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  • Soins dentaires : 3 expérimentations « Art 51 » en Ehpad avec un usage limité des nouvelles technologies

    L’enjeu des soins dentaires chez les personnes âgées

    Alors que différentes études montrent qu’une part importante des personnes âgées hébergées en ESMS a un besoin de soins dentaires important, l’accessibilité à ces soins est rendue difficile en raison de leur situation de dépendance. Par ailleurs les professionnels peuvent ne pas porter suffisamment d’attention à cet aspect de la prise en charge, qui a pourtant une incidence sur la santé globale avec des risques de complication et d’hospitalisation.

    Deux projets expérimentaux ont été lancés en 2019 par les agences régionales de santé (ARS) de Bretagne et d’Auvergne-Rhône-Alpes pour répondre à ces difficultés en mobilisant des financements dérogatoires de l’article 51, pour une durée de 5 ans. L’ARS Centre-Val-de-Loire a lancé une troisième expérimentation en 2023 pour deux ans, bénéficiant de l’expérience des premières.

    Des unités odontologiques mobiles :

    Les projets sont portés par les fondations (Ildys en Bretagne et Texier-Gallas en Eure-et-Loir) avec l’appui de l’Union française de santé buccodentaire (UFSB) et par l’Union régionale des professions de santé (URPS) en Auvergne-Rhône-Alpes. Les publics concernés sont les personnes âgées hébergées en Ehpad, auxquels s’ajoutent, dans le Finistère et en Eure-et-Loir, les personnes en situation de handicap hébergées en foyer d’accueil médicalisé (FAM), institut médico-éducatif (IME) et maison d’accueil spécialisé (MAS).

    Les trois projets prévoyaient la création d’une unité odontologique mobile, installée dans un véhicule de type bus ou camion, se déplaçant auprès des établissements volontaires. L’aspect novateur de ces expérimentations consiste en l’utilisation des nouvelles technologies pour des soins de qualité (télémédecine, nanotechnologies).

    Plus de prévention buccodentaire :

    L’intervention de l’unité mobile est toujours précédée d’un temps de bilan par établissement pour connaître la situation buccodentaire des personnes hébergées. Des référents sont désignés dans chaque site parmi les infirmiers et agents de service hospitalier (ASH), qui sont formés à l’hygiène buccodentaire. Ils sont en charge du suivi et de l’accompagnement des soins, ainsi que de la mise en place des bonnes pratiques de prévention. Ces référents préparent la venue du bus en indiquant les soins nécessaires.

    Des difficultés à déployer la télémédecine

    Les soins sont prodigués par des praticiens, salariés à plein-temps au sein des associations, et par des dentistes libéraux qui se relaient dans le Puy-de-Dôme.

    L’expérimentation conduite dans le Puy-de-Dôme est la seule à utiliser les nouvelles technologies, avec l’aide du groupement régional d’appui au développement de la e-santé (Grades). Des caméras transmettent des images vers une plateforme, par messagerie sécurisée, pour une consultation asynchrone. Le chirurgien-dentiste dispose ainsi des informations pour préparer les soins nécessaires (diagnostic clinique et radiologique, soins conservateurs, adaptation des prothèses) qu’il exécutera ensuite lors du passage de l’unité mobile. La liaison avec le dossier médical personnel par messagerie sécurisée, initialement prévue, n’a pu être réalisée.

    La télétransmission des images abandonnée :

    Les expérimentations menées dans le Finistère et en Eure-et-Loir n’ont pas utilisé les technologies prévues. L’usage des caméras endobuccales, pour transmettre des images et préparer les soins, n’a pas été retenu en raison de la qualité insuffisante des images. L’aspect novateur du projet se limite donc au caractère mobile d’un cabinet dentaire parfaitement équipé dans un espace très limité. Le rapprochement entre le monde de la chirurgie-dentaire et les Ehpad peut être considéré comme innovant.

    Des financements dérogatoires

    Les projets ont reçu des financements du fonds pour l’innovation du système de santé (Fiss) et un soutien des collectivités pour l’achat du véhicule et du matériel de télémédecine.

    Les consultations et les actes réalisés par les chirurgiens-dentistes en itinérance bénéficient d’une majoration de 40 euros pour tenir compte des conditions particulières de leur exercice. L’acte de téléexpertise dans le Puy-de-Dôme est financé à hauteur de 23 euros.

    En Eure-et-Loir, il est demandé aux patients une participation forfaitaire aux soins de 10 euros par personne.

    Des premiers retours positifs malgré tout :

    Les premiers retours sur ces expérimentations sont positifs du point de vue de l’amélioration de la santé buccodentaire des personnes hébergées, qui ne bénéficiaient pas de soins réguliers jusque-là. L’utilisation des nouvelles technologies pour des soins plus efficients apparaît difficile à mettre en place. Une évaluation complète est prévue fin 2024 ou début 2025, avant une éventuelle généralisation.

    Cahiers des charges des expérimentations :

    Les cahiers des charges des expérimentations d’un service de soins bucco-dentaires mobile à destination des résidents d’Ehpad, dans le cadre de l’article 51, sont à retrouver sur les liens suivants :

    • pour l’Auvergne-Rhône-Alpes : ici.
    • pour la Bretagne : ici.
    • et pour le Centre-Val-de-Loir : ici.

     

  • Banque des territoires : un AAP pour les services numériques liés au « prendre soin »

    Des apports en fonds propres et quasi-fonds propres

    Destiné aux collectivités territoriales, aux entreprises privées (opérateurs, investisseurs, exploitants ou sociétés de services portant un projet) ainsi qu’aux entreprises à impact social (entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS), entreprises à mission ou corporate ventures), l’appel à projet (AAP) de la Banque des Territoires concerne la e-santé, le médico-social et les services à impact social. Le financement de la Banque des Territoires permet :

    • de bénéficier d’un financement adapté aux spécificités de son projet afin de favoriser son développement ou son changement d’échelle ;
    • de profiter de l’expertise d’un tiers faisant le lien entre les financeurs privés, les collectivités et les territoires, dans une logique d’intérêt général ;
    • et d’avoir accès à un réseau territorial et politique propice à l’épanouissement de projets innovants et/ou à fort impact social et territorial.

     

    3 axes ciblés : santé, vieillissement et impact social

    Afin de promouvoir la santé et le bien-être, la Banque des Territoires propose une offre d’investissement pour les services de santé et de prise en charge, articulée autour de 3 axes :

    • les services numériques de santé : participer à l’émergence, au développement et à la consolidation d’entreprises à impact social en investissant dans des services dans le domaine de la santé et du vieillissement ;
    • les services numériques liés au vieillissement : développer des services numériques en facilitant l’adaptation de l’habitat à moindre coût (numérisation du logement, dispositifs d’appels d’offres automatisés), ainsi qu’un bouquet de services comme l’organisation de l’aide à domicile, les dispositifs de sécurité et l’évaluation continue ;
    • les services à impact social liés à la prise en charge, incluant la santé, le vieillissement, le handicap, la petite enfance et l’habitat : soutenir le développement des entreprises à fort impact social jouant un rôle clé dans les secteurs de l’accès aux soins, de la silver économie, du maintien à domicile et de l’habitat spécifique.

     

    👉 La Banque des territoires invite tous les organismes intéressés par le financement de leurs projets à prendre contact avec ses services via ce formulaire.

     

  • Données de santé : lancement du premier entrepôt dédié aux maladies rares de l’œil

    Un projet issu d’un AAP France 2030

    S’il existe une prise en charge des rétinites pigmentaires, soit par des injections intravitréennes de corticoïdes retard ou de triamcinolone, soit par des injections d’anti-VEGF, ces deux classes thérapeutiques ont montré une efficacité qui reste cependant inconstante et toujours transitoire, car aucune thérapie ne peut pour le moment soigner complètement cette pathologie qui est une cause majeure de malvoyance. De plus, cette maladie rare est caractérisée par une grande hétérogénéité au niveau des phénotypes, des modes de transmission et des génotypes, ce qui empêche actuellement d’établir un diagnostic médical précis et donc de traiter la maladie en amont.

    Cependant, les outils d’intelligence artificielle (IA) peuvent offrir d’excellents résultats quant au diagnostic des maladies communes en ophtalmologie, grâce à une analyse par apprentissage profond (deep learning) de photographies du fond de l’œil. C’est dans ce contexte que l’Inserm porte son projet RaReTiA, lauréat de l’appel à projets France 2030 “accompagnement et soutien à la constitution d’entrepôts de données de santé hospitaliers”, qui a pour objectif de mettre en place le premier entrepôt de données de santé dédié à la maladie rare de l’œil. Lancé en septembre 2022 pour une durée de 4 ans, ce projet a permis le lancement de l’entrepôt de données de santé, FREDD (French Rare Eye Disease Database), le 9 avril 2024, après son autorisation par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil).

    L’IA pour trouver de nouveaux outils d’aide au diagnostic médical

    Compte tenu des récents résultats permis par l’IA en matière de diagnostic des maladies de l’œil, cet entrepôt de données de santé doit permettre de “favoriser la recherche sur les maladies rares de l’œil et en particulier les dystrophies héréditaires de la rétine”. Pour ce faire, l’entrepôt de données de santé FREDD va réutiliser les données de soins des patients atteints de maladies rares de l’œil qui sont collectées en routine par les centres de référence – de la filière de santé maladies rares SENSGENE (maladies rares sensorielles) – qui suivent ces patients.

    Les types de données qui vont être utilisés sont des données de patient non identifiantes, affirment l’Inserm et la filière SENSGENE. Leur réutilisation sera utile pour faire “des études épidémiologiques, dans le but d’améliorer le parcours de soins, la prise en charge des patients”, mais aussi pour “réaliser des projets de recherche utilisant notamment l’IA [intelligence artificielle] pour le développement d’outils d’aide au diagnostic médical”.

     

  • Hologramme 3D : un financement européen de 8,9 M€ pour le projet Holosurge

    Faciliter le travail des chirurgiens

    La technologie développée par la start-up norvégienne Holocare crée des hologrammes 3D en temps réel des organes du patient, permettant ainsi aux chirurgiens de planifier et de personnaliser avec précision les opérations en fonction de l’anatomie spécifique de chaque personne. La subvention de 8,9 millions d’euros servira à financer le développement de la technologie de l’hologramme 3D interactif d’HoloCare,  via le consortium HoloSurge.

    L’objectif est d’améliorer les taux de réussite des opérations du cancer du foie et du pancréas en s’appuyant sur des technologies innovantes et des approches multidisciplinaires. En donnant aux chirurgiens une meilleure perception de l’espace, ces derniers pourront effectuer des opérations plus efficaces et plus précises, ce qui permettra :

    • d’améliorer le temps d’attente, les résultats pour les patients et le bien-être des cliniciens ;
    • de réduire le risque de complications chirurgicales pour les patients ;
    • ainsi que d’améliorer leurs résultats globaux en améliorant les perceptions spatiales des chirurgiens.

     

    La technologie a été initialement testée pour les opérations du foie dans cinq hôpitaux en Europe, dont le Leeds Teaching Hospitals NHS Trust, dans le cadre du projet HoloSurge. Jusqu’à présent, ces essais ont montré une réduction de 74 % du temps nécessaire pour aligner les organes pendant l’opération avec les images AR d’HoloCare, par rapport aux scanners IRM.

    La technologie est fournie par l’intermédiaire de casques de réalité augmentée. Elle permet aux chirurgiens de déplacer, de faire pivoter et d’agrandir l’hologramme afin d’obtenir une vue d’ensemble d’un organe. De plus, toute personne portant le casque peut accéder à l’hologramme et interagir avec lui, même si elle ne se trouve pas physiquement dans la pièce avec le patient.

    Holocare, une entreprise à la pointe de la technologie des hologrammes

    La pierre angulaire du projet consiste à tirer parti de la technologie interactive d’hologrammes d’organes en 3D d’HoloCare pour améliorer la planification et l’exécution des opérations chirurgicales. En exploitant la puissance de l’imagerie holographique, les chirurgiens obtiennent des informations inégalées sur les structures anatomiques uniques des patients, ce qui facilite une prise de décision éclairée et des interventions chirurgicales précises.

    Pendant 4 ans, les partenaires du projet HoloSurge soutiendront l’intégration de cette technologie dans les flux de travail chirurgicaux existants. Le projet assurera également :

    • la conformité réglementaire ;
    • la validation clinique ;
    • l’optimisation technique en vue d’une adoption généralisée dans les chirurgies du cancer du foie et du pancréas.

     

    Pour les membres d’HoloSurge, la fusion des sources de données disponibles (tomodensitométrie, imagerie par résonance magnétique, échographie) en hologrammes mis à disposition des cliniciens, dans le cadre de procédures peu invasives (chirurgie laparoscopique, endoscopie flexible, etc.), “changera la façon dont les cliniciens travailleront à l’avenir”.

  • Espagne : 519 start-ups de la santé numérique recensées

    Un écosystème favorable à l’innovation

    L’écosystème espagnol des start-ups compte 519 start-ups et scale-ups dans le domaine du numérique en santé, selon la base de données de start-ups et d’investisseurs, Ecosistema Startup. Cela fait de la santé l’un des secteurs qui comptent le plus grand nombre d’entreprises innovantes en Espagne, avec deux principaux pôles d’innovation :

    • la Catalogne, qui compte 172 start-ups ;
    • et la communauté de Madrid qui compte 119 start-ups.

     

    Un grand nombre de start-ups dans le domaine de la santé en ligne proviennent de centres de recherche médicale, c’est-à-dire de projets incubés dans leurs installations et transformés en entreprises indépendantes. De plus, Madrid et la Catalogne sont les sièges et les principaux centres d’intérêt d’un grand nombre d’investisseurs qui, grâce à leurs contributions financières et à leurs réseaux, stimulent la croissance des start-ups dans divers domaines, notamment en santé.

    Une augmentation exponentielle des investissements dans les start-ups de la e-santé :

    L’évolution du nombre de start-ups coïncide avec les années les plus difficiles de la pandémie de Covid-19. Cette crise a fortement accéléré l’adoption des technologies numériques en santé, conduisant à une croissance exponentielle du nombre de start-ups et d’investissements dans ce secteur. En 2020, le nombre de cycles d’investissement dans les start-ups de santé a pratiquement triplé en un an, avec un capital investi multiplié par 4,6. Cette tendance s’est poursuivie en 2021 et 2022, faisant de la santé l’un des secteurs les plus attractifs pour les investisseurs en Espagne.

    Evolution de l’investissement dans les start-ups de la e-santé en Espagne, entre 2017 et 2023 - @ El Referente
    Evolution de l’investissement dans les start-ups de la e-santé en Espagne, entre 2017 et 2023 – @ El Referente

    Selon Astrazeneca, la création de start-ups a particulièrement augmenté entre 2020 et 2021, comptant respectivement 70 et 76 start-ups en santé, comparé à 54 en 2019 et 40 en 2022, puis « seulement » 20 en 2023.

    Par ailleurs, selon une étude publiée par Accenture en 2022, seuls 25 % de la population espagnole n’utilisaient aucune technologie numérique pour gérer leur santé en 2021. Un chiffre qui illustre la bonne adoption du numérique dans le secteur de la santé.

    Nombre de start-ups de santé numérique créées par an en Espagne, entre 2017 et 2023 – @ El Referente

    Quel avenir de la e-santé en Espagne ?

    La croissance de l’écosystème espagnol des start-ups de santé inclut plusieurs facteurs :

    • une adoption croissante du numérique par les patients et les professionnels de santé ;
    • une augmentation du besoin de solutions innovantes pour améliorer l’efficacité et la qualité des soins ;
    • la présence de centres d’innovation en santé (à Madrid et Barcelone) reconnus mondialement et soutenus par le gouvernement ;
    • ainsi que l’augmentation des investissements dans les start-ups de santé digitale.

     

    Au niveau européen, EIT Health estime que l’Espagne se trouve dans “une position privilégiée pour capitaliser stratégiquement sur son leadership dans l’écosystème européen de la santé numérique”. Il est également souligné l’amélioration de la numérisation progressive des systèmes de santé du pays, à la fois en termes d’efficacité et de qualité.

    Les efforts combinés de tous les acteurs du secteur, l’accent mis sur la formation scientifique et entrepreneuriale, ainsi que le soutien financier sont autant de critères nécessaires pour promouvoir une médecine efficace, personnalisée et intégrée. Si l’Espagne parvient à renforcer ces liens, elle continuera à occuper une bonne position à l’avant-garde de la santé et renforcera ainsi son écosystème pour maintenir et attirer les talents, favorisant ainsi la croissance.

     

    Cartographie des start-ups de la santé en Espagne, au Portugal et en Amérique Latine (2024) - @ El Referente
    Cartographie des start-ups de la santé en Espagne, au Portugal et en Amérique Latine (2024) – @ El Referente
  • USA : 24 % des partenariats entre hôpitaux et entreprises du numérique concernent la Gen AI (rapport))

    Des partenaires majoritairement américaines

    Comprendre les relations entre les entreprises spécialisées dans le numérique en santé et les systèmes de santé américains, qui comprennent les hôpitaux, ainsi que les assurances privées : tel est l’objectif du rapport “Digital Health Innovation” publié par Galen Growth en partenariat avec l’événement Vive grâce à la plateforme de données HealthTech Alpha de Galen Growth. Dans ce rapport qui montre que les systèmes de santé américains ont le vent en poupe en ce qui concerne le numérique, Galen Growth explique qu’ils sont les partenaires préférés des sociétés de santé numérique créées aux États-Unis, puisqu’en 2023 : 26 % des partenariats de ces entreprises sont conclus avec ces systèmes, soit plus un peu plus d’un quart.

    Mais les acteurs du numérique en santé étasuniens ne sont pas les seuls partenaires de ces systèmes de santé. En effet, même si les sociétés américaines sont celles qui concluent le plus de partenariats avec les hôpitaux et assurances de leur pays (94 % avec plus de 1 100 partenariats), les acteurs du numérique en santé du reste du monde ne sont pas en reste. Entre 2019 et 2023, sur plus de 1 200 partenariats, les systèmes de santé américains ont conclu 30 partenariats avec des sociétés du Moyen-Orient, 32 avec des sociétés de l’Asie-Pacifique, 20 avec des sociétés européennes et un seul avec une entreprise d’Amérique du Sud (Chili). Le français Withings est le deuxième acteur européen a avoir conclu le plus de partenariats avec les systèmes de santé américains avec 3 partenariats (contre 4 pour l’entreprise européenne a avoir conclu le plus de partenariats de 2019 à 2023), loin derrière l’américain Truveta et ses 29 partenariats en 5 ans.

    Les partenariats des systèmes de santé américains avec des sociétés du numérique en santé entre 2019 et 2023 - Galen Growth
    Les partenariats des systèmes de santé américains avec des sociétés du numérique en santé entre 2019 et 2023 – Galen Growth

    L’oncologie est l’aire thérapeutique la plus représentée

    Parmi ces plus de 1 200 partenariats répartis sur 5 années, les segments de la santé numérique les plus représentés sont les solutions de gestion de la santé (25 %), les solutions pour les patients (13 %), les solutions de gestion de santé populationnelle (13 %), les solutions de diagnostics médicaux (12 %) et les solutions de télémédecine (10 %). Les aires thérapeutiques les plus représentées à travers ces partenariats sont quant à eux l’oncologie (29 %), la santé des femmes (22 %), les maladies cardiovasculaires (18 %), la santé mentale (18 %) et la neurologie (13 %).

    Le rapport montre aussi que les partenariats avec des sociétés privées sont préférés (76 %) à ceux conclus avec des sociétés publiques (7 %) et que les start-ups sont les types de sociétés qui concluent le plus de partenariats avec les hôpitaux et les systèmes de santé américains (32 %).

    Les aires thérapeutiques les plus représentées dans les partenariats systèmes de santé - sociétés du numérique en santé de 2019 à 2023 - Galen Growth
    Les aires thérapeutiques les plus représentées dans les partenariats systèmes de santé – sociétés du numérique en santé de 2019 à 2023 – Galen Growth

    Un intérêt grandissant pour l’IA générative

    L’un des autres points marquants de cette étude est le nombre de partenariats conclus avec des sociétés qui utilisent de l’intelligence artificielle (IA) : sur ces 5 dernières années, 55 % des partenariats conclus entre des systèmes de santé américains et des sociétés du numérique en santé étaient conclus avec des sociétés qui utilisent de l’IA. Malgré un nombre croissant de partenariats depuis ces 5 dernières années, les partenariats conclus avec des sociétés qui utilisent de l’IA représentent presque toujours au moins la moitié des partenariats conclus chaque année, avec un pic à 60% des partenariats en 2021 (sur 216 partenariats) et une intensité minimale à 46 % en 2020 (sur 131 partenariats).

    Mais ça ne s’arrête pas là, puisque de plus en plus de partenariats concernent aussi l’IA générative qui a le vent en poupe depuis l’avènement de ChatGPT (OpenAI) en novembre 2022. 24 % des partenariats conclus entre des systèmes de santé et des sociétés du numérique en santé entre 2019 et 2023 concernaient la Gen AI et 5 % des sociétés partenaires des systèmes de santé américains développent même leurs propres modèles de Gen AI.

    Le rapport montre que les hôpitaux sont les partenaires privilégiés des entreprises de santé numérique qui utilisent de l’IA entre 2019 et 2023 , ex-aequo avec l’industrie pharmaceutique (24 %). Les autres partenaires les plus représentés sont les entreprises de la tech (12 %), les instituts (7 %), les start-ups (7 %) et les assurances (4 %).

    Les partenaires préférés des entreprises qui utilisent de la Gen IA entre 2019 et 2023 - Galen Growth
    Les partenaires préférés des entreprises de santé numérique qui utilisent de la Gen IA entre 2019 et 2023 – Galen Growth

     

  • PUI : états des lieux, réglementations, usages de l’IA et panoramas des solutions disponibles

    Etat des lieux : le numérique au secours de la PUI ?

    Sécuriser les traitements prodigués aux patients, optimiser le processus de gestion des médicaments et mieux exploiter la grande quantité de données produites. Autant de tâches susceptibles d’être numérisées et automatisées au sein des PUI. Véritable poumon de l’établissement de santé, la PUI française est confrontée à plusieurs défis. Etat des lieux.

    👉 Tous les chiffres clés de l’écosystème de la PUI à retrouver ici.

    Réglementations et bonnes pratiques :

    Financement du dossier pharmaceutique et réglementation sur les thérapies innovantes. Quelles évolutions juridiques en France concernant la pharmacie à usage interne (PUI) ? Du côté de la pratique clinique et de la codification en pharmacie, quelles bonnes pratiques sont-elles recommandées pour les pharmaciens hospitaliers ?

    👉 Des réponses à toutes ces questions dans cette revue H&TI.

    Littérature scientifique : quelle efficacité de l’IA dans l’optimisation des alertes médicamenteuses à l’hôpital ?

    Une réduction de la charge d’alerte et une meilleure identification des erreurs de prescription : l’IA peut être exploitée pour optimiser les alertes médicamenteuses générées par les systèmes d’aide à la décision clinique.

    👉 C’est ce que révèle cette étude publiée le 19 avril 2024 dans le Journal of the American Medical Informatics Association (Jamia).

    Panorama des cas d’usage de l’IA en PUI :

    Traçabilité des médicaments, gestion des stocks, personnalisation des soins… Les cas d’usage de l’IA en pharmacie hospitalière se multiplient. La pharmacie clinique se positionne au cœur de cette évolution, concentrant de nombreux cas d’usage. Le développement de l’IA continue de progresser, principalement à travers des initiatives expérimentales et des projets pilotes.

    👉 Toutes les données H&TI sur les cas d’usage recensés de l’IA en pharmacie hospitalière sont disponibles dans cet article.

    Cartographie des solutions d’IA disponibles en France :

    Erreurs de dosage, interactions médicamenteuses, contre-indications… Chaque année, les risques liés au médicament coûtent plusieurs milliards d’euros au système de santé. Pour répondre à ces problématique, des solutions intégrant de l’IA sont destinées aux PUI. Dans cet article, un panorama du marché français.

    👉 A retrouver ici.

    Benchmark de l’offre de 5 solutions d’IA d’analyse pharmaceutique :

    L’IA est de plus en plus utilisée comme un assistant expert dans le domaine de la pharmacie clinique. Dans cet article, un tableau comparatif de 5 solutions d’analyse pharmaceutique présentes sur le marché français.

    👉 Un tableau comparatif est accessible via ce lien.

  • Hôpital : le numérique au secours des pharmacies à usage intérieur ?

    Chiffres clés de la pharmacie hospitalière en France

    Les pharmacies hospitalières jouent un rôle essentiel dans les établissements de santé, leur principale fonction étant de fournir des médicaments, des dispositifs médicaux et autres produits de pharmaceutiques aux patients hospitalisés. Elles sont notamment responsables de :

    • la gestion des stocks des médicaments ;
    • leur préparation ;
    • leur dispensation ;
    • ainsi que leur distribution sécurisée aux différents services de leur établissement.

     

    Une prédominance féminine et un nombre de PUI en baisse :

    Selon les derniers chiffres datant du janvier 2023, on compte environ 2 500 PUI, en France, et 7 749 pharmaciens inscrits au tableau de l’Ordre, avec un âge moyen de 45,2 ans. Les femmes représentent 73 % de cette population. Ces effectifs continuent de progresser (+0,8% en 2022), tandis que le nombre de PUI diminue (-2,1 %), tant dans le secteur public (-1,7 %) que dans le secteur privé (-2,3 %).

    La gestion des ruptures d’approvisionnement trop chronophage :

    Selon une étude réalisée en 2023 par la branche “médecine, chirurgie et obstétrique” de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP-MCO) auprès de 181 PUI, 55 % d’entre elles consacrent plus de 20 % de leur temps pharmacien à traiter les ruptures d’approvisionnement. De plus, parmi les PUI interrogées, 35 % des absences de pharmaciens prévues dans le cadre de l’éducation thérapeutique du patient (ETP) ne sont pas couvertes et 27 % ne le sont que partiellement.

    Pour toutes ces raisons, la question de la digitalisation des PUI est légitimement posée. Une telle évolution pourrait permettre de rendre plus efficiente la gestion de ces structures mais aussi d’optimiser le temps consacré par les pharmaciens et les préparateurs à des tâches répétitives et pouvant être automatisées.

    Rupture d'approvisonnement par région et par établissements - @ FHP-MCO
    Rupture d’approvisonnement par région et par établissements – @ FHP-MCO

    Les enjeux de la digitalisation des PUI en France

    Au cours des dernières décennies, la digitalisation des PUI a pris de l’ampleur et s’est particulièrement intensifiée avec l’avènement de technologies efficaces et adaptées au domaine de la santé. Bien que le numérique en santé ait fait l’objet d’une production littéraire importante, la problématique de la digitalisation du circuit du médicament est quant à elle moins traitée. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un enjeu capital qui pourrait sauver la vie de milliers de patients en France et dans le monde. Il convient donc de faire ressortir les principaux enjeux relatifs à cette question :

    • concernant la sécurité des patients, en France, le mauvais usage des médicaments serait à l’origine de plus de 10 000 décès par an, ce qui pose la question de la fiabilité du circuit du médicament. Selon plusieurs spécialistes, ces erreurs surviennent principalement aux étapes de transition du parcours de soins du patient (entrée et sortie de l’établissement, transferts interservices). Les erreurs médicamenteuses sont de plusieurs types et résultent dans 54,4 % d’une erreur d’administration, dans 23,3 % d’une erreur de dispensation et enfin dans 15,9 %  d’une erreur de dispensation ;
    • concernant l’optimisation des processus de gestion des médicaments, qu’il s’agisse de de gaspillage de stocks, de coûts RH liés à une mauvaise mise à disposition des personnels de soins ou encore d’hospitalisations inutiles, tous ces écarts ont des conséquences aussi bien sur le budget de la sécurité sociale que sur celui des établissements de santé. Les erreurs liées aux médicaments représenteraient 42 milliards de dollars à l’échelle mondiale selon l’OMS et en France, 1,5 % des hospitalisations sont dues à des erreurs médicamenteuses ;
    • concernant la gestion des données et des dossiers médicaux, les pharmacies hospitalières sont chargées de gérer une grande quantité de données sur les médicaments, les patients et les prescriptions. Cela inclut les détails sur les médicaments, tels que les dosages et les interactions, ainsi que les dossiers des patients avec leurs antécédents médicaux et les schémas de traitement.

    Le numérique comme palliatif aux carences des PUI

    La digitalisation et l’automatisation de la pharmacie hospitalière seraient dès lors le moyen de palier aux carences observées :

    • La numérisation du circuit du médicament permettrait d’administrer le bon médicament avec le bon dosage et au bon moment et ainsi de réduire de 50 % les erreurs médicamenteuses.
    • L’automatisation permettrait d’optimiser la gestion des stocks et permettrait ainsi une réduction de 20 à 50% du taux de doses manqués et une réduction de 11 % des dépenses en médicament.
    • L’automatisation des PUI serait un moyen de faire gagner aux équipes de pharmacie plusieurs heures de travail par semaine. Du temps qui pourrait être réinvesti à d’autres tâches notamment dans le suivi du patient.

    Il est également important de souligner que ces pharmacies disposent de produits pharmaceutiques onéreux qui suscitent un engouement particulier pour le milieu du banditisme. Ainsi, une gestion automatisée des stocks permettrait d’éviter les vols :

    • à la pharmacie des hôpitaux franciliens c’est près de 2 millions d’euros de médicaments qui ont été volés en début d’année. Il s’agissait en l’occurrence de l’anticancéreux Keytruda vendu 2,400 le flacon de 4ml ;
    • en 2022, le tribunal de Vannes avait également condamné 3 préparateurs de commandes de l’Hopital de Vannes. Ces derniers avaient volés pour plusieurs milliers d’euros de comprimés entre 2015 et 2018.

    Enfin, notons que le passage progressif vers une médecine personnalisée pour une population vieillissante et bien souvent multipathologique confronte les pharmaciens à la gestion de cas de plus en plus en plus complexe.

    Des formations sur l’IA pour les pharmaciens

    La nécessité de former des professionnels de santé sur les enjeux spécifiques de l’IA a fait émerger plusieurs offres de formation en France, notamment 2 diplôme universitaires (DU) et une formation non diplômante :

    • l’Université Paris Cité propose un DU en IA appliquée à la santé ;
    • l’Université Côte d’Azur permet également de se former avec son DU spécialisé en IA et santé ;
    • l’Université Paris Saclay dispense une formation en ligne non diplômante en IA et sciences du médicament.

     

    Exemple d’un projet de PUI innovante, à la Fondation Santé Service

    La fondation santé service a pour ambition d’ici de transformer sa pharmacie à usage intérieur (PUI) dans l’objectif de répondre aux besoins croissants de l’hospitalisation à domicile (HAD). Le projet devrait voir le jour dans les mois prochains.

    Le projet comprend une solution de stockage automatisé ainsi que de nouveaux équipements (convoyeurs, formeuse automatique de carton…)

    La fondation ne dispose pour l’instant que d’une unique pharmacie centrale pour 1900 patients par jour. Ce projet novateur chiffré à 23 millions devrait donc permettre d’installer une solution automatisée où 25 robots s’atteleront à traiter les besoins de 3000 patients par jour (d’ici 2030). Plus précisément, les robots serviront à empiler 12 000 bacs de stockage, formant ainsi un damier au dessus de la structure qui s’étalera sur 460 m2.

    Les commandes urgentes seront livrées le jour même en moins de 5h dans tous les points en Île de France, la fondation se répartissant sur 3 pôles de soins avec 8 antennes départementales en région Île de France. À noter que sera également automatisé le convoyage.

    La futur PUI comprendra donc une formeuse automatique de carton afin d’en réduire le nombre tout en améliorant les conditions de travail. La solution Autostore de l’entreprise norvégienne Element Logic s’ajoutera au projet. Cette dernière permettra de compacter le stock de la PUI.

     

  • Réglementations et bonnes pratiques pour la pharmacie à usage interne (PUI)

    Evolutions juridiques autour de la PUI

    La loi du 26 décembre 2023 de financement de la sécurité sociale pour 2024 :

    Dans l’article 72 de la loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023, la rupture d’approvisionnement « se définit comme l’incapacité pour une pharmacie d’officine ou une pharmacie à usage intérieur de dispenser un médicament à un patient dans un délai donné, qui peut être réduit à l’initiative du pharmacien lorsque la poursuite optimale du traitement l’impose ». Le délai et les diligences que le pharmacien doit accomplir pour dispenser le médicament sont définis par décret en Conseil d’Etat.

    Selon l’article L. 5121-33-1, en cas de rupture d’approvisionnement, un arrêté du ministre chargé de la santé peut rendre obligatoire le recours à l’ordonnance de dispensation conditionnelle, dans les conditions prévues aux articles L. 5121-12-1-1 et L. 5121-20. Ou « la délivrance de médicaments à l’unité, dans les conditions prévues à l’article L. 5123-8 ». Ces mesures sont arrêtées dès qu’elles ne sont plus nécessaires.

    Le décret du 19 octobre 2023 relatif aux conditions de diplôme pour l’exercice en PUI :

    Le décret n° 2023-970 du 19 octobre 2023 vise à établir les conditions de diplôme d’exercice des pharmaciens exerçant au sein d’une pharmacie à usage intérieur (PUI) dans les établissements, les structures et les organismes en disposant. Les différents diplômes permettant d’exercer en tant que pharmacien à usage intérieur dans l’article R5126-2 sont :

    • le diplôme d’études spécialisées de pharmacie hospitalière et des collectivités ;
    • le diplôme d’études spécialisées de pharmacie industrielle et biomédicale ;
    • le diplôme d’études spécialisées de pharmacie ;
    • le diplôme d’études spécialisées de pharmacie hospitalière.

     

    Dans l’article R5126-3, les pharmaciens peuvent exercer dans une PUI si :

    • au 1er juin 2017, ils justifient d’un exercice au sein d’une pharmacie à usage intérieur, soit à temps plein soit à temps partiel, pendant une durée minimale de 2 ans sur les 10 dernières années ;
    • du 1er juin 2017 au 1er juin 2025, reprennent au sein d’une PUI et justifie, à la date de la reprise, d’un exercice d’une durée équivalente à deux ans à temps plein sur la période des dix dernières années.

     

    Le décret du 8 août 2023 étend les compétences vaccinales des professionnels de santé :

    L’article 33 décret n° 2023-736 du 8 août 2023 étend les compétences vaccinales des professionnels de santé au-delà des médecins avec les sage-femmes, les pharmaciens et les infirmiers, « y compris les pharmaciens et infirmiers exercent en pharmacie à usage intérieur (PUI) d’un établissement ou en laboratoire de biologie médicale (LBM) ».

    Ces 3 catégories de professionnels de la santé peuvent prescrire et administrer l’ensemble des vaccinations, pour toute la population par les sages femmes et à partir de 11 ans pour les pharmaciens et les infirmiers, à l’exception de la prescription de vaccins vivants atténués chez les personnes immunodéprimées.

    Le décret du 3 avril 2023 relatif au dossier pharmaceutique (DP) :

    Suite au décret du 3 avril 2023, la création automatique d’un dossier pharmaceutique sauf opposition du bénéficiaire de l’assurance maladie concerné. Il définit le contenu du dossier pharmaceutique (DP), la durée de conservation des informations qu’il contient, les modalités de sa création et de sa clôture éventuelle ainsi que les modalités d’exercice des droits du bénéficiaire. Les mesures principales sont les suivantes :

    • la création des DP devient automatique sauf opposition du patient dans un délai de 6 semaines ;
    • la durée d’affichage des traitements médicamenteux contenus dans le DP est rallongé de 4 à 12 mois, avec une conversation des données de 5 ans pour les médicaments biologique et 23 ans pour les vaccins ;
    • l’affichage des pharmacies dispensatrices dans le DP du patient est consultable dans l’historique, ainsi que les dates et modalités de dispensation comme celles de prescription médicale ;
    • le renforcement de l’accès au DP par les établissements de santé devient obligatoire dès lors que le système d’information de l’établissement le permet ;
    • l’accès des biologistes médicaux au DP devient possible, aussi bien dans les pharmacies en ville qu’en établissement de santé.

     

    Depuis le 5 avril 2023, il n’est plus possible pour un pharmacien de créer un DP depuis son logiciel. Si un patient n’a pas encore de DP et veut en créer un, il devra effectuer la demande auprès de l’Ordre via un formulaire sur leur site. Le reste des fonctionnalités du DP (alimentations, consultation, édition et suppression) restent inchangées.

    15 février 2023 dans le but de sérialiser l’ensemble des PUI sur le territoire :

    Bien que le processus de sérialisation des médicaments est obligatoire depuis le 9 février 2019, une rencontre avec la Commission européenne le 15 février 2023 a poussé un échéancier d’engagement, concernant 80% des PUI connectées en juin 2023, 90% en septembre et 100% pour fin décembre 2023.

    Les ARS sont invitées à demander aux directeurs des établissements de santé et établissements médico-sociaux disposant d’une PUI de leur région de lancer activement le processus de la sérialisation, c’est-à-dire  :

    • engager les démarches d’enregistrement en direct sur le site de France MVO ;
    • se connecter au répertoire de vérification des médicaments ;
    • poursuivre la désactivation des identifiants uniques des médicaments.

     

    Le décret de mai 2019 stipule une nouvelle autorisation obligatoire des PUI  :

    Le décret n°2019-489 du 21 mai 2019, reporté d’un an avec le décret 2022-18 du 7 janvier 2022, stipule que les PUI devaient être titulaires d’une nouvelle autorisation avec un délai d’obtention de 4 mois.

    Les prérequis dans l’automatisation de la préparation des médicaments en PUI

    Selon le référentiel de pharmaciens en PUI de septembre 2023, l’automatisation de la préparation des médicaments en pharmacie hospitalière contient de nouveaux prérequis comme : la préparation de doses à administrer, les médicaments radiopharmaceutiques, les mélanges pour la nutrition parentérale ou anticancéreux ainsi que les médicaments de thérapie innovante.

    L’automatisation numérique peut améliorer plusieurs facteurs comme :

    • protéger le personnel et l’environnement ;
    • réduire les troubles musculosquelettiques ;
    • redéployer vers des activités à plus-value pharmaceutique comme les activités de pharmacie clinique et le contexte médico-économique.

     

    La responsabilité de chaque acteur : pharmacien, fournisseur et direction de l’établissement doit être contractualisée (qualifications des locaux, des équipements, des systèmes d’information, maintenances préventives et curative).

    Le cadre européen et la législation française sur les médicaments de thérapie innovante (MTI)

    Faisant part d’une réglementation spécifique en constante évolution dû à la complexité de leur fabrication et leur caractère innovant, les médicaments de thérapie innovante (MTI) abordés dans le cadre réglementaire européen est ensuite transposée à la législation Française.

    Le cadre réglementaire européen sur les médicament de thérapie innovante

    Régis en 2001, le cadre réglementaire européen établit une procédure de mise sur le marché centralisées afin de garantir un accès au marché pour les pays membres de l’UE, notamment en garantissant la qualité et la sécurité des produits, optimiser l’évaluation des produits avec un comité des thérapies innovantes.

    C’est en 2007 que le règlement européen répartit pour la première fois les MTI en quatre sous-catégories :

    • les médicaments de thérapie génique ;
    • les médicaments de thérapie cellulaire somatique ;
    • les médicaments issus de l’ingénierie tissulaire et cellulaire ;
    • les médicaments combinés de thérapie innovante associant un MTI à un dispositif médical.

     

    Réglementations relatives à la bioéthique à la préparation, distribution et l’administration des médicaments de thérapie innovante-préparés ponctuellement (MTI-PP)

    La loi n° 2021-1017 du 2 août 2021 stipule que la préparation et la distribution des MTI-PP sont réalisées sous la responsabilité de l’établissement ou l’organisme spécialement autorisé à cet effet.

    Le décret n° 2022-193 du 16 février 2022 relatif aux MTI vient compléter la loi précédente en précisant les conditions pour réaliser la préparation, la distribution et l’administration des MTI au bloc opératoire au cours de la même intervention. Il stipule qu’« un contrat doit être rédigé précisant les rôles entre l’établissement autorisé et celui effectuant le prélèvement des tissus ou des cellules et l’administration du médicament ».

    Le décret fait notamment suite à la demande d’associations de médecins craignant des actes inutiles et néfastes pour la santé des patients comme la réalisation de deux anesthésies.

    Un décret stipule une nouvelle autorisation obligatoire des PUI au plus tard le 31 décembre 2023

    Le décret n°2019-489 du 21 mai 2019, reporté d’un an avec le décret 2022-18 du 7 janvier 2022, stipule que les PUI devront être titulaires d’une nouvelle autorisation au plus tard le 31 décembre 2023 avec un délai d’obtention de 4 mois.

    Un guide des bonnes pratiques à adopter en pharmacie clinique

    Publié par la Société française de pharmacie clinique en mars 2022, la démarche qualité en pharmacie clinique intègre une dynamique d’amélioration continue conduisant toute équipe à évaluer les pratiques en place pour les améliorer dans le bénéfice des patients. Elle cherche à structurer les activités en apportant des méthodologies pour stucturer les interventions pharmaceutiques, l’amélioration continue de la qualité vise donc à :

    • harmoniser les pratiques de pharmacie clinique mises en place ;
    • accroitre l’efficience des actes de pharmacie clinique ;
    • renforcer la pertinence des soins pharmaceutiques ;
    • augmenter la satisfaction des patients, des aidants et des professionnels de santé ;
    • valoriser la pharmacie clinique.

     

    La gestion des risques doit être intégrée à la démarche qualité en pharmacie clinique, devant ajouter une culture de vigilance et de sécurité permettant non seulement de traiter les dysfonctionnements mais aussi de les anticiper.

    Prévoir la réalisation, la mise en œuvre, l’évaluation de leur pertinence et de l’amélioration des Interventions pharmaceutiques s’articule autour des étapes suivantes :

    • prévoir la réalisation des IP : définir un groupe de travail pluridisciplinaire, les modalités des pratiques et garantir leur traçabilité dans les Dossiers pharmaceutiques ;
    • mettre en œuvre les IP dans la pratique : former les professionnels aux outils et aux procédures ;
    • évaluer la pratique professionnelle : définir le pilote de l’évaluation et identifier les ressources humaines et matérielles nécessaires ;
    • l’amélioration de la pertinence des IP : mise en place des protocoles et formations, ainsi qu’une mise en place des vignettes cliniques et des indicateurs sur les perfectionnements potentiels.

     

    Et un guide de codification pour la valorisation des activités de la PUI

    La “traçabilité des actions de pharmacie clinique en service de soins” cherche à harmoniser de la nomenclature de la pharmacie clinique et des règles de codage.

    La codification propose les principes suivants :

    • s’inscrire dans le cadre des obligations réglementaires et/ou de qualité des pharmacies à usage intérieur (PUI) des établissements de santé
    • respecter les référentiels de bonnes pratiques (guide HAS conciliation des traitements médicamenteux, les bonnes pratiques de pharmacie clinique (BPPC) françaises et internationales) ;
    • s’articule avec le système d’évaluation des activités de pharmacie hospitalière « Unité d’Œuvre de pharmacie (UO pharmacie) » et les indicateurs du Contrat d’Amélioration de la Qualité et de l’Efficience des Soins (CAQES).

     

    Les actes se distinguent en deux catégories :

    • les actes isolés réalisés de manière indépendante, ils sont de complexité variables comme les entretiens pharmaceutiques ;
    • les procédures : il s’agit d’un ensemble d’actes isolés associés dans le cadre d’interventions réglées, en référence aux bonnes pratiques (la conciliation des traitements médicamenteux, bilan de médication, plan pharmaceutique personnalisé par exemple).

     

    L’harmonisation de la nomenclature et des règles de codage présente plusieurs avantages comme :

    • l’amélioration de la lisibilité et de la compréhension des données ;
    • la facilitation du recueil de données et de leur comparaison ;
    • la meilleure mesure de l’activité de pharmacie clinique ;
    • la production d’indicateurs de performance plus pertinents.

     

  • IA et PUI : cartographie des solutions disponibles en France

    I/ Le digital au service des opérations et de la prescription en PUI

    Le digital fait son entrée en pharmacie hospitalière après des années d’initiatives portées par quelques start-ups et pharmacies à usage intérieur (PUI). Suite aux divers besoins recensés dans certains hôpitaux ou services, certains services de pharmacie sont parvenus à proposer une offre qui vient en soutien aux pharmaciens.

    Il ressort que l’axe le plus novateur en terme de solutions au sein des PUI est la pharmacie clinique qui concentre des outils d’aides à la décision/prescription.

    Dans cet article, Health & Tech Intelligence livre quelques exemples représentatifs des principales solutions d’IA déployés au sein des PUI en France avec un focus sur les solutions destinés à la pharmacie clinique.

    II/ Panorama des solutions

    Le panorama non exhaustif des solutions disponibles en France suit la nomenclature de l’article détaillant les cas d’usage de l’IA au sein des PUI (disponible ici).

    Opérations et logistique

    Dans le secteur des Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) en France, plusieurs solutions intègrent l’intelligence artificielle pour optimiser les opérations logistiques et les processus opérationnels. Parmi celles-ci, on compte trois principales solutions.

    • 1 solution améliore la préparation des produits de santé : HDJ Planner est spécialement conçu pour le pilotage en temps réel de l’unité : traçabilité des soignants, coordination avec la pharmacie pour la préparation des traitements médicamenteux.
    • 2 solutions se concentrent sur la gestion des stocks de médicaments : Opta Stock et Tracelink product availability utilisent l’IA pour prédire la demande et optimiser la gestion des stocks et de l’inventaire. 

    Sécurité

    Dans le secteur des Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) en France, l’accent est particulièrement mis sur l’amélioration de la sécurité des médicaments grâce à l’intelligence artificielle. L’axe de la sécurité comptabilise 3 solutions dédiées à cette problématique

    • 2 solutions facilitent la traçabilité des médicaments et des dispositifs médicaux : ControlCheck et Serialized Product Intelligence (SPI) utilisent l’IA et sont des solutions de reporting opérationnel avancée permettant une surveillance proactive.
    • 1 solution se concentre sur la pharmacovigilance : Synapse automatise la gestion des déclarations des effets indésirables pour les équipes de pharmacovigilance.

    Tâches administratives

    Dans le domaine des tâches administratives au sein des Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) en France, l’automatisation des processus est grandement facilitée par l’intelligence artificielle, avec un total de quatre solutions dédiées à cette fonctionnalité.

    • 3 solutions sont dédiées à l’automatisation du processus de codage médical : Dimbox, Intelligence for health et Sancare visent à réduire les erreurs et à accélérer le traitement des données en automatisant le codage des diagnostics et des interventions grâce à des systèmes d’IA.
    • 1 solution se concentre sur la gestion des commandes et de la facturation : ControlCheck se concentre également sur la minimisation des dépenses, la maximisation des économies dans tous les domaines de l’hôpital et le maintien de la conformité des achats, le tout au sein d’une seule plateforme intégrée. 

    Pharmacie clinique

    Pour la pharmacie clinique, en France, une variété de solutions intégrant des modules d’IA sont disponibles pour améliorer la qualité des soins.

    • 1 solution simule et prédit les réactions aux traitements : ExactCure crée des jumeaux numériques personnalisés pour simuler comment différents traitements peuvent affecter la santé des patients.
    • 4 solutions détectent les erreurs d’administration et les erreurs de prescription : DrugCam est dédié à minimiser les risques d’erreurs d’administration des médicaments, tandis que d’autres solutions se concentrent sur la détection des erreurs de prescription tel que PharmaClass, PharmIA et Vidal.
    • 2 solutions analysent les informations pharmaceutiques : PharmaClass et Posos aident les pharmaciens à analyser et interpréter les informations médicamenteuses et cliniques.
    • 2 solutions sont impliquées dans la détection et prédiction des effets indésirables : PharmIA et Vidal sont des outils qui permettent aux pharmaciens d’identifier les risques iatrogènes. 
    • 1 solutions personnalisent les prescriptions basées sur les analyses génétiques et cliniques : Posos personnalise les prescriptions en analysant les données génétiques et cliniques des patients.

    Pour une comparaison approfondie des différentes solutions d’analyse pharmaceutique disponibles, un benchmark détaillé est disponible ci-dessous.

    III. Cartographie interactive des solutions disponibles en France