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  • Maladies rares : quels choix stratégiques d’Amgen et quel impact en France ?

    Les spécificités des maladies rares

    Selon l’organisation américaine pour les maladies rares, la National Organization for Rare Disorders (Nord), si environ 7 000 maladies rares sont recensées, dont 80 % sont d’origine génétique, seulement 5 % d’entre elles bénéficient de médicaments approuvés. Au vu de leur contexte particulier et de leurs chiffres, les maladies rares exigent une approche différente. Ainsi, plusieurs enjeux les caractérisent :

    • la sensibilisation limitée à ces maladies et la difficulté d’identification des patients ;
    • les défis à relever en cas d’erreur ou de retard diagnostic (une errance thérapeutique significative) ;
    • le besoin d’une prise en chargée adaptée et d’un soutien au patient tout au long de la maladie et de son parcours de soins ;
    • ainsi que la nécessité de connaissances spécifiques pour le développement de médicaments dédiés.

     

    Un parcours patient long et sinueux :

    Pour arriver au bon diagnostic et enfin bénéficier d’un traitement, quand il est disponible, les patients souffrant de maladies rares nécessitent des compétences spécialisées. Selon des données présentées par Amgen en février 2024, l’errance thérapeutique est le principal défi à relever pour optimiser les parcours de soins des maladies rares : il faut au patient 5 ans en moyenne et la consultation de plus de 7 spécialistes pour enfin obtenir un diagnostic précis.

    La France, leader européen dans la lutte contre les maladies rares

    La France, qui compte 3 millions de personnes concernées par les maladies rares (soit 4,5 % de la population), joue un rôle pionnier dans la prise en charge des maladies rares en Europe, avec un système de santé bien établi et des initiatives telles que :

    • le plan national maladies rares (PNMR), dont le premier s’est étendu de 2005 à 2008 et qui connait sa quatrième version cette année, avec une organisation de la prise en charge, de la recherche et de la formation ;
    • les filières de santé maladies rares (FSMR) au nombre de 23, crées en 2014, qui ont renforcé le maillage territorial avec plus de 600 centres de référence et plus de 2 200 centres de compétences sur tout le territoire national ;
    • et le plan “Médecine France génomique 2025“, qui contribue également à la prise en charge globale des maladies rares.

     

    De plus, la France est en pointe au niveau européen, avec des efforts visant à faciliter l’accès aux traitements innovants et à promouvoir le partage des données de santé :

    • 24 réseaux européens de référence (RER), lancés en 2017 pour mettre en relation des experts européens des maladiess, dont 8 sont en France ;
    • par ailleurs, la France coordonne le groupe de travail sur le partage de données de santé dans le cadre de l’action conjointe Jardin (Joint Action Rare Disease Innovation), consacrée à l’intégration des RER dans les systèmes de santé nationaux, lancée en Mars 2024.

     

    Une collecte centralisée des données :

    Depuis la réforme des accès dérogatoires, entrée en vigueur en juillet 2021 pour un accès plus simple et plus rapide à des médicaments qui ne sont pas autorisés en France, souligne Nathalie Varoqueaux, directrice médicale d’Amgen France, 3/4 des autorisations de mise sur le marché (AMM) ont été octroyées pour des maladies considérées rares par la commission de la transparence (CT).

    Depuis le PNMR 3, un recueil de données spécifique aux médicaments a été mis en place au sein de Bamara, l’application web de la banque nationale de données maladies rares (BNDMR). Cela concerne les accès précoces, les accès compassionnels ou les études post-inscription. Cette collecte de données est adossée aux registres des maladies rares.

    Une orientation stratégique qui se confirme pour Amgen

    Les maladies rares font désormais partie des quatre piliers médicaux de croissance d’Amgen, avec 3 autres grandes aires thérapeutiques : la médecine générale (terme générique couvrant la cardiologie, la néphrologie, le métabolisme, etc.), l’oncologie, pilier historique d’Amgen, et l’inflammation. Ce choix stratégique a été scellé avec l’acquisition récente de l’entreprise pharmaceutique Horizon Therapeutics.

    Plus de 30 médicaments disponibles dans le monde, dont une vingtaine en France - @ Amgen

    Plus de 30 médicaments disponibles dans le monde, dont une vingtaine en France – @ Amgen

    L’acquisition d’Horizon Therapeutics :

    En France, la filiale d’Amgen fait des maladies rares une priorité, afin de “contribuer activement à apporter de nouvelles solutions thérapeutiques” aux patients concernés. Concrètement, “l’intégration de ces activités et des expertises associées est réalisée par aire thérapeutique”. pour profiter du croisement des expertises entre maladies communes et maladies rares. L’opportunité “non seulement de déployer des thérapies innovantes aux patients français qui sont en attente de solutions pour être guéris ou mieux gérer leur maladie, explique Corinne Blachier-Poisson, présidente d’Amgen France, mais aussi d’avancer dans la compréhension de la physiopathologie de chacune de ces maladies et d’innover grâce à des liens renforcés entre maladies communes et maladies rares.”

    L’acquisition d’Horizon en 2023 ouvre ainsi à Amgen les portes à la diversification du portefeuille, des synergies en matière de recherche et développement (R&D) et de fabrication, ainsi que d’augmentation du potentiel commercial de l’entreprise. Elle devrait renforcer la position d’Amgen sur le marché des maladies rares, et représenter 20 % de son chiffre d’affaires global.

    L’intégration des activités “maladies rares” d’Horizon en France :

    La première maladie rare concernée est la maladie du spectre de la neuromyélite optique (NMOSD), qui touche 7 300 personnes en Europe. D’autres pathologies sont également ciblées : l’ophtalmopathie thyroïdienne, le syndrome de Gougerot-Sjögren, la dermatomyosite, le lupus ou encore la pneumopathie interstitielle diffuse associée à la sclérodermie systémique.

    La France est le premier pays à avoir accès à Tepezza :

    Bénéficiant actuellement d’un accès compassionnel, Amgen France déclare qu’une demande d’accès précoce de type 1 est en cours. L’ambition de la filiale française, sur le moyen et long terme, est travailler sur les parcours patient d’un point de vue pratique, avec les médecins et les patients, notamment sur des problématiques telles que :

    • la description des parcours ;
    • la collaboration avec les associations patients ;
    • la recherche clinique ;
    • et même jusqu’au remboursement et à l’accès précoce et compassionnel.
    Portefeuille des médicaments d'Amgen dans le monde pour l'aire thérapeutique des maladies rares - @ Amgen
    Portefeuille des médicaments d’Amgen dans le monde pour l’aire thérapeutique des maladies rares – @ Amgen

     

  • Note aux abonnés : présentation de l’étude Gen AI le 23 avril 2024 (de 9h00 à 9h30)

    Health&Tech Intelligence a publié une étude premium sur l’intelligence artificielle générative (Gen AI) en santé. Cette étude, réalisée sur la base d’une collecte d’informations, des retours d’expériences, d’échanges avec des porteurs de solutions  et d’une revue de littérature permet d’identifier les tendances de marché qui se dessinent pour ces solutions dans les secteurs de l’industrie pharmaceutique, des assureurs ou mutuelles comme pour les établissements de santé.

    L’équipe éditoriale présentera les points clés de l’étude et ce qu’on peut connaître aujourd’hui du potentiel de la GenAI en santé.  Elle expliquera également où trouver ces ressources sur la plateforme H&TI et comment interagir avec la communauté des utilisateurs.

    👉 Inscrivez-vous au Health&Tech Morning via ce lien.

  • USA : plus de 2/3 des médecins ont changé d’avis sur l’usage de la Gen AI en santé (sondage)

    Les médecins prêts à intégrer la Gen AI dans leur pratique clinique

    Menée en ligne entre le 8 et le 13 février 2024 auprès de 100 médecins américains travaillant dans un grand hôpital ou une grande organisation de santé, qui utilisent déjà un outil d’aide à la décision clinique. Les résultats reflètent une accélération de l’acceptation par les médecins de l’usage de la Gen AI dans la santé. En effet, 68 % d’entre eux déclarent avoir changé d’avis au cours de l’année écoulée et être désormais plus susceptibles de penser que la Gen AI serait bénéfique pour les soins de santé.

    Les médecins, cependant, se méfient des outils qu’ils pourraient être amenés à utiliser ;

    • 91 % d’entre eux déclarent qu’ils ont besoin de savoir que les outils de Gen AI ont été créés par des médecins et des experts médicaux avant de s’en servir cliniquement ;
    • de même, 89 % exigent une transparence de la part des fournisseurs sur l’origine et la nature des informations fournies par l’IA.

     

    Gain de temps et optimisation des soins

    Face aux défis de la pénurie de personnel et de l’épuisement professionnel, les médecins reconnaissent les multiples avantages qu’offre l’intégration de la Gen AI dans leur pratique, pour la continuité des soins. Interrogés sur comment la Gen AI pourrait faciliter leur prise de décision ou améliorer leurs interactions directes avec les patients, ils ont répondu comme suit : 

    • 81 % d’entre eux affirment qu’elle améliorera l’interaction des équipes de soins avec les patients ;
    • plus de la moitié d’entre eux pensent qu’elle leur fera gagner 20 % de temps ou plus ;
    • 68 % pensent qu’elle leur permettrait d’effectuer des recherches plus rapudes dans la littérature médicale ;
    • 59 % voient son intérêt dans la synthèse des données patients à partir de leurs dossiers électroniques ;
    • enfin, seuls 3 % d’entre eux ne croient pas que l’IA générative améliorera leurs interactions avec les patients.

     

    Une divergence d’opinion entre les médecins et les patients

    La comparaison entre ces résultats et ceux d’une étude précédente, menée également par Wolters Kluwer fin 2023, auprès de patients américains, révèle des divergences dans les opinions sur l’intégration des solutions d’IA générative dans le système de santé, et notamment dans :

    La relation médecin-patient :

    • 2/3 des médecins estiment que les patients auraient confiance dans les résultats fournis par la Gen AI pour prendre des décisions cliniques ;
    • tandis que seulement la moitié des patients disent avoir confiance en ces technologies.
    Comparaison des réponses des médecins et des patients sur l'usage de la Gen AI dans leur relation - @ Wolters Kluwer Health
    Comparaison des réponses des médecins et des patients sur l’usage de la Gen AI dans leur relation – @ Wolters Kluwer Health

    Le diagnostic :

    • 1/5 médecins pense que les patients seraient préoccupés par l’utilisation de la Gen AI dans l’établissement du diagnostic ;
    • alors que 4/5 patients expriment cette préoccupation, soulignant ainsi une disparité significative dans la perception de l’adoption des modèles d’IA générative.

     

  • Gen AI : l’OMS lance une agente numérique pour promouvoir la santé publique

    Des réponses en 8 langues 24/7

    Présentée au début de ce mois, Sarah (Smart AI Resource Assistant for Health) a contribué à lutter contre la mésinformation sur la Covid-19 depuis le début de la pandémie. Son lancement officiel comme “agente numérique de promotion de la santé exploitant la Gen AI”, est une évolution majeure dans le domaine de la promotion de la santé.

    Contrairement aux précédents avatars d’intelligence artificielle (IA), Sarah utilise des grands modèles de langage (LLM) de pointe pour fournir :

    • des réponses empathiques et personnalisées 24 heures sur 24 ;
    • dans huit langues différentes ;
    • au format vidéo ou texte ;
    • et à partir de n’importe quel appareil.

     

    Elle vise à éduquer et à informer les individus sur une gamme de sujets de santé, allant des bonnes habitudes de vie à la prévention des maladies graves.

    👉 Pour faire la connaissance de Sarah et lui poser des questions sur la santé, elle est d’ores et déjà disponible sur ce lien.

    Un symbole de la santé numérique du futur

    Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, souligne que Sarah offre un aperçu de l’avenir de la santé numérique en utilisant l’interactivité pour améliorer l’accès à l’information sur la santé. Il appelle à une collaboration continue dans la recherche pour explorer les façons dont cette technologie peut réduire les inégalités en matière de santé et garantir des informations fiables pour tous.

    Sarah marque ainsi une transition vers l’utilisation de la Gen AI, lui permettant de fournir des réponses plus précises en temps réel et de maintenir des conversations dynamiques et personnalisées. Sa capacité à imiter les interactions humaines et à offrir des réponses empathiques dans un environnement sans jugement est rendue possible grâce à la technologie d’IA biologique de Soul Machines, une société de “personnes numériques” basée à San Francisco et en Nouvelle-Zélande, avec le soutien de Rooftop, une société de solutions créatives basée en Afrique du Sud.

    Défis et perspectives de l’AI en santé publique

    Bien que l’IA offre des avantages considérables pour la santé publique, elle soulève également des préoccupations éthiques majeures, souligne l’OMS, notamment l’égalité d’accès, la confidentialité et la sécurité des données. D’où l’importance de l’évaluation continue et du perfectionnement du projet Sarah pour garantir la fiabilité et l’éthique dans l’utilisation de cette technologie.

    Cette initiative illustre l’engagement continu de l’OMS à utiliser les avancées numériques pour diffuser des informations de santé essentielles à grande échelle. Avec son “potentiel révolutionnaire” et son “engagement envers l’éthique et la fiabilité”, Sarah ouvre la voie à un avenir de santé connectée, où chacun peut accéder à des informations précieuses pour améliorer son bien-être et ses droits en matière de santé.

     

  • Virage domiciliaire : les conditions ne sont pas réunies, selon l’Igas

    Quels lieux de vie pour les personnes âgées en 2040

    La France compte aujourd’hui 2,6 millions de personnes âgées en perte d’autonomie. Le Nord est le département concentrant le plus de personnes âgées en perte d’autonomie, avec 99 700 personnes. Tandis que la Guyane présente le plus petit nombre du pays avec 4 000 personnes.

    En 2023, la majorité des personnes âgées dépendantes vivent chez elles :

    Plus de 3/4 sont en domicile ordinaire (logement privatif historique), y compris parmi les personnes très dépendantes qui ont besoin d’aides pour les gestes de la vie quotidienne. D’un autre côté, les domiciles alternatifs, comme les résidences autonomie (RA) occupent une place résiduelle des habitats de personnes âgées en perte d’autonomie.

    Lieux de vie des personnes âgées en 2023 - @ Igas
    Lieux de vie des personnes âgées en 2023 – @ Igas

    Une augmentation d’1 M de personnes d’ici 2040 :

    Selon l’Igas, d’ici 2040, ce nombre pourrait augmenter d’environ 1 million de personnes, avec de fortes disparités départementales. Les départements vont connaître des évolutions très disparates, allant de 16 % dans l’Indre, par exemple, à près de 63 % en Haute-Savoie et 71 % à La Réunion.

    Projection du nombre de personnes âgées par département d'ici 2040 - @ Igas
    Projection du nombre de personnes âgées par département d’ici 2040 – @ Igas

    Privilégier la “politique de renforcement du soutien à domicile” au “virage domiciliaire”

    Le maintien à domicile est une politique constante depuis 50 ans qui n’a pas donné les résultats escomptés “faute d’un politique ambitieuse, tant sur le financement que sur les moyens humains à mobiliser”. C’est ainsi que parmi les bénéficiaires de l’activité physique adaptée (APA), la part des personnes en établissement et à domicile n’a pas évolué depuis quinze ans.

    La politique domiciliaire est mal anticipée, dans ses projections, qui prennent en compte “la hausse des effectifs APA mais pas celles de leurs besoins et raisonnent à pleine capacité institutionnelle et celle de leurs proches aidants”.

    Dans le rapport de l’Igas, plusieurs facteurs de risque sont identifiés sur l’évolution des capacités d’accompagnement à domicile :

    • le nombre de proches aidants qui devrait baisser ;
    • la faible attractivité des métiers du grand âge ;
    • les projections budgétaires de l’administration fragiles ;
    • et la place mal définie des domiciles alternatifs.

     

    Les services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) :

    Pilier du maintien à domicile, les SAAD réalisent 2/3 des heures passées par des professionnels auprès des bénéficiaires de l’APA. Malgré des réformes récentes – tarif horaire socle pour l’aide à domicile, création de places en service de soins infirmiers à domicile (SSIAD), création des services autonomie à domicile (SAD) pour décloisonner -, ces services sont fragiles.

    Pour les renforcer, il conviendrait, selon le rapport, d’amplifier le plan d’action de 2020 et de prévoir :

    • l’organisation annuelle d’une conférence sociale de suivi du plan de revalorisation ;
    • une nouvelle classification des emplois dans la convention collective de la branche de l’aide à domicile ;
    • le rapprochement entre les tarifs et les coûts de revient ;
    • une refonte globale du financement des services, par exemple en instaurant un financement à la place, dépendant de la lourdeur des profils accompagnés.

     

    Les établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) :

    La politique domiciliaire affirmée a provoqué le quasi-arrêt des créations. L’Igas a étudié la politique menée au Danemark d’une disparition programmée des maisons de retraite, au bénéfice de logements autonomes dont les personnes sont locataires, les différents types d’hébergement allant de la résidence sans personnel permanent aux hébergements avec des équipes permanentes et de soins intégrés. Il y a dissociation entre le logement et le soin. Pour que ces hébergements deviennent un « chez soi », il faut un grand espace privatif, une liberté de recevoir quand on veut, une participation des personnes aux tâches de la vie quotidienne, etc.

    Pour modifier les pratiques, l’Igas recommande de lancer un “plan national de transformation domiciliaire des Ehpad”. Un tel plan serait à construire avec différentes hypothèses, selon les progrès de l’accompagnement à domicile, avec ses conséquences en cascade sur le profil des publics accueillis en Ehpad.

    Les domiciles alternatifs :

    Ils ciblent actuellement majoritairement des personnes âgées (semi-)autonomes. Mais ils doivent être mieux préparés à accueillir des personnes en perte d’autonomie en revoyant leur fonctionnement organisationnel, financier et de ressources humaines. L’Igas propose qu’ils disposent systématiquement, au moins par convention, d’un service SAAD et d’hospitalisation à domicile.

    Les résidences services seniors (RSS) :

    Les RSS fonctionnent comme un Ehpad mais sans les autorisations nécessaires. La recommandation est d’harmoniser leur situation avec le régime des RA en termes d’autorisation, contrôle et droits des usagers. Les RSS devraient être intégrées dans le Code de l’action sociale et des familles (CASF).

    En amont, ces repositionnements supposeraient de résoudre les difficultés liées à l’évaluation des besoins d’aide par la grille nationale autonomie gérontologique groupes iso-ressources (Aggir), qui est mal adaptée, notamment pour prendre en compte les troubles neurocognitifs des personnes.

    Le risque d’une saturation des établissements et d’une dégradation de la qualité de vie à domicile

    A défaut d’une politique ambitieuse sur le domicile, le rapport alerte sur le risque de saturation des Ehpad et hôpitaux et d’une dégradation du domicile, particulièrement dans 30 départements. L’Igas formule plusieurs propositions pour y remédier :

    • Sécuriser les conditions de développement et de fonctionnement des domiciles alternatifs et les préparer à l’accueil des personnes les plus en difficulté, notamment par convention avec un SAAD et une HAD ;
    • Favoriser les colocations Alzheimer ;
    • Intégrer les résidences services dans le CASF ;
    • Renforcer les soins palliatifs en hôpital, en Ehpad et à domicile ;
    • Développer la prévention de la perte d’autonomie en généralisant Icope (disposition contenue dans la loi « Bien Vieillir » du 9 avril 2024).

     

    Le risque d’embolie à l’hôpital est réel car la politique de désinstitutionalisation des Ehpad va produire un effet inverse sur l’hôpital : il sera plus difficile d’organiser le retour à domicile qu’en Ehpad. La durée moyenne de séjour va augmenter dans certains services.

    Structurer le pilotage de l’offre par type d’habitat et ajuster les financements

    Le regroupement des schémas territoriaux de programmation de l’offre par type d’habitat et services en un seul schéma gérontologique unique commun ARS/département, ainsi que l’établissement d’un tableau de bord de l’offre, sont les mesures préconisées pour mieux structurer l’offre. On note que les départements ont une capacité très hétérogène pour répondre au vieillissement de la population (selon le modèle LIVIA de la Dress). Les communes se verraient confier un diagnostic territorial des besoins.

    La création de 100 000 logements nouveau en RA en 2030 est projetée. Ce type d’hébergement permet la meilleure mutualisation des ressources humaines et logistiques. Les RA sont actuellement pensées pour accueillir des seniors avec de faibles besoins d’accompagnement et sont souvent mal entretenues. Il convient donc de les adapter, les rénover et les développer.

    Des places en Ehpad-USLD sont à créer dans 30 départements, surtout outre-mer et en Corse. Le financement est à prévoir, ainsi que pour renforcer la médicalisation des Ehpad.

    Le rapport attire l’attention sur la sous-estimation des projections budgétaires actuelles pour le domicile, qui « ne prennent pas en compte le fait que la désinstitutionalisation supposera d’accompagner à domicile des personnes plus en difficulté et de déployer un niveau de dépenses par personne plus élevé. Selon l’Institut des politiques publiques, le renforcement du soutien à domicile nécessaire pour réduire la proportion de personnes en perte d’autonomie accueillies en Ehpad coûterait en 2040 4,6 milliards d’euros de plus qu’à pratique d’institutionnalisation inchangée ».

    L’expérience danoise est éclairante : en 2019 le niveau de dépense publiques à destination des PA était 50% plus élevé qu’en France.

    L’ensemble des évolutions à conduire devrait reposer sur une conférence financière entre l’Etat, les départements et l’Assurance maladie afin de statuer sur la répartition des dépenses publiques liées au grand âge.

     

  • Gen AI : la santé parmi les secteurs ciblés par l’AAP sur l’accélération des usages

    Former des consortia développeurs-utilisateurs

    Ce nouvel AAP portant sur l’accélération de l’usage de la Gen AI fait suite à un autre qui s’est achevé en octobre 2023, qui était dédié aux “Communs numériques pour l’intelligence artificielle générative” et qui visait à développer des briques technologiques communes pour l’économie “sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA générative afin de stimuler le développement de produits ou services innovants”.

    De son côté, le présent AAP “se concentre sur la partie aval de la chaîne de valeur de l’IA générative”. Il encourage, en effet, développement de solutions d’IA génératives intégrées, avec un niveau de fonctionnalité avancé et un horizon d’adoption à court terme. Son objectif est donc de concrétiser un rapprochement entre les développeurs et les futurs utilisateurs de solutions d’IA générative, à travers la formation de consortia les réunissant. Ceci dans le but de produire “des démonstrateurs qui seraient à terme réplicables et économiquement viables”.

    Modalités de l’AAP

    Critères d’éligibilité des projets :

    Pour les acteurs intéressés par cet AAP, il est essentiel de noter qu’une attention particulière sera accordée à certains aspects spécifiques de leurs projets. Ces derniers devront notamment pouvoir :

    ➡️ capitaliser sur les atouts de chaque membre du consortium afin d’apporter une solution de Gen AI “centrée sur un cas d’usage propre à un secteur (vertical) ou à une fonction d’entreprise (horizontal)” ;

    ➡️ permettre la réplicabilité d’une ou de plusieurs briques technologiques qui constituent la solution de Gen AI, “entre acteurs d’un même secteur ou entre acteurs partageant un cas d’usage similaire propre à une fonction d’entreprise” ;

    ➡️ démontrer la capacité de la solution à s’intégrer dans “l’outil de travail ou de production des différents métiers visés par le consortium” ;

    ➡️ démontrer la capacité des projets à améliorer de façon rentable les méthodes et pratiques des utilisateurs finaux par l’apport de l’IA générative dans leur espace de travail ;

    ➡️ et enfin expliciter le cas d’usage, la stratégie de déploiement interne de la solution ainsi que “les gains de productivité associés pour l’usager du consortium”.

    Deux types de soutien :

    Dans le cadre de cet AAP, des subventions et des avances remboursables seront apportées aux activités sélectionnées, qu’elles soient de recherche industrielle ou de développement expérimental. Ce financement se fera selon la répartition suivante :

    • pour les dépenses de recherche industrielle : 80 % de subventions et 20 % d’avances remboursables ;
    • tandis que pour les dépenses de développement expérimental : 60 % de subventions et 40 % d’avances remboursables.

     

    En cas d’épuisement des moyens financiers affectés à cet AAP, Bpifrance souligne qu’il “peut être arrêté de manière anticipée par arrêté du Premier ministre pris sur avis du Secrétariat général pour l’investissement (SGPI)”.

    Dépôt des candidatures :

    Opéré par Bpifrance, l’AAP “Accélérer l’usage de l’intelligence artificielle générative dans l’économie” est ouvert jusqu’au 2 juillet 2024 à 12h00 (heure de Paris). Le cahier des charges précise que les projets “ne seront étudiés qu’à partir de cette date”. Toutes les informations nécessaires sont à retrouver dans le cahier des charges ici.

    👉 Les dossier de candidature des porteurs de projets sont recevables sur la plateforme en ligne de Bpifrance en suivant ce lien.

     

  • DM : quel apport de la micro impression 3D dans le processus de fabrication ?

    Répondre aux défis de l’endo-urologie avec la micro impression 3D

    L’endo-urologie, spécialité médicale traitant les affections des voies urinaires sans ouverture des tissus, exige des dispositifs précis et non invasifs. RNDR Medical a relevé ce défi en concevant un endoscope à usage unique intégrant un embout distal complexe, fabriqué grâce à la micro impression 3D. Cette technologie permet de répondre aux exigences de taille, de précision et de résistance aux fluides nécessaires à cette procédure délicate.

    Illustration de l'endoscope précis utilisé dans l'endo-urologie - @ BMF
    Illustration de l’endoscope précis utilisé dans l’endo-urologie – @ BMF

    Accélérer le processus de fabrication et la mise sur le marché :

    RNDR Medical a réussi à réduire les délais de développement de ses produits et de lancer des tests en quelques semaines seulement, grâce à la technologie de micro impression de la société américaine Boston Micro Fabrication (BMF).

    Cette approche est basée sur la micro-stéréolithographie par projection (PµSL), offre des résolutions d’impression élevées et des tolérances précises, surpassant les méthodes traditionnelles telles que le moulage par micro-injection.

    De la conception à la production

    Initialement utilisée pour la fabrication de prototypes, la micro impression 3D s’est révélée être une solution viable pour la production de pièces finies. Les embouts distaux imprimés en 3D ont passé avec succès des évaluations précliniques, ouvrant la voie à leur utilisation dans des environnements cliniques réels. Cette approche permet à RNDR Medical de proposer des dispositifs médicaux sur mesure innovants, répondant aux besoins spécifiques du secteur.

    Quel avenir de l’impression 3D dans le domaine médical ?

    RNDR Medical envisage d’étendre l’utilisation de la micro impression 3D pour fabriquer des dispositifs médicaux fonctionnels sur mesure, contribuant ainsi à l’évolution vers des solutions plus miniaturisées et moins invasives. Une démarche qui s’inscrit dans une tendance plus large visant à améliorer continuellement l’expérience clinique et les résultats pour les patients.

     

  • Canada : que fait Petal, la société qui promet d’optimiser le fonctionnement des établissements de santé ?

    Une plateforme facilitant l’accès aux soins

    Fondée au Québec en 2010, Petal est un “orchestrateur de soins en temps réel pour les organisations de santé” qui propose principalement une plateforme permettant notamment d’optimiser l’accès aux soins. Parmi ses résultats, l’entreprise rapporte :

    • plus 7 millions d’activités médicales planifiées en temps réel ;
    • une baisse de 300 % de plaintes des patients au sujet des plannings ;
    • plus de 60 000 d’utilisateurs actifs sur la plateforme ;
    • et plus de 345 000 heures gagnées par les médecins en gestion de la planification.

    De nombreuses fonctionnalités cliniques

    La plateforme de la société québécoise propose se compose de plusieurs solutions qui permettent de gérer en temps réel la capacité clinique d’un établissement et simplifier l’organisation du travail et de la planification des horaires des professionnels de santé. Elle propose, en outre, des canaux de communication sécurisée ainsi qu’un portail patient de prise de rendez-vous.

    Petal offre à ses clients une gamme de fonctionnalités visant à optimiser la gestion de leurs activités cliniques. Voici un aperçu des avantages qu’elles procurent :

    • pilotage en temps réel de l’activité clinique : maximisation des ressources disponibles, réduction des coûts administratifs, amélioration de la visibilité de la couverture des soins, renforcement de la satisfaction et de l’autonomie du personnel, centralisation en temps réel des données relatives aux activités cliniques.

    • simplification de la planification des horaires : communication multicanale, activation des procédures d’urgence, suivi efficace des échanges, génération de rapports simplifiés et intégration des horaires de garde.

    • gestion des plannings et autonomie des cliniciens facilitées : répartition équitable de la charge de travail, gain de temps, flexibilité et autonomie dans la modification des horaires, assurance d’une couverture complète des soins.

    • communication sécurisée : respect de la vie privée, communications directes, réponses plus rapides, partage sécurisé d’images et de vidéos.

    • orchestration de l’offre et de la demande de soins : priorisation des demandes de soins en temps réel, réduction du temps d’attente des patients, vue d’ensemble sur la capacité clinique et la demande, automatisation des processus de collecte et de centralisation des données, optimisation de la gestion des listes d’attente.

    • amélioration de l’expérience patient : mise en place d’un portail de rendez-vous pour maximiser l’efficacité opérationnelle de l’organisation, réduction des coûts administratifs, collecte de données à la demande et automatisation des envois de confirmations et de rappels.

    L’IA au service des établissements

    Grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle, Petal vise à améliorer la gestion des données de santé et à garantir la sécurité des informations sensibles. Ci-dessous, un aperçu des avantages principaux qu’elle apporte.

    Une analyse des données cliniques :

    Petal permet une meilleure compréhension des données telles que les plages horaires, le nombre de rendez-vous pris par chaque canal d’entrée, les demandes excédentaires des patients par rapport à la capacité, les délais moyens d’attente avant de rencontrer un professionnel de santé, ce qui favorise la transparence et la performance.

    Une intégration dans le système de données existants :

    La solution s’intègre avec la norme HL7 soutenant l’exercice clinique et la gestion, la prestation et l’évaluation des services de santé, ainsi qu’avec la norme d’interopérabilité FHIR, facilitant l’échange d’informations de soins entre les parties prenantes en santé.

    Une agrégation des données dans différents systèmes :

    L’algorithme automatisé de l’IA permet de planifier les horaires des professionnels de santé de manière efficace.

    Un stockage des données sur un cloud performant :

    En utilisant Microsoft Azure, les données hébergées au Canada ne quittent pas le pays, offrant une sauvegarde des données et respectant les normes ISO 27001 et SOC II.

    Une sécurité renforcée :

    Conforme à la cybersécurité selon les normes Pipeda (koi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques) et RGPD (règlement général sur la protection des données).

     

  • UE/Gen AI : des mesures pour un usage responsable dans la recherche (rapport)

    Des principes fondamentaux qui émergent

    Le rapport, publié en mars 2024 et intitulé “Living guidelines on the responsible use of generative AI in research“, préconise une feuille de route à adopter pour les chercheurs, les organismes de recherche ainsi que les structures de financement de la recherche dans leur choix et utilisation d’outils basés sur la Gen AI. Pour guider son développement et son utilisation éthique, ces principes, qui comprennent la fiabilité, l’honnêteté, le respect et la responsabilité, constituent un cadre essentiel pour garantir que l’IA générative soit déployée de manière responsable et bénéfique pour la société. En suivant ces principes, les chercheurs et les praticiens peuvent naviguer entre les défis et les opportunités offerts par cette technologie émergente tout en veillant à ce qu’elle soit utilisée de manière éthique et transparente.

    Selon le rapport de la Commission européenne, les principes fondamentaux de l’usage de l’IA générative dans la recherche concernent :

    • la fiabilité pour assurer la qualité de la recherche, autant dans la conception, méthodologie, l’analyse et l’utilisation des ressources ;
    • l’honnêteté dans l’élaboration, la réalisation, l’examen, le rapport et la communication sur comment effectuer des recherches de manière transparente, en indiquant lorsque l’IA générative est utilisée ;
    • le respect des collègues, des participants à la recherche et une utilisation responsable de l’IA générative en prenant en compte ses limites technologiques, ses impacts environnementaux et sociétaux (préjugés, diversité, non-discrimination, équité et prévention des dommages) ainsi que le respect de la vie privée et la propriété intellectuelle ;
    • et la responsabilité de la recherche de l’idée jusqu’à la publication.

     

    Les mesures à adopter par les chercheurs :

    • rester responsable en dernier ressort de la production scientifique;
    • utiliser l’IA générative de manière transparente;
    • portez une attention particulière aux questions liées à la vie privée, à la confidentialité et aux droits de propriété intellectuelle lors du partage d’informations sensibles ou protégées avec des outils d’IA ;
    • lors de l’utilisation de l’IA générative, respecter la législation nationale, européenne et internationale ;
    • apprendre en permanence et se former à utiliser correctement les outils d’IA générative pour maximiser leurs avantages ;
    • et, enfin, s’abstenir d’utiliser de manière substantielle des outils d’IA générative dans des activités sensibles qui pourraient avoir un impact sur d’autres chercheurs ou organisations.

     

    Les mesures à adopter par les organisations de recherche :

    • promouvoir, guider et soutenir l’utilisation responsable de l’IA générative dans les activités de recherche;
    • surveiller activement le développement et l’utilisation de systèmes d’IA générative au sein de leurs organisations;
    • intégrer ces lignes directrices sur l’IA générative dans leurs lignes directrices générales de recherche pour les bonnes pratiques et l’éthique de la recherche
    • et mettre en œuvre des outils d’IA générative hébergés localement ou basés sur un cloud qu’ils gèrent eux-mêmes si possible.

     

    Les mesures à adopter par les organismes de financement de la recherche :

    • promouvoir et soutenir l’utilisation responsable de l’IA générative dans la recherche;
    • examiner l’utilisation de l’IA générative dans leurs processus internes, en s’assurant qu’ils l’utilisent de manière transparente et responsable;
    • demander de la transparence aux candidats sur leur utilisation de l’IA générative, facilitant ainsi les moyens de la signalersi c’est le cas ;
    • et surveiller et s’impliquer activement dans le paysage de l’IA générative en évolution rapide.
  • Etude/France : pour améliorer l’observance, les applis de rappel sont de qualité modérée (JMIR)

    Doper l’observance médicamenteuse

    La moitié des malades chroniques prennent correctement leurs médicaments. Le fort taux d’inobservance augmente le risque de complications, d’hospitalisation et de mortalité pour ces patients, ainsi que des coûts de santé plus élevés. L’une des solutions consiste à doter les malades d’applications mobiles avec des systèmes de rappel. Les médecins français y sont plutôt favorables mais souhaitent recommander des applications scientifiquement validées. Or, si plusieurs études ont confirmé que l’utilisation d’une telle application améliore l’observance thérapeutique, notamment en envoyant des rappels, même chez les patients âgés, aucune n’a évalué la qualité des applications de gestion des médicaments via un score validé. C’est pourquoi une équipe de l’Université de Montpellier a effectué une recherche systématique, du 1er octobre au 30 novembre 2022, des applications smartphone de gestion des médicaments disponibles en France, sur l’App Store et le Google Play Store. Ils en ont sélectionné 49 sur un total de 960 dans un but d’évaluation sur les critères suivants :

    • application avec rappel de médicament ;
    • disponible en français ;
    • gratuite ;
    • mise à jour dans les 2 dernières années.

     

    Une échelle d’évaluation des applis validée scientifiquement :

    Concrètement, deux professionnels de santé ont évalué indépendamment les applications à l’aide de la version française de l’échelle de notation des applications mobiles (MARS-F), un système de notation objectif validé pour évaluer la qualité globale des applications dans le domaine de la santé. MARS-F est un questionnaire de 19 items divisé en 4 sections d’évaluation objective (engagement, fonctionnalité, esthétique, information) qui aboutit à un score sur 5 correspondant à la moyenne de ces 4 sections.

    Les résultats de cette étude française ont été publiés le 18 mars dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Résultats : plus de 8 applis sur 10 obtiennent une note de 3/5

    • Le score moyen de MARS-F était de 3,56 pour les applications iOS et de 3,51 pour les applications Android. 5 étant la meilleure note.
    • Au total, 84 % des applications disponibles sur l’App Store et 79% sur Google Play Store avaient un score MARS-F supérieur à 3
    • 20 % et 21% avait avec un score supérieur à 4.
    • La corrélation entre l’évaluation faite par MARS-F et celle des utilisateurs sur les plateformes était faible à modérée.
    • seules 40 % des applications identifiées sur iOS disposaient d’un accès protégé par mot de passe et 4 % nécessitaient un identifiant de connexion. Sur Android, les scores étaient de 12,5% et 8,3%.

     

    La qualité globale des applications de rappel de médicaments est donc considérée comme acceptable à modérée. En outre, si la plupart des applis sont considérées comme fonctionnelles, elles pêchent en matière d’ « engagement ». Ce critère faisant surtout référence à la personnalisation de l’appli, son caractère interactif et son adaptation au groupe cible. Autre point faible : le manque d’implication des professionnels de la santé, des universités ou des organisations gouvernementales. En effet, la plupart des applications étaient affiliées à une entreprise commerciale. Sans surprise, les preuves scientifiques de l’efficacité étaient rares, même très rares : 2 applications seulement avaient été testées dans le cadre d’un essai contrôlé randomisé. Elles étaient d’ailleurs classées parmi les meilleures selon MARS-F.

    Les auteurs de cette étude reconnaissent que l’évaluation ne reposait que sur une utilisation d’environ 15 minutes, si bien que « les forces ou faiblesses supplémentaires de chaque application n’ont peut-être pas été détectées en raison de cette durée limitée. » La sélection des applications par un seul évaluateur ressortait aussi comme une limitation, « car il est possible que certaines applications admissibles n’aient pas été identifiées. »

    Une certification serait “vitale” :

    Pour conclure, les chercheurs estiment que leur étude donne des pistes d’amélioration pour la création de nouvelles applis. Surtout à l’heure où un projet vise à répertorier plus de 50 applications offrant des échanges avec Mon Espace Santé d’ici 2026. « Il est donc vital de mettre en place une certification pour les applications existantes afin d’aider les médecins dans leurs recommandations, soulignent les auteurs de l’étude. La création d’une application avec l’aide des professionnels de la santé et validée par l’Agence du Numérique en Santé serait également une solution qui permettrait aux médecins de savoir quelles applications recommander, facilitant ainsi son utilisation par les patients. »

     

     

    * Quality Assessment of Smartphone Medication Management Apps in France: Systematic Search

    Toïgo M, Marc J, Hayot M, Moulis L, Carbonnel F

    JMIR Mhealth Uhealth 2024;12:e54866

    doi: 10.2196/54866