Les spécificités des maladies rares
Selon l’organisation américaine pour les maladies rares, la National Organization for Rare Disorders (Nord), si environ 7 000 maladies rares sont recensées, dont 80 % sont d’origine génétique, seulement 5 % d’entre elles bénéficient de médicaments approuvés. Au vu de leur contexte particulier et de leurs chiffres, les maladies rares exigent une approche différente. Ainsi, plusieurs enjeux les caractérisent :
- la sensibilisation limitée à ces maladies et la difficulté d’identification des patients ;
- les défis à relever en cas d’erreur ou de retard diagnostic (une errance thérapeutique significative) ;
- le besoin d’une prise en chargée adaptée et d’un soutien au patient tout au long de la maladie et de son parcours de soins ;
- ainsi que la nécessité de connaissances spécifiques pour le développement de médicaments dédiés.
Un parcours patient long et sinueux :
Pour arriver au bon diagnostic et enfin bénéficier d’un traitement, quand il est disponible, les patients souffrant de maladies rares nécessitent des compétences spécialisées. Selon des données présentées par Amgen en février 2024, l’errance thérapeutique est le principal défi à relever pour optimiser les parcours de soins des maladies rares : il faut au patient 5 ans en moyenne et la consultation de plus de 7 spécialistes pour enfin obtenir un diagnostic précis.
La France, leader européen dans la lutte contre les maladies rares
La France, qui compte 3 millions de personnes concernées par les maladies rares (soit 4,5 % de la population), joue un rôle pionnier dans la prise en charge des maladies rares en Europe, avec un système de santé bien établi et des initiatives telles que :
- le plan national maladies rares (PNMR), dont le premier s’est étendu de 2005 à 2008 et qui connait sa quatrième version cette année, avec une organisation de la prise en charge, de la recherche et de la formation ;
- les filières de santé maladies rares (FSMR) au nombre de 23, crées en 2014, qui ont renforcé le maillage territorial avec plus de 600 centres de référence et plus de 2 200 centres de compétences sur tout le territoire national ;
- et le plan “Médecine France génomique 2025“, qui contribue également à la prise en charge globale des maladies rares.
De plus, la France est en pointe au niveau européen, avec des efforts visant à faciliter l’accès aux traitements innovants et à promouvoir le partage des données de santé :
- 24 réseaux européens de référence (RER), lancés en 2017 pour mettre en relation des experts européens des maladiess, dont 8 sont en France ;
- par ailleurs, la France coordonne le groupe de travail sur le partage de données de santé dans le cadre de l’action conjointe Jardin (Joint Action Rare Disease Innovation), consacrée à l’intégration des RER dans les systèmes de santé nationaux, lancée en Mars 2024.
Une collecte centralisée des données :
Depuis la réforme des accès dérogatoires, entrée en vigueur en juillet 2021 pour un accès plus simple et plus rapide à des médicaments qui ne sont pas autorisés en France, souligne Nathalie Varoqueaux, directrice médicale d’Amgen France, 3/4 des autorisations de mise sur le marché (AMM) ont été octroyées pour des maladies considérées rares par la commission de la transparence (CT).
Depuis le PNMR 3, un recueil de données spécifique aux médicaments a été mis en place au sein de Bamara, l’application web de la banque nationale de données maladies rares (BNDMR). Cela concerne les accès précoces, les accès compassionnels ou les études post-inscription. Cette collecte de données est adossée aux registres des maladies rares.
Une orientation stratégique qui se confirme pour Amgen
Les maladies rares font désormais partie des quatre piliers médicaux de croissance d’Amgen, avec 3 autres grandes aires thérapeutiques : la médecine générale (terme générique couvrant la cardiologie, la néphrologie, le métabolisme, etc.), l’oncologie, pilier historique d’Amgen, et l’inflammation. Ce choix stratégique a été scellé avec l’acquisition récente de l’entreprise pharmaceutique Horizon Therapeutics.

Plus de 30 médicaments disponibles dans le monde, dont une vingtaine en France – @ Amgen
L’acquisition d’Horizon Therapeutics :
En France, la filiale d’Amgen fait des maladies rares une priorité, afin de “contribuer activement à apporter de nouvelles solutions thérapeutiques” aux patients concernés. Concrètement, “l’intégration de ces activités et des expertises associées est réalisée par aire thérapeutique”. pour profiter du croisement des expertises entre maladies communes et maladies rares. L’opportunité “non seulement de déployer des thérapies innovantes aux patients français qui sont en attente de solutions pour être guéris ou mieux gérer leur maladie, explique Corinne Blachier-Poisson, présidente d’Amgen France, mais aussi d’avancer dans la compréhension de la physiopathologie de chacune de ces maladies et d’innover grâce à des liens renforcés entre maladies communes et maladies rares.”
L’acquisition d’Horizon en 2023 ouvre ainsi à Amgen les portes à la diversification du portefeuille, des synergies en matière de recherche et développement (R&D) et de fabrication, ainsi que d’augmentation du potentiel commercial de l’entreprise. Elle devrait renforcer la position d’Amgen sur le marché des maladies rares, et représenter 20 % de son chiffre d’affaires global.
L’intégration des activités “maladies rares” d’Horizon en France :
La première maladie rare concernée est la maladie du spectre de la neuromyélite optique (NMOSD), qui touche 7 300 personnes en Europe. D’autres pathologies sont également ciblées : l’ophtalmopathie thyroïdienne, le syndrome de Gougerot-Sjögren, la dermatomyosite, le lupus ou encore la pneumopathie interstitielle diffuse associée à la sclérodermie systémique.
La France est le premier pays à avoir accès à Tepezza :
Bénéficiant actuellement d’un accès compassionnel, Amgen France déclare qu’une demande d’accès précoce de type 1 est en cours. L’ambition de la filiale française, sur le moyen et long terme, est travailler sur les parcours patient d’un point de vue pratique, avec les médecins et les patients, notamment sur des problématiques telles que :
- la description des parcours ;
- la collaboration avec les associations patients ;
- la recherche clinique ;
- et même jusqu’au remboursement et à l’accès précoce et compassionnel.




