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  • Etude : une révolution organisationnelle et opérationnelle à l’ère de la « santé 4.0 »

    Les opérations et les organisations transformées

    L’excellence opérationnelle vise à améliorer les processus organisationnels pour atteindre une efficacité maximale. Dans le secteur de la santé, cela inclut l’optimisation des chaînes d’approvisionnement, la gestion des flux de travail et l’amélioration de la qualité des soins aux patients. L’Industrie 4.0 introduit des technologies avancées telles que les objets connectés (IoT), l’intelligence artificielle (IA), la robotique, et la blockchain dans les systèmes de santé, transformant ainsi la manière dont les opérations sont menées et comment les services sont gérés.

    Les auteurs ont réalisé une revue systématique de 102 documents publiés entre 2011 et 2022, provenant de la base de données Scopus. En plus des tendances de publication et de la répartition géographique des recherches, leur analyse a permis d’identifier quatre clusters thématiques et de proposer des orientations pour de futures recherches.

    Résultats

    La recherche sur l’excellence opérationnelle et la santé 4.0 a connu une croissance significative, bien que certaines régions du monde soient sous-représentées.

    • La majorité des publications proviennent d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie, tandis que l’Afrique et l’Amérique du Sud sont moins représentées :
    Distribution géographique des publications - @ Detwal et al. (2023)
    Distribution géographique des publications – @ Detwal et al. (2023)
    • Les publications ont augmenté de manière exponentielle après 2015, illustrant un intérêt croissant pour le sujet :
    Tendances des publications sur le numérique et l'excellence opérationnelle entre 2011 et 2022 - @ Detwal et al. (2023)
    Tendances des publications sur le numérique et l’excellence opérationnelle entre 2011 et 2022 – @ Detwal et al. (2023)

    Clusters thématiques identifiés :

    📌 Technologies et outils :

    • L’IA est principalement utilisée pour l’analyse prédictive, l’aide à la décision et l’automatisation des processus cliniques.
    • L’IoT permet la surveillance à distance des patients et la gestion des dispositifs médicaux.
    • La blockchain assure la sécurité et la transparence des données de santé.

     

    📌 Défis organisationnels :

    • La résistance au changement, le manque de formation et les préoccupations en matière de confidentialité sont des obstacles majeurs à l’intégration de nouvelles technologies dans les systèmes existants.
    • Les organisations doivent adapter leurs structures et processus pour tirer pleinement parti des technologies H4.0.

     

    📌 Impact sur les soins :

    • Les technologies numériques contribuent à des diagnostics plus précis, une meilleure gestion des maladies chroniques et une réduction des erreurs médicales.
    • Elles permettent également une personnalisation accrue des soins et une meilleure satisfaction des patients.

     

    📌 Cadres théoriques :

    • Les cadres proposés incluent des modèles d’évaluation de l’impact technologique et des stratégies de gestion du changement.
    • Ces cadres aident les décideurs à planifier, mettre en œuvre et évaluer les initiatives de transformation numérique.

     

    Des implications théoriques et managériales

    ➡️ Sur le plan théorique :

    • Il est crucial de développer des méthodologies robustes pour évaluer l’impact des nouvelles technologies sur l’excellence opérationnelle.
    • L’accent doit être mis sur la recherche interdisciplinaire pour combiner des perspectives technologiques et organisationnelles.

     

    ➡️ Sur le plan managérial :

    • La communication efficace et la transparence sont essentielles pour surmonter la résistance au changement.
    • Les dirigeants doivent investir dans la formation continue et le développement des compétences pour préparer le personnel aux nouvelles technologies.
    • Il est également recommandé de mettre en place des systèmes de retour d’information pour évaluer et améliorer continuellement les processus.

     

    Cette revue de la littérature sur l’interface entre les nouvelles technologies et l’excellence opérationnelle offre un cadre conceptuel à la transformation numérique du secteur, tout en insistant sur la nécessité d’une recherche continue pour maximiser les bénéfices des innovations technologiques dans les établissements de santé. L’IA et l’automatisation offrent un potentiel énorme pour transformer les services de soins, mais leur réussite repose sur une mise en œuvre réfléchie et une gestion attentive des changements qu’elles induisent.

     

     

    Revolutionizing healthcare organizations with Operational Excellence and Healthcare 4.0: a systematic review of the state-of-the-art literature

    Pankaj Kumar Detwal, Rajat Agrawal, Ashutosh Samadhiya, Anil Kumar, Jose Arturo Garza-Reyes

    International Journal of Lean Six Sigma, 28 Septembre 2023

    ISSN: 2040-4166

     

  • Santexpo : 2 cas d’usage de l’IA pour améliorer l’excellence opérationnelle dans les hôpitaux (H. Chehade, Optacare)

    Avec ses solutions organisationnelles, Predict et Stock, Optacare est un acteur de l’excellence opérationnelle dans les hôpitaux français. Pour Health & Tech Intelligence, Hicham Chehade présente deux cas d’usage de l’IA dans des établissements comme le CHRU de Nancy et l’hôpital de Troyes, démontrant ainsi le potentiel et les bénéfices concrets pour la gestion et l’efficience des établissements de santé. L’entreprise, dont le siège social est situé à la Technopole de l’Aube en région Grand Est, est présente au salon Santexpo (21-23 mai 2024), au stand H47, hall 7.2.

    Améliorer la qualité de service des urgences à travers l’anticipation des flux patients

    Quelle problématique la solution Predict propose-t-elle de résoudre dans les établissements de santé ?

    Les services d’urgence sont souvent débordés, entraînant de longs temps d’attente pour les patients, de l’engorgement et un stress accru pour les soignants. Cette surcharge peut provoquer un manque de visibilité sur les besoins en lits et en ressources humaines nécessaires. Predict vise à répondre à ces problématiques en utilisant les données historiques et les données en temps réel pour prévoir les flux de patients et optimiser l’allocation de ressources. Elle utilise des algorithmes de machine learning et de deep learning pour analyser des données incluant les historiques de patients, les conditions météorologiques et des événements pouvant avoir un impact sur l’affluence aux urgences (comme des épidémies ou des manifestations, des compétitions sportives etc.). Ainsi, son objectif est de fournir des prévisions précises sur :

    • le nombre de patients attendus aux urgences ;
    • le nombre de patients nécessitant une hospitalisation ;
    • les besoins en lits par service et par unité fonctionnelle ;
    • et les ressources humaines nécessaires (médecins, infirmières, etc.).

    Quels gains la solution apporte-t-elle ?

    Le gain pour les soignants est une réduction du stress, du temps de travail sur des tâches administratives et une amélioration de la planification en lits, en box, etc. D’un côté, les chefs de pôle et les cadres hospitaliers peuvent utiliser Predict pour anticiper les besoins en lits et en ressources humaines, réduisant ainsi le temps passé à collecter et analyser ces informations manuellement. Cela permet de se concentrer davantage sur les soins aux patients. Et d’un autre, Predict aide à prévoir les périodes de forte affluence, permettant une meilleure allocation des ressources et une préparation plus efficace des équipes, notamment en période de vacances ou lors d’événements spéciaux. Pour les patients, ce gain se traduit par un raccourcissement des délais d’attente, une meilleure communication et plus de transparence. En effet, les patients peuvent être informés de manière plus précise sur les temps d’attente, ce qui diminue leur frustration et leur stress.

    Quels sont les utilisateurs au quotidien de la solution ? Quelles compétences humaines et techniques sont nécessaires ?

    Les chefs de pôle, chefs de service des urgences, leurs adjoints, les cadres des urgences, et les chefs de service des unités de soins peuvent tous utiliser Predict au quotidien. Par exemple, à l’hôpital de Troyes, la direction des ressources humaines et la direction des soins utilisent les prévisions pour gérer les effectifs de personnel. La solution étant un outil de pilotage avec des courbes et des chiffres, il ne requiert pas de compétences techniques spécifiques.

    Quels sont les indicateurs à mettre en place afin de pouvoir suivre et qualifier les effets produits par la mise en œuvre de la solution ?

    Le principal indicateur est la fiabilité des prévisions (nombre de patients, besoins en lits, etc.). Des protocoles de test sont mis en place pour comparer les prévisions aux données réelles. Cela est mesuré par la précision des prévisions de flux de patients et des besoins en ressources, avec un objectif de fiabilité supérieure à 94-95%.

    D’autres indicateurs concernent les temps d’attente des patients, les besoins en ressources matérielles (lits, box) et les besoins en ressources humaines. Des indicateurs qualitatifs sont également pris en compte, comme le gain de temps pour les cadres dans la planification des besoins en lits et en personnel grâce à l’automatisation de l’anticipation des besoins.

    L’enjeu de l’accès aux données et de l’interopérabilité

    Quelles sont les étapes principales et les difficultés pour la mise en œuvre de Predict ?

    Les étapes de mise en oeuvre de Predict incluent :

    • l’extraction des données ;
    • l’entrainement des algorithmes d’IA ;
    • les protocoles de tests sur différentes périodes ;
    • ainsi qu’une étape de formation et d’accompagnement des utilisateurs.

     

    Ce processus complet prend en moyenne 2 à 3 mois. Les difficultés sont l’accès aux données et l’interopérabilité entre différents systèmes d’information. Des solutions existent, notamment la mise en place de connecteurs de données adaptés à chaque établissement.

    Quelles sont les principales sources de données utilisées et leur fréquence de mise à jour ?

    Les données sont principalement issues des systèmes d’information des urgences comme RésUrgences ou toutes données liées aux flux de patients. Cela concerne par exemple :

    • le nombre de patients dans l’historique ;
    • les séjours des patients ;
    • les données liées à l’occupation des lits, des box.

    Ces données peuvent être complétées par d’autres éléments dépendant du niveau de granularité nécessaire pour répondre au besoin du service d’urgence. Les données doivent être mises à jour en temps réel pour assurer la précision des prévisions au moins une fois par jour.

    Stock, une solution issue du monde de la supply chain, adaptée à l’hôpital

    Quelle problématique la solution Stock résout elle dans les établissements de santé ? Quelles sont ses fonctionnalités et les gains apportés ?

    La solution répond à un besoin exprimé par le CHRU de Nancy. C’est-à-dire une solution permettant de projeter et d’analyser les données pour anticiper les délais fournisseurs de plus en plus longs pour le réapprovisionnement des magasins de l’hôpital. Cette demande a conduit à l’adaptation de la solution existante pour répondre aux contraintes particulières de la gestion des médicaments et des produits hospitaliers.

    La solution permet d’anticiper les délais afin d’anticiper les retards et éviter les ruptures de stock. L’IA permet de simuler les niveaux de stock afin d’avoir des projections à court et long terme. Il est également possible de gérer les commandes d’achats afin de minimiser les coûts logistiques associés aux ruptures ou au surstock.

    Quels sont les utilisateurs au quotidien de la solution ? Quelles compétences humaines et techniques sont nécessaires ?

    Les pharmaciens hospitaliers, les responsables de magasins d’hôpitaux ou les services d’achats et de logistique sont amenés à utiliser la solution pour gérer les stocks, l’approvisionnements de matériel ou la planification de commandes. Les compétences techniques à avoir pour les utilisateurs sont en relation avec la logistique et les notions de stock de sécurité ou de délai de réapprovisionnement.

    Des économies allant de 10 à 30% ?

    Quels sont les indicateurs à mettre en place afin de pouvoir suivre et qualifier les effets produits par la mise en œuvre de la solution ?

    Les indicateurs d’impact de la solution Stock lors de son implémentation incluent la fiabilité des prévisions mesurées par la précision des prévisions. Mais également la réduction des coûts liés entre autres à la consommation d’énergie ou au transport de matériels. La solution Stock permet de réaliser des économies pouvant aller de 10% à 30% de réduction des coûts. Ces économies sont principalement dues à la diminution des stocks excédentaires en évitant le surstockage, ce qui réduit les coûts de stockage, les risques de péremption des produits et une réduction de la consommation d’énergie.

    Quelles sont les étapes principales et les difficultés pour la mise en œuvre de Stock ?

    Les étapes incluent :

    • L’extraction et préparation de la data grâce à la collecte des données historiques pour entraîner les algorithmes ;
    • Le test avec l’établissement de santé ;
    • Et une étape de formation et d’accompagnement des utilisateurs.

     

    L’accès aux données et l’interopérabilité est une difficulté également pour la mise en place de la solution Stock, notamment l’accès aux données de flux d’entrées et sorties de médicaments et produits.

    Quelles sont les principales sources de données utilisées et leur fréquence de mise à jour ?

    Stock nécessite l’accès aux données historiques des commandes et les données en temps réel. Cela inclut les niveaux de stocks existants, les commandes en cours et les délais de livraison. La gestion dynamique et réactive des stocks nécessite une fréquence de mise à jour en temps réel, au minimum une fois par jour.

     

  • Ségur du numérique : entrée en vigueur des dispositifs DPI et PFI de la vague 2

    De nouveaux horizons pour le Ségur du numérique

    La vague 2 du programme Ségur s’annonce comme une extension ambitieuse de la première qui l’a précédée, avec des objectifs encore plus ambitieux. Elle vise ainsi à :

    • simplifier l’accès aux données médicales via Mon Espace Santé pour les professionnels ;
    • faciliter l’intégration des documents médicaux via la messagerie MSSanté ;
    • renforcer la cybersécurité des infrastructures informatiques ;
    • optimiser des pratiques cruciales telles que la qualification de l’identifiant national de santé (INS) et l’alimentation systématique du dossier médical partagé (DMP) ;
    • et élargir le spectre des logiciels concernés à trois nouvelles spécialités : Sage-femme, Chirurgien-dentiste, et Paramédical.

     

    L’Agence du numérique en santé (ANS) précise que cette nouvelle phase ne requiert pas nécessairement d’avoir été référencé dans la Vague 1 pour participer, mais elle exige le respect des normes techniques et fonctionnelles établies dans cette première étape.

    2 dispositifs pour les logiciels des établissements de santé

    Concernant le dispositif DPI du Couloir Hôpital :

    L’arrêté du 16 mai 2024 relatif à un programme de financement destiné à encourager l’équipement numérique des structures hospitalières, fonction « dossier patient informatisé » (DPI), explique que les opérateurs informatiques ayant conclu une convention peuvent prétendre à un financement pour la réalisation d’opérations informatiques au profit de professionnels, d’établissements ou de services éligibles.

    Les bénéficiaires de l’opération informatique doivent respecter les règles applicables lors de la commande de cette opération à l’opérateur informatique. L’arrêté souligne par ailleurs que la résiliation de la convention entraîne automatiquement la perte du droit d’accès au programme de financement pour l’opérateur éditant la solution logicielle et pour tout distributeur de cette solution.

    Calendrier du dispositif DPI Vague 2 :

    • Dépôt du dossier administratif à l’ANS : possible jusqu’au 19/11/2024 à 12h
    • Dépôt d’un dossier complet de preuves de conformité : possible jusqu’au 18/06/2025 à 12h
    • Echanges avec l’ANS pour validation du dossier de référencement : possible jusqu’au 17/09/2025 à 12h
    • Dépôt des demandes de financement et de paiement de l’avance : possible jusqu’au 17/12/2025 à 12h
    • Réalisation des Prestations Ségur de mise à jour DPI Vague 2 : possible jusqu’au 17/06/2026 à 12h
    • Dépôt des demandes de paiement du solde : possible jusqu’au 16/09/2026 à 12h

     

    Concernant le dispositif PFI du Couloir Hôpital :

    L’arrêté du 16 mai 2024 établit également un programme de financement pour promouvoir l’équipement numérique des structures hospitalières dans le cadre de la fonction « plateforme d’intermédiation » (PFI).

    Ce programme vise à encourager la mise à jour des logiciels PFI des structures hospitalières. Les financements seront attribués aux opérateurs publics et privés du développement numérique en santé, en échange d’opérations informatiques bénéficiant aux structures hospitalières. L’ANS gérera ces financements selon des critères définis dans l’arrêté, “sans favoritisme ni exclusivité”.

    Les principales dispositions de l’arrêté comprennent la définition des exigences pour les logiciels, les modalités de référencement, les conventions entre les opérateurs et l’ANS, ainsi que les conditions de contrôle et de sanctions en cas de non-respect des engagements. L’ANS assurera la gestion technique, administrative et financière du programme, rendant compte régulièrement à l’État. Les documents associés à cet arrêté sont disponibles sur ce lien.

    Calendrier du dispositif DPI Vague 2 :

    • Dépôt du dossier administratif à l’ANS : possible jusqu’au 19/11/2024 à 12h
    • Dépôt d’un dossier complet de preuves de conformité : possible jusqu’au 19/03/2025 à 12h
    • Echanges avec l’ANS pour validation du dossier de référencement : possible jusqu’au 18/06/2025 à 12h
    • Dépôt des demandes de financement et de paiement de l’avance : possible jusqu’au 17/09/2025 à 12h
    • Réalisation des Prestations Ségur de mise à jour DPI Vague 2 : possible jusqu’au 18/03/2026 à 12h
    • Dépôt des demandes de paiement du solde : possible jusqu’au 17/06/2026 à 12h

     

  • Santexpo : « Il faut reconstruire un système de santé adapté aux problèmes d’aujourd’hui » (A. Robinet)

    L’IA parmi les chantiers de la ministre Catherine Vautrin

    L’hôpital, clé de voûte du système de santé français :

    À l’occasion du 100e anniversaire de la Fédération hospitalière de France (FHF), la ministre du Travail, de la Santé et de la Prévention, Catherine Vautrin, a tenu à être présente et à adresser quelques mots lors de la conférence inaugurale de cette 58e édition de Santexpo, placée pour la première fois sous le haut patronage du Président de la République. En soulignant l’importance de l’appareil hospitalier dans le système de santé français, la ministre a expliqué que, sans un système hospitalier et de santé de cette envergure, le pays n’aurait pas été en mesure d’organiser les Jeux Olympiques de Paris 2024 qui débuteront dans quelques semaines. Elle a aussi rappelé la naissance du système que l’on connait aujourd’hui avec la signature, le 30 décembre 1958 (dernier jour des pouvoirs spéciaux du Général de Gaulle), des ordonnances médiatrices de Michel Debré qui avaient instauré la création des centres hospitalo-universitaire (CHU) français. Ces derniers ont, selon elle, “considérablement renforcé l’excellence médicale à la française” et “structuré notre système hospitalier”.

    Des chantiers pour l’innovation et la recherche :

    Après ce rappel historique, la ministre a rappelé les différents chantiers mis en place depuis son arrivée au gouvernement et ceux qu’elle a à cœur de mener à bien. Il s’agit principalement :

    • de retrouver une attractivité et redonner du sens aux métiers du soin et de l’humain ;
    • de mener à bien les chantiers d’amélioration des conditions et de la qualité de vie au travail (QVCT) pour les professionnels de santé ;
    • ainsi que de déployer la stratégie “Grand âge” pour 2030.

     

    Du côté du numérique en santé, Catherine Vautrin a insisté sur l’importance de pouvoir faire évoluer les pratiques françaises et les tourner vers l’avenir, notamment en intégrant l’intelligence artificielle (IA) dans le quotidien de la recherche, en favorisant le développement des entrepôts de données de santé (EDS) et en renforçant la recherche dans les établissements. Elle a d’ailleurs précisé qu’elle prendra connaissance “avec attention des conclusions rapport Armenteras sur le plan de rénovation de la recherche biomédicale”, et qui devrait paraître dans les prochains jours.

    4 chantiers de la FHF pour faire évoluer le système de santé

    En plus de la ministre, Arnaud Robinet, président de la FHF, a tenu à expliquer l’importance de faire évoluer le système de santé français qui nécessite, selon lui, une rénovation et doit être reconstruit de fond en comble pour être “adapté aux problèmes d’aujourd’hui”. Arnaud Robinet se veut, malgré tout, optimiste. Il a rappelé que la France avait toutes les ressources pour parvenir a créer “un nouveau bouclier sanitaire”, ce que confirme aussi le livre blanc, publié ce jour par la FHF à l’occasion de l’inauguration de Santexpo. Intitultée “Agir maintenant – Bâtir la santé de demain”, cette publication détaille les 7 grands chantiers pour l’avenir du système de santé, parmi lesquels, le président de la FHF a insisté sur les quatre les plus prioritaires selon lui :

    1️⃣ Le premier chantier cité concerne la sobriété. Les travaux de la FHF ont montré qu’il était urgent de réduire l’emprunte environnementale émise par le système de santé, alors que la santé représente environ 8 % des émissions de gaz à effet de serre de la France. La Fédération propose aussi d’accélérer le déploiement des mesures en faveur de la transformation écologique et de créer les outils médico-économiques susceptibles d’intéresser plus fortement les acteurs de santé au déploiement de la prévention et des alternatives à l’hospitalisation complète.

    2️⃣ Le deuxième chantier est celui de la responsabilité partagée. Pour faire évoluer le système de santé, la FHF recommande sur ce point de mobiliser l’ensemble des acteurs de santé du territoire notamment en généralisant les modes d’exercice collectif et en renforçant la coordination entre acteurs respectivement de la ville et de l’hôpital à l’échelle d’un territoire. Le président de la Fédération a aussi évoqué l’importance des agences régionales de santé à l’échelle régionale comme territoriale, mais aussi l’importance des pouvoirs publics qui doivent engager un véritable débat démocratique des priorités en matière de santé, afin d’en dégager une stratégie claire.

    3️⃣ Le troisième chantier présenté est celui du ré-enchantement de l’environnement de travail des professionnels de santé. Pour rendre le travail plus attractif, la Fédération recommande de redonner du sens à l’engagement de l’ensemble des professionnels de santé en les recentrant sur leur cœur de métier, de mettre en place de nouvelles formations ouvertes et adaptées, mais aussi d’anticiper  et d’accompagner les nécessaires montées en compétences et les reconversions professionnelles.

    4️⃣ Le quatrième chantier évoqué par Arnaud Robinet n’est autre que le grand âge. Alors qu’en 2040, 2,5 millions de citoyens auront plus de 80 ans, la FHF recommande de prendre en compte et de corriger les différences de situations socio-fiscales entre les établissement ou service social ou médico-social (ESMS) de différents statuts, d’élaborer au plus vite une loi de programmation pour le grand âge, d’apporter des réponses structurelles à la situation de crise financière inédite rencontrée par les ESMS publics en faisant évoluer le cadre de financement, « sur la base des travaux menés autour du modèle économique des Ehpad, pour garantir la prise en compte de l’évolution des coûts, mais aussi de l’évolution du profil des personnes accompagnées ». Enfin la FHF recommande de garantir la pérennité des financements de la branche autonomie consacrés à l’investissement au-delà de 2024 par l’affectation d’une ressource durable.

    7 chantiers prioritaires pour l'avenir du système de santé - @ FHF, mai 2024
    7 chantiers prioritaires pour l’avenir du système de santé – @ FHF, mai 2024

     

  • Santexpo : « Favoriser les collaborations entre start-ups et établissements » (G. Mercy, Fonds FHF)

    Rassembler et inspirer décideurs et professionnels de la santé

    Pourriez-vous d’abord nous parler de la démarche du Fonds FHF en termes d’innovation à travers cet Espace dédié à Santexpo ?

    Cela fait trois ans que nous mettons en avant les innovations à Santexpo. En 2022, nous avons commencé par les blocs opératoires avec six innovations dédiées. L’année dernière, nous avons consacré l’espace à “l’hôpital de demain” avec dix-sept thématiques regroupant chacune quatre ou cinq solutions, couvrant tout le parcours d’un patient. Cette année, nous continuons à promouvoir l’innovation, en élargissant notre focus pour inclure les établissements innovants, et en changeant les modalités de sélection, avec  des auditions réalisées par un jury d’experts pour identifier 3 solutions finalistes, les plus pragmatiques, dans chacune des huit catégories retenues, pour annoncer le lauréat de chaque catégorie durant le salon.

    L’Espace Innovation s’étend sur une surface de 910 m², incluant une zone institutionnelle, un bloc opératoire et des zones d’exposition pour les huit thématiques. Par exemple, pour le bloc opératoire, nous présenterons des solutions telles que des robots chirurgicaux et des systèmes de gestion vidéo. La zone institutionnelle regroupera des sponsors et partenaires tels que l’Agence de l’innovation en santé (AIS), l’Agence du numérique en santé (ANS), UniHA, France Biotech, etc.

    Les 8 catégories sélectionnées pour Santexpo 2024 :

    (Les solutions retenues pour chaque catégories sont à retrouver à la fin de cet article.)

    Grand âge : cette catégorie inclut toutes les solutions répondant aux besoins spécifiques des personnes âgées, visant à améliorer leur qualité de vie, leur prise en charge médicale et leur bien-être général.
    Handicap : cette catégorie regroupe les solutions destinées à améliorer l’autonomie, l’inclusion sociale et la qualité de vie des personnes en situation de handicap.
    Santé de la femme : les solutions de cette catégorie se concentrent sur l’amélioration de la santé et du bien-être des femmes, en proposant des innovations axées sur la prévention, le diagnostic et le traitement des problématiques spécifiques aux femmes.
    Santé mentale & neurosciences : cette catégorie met en avant les innovations pour le diagnostic, le traitement et le soutien des troubles mentaux, ainsi que les initiatives prometteuses dans le domaine des neurosciences.
    Radiologie & imagerie : les solutions de cette catégorie présentent des avancées technologiques significatives, des méthodes diagnostiques novatrices et des solutions visant à améliorer la précision et l’efficacité des examens d’imagerie médicale.
    Pharmacie et biologie : cette catégorie concerne les solutions liées à la distribution pharmaceutique, la gestion des traitements, les diagnostics biologiques, les nouvelles thérapies et toute initiative visant à améliorer l’efficacité et la sécurité des interventions pharmaceutiques.
    Transition écologique et gestion de l’établissement : cette catégorie regroupe les solutions facilitant le pilotage et la gestion des établissements de santé, en mettant l’accent sur la transition écologique et les pratiques durables.
    Coordination territoriale (lien ville-hôpital / responsabilité populationnelle) : cette catégorie englobe toutes les solutions permettant de gérer la santé d’une population à l’échelle d’un territoire, tout en favorisant le développement du lien entre la ville et l’hôpital.

    L’enjeu du pilotage et de la gestion des établissements

    Parmi les 8 catégories choisies cette année, on retrouve celle concernant le pilotage et la gestion de l’établissement, mais sous le prisme de la transition écologique spécifiquement. Pourquoi avoir choisi cet angle et quel est son importance aujourd’hui au sein des établissements de soins ?

    Dans la catégorie pilotage et gestion des établissements, nous avons privilégié le prisme de la transition écologique. Cela répond à des enjeux actuels tels que la réduction des coûts énergétiques pour les établissements de santé, qui sont de gros consommateurs d’énergie. Des solutions comme le générateur d’oxygène sur place permettent de réduire l’importation d’oxygène et donc de diminuer le bilan carbone, bien que cela puisse augmenter la consommation énergétique locale.

    Parmi les candidatures reçues, il y avait aussi des solutions non centrées sur la transition écologique, comme Apitrak, qui utilise la géolocalisation pour gérer le matériel des établissements de santé. La gestion des plannings et des flux reste un besoin essentiel, mais le déploiement de nouvelles solutions peut être complexe à cause des processus actuels et des résistances au changement. Pourtant, le bénéfice de ce type de solution n’est pas centré que sur les établissements, mais concerne aussi la qualité de vie des professionnels et des patients, et donc la qualité de soins.

    Un lieu de rencontre et de partage

    Quels sont les objectifs stratégiques de l’Espace Innovation, cette année ?

    Notre objectif est de faire découvrir un maximum d’innovations à tous les professionnels du secteur, qu’ils soient directeurs d’établissements, médecins, paramédicaux ou d’autres fonctions supports. Nous voulons montrer que l’innovation ne se limite pas au champ médical mais s’étend à toute l’organisation des établissements de santé. Cette année, nous mettons à l’honneur des thématiques souvent oubliées comme le grand âge, le handicap et la santé mentale, mais aussi d’autres thématiques très importantes comme la pharmacie, la radiologie et la coordination territoriale.

    Nous organisons sur le stand de l’Espace plusieurs événements, dont une chirurgie cardiaque en live, avec plusieurs start-ups et un chirurgien, pour parler de la question de l’urgence et de la gestion de l’urgence. Se tiendront également des cérémonies de remise de trophées et des agoras sur divers sujets comme la robotique et le management de l’innovation.

    Par ailleurs, les centres d’innovation se relaieront, l’objectif étant de permettre à différents établissements de santé de promouvoir leurs initiatives aux visiteurs de l’espace thématique. Et pour les start-ups, un espace “camp fire” est mis à leur disposition pour qu’elles puissent présenter leurs solutions et échanger avec les établissements de santé. Nous espérons que l’espace innovation sera un lieu de rencontre et de partage, favorisant les collaborations entre start-ups et établissements de santé. L’objectif est de voir émerger des projets concrets grâce aux rencontres faites sur notre espace.

    Les finalistes de l’Espace Innovation 2024

     

    La liste des 24 solutions sélectionnées par le Fonds FHF pour l'Espace Innovation de Santexpo 2024
    La liste des 24 solutions sélectionnées par le Fonds FHF pour l’Espace Innovation de Santexpo 2024 – @ Fonds FHF

     

  • Santé mentale : lancement de l’AAP du Prix Marcel Dassault pour l’innovation sur les maladies mentales (17/06)

    Promouvoir le développement de nouvelles approches

    Cette onzième édition du Prix Marcel Dassault s’inscrit dans la volonté du le groupe Dassault et de la Fondation FondaMental d’attirer de nouveaux talents dans le domaine de la santé mentale et de contribuer au développement de l’écosystème “psytech”. Alors que les maladies psychiatriques représentent le premier poste de dépense de l’Assurance maladie en France, avec plus de 23 milliards d’euros par an dépensés pour la détresse psychique et les maladies psychiatriques, l’appel à projet (AAP) du Prix Marcel Dassault pour l’innovation sur les maladies mentales vise à promouvoir “le développement de nouvelles approches, outils et thérapies pour la prévention, le diagnostic et la prise en charge des troubles de santé mentale”. Et, par là, à encourager les candidats à proposer des solutions innovantes dans divers domaines, notamment :

    • la gestion des troubles mentaux, de la prévention aux soins : technologie médicale (dispositifs) ; traitements (médicaments, probiotiques, thérapies psychosociales, stimulation cérébrale) et plateformes numériques ;
    • la découverte de nouveaux biomarqueurs diagnostiques et pronostiques : biomarqueurs sanguins, biomarqueurs d’imagerie cérébrale, électrophysiologie, biomarqueurs du microbiome intestinal, algorithme, etc.

     

    Le conseil scientifique de la Fondation FondaMental sera chargé de sélectionner le meilleur projet visant soit à adapter une innovation d’un autre domaine vers la santé mentale ou les troubles mentaux, soit au développement et/ou à la validation d’une innovation.


    👉 Les candidats peuvent soumettre leur dossier jusqu’au 17 juin 2024 à 15h00 CET  via ce lien. Les lauréats seront sélectionnés en automne et le Prix sera remis lors d’une cérémonie de remise des prix qui se tiendra au siège du Groupe Dassault à Paris en octobre-décembre 2024 .

    📌 Une adresse email de la Fondation est dédiée pour réponde à toute question ou demande d’information : prixprojet@fondation-fondamental.org


    Modalités de participation

    Critères d’éligibilité :

    • le candidat doit être un chercheur, un psychiatre, un médecin, un psychologue ou un entrepreneur ayant ou étant en train de créer une start-up et/ou dont l’innovation est proche du marché ;
    • l’innovation doit s’appliquer au domaine de la santé mentale et/ou des troubles mentaux : troubles majeurs de l’humeur et anxieux, troubles psychotiques, troubles neurodéveloppementaux ;
    • les candidats de toutes disciplines et nationalités peuvent postuler, à condition de résider en France ;
    • l’innovation doit être développée en France ou dans un autre pays européen ;
    • la proposition doit être rédigée en anglais pour une évaluation indépendante.

     

    Critères de sélection: 

    • l’originalité de l’innovation et sa pertinence pour les troubles mentaux et la santé mentale en général ;
    • la faisabilité et l’impact du projet (social, économique et médical) ;
    • la pertinence par rapport aux missions de la Fondation FondaMental ;
    • l’innovation doit cibler la gestion des maladies mentales ou la découverte de nouveaux biomarqueurs.

    Calendrier de l’AAP :

    • Clôture de l’appel : 17 juin 2024.
    • Classement délivré par le conseil scientifique au comité exécutif de la Fondation FondaMental : automne 2024.
    • Décision finale et approbation du lauréat par le Comité Exécutif de la Fondation : automne 2024.
    • Annonce du lauréat : octobre-décembre 2024.

     

    Le jury est composé des membres du conseil scientifique de la Fondation FondaMental. Une notification par e-mail sera envoyée aux candidats ainsi qu’à l’établissement de recherche concerné par l’administration du financement du projet. Les fonds seront envoyés par la Fondation FondaMental à l’institution de recherche du lauréat qui devra assumer la responsabilité de leur gestion.

    Les obligations du lauréat :

    • assurer l’acceptation écrite de l’attribution dans le mois suivant la notification de la décision;
    • faciliter l’interaction avec le(s) contact(s) concerné(s) au sein de son institution de recherche en vue de la mise en œuvre de l’accord contractuel à établir entre cette institution et la Fondation FondaMental;
    • participer en présentiel et donner une conférence pour présenter l’innovation lors de la cérémonie de remise des prix;
    • participer et donner une conférence à la cérémonie de remise des prix de l’année suivante, pour faire le point et expliquer comment cela a été rendu possible grâce au Prix Marcel Dassault pour l’innovation sur les troubles mentaux;
    • soumettre sur demande des rapports d’avancement à la Fondation FondaMental et au Groupe Dassault;
    • participer aux activités de communication, à la demande de la Fondation;
    • citer et reconnaître la Fondation FondaMental et le Prix Marcel Dassault dans toutes les publications scientifiques et autres, interviews et autres communications liées au projet, tout au long de sa durée de vie.

     

    Les lauréats des éditions précédentes

    Créé  en 2012, le Prix Marcel Dassault a déjà récompensé treize lauréats. Doté de 100 000 euros, il est décerné chaque année à un chercheur et son équipe sélectionnés par un jury international pour des recherches sur les maladies mentales. Depuis 2022, le Prix Marcel Dassault évolue pour récompenser un chercheur porteur d’un projet innovant en psychiatrie de précision.

    • 2012 : Pr Angela Sirigu et Dr Stéphane Jamain – autisme et Troubles bipolaires
    • 2013 : Pr Luc Mallet et Pr Frank Bellivier – troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et roubles bipolaires
    • 2014 : Pr Joël Swendsen et Philippe Courtet – vulnérabilité neuropsychologique
    • 2015  : Pr Philip Gorwood et Dr Laurent Groc – vulnérabilité aux addictions et Troubles psychotiques
    • 2016 : Pr Nicolas Glaichenhaus – schizophrénie
    • 2017 : Pr Joël Doré – lien entre microbiote intestinal et autisme
    • 2018 : Dr Lucile Capuron – dépression
    • 2019 : Dr Andreas Frick – autisme
    • 2020 : Bruno Etain, – biomarqueurs du vieillissement cellulaire, accéléré dans les troubles bipolaires
    • 2022 : Raoul Belzeaux – test sanguin de dépistage du trouble bipolaire.
    • 2023 : Dr Jocelyne Caboche – l’innovation en psychiatrie qui a permis de développer des médicaments pour traiter le trouble dépressif majeur (TDM).

     

  • Data : Closar AI souhaite révolutionner la santé préventive grâce aux données des objets connectés

    Déjà disponible en France et en Suède

    Face à la multiplication des appareils connectés (IoT), les besoins du système de santé de disposer d’outils efficaces pour exploiter, de manière sécurisée et éthique, les données qu’ils produisent sont de plus en plus croissants. Pour y répondre, Closar AI propose une plateforme permettant aux professionnels de santé d’explorer, traiter et suivre les données des patients à partir de leurs appareils connectés de santé. Avec une approche axée sur la précision et la confidentialité, cette solution offre un accès gratuit et sécurisé aux données des patients pendant les consultations.

    Le 29 avril 2024, Jean-Pierre Nordmann, CEO et co-fondateur de Closar AI, a publié une vidéo de démonstration sur Linkedin pour expliquer le fonctionnement de son produit, en garantissant que les données des patients ne sont partagées qu’avec leur consentement et en se conformant aux réglementations en matière de confidentialité et de sécurité des données de santé. La solution est actuellement disponible en France et en Suède, tandis que l’obtention du marquage CE est en cours (classe IIa).

    Comment ça marche ?

    1️⃣ Installation : le patient télécharge l’application et partage ses données via son téléphone.

    2️⃣ Codification : un code QR unique est généré pour chaque consultation, garantissant la confidentialité des données du patient.

    3️⃣ Utilisation des données : les professionnels de santé, en scannant le code QR, récupèrent toutes les données des objets connectés et peuvent explorer les tendances jusqu’à deux ans en arrière et zoomer sur des événements spécifiques pendant la consultation.

    Aperçu de l'interface de la plateforme d'exploitation des données de santé de Closar AI - @ Closar AI

    Aperçu de l’interface de la plateforme d’exploitation des données de santé de Closar AI – @ Closar AI

    Deux offres proposées aujourd’hui

    Une version accessible gratuitement :

    La version gratuite offre une vue holistique de la santé des patients, couvrant des biomarqueurs tels que le cœur, l’activité, le sommeil et le métabolisme grâce à un partage de données à court terme de 30 minutes. La plateforme est compatible avec tous les types et marques d’appareils connectés. En accédant gratuitement à cette plateforme, les utilisateurs peuvent explorer les données de leurs patients de manière efficace et sécurisée.

    Une version payante pour les professionnels de santé :

    Les professionnels de la santé souhaitant un suivi plus approfondi peuvent opter pour une version premium à 99 euros par mois par utilisateur. Cette option offre des fonctionnalités supplémentaires et un partage de données permanent. Elle inclut :

    • un historique complet des données, permettant aux utilisateurs d’avoir une vision détaillée de l’évolution de la santé de leurs patients au fil du temps ;
    • une fonction de télésurveillance qui permet un suivi à distance, offrant une flexibilité accrue pour les consultations virtuelles ;
    • un accès illimité aux données selon la volonté du patient ;
    • un plan de prévention permettant de fixer des objectifs pour chaque biomarqueur et de jouer un rôle proactif dans la prévention des maladies et la promotion d’un mode de vie sain ;
    • des recommandations médicales provenant du comité scientifique de Closar AI ;
    • ainsi que des recommandations scientifiquement prouvées générées par une IA, se basant sur les tendances de votre patient afin d’aider les professionnels de santé dans le diagnostic, le choix du traitement et la détection précoce de certains troubles.

     

  • AP-HP : un budget de 48,5 M€ pour les travaux de la plateforme de biologie et pathologie d’Henri-Mondor

    Un ensemble de 6 plateformes innovantes

    Le 27 mars 2024, le projet d’une plateforme hospitalo-universitaire de biologie et de pathologie de territoire du groupe hospitalo-universitaire (GHU) AP-HP Henri-Mondor a officiellement lancé au sein de l’hôpital sis à Créteil, dans le Val-de-Marne. Ce projet, dont le coût des travaux s’élève à 48,5 millions d’euros, a pour objectifs :
    • de centraliser et d’optimiser les ressources et les compétences en biologie et en pathologie ;
    • de renforcer la coopération entre les différents acteurs de la recherche et de la médecine ;
    • de créer une forte dynamique au sein des équipes et sur le territoire du GHU ;
    • ainsi que de renforce le rôle du GHU auprès des 2,5 millions d’habitants de son bassin de population.

     

    La nouvelle plateforme occupera une superficie de 8 050 m², comprenant à la fois la restructuration des bâtiments existants (environ 3 300 m²) et la construction de nouveaux espaces (environ 4 700 m²). Cette infrastructure modernisée abritera des équipements de pointe pour la biologie médicale, incluant :

    ➡️ une plateforme automatisée de très grande routine, à haut-débit fonctionnant 24h/24h (biochimie, microbiologie, immuno-analyse, hématologie cellulaire et hémostase) ;

    ➡️ cinq plateformes technologiques innovantes :

    • Genobiomics : pour l’étude des génomes) ;
    • Cytosphère : pour l’étude des cellules ;
    • Pro-S2 : pour l’étude des protéines ;
    • ImIAge : pour la digitalisation et l’étude des images ;
    • Dry : une plateforme informatique, bio-informatique et d’IA pour faire le lien entre l’ensemble des plateformes technologiques, les patients du territoire et la recherche.

     

    Un déploiement stratégique pour l’innovation et la recherche

    Le but de cette nouvelle organisation est de mutualiser les ressources et garantir une continuité optimale entre les différentes unités de recherche et les espaces de l’Inserm à proximité​. La plateforme hospitalo-universitaire de biologie et de pathologie devrait offrir aux professionnels de santé un accès unique à des technologies innovantes et à une expertise de haut niveau, favorisant ainsi les échanges et les collaborations interdisciplinaires. Les nouveaux équipements, d’une valeur totale avoisinant les 20 millions d’euros, devraient permettre d’optimiser les processus de diagnostic et de traitement, améliorant ainsi la qualité des soins prodigués aux patients​.

    Avec cette initiative, l’AP-HP cherche non seulement à améliorer les soins médicaux mais aussi à renforcer son rôle de leader dans le domaine de la recherche médicale et de l’enseignement en France et à l’international. La nouvelle plateforme de biologie et de pathologie s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des infrastructures hospitalières, visant à répondre aux besoins croissants de la population et à anticiper les évolutions rapides et continues de la médecine.

     

  • Développement durable : le Sesan dévoile sa boussole du numérique responsable en santé

    Guider les usages dans les structures de santé

    Aux côtés de l’accessibilité pour tous au numérique en santé, de la transparence sur les données de santé et de l’éthique des solutions d’intelligence artificielle (IA) en santé, l’éco responsabilité du numérique en santé est l’une des grandes thématiques du cadre éthique du numérique en santé (CENS). Pour autant, elle n’est pas au coeur des échanges lorsque l’on évoque le secteur de la santé numérique. Pourtant, un rapport d’Hellocarbo paru en octobre 2023 montre que la pollution numérique représente 4 à 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (24 millions de tonnes de CO2 par an en France), sans préciser la part que représente le secteur de la santé.

    Et le secteur de la santé est très polluant : entre les ordinateurs nécessaires à la gestion des hôpitaux, les millions de données de santé stockées pour la recherche ou la prévention et la multiplication des logiciels et des applications de santé numérique, il convient de mettre en place des recommandations pour guider les acteurs dans leur utilisation numérique pour éviter une augmentation de cette pollution numérique.

    C’est dans cette optique que le Grades de l’Île-de-France, le Sesan, a créé une boussole du numérique responsable en santé “pour permettre aux structures de santé d’y voir un peu plus clair” et inviter les personnes en charge de l’utilisation numérique dans ces structures à revoir l’utilisation de leurs outils informatiques.

    Rôle des structure de santé selon la Boussole du numérique responsable - @ Sesan
    Rôle des structure de santé selon la Boussole du numérique responsable – @ Sesan

    Tendre vers l’achat responsable et l’éco-conception

    Dans cette boussole téléchargeable sur le site du Grades, le Sesan fait le point sur la législation française en termes de numérique responsable en santé, mais dresse aussi un guide afin de permettre à chaque structure de mettre en place une démarche itérative de réduction d’impact, grâce à plusieurs actions dont l’achat responsable et l’éco-conception.

    La loi française oblige les responsables des structures de santé (ou au moins les directeurs des systèmes d’informations) à prendre en compte les enjeux d’anti-gaspillage et d’économie circulaire dans leur politique d’achat, et les incite aussi à limiter leurs impacts négatifs sur l’environnement.

    Pour les aider à respecter la législation, la boussole du Sesan donne plusieurs principes permettant de tendre vers l’achat responsable et l’éco-conception :

    • l’achat de matériel informatique labellisé, que ce soit des appareils avec un bon indice de réparabilité pour allonger la durée de vie et d’utilisation des appareils, ou du matériel labellisé TCO certified ou Epeat Gold/Silver qui garantissent que les produits ont des impacts environnementaux réduits tout au long du cycle de vie ;
    • l’audit des logiciels achetés ou conçus en interne pour s’assurer de leur éco-conception tout au long de leur création ;
    • la mise en place de questions clés à se poser pour adopter une politique d’anti-gaspillage et d’économie circulaire, comme le besoin et l’utilité des achats, le respect des référentiels par les futurs ressources à acquérir, la manière dont vont être traitées les ressources remplacées et/ou abandonnées.

     

    les émissions de carbone presque entièrement réduites grâce aux solutions utilisant des énergies renouvelables :

    Le Sesan a aussi intégré à sa boussole une série d’actions qui ont porté leurs fruits et qui peuvent être ré-utilisées par les directeurs des systèmes d’information des structure de santé pour prendre en compte l’éco-responsabilité des outils numériques :

    1️⃣ Pour réduire la consommation d’électricité et réaliser des économies pouvant aller jusqu’à 11 %, la boussole du Sesan conseille de débrancher les ordinateurs au-delà de plus d’une heure d’inactivité ;

    2️⃣ Pour améliorer le bilan environnemental de 50 %, le Sesan propose de rallonger la durée de vie du matériel informatique en passant de 2 à 4 ans et de privilégier la réparation en cas de panne ;

    3️⃣ Enfin, le Grades de l’Île-de-France explique que l’utilisation d’une solution de stockage cloud fonctionnant aux énergies renouvelables, plutôt qu’un data center basé sur site permet de réduire jusqu’à 96 % des émissions de carbone émises par les solutions de stockage traditionnelles et de réaliser 80 % d’économies d’énergie.

     

  • Recherche clinique : vers un encadrement des nouvelles méthodologies (GT AIS/F-Crin)

    Des méthodologies alternatives ou complémentaires

    Avec l’augmentation des données cliniques et le développement de l’intelligence artificielle (IA) et des traitements personnalisés, les essais cliniques pourraient bénéficier de nouvelles méthodologies de recherche. L’AIS et l’infrastructure de recherche clinique, F-Crin, travaillent à définir leur cadre d’utilisation : elles publient ainsi les premiers résultats de leurs groupes de travail ainsi que leurs deux premiers rapports. Elles annoncent par ailleurs une phase opérationnelle à venir pour évaluer ces nouvelles méthodologies et un colloque international, le 24 juin au CHU de Lille, durant lequel ces réflexions seront discutées (plus de détails dans ce agenda H&TI).

    Afin d’obtenir des informations supplémentaires, la recherche clinique utilise de plus en plus des méthodologies alternatives ou complémentaires aux essais contrôlés randomisés. De nombreux outils et méthodes, déjà disponibles, ont le potentiel d’accélérer le développement des produits de santé, notamment dans les domaines où la preuve d’efficacité est difficile à obtenir (maladies rares, antibiorésistance…) ou lorsque les essais classiques sont complexes (pédiatrie, personnalisation génétique…).

    De quelles nouvelles méthodologies parle-t-on ?

    Les nouvelles méthodologies recouvrent à la fois de nouvelles façons de concevoir et de réaliser les essais cliniques :

    📌 Pour la conception des essais :

    • l’extension du recours aux designs modernes avec des méthodologies adaptatives telles que les essais “baskets” ou “umbrella”, les essais plateforme (ou pérennes), les essais combinés, etc. ;
    • l’utilisation des données de vie réelle (RWD) notamment issues des registres, cohortes, entrepôts de données de santé, etc. ;
    • et des essais dits in silico via le recours aux modélisations de processus biologiques et la mise en place des bras de contrôle synthétiques.

    📌 Pour la réalisation des essais :

    Ces nouvelles méthodologies sont censées fixer également des objectifs opérationnels pour des essais cliniques décentralisés (DCT), qui “peuvent nécessiter des adaptations en matière de suivi, de circuits ou de réglementation”, dans le prolongement des travaux menés par la Commission nationale pour les recherches impliquant la personne humaine (CNRIPH) sur le sujet.

    Résultats des premiers travaux

    Les premiers résultats d’analyse et éléments de recommandation des groupes de travail de l’AIS et de F-Crin sont synthétisés dans deux documents publiés le 16 mai 2024 :

     

    En plus de ces travaux, une phase plus opérationnelle est annoncé pour bientôt. Son objectif sera de faciliter et d’encadrer le déploiement des nouvelles approches méthodologiques en question, afin de garantir l’efficacité et la sécurité des patients.

     

    Un AMI en préparation pour le suivi de cas pilotes :

    Si ces publications définissent les nouvelles méthodologies et recommandations pour l’utilisation des données de santé, la mise en œuvre opérationnelle de ces dernières reste limitée. L’AIS annonce qu’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) est en préparation afin de suivre des “cas pilotes” de démonstration. Ceux-ci permettront de définir le niveau de preuve, les modalités d’utilisation et d’évaluation de ces nouveaux outils et approches.

     

    Les 18 recommandations du groupe de travail (GT) “Données”

    Selon le rapport, les 18 recommandations sur l’utilisation des données de vie réelle dans la recherche, présentées dans la publication du du GT AIS/F-Crin, sont divisés suivants 6 axes et “n’ont d’intérêt que si elles sont suivies d’effet et effectivement appliquées”. Elles mettent l’accent sur l’importance des bases de données existantes, leur qualité, leur interopérabilité, et leur utilisation.

    Axe 1 – Référencer et documenter les bases de données existantes :

    1. Identifier et référencer au niveau national les bases et entrepôts de données accessibles, avec une caractérisation orientée « utilisateurs/chercheurs ».
    2. Impliquer les producteurs et utilisateurs de données dans la définition des critères minimums et des niveaux de preuve scientifique pour les projets menés.
    3. Standardiser la gouvernance et les aspects règlementaires pour le partage de données issues de plusieurs bases afin de favoriser l’accès aux innovations.
    4. Prioriser les financements publics de la recherche clinique pour inciter à l’utilisation de données de vie réelle, comme la construction de bras de contrôle externe.

    Axe 2 – Garantir la qualité, l’interopérabilité, la standardisation et la pertinence des données :

    5. Définir des critères d’appréciation de la qualité des données et vérifier leur utilisabilité via des tests préalables.
    6. Intégrer la mesure de la qualité des données de vie réelle dans la conception du label européen de qualité et d’utilité des données.
    7. Mettre en œuvre une standardisation syntaxique et sémantique compatible avec les standards internationaux.
    8. Développer la recherche sur les méthodologies de mise en qualité des données, intégrant l’identification et la neutralisation des biais.

    Axe 3 – Assurer la reconnaissance et le partage de la valeur dans la collecte et l’utilisation des données :

    9. Établir des principes d’échange et de tarification pour l’accès aux bases de données avec les partenaires privés.
    10. Établir des principes de partage de la propriété intellectuelle pour rémunérer le travail sur les données à leur juste valeur.

    Axe 4 – Améliorer les modes et circuits d’information du patient :

    11. Mettre en place des notices d’information simplifiées mentionnant la possibilité de réutiliser les données et l’adresse web du portail de transparence.
    12. Utiliser l’Espace Numérique Santé pour informer les patients et gérer leur opposition à la réutilisation de leurs données.

    Axe 5 – Inciter à la collaboration et au partage de données :

    13. Définir des modalités de recevabilité des données par les autorités pour garantir leur reconnaissance dans la recherche clinique.
    14. Mettre en place une instance dédiée à la construction de la doctrine relative à la constitution des bases de données, assurant une bonne représentativité des acteurs.
    15. Proposer un accompagnement personnalisé associant les régulateurs aux porteurs de projets souhaitant mettre en œuvre des essais innovants.
    16. Définir un modèle économique assurant le financement de la création et de la collecte de bases de données exhaustives et de qualité.

    Axe 6 – Assurer la dissémination des modes d’utilisation des données de santé en vie réelle en recherche clinique :

    17. Informer et former les membres des organismes validant l’utilisation des données de vie réelle dans les protocoles de recherche clinique.
    18. Intégrer des modules spécifiques sur les méthodologies innovantes d’utilisation des données de santé dans les formations diplômantes liées à la recherche clinique et aux données.