Prédire la date de décès d’un individu ?
Life2vec, un algorithme basé sur l’IA, prétend être en mesure de prédire la date de décès d’un individu avec un taux de réussite de 78,8 %. Cependant, les fondateurs de Life2vec soulignent que ce résultat doit être mis en contexte. La cohorte utilisée pour l’entraînement et les tests de l’algorithme est composée d’individus âgés de 35 à 65 ans, présentant ainsi une très faible probabilité de décès.
Les données sont divisées en deux parties :
- Les données d’entraînement : elles servent à enseigner au modèle les corrélations présentes dans les données. Elles comprennent notamment les données de formation, qui représentent la majorité des données.
- Les données de test : elles permettent d’évaluer les performances du modèle.
En utilisant les données d’entraînement, le modèle apprend des informations des années 2008 à 2015 pour différencier les résultats réels en matière de vie et de décès des personnes figurant dans les données de formation au cours de la période 2016 à 2020. Le modèle entraîné est ensuite testé sur les données de test, soit un échantillon de 100 000 individus. Ce modèle fait ensuite une prédiction avec les données de 2008 à 2015, et les chercheurs vérifient si celles-ci correspondent à la réalité.
La précision en pourcentage est définie sur le nombre de prédictions correctes par rapport au total des prédictions. Comme la cohorte est jeune, la majorité des personnes survivent (plus de 95 %).
Afin de rééquilibrer l’ensemble de données, les chercheurs ajoutent 50 000 individus ayant survécu et 50 000 ayant décédé. Dans cet ensemble de données équilibré, une estimation aléatoire obtiendrait une précision de 50 %. Lorsque les chercheurs exécutent leur algorithme sur cet ensemble de données équilibré, ils obtiennent une précision de 78,8 %.
Les chercheurs précisent qu’ils ne prédisent pas la durée de vie des individus, mais testent plutôt la mortalité au cours des 4 prochaines années pour une jeune cohorte d’individus.
Un outil pour mieux comprendre le comportement humain
Les modèles d’IA utilisés par Life2vec sont des algorithmes conçus pour identifier les schémas dans le langage. En appliquant cette technologie aux séquences d’événements de la vie humaine, les chercheurs peuvent détecter des moments complexes dans les parcours de vie, tels que le risque d’obésité ou de cancer, le niveau de revenu, les études ou le mariage, par exemple. L’ordre des événements dans une vie revêt une importance capitale, comme aux États-Unis, où avoir un emploi dans le secteur de la santé avant de tomber malade peut avoir un impact très différent que de tomber malade sans couverture médicale.
Ces modèles et les relations entre les événements de la vie sont représentés sous forme mathématique dans des espaces d’intégration. Les algorithmes analysent des séquences de vie et apprennent la structure de ces espaces. Life2vec se distingue sur trois axes majeurs :
- efficacité accrue : Life2vec démontre que la performance de son algorithme capture des modèles pertinents dans les données ;
- analyse des espaces d’intégration : Les chercheurs s’intéressent particulièrement à l’étude de ces espaces, révélant des informations précieuses sur les schémas sous-jacents aux événements de la vie ;
- meilleure compréhension du comportement humain : L’objectif ultime est de tirer parti de ces modèles pour mieux comprendre les individus, leurs comportements et la société dans son ensemble.
Cependant, l’algorithme développé par les chercheurs danois soulève des préoccupations éthiques, notamment en matière de confidentialité, de discrimination (algorithme biaisé) et d’autonomie. En prédisant la vie des gens, il enlève ainsi leur liberté de choix.
