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  • HDH : les délais d’accès aux données réduits, les liens avec l’écosystème renforcés (bilan 2023)

    Un pilier de la recherche en santé

    Le rapport annuel 2023 du HDH souligne les avancées réalisées par la Plateforme des données de santé, dans le cadre de la feuille de route pluriannuelle 2023-2025, avec des initiatives visant à réduire les délais d’accès aux données, à enrichir la base du SNDS, à renforcer les connexions avec les acteurs de l’écosystème et à coconstruire une culture de la donnée de santé avec la société civile.

    Pendant cette année, le HDH a ainsi œuvré pour améliorer la transparence et l’impact des données de santé, illustrant son rôle en tant qu’acteur clé de la santé publique en France. Il a été au cœur de nombreuses initiatives de recherche. Parmi les principaux points à retenir de cette période :

    • le lancement de plus de 100 projets innovants, dont 41 impliquant l’utilisation de l’IA ;
    • l’intégration de 10 bases de données supplémentaires au catalogue du SNDS ;
    • la participation à 4 projets internationaux et à des collaborations avec des acteurs Québec, témoignant de son rayonnement à l’échelle mondiale ;
    • et, au niveau national, l’intervention dans 176 d’événements, signe de l’engagement du HDH auprès de la société et de l’écosystème de la recherche.

    Des réponses à 4 enjeux stratégiques

    Au cours de l’année précédente, le HDH a entrepris diverses actions pour répondre à chacun des 4 enjeux identifiés dans sa feuille de route stratégique :

    📌 Enjeu 1 : “réduire les délais d’accès aux données de santé et multiplier les projets impactants”

    • simplification des procédures : plus de 540 projets ont alimenté le baromètre de suivi ;
    • mise à disposition de données de qualité : accompagnement de 10 responsables de données du catalogue SNDS ;
    • soutien aux projets : lancement de 11 appels à projets (AAP) ;
    • mutualisation des connaissances : organisation de 3 compétitions Data Challenges ;
    • renforcement de l’attractivité : plus de 200 participants à l’événement “Start-up connect” et plus de 300 à la “Summer School AI4Health”.

     

    📌 Enjeu 2 : “mettre à disposition les données de la base principale, l’enrichir et faciliter sa réutilisation”

    • développement de l’expertise du HDH : soumission de plus de 600 projets mobilisant la base principale du SNDS ;
    • enrichissement de la base de données : contribution à l’enrichissement continu de la base de données principale du SNDS ;
    • maintien de la plateforme : garantie de la fonctionnalité et de la sécurité de la plateforme.

     

    📌 Enjeu 3 : “renforcer les connexions du Health Data Hub aux acteurs de l’écosystème”

    • renforcement du travail partenarial : multiplication des collaborations avec les acteurs locaux ;
    • présence au niveau européen et international : collecte de plus de 6 000 contributions pour la création de l’espace européen des données de santé (EHDS) ;
    • harmonisation des normes : travail sur les standards et la gouvernance pour faciliter le partage et la valorisation des données.

     

    📌 Enjeu 4 : “être à l’écoute de la société civile et co-construire une culture de la donnée de santé”

    • information sur les enjeux : plus de 2000 connexions pour les 8 premiers webinaires ;
    • écoute et implication : développement de partenariats avec les associations d’usagers ;
    • accompagnement des personnes concernées : mise en place de ressources pour exercer leurs droits.

     

    Accès aux données : plus de transparence et d’efficacité

    En 2023, l’accès aux données de santé a connu une dynamique importante, avec un total de 303 projets déposés au guichet, dont 296 pour une autorisation de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Parallèlement, 7 demandes d’accès à l’échantillon du SNDS ont été enregistrées. Cette année a également été marquée par une augmentation significative des projets relevant d’une méthodologie de
    référence (MR), au nombre de 1 449. Dans le même temps, le répertoire public des projets utilisant des données de santé a vu son nombre augmenter de près de 2 000, atteignant un total de plus de 7 500 projets répertoriés.

    Dans une démarche visant à rendre le processus d’accès aux données plus efficace et transparent, tout en assurant la sécurité et la protection des données personnelles, des efforts concertés ont été entrepris par le HDH afin de :

    • simplifier les formulaires du répertoire ;
    • garantir la conformité aux obligations de transparence ;
    • et favoriser une meilleure coordination avec la Cnil.

     

  • Santexpo : les 8 lauréats des Trophées de l’innovation du Fonds FHF

    Les solutions numériques santé à l’honneur

    L’Espace Innovation du salon Santexpo 2024, porté par le Fonds FHF, est une plateforme dédiée à la découverte de solutions novatrices dans le secteur de la santé. 8 thématiques y ont été mises à l’honneur cette année, dont le grand âge, le handicap et la santé mentale. Pour exposer leurs solutions dans cette véritable vitrine de l’expérience santé de demain, 170 entreprises ont répondu à un appel à candidatures lancé en novembre dernier. Après étude des candidatures et sessions de pitchs, 24 projets innovants ont été sélectionnés (voir cet entretien H&TI avec Guillaume Mercy, directeur du Fonds FHF, pour plus de détails sur les catégories retenues et les candidatures reçues).

    Au final, 3 projets par catégorie ont été retenus pour exposer dans l’Espace Innovation du Fonds FHF. Les lauréats de chacune des 8 catégories ont été dévoilés le 21 mai et se sont vu remettre le prix de la meilleure innovation sur l’Agora de l’Espace Innovation. Il s’agit de :

     

    Présentation des 8 lauréats

  • Santexpo : Docaposte dévoile sa solution de Gen AI pour faire gagner du temps aux médecins

    Un gain d’une heure par jour à chaque médecin

    Pour comprendre l’histoire de la maladie d’un patient, le médecin peut prendre plusieurs dizaines de minutes, voire plus d’une heure lorsque le dossier médical du patient comporte plusieurs documents. Si cette tâche est cruciale pour pouvoir poser un bon diagnostic, la consultation du dossier médical peut s’avérer fastidieuse et chronophage. Un temps qu’il ne pourra pas consacrer à d’autres patients, ce qui peut allonger les délais d’attente. Cette tâche peut aussi être perçue par le professionnel de santé comme éloignée de son cœur de métier, car les parcours des patients sont de plus en plus longs et complexes à comprendre et comportent donc beaucoup d’informations à rechercher et à analyser, parfois sous plusieurs formats.

    Docaposte – qui avait annoncé un partenariat avec NumSpot et Mistral AI en octobre 2023 pour créer sa première solution souveraine de Gen AI en santé – a dévoilé l’outil “Dalvia” lors du salon Santexpo de cette année. Accompagné de David Gruson, CEO d’Ethik IA, Olivier Barets, directeur général adjoint Marketing et Partenariat chez La Poste Santé & Autonomie, a présenté la solution qui, sous la forme d’une application mobile, doit permettre aux professionnels de santé d’économiser jusqu’à plus d’une heure de travail par jour et par personne, grâce à la production automatique de comptes rendus.

    Générer des synthèses à partir du DPI

    Le salon Santexpo a été l’occasion pour la filiale de La Poste de mettre en place un stand qui a servi de lieu de démonstration de sa nouvelle solution Gen AI. Toutes les 20 minutes, les professionnels de La Poste Santé & Autonomie ont réalisé des démonstrations de cet outil, comme l’a rappelé Olivier Barets, “qui possède un cadre totalement souverain et éthique”, car il a été développé entièrement par Docaposte et ses partenaires, et les données sont stockées dans des serveurs français.

    Concrètement, l’application mobile de Docaposte – qui vise à s’intégrer à terme dans les logiciels des dossiers patient informatisés (DPI) de tous les hôpitaux français – compile les documents contenus dans le dossier du patient pour réaliser des synthèses facilitant la compréhension du médecin ou des lettres de liaison à destination d’autres professionnels de santé. Le médecin peut donc sélectionner manuellement quel type de document il souhaite intégrer dans cette synthèse (générale ou spécialisée, comme en oncologie) avant de demander à l’application de la générer. Il en va de même pour les lettres de liaison : le médecin coche les informations les plus pertinentes contenues dans le dossier du patient afin de produire une lettre pour son confrère. Docaposte a insisté sur le fait que ces synthèses et ces lettres ne sont pas stockées dans les serveurs de l’application et peuvent être conservées ou envoyées uniquement par le médecin qui les a créées.

    Démonstration de la solution Dalvia lors du salon SantExpo 2024
    Démonstration de la solution Dalvia lors du salon SantExpo 2024 – @ Health & Tech Intelligence

    Une solution en test dans 3 établissements :

    La version de Dalvia présentée à Santexpo sera disponible dès septembre 2024. Elle est actuellement en test dans 3 établissements français : l’hôpital Foch, le GHT Bourgogne Méridional et le GHT du Limousin. L’équipe de La Poste Santé & Autonomie a expliqué lors des démonstrations de l’application que de nombreux établissements qui ont découvert la solution lors du salon souhaitent la tester le plus rapidement possible.

     

  • Santexpo : quelle évolution des systèmes de santé intégrés en Europe ? (A. Malone, FHF)

    Plusieurs niveaux de maturité, l’Allemagne encore en discussion

    Cette table ronde réunit des acteurs catalan (Jordi Piera Jimenez), belge (Pr Jan De Maeseneer), allemand (Dr Helmut Hildebrandt, CEO d’Optimedis) et anglais (Pr Salman Rawaf). L’idée de ce panorama est d’ouvrir le champ des possibles, alors que la France commence à s’engager dans cette voie. Si l’approche et les objectifs d’une transformation vers des modèles intégrés (visant la prévention et le maintien en santé par un travail commun des acteurs sur des Territoires) sont remarquablement similaires, le panel révèle que :

    • aujourd’hui on observe plusieurs niveaux de maturité;
    • l’Allemagne encore en discussion ;
    • un accent fort est mis sur les soins primaires ;
    • une vision territoriale est mise en place en catalogne comme en Allemagne.

     

    Chaque pays tente de développer puis de déployer un modèle qui répond aux caractéristiques propres du pays ou de chaque région, face au triple défi des pathologies chroniques et du vieillissement, des tensions sur les ressources notamment humaines et de l’augmentation des coûts.

    Une vision territoriale en Catalogne

    Après une brève introduction Jordi Piera Jimenez a rappelé les trois composants principaux  sur lesquels s’appuie cette intégration pionnière:

    • une évaluation complète des besoins réalisée avec la participation de différents professionnels de santé ;
    • un plan de soins partagé dans tout le système de santé: ainsi, tout le monde est au courant de ce qui se passe pour cette personne spécifique;
    • des parcours de soins communs intégrés: des parcours de soins à domicile qui permettent ces transitions pour le patient.

     

    Au sein d’un établissement de soins important, on sait que l’on peut trouver jusqu’à 200 à 400 systèmes d’information différents, utilisant des données provenant de différentes sources ou fournisseurs, et donc l’interopérabilité est un déterminant, enjeu majeur de la santé intégrée. Jordi Jimenez ajoute que pour la santé intégrée, il faut assurer une parfaite interopérabilité entre les différents acteurs impliqués : soins primaires, spécialisés, intermédiaires et social. L’objectif majeur est donc de mettre en place cette interopérabilité dans les 5 ans à venir, pour pouvoir passer d’organisations verticales actuellement fonctionnelles, à une organisation complètement transversale.

    D’ici 5 ans, l’objectif est de placer  les données au centre de la modélisation afin de faciliter la création d’applications autour de ces données, offrant ainsi une meilleure expérience aux patients ainsi qu’aux professionnels de santé.

    Au Royaume Uni, un grand système de santé s’appuyant sur des comités et des partenaires

    Alors que les lignes directrices sur la préparation de stratégies de soins intégrés ont été publiées pour la première fois en juillet 2022, le Pr Salman Rawaf rappelle  que le système de santé anglais est une base très solide (76 ans de culture) , tout en faisant face à de nombreux défis.

    En juillet 2022, la Health and Care Act 2022 a remplacé les CCG (Clinical commission Group). avec 42 ICS ( Integrated care system) , chacun possédant un conseil de soins intégré (ICB) – un organe statutaire avec une constitution approuvée – responsable de ses performances et de ses dépenses. L’ICS couvre la prévention, le travail sur les déterminants de santé, la gestion de la santé populationnelle, la conception des parcours de soins , l’évaluation et la priorisation, et les inégalités.  Il ajoute que ces 42 organisations, appelées ICS (services de soins intégrés), réussissent à faire ce qui est appelé une intégration responsable. Il s’agit de professionnels de  santé, de gestionnaires, de personnes locales pour établir l’intégration entre le gouvernement central et le gouvernement local. Cela est défini par la loi.

    Association de gestion financière des soins de santé. Finances du NHS . Bristol : HFMA, 2022.

     

    Selon l’intervenant, les raisons qui rendent nécessaire cette intégration sont:

    • l’âge des populations:  avec le vieillissement de la population, il existe de nombreux types de soins. Selon une évaluation conjointe de l’Imperial collège et de  la School of Economics, évaluant plus de 100 systèmes de santé à travers le monde, en examinant attentivement l’impact et le long terme pour les 30 à 45 prochaines année, un changement radical dans la manière de délivrer  les soins est nécessaire du fait de ce vieillissement ;
    •  l’escalade du coût par patient  particulièrement élevé en hôpital, bien que le coût par patient en UK soit très bas comparé aux États-Unis et au reste des pays européens , qui implique de renforcer la place des soins primaires; 
    • de l’importance des maladies chroniques complexes, avec multimorbidités: ces patients sont souvent incapables d’obtenir une continuité des soins.  La nécessité d’évaluer cette fragmentation des soins qui ne fera qu’augmenter à mesure que les gens continueront à vivre plus longtemps, avec des comorbidités plus complexes et de plus grandes inégalités en matière de santé.  Les soins intégrés visent à résoudre ces problèmes en étant centrés sur la personne, en plaçant les besoins et les expériences des individus au cœur de la manière dont les services sont organisés et fournis.  dont ils ont besoin dans un système où les services individuels ne sont pas coordonnés ou ne communiquent pas efficacement ;
    • le besoin d’un parcours unique adapté à chaque patient, incluant une communication efficace entre des services qui n’auraient jamais pu communiquer entre eux auparavant ;
    • la volonté de  rendre le système de santé plus efficace, en réduisant la duplication des soins par différents services et en diminuant les délais d’attente résultant des transferts de soins. Ce n’est pas une tâche facile et certains aspects ne sont pas correctement pris en compte par la structure . Par exemple, les longs temps d’attente des ambulances et les blocages de lits, souvent dus à l’incapacité de libérer des patients médicalement aptes, seraient en partie causés par un personnel de protection sociale insuffisant ce problème pourrait ne pas être sous le contrôle d’un ICS ;
    • permettre la lutte contre les inégalités en matière de santé.

     

    L’une des missions d’un ICS est de lutter contre les inégalités en matière de santé. Le coût des inégalités de santé pour le NHS rien qu’en Angleterre a été estimé à 4,8 milliards de livres sterling par an pour la période de 2011-2029,  ce chiffre n’aura fait qu’augmenter à mesure que les inégalités se sont creusées – en effet, en 2022, on a estimé que les inégalités de santé coûtaient aux Gallois 322 millions de livres Sterling par an.(Source NHS)

     

    Partenaires PCN=réseau de soins primaires ; A&E=accident et urgence ; NHSE&I=NHS England et NHS Improvement ; CQC=Commission de la qualité des soins ; LGA=Local Government Association Dixon J. Systèmes de soins intégrés : architecture d’un ICS et défi de la DO. Londres : NHS England et NHS Improvement, 2021.

     

    Belgique: une approche territoriale avec un renforcement de la première ligne de soins

    L’organisation du système de santé  est fortement guidé par le Quintuple Aim (5AIM), qui vise à améliorer les soins par le biais de 5 objectifs :

    • améliorer l’expérience des soins pour les personnes ;
    • améliorer des résultats en matière de santé au niveau de la population ;
    • obtenir plus de valeur avec les mêmes ressources grâce à une utilisation plus efficace des ressources disponibles ;
    • améliorer le bien-être des professionnels de santé et du secteur social ;
    • améliorer l’équité en santé et dans le secteur social (Cohésion sociale et inclusion).

     

    A ces cinq principes , Jan De Maeseneer ajoute un 6e principe: l’ impact du changement climatique et la  diminution de  l’empreinte écologique du système  de santé.

    La Belgique a mis en place une organisation sur plusieurs niveaux : nano, micro, primary care zones, macro…

    • Dans un premier niveau d’analyse (nano) Jan de Maessener souligne que la rencontre et l’interaction avec patient et donc la perception de la qualité des soins est un élément essentiel pour le développement du système de soins intégrés. Il reviendra alors d’investir dans la formation des professionnels de santé.
    • Au niveau Micro, avec le centre de santé communautaire ( qui réunit tout type de professionnels de santé et du social),
    • Au dessus, il existe le social primary care zone, adressant environ 125 000 habitants) (pour la Flandre, 60 local primary care zones), permettant une collaboration multidisciplinaire et intersectorielle, gouvernée par un « primary care board »
    • Le plan interfédéral des soins intégrés – 2023 – correspond au niveau macro

    Une solution numérique, « Belgium Integrated Health Record » ALIVIA (initiative Flamande), rend possible la mise en place de la santé intégrée. La conception a démarré en 2021, l’implémentation est en cours.

    Le rôle de l’intégration des soins primaires :

    Jan De Maeseneer explique que “travailler ensemble consiste principalement à recentrer ce que l’on peut faire au niveau primaire, puis à avoir un bon soutien et à rendre cela possible” :

    • dans un premier niveau d’analyse (nano) Jan De Maeseneer souligne que la rencontre et l’interaction avec patient et donc la perception de la qualité des soins est un élément essentiel pour le développement du système de soins intégrés. Il reviendra alors d’investir dans la formation des professionnels de santé ;
    • “ce que nous avons découvert dès le début, c’est que l’intégration des soins sociaux et des soins de santé est extrêmement cruciale, non seulement à cause des politiques des déterminants sociaux de la santé et des soins sociaux, des conditions de vie, etc., mais aussi en raison de notre passage à des maladies chroniques qui nécessitent des adaptations d’infrastructures informelles et autres”, selon Jan De Maeseneer ;
    • et puis, bien sûr, il y a cette question de la continuité, qui est également une question importante. Il faut être là pour sa population pour être responsable, car cela touche aussi la confiance que la population a dans le système de santé et dans la société en général, car les soins de santé sont un moment où l’appréciation des individus pour la société se forme, car il y a des moments dans la vie qui sont vraiment très significatifs. C’est donc une interface très importante avec la société.

     

    Allemagne : en plein débat sur un modèle d’intégration à base régionale (OptiMedis)

    Le modèle de soins intégrés OptiMedis est apparu en 2005 à la suite de réformes en Allemagne visant à promouvoir la coordination des soins. Le modèle de soins, qui fonctionne dans la région ouest (état de Hesse) et sud-ouest (état de Bade-Wurtemberg) de l’Allemagne, vise à améliorer l’expérience des patients et la santé de la population. Parmi les défis évoqués, le PDG d’OptiMedis souligne la situation du marché en Allemagne, en raison de l’échelle des systèmes administratifs nationalisés et d’un système d’avantage orienté vers une gouvernance autocentrée.

    L’objectif de la mise en place de la santé intégrée n’est pas que financier, souligne t il. Toutefois, un impact financier a pu être évalué, et ainsi une économie générée mise en évidence. Selon le Dr Hildebrandt, « la différence d’environ 6 à 7 % peut être attribuée à une meilleure médecine, à une meilleure prise en charge des patients dans le processus de réorganisation, d’organisation des soins de santé, de parcours coordonné, de la mise en place de prévention tertiaire et secondaire, et à la prise en compte de la personne du patient, . » s’ajoutent également une plus forte autogestion du patient, et une meilleure équité d’accès aux soins. Il ajoute qu’il y a plusieurs discussions en Allemagne sur la réforme des soins de santé. Une partie de la réforme des hôpitaux qui est au centre de la condition du gouvernement, c’est de développer une proposition pour développer l’intégration des soins dans tous les secteurs.

    Le modèle OptiMedis favorise la coordination des soins dans tous les secteurs en mettant l’accent sur la prévention et introduit des interventions fondées sur des données probantes pour répondre aux besoins de santé identifiés. Ce faisant, il vise à atteindre les quatre objectifs suivants (également appelés « approche à quatre objectifs ») :

    • améliorer l’expérience de soins des patients (qualité et satisfaction) ;
    • améliorer la santé de la population ;
    • réduire le coût des soins de santé par habitant ;
    • Améliorer l’équilibre travail/vie personnelle pour les prestataires de soins de santé.
    Impact financier, économie générée après un parcours de soins optimisé

    Selon le Dr Hildebrandt, “la différence d’environ 6 à 7 % peut être attribuée à une meilleure médecine, à une meilleure prise en charge des patients dans le processus de réorganisation, d’organisation des soins de santé, et à la prise en compte de la personne du patient.” Il ajoute qu’il y a plusieurs discussions en Allemagne sur la réforme des soins de santé. Une partie de la réforme des hôpitaux qui est au centre de la condition du gouvernement, c’est de développer une proposition pour développer l’intégration des soins dans tous les secteurs.

     

  • Accès aux soins : jusqu’à 90j de différence de délai entre 2 régions pour un même type de soins (enquête Doctolib)

    Une enquête basée sur l’analyse de 2 M de consultations

    Alors que le manque de personnel à l’hôpital est à l’origine de difficultés d’accès aux urgences, l’accessibilité à la médecine de ville se présente comme un sujet aussi important. En effet, la difficulté pour un patient d’accéder à un médecin, pour le suivi de sa pathologie ou après l’apparition de certains nouveaux symptômes, pourrait avoir des conséquences graves sur sa santé et l’obliger à se rendre aux urgences.

    Conscient des inégalités d’accès aux soins de médecine de ville, Doctolib a publié en avril 2024 une enquête intitulée “Cartes de France de l’accès aux soins. Soignants et patients face aux inégalités territoriales.” Ce dernière repose sur une analyse de plus de 2 millions de consultations opérées par près de 75 000 médecins utilisateurs de la plateforme de prise de rendez-vous, du 1er janvier au 31 décembre 2023. Que cela concerne les consultations en cabinet ou les téléconsultations, le constat dressé dans ce rapport montre que les Français ont encore beaucoup de difficultés d’accès aux soins – en fonction de leur lieu de résidence ou de la spécialité recherchée.

    Le délai entre la prise de rendez-vous et la consultation se prolonge :

    Les principaux résultats de l’enquête montrent une augmentation générale – par rapport aux années précédentes – des délais entre la prise de rendez-vous et la consultation, que ce soit en médecine générale ou auprès de spécialistes. Par exemple, la carte de Doctolib révèle une baisse de 3 points par rapport à 2021 du pourcentage de consultations réalisées en moins de 48 heures chez un médecin généraliste (41 % en 2023 contre 44 % en 2022). Elle indique également une augmentation de 9 jours du délai médian entre la prise de rendez-vous et la consultation chez un cardiologue (33 jours en 2021 contre 42 en 2023).

    Malgré l’analyse de 2 millions de prises de rendez-vous qui ont abouti à des consultations en 2023, Doctolib explique que les statistiques retenues dans le cadre de cette enquête “ne concernent que les utilisateurs ayant recours aux outils Doctolib Patient et Doctolib Téléconsultation et ne sont donc pas représentatives de l’ensemble des réalités d’accès aux soins dans les territoires”. De plus, la licorne explique que deux des autres limites de cette enquête sont que les statistiques ne permettent pas d’avoir de la visibilité sur les recherches de rendez-vous qui n’aboutissent pas, ni sur les consultations réalisées sans rendez-vous et que cette analyse ne permet pas d’obtenir une échelle spatiale plus précise que l’échelle départementale, alors qu’il peut y avoir des inégalités d’accès aux soins au sein même des bassins de vie.

    Des inégalités en fonction des territoires et du type de soins

    Dans son enquête, Doctolib constate deux grands types d’inégalités : celles liées à l’accès aux soins selon les territoires et celles associées au type de soins requis.

    Des inégalités d’accès inhérentes aux disparités territoriales :

    Concernant la disparité d’accès aux soins selon les régions, l’enquête révèle que les inégalités de santé se reflètent dans les disparités géographiques françaises. On observe ainsi que l’Île-de-France, les côtes méditerranéenne et atlantique, ainsi que les départements abritant d’importants pôles urbains et/ou universitaires affichent généralement des délais médians d’obtention de rendez-vous plus courts pour toutes les spécialités. En revanche, dans 8 régions, de nombreux départements (soit 14 au total) présentent des délais médians entre la prise de rendez-vous et la consultation qui sont au moins deux fois supérieurs à la moyenne nationale, pour au moins trois professions : l’Occitanie, la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val-de-Loire, la Nouvelle-Aquitaine, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Normandie, la Bretagne et les Hauts-de-France.

    Pour certaines spécialités, les disparités dans l’accès aux soins sont considérables : en ophtalmologie, en dermatologie et en pédiatrie, il existe plus de 90 jours de différence entre les départements où les délais sont les plus rapides et ceux où ils sont les plus longs.

    Des délais médians de plus d’un mois pour certaines spécialités :

    Les disparités d’accès aux soins selon le type de soins se divisent en deux catégories : d’une part, les soins primaires qui affichent des délais médians plutôt courts entre la prise de rendez-vous et la consultation, et d’autre part, les soins spécialisés avec des délais médians variant de 15 à 30 jours, voire plus d’un mois.

    Les soins primaires, tels que les consultations avec des médecins généralistes (3 jours), des masseurs-kinésithérapeutes (6 jours), des pédiatres (7 jours), des sages-femmes (11 jours) ou des chirurgiens-dentistes (11 jours), présentent des délais médians d’attente inférieurs à 15 jours. Les consultations avec des psychiatres (16 jours), des gynécologues (22 jours) et des ophtalmologistes (26 jours) affichent des délais médians d’attente compris entre 15 jours et 1 mois. Seules deux spécialités enregistrent des délais médians d’attente dépassant un mois : la dermatologie (36 jours) et la cardiologie (42 jours).

    Par ailleurs, la téléconsultation apparaît comme une solution pour obtenir un rendez-vous médical plus rapidement, car pour toutes les professions comptant plus de 10 % d’utilisateurs en téléconsultation, les délais médians d’attente entre la prise de rendez-vous et la consultation sont plus courts pour presque tous les types de soins. Par exemple, le délai médian d’attente pour une consultation avec un généraliste ou un pédiatre est d’un jour, et pour une consultation avec un cardiologue, ce délai médian est de 8 jours, contre 42 jours pour une consultation en cabinet.

    Tableau des temps médians d'attente entre la prise de rendez-vous et la consultation en fonction des différents types de soins - Doctolib
    Tableau des temps médians d’attente entre la prise de rendez-vous et la consultation en fonction des différents types de soins (chiffres pour l’année 2023) – Doctolib

    L’IA comme levier d’efficience

    En se basant sur les conclusions de l’enquête et sur son expérience professionnelle, un médecin membre du comité médical de Doctolib a examiné l’impact des outils numériques sur la réduction des difficultés d’accès aux soins. Outre la téléconsultation, qui a montré une diminution des délais médians d’attente, il souligne l’importance de l’IA.

    Selon lui, l’intégration de l’IA dans certains logiciels permet d’améliorer la qualité des consultations. Les outils dotés d’IA, comme son logiciel de retranscription des échanges avec les patients, lui permettent de se concentrer davantage sur le contenu des consultations tout en étant plus efficace dans ses interactions avec son équipe. D’autres logiciels, non alimentés par l’IA, contribuent également à répondre aux impératifs de santé publique en identifiant facilement les patients polymédiqués pour limiter la prescription de nouveaux médicaments, ou en facilitant l’information des patients nécessitant un rappel de vaccination.

    Il espère que dans le futur, l’IA permettra de coder automatiquement les informations issues des consultations, permettant ainsi aux professionnels de santé de mieux identifier les besoins de leurs patients et de la population en alimentant des entrepôts de données publiques pour la recherche.

     

  • Panorama des cas d’usage de l’IA au service de l’excellence opérationnelle à l’hôpital

    Les enjeux de l’automatisation en santé

    L’automatisation s’avère être un catalyseur indispensable pour améliorer l’efficience, la qualité des soins et les résultats pour les patients. Au sein des établissements de santé, l’automatisation (qu’elle soit traditionnelle, comme les systèmes de gestion logistique ou les dispositifs médicaux automatisés, ou plus récemment l’IA, qui représente un levier puissant pour accroître l’excellence opérationnelle) englobe un large éventail de technologies visant à simplifier, optimiser et accélérer les processus et les tâches (pour plus d’éléments de contexte sur l’excellence opérationnelle, voir l’article H&TI dédié sur ce lien).

    Dans un contexte où l’utilisation de l’intelligence artificielle prend une importance croissante dans le domaine de la santé avec la volonté de la France de se positionner en tête pour son développement, les établissements de soins doivent se préparer dès maintenant pour intégrer ces technologies de manière harmonieuse, assurant ainsi une amélioration continue de la qualité des soins et une gestion plus efficiente des ressources.

    Dans cet article, Health & Tech Intelligence propose une analyse approfondie des cas d’usage de l’IA dans un contexte d’automatisation au sein des établissements de santé. C’est un panorama de divers cas d’usage qui est proposé, offrant une vision panoramique de l’environnement de l’IA en matière d’excellence opérationnelle.

    Décryptage des cas d’usage de l’IA

    L’IA est principalement utilisée pour l’aide à la planification des soins et à l’allocation des ressources et l’automatisation des flux de travail d’examen manuel et administratifs. Health&Tech a choisi d’étudier les cas d’usage de l’IA à l’hôpital à travers une segmentation sous deux axes stratégiques distincts ci-dessous : la gestion des flux, des ressources et des processus et la gestion médico-économique, financière et des achats avec un focus sur les tendances et les principaux usages est proposée pour une meilleure compréhension et classification des différents cas d’usage de l’IA.

    Gestion des flux, ressources et des processus :

    La gestion des flux, des ressources et des processus au sein des établissements de soins concentre la majorité des cas d’usage de l’IA. On distingue dix-huit cas d’usage, dont dix se rapportent spécifiquement à la prise de décision et au pilotage de l’activité.

    Facilitation de la prise de décision et du pilotage d’activité :

    • l’aide à la planification des soins et à l’allocation des ressources ;
    • la gestion des ressources humaines et de l’absentéisme ;
    • l’identification des populations de patients à haut risque (Triage médical) ;
    • l’intégration hospitalière intelligente et la conformité réglementaire automatisée ;
    • l’optimisation de la performance des achats des dispositifs médicaux et des articles de santé ;
    • le pilotage des approvisionnements et des ruptures de stocks ;
    • la prédiction des flux non programmés et des besoins en lit d’aval ;
    • la prédiction du risque d’hospitalisation de patients porteurs d’une pathologie ;
    • la prévision des ré-hospitalisations non programmées ;
    • le suivi en temps réel des flux à travers différentes unités.

     

    Automatisation des tâches et des flux de travail :

    • l’automatisation des flux de travail d’examen manuel et administratifs ;
    • l’automatisation des tâches médico-administratives chronophages ;
    • la fluidification de l’accueil téléphonique par un agent conversationnel multicanal ;
    • l’identitovigilance et le contrôle administratif du patient ;
    • la surveillance automatisée des conditions d’hygiène.

     

    Gestion des flux et des ressources :

    • la génération de représentations visuelles des aménagements ;
    • la gestion des flux soignants et la qualité de vie et les conditions de travail (QVCT) ;
    • les jumeaux numérique de l’hôpital.

     

    Gestion médico-économique, financière et des achats :

    Au sein de la gestion médico-économique, financière et des achats hospitaliers, l’IA couvre quatre principaux cas d’usage  :

    • l’automatisation de l’admission et de la facturation des parcours patients ;
    • l’automatisation des tâches de facturation ;
    • l’automatisation et l’aide au codage médical ;
    • la politique qualité et prévention des ré-hospitalisations.

     

    👉 Pour accéder à la cartographie des solutions pour chacun des cas d’usage, cliquez ici.

    Focus sur les tendances majeures

    Les cas d’usage suivants sont sélectionnés en considération des besoins actuels du secteur de la santé, notamment le développement croissant de l’ambulatoire et de l’oncologie, la gestion des parcours patients, les défis logistiques et la nécessité de piloter les activités à partir des données disponibles. Ils sont également perçus comme des éléments structurants pour une stratégie globale d’établissement de santé, offrant des solutions potentielles à l’augmentation de l’activité et à l’évolution des pratiques médicales. Ces cas d’usage sont également parmi les plus matures par rapport au nombre de solutions disponibles, assurant une intégration plus aisée dans les environnements de travail. 

    Aide à la décision et au pilotage d’activité :

    L’IA peut être déployée pour analyser de vastes ensembles de données provenant de diverses sources hospitalières, telles que les dossiers médicaux électroniques, les systèmes de gestion des patients, les flux logistiques et les résultats des tests cliniques. Les données sont ensuite utilisées pour générer des tableaux de bord interactifs et des rapports personnalisés.

    À l’image de la solution DemandAMP+ proposé par Muutaa, une solution avancée d’aide à la décision et au pilotage d’activité. La plateforme utilise des algorithmes d’apprentissage automatique pour analyser de vastes ensembles de données médicales et administratives, permettant aux établissements de santé de prendre des décisions stratégiques éclairées. DemandAMP+ offre des fonctionnalités de génération de tableaux de bord interactifs et de rapports personnalisés, permettant aux établissements de santé de visualiser et d’analyser les données clés en temps réel. Ses capacités prédictives aide les établissements de santé à anticiper les tendances futures et à prendre des mesures proactives pour optimiser leurs activités.

    Aide à la planification des soins et à l’allocation des ressources :

    L’utilisation de modèles prédictifs basés sur l’IA permet d’anticiper les besoins en lits, en personnel et en équipements, facilitant une planification plus efficace des ressources hospitalières. Cette approche vise à optimiser l’utilisation des ressources disponibles tout en garantissant une qualité de soins optimale pour les patients.

    La solution de Calyps data intelligence, Calyps Saniia, propose une plateforme d’aide à la planification des soins et à l’allocation des ressources. Elle utilise des modèles prédictifs basés sur l’IA pour anticiper les besoins hospitaliers. La solution intègre des données provenant de diverses sources hospitalières par une collecte de données en temps réel. Elle anticipe les événements imprévus, prévoit les activités qui en découlent ainsi que leur durée, prescrit la meilleure allocation possible des ressources dont les lits et produit un calendrier qui limite l’incertitude au minimum.

    Automatisation des flux de travail d’examen manuel et administratifs :

    L’intégration de l’intelligence artificielle dans les flux de travail d’examen manuel offre une solution prometteuse pour automatiser ces processus. L’IA est employée pour créer des résumés de dossiers médicaux, générer des interprétations préliminaires d’images médicales, et analyser des données de laboratoire pour identifier des tendances ou des anomalies. Ce cas d’usage se concentre sur l’automatisation et l’optimisation des tâches répétitives, permettant aux professionnels de santé de consacrer plus de temps aux aspects critiques de la prise en charge des patients.

    Praxysanté propose une solution d’automatisation des flux de travail d’examen manuel et administratifs. En intégrant l’intelligence artificielle générative, cette solution offre la possibilité de créer des résumés de dossiers médicaux, de générer des interprétations préliminaires d’images médicales, et d’analyser des données de laboratoire pour identifier des tendances ou des anomalies.

    Gestion des flux soignants et QVCT :

    L’IA est utilisée pour évaluer et améliorer les conditions de travail des professionnels de la santé. En analysant les données sur la charge de travail, les déplacements, les interactions interpersonnelles, les alertes et d’autres facteurs, cette technologie permet d’optimiser les flux de travail soignants et de garantir une meilleure qualité de vie au travail (QVCT).

    La solution Kepler night nurse est une solution d’IA développée par Kepler Vision Technologies, spécialisée dans l’évaluation et l’amélioration des conditions de travail des professionnels de la santé. En analysant les données sur la charge de travail, les déplacements, les interactions interpersonnelles et les alertes, cette solution permet d’optimiser les flux de travail soignants. Le logiciel détecte les chutes des patients et permet de repérer les comportements inhabituels chez les personnes atteintes de démence. L’IA est capable de reconnaître et de signaler les actions ou les comportements indésirables, comme les épisodes d’agression. Kepler night nurse permet aux soignants de rester alertes et de réduire leurs déplacements, contribuant ainsi à améliorer la qualité de vie au travail (QVCT) dans les environnements de soins.

    Pilotage des approvisionnements et des ruptures de stocks :

    L’intelligence artificielle (IA) révolutionne la gestion des approvisionnements et des stocks dans les établissements de santé, offrant des solutions avancées pour optimiser les opérations logistiques. En analysant les données d’inventaire, les tendances de consommation, les dates de péremption et les historiques de commandes, ces solutions IA identifient efficacement les besoins en approvisionnement et recommandent des stratégies d’optimisation des stocks.

    Calyps Data Intelligence propose une solution innovante, Stock, qui utilise l’IA pour analyser les données d’inventaire et recommander des actions précises pour maintenir des niveaux de stock optimaux. De même, Bluesight propose KitCheck, un système de gestion d’inventaire basé sur RFID qui automatise le processus de réapprovisionnement tout en minimisant les expirations de médicaments.

     

    Panorama des cas d’usage de l’IA pour l’excellence opérationnelle

    👉 Pour accéder à la base de donnée sur les cas d’usage de l’IA, cliquer sur le tableau interactif ci-dessous :
    

  • Cartographie des solutions d’IA au service de l’excellence opérationnelle dans les établissements de santé

    L’IA comme levier d’efficience pour les hôpitaux

    L’excellence opérationnelle a pris racine dans le secteur de la production, axée sur l’amélioration de l’efficacité et la réduction des gaspillages grâce à l’engagement des différents niveaux organisationnels. Fondée sur les principes du lean manufacturing et du six sigma, l’excellence opérationnelle s’est progressivement étendue à diverses industries. Elle applique ses concepts clés d’optimisation des processus, de réduction des gaspillages et d’amélioration continue pour accroître l’efficacité et la satisfaction client dans divers domaines d’activité.

    La sortie récente de la nouvelle version de ChatGPT-4o et de Project Astra de Google permet de mesurer le saut qualitatif réalisé par l’IA ces dernières années. Le monde de la santé n’est pas en reste des possibilités offertes par ces technologies disruptives. L’excellence opérationnelle, de par son objectif d’efficacité qu’elle induit dans des domaines tels que la gestion des ressources, la réduction des coûts ou encore l’optimisation des flux de travail, mais aussi en raison des contraintes économiques et humaines des établissements de santé, a su intégrer dans ses pratiques l’utilisation de technologies basées sur l’intelligence artificielle dans un but d’amélioration continue de la qualité des soins.

    En effet, on dénombre depuis une vingtaine d’années l’augmentation du nombre de places d’hospitalisation partielle et d’hospitalisation à domicile, en regard d’une baisse constante des capacités d’hospitalisation complètes. Entre 2000 et 2020, la France aurait perdu près de 80 000 lits. Ainsi, l’innovation appliquée à l’excellence opérationnelle permet de s’adapter aux nouveaux enjeux auxquels sont confrontés les établissements de santé.

    À ce titre, la gestion des flux et des ressources reste le principal axe dans lequel on retrouve des solutions intégrant de l’IA. Qu’il s’agisse de la gestion des lits, de l’organisation des plannings des équipes ou encore la gestion des stocks d’approvisionnement, ces solutions innovantes permettent aux établissements de santé de gagner en efficacité tout en libérant du temps aux équipes de soins. La coordination de facteurs complexes ainsi que la continuité des flux (personnes et matériels) font de l’IA la méthode la plus appropriée pour répondre aux exigences des établissements de santé.

    Des solutions numériques dédiées aux équipes hospitalières

    Dans un secteur où l’efficacité et la qualité des soins sont primordiaux, l’adoption de l’intelligence artificielle dans l’excellence opérationnelle permet de répondre aux différents défis auxquels les établissements de santé sont confrontés.

    Les solutions innovantes étudiées ont été classées dans trois axes principaux : les ressources humaines, la logistique et l’administratif. Ces solutions, bien que diversifiées, partagent un objectif commun : rationaliser les flux de travail et améliorer la collaboration dans les établissements de santé.

    Les ressources humaines :

    L’efficacité des ressources humaines est cruciale pour la qualité des soins et le bien-être des personnels. Plusieurs solutions se distinguent par leur capacité à optimiser la gestion des effectifs et à améliorer les conditions de travail.

    • La gestion des plannings et des renforts : des solutions proposent une gestion optimisée des plannings de service, consultables en temps réel. Cela permet non seulement de mieux planifier les affectations, mais aussi de répondre rapidement aux besoins en personnel de remplacement, réduisant ainsi les périodes de sous-effectif et de surcharge de travail.
    • La prédiction et la prévention : grâce à l’intelligence artificielle, des solutions peuvent prédire le risque d’absentéisme du personnel, permettant une gestion proactive des ressources humaines. Cette prévision aide à anticiper les besoins en personnel et à éviter les perturbations dans les soins.
    • L’amélioration des conditions de travail : des systèmes innovants de détection des chutes et de surveillance des comportements alertent immédiatement le personnel médical, améliorant ainsi la sécurité des patients et réduisant le stress des soignants.

     

    La logistique :

    La logistique hospitalière joue un rôle clé dans la disponibilité des ressources médicales et l’efficacité des soins. Les innovations logistiques apportent des améliorations significatives en termes de gestion des stocks et de flux de patients.

    • La gestion des approvisionnements : des solutions utilisant l’intelligence artificielle optimisent les prévisions de consommation et évitent les ruptures de stock. Ces systèmes assurent une disponibilité continue des produits essentiels, réduisant les coûts et augmentant la fiabilité des approvisionnements.
    • La traçabilité et le réapprovisionnement : l’intégration de technologies RFID pour la gestion des stocks et des équipements médicaux permet une automatisation des processus de réapprovisionnement. Cela minimise les expirations de médicaments et garantit que les blocs opératoires disposent toujours du matériel nécessaire.
    • Le flux de patients : des plateformes centralisées suivent en temps réel le flux des patients à travers différentes unités. Ces outils offrent une visibilité accrue sur l’occupation des lits et les mouvements des patients, améliorant ainsi l’efficacité opérationnelle et réduisant les temps d’attente.

     

    Les tâches administratives :

    L’automatisation des tâches administratives et l’amélioration de la gestion des données sont essentielles pour réduire la charge de travail et améliorer la précision des informations médicales.

    • Le traitement automatisé des données : l’utilisation de l’intelligence artificielle pour extraire et structurer les données des dossiers médicaux électroniques (DME) permet de transformer des données non structurées en informations exploitables. Cela facilite la prise de décision clinique et améliore la qualité des soins.
    • L’optimisation de la facturation : des solutions avancées identifient automatiquement les informations clés à partir des notes cliniques et suggèrent les codes de remboursement correspondants. Cette automatisation améliore l’exhaustivité et la qualité du codage, réduisant les erreurs et augmentant l’efficacité de la facturation.
    • La gestion numérique des admissions : moderniser et simplifier le processus d’accueil des patients grâce à la numérisation des formulaires et à l’automatisation des admissions réduit les délais d’attente et améliore l’expérience des patients. Cela permet également au personnel administratif de se concentrer sur des tâches plus critiques.

     

    En optimisant la gestion des ressources humaines, en améliorant la logistique et en automatisant les tâches administratives, ces solutions contribuent à une meilleure qualité des soins, à une efficacité accrue et à une satisfaction améliorée des patients et du personnel. Les établissements de santé qui adoptent ces innovations se positionnent favorablement pour relever les défis futurs et offrir des soins de premier ordre.

     

    Panorama des solutions d’IA dédiées à l’excellence opérationnelle

    👉 Pour accéder à la base de donnée des solutions d’IA, cliquer sur le tableau interactif ci-dessous :

  • IA et excellence opérationnelle : quel impact sur l’organisation et l’évolution des personnels de santé ? (état des lieux, entretiens, panorama des cas d’usage et des solutions…)

    Analyses

    📌 État des lieux des besoins des établissements et des métiers en mutation

    Une étude de la Brookings institution estime que l’intelligence artificielle peut effecteur 40 % des tâches non cliniques dans les hôpitaux et 33 % des tâches cliniques à la place des employés. Avec la progression de l’IA et de son utilisations dans les hôpitaux, la manière de travailler de leurs employés est sur le point de changer et de nouveaux emplois risquent de voir le jour prochainement.

    👉 A consulter en suivant ce lien.

    📌 Etude : une révolution organisationnelle et opérationnelle à l’ère de la “santé 4.0”

    L’intégration des technologies de l’industrie 4.0 et des principes d’excellence opérationnelle dans le secteur de la santé le transforme en profondeur. Une revue systématique, publiée en septembre 2023 dans l’International Journal of Lean Six Sigma, examine les recherches actuelles sur la relation entre l’excellence opérationnelle dans les établissements de soins et la “santé 4.0”.

    Cette revue de la littérature sur l’interface entre les nouvelles technologies et l’excellence opérationnelle offre un cadre conceptuel à la transformation numérique du secteur, tout en insistant sur la nécessité d’une recherche continue pour maximiser les bénéfices des innovations technologiques dans les établissements de santé. L’IA et l’automatisation offrent un potentiel énorme pour transformer les services de soins, mais leur réussite repose sur une mise en œuvre réfléchie et une gestion attentive des changements qu’elles induisent.

    👉 A consulter en suivant ce lien.

    📌 USA : en quoi consiste l’agent conversationnel pour le standard téléphonique de Parlance ?

    Permettre aux patients d’être orienté plus rapidement vers le bon service lorsqu’ils appellent un établissement de santé, tout en réduisant l’effort des équipes hospitalières et les coûts pour l’établissement : telle est l’ambition de la solution d’intelligence artificielle (IA), développée par Parlance, qui redirige les patients automatiquement vers le bon professionnel hospitalier.

    👉 A consulter en suivant ce lien.

     

    Entretiens

    📌 Hichame Chehade (Optacare) : 2 cas d’usage de l’IA pour améliorer l’excellence opérationnelle dans les hôpitaux

    Améliorer l’efficacité des processus et optimiser la gestion des flux et des ressources grâce à des solutions d’intelligence artificielle (IA) d’excellence opérationnelle : dans un entretien exclusif, Hicham Chehade, CEO d’Optacare, nous présente des cas d’usage démontrant comment ces solutions répondent aux défis opérationnels dans les services d’urgence et pour la gestion des stocks.

    Avec ses solutions organisationnelles, Predict et Stock, Optacare est un acteur de l’excellence opérationnelle dans les hôpitaux français. Pour Health & Tech Intelligence, Hicham Chehade présente deux cas d’usage de l’IA dans des établissements comme le CHRU de Nancy et l’hôpital de Troyes, démontrant ainsi le potentiel et les bénéfices concrets pour la gestion et l’efficience des établissements de santé. L’entreprise, dont le siège social est situé à la Technopole de l’Aube en région Grand Est, est présente au salon Santexpo (21-23 mai 2024), au stand H47, hall 7.2.

    👉 A consulter en suivant ce lien.

    📌 Guillaume Mercy (Fonds FHF) : « Favoriser les collaborations entre start-ups et établissements »

    Pilotage et gestion des établissements, grand âge, handicap, santé mentale… Au total, 8 thématiques sont mises à l’honneur à l’Espace Innovation du Fonds FHF, lors du salon Santexpo (21-23 mai 2024). Dans un entretien exclusif, Guillaume Mercy, directeur du Fonds FHF, nous parle de la démarche et des objectifs de cet espace, présenté comme un “lieu de référence pour découvrir des solutions novatrices” du secteur de la santé.

    “Dans la catégorie pilotage et gestion des établissements, nous avons privilégié le prisme de la transition écologique. Cela répond à des enjeux actuels tels que la réduction des coûts énergétiques pour les établissements de santé, qui sont de gros consommateurs d’énergie. Des solutions comme le générateur d’oxygène sur place permettent de réduire l’importation d’oxygène et donc de diminuer le bilan carbone, bien que cela puisse augmenter la consommation énergétique locale.”

    👉 A consulter en suivant ce lien.

     

    Cartographies

    📌 Panorama des cas d’usage de l’IA au service de l’excellence opérationnelle à l’hôpital

    82 % des cas d’usage de l’intelligence artificielle (IA) au service de l’excellence opérationnelle dans les hôpitaux sont destinés à la gestion des flux, des ressources et des processus. Tandis que la gestion médico-économique, financière et des achats représente les 18 % restants. Dans cet article, un panorama de 22 cas d’usage et un guide stratégique de priorisation pour les établissements.

    👉 Le panorama des cas d’usage répertoriés est accessible ici.

    📌 Cartographie des solutions d’IA au service de l’excellence opérationnelle dans les établissements de santé

    Avec 66 solutions recensées, dédiées à des tâches administratives, à la logistique ou aux ressources humaines, l’intelligence artificielle (IA) se démarque comme un atout prometteur au service de l’excellence opérationnelle. Confrontés à des défis sans cesse croissants, les établissements de santé cherchent constamment à optimiser leurs opérations et à accroître leur efficacité.

    👉 La cartographie H&TI des solutions repérées est accessible ici.

    📌 Comment identifier les axes prioritaires d’excellence opérationnelle pour un établissement de santé ?

    L’adoption de l’intelligence artificielle (IA) représente un virage stratégique majeur. Pourtant, choisir les bons projets d’IA et les bonnes solutions à déployer pour améliorer l’excellence opérationnelle de son établissement nécessite un arbitrage méticuleux basé différents critères clés. Ces derniers contribuant à évaluer la faisabilité et l’impact potentiel de chaque initiative.

    👉 Les 4 critères de priorisation proposée par H&TI sont à retrouver ici.

     

    Communauté

    📢 Participez à la discussion

    Un groupe de discussion H&TI est dédié à la thématique de l’excellence opérationnelle : actualité, retours d’expérience, questions, échange… N’hésitez pas à rejoindre la conversation, en suivant ce lien.

     

  • Comment identifier les axes prioritaires d’excellence opérationnelle pour un établissement de santé ?

    4 critères principaux proposés

    L’intégration de l’IA dans les systèmes d’information des établissements de santé est cruciale pour réussir leur évolution vers une excellence opérationnelle. Elle nécessite une sélection minutieuse des projets basée sur 4 critères :

    ➡️ La maturité d’un cas d’usage se mesure à travers les trois critères suivants : son niveau d’adoption, son degré d’intégration dans les pratiques établies et sa stabilité à long terme.

    ➡️ La complexité de mise en œuvre dépends des compétences requises, de l’organisation interne, des technologies nécessaires, de l’architecture du système, ainsi que des coûts et délais associés à sa mise en œuvre.

    ➡️ Le retour sur investissement englobe divers aspects tels que : l’amélioration de la qualité des soins, l’amélioration des conditions de travail, la performance globale, l’augmentation de l’activité et la réduction des coûts opérationnels.

    ➡️ L’utilité de ces initiatives se mesurent à leur capacité à répondre aux besoins spécifiques, objectifs stratégiques ainsi qu’à leur capacité à générer des avantages tangibles et durables pour l’ensemble des parties prenantes.

    🔎 Point sur la maturité des solution

    La maturité de ces solutions destinées à l’excellence opérationnelle en santé varie, mais beaucoup de ces technologies sont en phase avancée de développement et d’adoption :

    • les systèmes de gestion des ressources humaines et les solutions logistiques montrent une maturité élevée avec des preuves tangibles de leur efficacité ;
    • les solutions administratives, bien qu’avancées, continuent de bénéficier d’améliorations pour atteindre une adoption plus large et une performance optimale.

     

    Les établissements de santé qui investissent dans ces technologies innovantes peuvent s’attendre à des gains substantiels en termes d’efficacité opérationnelle et de qualité des soins.

     

  • USA : en quoi consiste l’agent conversationnel pour le standard téléphonique de Parlance ?

    Soulager les standardistes des hôpitaux

    Lignes surchargées, patients mal orientés, standardistes à deux doigts de l’épuisement professionnel… le standard des établissements de santé, qui est la porte d’entrée pour les patients appelants, est tant une nécessité pour les hôpitaux, qu’un trou dans le budget si celui-ci fonctionne mal ou ne permet pas aux patients d’être correctement orientés.

    Pour permettre au personnel de l’établissement d’orienter plus justement les patients et de mieux se concentrer sur les besoins de chacun d’entre eux, la société américaine Parlance a développé une solution d’IA qui se présente sous la forme d’un agent conversationnel qui va être le premier interlocuteur du patient lorsqu’il appelle le standard de l’hôpital.

    Créé en 1996, Parlance est une entreprise basée à Woburn (Massachussetts) qui a à cœur de réduire l’épuisement des professionnels grâce à la mise en place d’outils d’IA qui conversent avec les appelants. Que ce soit dans les domaines de la santé, de l’éducation ou encore pour les industriels, les logiciels de Parlance permettent de guider l’appelant vers les bons professionnels, le plus rapidement possible et sans surcharge du personnel.

    Traiter plusieurs appels en même temps grâce à l’IA

    La solution d’IA de Parlance nommée IVA va se substituer à la personne du standard de l’hôpital qui répond à l’appel de chaque patient. Grâce à l’entrainement du modèle d’IA avec un nombre important de données vocales, l’outil de Parlance va comprendre les besoins du patient – qui va s’adresser à lui comme il le ferait avec un standardiste humain – et va même parfois prédire en amont le service vers lequel il convient le mieux de l’orienter en fonction de ses réponses.

    Concrètement, le patient n’aura pas besoin d’être baladé de services en services et pourra voir sa demande être rapidement comblée qu’il s’agisse de la prise d’un rendez-vous, ou de l’orientation vers le professionnel médical le plus compétent. Cela permet aussi de réduire les appels auxquels doivent répondre les standardistes, ce qui va réduire les tâches répétitives de leur emploi et à fortiori réduire leur épuisement professionnel et les coûts pour l’établissement. S’agissant d’un agent conversationnel, ce dernier pourra répondre à plusieurs appels de patient en même temps, chose impossible pour le standardiste.

    Une réduction des couts pour plusieurs groupes hospitaliers :

    La solution IVA de Parlance est disponible dans de nombreux groupes hospitaliers américains – parce que l’agent conversationnel ne communique et ne comprend pour le moment que l’anglais – et a déjà démontré sa valeur ajoutée.

    The Valley Health System qui est un groupe hospitalier de 6 établissements situés à Las Vegas faisait face à de nombreuses plaintes d’épuisement professionnel de la part de ses employés. En effet, les 13 opérateurs qui se chargent de répondre aux appels sont confrontés chaque jour à près de 3500 appels, ce qui est épuisant et ce qui ne permet pas non plus aux patients de bénéficier de la meilleure expérience et d’être guidés de la meilleure des manières. Pour compenser les burnouts, l’entreprise devait recruter et former du personnel régulièrement ce qui représente un énorme coût.

    Après avoir fait le choix d’utiliser la solution d’IA de Parlance, les appels qui nécessitent l’intervention d’un humain ont été réduits de moitié, ce qui permet actuellement d’utiliser plus efficacement le personnel et d’éliminer les temps d’attente des appelants, pour leur offrir une expérience plus agréable, les opérateurs étant plus à même de fournir un service plus personnalisé. Lors de l’ouverture de son sixième hôpital, la solution de Parlance a permis à The Valley Health System de ne pas avoir à embaucher de nouveaux standardistes pour répondre aux appels des patients de ce nouvel établissement.