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  • Datatransformeurs : un outil pour évaluer le rapport bénéfices-risques (groupe de travail)

    Développer un outil pour l’évaluation du bénéfice-risque

    Le Groupe de travail « GT1 Balance Bénéfices/Risques » a été formé pour répondre aux préoccupations concernant les risques associés à la réutilisation des données de santé. Le constat initial faisait état de nombreux blocages de projets dus à une approche excessive de la gestion des risques, négligeant souvent les bénéfices potentiels pour la société et les chercheurs.

    L’ambition de ce groupe est de développer un outil permettant d’évaluer le rapport entre les bénéfices et les risques liés à l’utilisation secondaire des données de santé. Cet outil vise à compléter les études d’impact du RGPD et à promouvoir une confiance collective parmi les acteurs de la santé. De plus, l’outil est conçu pour évaluer le rapport bénéfice-risque à accéder et à analyser des données de santé personnelles pseudonymisées et groupées pour la santé publique.

    Démarche pour le développement de l’outil

    La démarche du groupe de travail s’est concentrée sur l’élaboration d’une méthodologie rigoureuse pour évaluer le rapport bénéfice-risque associé à l’utilisation de données de santé personnelles pseudonymisées et groupées. Parmi les attendus de la démarche :

    📌 Une vision holistique de l’impact de la recherche :

    L’outil doit permettre aux porteurs de projets de prendre de la hauteur et de développer une vision holistique de l’impact de la recherche sur la santé publique. En considérant non seulement les résultats immédiats, mais aussi les implications à long terme, cette approche vise à favoriser des décisions mieux informées et plus équilibrées.

    📌 Clarification et objectivation du risque et du bénéfice :

    L’outil doit permettre de clarifier et d’objectiver le risque et le bénéfice réel pour la société et les individus. En utilisant une grille de lecture commune, cet outil permet d’identifier et de quantifier de manière objective les avantages potentiels et les risques associés à un projet. Cela inclut une appréciation par le porteur de l’importance du bénéfice ainsi que des risques de fuites de données et de réidentification.

    📌 Confiance collective et une simplification des projets de réutilisation des données :

    En fournissant une évaluation des bénéfices et des risques, l’outil permettra d’aider les décideurs à peser les options disponibles et à choisir les meilleures stratégies pour maximiser les avantages tout en minimisant les risques. Cela inclut des recommandations sur les mesures de sécurité à mettre en place, les modalités de publication des résultats et les stratégies de communication avec le public et les parties prenantes.

    7 étapes en itération

    Pour atteindre ces objectifs, plusieurs étapes ont été suivies. Actuellement le groupe de travail est à l’étape 5.

    1️⃣ Identification des catégories de bénéfices et de risques : cela impliquait de définir les différentes dimensions de bénéfices et de risques, prenant en compte des aspects tels que la surveillance épidémiologique, l’amélioration des connaissances médicales etc.

    2️⃣ Identification des modulateurs de risque/bénéfice : cela impliquait d’évaluer la vraisemblance et la probabilité des bénéfices et des risques, prenant en compte la probabilité de l’étude à atteindre son objectif principal, la probabilité à ce que les résultats amènent à un changement de pratique par exemple etc.

    3️⃣ Identification de méthodes de décisions : cela impliquait l’utilisation de modèles décisionnels pour évaluer la balance bénéfice-risque de manière systématique et transparente, prenant compte de l’importance des effets favorables et défavorables et la mise en balance des bénéfices et des risques. Celle-ci permet, en fonction de la qualification des risques et des bénéfices, de décider de prendre des risques pour obtenir les bénéfices et de déterminer si des mesures complémentaires doivent être mises en place

    4️⃣Tests primaires : des essais ont été menés et présentés lors du retex du groupe de travail sur le projet Flatiron de Roche et le projet « cancer du sein ». Ces tests ont permis de peaufiner l’outil et de s’assurer qu’il répondait bien aux besoins des porteurs de projets.

    5️⃣ Echanges avec l’écosystème : cela implique d’échanger avec des porteurs de projets, pour recueillir des retours d’expérience et des conseils pratiques quant à l’utilisation de cet outil

    6️⃣ Mise en forme et partage de l’outil : cela implique une fois l’outil finalisé, mis en forme, un partage avec les porteurs de projets pour qu’ils se l’approprient et l’adoptent.

    7️⃣ Itérations : dans une démarche d’amélioration continue, les itérations permettront de perfectionner l’outil en fonction des retours d’expérience et des évolutions des besoins ou de la réglementation.

    L’outil devrait être évalué d’ici fin 2024.

     

  • IA : Owkin déploie ses projets en Allemagne, en Autriche et en Suisse

    15 % des patients de la région Dach concernés

    L’entre franco-américaine Owkin spécialisée dans la découverte, le développement et le diagnostic de médicaments de précision basés sur l’IA, a annoncé son expansion dans la région Dach. Cette expansion est le fruit de partenariats avec neuf des principaux centres de la région :

    • Universitätsmedizin Berlin ;
    • Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) ;
    • Universitätsspital Basel ;
    • Technische Universität München (TUM) ;
    • Uniklinikum Erlangen ;
    • Universitätsklinikum Leipzig, Inselspital Bern ;
    • Universitätsklinik Mannheim-Heidelberg ;
    • Medizinische Universität Wien.

    Ces collaborations couvrent 24 % de tous les cas ambulatoires et 15 % du total des patients dans la région Dach. En analysant de vastes ensembles de données et en identifiant des modèles complexes dans neuf hôpitaux, Owkin compte sur ses moteurs d’IA et ses outils de diagnostic pour améliorer les résultats des patients atteints de :

    • cancer de la prostate ;
    • cancer de la vessie musculo-invasif (CVMI) ;
    • et maladies cardiovasculaires.

    Une telle approche devrait permettre aux chercheurs de découvrir de nouveaux biomarqueurs, de prédire les réponses aux traitements et de développer des thérapies plus efficaces et personnalisées pour chaque patient. Ainsi, le réseau d’Europe occidentale, couvrant la France, le Benelux et la région Dach, constituera pour Owkin “le plus grand réservoir de centres médicaux”.

    4 projets stratégiques

    En partenariat avec des institutions médicales de renommée internationale dans ces pays, Owkin vise à exploiter les données multimodales et les techniques d’apprentissage automatique pour offrir des solutions avancées dans le domaine de la santé. L’entreprise propose ainsi de prédire les résultats des traitements, de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques, d’optimiser les essais cliniques et d’améliorer les outils de diagnostic précoce, notamment à travers ces 4 projets :

    📌 Biomarkerplus (prédiction de résultats) :

    Owkin collaborera avec l’Inselspital Bern, la Technische Universität München (TUM) et l’Universitätsspital Basel pour analyser les données multimodales des patients afin d’identifier quels patients atteints d’un cancer de la prostate à un stade précoce sont les plus susceptibles d’échouer au traitement curatif primaire et de progresser à terme vers une maladie plus grave et d’anticiper s’ils peuvent bénéficier d’une stratégie de gestion différente. Owkin s’associe également à Uniklinikum Erlangen (UKER) dans le (cancer de la vessie musculo-invasif (CVMI) pour analyser les lames colorées à coloration à l’hématoxyline & éosine (H&E) afin de détecter les mutations FGFR3 (troubles de croissance osseuse, cancers, syndromes de malformations multiples…).

    📌 Targetmatch (découverte de cibles) :

    n partenariat avec Medizinische Fakultät Mannheim der Ruprecht-Karls-Universität et Medizinische Universität Wien, Owkin accédera à un ensemble de données multimodales de haute qualité, y compris l’histologie numérisée et le séquençage de l’ARN, afin de mieux comprendre la réponse au traitement pour la chimiothérapie néoadjuvante et d’identifier de nouvelles cibles et stratégies de traitement du CVMI.

    📌 Trialplus (optimisation des essais cliniques) :

    Le partenariat d’Owkin avec Universitätsklinikum Leipzig vise à utiliser des techniques d’apprentissage automatique pour améliorer la conception des essais cliniques sur les maladies cardiovasculaires.

    📌 AI Diagnostics (MSIntuit CRC) :

    fin d’améliorer son premier outil de pré-dépistage MSI marqué CE, MSIntuit CRC, Owkin travaillera en étroite collaboration avec Uniklinikum Erlangen (UKER) pour valider son MSIntuit CRC V2 mis à niveau auprès de cohortes plus variées.

     

  • Handicap : 378 projets innovants déposés en région Paca

    50 000 nouvelles solutions d’ici 2030

    C’est l’annonce faite par Emmanuel Macron lors de la dernière Conférence nationale du handicap. Avec un budget notable de 1,5 milliard d’euros, ce plan vise à renforcer l’inclusion et l’autonomie des personnes handicapées en France. Par ailleurs, ce projet fait face à des défis majeurs comme la pénurie de personnel dans le secteur médico-social.

    En détail, 400 millions d’euros sont dédiés aux solutions pour les enfants, avec une attention aux diagnostics précoces pour les enfants de 0 à 6 ans. 585 millions d’euros sont alloués aux adultes, pour améliorer l’offre des foyers d’accueil médicalisés et des maisons d’accueil spécialisées. L’objectif est de désengorger les établissements médico-sociaux en développant des solutions d’accompagnement à domicile.

    Parmi les mesures annoncées, figurent aussi le remboursement intégral des fauteuils roulants à partir de 2024, l’amélioration de l’accessibilité des logements, et un plan de rattrapage pour l’accessibilité numérique des sites publics. L’inclusion scolaire est renforcée avec la présence d’un enseignant référent dans chaque établissement du premier degré et une meilleure formation des accompagnants d’élèves en situation de handicap.

    Dès septembre : 1 230 nouvelles solutions en région Paca

    Bien que certaines régions soient prioritaires, comme l’Île-de-France, les Hauts-de-France et les départements d’Outre-mer. Les régions et les ARS régionales font avancer les choses. C’est notamment le cas de l’ARS Paca.

    L’AMI « Pac’ambition » a permis d’identifier 378 initiatives pertinentes dans la région. 81 ont déjà été retenues et bénéficient d’un appui financier de 15 800 000 euros.

    Extension de places en unités spécialisées, création de plateformes d’accompagnement, élargissement des plages d’ouverture, ou encore dispositifs de répit pour les aidants sont les actions portées par les établissements médico-sociaux. Au total, c’est 680 solutions pour les enfants et 543 pour les adultes qui verront le jour dès septembre 2024.

    ➡️ Pour soutenir la scolarisation :

    106 places de service d’éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad) ont été créées, offrant ainsi 170 solutions. De plus, trois unités d’enseignement élémentaire pour l’autisme et un dispositif d’autorégulation au collège ont été mis en place. Concernant l’accueil de jour en établissement, 21 places en institut médico-éducatif ont été dédiées aux enfants avec des troubles du spectre de l’autisme (TSA) et des troubles du neurodéveloppement (TND), représentant 35 solutions, ainsi que 10 places pour les enfants polyhandicapés, soit 15 solutions.

    ➡️ Pour les aidants :

    113 solutions de répit ont été mises en place, principalement en augmentant les heures d’ouverture durant les week-ends et les vacances scolaires. En ce qui concerne les enfants présentant une double vulnérabilité, à la fois sous aide sociale à l’enfance (ASE) et en situation de handicap, 156 solutions ont été créées. Quatre plateformes de répit et un séjour de vacances répit ont été ajoutés pour les aidants.

    ➡️ Pour les adultes en situation de handicap :

    543 solutions ont été développées, dont 53 places de service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH), totalisant 107 solutions. L’offre a été renforcée avec 50 places supplémentaires, principalement en accueil de jour, représentant également 107 solutions. Cinq dispositifs mobiles ont été mis en place, offrant 70 solutions. Pour les personnes handicapées vieillissantes, une équipe mobile et un SAMSAH de 20 places ont été créés, représentant 70 solutions. Enfin, 119 solutions ont été mises en place pour améliorer l’insertion professionnelle.

    Le plan prévoit également le financement de centres d’action médico-sociale précoce et de pôles d’appui à la scolarité, avec une ambition de déployer 4 100 solutions en région Paca d’ici 2030.

     

  • Etude : un tiers des radiologues encore sceptiques quant à l’utilisation de l’IA (Eur. J. Radiol)

    L’IA au cœur de la pratique radiologique

    La radiologie est la spécialité médicale qui a adopté en premier l’IA. Elle s’est en effet tournée très tôt vers l’imagerie numérique, ce qui a permis de disposer de vastes ensembles de données d’images médicales de haute qualité, un élément crucial pour l’apprentissage des algorithmes d’IA. En outre, l’analyse d’images radiologiques implique souvent des tâches bien définies, comme la détection de lésions ou la mesure de structures anatomiques. Ce qui correspond bien aux capacités des algorithmes d’IA basés sur le deep learning.

    Cependant, pour que cette technologie entre de plain-pied dans la pratique clinique, encore faut-il que les principaux acteurs soient convaincus de ses bénéfices. C’est pourquoi la Société italienne de radiologie médicale (Sirm) a mené une étude auprès de ses membres. “L’intégration réussie des outils d’IA dans les flux de travail cliniques dépend de l’engagement actif des professionnels de la santé, qui servent de principaux intervenants en interaction quotidienne avec les systèmes d’IA”, a noté Michaela Cellina, du département de radiologie de l’hôpital Fatebenefratelli Sacco à Milan, en Italie. “Par conséquent, comprendre les perceptions et les attitudes des radiologues envers cette technologie transformatrice apparaît comme une priorité critique.”

    Un questionnaire pour sonder l’avis des spécialistes de l’imagerie :

    Quelque 230 d’entre eux ont répondu au questionnaire qui portait sur la satisfaction actuelle des radiologues quant à :

    • l’utilisation des outils basés sur l’IA ;
    • les perceptions du potentiel de l’IA à améliorer des aspects tels que les taux de détection et le flux de travail ;
    • et l’optimisme par rapport aux avantages futurs qui pourraient découler du perfectionnement de la technologie.

    L’enquête a été distribuée à un large éventail de radiologues avec des détails démographiques et des niveaux d’expérience variés. Les résultats de cette étude ont été publiés le 27 juin dans l’European Journal of Radiology.

    Résultats : l’IA pas décisive pour 1 radiologue sur 3

    • Plus de 80 % des radiologues pensent que l’IA améliorera plusieurs aspects du flux de travail en radiologie. L’optimisme est plus net chez les moins de 30 ans et les plus de 60 ans.
    • Environ 40 % des répondants utilisent actuellement l’IA dans leur pratique.
    • Seulement un tiers de ces utilisateurs considèrent que les contributions de l’IA sont décisives.
    • Plus d’un tiers des radiologues se sentent insuffisamment préparés pour utiliser l’IA.
    • 46 % des radiologues de moins de 30 ans déclarent avoir une littératie en IA insuffisante.
    • Deux tiers des sondés voient l’IA comme une opportunité pour améliorer leur domaine plutôt qu’une menace pour leur carrière.
    • 84 % estiment que les radiologues doivent conserver le dernier mot sur les rapports.

    Ces résultats en demi-teinte font dire aux auteurs de l’étude que “malgré l’optimisme général parmi les radiologues, il reste un travail important à accomplir pour améliorer l’intégration et l’utilisation généralisée des outils d’IA dans la pratique clinique.” Ils préconisent donc d’initier des programmes éducatifs sur l’IA pour tous les niveaux d’expérience et que la formation continue en IA soit recommandée tout au long de la carrière des radiologues.

     

     

    Radiologists’ perceptions on AI integration: An in-depth survey study.

    Cè M, Ibba S, Cellina M, Tancredi C, Fantesini A, Fazzini D, Fortunati A, Perazzo C, Presta R, Montanari R, Forzenigo L, Carrafiello G, Papa S, Alì M.

    Eur J Radiol. 2024 Jun 27;177:111590. doi: 10.1016/j.ejrad.2024.111590. Epub ahead of print. PMID: 38959557.

     

  • Charges et produits 2025 : 1,56 milliard d’euros d’économies (rapport de l’Assurance maladie)

    Dépistage, contrôle, lutte contre la fraude : 30 propositions

    Charges et produits, évolution des dépenses, accès aux soins.. tous les ans l’Assurance maladie soumet au gouvernement son traditionnel rapport avec des propositions pour limiter les dépenses et améliorer la qualité des soins en France. Publié ce vendredi 19 juillet, ce rapport s’inscrit dans un contexte d’instabilité politique, un PLFSS en cours de définition pour 2025, et une dégradation de la situation budgétaire de l’Assurance maladie.

    Pour rappel, la Commission des comptes de la Sécurité sociale alertait, en mai 2024, sur une « dégradation continue » et « non maîtrisée du déficit », avec une trajectoire « insoutenable ». En 2023, c’est le chiffre de -11 milliards d’euros qui tombe. En 2024, le déficit prévisionnel est de -11,4 milliards d’euros. Le rapport précise qu’un déficit durablement supérieur à 10 milliards d’euros est un « scénario crédible ».

    Situation financière de l’Assurance Maladie (2018 à 2024)

     

     

     

     

     

     

     

     

    Malgré un PLFSS qui prend du retard, et un contexte politique flou qui interroge sur l’accueil que va avoir ce rapport, l’Assurance maladie développe trente propositions. Lutte contre la fraude, déremboursement des prescriptions pour les médecins libéraux non conventionnés, ou encore réduction de l’impact des remises négociées entre le CEPS et les fabricants de médicaments en sont quelques-unes.

    1,56 milliard d’économies en 2025, dont 425 millions sur les médicaments

    Parmi les mesures notables, celle de « ne plus rembourser les prescriptions d’un médecin libéral ayant choisi de ne pas se conventionner avec l’Assurance maladie ». Si la proposition est retenue, les actes de soins et les prescriptions d’un médecin qui ne contractualise pas avec l’Assurance maladie ne seront plus éligibles au remboursement.

    Pour faire des économies, la CNAM se base aussi sur la nouvelle convention signée avec les médecins libéraux en juin denier, qui consiste, en échange d’une augmentation de la rémunération, à éviter les prescriptions jugées « inutiles » en matière de soins, d’arrêt maladie, de transports sanitaires ou encore d’imagerie médicale. « Elle (la CNAM) poursuivra son engagement en faveur de la pertinence des actes, qui passera par une diminution nécessaire des actes d’imagerie redondants, voire inutiles, et une régulation plus efficace des dépenses de radiologie » (extrait de la synthèse du rapport de propositions de l’Assurance maladie pour 2025). En complément et pour améliorer la pertinence des prescriptions, le rapport préconise de promouvoir les outils numériques d’aide à la prescription médicale (LAP/SADM).

    Autre axe fort du rapport et qui pourrait être intégré dans l’accord-cadre entre le Comité économique des produits de santé (CEPS) et le Leem, « demander aux industriels le remboursement du surcoût de marge de distribution payé par l’Assurance maladie du fait de l’existence de certains prix faciaux différents des prix nets ».

    De nouveaux contrôles, notamment pour l’imagerie médicale

    La lutte contre la fraude est plus que jamais d’actualité. Le montant des préjudices financiers détectés est en hausse de 47 % en 2023, représentant 466 millions d’euros. L’Assurance maladie parle de « repérer les fraudes » et de « responsabiliser l’ensemble des acteurs ». Pour ce faire, elle envisage d’accroitre l’usage de la carte Vitale pour sécuriser les transactions, de diffuser un nouveau formulaire Cerfa pour les arrêts de travail, et de déployer un outil de détection des fausses ordonnances auprès des officines. Cet outil ASAFO est basé sur l’intelligence artificielle. De nouveaux contrôles seront faits dès 2025, notamment dans les secteurs de la radiologie et de l’imagerie médicale.

    Maintenir les efforts sur la prévention et les dépistages

    Sur le thème de la santé populationnelle, une des recommandations est d’améliorer la prise en charge de la santé mentale des jeunes, réel problème de santé publique depuis l’épidémie de COVID-19. La mesure consiste à accompagner les médecins généralistes dans le repérage des troubles mentaux et dans la prescription des psychotropes grâce à un dispositif de formation continue pour les professionnels de santé.

    La CNAM met aussi l’accent sur la prévention en systématisant le dépistage régulier des pathologies chez les patients atteints de maladies chroniques cardiovasculaires. Les professionnels de santé qui utilisent MonBilanPrévention pourront désormais orienter les patients vers des dépistages du diabète et de maladie rénale chronique. La CNAM insiste également sur l’importance d’intensifier le dépistage des cancers du sein, colorectal et de l’utérus, ainsi que l’endométriose. Ces mesures visent à améliorer la détection précoce et à renforcer la qualité des soins pour les patients concernés.

    Des “assises” sur la téléconsultation

    En 2023, la CNAM annonçait vouloir encadrer la téléconsultation afin de standardiser les pratiques, qui à l’époque répondaient moins aux exigences de qualité et de confidentialité des données. Considérant aujourd’hui que “les innovations numériques font définitivement partie de la réponse aux multiples défis du système de santé”, le rapport propose d’initier des « assises de la téléconsultation » pour continuer d’améliorer son emploi. Le rapport pointe par exemple un usage « inapproprié » des prescriptions d’antibiotiques en téléconsultation, contribuant à la résistance de la population, et rappelle la nécessité d’un examen physique pour de telles prescriptions. Ces « assises » permettraient également de redéfinir la place de la téléconsultation dans les zones sous-denses. Les chiffres montrent que 51,5 % des patients (contre 37 % pour l’ensemble des patients) ayant utilisé la téléconsultation résident le plus souvent dans les zones densément peuplées et donc plus favorisées en termes d’offre de soin.

    Concernant les thérapies digitales (DTx), après une analyse croisée entre la France, la Belgique et l’Allemagne, le rapport conclut que “les DTx font l’objet d’une attention particulière en tant que nouvelles modalités de traitement susceptibles de remplacer ou de compléter les pratiques médicales traditionnelles. Cependant, elles en sont encore au stade initial de leur déploiement et les preuves de leur efficacité et de leur sécurité restent insuffisantes au regard des processus d’évaluation réglementaires à l’échelle internationale”. Ajoutant que le remboursement des DTx n’étant pas suffisant pour assurer l’utilisation, des mesures “institutionnelles” sont nécessaires pour en faciliter l’usage par les médecins et les patients.

    Adapter les modalités d’évaluation de l’intelligence artificielle en santé

    l’Assurance maladie souligne l’importance et la nécessité d’utiliser l’IA dans la santé. Elle recommande cependant une prudence, évoque des risques “notables” et suggère des évaluations à cause d’un “décalage important entre les promesses affichées, l’état de la science réel et le niveau de connaissance des professionnels de santé et du grand public”. Inspirée des travaux de l’International Medical Device Regulators Forum (2014) et de l’EU AI Act, le rapport propose une matrice des risques, stratifiée en fonction des critères de menaces, mais aussi en termes de “nature des études menées”. L’Assurance Maladie préconise que ces études soient réalisées par la Haute Autorité de Santé, ou bien les Collèges Nationaux Professionnels avec un appui méthodologique de la HAS.

    Le rapport complet ainsi qu’une synthèse sont disponibles sur le site de la CNAM. Sur les trente propositions faites, reste à voir combien d’entre elles intégreront le PLFSS 2025.

     

  • VR : le GCS Hugo acquiert un simulateur pour former à la chirurgie en ophtalmologie

    300 000 € d’investissement

    Dans un contexte d’augmentation du nombre de chirurgies en ophtalmologie (notamment celle de la cataracte qui est l’acte chirurgicale le plus réalisé en France avec près d’un million d’interventions par an), ainsi que du nombre d’internes dans cette spécialité, il est devenu urgent de mettre en place une formation qui permet aux apprenants de développer leurs compétences en chirurgie de manière plus rapide et plus sécurisée.

    Pour y répondre, le groupement de coopération sanitaire (GCS) Hugo a lancé un système de financement pour l’achat d’un simulateur alimenté par la réalité virtuelle visant à former les internes du Grand-Ouest à la chirurgie en ophtalmologie. Ce sont donc les agences régionales de santé (ARS) des Pays de la Loire, du Centre-Val de Loire et de la Bretagne qui ont financé à hauteur de 300 000 euros l’achat du simulateur mobile Eyesi Surgical Complete développé par l’allemand Haag-Streit.

    Une solution qui a fait ses preuves

    Cette solution de l’éditeur allemand a été conçue pour la chirurgie intraoculaire. Elle permet aux internes de passer de la formation aux compétences de base à la gestion des procédures chirurgicales et des complications. Par ailleurs, la solution de Haag-Streit établit une courbe d’apprentissage qui permet d’évaluer l’évolution des compétences de l’interne.

    Grâce à la réalité virtuelle, les internes peuvent s’entraîner de la manière le plus sécurisée possible puisqu’ils ne touchent pas à des patients réels. De plus, les capteurs présents sur l’appareil permettent d’évaluer automatiquement la performance de l’apprenant, en mesurant notamment, et cela pour chaque exercice réalisé :

    • le temps de réalisation de l’étape opératoire ;
    • la qualité de réalisation ;
    • ainsi que la quantification des dommages oculaires causés.

    La VR améliore les performances en conditions réelles :

    L’utilisation du simulateur de VR dans la formation chirurgicale initiale a fait ses preuves depuis de nombreuses années. En effet, plusieurs études montrent l’intérêt de son utilisation, notamment la dernière en date (2015), qui montre que l’amélioration des scores sur simulateur confirme l’amélioration des performances en conditions réelles et que l’entrainement sur ce simulateur permet la réduction du taux de complications peropératoires.

    Le simulateur changera de CHU tous les 6 mois

    L’achat de ce simulateur a pour objectif de profiter à tous les internes du Grand Ouest. Ainsi, le dispositif de formation en VR sera transféré d’une faculté de médecine à une autre tous les six mois, soit le temps d’un cycle de formation des médecins en stage interné.

    Depuis son achat à la fin du mois de juin 2024, il est utilisé par les internes de la faculté de Tours. Il sera ensuite mis à la disposition de ceux :

    • de Nantes en novembre 2024 ;
    • de Rennes en mai 2025 ;
    • puis de ceux d’Angers en novembre 2025.

     

  • Pathologie numérique : Bioptimus lance son nouveau modèle d’IA

    Transformer le diagnostic médical grâce à l’IA

    Cofondée par d’ancien chercheurs de Google Deepmind et des experts d’Owkin, Bioptimus se donne pour ambition d’intégrer l’IA générative au centre de ses recherches. Cette start-up entend ainsi utiliser la puissance de calcul pour mieux décrypter les lois de la biologie. Pour Jean Philippe Vert, CEO et cofondateur de Bioptimus, “il s’agit de révolutionner la façon dont la biologie progresse”, grâce à la deeptech.

    H-optimus-0, le nouveau modèle d’IA promet des performances de pointe, allant de l’identification des cellules cancéreuses à la détection des anomalies génétiques dans les tumeurs. Il présente ainsi les 3 caractéristiques suivantes :

    • évolutivité et hautes performances : avec ses 1,1 milliard de paramètres, H-optimus-0 est conçu pour offrir une analyse méticuleuse et précise des échantillons pathologiques, surpassant les modèles existants ;
    • ensemble de données d’entraînement complet : le modèle a été exposé à une vaste gamme de cas pathologiques, améliorant sa capacité à identifier divers types de tissus et anomalies ;
    • diagnostics de pointe : H-optimus-0 établit de nouvelles normes en matière de diagnostic, étant capable de détecter efficacement les biomarqueurs et la présence de métastases dans plusieurs types de cancer.

    Un modèle sur mesure pour l’examen des échantillons :

    L’anatomopathologie est la clef de voûte du diagnostic des maladies et nécessite donc un examen méticuleux des échantillons de tissus pour identifier les anomalies. Traditionnellement, ce processus repose fortement sur l’expertise et l’expérience des pathologistes. Cependant, la complexité et le volume croissants des cas nécessitent des outils avancés pour établir des diagnostics plus rapides et plus précis. H-optimus-0, formé sur un ensemble de données propriétaire de plusieurs centaines de millions d’images provenant de plus de 500 000 lames d’histopathologie issues de 4 000 cabinets cliniques, offre une capacité de généralisation supérieur à la moyenne. Cette vaste base de données permet au modèle de fournir des diagnostics pathologiques efficaces et précis.

    Perspectives de développement

    Pour Jean-Philippe Vert, il s’agit du premier modèle “d’une longue série”. Les futurs modèles seront “non seulement entraînés sur un nombre encore plus important d’images pathologiques provenant d’Europe, d’Asie et d’Afrique, mais intégreront également d’autres modalités, telles que la génomique et la protéomique”. L’objectif ultime exprimé par Bioptimus est de “créer le premier modèle de fondation multi-échelles de la biologie, capable d’intégrer diverses données et échelles biologiques pour permettre des découvertes scientifiques et accélérer les innovations biomédicales. ”

    En février 2024, Bioptimus avait réalisée une  levée de fonds de 35 millions de dollars, dans le but de commercialiser rapidement un logiciel SaaS et de réaliser une nouvelle levée de fonds en série A d’ici moins d’un an

     

  • Cancer : la feuille de route de l’Inca atteinte à 75 %

    Priorité au dépistage

    En cinq ans, la France a vu une nette augmentation de nouveaux cas de cancer, passant de 382 000 en 2018 à 433 136 en 2023. Vieillissement de la population, consommation de tabac et d’alcool, alimentation déséquilibrée, sédentarité sont les quelques raisons qui expliquent cette hausse. Malgré cette augmentation, les progrès médicaux (dans les diagnostics précoces et les traitements) ont amélioré les taux de survie ; 93 % pour les cancers de la prostate et 88 % pour les cancers du sein.

    À mi-parcours de la première partie de la feuille de route : “Stratégie décennale de lutte contre le cancer 2021-2030” (initiée en février 2021), l’Inca a publié son rapport d’activité 2023 intitulé « Déterminés. Faire naître de nouveaux espoirs dans la lutte contre les cancers ». L’occasion de faire le point sur les avancées, notamment du plan « Priorités Dépistages » qui est venu en complément des autres actions.

    Sur l’ensemble des actions (prévention, séquelles, qualité de vie, cancer de mauvais pronostic), l’avancement des axes de la feuille de route se situe entre 65 et 80 %.

    Etat d’avancement de la feulle de route 2021-2025 – @ Inca

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La feuille de route bien avancée

    Témoin de la stratégie de l’Inca, l’allocation des moyens est représentative des orientations prises. Les dépenses 2023 de l’Inca s’orientent principalement vers la recherche fondamentale en biologie (19 %) et la recherche intégrée (24 %) pour des appels à projets comme High Risk-High Gain 2022 contre les cancers de mauvais pronostic. Levier de la prévention, l’information au grand public représente 12 % des dépenses.

    Les avancées par axe :

    📌 « Priorité Dépistages » :

    Pour atteindre un million de dépistages supplémentaires d’ici 2025, les stratégies ciblent les populations éloignées du système de santé. Cela inclut des campagnes d’information ciblées et des initiatives locales. Par exemple, des partenariats avec des associations locales et des collectivités territoriales sont établis pour mieux informer et encourager les populations vulnérables à se faire dépister.

    📌 Lutte contre le Tabac :

    Parallèlement, le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT 2023-2027) a été lancé pour réduire le tabagisme, principal facteur de risque évitable de cancer. Le programme Tabado, destiné aux jeunes dans les lycées professionnels et autres établissements, a permis d’accompagner plus de 83 000 jeunes par an dans leur sevrage tabagique.

    📌 La recherche et les soins :

    En 2023, des progrès notables ont été réalisés dans la recherche et l’amélioration des soins contre le cancer, comme la création de centres de recherche d’excellence pour les cancers pédiatriques et la labellisation de réseaux pour les cancers de mauvais pronostic. En matière de prévention, le projet européen PartnERship to Contrast HPV, impliquant 18 pays, vise à éradiquer les cancers liés aux HPV d’ici la prochaine décennie. En ce sens, une campagne de vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) a permis à 400 000 enfants de 12 ans d’être vaccinés.

    📌 Engagement et collaboration internationale :

    L’une des réalisations de 2023 a été la création du G7 Cancer. Cette initiative réunit les institutions des pays les plus avancés dans la lutte contre les cancers pour partager des connaissances, des données et des meilleures pratiques. Le G7 Cancer vise à capitaliser sur les avancées de chaque pays pour accélérer les progrès.

    📌 Prévention et dépistage innovant :

    L’Inca a investi 10 millions d’euros pour soutenir des équipes de recherche innovantes, comme KOODAC et PROSPECT, axées sur la compréhension et le traitement des cancers. En plus du PNLT, l’Institut soutient des projets visant à réduire l’exposition aux polluants et autres facteurs de risque dès le plus jeune âge. Un programme pilote de dépistage des cancers du poumon est également en préparation, suivant les recommandations de la Haute Autorité de Santé, pour tester de nouvelles approches de dépistage. Ce référentiel paraîtra en 2024, et sera suivi par un appel à candidature pour sélectionner les sites participants.

    📌 Amélioration continue des soins :

    La réforme des autorisations d’activité de cancérologie, entrée en vigueur en juin 2023, vise à garantir des soins de qualité pour tous les patients. L’Institut a financé cinq projets de désescalade thérapeutique pour réduire les séquelles des traitements lourds, ainsi qu’un appel à projets pluridisciplinaire pour limiter la toxicité de la radiothérapie. Pour les patientes ayant subi une mastectomie, une feuille de route et une plateforme en ligne d’aide à la décision partagée ont été mises en place pour lever les freins financiers et améliorer l’accès à l’information sur les possibilités de reconstruction.

    IA : intégration de nouvelles sources de données dans la PDC

    La plateforme de données en cancérologie (PDC) regroupe les données de plus de 7,5 millions de personnes. 2,2 millions d’euros ont été accordés par Bpifrance et par des dons des industriels partenaires de la Filière Intelligence artificielle et cancers (FIAC) pour le développement de la PDC. Après validation de la CNIL, la PDC de l’Inca a bénéficié, en avril 2023, de nouvelles intégrations de données issues du SNDS. Dossiers de patients en cancérologie, plateformes de génétique moléculaire, données des industries de santé viendront parfaire les analyses de l’intelligence artificielle. Trois nouvelles études mobilisant les données de la plateforme ont été lancées en 2023. L’association Filière Intelligence artificielle et cancers (FIAC) a lancé, avec les laboratoires AstraZeneca et Amgen France, deux projets de méthodologies d’appariement des données avec la base SNDS pour les cas de cancer du poumon.

    Une évaluation en 2024 pour préparer les actions de 2026-2030

    57 actions ont démarré en 2023. Au total, ce sont 177 actions engagées, sur les 237 que compte la première feuille de route 2021-2025 de la Stratégie décennale.

    L’Inca vise à poursuivre les objectifs initiés, à savoir : progresser dans la recherche, faire reculer le nombre de cas de cancer, réduire les séquelles, améliorer la participation aux dépistages, et poursuivre les efforts de restructuration. Le tout en continuant d’évaluer les étapes d’avancement. L’accent est mis sur le dépistage, la continuité de la vaccination contre les HPV et l’accélération des actions retardées (comme la lutte contre les cancers de mauvais pronostic, à 65 % d’avancement).

    En 2024, une trentaine d’actions seront lancées. La mobilisation de toute la communauté de la cancérologie est essentielle pour offrir un meilleur service aux Français. « Reste que, si l’Institut joue un rôle déterminant, seul, il ne peut pas faire grand-chose. C’est donc toute la communauté de la cancérologie qui est mobilisée autour de la Stratégie décennale pour que le service rendu aux Français soit toujours plus accessible », déclare Thierry Breton, directeur général de l’Inca.

    Le cap de la moitié de cette première feuille de route est franchi. Une évaluation aura lieu courant 2024 pour préparer les actions 2026-2030.

     

  • USA : la FDA donne son accord pour le Vitek Reveal de bioMérieux

    Une analyse 9 fois plus rapide

    Le système modulaire d’antibiogramme Vitek Reveal de bioMérieux fournit une analyse en seulement 5,5 à 6 heures à partir d’hémocultures positives. Cela permet de prendre des décisions thérapeutiques le jour même pour les patients souffrant de sepsis bactériémique. En comparaison, les méthodes conventionnelles nécessitent généralement 48 heures pour fournir des résultats, qui peuvent varier en fonction des conditions techniques des tests utilisés.

    La technologie métabolomique utilise des capteurs pour mesurer les changements métaboliques. Biomérieux a intégré cette nouvelle technologie à son offre avec l’acquisition en mai 2022 de la société américaine Specific Diagnostics pour 425 millions de dollars.

    Un fort besoin des laboratoires

    L’autorisation des autorités sanitaires américaines permet désormais de commercialiser ce nouveau système d’antibiogramme aux États-Unis, élargissant ainsi le marché de bioMérieux et renforçant sa position concurrentielle face aux trois autres acteurs majeurs du marché des antibiogrammes : Becton Dickinson, Thermo Fisher Scientific et Beckman Coulter. bioMérieux , société cotée sur Euronext Paris, vise un marché mondial de 4 milliards de dollars, qui croît à un taux annuel composé de 6 à 8 %.

    « …le système d’antibiogramme VITEK REVEAL est un instrument qui couvre un grand nombre d’antibiotiques. Avec sa taille réduite et sa modularité permettant d’adapter les cadences, il répond parfaitement aux besoins des laboratoires cliniques» déclare Jennifer Zinn, Directrice Exécutive des Opérations Cliniques.

    Chaque année, 11 millions de personnes dans le monde meurent des suites d’un sepsis, dont 1,3 million de ces décès sont imputables à des bactéries résistantes aux antibiotiques.

     

     

  • Parcours patient : que propose Betty, la start-up qui vient de lever 1,2 M€ ?

    Une optimisation du parcours de soins

    Fondée par deux chirurgiens urologues de la clinique Croix du Sud, l’histoire de la start-up Betty a commencé avec une initiative visant à optimiser le parcours de soin des patients subissant une prostatectomie totale par les équipes du cabinet d’urologie clinique toulousain, Urosud. Leur objectif était d’améliorer la préparation et le suivi post-opératoire des patients en les impliquant davantage dans leur propre soin, allant au-delà de la checklist de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) instaurée il y a une quinzaine d’années.

    Une économie estimée à 900 € par patient :

    Face aux résultats positifs de cette approche, l’idée de digitaliser cet accompagnement du patient et de l’étendre à toutes les chirurgies a émergé, donnant ainsi naissance à Betty en novembre 2022. Aujourd’hui, cette application numérique est déjà utilisée dans plusieurs établissements, notamment un hôpital universitaire en Guadeloupe et deux cliniques à Bordeaux et Nantes, en plus de la clinique Croix du Sud. Betty compte actuellement 30 chirurgiens actifs et 200 patients suivis.

    La start-up rapporte que les données recueillies montrent une réduction de 40 % des complications, une augmentation de 30 % des chirurgies ambulatoires et une diminution des soins non programmés, permettant ainsi une économie de 900 euros par patient.

    Une interface dédiée aux patients

    La récente levée de fonds de 1,2 million d’euros, incluant des investisseurs issus du secteur médical et 400 000 euros de Bpifrance, vise à développer l’application gratuite proposée par l’entreprise. Ces outils fonctionnels réduisent les complications en rendant le patient acteur de son parcours de soin tout en impliquant l’équipe médicale entière dans l’accompagnement du patient. La volonté est également d’introduire un outil de statistiques pour aider les praticiens à mieux évaluer leurs performances. Betty envisage d’adapter son contenu à toutes les spécialités chirurgicales, soutenue par un comité scientifique, et espère que l’application restera gratuite pour les patients, avec l’ambition d’obtenir un remboursement par la Sécurité sociale à terme.

    Début juillet 2024, la start-up a conclu un partenariat avec Edap TMS, une société de haute technologie médicale. Ce partenariat offre aux patients atteints d’un cancer de la prostate l’accès à un parcours de soin spécifiquement développé conjointement par ces deux entreprises, permettant aux patients de consulter du contenu informationnel et éducatif sur leur traitement. Les patients pourront également renseigner des questionnaires spécifiques durant leur parcours de soin afin de faciliter le suivi de leur état mental.

    L'application mobile de Betty - @ betty.care
    L’application mobile de Betty – @ betty.care

    Une meilleure adhésion des patients ?

    Un article publié dans la revue Telemedicine Reports présente les résultats de l’étude BETTY-USE, menée de septembre à novembre 2023, qui examine l’utilisation de l’application Betty.care par 24 patients avant et après une chirurgie majeure pour des cancers de la prostate, de la vessie ou du rein. Les patients, après une familiarisation avec l’application, ont utilisé diverses fonctionnalités telles que les listes de vérification, les alertes de rendez-vous et les questionnaires de santé (ePRO).

    Les résultats montrent une bonne adhésion :

    • 79,2 % des patients ont rempli les questionnaires de sécurité ;
    • 76,5 % ont utilisé les modules éducatifs ;
    • et 86,2 % ont suivi les recommandations ePRO.

    Les patients ont également exprimé une satisfaction globale élevée avec une note moyenne de 8,4/10, indiquant une amélioration de l’engagement et de la communication avec les soignants.

    Une solution au service de la médecine 6P :

    Betty souhaite révolutionner les parcours de soins en appliquant les principes de la médecine 6P. Elle revendique, dans ce sens, les 6 propositions de valeur suivantes :

    1️⃣ la médecine préventive : en proposant des programmes de préhabilitation incluant des conseils sur la nutrition, l’exercice et la préparation mentale pour préparer les patients avant leur chirurgie, réduisant ainsi les risques de complications post-opératoires ;

    2️⃣ la médecine personnalisée : en offrant des parcours de soins adaptés aux caractéristiques individuelles de chaque patient, garantissant une prise en charge personnalisée et efficace ;

    3️⃣ la médecine Participative : en engageant activement les patients dans leur parcours de soins via des check-lists, des documents éducatifs et des questionnaires ePRO, augmentant leur engagement et leur satisfaction ;

    4️⃣ la médecine prédictive : grâce à la collecte continue de données et au “Betty score”, la solution détecte précocement les complications potentielles, permettant des interventions rapides pour éviter des complications graves ;

    5️⃣ la médecine pertinente : les protocoles et outils de Betty reposent sur des travaux et des publications scientifiques, assurant des pratiques médicales scientifiquement validées et efficaces ;

    6️⃣ et la médecine de parcours : en améliorant la coordination des multiples interventions médicales, permettant aux acteurs de santé de travailler de manière plus transparente et fluide tout au long du parcours de soins.