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  • Handicap : un premier « signbot » pour sourds et malentendants

    Révolutionner la communication avec les personnes sourdes et malentendantes

    Après avoir été présenté au dernier salon de Las Vegas, le robot Iris destiné au sourds et malentendants a fait l’objet d’une démonstration le 25 avril dans les locaux d’IBM à Bois-Colombes. Il a été développé par la société Ivès, créée en 2015 et dirigée par Pascal Dupuy, leader en Europe sur le marché de l’accessibilité pour les personnes sourdes et malentendantes.

    Elioz : la passage par un interprète

    Les sourds et malentendants représentent une population nombreuse, estimée à 7 millions de personnes en France, pour laquelle la communication seulement écrite n’est pas la solution universelle. La possibilité de communiquer à partir de la langue des signes a été rendue possible il y a quelques années par la société Ivès grâce à son application Elioz. Celle-ci permet d’effectuer une communication en LS au moyen d’un appel vidéo en direction d’une personne qui interprétera dans les deux sens le LS et le langage ordinaire.

    Iris : le bot fait l’interprète

    Pour succéder à Elioz, qui repose sur l’intermédiation d’une personne, interprète en langue des signes, Ivès a mis au point un chatbot fonctionnant grâce à l’IA.

    Cette nouvelle étape consiste à remplacer la personne qui traduit par un robot conversationnel, capable à la fois de lire et de s’exprimer en LS : c’est ce qu’on désigne sous l’appellation de signbot. La lecture des signes se fait en vidéo, et celle-ci est exploitée par des algorithmes, afin d’en décrypter la signification et de la traduire en langue ordinaire. L’expression en LS est quant à elle réalisée par un avatar tridimensionnel. Ce robot fonctionne sur écrans fixes ou mobiles et est aussi proposé pour être intégré à toute application web, afin d’étendre son accessibilité.

    Une collaboration avec Sopra Steria et IBM

    Il s’agit du premier robot dont les algorithmes effectuent en temps réel la reconnaissance des signes et la traduction en langue des signes et vice versa. Pour cela, Iris intègre la solution Sopra Steria Alive Intelligence (SSAI), qui est une plateforme digitale conversationnelle en Saas (software as a service). Cette plateforme SSAI repose elle-même sur watsonx, la plateforme IA d’IBM à partir de laquelle peuvent être créées des applications ayant recours à l’IA.

    La reconnaissance des signes des mains a été rendue possible par Ivès en entraînant grâce à des traducteurs le module conversationnel SSAI de Sopra Steria et sa couche sous-jacente d’IA de watsonx. Cet entraînement a permis d’implémenter le système et d’y intégrer les variations individuelles des locuteurs en langue des signes, ainsi que la variation des angles de prise de vue.

    Les langages des signes diffèrent d’un pays à l’autre, aussi cette solution est-elle disponible en France (LSF), au Québec (LSQ) et en Tunisie (LST).

    👉 Une démonstration du signbot Iris est accessible via ce lien.

  • Femtech : la France 2e sur le marché européen (18,3%) derrière le Royaume-Uni (rapport 2024)

    Une croissance soutenue du marché

    Le marché mondial de la Femtech a été évalué à 22 milliards de dollars en 2020 et devrait atteindre plus de 60 milliards de dollars d’ici 2027 selon le rapport de Sie Ventures pour 2023-2024. Cette croissance est alimentée par une prise de conscience accrue des besoins spécifiques en matière de santé féminine, souvent sous-estimés par les systèmes de santé traditionnels. Les domaines clés incluent la santé reproductive, la ménopause, la gynécologie, et la fertilité féminine. 

    Le marché européen continue d’émerger :

    Globalement, l’investissement en capital-risque dans le Femtech a dépassé les 2 milliards de dollars pour la première fois en 2021, et le marché mondial est estimé à plus de 60 milliards de dollars d’ici 2027. En Europe, bien que le marché soit encore en émergence, il est projeté d’atteindre 35 milliards de dollars d’ici 2032. Le rapport souligne que l’Europe commence à rattraper son retard sur les États-Unis bien que toujours en phase initiale comparée à l’amérique du nord, avec des pays comme le Royaume-Uni (31,8%), la France (18,3%) et l’Allemagne (12%) en tête du marché européen du Femtech. 

    Sie Ventures a identifié plus de 540 entreprises actives dans l’écosystème Femtech européen, présentes dans 23 des 44 pays européens. Le marché Femtech en Europe est à ses débuts et manque d’une base de données robuste centrée sur l’Europe. Retrouvez ci-dessous la carte européenne complète de la Femtech créée par Sie Ventures : 

    Les soins menstruels et la santé génésique prioritaires :

    En 2023, les innovations dans la Femtech se concentrent sur des domaines tels que les soins maternels avancés, la gestion de la ménopause, et l’automatisation de la fertilité. Ces innovations répondent à une demande croissante pour des solutions de santé personnalisées et accessibles. De plus, les entreprises mettent de plus en plus l’accent sur la durabilité et la protection des données, répondant ainsi aux attentes des consommateurs modernes.

    À l’échelle mondiale, les principaux segments de Femtech à recevoir du capital-risque sont la santé générale et le bien-être, la santé génésique et l’oncologie. En comparaison, en Europe, les segments principaux sont les soins menstruels et la santé génésique, suivis de la santé générale et du bien-être. Ces différences reflètent des priorités régionales distinctes en matière d’investissements et d’innovations dans la santé féminine, illustrant un clivage entre les tendances mondiales et européennes dans le domaine de la Femtech.

    De nombreux obstacles à l’évolution du secteur 

    Une disparité des financements obtenus selon le genre des fondateurs :

    Malgré une majorité de startups Femtech ayant au moins une fondatrice, les entreprises fondées par des hommes ont levé en moyenne des fonds plus importants. Les startups fondées par des femmes ont levé en moyenne 4,6 millions de dollars, contre 9,2 millions pour celles fondées par des hommes. Cette disparité est en partie attribuée à la faible représentation des femmes parmi les partenaires de fonds de capital-risque en Europe.

    Le manque d’investissement et le ralentissement économique défavorables :

    L’industrie de la Femtech fait face à plusieurs défis majeurs :

    • le manque d’investissements : 65 % ; 
    • le ralentissement économique : 65 % ;
    • le financement insuffisant en recherche et développement : 52 % ;
    • le manque de soutien public : 46 % ;
    • les effets historiques : 31 % ;
    • le rythme de l’éducation : 29 % ;
    • les autres obstacles : 21 % ;
    • et les risques fiscaux : 8 %. 

    Un environnement réglementaire complexe :

    Les startups Femtech doivent naviguer dans un environnement réglementaire complexe et développer des stratégies de mise sur le marché claires. En 2023, l’ICO britannique a annoncé des audits des applications de santé féminine, soulignant la nécessité de conformité aux normes de protection des données. Cependant, les collaborations croissantes entre le secteur public et privé, ainsi que l’augmentation de la visibilité des femmes dans ce domaine, sont prometteuses pour le futur de la Femtech en Europe.

    Parmi les tendances observées, le soutien accru aux problèmes de santé féminine dans les politiques européennes stimule l’innovation dans ce secteur. Des changements réglementaires significatifs, tels que le programme national de soutien à la ménopause au Royaume-Uni ou la stratégie nationale sur l’endométriose en France, occupent un rôle clé dans cette dynamique.

    Le rapport identifie également des segments prometteurs comme la gestion de la santé menstruelle et reproductive, la santé générale et le bien-être. Cependant, des défis subsistent, notamment l’accès inégal aux financements et la nécessité de plus de recherche et de données cliniques pour accélérer le développement des technologies Femtech.

    Accélérateurs et tendances à surveiller

    Le rôle des accélérateurs et organisations à but non lucratif :

    Les Femtech Accelerators sont à l’avant-garde de l’innovation dans le domaine de la santé et du bien-être féminins. De Paris à Londres, en passant par Zurich et Dublin, ces initiatives mondiales catalysent la transformation de la santé des femmes à travers des programmes d’accélération et des plateformes de soutien. Des accélérateurs tels que Station F à Paris, Femtech Lab à Londres, et DAYA à Gothenburg fournissent des programmes d’accélération spécifiquement conçus pour les startups FemTech.

    En parallèle, des initiatives telles que Femtech.Live, Femtech Insider, et FemTech World diffusent des informations et offrent une visibilité médiatique à cette industrie émergente. Des groupes communautaires tels que Women of Wearables fournissent des plateformes de réseautage et de soutien pour les innovatrices féminines. Zurich accueille FemTechnology, un sommet rassemblant les principaux acteurs de l’écosystème Femtech . 

    Les initiatives de Sie Ventures, telles que les programmes Sie catalyst et Sie syndicate, visent à renforcer l’écosystème technologique inclusif en Europe et à soutenir les entreprises dirigées par des femmes. Avec une communauté croissante de fondateurs et d’investisseurs dédiés. 

    8 tendances futures à surveiller :

    Dans un contexte de marchés Femtech florissants et une pression croissante des régulateurs et du milieu professionnel pour soutenir la santé des femmes, les tendances suivantes devraient stimuler les prochaines innovations sur le marché de la Femtech : 

    • les entreprises privilégient une approche centrée sur le patient, mettant l’accent sur la commodité et l’accessibilité tout au long du parcours client ;
    • avec une sensibilisation croissante du public, la Femtech se développe dans de nouvelles catégories, stimulée par des campagnes d’éducation ; 
    • l’augmentation des consommateurs avisés en matière de données conduit à des expériences plus personnalisées grâce à l’analyse des données pour gérer la santé et le bien-être ; 
    • des solutions sur mesure émergent pour répondre aux besoins sociaux et culturels des diverses populations de patients, y compris les femmes de couleur et les différents niveaux socio-économiques ;
    • le développement doit être conforme à des réglementations strictes en matière de confidentialité des données telles que le RGPD pour garantir le traitement sécurisé des données de santé sensibles ;
    • les entreprises doivent se différencier par des fonctionnalités ou des services uniques pour se démarquer ;
    • la Femtech s’aligne sur la tendance plus large vers la durabilité observée dans d’autres industries, en mettant l’accent sur les pratiques respectueuses de l’environnement ;
    • et les entreprises constituent des équipes produit expérimentées pour stimuler l’innovation dans un éventail croissant de catégories Femtech.

     

  • Etude : les LLM pourraient fluidifier les admissions dans les services d’urgence (Jamia)

    Réduire les embouteillages aux urgences

    En France, quelque 20 millions de personnes passent aux urgences chaque année. La majorité des structures enregistre entre 15.000 et 40 000 passages. Et parmi ces patients, 18,4% sont hospitalisés. Ces chiffres illustrent bien le tri qui est effectué chaque jour par ces services. Un tri qui représente à la fois un enjeu médical et organisationnel. Afin de faciliter ce travail, des chercheurs américains de l’École de médecine Icahn à Mount Sinai ont souhaité tester la capacité de l’IA générative à effectuer ce tri, pour savoir en particulier si les grands modèles de langage (LLM) comme GPT-4, pouvaient améliorer la capacité à prédire les admissions dans des environnements à fort volume comme les services d’urgence.

    Concrètement, les chercheurs ont analysé les dossiers de sept hôpitaux du système de santé Mount Sinai, en utilisant des données structurées, comme les signes vitaux, et des données non structurées, comme les notes de triage des infirmières, issues de plus de 864 000 visites aux urgences. Parmi ces visites, 159 857 (18,5 %) ont conduit à l’admission du patient à l’hôpital.

    GPT-4, assistant de tri :

    Ils ont ensuite comparé GPT-4 à des modèles d’apprentissage automatique traditionnels. L’outil pourrait se révéler utile car alors que les modèles d’apprentissage automatique traditionnels utilisent des millions de dossiers pour s’entraîner, les LLM peuvent apprendre efficacement à partir de seulement quelques exemples. « Notre objectif est d’améliorer la prise de décision clinique grâce à cette technologie, » a déclaré le Dr Eyal Klang, co-auteur principal et directeur du programme de recherche sur l’IA générative à la division de médecine numérique et basée sur les données (D3M) à Icahn Mount Sinai.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 21 mai dans le Journal of the American Informatics Association (Jamia).

    Résultats : les LLM précis à 83%

    • Le LLM a prédit les malades ayant besoin d’être hospitalisés avec un taux de précision d’environ 83 %.
    • Le modèle a réussi à identifier correctement 88% des cas positifs, tandis que les 12% restants ont été classés à tort comme négatifs.
    • La performance du GPT-4 a montré une amélioration substantielle lorsqu’il a reçu des données limitées et pertinentes pour apprendre.

     

    « Notre recherche suggère que l’IA pourrait bientôt soutenir les médecins dans les services d’urgence en prenant des décisions rapides et informées sur les admissions des patients, » estiment les auteurs de l’étude. Au-delà des résultats qui ne sont pas parfaits, ces derniers ont surtout été surpris par la manière dont GPT-4 s’est adapté au cadre des urgences et a fourni des justifications pour ses décisions. « Cette capacité à expliquer son raisonnement le distingue des modèles traditionnels et ouvre de nouvelles perspectives pour l’IA dans la prise de décision médicale. »

    Besoin de davantage de données réelles :

    Bien sûr, malgré ces résultats encourageants, l’IA ne jouera qu’un rôle de soutien, dans une telle prise de décision en fournissant des informations supplémentaires, « sans jamais remplacer la composante humaine ».  Et si à terme, le recours à l’IA pourrait réduire le temps d’attente des patients et déterminer plus rapidement le nombre de lits nécessaires dans un hôpital, un raffinement supplémentaire des LLMs avec des données réelles sera nécessaire avant d’envisager une intégration réussie en tant qu’outils de support décisionnel dans les environnements de soins.

     

    * Evaluating the accuracy of a state-of-the-art large language model for prediction of admissions from the emergency room

    Benjamin S Glicksberg, Prem Timsina, Dhaval Patel, Ashwin Sawant, Akhil Vaid, Ganesh Raut, Alexander W Charney, Donald Apakama, Brendan G Carr, Robert Freeman, Girish N Nadkarni, Eyal Klang,

    Journal of the American Medical Informatics Association, 2024

  • Cartographie des solutions numériques au service de la pédiatrie en France

    Les serious games ou l’apprentissage par le jeu vidéo

    Ludiques et interactifs, les “serious games” sont le segment le plus représenté dans cette cartographie des solutions. Utilisés pour éduquer, sensibiliser et interagir avec l’enfant, les serious game sont conçus pour enseigner des connaissances spécifiques pour maintenir l’engagement de l’enfant sur divers sujets de santé.

    Les solutions numériques en pédiatrie sont conçues pour répondre à une variété de besoins spécifiques, allant de la gestion des maladies chroniques à l’amélioration de la communication entre médecins et familles. Le graphique ci-dessus montre la répartition des solutions numériques selon les segments :

    • serious game ;
    • informations / connaissances sur la maladie ;
    • outils cliniques ;
    • thérapie digitale ;
    • logiciels métiers.

     

    Répartition selon les segments – @ H&TI

    Chaque segment des solutions numériques en pédiatrie répond à des besoins spécifiques, allant de l’éducation des patients à l’amélioration des pratiques cliniques et administratives. Certaines solutions fournissent des informations détaillées et des connaissances sur différentes maladies pédiatriques. Elles peuvent être à destination des parents afin de les aider à mieux gérer les maladies chroniques de leurs enfants, ou à destination des enfants directement pour les éduquer sur les symptômes, traitements et la gestion de manière générale de leur maladie.

    Les outils cliniques sont à destination des professionnels de santé. Cela inclut des applications et des dispositifs conçus pour assister les médecins dans leurs pratiques quotidiennes. Ils couvrent le diagnostic ou aident à la décision médicale grâce à des recommandations basées sur les données et des algorithmes d’IA.

    Deux thérapies digitales se distinguent dans cette cartographie. Ces DTx sont des programmes interactifs pour aider les enfants à gérer des troubles tels que l’autisme ou des dispositifs connectés permettant d’améliorer la qualité de vie des enfants atteints de maladies chroniques tel que le diabète en facilitant le suivi des traitements complexes et en offrant un suivi médical en temps réel.

    Les logiciels métiers sont des solutions spécifiques pour la gestion et l’administration des services pédiatriques ou cabinet pédiatrique. Un exemple de solutions a été recensé dans cette cartographie.

    Des solutions principalement destinés aux enfants

    Les solutions du secteur de la pédiatrie sont conçues pour différents publics cibles :

    • les enfants : bénéficiaires des applications éducatives (serious game) et des outils de suivi ;
    • les parents : bénéficiaires des ressources informatives pour comprendre et gérer la santé de leurs enfants ;
    • les professionnels de santé : pédiatres, oncologues ou pneumologues qui utilisent des outils cliniques pour améliorer le diagnostic et le suivi des patients.

     

    Répartition des utilisateurs des solutions numériques – @ H&TI

    Le diabète et l’autisme parmi les aires thérapeutiques les plus représentées

    Les solutions numériques en pédiatrie couvrent une variété de pathologies ou d’aires thérapeutiques (AT), notamment :

    • oncologie : des applications, des plateformes qui  apportent un soutien aux enfants atteints de cancer et à leurs familles comme le Portail international du cancer de l’enfant ou Lumine ;
    • diabète : des outils de gestion et d’éducation pour les enfants diabétiques ;
    • troubles du spectre de l’autisme (TSA) : des outils offrant un soutien spécialisé pour les enfants autistes ;
    • santé générale en pédiatrie : des outils pour la gestion globale de la santé des enfants, incluant le suivi des vaccinations et des consultations médicales.

     

    Les pathologies les plus couvertes sont la pédiatrie générale, le diabète, et les TSA, avec un focus sur les aides à la vie quotidienne et le développement des compétences et connaissances. L’oncologie, l’imagerie médicale et la pneumologie sont également bien représentées, avec une attention particulière à l’aide à la décision/diagnostic.

    Répartition des solutions en fonction de la pathologie ou de l’aire thérapeutique couverte – @ H&TI

    Le graphique ci-dessus présente les différents champs d’application pour les différentes pathologies/AT des solutions de la cartographique. La majorité des solutions sont destinées à l’aide à la vie quotidienne des enfants malades et de leurs parents, ainsi qu’au développement des compétences et des connaissances, ce qui démontre l’importance de l’engagement et de l’éducation des jeunes patients et de leurs familles.

    Répartition des solutions en fonction de la pathologie ou de l’aire thérapeutique couverte et des champs d’application – @H&TI

    Cartographie des solutions numériques en pédiatrie

    La cartographie des solutions numériques en pédiatrie révèle une diversité d’outils et de ressources répondant à des besoins variés, allant de l’aide à la vie quotidienne à l’amélioration des compétences et des connaissances, en passant par l’aide à la décision médicale. Les serious games, bien qu’étant une méthode établie depuis longtemps, continuent de se distinguer par leur capacité à engager et éduquer les enfants de manière interactive et ludique.

    Des pathologies comme le diabète et les troubles du spectre de l’autisme bénéficient particulièrement de ces avancées numériques, montrant une orientation vers une médecine plus adaptée aux besoins spécifiques des enfants et adolescents. On notera que la majorité de ces solutions vise à apporter des connaissances aux enfants malades et à soutenir leurs familles, tout en renforçant l’efficacité des soins prodigués par les professionnels de santé.

    Cartographie des solutions pour la santé infantile – @ H&TI

    Un tableau détaillé du panorama de solutions :

    👉 Pour accéder à la base de donnée des solutions d’IA, cliquer sur le tableau interactif ci-dessous. Si votre solution dédiée à la santé infantile n’est pas dans notre panorama, vous pouvez l’ajouter en cliquant sur ce lien.

     

  • Cartographie des acteurs de l’écosystème de la santé de l’enfant en France

    Une collaboration multidimensionnelle des acteurs du soin

    Le système de soin pédiatrique en France repose sur une étroite collaboration entre diverses structures et de nombreux professionnels de santé. Les hôpitaux publics, incluant les centres hospitalo-universitaires (CHU) et les hôpitaux généraux avec services pédiatriques, constituent la colonne vertébrale de la prise en charge. Ces institutions fournissent des soins d’urgence et de suivi, souvent en coopération avec des centres hospitaliers pédiatriques spécialisés qui offrent des soins de pointe dans des domaines spécifiques comme l’oncologie pédiatrique et la réadaptation fonctionnelle.

    Des services généralistes appuyés par des experts spécialisés :

    Les médecins généralistes et pédiatres libéraux assurent la continuité des soins en ambulatoire. Ces professionnels sont souvent les premiers à détecter et traiter les pathologies pédiatriques, orientant les cas complexes vers des spécialistes. Les services d’aide médicale d’urgence (Samu) pédiatriques et les centres spécialisés, comme les établissements de réadaptation et d’éducation thérapeutique, complètent ce dispositif en répondant aux situations d’urgence et en soutenant les parcours de soins prolongés.

    Les réseaux de soins spécialisés, tels que le réseau d’oncologie pédiatrique et les centres spécialisés de l’obésité (CSO), offrent des parcours de soins intégrés et personnalisés. Ces structures travaillent en synergie avec les maisons de l’asthme et les établissements d’éducation thérapeutique du patient (ETP) pour enfants. 

    Santé mentale, recherche… au cœur de la pédiatrie française

    La santé mentale des enfants est un aspect crucial de la pédiatrie en France, pris en charge par une diversité de structures. Les centres médico-psychologiques (CMP) pour enfants, les centres hospitaliers spécialisés (CHS) en pédopsychiatrie, et les Centres de Référence pour les troubles du neuro-développement sont au cœur de cette prise en charge fournissent des soins adaptés aux besoins psychologiques et psychiatriques des jeunes patients, souvent en partenariat avec les maisons d’enfants à caractère social (MECS) pour une prise en charge globale et coordonnée.

    La recherche et l’innovation sont également des éléments fondamentaux, soutenus par des institutions telles que l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Les institutions et fondations financent des projets de recherche visant à améliorer les traitements et les protocoles de soins. Les instituts spécialisés comme l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Imagine et l’Institut Necker-Enfants malades jouent un rôle clé dans la découverte de nouvelles thérapies et la compréhension des maladies pédiatriques.

    La Société française de pédiatrie (SFP) s’engage pour le numérique

    La Société française de pédiatrie (SFP) se distingue comme une organisation centrale, fédérant les pédiatres autour de la promotion des meilleures pratiques et de l’innovation dans le domaine de la santé infantile. La SFP organise des congrès, publie des recommandations et soutient la formation continue des pédiatres, contribuant ainsi à l’amélioration constante des standards de soins.

    Télémédecine et e-santé pour faciliter l’accès aux soins :

    La SFP s’engage activement dans la télémédecine et l’e-santé. Ces initiatives visent à faciliter l’accès aux soins pédiatriques grâce à des plateformes de consultation en ligne et des applications de suivi de la santé infantile. Ces outils numériques peuvent être utilisés pour dépister les troubles du développement et de la santé mentale chez les enfants, par exemple. Ils permettent une meilleure coordination des soins et un accès plus équitable aux ressources médicales, tout en promouvant une médecine pédiatrique proactive et préventive.

    Cartographie des acteurs de la pédiatrie en France

    Acteurs de l’écosystème de la santé de l’enfant en France – @ H&TI

     

  • Le numérique, levier d’amélioration des soins pédiatriques ? (Financements et orientations stratégiques)

    Opportunités dans la santé numérique pédiatrique

    La santé pédiatrique (qui couvre notamment la vaccination, le développement psychomoteur, les maladies chroniques et les maladies rares) est historiquement sous-représentée dans l’innovation de santé. Mais la tendance serait en train de changer, à en croire une étude datant de novembre 2023 de Rock Health. En effet, aux Etats-Unis, l’investissement dans les solutions de santé numérique pédiatrique augmente, passant de 1,7 % du financement global en 2011-2019 à 5,1 % en 2020-T3 2023. Dans les trois premiers trimestres de 2023, 413,6 millions de dollars ont été investis dans 20 transactions. Les solutions incluent des soins hybrides, le soutien aux cliniciens, les soins en milieu scolaire, la gestion des données et les transitions de vie.

    USA : des investissements récents dans la santé numérique pédiatrique

    L’augmentation du financement est due à des startups telles que K Health, Headspace, Lyra Health, et Maven. La cartographie des startups montre des innovations en prestation de soins, des thérapies numériques, des solutions de télésurveillance et de coordination des soins, ainsi que des dispositifs médicaux numériques, surtout en santé mentale, soins primaires et préventifs et d’aide à l’apprentissage.

    Solutions numériques au service de la pédiatrie récemment financées aux USA – @ Rock Health

    6 recommandations pour l’innovation dans la santé numérique pédiatrique :

    Les outils numériques peuvent jouer un rôle crucial en alignant les stratégies sur les besoins uniques des enfants et de leurs familles, nécessitant un leadership fort pour créer des solutions efficaces. Selon Rock Health, la conception de produits et les approches de mise sur le marché en pédiatrie ne consistent pas simplement à miniaturiser les soins de santé pour adultes. A partir de plusieurs entretiens experts, la société d’études américaines propose six recommandations essentielles pour les entrepreneurs souhaitant innover dans la santé numérique pédiatrique :

    • une approche hybride : combiner interactions en personne et extensions numériques ;
    • un soutien apporté aux cliniciens : aider à gérer la charge de travail et renforcer les relations avec les familles ;
    • l’école comme site de soins : utiliser les écoles pour dépistages et interventions préventives ;
    • le lien avec pauvreté et la sécurité sociale (avec Medicaid aux Etats-Unis) : tenir compte du contexte pour des solutions efficaces ;
    • la gestion des données : protéger la confidentialité et le partage des données ;
    • les transitions de vie : assurer la continuité des soins et soutenir l’autonomie.

     

    En France, les orientations des assises de la pédiatrie

    Les Assises de la pédiatrie et de la santé de l’enfant ont récemment mis en lumière des avancées majeures dans le domaine du numérique, visant à transformer la prise en charge de la santé des enfants en France. Les initiatives annoncées dans le rapport montrent une volonté claire de faire de la France un leader mondial en matière de recherche et d’innovation pédiatrique grâce aux technologies numériques.

    Améliorer la santé mentale par la collecte de données :

    Un des axes majeurs abordés dans les Assises de la pédiatrie est l’amélioration des connaissances sur la santé mentale des enfants et des jeunes. Cela passe par la collecte systématique de données grâce à des outils numériques. Les enquêtes de la Drees seront reprises en collaboration avec l’Éducation Nationale, en s’appuyant sur les applications numériques des médecins et infirmiers scolaires. Le projet de Stratégie d’Accélération Santé Numérique (SASN) et le projet PEPR 2025 font partie des efforts pour capitaliser sur les données disponibles. Ces données, provenant de “Mon Espace Santé”, des cohortes, et des entrepôts de données de santé des établissements, seront utilisées pour affiner les moyens de prévention grâce aux nouvelles techniques d’intelligence artificielle.

    L’accent est également mis sur la recherche avec l’IHU Innovand, un projet visant à favoriser le développement et le bien-être des enfants, lauréat de l’AAP IHU et bénéficiant de 20 millions d’euros dans le cadre de la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement 2023-2027. Une grande cohorte pédiatrique prénatale, FILOMENE, sera mise en place pour étudier les déterminants environnementaux du cancer et d’autres maladies, avec un objectif de recrutement de 200 000 familles au niveau national.

    Améliorer la prévention, le diagnostic et le suivi des enfant grâce à la technologie :

    Une autre initiative essentielle est l’intégration du carnet de santé numérique dans le suivi des enfants. Ce carnet permettra de renforcer la diffusion de messages de prévention personnalisés et de faciliter le suivi de la santé de l’enfant. À partir de l’été 2024, un nouveau modèle du carnet sera défini et, dès 2025, les contenus des 20 examens de santé obligatoires seront mis à jour et intégrés automatiquement dans les certificats de santé des enfants.

    Réponses concrètes aux défis de la santé infantile

    Outil numérique pour améliorer la couverture vaccinale

    Pour renforcer la couverture vaccinale, une plateforme d’information et de communication, Mesvaccins.net, a été développée pour le grand public et les professionnels de santé. Elle propose un carnet de vaccination électronique (CVE) intelligent. Cet outil permet aux patients et aux professionnels de santé de synchroniser les données vaccinales, réduisant ainsi les risques de sous-vaccination et de survaccination. La plateforme génère des données factuelles sur la couverture vaccinale, l’efficacité et la sécurité des vaccins, qui sont analysées en temps réel par les autorités sanitaires pour améliorer la connaissance des avantages et des inconvénients de la vaccination, ainsi que les politiques vaccinales. Les utilisateurs peuvent partager leur carnet de vaccination avec les professionnels de santé de leur choix, comme leur médecin traitant, qui peut alors valider et officialiser les données préenregistrées.

    La télémédecine comme alternative viable à l’asthme

    Le suivi des enfants asthmatiques par télémédecine se révèle être une solution efficace pour améliorer leur qualité de vie. Une étude publiée en septembre 2016 dans la revue Annals of Allergy, Asthma & Immunology a exploré cette question. Des chercheurs de l’American College of Allergy, Asthma and Immunology (ACAAI) ont mené une étude pour comparer l’efficacité de la télémédecine à celle des consultations médicales traditionnelles. L’étude a impliqué 169 enfants asthmatiques suivis pendant six mois, recevant soit des consultations en personne, soit des consultations à distance. Les résultats ont montré qu’il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes. Les enfants suivis en clinique et ceux suivis par télémédecine ont tous montré une amélioration comparable dans la gestion de leur asthme.

    Des solutions de suivie pour le diabète, le cancer, la santé mentale infantile…

    Pour répondre aux défis de santé chez les enfants, plusieurs applications de suivi ont été développées pour des domaines comme le diabète, la santé mentale et le cancer. Parmi ces outils, des solutions permettent une surveillance en temps réel des niveaux de glucose chez les jeunes diabétiques, synchronisant les données avec les professionnels de santé pour un suivi personnalisé et réactif. Dans le domaine de la santé mentale, certaines offrent des ressources interactives et des exercices thérapeutiques pour aider les enfants à gérer l’anxiété et la dépression, tout en facilitant une communication continue avec les thérapeutes.

    ➔ Découvrir ici les solutions numériques disponibles en France destinées à la pédiatrie.

    Une sous représentation sur le marché de la santé numérique 

    De manière générale, la pédiatrie est encore sous-représentée sur le marché de la santé numérique en France. Malgré des initiatives prometteuses, les solutions dédiées aux enfants peinent à s’imposer. Elles rencontrent des difficultés pour obtenir des financements suffisants et atteindre une adoption à grande échelle. En dépit de leur potentiel, ces innovations restent souvent isolées.

    68 % des Français estiment que le numérique aide les enfants :

    Seuls 9 % des parents indiquent que leur médecin leur a déjà conseillé ou suggéré une application de santé. C’est l’une des informations qui ressort d’une étude OpinionWay réalisée pour le laboratoire pharmaceutique Merck sur « la santé des enfants et les objets connectés », présentée fin décembre 2019. Les répondants sont par ailleurs 68 % (66 % des parents) à juger que les enfants peuvent « s’approprier plus rapidement des consignes sur leur traitement grâce à internet, une application ou un objet connecté ».

    De nombreuses polémiques autour du numérique

    Critiques sur l’efficacité des applications de santé mentale

    Les applications de santé mentale pour les enfants sont largement utilisées, mais elles suscitent des inquiétudes concernant leur efficacité réelle. Malgré leur popularité, une étude a montré que seulement 5 % des applications de santé mentale ont été rigoureusement étudiées, ce qui laisse planer un doute sur leur bénéfice réel pour les jeunes utilisateurs. Les experts soulignent la nécessité d’une régulation plus stricte et d’études plus approfondies pour garantir que ces outils soient réellement bénéfiques.

     

    Risques d’isolement et d’usage excessif

    Les objets connectés pour enfants sont au centre d’un débat persistant. Une récente étude menée par la Fondation pour l’enfance a révélé que 96 % des parents sont conscients des impacts négatifs des écrans sur le développement de leurs enfants. Cependant, beaucoup sous-estiment les répercussions de leurs propres habitudes numériques, avec seulement la moitié des parents prêts à modifier leurs comportements pour réduire l’exposition de leurs enfants aux écrans. Les professionnels de la petite enfance, quant à eux, observent régulièrement des situations où les écrans prennent une place excessive dans les foyers, ce qui peut nuire à la relation parent-enfant et entraîner des troubles du comportement et du sommeil chez les jeunes enfants. Les experts recommandent que les parents accompagnent leurs enfants dans l’utilisation de ces technologies pour éviter des sentiments d’isolement et des risques d’abus. Les parents doivent jouer un rôle actif dans l’éducation numérique de leurs enfants pour prévenir des comportements inappropriés et des impacts négatifs sur leur développement​

     

    Controverse au sujet d’une application minceur pour enfants

    Une application de smartphone pour aider les enfants et ados de 8 à 17 ans à maigrir fait polémique aux États-Unis : WW (anciennement Weight Watchers) a lancé Kurbo en août 2019. Sur une interface ressemblant au réseau social Snapchat, les jeunes utilisateurs indiquent leur taille, leur poids, leur âge et leurs objectifs, puis enregistrent quotidiennement ce qu’ils mangent.

    Une pétition en ligne de plus de 114 000 signatures demande le retrait de l’application, accusée de favoriser les troubles alimentaires.

     

     Publicités numériques et alimentation malsaine : l’OMS plaide contre

    Les publicités numériques ciblant les enfants pour promouvoir des aliments malsains restent une source de préoccupation. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) continue de plaider pour des restrictions plus strictes sur ces publicités, car elles contribuent à l’augmentation des taux d’obésité infantile. Cette exposition fréquente à des contenus marketing pour des produits riches en sucre, sel et graisses saturées incite les enfants à développer de mauvaises habitudes alimentaires, ce qui a des conséquences graves pour leur santé à long terme.

     

  • Etude : de quels facteurs dépend l’engagement des enfants et des ados avec la e-santé ?

    La santé plus accessible pour les plus jeunes grâce au numérique ?

    Visant à modifier les comportements et améliorer les résultats de santé, les solutions numérique sont de plus en plus utilisées au service de la santé des plus jeunes. Ayant un potentiel évident d’améliorer l’accès et l’engagement des enfants et des adolescents de plus en plus connectés, ma e-santé présente cependant le risque de creuser le fossé entre les publics qui peuvent accéder à la technologie et sont soutenus pour s’engager dans une démarche de santé numérique et ceux qui ne le sont pas.

    Cette revue systématique se concentre sur l’accès et l’engagement des enfants et des adolescents avec les outils de santé numérique. Ces derniers, à l’image des applications mobiles, des serious games et des plateformes en ligne, sont de plus en plus utilisées pour promouvoir la santé et le bien-être de ces groupes démographiques.

    Les auteurs de l’étude ont inclus des études publiées entre janvier 2010 et août 2022, consacrées aux problématique d’accès et d’engagement des enfants et des adolescents avec les solutions de santé numériques.

    Résultats

    Les résultats de l’étude ont révélé que l’accès des enfants et des adolescents aux outils de santé numérique variait en fonction de plusieurs facteurs, tels que l’âge, le sexe, le niveau d’éducation et l’accès aux technologies. Ainsi :

    • les adolescents sont plus susceptibles d’utiliser ces solutions que les jeunes enfants ;
    • et les garçons semblent être plus enclins à s’engager avec elles que les filles.

     

    En ce qui concerne l’engagement, les résultats ont montré que les enfants et les adolescents étaient plus susceptibles de s’engager avec la e-santé lorsqu’ils étaient motivés par des facteurs tels que :

    • la convivialité de l’interface ;
    • la personnalisation du contenu ;
    • et les incitations ludiques.

     

    Cependant, certains obstacles à l’engagement ont également été identifiés, notamment le manque de temps, de compétences numériques et de soutien parental.

    Des spécificités de l’enfance à prendre en considération :

    Les résultats de cette étude soulignent l’importance de prendre en compte les caractéristiques spécifiques des enfants et des adolescents lors de la conception et de la mise en œuvre de dispositifs de santé numérique. Par exemple, les concepteurs doivent tenir compte des préférences des adolescents en matière d’interface utilisateur et de contenu pour maximiser leur engagement.

    De plus, cette étude met en lumière le besoin de stratégies visant à surmonter les obstacles à l’engagement, tels que le renforcement des compétences numériques chez les enfants et les adolescents et le soutien parental. En intégrant ces considérations dans la conception des solutions de e-santé, les auteurs concluent qu’il est possible d’améliorer leur accessibilité et leur efficacité pour ce groupe démographique sensible.

     

     

    * The Report of Access and Engagement With Digital Health Interventions Among Children and Young People: Systematic Review

    Whitehead L, Robinson S, Arabiat D, Jenkins M, Morelius E

    JMIR Pediatr Parent 2024;7:e44199

    doi: 10.2196/44199PMID: 38231560PMCID: 10831666

  • Numérique et santé de l’enfant : des avancées majeures mais un retard encore à rattraper

    État des lieux de la santé de l’enfant en France : besoins, offres et chiffres clés

    Près de 10 % des enfants souffrent d’asthme et environ 20 000 sont atteints de diabète de type 1 : en France, la pédiatrie fait face à des défis croissants dans la gestion des maladies chroniques chez les enfants, tels que l’asthme, le diabète et la santé mentale. Dans cet article Health and Tech Intelligence présente un état des lieux de la pédiatrie en France.

    👉 Une analyse de tous les chiffres et données collectés est à retrouver ici.

    Etude : de quels facteurs dépendent l’accès et l’engagement des enfants et des jeunes avec la e-santé ?

    Les adolescents plus susceptibles d’utiliser des solutions de santé numérique que les enfants plus jeunes, et les garçons plus enclins à s’engager avec elles que les filles : c’est en tout cas ce que révèle une étude* intitulée “The Report of Access and Engagement With Digital Health Interventions Among Children and Young People: Systematic Review“, publiée en janvier 2024 dans le JMIR Pediatric and Parenting.

    👉 Une synthèse des résultats de cette revue systématique est accessible via ce lien.

    Pédiatrie : l’application Malo offerte à 200 familles en Sarthe

    Améliorer l’accès aux soins et la qualité du suivi santé des enfants, tel est l’objectif de la commune sarthoise de Champagné, qui offre à 200 familles résidant sur son territoire l’application Malo. Cette solution permet de suivre en temps réel vaccination, consultations et conseils médicaux personnalisés, afin de renforcer le suivi de la santé des familles.

    👉 Retrouvez ici l’article H&TI consacré à ce sujet.

    Le numérique, levier d’amélioration des soins pédiatriques ? (Financements et orientations stratégiques)

    Historiquement sous-représentée dans l’innovation de santé, l’innovation dans le champ de la santé de l’enfant commence à attirer de plus en plus d’investissements aux USA. Des recommandations de Rock Health pour innover dans ce domaine aux orientations des assises de la pédiatrie : le numérique peut-il être un levier pour améliorer les soins pédiatriques ?

    👉 Les détails de cet article sont à consulter en suivant ce lien.

    Cartographie des acteurs de l’écosystème de la santé de l’enfant en France :

    Acteurs du soin, associations, syndicats, acteurs de la prévention… De nombreux acteurs interviennent dans le réseau complexe et interconnecté de la pédiatrie, chacun ayant un rôle et des missions spécifiques. Cet article explore l’articulation de ces différent intervenants dans l’écosystème français et propose une cartographie des principaux acteurs impliqués.

    👉 Découvrez notre analyse des acteurs de la pédiatrie en France ici.

    Cartographie des solutions numériques au service de la pédiatrie en France :

    Gestion du parcours de soin, accompagnement de la vie quotidienne, du développement de compétences et de connaissances, aide à la décision et au diagnostic… Dans cette cartographie qui recense au moins 32 solutions numériques dédiées, le “serious game” se démarque comme un moyen efficace d’intervention chez l’enfant.

    👉 Un panorama des solutions recensées par H&TI est à découvrir sur ce lien.

     

  • État des lieux de la santé de l’enfant en France : besoins, offres et chiffres clés

    Les défis de la santé infantile 

    La pédiatrie en France fait face à des défis croissants liés à la gestion des maladies chroniques chez les enfants. L’asthme, le diabète, les besoins en vaccination et la santé mentale sont au cœur des préoccupations de santé publique. Environ 10 % des enfants souffrent d’asthme, faisant de cette maladie la plus courante chez les jeunes. Le diabète de type 1 touche environ 20 000 enfants en France, et la prévalence de troubles de santé mentale chez les adolescents est en augmentation, avec près de 15 % des jeunes affectés. Les besoins en vaccination restent cruciaux, avec des taux de couverture vaccinale pour certaines maladies encore insuffisants. En 2019, les maladies respiratoires, dont l’asthme, représentaient 18 % des hospitalisations chez les enfants de moins de 15 ans, tandis que les épisodes de décompensation diabétique nécessitaient des hospitalisations fréquentes chez les enfants diabétiques.

    L’intégration des technologies numériques dans le suivi et la gestion de ces maladies offre des opportunités prometteuses. Des applications de suivi de l’asthme et du diabète, ainsi que des plateformes numériques pour la gestion des vaccinations, permettent d’améliorer le suivi médical et la prévention des complications. Les outils numériques jouent également un rôle croissant dans la prise en charge de la santé mentale des jeunes, avec des applications et des plateformes de téléconsultation qui facilitent l’accès aux soins psychologiques.

    Pour donner une vue d’ensemble sur ce sujet, H&TI propose un indicateur dédié au numérique au service de la santé infantile avec un focus (chiffres clés et exemples d’outils numériques) sur les thématiques suivantes :

    • la téléconsultation ;
    • la couverture vaccinale ;
    • le surpoids et l’obésité chez les jeunes ;
    • les cancers infantiles ;
    • les maladies chroniques chez les enfants ;
    • et l’adolescence.

     

    Note :

    📌 La santé périnatale n’est pas incluse dans cet indicateur, car elle relève d’un autre domaine de la santé infantile.

    📌 La majeure partie des informations chiffrées figurant dans cet indicateur sont issues du rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des stratistiques (Drees) sur l’état de santé de la population en France (2022).

     

    21 000 cas de diabète par an :

    Chaque année, on diagnostique en moyenne 98 200 enfants (0-14 ans) avec un diabète de type 1 dans le monde.

    En Europe :

    • En 2023, 132 000 enfants avec un diabète de type 1 ont été recensés.
    • En moyenne, 21 000 nouveaux cas sont diagnostiqués par an.
    • L’incidence (nombre de nouveaux cas) en France était de 19,1 cas pour 100 000.
    • Le diabète gestationnel est quant à lui associé à des complications chez l’enfant et la mère. « À plus long terme, il est associé à un risque élevé pour la mère de développer ultérieurement un diabète de type 2 et, potentiellement, à un risque de surpoids/obésité et de diabète de type 2 pour les enfants », souligne la Drees.

     

    Cancer : la 4e cause de décès entre 0 et 14 ans

    Le cancer reste une cause majeure de mortalité chez les enfants en France, se classant comme la quatrième cause de décès chez les enfants âgés de 0 à 14 ans. Chaque année, le cancer touche en moyenne 2 200 enfants et adolescents en France, dont 1 843 chez les moins de 15 ans et 440 chez les adolescents de 15 à 17 ans, selon les données de l’année 2023 du registre national des cancers de l’enfant.

    Les principaux types de cancers infantiles chez les enfants de moins de 15 ans sont les suivants :

    • Leucémies : Représentant environ 30 % des cas, les leucémies sont les plus courantes, avec une prédominance des leucémies aiguës lymphoblastiques (80%).
    • Tumeurs du système nerveux central (SNC) : Elles constituent 26 % des cancers pédiatriques.
    • Lymphomes : Environ 10 % des cas de cancers chez les enfants sont des lymphomes.

     

    Pour les adolescents de 15 à 17 ans, les principales localisations sont les lymphomes (27 %, dont 85 % de maladies de Hodgkin), les tumeurs du SNC (17 %) et les leucémies (14 %, dont 53 % sont des leucémies aiguës lymphoblastiques). L’incidence des cancers pédiatriques en France est demeurée relativement stable depuis 2000, sans variation significative du risque de cancer chez les enfants observée au niveau départemental, selon la DREES.

    Le taux de survie globale à cinq ans des enfants atteints de cancer est estimé à 80 % et a montré une tendance à la hausse au fil des années, passant de 80 % à 83 % ces dernières années. Les taux de survie pour les adolescents de 15 à 17 ans diagnostiqués entre 2000 et 2004 sont également prometteurs, avec un taux de survie à un an de 94 % et un taux de survie à cinq ans de 82 %.

    L’asthme responsable de 40 000 hospitalisations par an :

    L’asthme est la maladie chronique la plus courante chez les enfants et la principale cause d’absentéisme scolaire en France. Environ 10 % des enfants sont touchés par cette maladie respiratoire. Les hospitalisations pour asthme chez les enfants sont en hausse, atteignant près de 40 000 séjours par an.

    Les études épidémiologiques indiquent que 85 % des cas d’asthme chez les enfants et 50 % des cas chez les adultes ont une origine allergique. La prévalence de l’asthme chez les enfants est d’environ 11 %, et les tendances récentes montrent une augmentation de ce taux. Le surpoids et l’obésité, fréquents dès l’enfance et l’adolescence, persistent souvent à l’âge adulte, augmentant les risques de maladies cardiovasculaires et endocriniennes, et peuvent être sources de mal-être et d’isolement.

    Depuis les années 2000, la prévalence de l’asthme a augmenté chez les enfants, bien que le taux d’hospitalisation ait initialement diminué avant de montrer une tendance à la hausse récemment. Les régions d’outre-mer et l’île-de-France sont les plus touchées par l’asthme personnes. Les personnes les plus défavorisées ont un risque accru d’hospitalisation. Le taux de mortalité par asthme chez les moins de 45 ans a cependant nettement diminué depuis le début des années 2000.

    Nombre et taux bruts d’hospitalisation pour asthme, par classe d’âges et sexe, en 2014 :

    « L’état de santé de la population en France », rapport, 2017 – © Drees

    Progression du surpoids et de l’obésité :

    Les inégalités sociales jouent un rôle déterminant dès la petite enfance. Le rapport de la DREES révèle que les enfants d’ouvriers sont deux fois plus susceptibles d’être en surpoids en grande section de maternelle que les enfants de cadres. En 2017, parmi les enfants de troisième, 18 % étaient en surpoids et 5 % obèses. Ces proportions varient significativement selon le statut socio-professionnel des parents : 3 % des enfants de cadres sont obèses contre 8 % des enfants d’ouvriers.

    Le poids à la naissance comme indicateur prédictif :

    Les écarts de poids se manifestent dès la naissance. Les enfants nés avec un poids de 4 kilogrammes ou plus sont plus susceptibles d’être en surpoids en grande section de maternelle, avec 31 % des enfants d’ouvriers contre seulement 13 % des enfants de cadres dans cette situation. Pour les nouveau-nés de moins de 4 kilogrammes, la tendance se confirme : deux fois plus d’enfants d’ouvriers que d’enfants de cadres se retrouvent en surpoids en maternelle.

    Entre 2009 et 2017, la prévalence du surpoids et de l’obésité chez les adolescents a augmenté, passant de 17 % à 20 % pour les filles. Cette augmentation est préoccupante car le surpoids et l’obésité à l’adolescence sont des facteurs de risque pour diverses maladies à l’âge adulte, comme les maladies cardio-vasculaires et endocriniennes. Ils peuvent également affecter le bien-être psychologique des jeunes, entraînant des sentiments d’isolement et de mal-être.

    Évolution des prévalences du surpoids et de l’obésité entre 2000 et 2015, en grande section de maternelle, en CM2 et en 3e :

    « L’état de santé de la population en France », rapport, 2017 – © Drees

    Prévalence des troubles mentaux chez les enfants :

    « L’adolescence est marquée, pour certains jeunes, par des addictions, des troubles alimentaires, et des conduites routières dangereuses : tous ces comportements n’exposent pas nécessairement les jeunes à un risque de décès immédiat mais ils peuvent avoir des répercussions sur leur santé, allant de la marginalisation sociale aux risques accrus de maladies et de troubles psychiques à l’âge adulte », relève la Drees dans son rapport sur l’état de santé de la population en France (2017).

    En France, les syndromes anxieux et dépressifs ont significativement augmenté, particulièrement chez les jeunes générations et en grande partie exacerbés par la crise sanitaire de la COVID-19. Les passages aux urgences pour des raisons de santé mentale, y compris les angoisses et les pensées suicidaires, ont connu une hausse marquée.

    Source : PMSI ; MCO (ATIH) 2012-2021.

    Addictions et comportements à risque :

    Malgré une diminution continue de l’expérimentation de l’alcool et du tabac entre 2000 et 2014, les usages réguliers de ces substances n’ont pas suivi la même tendance. En effet, la consommation quotidienne de tabac a augmenté depuis 2008, atteignant en 2014 un tiers des jeunes de 17 ans qui fument tous les jours. De plus, après une baisse entre 2003 et 2008, l’usage régulier d’alcool a repris ainsi que les alcoolisations ponctuelles importantes (API).

    L’usage de médicaments psychotropes chez les adolescents a également augmenté, reflet de la pression accrue et des défis de santé mentale exacerbés par la pandémie. En 2020, 19 % des 15-24 ans présentaient des syndromes dépressifs, un chiffre alarmant comparé aux années précédentes .

    Risques suicidaires :

    La vulnérabilité des adolescents, et en particulier des adolescentes, est particulièrement préoccupante. Les données disponibles montrent que la prévalence des tentatives de suicide est la plus élevée chez les filles âgées de 15 à 19 ans. En 2014, le taux d’hospitalisation pour tentative de suicide était nettement plus élevé dans cette tranche d’âge.

    Taux de couverture vaccinales variés selon les vaccins :

    La couverture vaccinale chez le nourrisson en France montre des taux élevés pour plusieurs vaccinations essentielles, notamment contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. Cependant, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour améliorer la vaccination contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), ainsi que contre l’hépatite B et le méningocoque C, où les taux actuels sont insuffisants pour atteindre les objectifs d’éradication de ces maladies.

    Les dernières données de la DREES indiquent que la couverture vaccinale pour la primovaccination des nourrissons atteint les 95 % pour les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, les infections à Haemophilus influenzae b, la coqueluche et le pneumocoque. Cependant, chez les enfants de 24 mois en 2018, seulement 83 % ont reçu les deux doses nécessaires du vaccin ROR, 90 % ont été vaccinés contre l’hépatite B, et 79 % contre le méningocoque C .

    Disparités géographiques et sociales :

    Le rapport souligne des disparités significatives dans la couverture vaccinale en fonction des niveaux de vie et des régions. Les individus avec des niveaux de vie plus élevés sont 1,5 fois plus souvent vaccinés que ceux ayant des revenus plus faibles. Ces inégalités se reflètent également dans la vaccination contre la grippe saisonnière, où seulement 39 % des moins de 65 ans à risque étaient vaccinés à l’hiver 2020-2021, contre 60 % des personnes de 65 ans et plus .

    État des lieux de la pédiatrie en France

    Près de 15 millions d’enfants et d’adolescents en France bénéficient d’un réseau pédiatrique selon l’Insee. Pourtant, un rapport établi à la demande du ministère des Solidarités et de la Santé dresse un état préoccupant du secteur des soins de santé de l’enfant et de la pédiatrie en France. Ce rapport, remis le 15 mai 2021 par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), met en lumière plusieurs problèmes structurels, notamment le recul démographique de la pédiatrie libérale et une pénurie de praticiens.

    Cliniques spécifiques et centres de référence :

    L’offre de soins pédiatriques en France se compose de diverses structures spécialisées dans la prise en charge des enfants. Actuellement, le pays compte environ 3 200 pédiatres libéraux qui assurent des consultations en cabinet privé. En parallèle, 150 hôpitaux publics offrent des services pédiatriques, incluant des services d’urgence et des unités spécialisées pour des soins plus intensifs. Les cliniques privées, au nombre de 200, apportent également une contribution significative en fournissant des soins pédiatriques souvent centrés sur des interventions chirurgicales et des traitements spécialisés. Enfin, 30 centres de référence pour les maladies rares offrent des soins spécialisés et coordonnés pour des conditions médicales rares et complexes.

    Offre de soins pédiatriques :

    En 2020, la France comptait environ 8 500 pédiatres. Parmi eux, 53 % exercent exclusivement en tant que salariés dans les hôpitaux, tandis que seulement 25 % travaillent en libéral. Ce déséquilibre a des conséquences directes sur l’accessibilité des soins spécialisés pour les enfants, notamment en médecine de ville. Le rapport souligne que 85 % des consultations pédiatriques en ville sont assurées par des médecins généralistes, un suivi qui, bien que essentiel, ne remplace pas l’expertise spécifique des pédiatres. Cette situation est particulièrement problématique dans huit départements où l’on recense moins d’un pédiatre pour 100 000 habitants, exacerbant ainsi les disparités géographiques et la pénurie de spécialistes.

    La profession de pédiatre en France fait face à un vieillissement notable. Près de 44 % des pédiatres libéraux en exercice sont âgés de plus de 60 ans. Cette pyramide des âges vieillissante pose la question de la relève et de la pérennité des soins spécialisés pour les enfants. Les jeunes médecins sont de moins en moins nombreux à choisir la pédiatrie libérale, découragés par les charges de travail importantes et les contraintes liées à la permanence des soins, notamment dans les services hospitaliers.

    Les inégalités sociales et territoriales dans les soins de santé des enfants restent persistantes. La mortalité infantile est deux à trois fois plus élevée en Outre-mer comparativement à la métropole, révélant des disparités alarmantes. De plus, un enfant d’ouvrier a six fois plus de chances d’être obèse qu’un enfant de cadre, ce qui illustre l’impact du milieu socio-économique sur la santé des enfants. Ces inégalités sont aggravées par une pénurie de pédiatres plus marquée dans certaines régions, et par un manque de clarté dans les parcours de soins préventifs pour les parents, entraînant une surcharge des services d’urgence pédiatriques.

    Le rapport de l’IGAS met en évidence plusieurs points de tension :

    1️⃣ la charge de travail dans les hôpitaux : la continuité et la permanence des soins en services pédiatriques (gardes, astreintes, urgences) sont dissuasives pour les vocations ;
    2️⃣ le manque de reconnaissance des professionnels paramédicaux : les infirmières puéricultrices, auxiliaires de puériculture, et sages-femmes exerçant en libéral sont souvent sous-utilisées.

    3 pistes de solutions :

    ➡️ Renforcement de la formation et de l’attractivité de la profession de pédiatre.
    ➡️ Meilleure utilisation des compétences des professionnels paramédicaux.
    ➡️ Amélioration de la prévention et de la lisibilité des examens médicaux pour éviter la surcharge des services d’urgence pédiatrique.

    Cliniques spécifiques et centres de référence :

    L’offre de soins pédiatriques en France se compose de diverses structures spécialisées dans la prise en charge des enfants. Actuellement, le pays compte environ 3 200 pédiatres libéraux qui assurent des consultations en cabinet privé. En parallèle, 150 hôpitaux publics offrent des services pédiatriques, incluant des services d’urgence et des unités spécialisées pour des soins plus intensifs. Les cliniques privées, au nombre de 200, apportent également une contribution significative en fournissant des soins pédiatriques souvent centrés sur des interventions chirurgicales et des traitements spécialisés. Enfin, 30 centres de référence pour les maladies rares offrent des soins spécialisés et coordonnés pour des conditions médicales rares et complexes.

    Les outils numériques comme levier ?

    Des solutions numériques existent et commencent à transformer la prise en charge des jeunes patients, même s’ils ne sont pas encore pleinement intégrés dans la routine des soins. Quelques applications mobiles et autres solutions numériques (plateformes web, services de téléconsultation, etc.) sont déjà présentes dans le champ de la santé infantile, notamment pour le suivi des maladies chroniques et la prévention.

    👉 Pour aller plus loin : “Le numérique comme levier pour l’amélioration des soins pédiatriques ?

     

  • Pédiatrie : l’application Malo offerte à 200 familles en Sarthe

    De la prévention pour la santé familiale

    Lancée en mai 2021, Malo est une application mobile développée par la start-up lilloise Kelindi. Elle permet aux parents de suivre de manière exhaustive la croissance et la santé de leurs enfants, de 0 à 10 ans. Contrairement au carnet de santé traditionnel qui se base sur les standards de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et manque de nombreux paramètres, Malo enregistre des données complètes sur le développement de l’enfant, incluant un guide sur le neuro-développement de l’enfant.

    Malo offre par ailleurs la possibilité de stocker et de partager les documents médicaux des enfants de manière sécurisée. Les rappels intégrés aident les parents à ne pas oublier les rendez-vous médicaux, les vaccinations et autres échéances importantes. Les données collectées par l’application sont stockées de façon sécurisée et anonymisées chez un hébergeur français certifié par le ministère de la Santé.

    9K € d’investissement municipal

    La municipalité de Champagné a investi 9 000 euros pour permettre à deux cents familles de bénéficier gratuitement de l’application Malo. « C’est une application mobile novatrice portée par une volonté : faciliter la vie des parents », a déclaré Patrick Desmazières, le maire de la ville.

    En facilitant l’accès à des outils de santé préventive, la mairie espère améliorer la qualité de vie des familles et réduire les complications de santé à long terme grâce à une intervention précoce et appropriée.

    Autisme, troubles de l’audition et de la vue 

    Malo est un outil de prévention de santé qui offre un diagnostic initial, capable de détecter des conditions comme l’autisme, ainsi que des problèmes d’audition et de vue chez les enfants. « Il permet de détecter l’autisme, des problèmes d’audition, de vue », a précisé le maire de Champagné, en mettant en avant les capacités de détection précoce de l’application. En plus de ses fonctionnalités diagnostiques, l’application Malo génère des conseils et des contenus personnalisés visant à améliorer le bien-être de toute la famille. 

    L’application permet aux parents de surveiller l’éveil et le développement neurocognitif de leurs enfants, offrant des conseils spécifiques adaptés aux données recueillies. Pour cela, il leur suffit de consacrer cinq minutes chaque mois à remplir un questionnaire élaboré grâce aux travaux du Pr Fabrice Denis et d’une équipe de pédiatres. Ce questionnaire, issu de trois années de recherches et d’échanges, comprend 1 100 questions fréquemment posées lors des consultations de suivi pédiatrique des enfants de 0 à 3 ans, simplifiées et condensées pour une utilisation mensuelle.

    Exemples de l’interface de l’application mobile Malo – @ DR

    Une contribution à la recherche scientifique :

    L’application apporte également une dimension de soutien à la recherche scientifique. Si les parents donnent leur accord, les informations collectées anonymement peuvent être utilisées pour des études afin de mieux comprendre le développement des enfants et les spécificités de chaque région. Cela pourrait aider à améliorer les pratiques pédiatriques et les politiques de santé publique.