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  • Gen AI : Claude 3, le dernier modèle d’Anthropic, désormais disponible en Europe

    Un chatbot de nouvelle génération

    Soutenue par Amazon et Google, la société spécialisée en IA, Anthropic, a annoncé le 13 mai 2024 lancement en Europe de son chatbot, Claude 3. Cette nouvelle marque l’intensification de de la concurrence sur le marché des assistants virtuels intelligents. Fort de sa capacité à comprendre et à générer du texte de manière avancée, Claude 3 offre des interactions plus naturelles et plus intuitives avec ses utilisateurs.

    Pour attirer l’attention des géants de la tech, Anthropic a souvent mis l’accent sur la sécurité et l’éthique de sa technologie. Un pari gagné, puisqu’elle a bénéficié d’investissements importants en 2023 :

    • une levée de fonds de 450 millions de dollars auprès de Zoom, Google et Salesforce ;
    • un autre investissement annoncé par l’éditeur allemand SAP ;
    • des financements apportés par Google (2 milliards de dollars) et Amazon (4 milliards de dollars).

     

    Un déploiement stratégique en Europe

    Le déploiement de Claude 3 en Europe marque un tournant clé pour Anthropic, qui cherche à étendre sa présence sur le marché mondial. Les fonctionnalités avancées de son assistant virtuel comprennent la génération de textes cohérents, la compréhension contextuelle améliorée et une interface utilisateur intuitive, visant à répondre aux besoins variés des entreprises et des particuliers. Selon les déclarations de Dario Amodei, co-fondateur et PDG d’Anthropic, Claude 3 a été conçu pour être un outil puissant et fiable, capable de gérer une variété de tâches complexes, tout en garantissant des interactions sécurisées et éthiques. L’objectif étant de fournir aux utilisateurs un assistant virtuel capable de s’adapter à divers contextes et exigences et de maintenir un haut niveau de performance et de sécurité.

    Alors que la demande pour des solutions d’IA continue de croître, le lancement européen de Claude 3 pourrait bien renforcer la position d’Anthropic en tant que leader innovant dans le domaine. Cette nouvelle étape s’inscrit dans une stratégie plus large d’Anthropic, visant à démocratiser l’accès à des technologies de pointe en IA, tout en adressant les défis éthiques et de sécurité que pose leur utilisation croissante.

    Claude 3 maîtrise bien le français, l’allemand, l’espagnol, l’italien ainsi que d’autres langues européennes. Il permet de ce fait la tenue de conversations multilingues.

    Quel modèle économique pour Claude 3 ?

    Claude 3 se décline en trois versions, par ordre de performance : Haiku, Sonnet, et Opus. Claude 3 Opus, le plus puissant, peut gérer des analyses complexes, des tâches longues et des travaux de codage avancés avec une compréhension quasi-humaine des requêtes. Claude Haiku, le moins puissant, est rapide et peut traiter des articles de recherche denses en moins de trois secondes.

    Les utilisateurs du plan gratuit sur “Claude.ai” et l’application iOS accèdent à Claude 3 Sonnet, qui offre un bon compromis entre performance et rapidité. Tandis que les abonnés “Claude Pro” ont accès aux trois modèles, moyennant 18 euros par mois (hors TVA).

    Les abonnés “Pro” bénéficient d’un accès prioritaire en période de forte affluence et d’un accès anticipé aux nouvelles fonctionnalités. Les abonnés au plan “Claude Team“, lancé le premier mai, profitent des avantages du plan “Pro”, de limites d’utilisation plus élevées et d’outils de collaboration anticipés, pour 28 euros par utilisateur et par mois (hors TVA), avec un minimum de cinq utilisateurs.

     

  • Données de santé : la Cnil lance une consultation publique pour faire évoluer ses référentiels

    La nécessité de faire évoluer certains référentiels

    La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) s’attarde, depuis des années, à mettre en place des référentiels pour garantir la protection des données de santé lors de leur utilisation, dans le cadre de la recherche ou dans d’autres domaines. L’évolution des nouvelles technologies – comme l’intelligence artificielle (IA) – et de la manière d’utiliser ces données la conduit à considérer d’ajuster ces référentiels. À date, il existe 8 référentiels santé de la Cnil (de MR-001 à MR-008) qui concernent, entre autres :

    • les entrepôts de données de santé ;
    • la gestion des vigilances sanitaires ;
    • et les accès précoces et compassionnels ou encore l’accès simplifié aux données de l’échantillon du Système national des données de santé (SNDS).

     

    En vue de l’ajustement de ces référentiels, la Cnil a lancé le 16 mai 2024 une consultation publique ouverte à toutes les personnes concernées par la recherche grâce aux données de santé. Elle aura pour double objectif :

    • d’identifier les modifications nécessaires pour chacun des référentiels ;
    • et de mettre en place, au besoin, de nouveaux référentiels pour assurer toujours plus de protection des données lors de leur utilisation et leur stockage.

     

    Un simple formulaire à remplir

    La Cnil invite donc le plus grand nombre à participer à cette consultation et cible principalement les chercheurs, professionnels de santé, entrepreneurs, délégués à la protection des données, juristes ou encore chargés de projet. Pour y participer, les personnes intéressées sont invitées à se rendre sur la session dédiée du site de la Cnil, qui donne accès au questionnaire à remplir.

    Ce dernier se divise en 5 parties, qu’il n’est pas obligatoire de toutes remplir. La Cnil explique que cette hiérarchie permet aux participants “d’identifier rapidement les thématiques susceptibles de [les] intéresser”. Les 5 parties concernent :

    • les référentiels « recherche » ;
    • les référentiels « hors recherche » ;
    • l’inventaire des besoins liés à l’essor de l’IA ;
    • les besoins de documentation spécifique ;
    • la participation à des groupes de travail.

     

    👉 La consultation est ouverte jusqu’au 12 juillet 2024 et un webinaire sera organisé le mardi 21 mai 2024 pour répondre aux interrogations des participants sur les modalités de participation.

     

  • Neuralink : la start-up d’Elon Musk était au courant des problèmes de ses implants (Reuters)

    Des problèmes déjà constatés lors des essais cliniques sur des singes

    En mai 2023, Neuralink, la start-up d’Elon Musk, a reçu l’autorisation de la Food and Drug Administration (FDA) pour débuter les essais cliniques de son implant cérébral sur l’homme, après avoir réussi les essais cliniques sur des singes-patients. Grâce à l’implant, ces animaux avaient pu jouer à des jeux-vidéos par la pensée, ce qui paraissait très prometteur pour l’avenir. Mais déjà en septembre 2023, une enquête du média américain Wired avait révélé que plusieurs singes seraient morts lors de ces expérimentations et que certaines autopsies ont montré l’apparition d’hémorragies cérébrales abondantes.

    Après avoir levé 296 millions de dollars au cours de l’année dernière, la start-up a débuté les essais cliniques sur l’homme en 2024. Le premier patient à bénéficier de son implant neuronal est un américain de 29 ans devenu tétraplégique après un accident de plongée. S’il a témoigné au début du mois de mai que cet implant lui permettait d’être moins dépendant de ses proches et de pouvoir s’amuser en jouant à des jeux vidéos, le bilan positif après 100 jours d’utilisation a été entaché par les révélations du Wall Street Journal. Ce dernier explique que l’entreprise avait rencontré des problèmes quelques semaines après le début de l’implantation.

    La FDA était au courant

    Neuralink a par la suite avoué que des problèmes liés aux fils de l’implant étaient apparus lors de l’essai clinique. Alors que l’implant est alimenté par 1 024 électrodes réparties sur 64 fils, quelque temps après l’implantation, des fils se sont rétractés au niveau du cerveau du patient, ce qui a provoqué un manque d’efficacité de la solution. L’entreprise américaine indique que le patient avait du mal à contrôler sa souris par la pensée.

    Le 15 mai 2024, une enquête publiée par Reuters explique que cela fait plusieurs années que Neuralink est au courant de ces problèmes de fils. Selon l’agence de presse, les dernières études cliniques réalisées sur les animaux avaient déjà montrées la faiblesse de certains fils de l’implant. Un problème que Neuralink avait jugé “peu important” pour modifier le design de sa solution avant le début des essais cliniques chez l’homme. La FDA, qui avait consulté les résultats des tests chez les animaux, a donné son feu vert à ces essais, alors qu’elle avait connaissance de ces problèmes, selon une des sources de Reuters.

    Un problème résolu selon la start-up :

    Après ces révélations, Neuralink explique avoir résolu le problème sans retirer l’implant du cerveau du patient, en modifiant “l’algorithme d’enregistrement pour qu’il soit plus sensible aux signaux. Elle déclare avoir “amélioré les techniques de traduction de ces signaux en mouvements du curseur”, ainsi que “l’interface utilisateur”.

    Pour rappel, ces implants, appelés “Link”, sont capables de décoder l’activité cérébrale et de la communiquer par exemple à des ordinateurs. Les patients équipés du dispositif doivent apprendre à le maîtriser, afin de pouvoir contrôler des équipements via une connexion Bluetooth.

    Elon Musk a précisé que la technologie Neuralink pourra bientôt être développée pour d’autres pathologies, comme la cécité, des troubles neurologiques ou psychiatriques. L’homme d’affaires espère même qu’elle pourra être utilisée à l’avenir par tous, dans l’objectif de disposer d’un “cerveau augmenté”, doté d’une grande puissance de calcul.

  • Finlande : Oura étend les capacités de suivi cardiaque de sa bague connectée

    Un produit en évolution continue

    Fondée en 2013, Oura est une startup finlandaise spécialisée dans le développement et la fabrication d’objets connectés. Son produit, Oura Ring, est un dispositif portable de suivi de la santé qui a été lancé initialement sur la plateforme de financement participatif Kickstarter, en août 2015. Depuis lors, Oura n’a cessé de se développer et d’innover dans le domaine de la santé.

    L’Oura Ring est doté de nombreuses fonctionnalités, notamment :

    • le suivi du sommeil : score de sommeil, phases de sommeil, détection du taux d’oxygène dans le sang et conseils concernant l’heure de coucher ;
    • le suivi de l’activité physique : score d’activité, fréquence cardiaque pendant l’exercice et détection automatique de l’activité ;
    • l’évaluation de la préparation : score de préparation et détection des maladies ;
    • la gestion du stress : suivi du stress pendant la journée et mesure de la résilience ;
    • le suivi de la santé des femmes : informations sur les cycles menstruels, prédiction des règles, intégration avec Natural Cycles et d’autres applications partenaires.

     

    La santé cardiaque comme nouvelle cible

    La solution d’Oura proposait déjà un outil de surveillance de la santé cardiaque. Il s’agit de la surveillance continue de la fréquence cardiaque et de sa variabilité. Aujourd’hui, l’entreprise annonce l’ajout de deux nouvelles fonctionnalités :

    • Cardiovascular Age (CVA), pour l’estimation de l’âge cardiovasculaire ;
    • et Cardio Capacity, pour l’évaluation de la capacité cardiovasculaire.

     

    Ces nouveautés devraient permettre aux utilisateurs de mieux surveiller leur santé cardiaque et de recevoir des recommandations personnalisées pour améliorer leur bien-être à long terme.

    Avec deux offres commerciales proposées, l’une ciblant les consommateurs (BtoC) et l’autre les entreprises (BtoB), le prix de l’Oura Ring commence à environ 330 euros.

    Exemple de data visualisation Oura Ring Gen3 – @ Oura

     

  • IA : Mutuelles Impact et MGEN investissent pour soutenir l’accélération d’Ethik-IA

    Pour une IA de confiance en santé

    Mutuelles Impact, premier fonds d’investissement à impact social et environnemental dédié à la santé et au médico-social à l’initiative de la Mutualité Française, et MGEN, première mutuelle de la fonction publique, ont annoncé un partenariat visant à favoriser la diffusion d’une IA de confiance en santé. Ce partenariat consiste en un investissement dans l’entreprise experte de la régulation positive de l’IA, Ethik-IA.

    A travers la promotion d’une IA de confiance en santé, dans un cadre de confiance et de souveraineté numérique, les deux groupes s’engagent à faciliter la diffusion des programmes de garantie humaine de l’IA et le déploiement de ses outils opérationnels dans le domaine de la santé et du mutualisme.

    Pour rappel, MGEN avait lancé en mai 2023 le premier programme pilote à l’échelle d’un groupe assurantiel et mutualiste français, préparant ainsi la conformité au nouveau cadre réglementaire européen et favorisant une diffusion éthique de l’IA dans les domaines de l’assurance et de la santé. Ce projet pilote vise à déployer la garantie humaine de l’IA, intégrée à la loi de bioéthique française de 2021 et reconnue par l’OMS.

    D’autres partenariats attendus

    Une accélération significative se dessine dans l’adoption des outils d’IA par les entreprises et les employeurs publics dans tous les domaines d’activités, l’assurance et la santé en particulier. Ainsi, les professionnels de santé l’utilisent pour améliorer la qualité des soins prodigués aux patients : la traumatologie aux urgences, la radiologie générale, la dermatologie ou encore l’ophtalmologie connaissent une diffusion sans précédent d’outils d’IA.

    Comme la santé, le secteur mutualiste est profondément concerné par l’arrivée de l’IA dans les entreprises et son adoption par les employeurs du secteur. Ainsi, de nouveaux outils sont développés pour :

    • mieux accompagner les adhérents ;
    • gagner en efficacité dans les processus assurantiels ;
    • apporter un soutien aux équipes internes ;
    • et soutenir des programmes innovants en prévention santé.

     

    Pour soutenir l’accélération d’Ethik-IA, ce premier tour de table mené par Mutuelles Impact et MGEN n’est qu’une “première étape”. Il pourra être complété au cours des prochaines semaines d’apports “d’autres partenaires” partageant les mêmes valeurs autour de ce projet.

     

  • Vaccination : Syadem collabore avec Snomed International pour favoriser l’interopérabilité des données

    Un système terminologique complet

    Syadem et Snomed International détiennent et gèrent respectivement la nomenclature unifiée des vaccins (Nuva) et la terminologie médicale multilingue et globale Snomed CT qui permet de capturer les soins prodigués aux individus dans les dossiers de santé électroniques, facilitant le partage d’informations, le support à la décision et l’analyse pour un échange d’informations sur la santé sûr et efficace.

    Les deux organisation visent à intégrer le contenu de Nuva, qui est utilisée pour capturer, interpréter et traiter les enregistrements des vaccins administrés, en tant qu’extension dans le contenu de Snomed International. Ils définiront également les processus pour assurer leur harmonisation. Cela devrait offrir aux utilisateurs une flexibilité dans la sélection des codes, facilitant ainsi la mise en œuvre. Snomed précise que, le cas échéant, les concepts de Nuva seront inclus dans l’édition internationale de Snomed CT, qui est utilisée dans les systèmes de santé à travers le monde.

    L’objectif ultime de cette collaboration est de fournir “un système terminologique complet” aux organisations de santé, leur permettant de représenter avec précision les vaccins administrés.

    Deux terminologies complémentaires :

    La complémentarité entre les deux systèmes terminologiques réside dans le fait que Nuva fournit des codes pour les vaccins actuels et historiques, tandis que Snomed CT fournit des codes qui représentent les concepts fondamentaux pour contextualiser ces informations sur les vaccins. Snomed International reconnait que cette collaboration favorisera l’adoption d’une approche unifiée de la collecte d’informations sur les vaccins au fil du temps. De son côté, Syamed s’engage à faire de Nuva “un bien commun, accessible à tout utilisateur”, notamment à travers le transfert de sa propriété “à une communauté de parties prenantes dans un avenir proche”.

    Vers une carte de vaccination européenne

    Développé par des vaccinologues, Nuva est à la fois un vocabulaire et une base de connaissances complète. Son but est de capturer les informations sur les vaccins pertinentes pour la prise de décision clinique, quel que soit le format de l’enregistrement – numérique ou papier. Il agit ensuite comme un système de codage universel qui améliore la transcription et la transférabilité des informations sur les vaccins à travers diverses terminologies, “complétant plutôt que remplaçant les systèmes existants”.

    Syadem participe au projet européen “vaccination au-delà du Covid” (EUVABECO), cofinancé par la Commission européenne dans le cadre du programme EU4Health. À partir de mi-2026, EUVABECO élaborera des plans de mise en œuvre pour des pratiques de vaccination innovantes dans les États membres de l’UE. Les plans soutiendront l’opérationnalisation de plusieurs outils, dont une carte de vaccination européenne (CVE) portable.

    Dans ce cadre, Nuva documentera les vaccins administrés dans la CVE et aura pour mission de démontrer la portabilité de l’historique vaccinal entre des systèmes existants ou nouveaux, mis en œuvre par des partenaires dans différents pays européens (Luxembour, Belgique, Allemagne, Grèce, Portugal et Lettonie). Elle est par ailleurs utilisée comme base de métriques sur les codifications existantes dans les travaux de l’initiative sur la codification internationale des vaccins (IVCI).

     

  • Données de santé : la ministère de la Santé publie le nouveau référentiel de certification HDS

    Une refonte du référentiel des HDS et des organismes d’accréditation

    Utilisées dans la prévention, la coordination entre les professionnels de santé ou encore la découverte de nouvelles thérapies, les données de santé sont, dans la grande majorité des cas, à caractère personnel. La moindre faille dans leur stockage peut avoir des conséquences déplorables irréversibles (vol, revente d’informations ou utilisation frauduleuse). Pour garantir le respect et la protection des données de santé au sein des structures des hébergeurs de données de santé, le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités a rendu public, le 26 avril 2024, un arrêté qui vient modifier celui du 11 juin 2018 portant approbation du référentiel d’accréditation des organismes de certification et du référentiel de certification pour l’hébergement de données de santé à caractère personnel (DSCP).

    Publié au Journal officiel (JO) le 16 mai 2024, cet arrêté détaille les exigences requises pour qu’un hébergeur puisse obtenir la certification “HDS” et stocker au niveau de sa structure (ou de celle(s) de son ou de ses sous-traitants) les données de santé des usagers transmises par ses clients. L’arrêté met aussi à jour le référentiel d’accréditation HDS qui décrit les processus d’accréditation des organismes de certification ainsi que de certification des hébergeurs souhaitant devenir eux-mêmes des organismes de certification.

    La sécurité des données à prendre en compte

    Le maître mot de ce référentiel est que, pour pouvoir être certifiés, les hébergeurs doivent prendre en compte la sécurité des données de santé qu’ils seront amenés à héberger. Cela devra être assuré :

    • par la mise en œuvre d’un système de management de la sécurité de l’information (SMSI), certifié selon la norme ISO 27001 ;
    • par le respect des obligations du RGPD ;
    • par la mise en place d’une politique de prévention de certains risques – comme la défaillance des supports matériels de l’information et la perte de contrôle de supports matériels de l’information ;
    • ou encore par l’hébergement des données dans l’Espace économique européen ou l’information d’un hébergement extérieur.

     

    Le stockage obligatoire au sein de l’EEE :

    Parmi les exigences dictées par l’Agence du numérique en santé (ANS) dans ce nouveau référentiel, l’obligation pour les HDS ou leurs sous-traitants de déployer des structures de stockage au sein de l’EEE. Ceci afin de préserver la souveraineté des données de santé à caractère personnel. Dans le cas contraire l’hébergeur doit :

    • indiquer à son client, par le biais d’une documentation, “toutes les garanties appropriées mises en place ainsi que, le cas échéant, toute autre mesure permettant d’assurer un niveau de protection des données équivalent à celui garanti par le droit de l’Union européenne” ;
    • rendre publique et mettre régulièrement à jour la cartographie des transferts des données de santé à caractère personnel vers un pays n’appartenant pas à l’EEE, les conditions par lesquelles il serait tenu de permettre un accès non autorisé par le droit de l’UE aux DSCP ;
    • et mettre en place toutes les mesures permettant d’atténuer les risques d’accès non autorisé aux DSCP.

     

    En cas de non respect de ces obligations, les organismes de certification HDS pourront décider de la suspendre en attente d’une évolution positive de la protection de sa structure d’hébergement des données ou de retirer définitivement sa certification.

    La nécessité d’une communication entre l’hébergeur et son client :

    L’ANS insiste, par ailleurs, sur la nécessité de la communication dans la relation entre l’hébergeur et ses clients. L’hébergeur doit donc :

    • leurs prouver qu’il a bien obtenu la certification HDS auprès d’une organisme de certification reconnu ;
    • indiquer clairement dans le contrat les prestations qui vont être réalisées pour s’assurer du respect de la sécurité des DSCP ;
    • et décrire les modalités retenues pour encadrer les accès aux données de santé à caractère personnel hébergées.

     

    De son côté, le client doit aussi indiquer, par exemple, quel professionnel est compétent pour accéder aux DSCP lorsque cela est nécessaire. En cas de doute, le référentiel permet au client d’effectuer des vérifications du niveau de sécurité proposé :

    • en mandatant des audits de sécurité technique sur ces seules ressources spécifiques ;
    • en demandant l’accès à la synthèse managériale d’un rapport d’audit technique de moins de 3 ans portant sur les ressources mutualisées dans le cadre du service ;
    • ou en demandant les traces d’accès aux DSCP portées par des ressources spécifiques ou auxdites ressources par les personnels sous son contrôle.

     

  • Contexte et chiffres clés du système de santé suisse : 37,7 Mds CHF remboursés en 2022

    Une assurance de base obligatoire pour tous les résidents

    Le système de santé suisse est complexe. Cela est dû au grand nombre d’acteurs impliqués. Les responsabilités sont principalement divisées entre la Confédération suisse et les 26 cantons.

    La Confédération gère :

    • l’assurance maladie obligatoire ;
    • la lutte contre les maladies transmissibles ;
    • la proréation médicalement assistée ;
    • la recherche ;
    • le prix des médicaments ;
    • et les transplantations.

    De leur coté, les cantons sont en charge :

    • des soins hospitaliers ;
    • de la médecine de pointe ;
    • de l’exercice des professions de santé ;
    • ainsi que de la prévention.

    L’assurance maladie de base est obligatoire pour tous les résidents en Suisse. Chaque résident paie des primes mensuelles dont le montant dépend de la commune, de l’âge, du sexe et du montant de la franchise choisie. La prime est indépendante du revenu et varie d’une caisse d’assurance à une autre. La franchise est la participation annuelle, elle varie entre 300 (appelé franchise ordinaire) et 2500 francs suisse. Plus la franchise est élevée et plus la prime est basse. Des assurances complémentaires existent et peuvent être contracter en plus de l’assurance obligatoire.

    En 2023, on compte 44 assureurs dans le pays. Leur nombre, 145, a fortement diminué depuis 1996, quand la loi fédérale sur l’assurance maladie (LAMal) est entrée en vigueur.  Au 1er janvier 2023, seulement 7 caisses d’assureurs ont plus de 500 000 assurés et 11 assureurs entre 100 000 et 500 000.

    37,7 Mds de francs remboursés en 2022

    Selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), en 2022, le montant des prestations médicales remboursé par l’assurance maladie s’élève à 358 francs par assuré et par mois en moyenne, soit un montant annuel global de 37,7 milliards.

    Les dépenses les plus significatives dans le système de santé suisse sont principalement attribuées à 3 catégories spécifiques :

    • les consultations auprès de médecins en ambulatoire ;
    • les médicaments ;
    • et les hospitalisations.

    La répartition des prestations remboursées est la suivante :

    Type de prestation Coût en francs suisses (CHF)
    Médecins (ambulatoire) 86 100 000 00
    Médicaments 8 442 000 000
    Séjours dans les hôpitaux 7 066 000 000
    Hôpitaux (ambulatoire, sans médicaments) 5 382 000 000
    Etablissements médico-sociaux 2 026 000 000
    Laboratoires 1 715 000 000
    Physiothérapie 1 422 000 000
    Spitex 1 210 000 000
    Autres prestations 1 051 000 000
    Moyens et appareils 804 000 000

     

    Données 2022 – Source : OFSP, Statistique de l’assurance-maladie obligatoire

    Entre 1990 et 2021, les dépenses de santé par habitant et par mois ont augmenté de 320 CHF à 820 CHF (soit annuellement environ 9840 francs). Cette augmentation indique une croissance des ressources consacrées au domaine de la santé dans le pays. Le pourcentage du PIB consacré à la santé a augmenté +4% sur la même période.

    Evolution des dépenses de santé 2023 – Source OFS

    Positionnement par rapport aux pays de l’OCDE :

    En comparaison avec les autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Suisse est le 7ème pays à consacrer le plus grand pourcentage de son PIB à la santé en 2021. Selon l’OCDE, la Suisse est le pays où les biens et services de santé sont les plus onéreux.

    Pourcentage du PIB des pays de l’OCDE consacré à la santé – 2022

    Les dépenses de santé par habitant en Suisse sont les dépenses les plus élevés de l’OCDE après les Etats-Unis, estimé à 8049 $ par personne après ajustement pour prendre en compte la différence de pouvoir d’achat entre les différents pays.  En effet la Suisse fait partie des pays où les prix dans la santé sont de 30 à 70% plus chers qu’en France.

    Dépenses de santé par habitants des pays de l’OCDE – 2022

    Une réorganisation du réseau hospitalier menant à une diminution du nombre de lit

    Depuis 2004, le nombre de lit à l’hôpital a fortement diminué.

    Année Nombre de lits Nombre d’hospitalisation
    2004 43 255 1 403 029
    2006 41 769 1 432 393
    2008 41 352 1 508 813
    2010 38 852 1 330 825
    2012 38 297 1 354 591
    2014 37 540 1 395 624
    2016 38 058 1 454 196
    2018 38 051 1 449 959
    2020 37 611 1 372 430
    2022 37 970 1 463 303

     

    Cette diminution s’explique par une réorganisation du réseau hospitalier par certains cantons qui ont fermé des établissements peu utilisés ou en regroupant certaines spécialités.

    Par exemple, la région de Zurich comptabilisait 7 586 lits en 2004 et 5 978 en 2022, soit une baisse de 1608 lits. Tandis que le nombre d’hospitalisation a augmenté de plus de 25 000 hospitalisations sur la même période dans la même région.

    En Suisse, la densité de lits pour 1 000 habitants est de 4,4 en 2021 selon l’OCDE soit 1,3 de moins que la France (5,4) tandis que l’Allemagne a 7,8 lits pour 1000 habitants.

    La répartition des lits en 2022 est la suivante :

    • 22 522 en soins aigus et maisons de naissance ;
    • 8 441 en psychiatrie ;
    • et 6 907 en réadaptation.

    Le nombre de médecins hospitalier s’élève à plus de 33 000 en 2022 réparti entre les 101 hôpitaux de soins généraux et les 177 cliniques spécialisées sur un total de 595 sites.

    14 % de la population de +80 ans réside en établissement médico-social

    Le vieillissement de la population est un enjeu auquel fait face depuis quelques années à présent le système de santé suisse. En 2022, l’augmentation des séjours en établissement médico-social est de 18 % par rapport à 2010 et la durée moyenne d’un séjour est de 2ans et demi. Le nombre d’établissement s’élève à 1 485 en 2022.

    Contrairement au nombre de lits dans les hôpitaux, le nombre de places disponibles en établissement augmente. Ce nombre est passé de 91 781 en 2010 à 100 354 en 2022.

    👉 Synthèse

    Ci-dessous, une synthèse des chiffres clés sur le système de santé suisse :

    Chiffres clés du système de santé suisse
  • Suisse : état des lieux de la santé numérique, réglementation et principaux acteurs

    La Suisse a mis en place 2 précédentes stratégies en santé numérique.  Tout d’abord en 2007, la « Stratégie Cybersanté (eHealth) Suisse » qui visait à généraliser l’utilisation des technologies numériques dans le système de santé et à mettre en place le dossier électronique du patient (DEP), équivalent du dossier patient informatisé (DPI) en France. Cette stratégie a permis en 2017 l’entrée en vigueur de la loi fédérale sur le DEP dont le projet législatif s’est construit entre 2010 à 2017. La même année, la « Stratégie Cybersanté Suisse 2.0 » a été annoncée pour la période 2018-2024. Son objectif principal était de promouvoir et d’intégrer le DEP dans le système de santé.

    Aujourd’hui, le programme DigiSanté 2025-2034 vient compléter ces 2 précédentes stratégies en mettant l’accent sur l’interopérabilité des systèmes et sur l’échange, la gestion et la réutilisation des données. Cet indicateur est donc divisé en 4 parties :

    Contexte et chiffres clés sur le système de santé suisse

    L’assurance maladie est obligatoire pour tous les résidents en Suisse. On dénombre en 2023, 44 assureurs différents soit une baisse significative depuis 1996 où leur nombre était 3 fois plus élevé. Aujourd’hui, le pays compte un grand nombre d’acteurs impliqués dans le système de santé. Les responsabilités en matière de santé sont principalement divisées entre la Confédération et les cantons qui sont en charge entre autres, des soins hospitaliers. L’interopérabilité des systèmes informatiques en Suisse est un enjeu très important car ce grand nombre d’acteurs doit pouvoir communiquer et échanger des données afin que des mêmes données ne soient pas saisies à de multiples reprises.

    Chiffre clés : la Suisse consacre 11,7 % de son PIB à la santé, se classant au 7ème rang des pays de l’OCDE.

    👉 H&TI dresse un aperçu détaillé de différents aspects du système de santé du pays, notamment son organisation, son financement et ses récentes réformes, dans un article à retrouver ici.

    Principales évolutions réglementaires en Suisse en lien avec la santé numérique

    Le programme DigiSanté s’appuie sur de nombreuses lois fédérales qui fournissent les bases juridiques pour la mise en œuvre des différents volets et projets. La loi fédérale sur le dossier électronique du patient (LDEP) adoptée en 2015 et entrée en vigueur en 2017 a été une étape majeure des stratégies de santé numérique en Suisse. Cette loi a permit d’établir les conditions pour le traitement des données du DEP et les mesures nécessaires pour sa diffusion et son développement. La loi a également permit de fournir les bases pour une certification des fournisseurs de DEP.

    Chiffre clés : la Suisse compte 8 fournisseurs de DEP certifiés.

    👉 H&TI dresse un état des lieux des principales initiatives réglementaires sur lesquelles s’appuient les différentes stratégies en santé numérique, dans un article à retrouver ici.

    Cartographie des acteurs clés de l’écosystème suisse de la santé numérique

    Un paysage dynamique et diversifié caractérise l’écosystème de la santé numérique suisse. En 2024, la Suisse comptabilise 283 entreprises dans le secteur selon Galen Growth dont les principales catégories sont :

    • le diagnostic médical ;
    • le bien-être ;
    • les solutions pour les patients ;
    • les solutions de gestion ;
    • et les solutions pour la recherche.

    Digitalswitzerland, acteur du numérique en Suisse, publie chaque trimestre une cartographie des entreprises ou organisations proposant des solutions numériques axées sur le parcours patient dont leur nombre est en légère hausse. Par ailleurs, une étude menée auprès de la population démontre que le public est largement favorable à l’adoption de technologies numériques si cela apporte une valeur ajoutée et permet de réduire les coûts de santé.

    Chiffre clés : selon DigitalSwitzerland, 83 organisations ont des solutions pour le parcours patient.

    👉 H&TI réalise une cartographie des nombreuses organisations jouant un rôle essentiel dans la réglementation et la mise en œuvre des initiatives numériques, dans un article à retrouver ici.

    Quelle stratégie en santé numérique et data ?

    Le programme DigiSanté 2025-2043 est le programme de santé numérique suisse. Au premier trimestre 2024, la commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des États a recommandé à l’unanimité d’approuver le crédit d’engagement de 391,7 millions de francs suisse et le Conseil national a approuvé ce crédit.

    L’objectif du programme est d’aboutir à un espace suisse des données de santé grâce à la réalisation d’environ 50 projets, répartis sur trois phases distinctes :

    • la conception des normes et de la structure entre 2025 et 2027 ;
    • le développement des services et interfaces entre 2028 et 2030 ;
    • et l’optimisation et la pérennisation de la transformation numérique entre 2031 et 2034.

    Chiffre clés : l’ensemble du programme DigiSanté coûterait 623 millions de francs suisses sur 10 ans.

    👉 H&TI réalise une synthèse des principaux points de cette stratégie, dans un article à retrouver ici.

     

    Fiche synthétique Suisse – @ Health & Tech Intelligence
  • Cartographie des acteurs clés de l’écosystème suisse de la santé numérique

    Confiance dans les organisations de santé

    Digitalswitzerland a mené une étude auprès de la population pour évaluer le système de santé numérique et mettre en lumière la situation actuelle et les perspectives du secteur. Cette étude publiée en mars 2023 met en lumière l’importance de la confiance et de la protection des données dans le processus de numérisation du système de santé.

    Globalement, cette étude montre que la population est majoritairement favorable à l’adoption du numérique en santé si cela apporte une réelle valeur ajoutée au système de santé et une réduction des coûts.

    La confiance dans les hôpitaux et les médecins généralistes est élevée pour le traitement des données mais la confiance dans le secteur privé est plus faible. La crainte principale des Suisses d’après l’étude est l’utilisation abusive ou le vol de données.

    283 entreprises en santé numérique

    Selon Galen Growth, la Suisse compte en 2024 plus de 280 entreprises en santé numérique. Ces 283 entreprises ont investi plus de 2,5 Mds $ depuis 2019, les catégories le plus représentées sont :

    • le diagnostic médical ;
    • le bien-être ;
    • les solutions pour le patient ;
    • les solutions de gestion ;
    • et les solutions pour la recherche.

    Les 4 aires thérapeutiques les plus couvertes par ces entreprises sont : maladies cardiovasculaires, oncologie, santé mentale et neurologie.

    83 entreprises ou organisations proposant des solutions ou des initiatives numériques pour le parcours patient

    Digitalswitzerland met à jour chaque trimestre une cartographie des entreprises proposant des initiatives et des solutions qui améliorent le parcours patient. Les entreprises sont classées selon 5 catégories :

    • l’interopérabilité des données ;
    • le suivi du patient ;
    • l’interaction et communication avec le patient ;
    • le suivi et stockage des données de santé ;
    • ainsi que la prévention et la sensibilisation.

    La mise en œuvre de solutions numériques pour améliorer le parcours patient est devenue un axe prioritaire, tout comme le dossier patient électronique (DEP). En effet, Digitalswitzerland s’est fortement impliqué dans la consultation publique du conseil fédéral suisse afin de centraliser l’infrastructure du DEP.

    Cartographie des organisations clés de la santé numérique

    Le paysage suisse de l’innovation en santé numérique est dynamique et diversifié, avec une multitude d’organisations travaillant activement à promouvoir la transformation numérique du secteur de la santé. Des incubateurs et accélérateurs aux organisations gouvernementales en passant par les instituts de recherche et les associations professionnelles, chaque entité joue un rôle dans la promotion, la mise en œuvre ou le développement de la santé numérique. Cette cartographie des organisations offre un panorama de l’écosystème :