponibles en France.

    👉 Le panorama des solutions numériques de santé et QVCT disponibles en France est à découvrir ici.

    Panorama des dispositifs innovants au service de la QVCT des professionnels de santé :

    Des solutions numériques et des initiatives expérimentales se développent dans le domaine de la santé au travail pour améliorer la qualité de vie des personnels, notamment dans les établissements de soins. Cet article dresse un panorama des dispositifs innovants de QVCT au sein des établissements de santé publics et privés.

    👉 Le panorama des dispositifs de QVCT innovants au sein des établissements de santé en France est à découvrir en suivant ce lien.

     

  • État des lieux des besoins et des opportunités en santé au travail en France

    Les chiffres clés de la santé au travail en France

    En France, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) au 4e trimestre de l’année 2023, on comptait 27 077 600 salariés dont la moitié étaient des femmes. En 2025, la population active devrait atteindre son pic de vieillissement, avec la part des 50-64 ans salarié qui devrait s’élever à 35 %.

    Selon le gouvernement, les arrêts maladie ont augmenté de 7,9 % en un an en 2023, et de 30 % en 10 ans : on en comptait 8,8 millions en 2022, contre 6,4 millions en 2012. Les indemnités journalières, fiancées par la Sécurité sociale pour payer les salariés malades, coûtent quant à elles 16 milliards d’euros par an.

    Pour plus de détails concernant la politique publique et les évolutions réglementaires concernant la santé au travail, dans cet article H&TI.

    Les entreprises, légitimes pour promouvoir la santé de leurs salariés

    Predilife, spécialiste de l’intelligence artificielle et de la prédiction des maladies a publié une étude avec Ipsos en 2023 sur l’impact des changements sociaux sur la santé au travail. Cette enquête interroge 1 500 employés français de 18 à 65 ans dans des entreprises privées ou semi-publiques de plus de 50 salariés.

    Cette étude fait ressortir 3 points principaux :

    • santé et bien être un moyen de fidéliser les salariés : la santé et le bien-être sont des éléments cruciaux pour attirer et retenir les salariés alors que seulement 44 % des travailleurs se sentent à la fois bien et motivés dans leur emploi, une grande majorité (81 %) considère les initiatives de l’entreprise en matière de bien-être comme un critère de sélection, et 82 % les voient comme un facteur de fidélisation.
    • une légitimité des entreprises à développer des initiatives en rapport avec la santé : il existe un fort degré acceptation des entreprises du fait qu’elles investissent dans la santé préventive des employés, en effet, 76 % des salariés estiment cette démarche comme légitime.
    • le bilan prédictif est un levier pour l’innovation : moins de la moitié des salariés prennent des mesures proactives pour gérer leur santé. En effet, 79 % des salariés montrent un intérêt pour la possibilité d’un bilan prédictif offert par l’entreprise, cet intérêt augmentant avec l’ancienneté dans l’entreprise, et 94 % souhaitent bénéficier d’un suivi annuel.

     

    Une autre étude menée par Ipsos santé sur la santé au travail a été menée auprès de 181 décideurs, travaillant au sein d’entreprises privées comptant au moins 100 salariés. A également été interrogé 1 000 salariés français âgés de 18 à 65 ans  travaillant dans des entreprises privées ou semi-publiques, d’au moins 50 salariés.

    Résultats clés de l’étude de Predilife:

    • au moment de choisir la société dans laquelle ils souhaitent travailler 8 salariés sur 10 se disent sensibles à la considération de la santé des employés par l’entreprise.
    • selon 79 % des salariés, l’entreprise a toute légitimité à se soucier de la santé des salariés (80 % concernant le bien-être). De même, les décideurs insistent sur l’importance de porter une attention spécifique à la santé des collaborateurs (76 %), à un niveau équivalent à celle portée à leur bien-être (77 %).
    • 24 % des entreprises possèdent un budget santé
    • les décideurs indiquent que les actions les plus couramment développées pour prendre soin des salariés sont l’évaluation des risques psycho-sociaux (55 %), l’accompagnement sur la prévention des risques liés à l’alcool/tabac (40 %) et l’encouragement de la pratique sportive (38 %).

     

    Baromètre QVCT de Qualisocial 2024

    Une étude récente menée par Ipsos sur « L’impact de la QCVT sur la santé et le bien-être, l’engagement au travail et la performance des organisations » réalisée auprès de 3002 salariés fait ressortir « une dégradation générale de la santé mentale et un désengagement au travail des actifs du privé et du public ».

    Selon les résultats, 53 % des actifs se sentent désengagés, tandis que 67 % se rendent au travail mécaniquement, voire à reculons. Malgré cela, 88 % estiment que la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) est prioritaire ou importante, bien que seulement 48 % pensent que leur employeur en tient compte.

    Les entreprises ayant mis en place des démarches QVCT observent des résultats positifs : jusqu’à 4,6 fois plus de salariés engagés, en meilleure santé (66 %), et plus heureux au travail (73 %). De plus, ces organisations sont plus performantes (71 %).

    Les impacts sur la santé et le bien-être au travail sont également notables : les entreprises avancées en QVCT ont plus de salariés en bonne santé (71 % contre 37 % pour celles sans démarche QVCT), et une meilleure relation avec leur manager (98 %). Elles déclarent également un sentiment de sécurité physique et mental accru (92 %), avec plus de salariés heureux au travail (55 %).

    Recommandations de l’étude de Qualisocial :

    Pour améliorer la QVCT, l’étude recommande aux employeurs :

    • de créer une ambiance de travail agréable ;
    • de favoriser la communication transparente ;
    • d’impliquer les salariés dans la stratégie de l’entreprise ;
    • et de permettre aux salariés d’utiliser pleinement leurs compétences et de participer activement à la qualité de vie au travail.

    Au niveau gouvernemental, l’étude propose :

    • de financer la recherche et la formation sur la QVCT ;
    • d’instaurer des incitations fiscales et des contraintes pour mettre en place des démarches QVCT ;
    • et d’obliger les organisations à évaluer régulièrement le niveau de QVCT en interrogeant les salariés.

     

  • Santé au travail : santé des femmes et santé mentale comme principaux chantiers réglementaires

    La réforme de la loi santé et sécurité au travail effective depuis 2022

    Grande initiative pour faire progresser la santé et la sécurité au travail, la réforme de la loi qui lui est dédiée est effective depuis le 31 mars 2022 et elle est venue apporter de nombreuses modifications et avancées sur la question.

    De la QVT à la QVCT :

    L’une des mesures phare de cette réforme est le remplacement de la qualité de vie au travail (QVT) par la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) au sein du Code du travail, après la signature d’un accord national interprofessionnel (ANI) sur la santé au travail qui marque la volonté d’assurer santé et sécurité au travail. Cette modification est considérée comme une avancée majeure en termes de prévention des risques professionnels, même si la QVCT n’est une obligation pour l’employeur que dans les entreprises de plus de 50 salariés. Lorsque ce nombre de salariés est atteint dans une entreprise, l’employeur a l’obligation de mettre en place une prévention des risques psychosociaux, ainsi qu’une négociation annuelle sur la qualité de vie et des conditions au travail.

    Pour l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail), la QVCT doit passer par 6 leviers visant à faciliter la vie des salariés :

    • l’ambiance de travail, l’environnement et les conditions de travail ;
    • le contenu du travail (autonomie, moyens mis à disposition, charge de travail) ;
    • la santé au travail ;
    • la formation et le développement professionnel ;
    • l’égalité professionnelle (équilibre vie professionnelle et personnelle, égalité femmes-hommes…) ;
    • les méthodes de management (échanges réguliers, gestion des absences, reconnaissance, engagement).

    Le passeport de prévention sera accessible à tous dès 2025 :

    La disposition concernant le passeport de prévention est entrée en vigueur en octobre 2022, mais n’était pas accessible à tous les travailleurs. Ce passeport dématérialisé et connecté fonctionne comme une plateforme sur laquelle sont recensées toutes les formations en matière de santé et sécurité au travail. Il peut être complété par l’employeur, l’organisme de formation ou le travailleur, en insérant les diplômes obtenus et les attestations de formation, afin de permettre une traçabilité et une mise à jour des compétences des salariés en la matière.

    Depuis le 30 mai 2023, les travailleurs et les demandeurs d’emploi ont accès à une version bêta de ce passeport de prévention et peuvent y insérer des documents, mais ça n’est pas le cas des employeurs, ni des organismes de formation. Ils devront normalement y avoir accès dès 2025, après le report de cette date d’accès par le ministère du Travail, alors que la loi prévoyait un accès en 2024.

    Calendrier du déploiement du passeport de prévention
    Calendrier du déploiement du passeport de prévention

    La préservation de la santé mentale encadrée par la loi

    Si la santé mentale était déjà un enjeu majeur de santé publique avant le Covid-19, depuis la pandémie, le nombre d’arrêts de travail en rapport avec les pathologies mentales a explosé, notamment le burn-out et la dépression post-Covid. Le Code du travail prévoit des obligations pour l’employeur afin de préserver la santé mentale de ses employés.

    Comme le stipule l’article L 4121-1 du Code du travail placé dans le titre relatif à la prévention, l’employeur doit “veiller à la santé physique et psychique de ses salariés et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs : actions de prévention des risques professionnels, actions d’information et de formation, mise en place d’une organisation et de moyens adaptés”.

    Pour éviter le burn-out et la dépression, l’article L. 4121-2 du Code du travail stipule quant à lui que l’employeur doit “adapter le travail à l’homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé”, mais aussi “planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral et au harcèlement sexuel, ainsi que ceux liés aux agissements sexistes”.

    Le Gouvernement veut légiférer pour réduire les arrêts maladies :

    Après avoir constaté une hausse des arrêts maladies qui ne sont pas du à des pathologies médicales lourdes, ainsi qu’un bond de plus de 30 % des arrêts maladies entre 2012 et 2022, le Gouvernement a commencé à légiférer pour réduire les arrêts maladies en considérant que cette augmentation constante “n’est pas soutenable pour [le] modèle social [français]”.

    Ainsi, le projet de loi de financement de la sécurité social pour 2024 (PLFSS 2024) limite la prescription d’arrêt de travail délivré par téléconsultation à ceux d’une durée n’excédant pas 3 jours, sauf dans certains cas dont la prescription par le médecin traitant du patient arrêté. Le texte renforce aussi les pouvoirs du médecin contrôleur mandaté par l’employeur qui peut désormais suspendre le versement des indemnités aux patients lorsqu’il estime l’arrêt injustifié.

    Le Gouvernement prévoit de légiférer de nouveau d’ici à 2025 pour mettre en place de nouvelles lois visant à réduire le nombre d’arrêts maladies. Une nouvelle qui n’a pas manqué de faire réagir les médecins qui s’indignent en expliquant que cette augmentation des arrêts maladies est nécessaire pour la grande majorité des patients et qu’il n’y a que 1 à 2 % des médecins qui sont des gros prescripteurs d’arrêts maladie (environ 6 000 médecins) qui prescrivent beaucoup plus d’arrêts maladies que la moyenne des médecins.

    Un rapport sur la santé des femmes au travail présenté au Sénat en 2023

    Considérant que la santé des femmes au travail est une thématique qui a été peu étudiée sous l’angle des politiques de santé publique, la délégation aux droits des femmes a décidé de produire un rapport composé de constatations et de recommandations sur la santé des femmes au travail de manière large, en prenant en compte l’état de bien-être physique, mental et social.

    Le rapport a permis de mettre l’accent sur plusieurs maux invisibles en matière de santé des femmes au travail, notamment en ce qui concerne le manque d’approche genrée en matière de santé au travail, la méconnaissance des risques professionnels propres aux femmes (souvent liés à une usure physique et psychique), ou encore le manque de prise en charge concernant la santé sexuelle et reproductive au travail (grossesse, ménopause ou encore menstrues douloureuses).

    Les femmes développent des risques professionnels différents de ceux des hommes, et pourtant ils sont méconnus
    Les femmes développent des risques professionnels différents de ceux des hommes, et pourtant ils sont méconnus

    23 recommandations émises par les 4 rapporteuses

    Présenté au Sénat par 4 rapporteuses le 27 juin 2023, le rapport a été accompagné de 23 recommandations qui se divisent en 3 grands axes :

    • chausser systématiquement les lunettes du genre ;
    • développer et adapter la prévention à destination des femmes ;
    • mieux prendre en compte la santé sexuelle et reproductive au travail, en particulier les pathologies menstruelles incapacitantes et les symptômes ménopausiques.

    De nombreuses études sur l’impact du télétravail sur la santé au travail

    Beaucoup utilisé lors de la pandémie de Covid-19, le mode de travail hybride alternant un temps de travail au bureau avec du télétravail s’est imposé comme une norme au sortir de la crise et est de plus en plus utilisé. De nombreuses études ont montré les différents impacts du télétravail sur la santé au travail, ainsi que sur la manière de travailler. Si certains enseignements tirés de ces études montrent qu’il y a un réel intérêt du télétravail pour une meilleure QVCT, d’autres font état de plusieurs difficultés.

    L’enquête « télétravail, travail hybride : quelles conséquences ? » réalisée par l’Observatoire du télétravail, sous l’impulsion de l’Ugict-CGT et publié en décembre 2023, montre que la majorité personnes (92 %) qui ont recourt au télétravail hybride le vivent bien car cette situation leur permet de bénéficier d’un meilleur équilibre entre temps de vie professionnelle et vie personnelle. Il leur permet aussi de gagner du temps sur le trajet, allant d’une à deux heures et demi par jour, ce qui peut représenter un gain important lorsque deux ou trois jours de la semaine sont télé-travaillés.

    Le télétravail peut entraîner des problèmes de santé :

    Mais l’instauration du télétravail peut aussi avoir des effets néfastes sur les salariés. Cette enquête montre que 35 % des salariés voient leur temps de travail être allongé lorsqu’ils effectuent du télétravail et qu’il n’y a pas de dispositif d’évaluation du temps de travail (55 %). Les salariés expliquent aussi que le télétravail a un coût pour eux, que ce soit pour l’achat d’’un siège ergonomique sans financement de la part de l’employeur, d’un écran sans financement de la part de l’employeur, ou les frais induits par le télétravail.

    Une enquête plus récente a été publiée le 24 avril 2024 par le syndicat de l’encadrement et fait état de 7 enseignements sur le télétravail et le management. S’ils indiquent faire en majorité confiance en leurs collaborateurs lorsqu’ils se trouvent en télétravail, ils expliquent que ce télétravail peut entraîner des tensions entre les salariés qui en bénéficient et ceux qui n’en bénéficient pas. En tant que manager, ils trouvent parfois difficile de travailler avec leurs collaborateurs à distance, notamment à cause d’un déficit de formation à ce télétravail hybride. De plus, ils expliquent qu’ils ont du mal à bénéficier de leurs jours de télétravail qui pourraient avoir un impact positif sur leur QVCT, parce qu’ils ont tendance à s’adapter aux jours de télétravail de leurs équipes et passent plus de temps au bureau afin de voir l’ensemble des membres, qui ne sont pas tous là les mêmes jours.

    Santé publique France a aussi publié les résultats d’une enquête en octobre 2023. Cette dernière montre la corrélation entre le télétravail à temps plein et la survenue de lombalgie : 9 % des télétravailleurs à temps plein ont signalé une lombalgie, soit presque deux fois plus que ceux qui ont recourt à un télétravail hybride ou ceux qui n’ont pas recourt à du télétravail.

    Prévalence de la survenue de lombalgie en fonction de la quotité de télétravail effectuée parmi les travailleurs indemnes de lombalgie au début du 3e confinement
    Prévalence de la survenue de lombalgie en fonction de la quotité de télétravail effectuée parmi les travailleurs indemnes de lombalgie au début du 3e confinement

    Pour réduire ces risques, Santé publique France recommande aux employeurs de :

    • veiller à la quotité de télétravail mise en œuvre et encourager la prise de pauses régulières pour faciliter le mouvement et lutter contre les postures assises prolongées ;
    • fournir un matériel adapté pour le domicile (mobilier, écran à hauteur réglable…) ;
    • diffuser des recommandations ergonomiques pour l’aménagement des postes de travail afin d’améliorer l’ergonomie du poste de travail et la satisfaction des conditions de travail.

     

  • Panorama des dispositifs QVCT innovants dans les établissements de santé

    Enjeux de la QVCT dans les établissements de santé 

    La Qualité de Vie au Travail (QVCT) dans le domaine de la santé englobe les efforts visant à améliorer les conditions de travail des employés tout en renforçant la performance globale des établissements de santé. Ces efforts visent à :

    – garantir la sécurité des soins ;
    – assurer la qualité des soins ;
    – et promouvoir la santé des professionnels.

    L’évolution de l’organisation des établissements de santé, notamment l’intégration croissante des outils numériques influence à la fois la structure organisationnelle des établissements et les pratiques médicales elles-mêmes. De plus, certains outils numériques sont spécifiquement conçus pour améliorer la QVCT des professionnels de santé.

    L’enjeu pour les établissements de santé est donc :
    – évaluer l’impact des outils numériques sur les conditions de travail ;
    – comprendre les réactions des professionnels de santé à ces nouveaux outils ;
    – appréhender les changements induits dans le domaine de la santé ;
    – fournir un accompagnement adéquat à l’ensemble du personnel des établissements de santé.

    La qualité des soins menacée

    La healthtech lyonnaise PulseLife, qui vise à accompagner les professionnels de santé dans leur quotidien, a publié le 7 avril son baromètre pour la Journée mondiale de la santé : basé sur les réponses de 1012 professionnels de santé (médecins, infirmiers, spécialistes, chirurgiens, aide-soignant, pharmaciens, kinésithérapeutes, ostéopathes…) interrogés en ligne du 22 au 28 mars 2023, ce baromètre identifie les contraintes qui pèsent directement sur les conditions de travail des praticiens et les soins qu’ils prodiguent aux patients. Parmi lesquelles :

    • la surcharge de travail ;
    • le manque de moyens hospitaliers ;
    • la pénurie d’effectif ;
    • et l’hyper croissance des connaissance.

    La QVCT remise en question :

    Les professionnels de santé sont unanimes pour dire que la qualité de soins se détériore en France, et sont en quête de solutions. Ils sont également nombreux à estimer que l’IA peut les aider.

    • Pour 72 % des répondants à l’enquête de PulseLife, compte tenu des conditions actuelles de pratique de la médecine, la qualité de soins offerte en 2023 se détériore en France ;
    • Les infirmiers, plus pessimistes, sont 81 % à le reconnaître.

    Cette détérioration s’explique principalement par :

    • la surcharge de travail (78 % des professionnels de santé) ;
    • le manque de moyens mis à disposition (46 %) ;
    • le moral en berne des soignants (39 %).

    L’IA plébiscitée mais une défiance vis-à-vis de ChatGPT

    Pour améliorer leur pratique quotidienne, les professionnels de santé considèrent que la clé pour soulager les soulager et répondre à leurs besoins réside sûrement dans l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) dans la santé :

    • 81 % des soignants pensent que l’IA peut les aider au quotidien ;
    • un chiffre qui monte à 86 % chez les médecins ;

    Cependant, un grand scepticisme concernant ChatGPT est enregistré :

    • 73 % des répondants ne font pas confiance au modèle développé par OpenAI ;
    • une défiance encore plus élevée chez les médecins généralistes (80 %).

    Grégoire Pigné, co-fondateur de PulseLife et lui-même médecin en exercice, précise :

    “Les enseignements de cette étude appellent à une urgence. L’urgence d’aider nos soignants qui font face à un appauvrissement du secteur, conjugué à une explosion des connaissances médicales qu’il n’est plus possible d’absorber sans aide. D’un côté, les dépenses de santé évoluent plus vite que le PIB et ne seront plus soutenables d’ici 2050. De l’autre, la charge de travail de nos soignants n’est plus extensible. Il est grand temps de tirer parti de la technologie pour les aider, et les patients que nous sommes doivent en être conscients.”

    Répercussions des nouvelles technologies sur la QVCT des soignants

    Comme toute innovation organisationnelle, le déploiement des outils numériques (à l’image du dossier patient informatisé), nécessite une phase d’acculturation et une phase technique d’appropriation.

    Ces outils, qui ont pour objectif de simplifier les processus et de dégager du temps pour les soins, apparaissent comme des leviers d’amélioration de la QVCT des personnels des établissements de santé, parce qu’ils permettent notamment :

    • une plus grande traçabilité de l’activité ;
    • un accès immédiat à l’information ;
    • une amélioration de la qualité de soins ;
    • le suivi des indicateurs de qualité.

    Dans son rapport datant de 2020, l’Observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de santé et du médico-social (installé en juillet 2018) s’est penché sur les répercussions des technologies de l’information et de la communication (TIC) sur l’activité des soignants. Il signale que « l’informatisation des processus de soins améliore à première vue la qualité de vie au travail des professionnels de santé ».

    Des outils numériques utilisés au quotidien :

    Beaucoup d’établissements se sont dotés de matériels connectés pour améliorer la QVCT et la sécurité, qui sont devenus le quotidien des soignants :

    • réalité virtuelle pour apaiser le stress ou la douleur ;
    • accompagnement à la télé-médecine ;
    • IA dans la démarche diagnostique ;
    • applications mobiles spécialisées ;
    • piluliers informatisés ;
    • bracelets anti-fugue pour les personnes démentes ;
    • innovations type « oreille augmentée » pour que les aides-soignants de nuit réduisent leurs trajets et aient une surveillance plus efficiente…

    Le métier d’aide-soignant devrait bénéficier des nouvelles technologies :

    Une étude de la direction interministérielle de la transformation publique, publié en juin 2019, identifie l’automatisation des tâches d’assistance et répétitives (distribution des repas et du matériel médical, nettoyage de surfaces, etc.) pourra dégager du temps pour la relation avec le patient et pour la communication avec l’équipe. Une évolution qui sera de plus en plus facilitée grâce aux données collectées et aux objets connectées, pouvant ainsi éviter les allers-retours au poste de soins.

    Les principaux désagréments sont liés aux outils numériques eux-mêmes :

    De nombreux soignants se plaignent du fait que le temps consacré aux TIC est mobilisé au détriment despatients. Ceci est dû à :

    • des problèmes techniques ;
    • la complexité de certains systèmes peu ergonomiques ;
    • des contraintes liées aux mesures de sécurisation et au temps consacré à la saisie ;
    • un risque non négligeable d’erreur lié aux interruptions de tâches.

    L’observatoire conclut :

    • que « les acteurs de santé sont insuffisamment formés à l’usage des TIC » ;
    • qu’« il en découle un manque d’aisance des professionnels dans la manipulation du numérique » ;
    • qu’il existe une « fracture générationnelle » qui peut rendre l’utilisation des systèmes angoissante par crainte de commettre des erreurs.

    En effet, les professionnels les plus âgés peuvent avoir des difficultés face aux nouvelles technologies et doivent être formés afin de ne pas créer de rupture avec les jeunes diplômés.

    Tout de même, les outils ne sont pas toujours responsables :

    Les difficultés rencontrées par les professionnelles résultent d’abord des usages qui sont faits des nouvelles technologies et des choix organisationnels de la structure :

    • les acteurs de santé sont souvent insuffisamment formés à l’usage des NTIC ;
    • la frontière entre vie privée et vie professionnelle est de plus en plus floue (phénomène du blurring) :

    le droit à la déconnexion est prévu par la loi travail du 8 août 2016 ;

    • la télémédecine est à priori un facteur protecteur de la QVCT mais n’est pas sans impact sur la manière de travailler du soignant (efforts de réflexion, de recul sur ses pratiques, d’adaptation et d’évolution de la vision de son exercice), pouvant également être sources de stress.
    • le télétravail a des avantages indéniables pour les professionnels mais est peu pratiqué par les soignants, alors que les outils numériques peuvent pallier ces risques.

    Des pistes d’amélioration pour de meilleures conditions

    Pour protéger les personnels et leur assurer de bonnes conditions de travail, l’Observatoire émet plusieurs recommandations :

    • « lors des journées d’accueil des nouveaux arrivants, un temps devrait être consacré à la présentation des différents logiciels et outils avec lesquels travaillent la structure » ;
    • les établissements devraient se doter d’une charte sur l’usage du numérique pour favoriser les bonnes pratiques ;
    • les changements induits par l’arrivée de l’IA dans les secteurs sanitaire et médicosocial, nécessitent un accompagnement des professionnels de santé afin de prévenir un éventuel conflit éthique, nuisible à la QVCT.

     

    Panorama dispositifs innovants de la QVCT

    L’observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de santé et du médico-social a recensé plusieurs initiatives et expériences en France comme étant des pratiques innovantes au service de la QVCT des professionnels de santé, « à valoriser, modéliser, voire reproduire » :

    Le groupement de coopération sanitaire (GCS) SARA : un outil numérique au service de la coordination des soins

    Description La plateforme propose un hébergement sécurisé pour les téléconsultations et télé-expertises, ainsi qu’un accompagnement pour les professionnels de santé souhaitant utiliser la télémédecine. Les projets et applications de e-santé de la région sont également accessibles via le même portail.

    PAACO GLOBULE et la plate-forme territoriale d’appui en Nouvelle-Aquitaine : un partage d’outils pour une meilleure coordination des soins

    Description PAACO est l’outil régional de coordination et de communication en santé porté par l’ARS de Nouvelle Aquitaine et déployé par le GIP ESEA NA. Cet outil est un journal de bord du patient permettant le partage d’informations autour du patient avec des PDS. Son utilisation est en lien avec une plate-forme territoriale d’appui, qui coordonne les soins en ville du patient pour une amélioration de l’efficience des prises en charge et un soutien aux professionnels de santé, sociaux et médico-sociaux, afin d’éviter des hospitalisations inutiles et des ruptures du parcours de soins.

    Le Projet Mood Up ARA : la télémédecine pour l’amélioration de la QVT des soignants libéraux

    Description A travers ce projet, les PDS pourront prendre rendez-vous avec des psychiatres. Les PDS peuvent identifier les facteurs de risque et les risques psycho-sociaux liés à leur travail, réfléchir à des aménagements pour préserver leur bien-être et leur qualité de vie au travail grâce à cet outil qui leur permet de prendre des rendez-vous beaucoup plus facilement et d’obtenir un gain de temps sur les déplacements considérables.

    L’institut Analgésia et son dispositif de réalité virtuelle dans la prise en charge et la prévention de la douleur et du stress chez les professionnels.

    Description Le programme E-DOL RV, en partenariat avec l’institut Analgésia, utilise un casque de réalité virtuelle initialement pour traiter la douleur aiguë. Ce dispositif pourrait être utilisé pour soulager la douleur chronique chez les professionnels de santé également. Plusieurs sessions de réalité virtuelle sont en cours de développement pour une meilleure adaptation aux différentes situations de douleur. Le CHU de Clermont-Ferrand envisage de proposer ce dispositif aux professionnels de son site de gérontologie à l’Hôpital Louise Michel. L’objectif est de mesurer l’impact des séances de RV à l’issue de la phase d’expérimentation qui devra débuter début 2020 pour une durée de 12 à 24 mois.

    La prévention du risque psychosocial chez les professionnels par l’utilisation d’une solution informatique en ligne.

    Description Cette solution fournit un baromètre de la qualité de vie au travail pour les directions et des conseils personnalisés pour les utilisateurs. Les professionnels répondent anonymement à un questionnaire en ligne, puis des indicateurs tels que la satisfaction au travail, le stress ou le moral sont suivis. Le CHU de Clermont-Ferrand a expérimenté cet outil début 2020 dans deux secteurs différents (un secteur d’hospitalisation et un secteur administratif). L’application a été considérée comme pertinente en raison de sa facilité d’utilisation et de la possibilité de suivre rapidement les indicateurs de bien-être.

    Diffusion de la culture sport-santé au CHU de Toulouse

    CHU Toulouse | Contact, Service, Recrutement & Formation Description Remise en forme sur la base du volontariat grâce à une plateforme numérique dédiée, coaching sur site pour la prévention des TMS, formation de référents internes : le dispositif est pensé pour être le plus complet possible. À Toulouse, cette initiative se matérialise par un partenariat avec Fiters, visant à encourager une culture sport-santé au sein du CHU. Ce programme complet vise à favoriser la remise en forme, prévenir les blessures et renforcer la cohésion d’équipe.

    Exemples d’innovation dans le secteur privé

    Elsan exploite la solution d’Ayming pour mesurer les accidents de travail et mieux les prévenir :

    Depuis 2021, l’équipe d’Olivier Delpech, directeur QVT/Santé/Sécurité du groupe d’hôpitaux privés Elsan, déploie Acciline +, une plateforme de santé et sécurité au travail développée par la société Ayming. Cette solution permet d’avoir une vision claire de la situation, de l’analyser et de ce fait de pouvoir agir de manière pertinente. L’outil permet d’aider les établissements Elsan dans le management des risques professionnels de l’ensemble de leurs salariés. Il s’agit de l’un des éléments concourant à définir et à mettre en œuvre une politique concrète de prévention des risques.

    Une centralisation de toutes les données sur un même outil :

    La plateforme Acciline + permet de centraliser tous les documents relatifs au management de la politique de prévention des risques professionnels et santé au travail, mais aussi d’analyser les accidents de travail, de trajet et les maladies professionnelles.

    Un outil numérique utile à condition qu’il soit accompagné d’une formation et d’une acculturation des équipes :

    La sécurité au travail est un enjeu majeur dans les établissements de santé, et particulièrement dans un contexte de pénurie du personnel soignant. Un ordre de grandeur : on peut estimer, qu’en moyenne, on compte 4 fois plus d’accidents de travail dans le monde de la santé que dans d’autres secteurs, notamment dans l’industrie, et « ce sans que l’ensemble des acteurs ne soient tous conscients qu’il s’agit d’un vrai sujet », souligne Olivier Delpech. Avant l’utilisation de la solution Acciline +, Elsan n’avait pas de vision structurée de la situation (nombre de jours d’arrêt sur une année, cause de ces jours d’arrêt, métiers touchés, ancienneté des salariés accidentés…). Avoir une vision claire et précise de la situation dans son ensemble et pour chaque établissement grâce aux données remontées sur la plateforme était un point de départ nécessaire pour le déploiement d’une réelle stratégie de sécurité au travail. Résultats : « En 2022, on est passé de 70 000 à 60 000 arrêts de travail cumulés par rapport à 2021, soit 10 000 jours d’arrêt de moins, rapporte-t-il. Ce chiffre est loin d’être idéal… mais le progrès est bien réel. » Un outil nécessaire, donc, mais qui n’est pas une solution en soi, explique Olivier Delpech. « Avoir des données c’est bien mais il faut les comprendre et savoir les exploiter efficacement pour en tirer des plans d’action concrets et pertinents, puis lorsque des équipements sont préconisés, apprendre aux salariés à se servir correctement de ceux-ci et regarder comment on peut accélérer le déploiement de ces équipements à large échelle sur l’ensemble du groupe. » La présence terrain auprès de chaque site est fondamentale, notamment pour les accompagner dans l’utilisation de l’outil Acciline+ et dans la sensibilisation aux enjeux de la sécurité au travail. Pour garantir une boucle de progrès continu, cet accompagnement est poursuivi chaque année, pour s’assurer de la bonne utilisation et de la bonne compréhension de l’outil et former les nouveaux arrivants.

    L’année 2021 a été la phase de déploiement de la solution, 2022 la phase d’actions, avec une analyse de la réalité du sujet sur le terrain et le partage de premières lignes guide, qui seront les mêmes sur plusieurs années. « Un point essentiel, surtout quand le milieu n’est pas acculturé à ces sujets », souligne Olivier Delpech. L’enjeu central est en effet de parvenir à changer progressivement les mentalités et à créer une vraie culture de la sécurité au travail au sein du groupe, y compris avec les partenaires sociaux. Exemple d’actions concrètes menées parmi d’autres : le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) a été revu et mis à jour afin d’en faire un outil le plus opérationnel possible pour tous les acteurs qui l’utilisent.

    Programme Proxim’Elsan : un outil de management innovant

    Elsan a fait le choix de déployer une stratégie QVT/Santé/Sécurité agile, au plus proche du terrain. L’idée est de partir des besoins du terrain et non d’imposer une politique descendante : « L’ADN d’Elsan est de déployer une politique proactive et non subie », synthétise Dorothée Moisy, directrice innovation du groupe. C’est dans cet esprit qu’a été créé il y a un peu plus de 3 ans le programme Proxim’Elsan, une solution concrète adaptée aux professionnels « qui permet aux salariés de chaque service et au Comité de direction du site où il est déployé, d’identifier, de hiérarchiser et de traiter les sujets qui les concernent sur 3 axes : sécurité/ergonomie, attention aux patients et irritants du quotidien ». L’objectif est de former et d’accompagner les salariés des établissements (soignants et administratifs) pour leur apprendre à identifier les problèmes et les aider à les régler ensemble. La direction QVT/Santé/Sécurité accompagne les services pendant plusieurs semaines jusqu’à ce qu’ils soient autonomes.

    Prévention du harcèlement : un pilier de la politique de santé et sécurité chez Ramsay santé

    La prévention du harcèlement moral, sexuel et des agissements sexistes occupe une place centrale dans la politique de santé et sécurité du groupe Ramsay santé. Grâce à un dispositif de recueil d’alertes via un numéro vert et une plateforme de signalement, les employés ont la possibilité de signaler tout comportement inapproprié. Les managers et référents sont spécifiquement formés pour accompagner les victimes et témoins, tandis que des modules de formation sont accessibles à tous pour mieux identifier et réagir face à ces situations. Les coordinateurs prévention, santé et sécurité des pôles analysent régulièrement les indicateurs d’accidents du travail et de maladies professionnelles, afin de mettre en place des actions préventives adaptées. Conscients des impacts du travail de nuit sur la santé, des formations spécifiques et des actions de sensibilisation sont proposées aux travailleurs nocturnes, soulignant l’engagement du groupe envers le bien-être de ses employés.

    Panorama des dispositifs numérique QVCT et santé au travail au sein des établissements de santé

     

  • Panorama des solutions numériques de santé et QVCT des salariés proposées en France

    31 entreprises recensées

    A l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, Health&Tech Intelligence met à jour son observatoire des outils innovants dédiés au suivi et à l’amélioration de la santé des salariés ainsi qu’à la prévention des risques professionnels en entreprise.

    Sur les 31 entreprises recensées qui proposent des solutions numériques pour la santé des salariés, 25 ont été créées entre 2015 et 2021. Cela montre que, dans ce domaine, le numérique prend de plus en plus d’ampleur.

    La part de lion pour la santé mentale

    11 solutions parmi celles disponibles sur le marché ciblent la santé mentale et le bien-être au travail, ce qui en fait la catégorie la plus investie par les innovations, devançant la santé somatique, et notamment le repérage et la prévention des troubles musculosquelettiques (TMS).

    En santé mentale, Qualisocial repère les RPS en entreprise, en intégrant des algorithmes d’intelligence artificielle exploitant des données médicales cliniques, génétiques et d’imagerie.

    Nous retrouvons également les solutions proposées par Holivia, MindDay, Moka.Care, MoodWork, Qare, Supermood, Teale, Val Solutions, Wecare@work ou encore Alan Mind, cherchant à améliorer la santé mentale des employés.

    Autour de la santé corporelle, il y a 8 solutions développées par des entreprises, comme la solution Kimea de Moovency, permettant de quantifier les TMS à partir du Cloud, permettant de prioriser des actions de prévention en milieu industriel, analyse le poste de travail ainsi que la manutention en validant les charges portées par les opérateurs. A partir d’une vidéo, la plateforme va capter les mouvements réels du travailleur pour visualiser un jumeau numérique, et anticiper les risques TMS avec un rapport personnalisé.

    Plusieurs entreprises se concentrent également sur la santé physique au travail comme Coline Care, Numii d’AIO, MyC, Padoa, Axomove, Predilife et HumanFab.

    D’autres solutions se consacrent au sommeil et à la gestion des horraires décalées, comme Aum Biosync ou MySommeil.

    Pour sensibiliser à la prévention dans le cadre professionnel, la société Coven France a développé un escape game pour que les travailleurs se mettent à coopérer dans un scénario choisit et en tirent des leçons pour la pratique de leur activité ensuite.

    Panorama de 31 solutions dédiées à la santé et la QVCT des salariés

  • Note aux abonnés : 1er mai, on fait la pause Santé au Travail.

    Connaissez vous l’origine de la Fête du Travail ?

    En 1886, les ouvriers américains se mobilisent dans un mouvement national de grève pour passer d’une journée de travail de 12 heures à une journée de 8 heures. Cette journée de mobilisation sera suivie d’émeutes les jours suivants. Deux grévistes sont tués par la police à Chicago, et une bombe visant la police explose provoquant une dizaine de morts. Le mouvement s’exporte en Europe, en hommage aux ouvriers de Chicago. En 1889, L’internationale socialiste décide la tenue de manifestations tous les 1er-Mai.

    Un jour chômé depuis 1948, associé au muguet depuis 1941.

    Elle devient fête du Travail et de la concorde sociale en 1941. En 1948, le 1er-Mai devient officiellement un jour du travail chômé. Il est désormais célébré dans l’ensemble de l’Union européenne, mais pas aux Etats-Unis où il est synonyme des drames.

    Et l’origine du muguet au  1er-Mai ?
    Il faut remonter à 1560 où le roi Charles IX reçoit un brin de muguet en guise de porte-bonheur et décide par la suite d’en offrir aux dames de sa cour. En 1941, à la place de l’églantine rouge bannie par le régime de Vichy, c’est désormais le muguet qui sera porté lors des manifestations.

    A découvrir demain : spécial “Santé au Travail”.

    Les équipes H&Ti font la pause ce mercredi.
    Retrouvez dès demain le spécial “Santé au Travail – Qualité de vie au travail”  avec :

    • les chiffres clés et l’ état des lieux de la santé au travail en France
    • les évolutions règlementaires récentes et recommandations sur la santé au travail et la QVCT
    • une revue bibliographique sur l’impact du numérique
    • la cartographie des acteurs de l’écosystème de la santé au travail
    • le panorama des solutions disponible en France
    • le panorama des dispositifs QVCT/santé au travail en établissement de santé

     

    Bonne journée,

    bonne fête du travail.

    L’équipe Health&Tech Intelligence

     

     

  • Gouvernement : la santé concernée par le plan d’action de « simplification »

    Faciliter les procédures

    La loi Pacte et la loi de programmation pour la recherche (LPR) ont apporté des changements pour simplifier l’implication des chercheurs dans les projets d’innovation et de valorisation de la recherche publique, notamment dans le domaine de la santé. Malgré ces avancées, des freins persistent à l’innovation, tels que certaines réglementations entravant l’innovation issue de la recherche. Le problème persiste également dans la valorisation des innovations et la mobilité des chercheurs, qui demeurent trop limitées par rapport au potentiel de la recherche publique française.

    Pour remédier à ces obstacles et exploiter pleinement ce potentiel, le Gouvernement souhaite mettre en œuvre de manière plus efficace les dispositions introduites par les lois Pacte et LPR, ainsi que d’identifier et de lever les freins persistants à l’innovation issue de la recherche. Afin d’y parvenir, deux actions sont proposées :

    • réaliser un état des lieux des démarches de mobilité et de valorisation des innovations par les chercheurs ;
    • faciliter les procédures actuellement limitantes pour la valorisation et la mobilité.

     

    La simplification de ces procédures devrait permettre :

    • d’accélérer le transfert des technologies issues de la recherche vers le marché ;
    • de favoriser la création d’entreprises innovantes ;
    • de renforcer l’attractivité de la recherche française pour les chercheurs ;
    • et de contribuer à relever les grands défis sociétaux.

     

    Accélérer la réutilisation des données de santé

    La recherche en santé est confrontée à des obstacles administratifs, notamment des délais de collecte de données trop longs, incompatibles avec les cycles rapides d’innovation malgré la centralisation du système de santé. Les possibilités limitées de recherche par simple déclaration et les procédures d’autorisation complexes entravent la flexibilité et la réactivité des chercheurs. Par ailleurs, les obstacles au transfert d’échantillons biologiques, nécessitant des autorisations spécifiques, retardent également le début des travaux de recherche.

    La prise en compte de l’innovation dans la régulation de la donnée sera intégrée dans le mandat de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), permettant de l’inclure dans ses missions. L’implantation des centres de données sera favorisée, notamment avec les data centers développant de l’intelligence artificielle (IA), qui pourront être identifiés en tant que projets d’intérêt national majeur (PINM).

    3 mesures phares envisagées :

    Afin de lever ces freins et d’accélérer la réutilisation des données de santé, le “Plan d’action :
    simplification !” préconise :

    • la simplification du processus d’autorisation : l’avis du Comité d’éthique et scientifique pour la recherche et l’évaluation en santé (Cesrees) ne sera plus nécessaire pour les recherches, études et évaluations dans le domaine de la santé lorsqu’un avis favorable sera émis par un comité local d’éthique ;
    • la mise en place de méthodologies de référence : la Cnil et les acteurs de la recherche en santé élaboreront un ensemble de nouvelles « méthodologies de référence », permettant aux chercheurs de mener des recherches par déclaration à la Cnil, sans procédure d’autorisation complexe ;
    • et la facilitation du transfert d’échantillons biologiques : les promoteurs de recherches et les gestionnaires de bio-banques dûment autorisés pourront importer ou exporter des échantillons biologiques sans formalité supplémentaire. L’autorisation de mener la recherche vaudra autorisation pour l’importation et l’exportation des échantillons biologiques.