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  • Bilan du guichet de l’AIS : près de 180 projets de DM déposés en 18 mois et plus de 550 actions mises en oeuvre

    Un taux d’accompagnement élevé

    Lancé en octobre 2022 par le Gouvernement dans le cadre du plan France 2030 Santé, l’Agence de l’innovation en santé (AIS) a pour principal objectif d’accélérer la mise sur le marché des innovations françaises. Pour ce faire, l’AIS a rapidement (avril 2023) mis en place son guichet ouvert à tous les innovateurs en santé, pour leur permettre d’être orientés “dans l’écosystème complexe de la santé” en ayant juste à remplir un questionnaire en une dizaine de minutes. Dans son bilan concernant son guichet publié le 11 octobre 2024, l’AIS indique que 344 porteurs de projets innovants ont déposé un ou plusieurs dossiers depuis 18 mois et qu’elle a pris le temps de rencontrer 317 d’entre eux, qu’ils soient des grandes entreprises, des PME ou des très petites entreprises, même si la grande majorité d’entre ces porteurs de projets sont des TPE (61 %, les PME représentant 33 % des porteurs de projets et les grandes entreprises, 6 %).

    Autre information importante : l’Île-de-France est la région avec le plus de porteurs de projets ayant déposé un projet au guichet de l’AIS, avec 122 porteurs de projets sur les 344 recensés. Par nombre de porteurs de projets, elle se situe loin devant l’Auvergne-Rhône-Alpes qui arrive à la deuxième position avec 39 porteurs de projets, et qui est suivie de près par l’Occitanie (33 porteurs) et la région Aquitaine-Poitou-Charentes -Limousin (30 porteurs).

    Répartition des régions d'implantation des porteurs de projets - @AIS
    Répartition des régions d’implantation des porteurs de projets – @AIS

    L’orientation vers du financement public comme principal accompagnement :

    Sur les plus de 550 actions mises en oeuvre auprès des porteurs de projets sur 18 mois, l’AIS a mis en place des orientations stratégiques (233), ainsi que des mises en relation (216). L’action la plus mise en oeuvre est l’orientation vers du financement public, puisque cela concerne plus de 60 actions (11 %). Cette action est suivie par celle de l’orientation vers les démarches réglementaires les plus intéressantes pour les porteurs (8 %), la mise en relation avec des potentiels clients (7 %) et l’orientation vers des stratégies de marchés (7 %).

    Les actions les plus entreprises par l'AIS dans l'accompagnement des porteurs de projets depuis l'ouverture de son guichet - @AIS
    Les actions les plus entreprises par l’AIS dans l’accompagnement des porteurs de projets depuis l’ouverture de son guichet – @AIS

    La majorité des projets déposés concernent des dispositifs médicaux

    Sans grande surprise, le type de projets le plus déposé au guichet de l’AIS concerne les dispositifs médicaux, avec 52 % des projets déposés depuis avril 2023, tant cette catégorie peut concerner un nombre quasi illimité de produits : pour rappel, l’Organisation mondiale de la santé estime “qu’il y a environ 10 000 catégories de dispositifs médicaux, [soit près d’]1,5 millions de produits différents”. L’autre catégorie de projets qui se démarque depuis plus d’un an au sein du guichet concerne les projets e-santé (22 %). Bien que moins importants, des projets concernant des médicaments et des diagnostics in vitro ont été aussi déposés.

    Typologie des projets rencontrés au sein du guichet de l'AIS - @AIS
    Typologie des projets rencontrés au sein du guichet de l’AIS – @AIS

     

  • Télésanté : comment se déroule la consultation dans un medicobus de Hocoia ?

    Des médicobus pour plus de 10 spécialités

    Les médicobus de Hocoia sont testés depuis mai 2024 dans plusieurs départements français en proie au manque de personnel soignant et aux déserts médicaux. Pour tenter de permettre aux patients de ces zones d’avoir accès à des prestations de soins de bonne qualité, ces bus se déplacent directement à proximité du domicile de ces personnes pour qu’elles puissent être consultées par leur médecin via la télésanté : le patient et le médecin vont alors se connecter à distance pour réaliser une consultation et un professionnel de santé local, qui sera à bord du bus, va aider le médecin dans l’examen à distance de son patient.

    Plus de 20 paramètres médicaux mesurables :

    Pour le moment les “hocobus” sont disponibles pour plus de 10 spécialités médicales, dont :

    • la médecine générale ;
    • la cardiologie, avec des bus équipés notamment d’un échographe, d’un électrocardiogramme et d’un mini-labo de biologie ;
    • la pneumologie, avec  notamment un dispositif de pléthysmographie, un autre de polysomnographie ou encore un analyseur de monoxyde d’azote ;
    • la santé des femmes, avec des prestations de dépistage, des consultations spécialisées et des initiatives de sensibilisation ;
    • l’ophtalmologie ;
    • la dermatologie ; …

    Au total ce sont plus de 20 paramètres médicaux qui peuvent être mesurés grâce aux dispositifs médicaux connectés qui sont disponibles dans le médicobus.

    Une solution déjà utilisée par Ramsay santé

    Alors que différentes régions et départements – comme le Lot-et-Garonne ou la Moselle – ont mené des essais de ce bus de santé connecté avant la commercialisation de la solution en septembre 2024, Ramsay Santé utilise le “hocobus” en Aquitaine pour “réduire les inégalités sociales de santé, en adoptant une approche participative pour faire face à la montée des maladies chroniques non diagnostiquées” et renforcer la culture de la prévention auprès du plus grand nombre de personnes. Au travers du “bus santé prévention”, une équipe de professionnels de Ramsay qui mène des actions de sensibilisation, de dépistage et de soin, met l’accent depuis juin sur la prévention et la sensibilisation, “sur des domaines tels que la cardiologie, la diététique, la cancérologie, la dermatologie, l’addictologie (tabac, alcool) et la santé environnementale (avec une sensibilisation aux perturbateurs endocriniens)”.  Grâce à ce bus, le groupe mène aussi des actions de dépistage depuis le début du mois d’octobre à l’occasion d’Octobre Rose, mois consacré à la sensibilisation pour le cancer du sein.

    Les patients qui vivent dans les zones où passent les medicobus de Hocoia peuvent prendre un rendez-vous en ligne ou par téléphone, avant de se rendre dans le lieu où est positionné le bus et d’être pris en charge dans le cadre d’une consultation par un médecin à distance, ainsi qu’un infirmier qui va prendre les constantes. Après la consultation, le patient repart avec son ordonnance comme dans le cadre d’une consultation en cabinet ou par téléconsultation.

  • La coordination des soins, oui mais pas n’importe comment !

    Les fausses solutions aux problèmes de la santé fragmentée

    Pour y remédier, certaines organisations de santé ont essayé de former des équipes temporaires de praticiens individuels pour chaque patient, espérant ainsi offrir une meilleure coordination. Mais cette approche échoue systématiquement. Ces équipes temporaires, bien que composées d’experts, manquent de la cohérence nécessaire pour offrir des soins continus et intégrés. Les soins sont encore une fois fragmentés car l’absence de collaboration sur le long terme entre les services empêche un suivi rigoureux du parcours patient.

    C’est similaire à une usine où chaque pièce d’une voiture serait produite par un département différent sans coordination. Le résultat serait une voiture désarticulée, inefficace, et mal adaptée aux besoins du conducteur. En réalité, ces solutions, qui cherchent à réformer l’organisation en surface, ne font que maintenir le statu quo.

    Le cœur du problème : la fragmentation des soins de santé

    Ces tentatives échouent principalement parce qu’elles ne s’attaquent pas au problème fondamental : le manque de continuité et de coordination dans les soins. 

    Le système de santé actuel divise les soins en spécialités cloisonnées, où chaque département ou professionnel traite une partie isolée du patient sans vision d’ensemble. Or, la santé d’un patient ne peut pas être abordée de manière fractionnée ; elle nécessite une approche globale où chaque étape du traitement est interconnectée. Ce manque de coordination empêche une prise en charge fluide, crée des redondances, augmente les coûts et compromet l’expérience du patient.

    La solution : Les Unités de Pratique Intégrée (UPI)

    Les fondations des Unités de Pratique Intégrée

    Les Unités de Pratique Intégrée (UPI) apportent une réponse révolutionnaire à ce problème en organisant des soins autour des besoins spécifiques du patient, et non des spécialités ou des départements. Contrairement aux approches traditionnelles, une UPI regroupe une équipe multidisciplinaire dédiée qui prend en charge une condition médicale précise (par exemple, diabète, cancer, maladies cardiovasculaires) tout au long du cycle de soins. Cette approche permet non seulement d’améliorer la qualité des soins, mais aussi de garantir une continuité dans le suivi, de la première consultation au traitement, jusqu’à la réadaptation.

    Les équipes d’UPI sont souvent colocalisées, ce qui permet une communication et une collaboration fluides. Chaque membre de l’équipe contribue selon son expertise à l’amélioration du résultat final pour le patient. Cette organisation favorise une prise en charge globale et intégrée, ce qui évite les erreurs, les redondances et les coûts superflus.

    Les étapes de mise en place d’une UPI

    La mise en place d’une UPI demande une planification minutieuse et une coordination étroite entre les différents services. Voici les étapes clés pour assembler et intégrer une UPI réussie :

    • Définir la condition médicale à traiter : La première étape est d’identifier la condition ou les conditions médicales spécifiques autour desquelles l’UPI sera organisée. Il peut s’agir de maladies chroniques comme le diabète, ou de conditions plus complexes comme le cancer. Cette définition claire permet de cibler les patients et de structurer les soins autour de leurs besoins spécifiques.
    • Cartographier le cycle de soins : Ensuite, il est essentiel de cartographier le parcours du patient, en identifiant toutes les étapes clés de son traitement, depuis le diagnostic jusqu’à la réhabilitation. Cette cartographie doit inclure les soins primaires, hospitaliers et de réadaptation, ainsi que les services de soutien comme la nutrition et la santé mentale.
    • Assembler une équipe multidisciplinaire : Une fois le cycle de soins défini, l’étape suivante consiste à réunir une équipe composée de professionnels de différentes spécialités. Cette équipe peut inclure des médecins, des infirmières, des thérapeutes, des nutritionnistes, et même des travailleurs sociaux, tous travaillant de manière intégrée pour répondre aux besoins des patients sur l’ensemble du cycle de soins.
    • Faciliter l’intégration de l’équipe : Pour que l’équipe fonctionne de manière cohérente, il est nécessaire de mettre en place des structures organisationnelles qui facilitent l’intégration, telles que des outils numériques communs, une colocalisation physique des membres de l’équipe, et des mécanismes de communication régulière pour assurer une coordination fluide.

    Les bénéfices des UPI

    Les UPI offrent de nombreux avantages par rapport aux systèmes traditionnels fragmentés :

    • Amélioration de la qualité des soins : Grâce à une meilleure coordination et à une collaboration renforcée entre les professionnels, les UPI offrent des soins plus cohérents, mieux adaptés aux besoins des patients. Les équipes peuvent se concentrer sur des résultats mesurables qui comptent pour le patient, plutôt que de se concentrer uniquement sur des processus cliniques.
    • Réduction des coûts : En évitant les redondances, en rationalisant les processus et en éliminant les inefficacités, les UPI permettent de réduire les coûts totaux des soins. Les cycles de soins sont optimisés, les erreurs sont réduites, et les patients reçoivent des soins plus rapidement et avec une plus grande satisfaction.
    • Expérience patient améliorée : Les patients bénéficient d’une meilleure continuité des soins, avec une équipe qui les suit de manière continue et cohérente tout au long de leur traitement. Cela améliore non seulement leur expérience mais également leur confiance dans le système de santé.

    Les mécanismes de soutien à l’intégration des UPI

    Pour garantir le succès d’une UPI, il est important de mettre en place des structures qui soutiennent l’intégration à tous les niveaux :

    • Infrastructure physique adaptée : Les équipes d’UPI doivent idéalement être colocalisées dans des installations qui favorisent les interactions régulières, tant formelles qu’informelles. Cela permet de fluidifier les échanges entre les membres de l’équipe et d’accélérer la prise de décision.
    • Plateforme informatique commune : Une UPI doit être soutenue par une infrastructure informatique robuste qui permet de suivre les résultats des patients, les processus de soins, ainsi que les coûts. Cette plateforme facilite également la communication et la coordination au sein de l’équipe.
    • Responsabilité commune : L’une des forces des UPI est que les équipes partagent une responsabilité conjointe pour les résultats des patients et les coûts associés. Cela crée une incitation collective à améliorer en permanence la qualité des soins et à chercher des innovations pour optimiser les résultats.

    L’avenir des soins de santé passe par les UPI

    Les Unités de Pratique Intégrée représentent un changement radical et nécessaire dans la manière de délivrer les soins de santé. En recentrant les soins autour des besoins des patients, en assurant une coordination continue et en responsabilisant les équipes multidisciplinaires, les UPI offrent une solution durable aux problèmes de fragmentation du système actuel. Ce modèle permet non seulement de fournir des soins de haute qualité, mais il améliore également l’efficacité globale du système, en réduisant les coûts tout en offrant de meilleurs résultats aux patients.

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    Si cet article a suscité votre intérêt et que vous souhaitez approfondir vos connaissances pour passer à l’action, sachez que l’Institut Français de Valeur en Santé (https://institutvbhc.fr/) est disponible pour vous former ou vous accompagner dans vos démarches autour du Value-Based Health Care (VBHC). Que ce soit pour la mise en place d’UPI ou l’adoption de nouvelles pratiques axées sur la valeur, l’institut vous offre les outils et l’expertise nécessaires pour transformer vos pratiques et améliorer durablement la qualité des soins.

    Unités de Pratique Intégrée : Un guide pour les dirigeants du secteur de la santé, Michael E. Porter, PhD, MBA, et Thomas H. Lee, MD, MSc, Vol. 2, No. 1 | Janvier 2021

    DOI : 10.1056/CAT.20.0237

     

  • BIG 2024 : « à termes, on pourra créer un jumeau numérique du système de santé français grâce aux données » (Y-M. Le Douarin)

    Des données qui créent un cercle vertueux

    “La donnée qu’on produit doit pouvoir aider directement pour le soin, mais doit aussi pouvoir mettre en place les stratégies médicales de demain et faire de la recherche. Donc dans la conception des parcours et de la conception de l’offre de soins, on intègre aujourd’hui ce besoin de réutiliser la donnée demain pour aller encore plus loin dans les cas d’usages” : c’est avec ces mots que Samantha Pasdeloup, directrice innovation, développement et partenariats chez Elsan, a conclu son intervention lors de la conférence “le pouvoir des données de santé, vers l’excellence des soins : quelles perspectives pour demain ?” organisée dans le cadre de l’événement de Bpifrance, BIG 2024. Au cours de cette session, les intervenants ont montré que l’usage secondaire des données de santé offre un cadre vertueux et unique pour le système de soins.

    L’intervention d’Emeric Lemaire, CEO de la start-up Arkhn, confirme que ce cercle vertueux permis par l’usage secondaire des données de santé n’est pas qu’un souhait de tous les acteurs, mais que cela se concrétise déjà actuellement sur le terrain. Il prend l’exemple de l’AP-HP qui est le centre hospitalo-universitaire qui possède le plus de logiciels, avec 800 solutions. Pour les faire communiquer entre eux, les données de santé vont permettre de mettre au point des algorithmes comme celui d’Arkhn, pour être analysées, extraites, structurées afin d’ensuite être réutilisées pour la prise en charge de tous les patients du groupe hospitalier.

    Un futur jumeau numérique du système français grâce aux données ?

    Alors que beaucoup de conférence ont déjà été faites sur l’importance de la collecte et de la réutilisation des données de santé, la particularité de celle qui a eu lieu lors du BIG 2024 réside dans le fait que les intervenants – que sont Samantha Pasdelou, Emeric Lemaire, et Yann-Maël Le Douarin, chef du département “santé et transformation numérique” de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) – ont été invités à faire part de leurs souhaits réalisables quant au futur de l’utilisation secondaire des données de santé.

    Pour Samantha Pasdeloup, il serait interessant de tirer le plein potentiel des données de santé non structurées, “pour aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite”, car la structuration de ces données, même si elle est actuellement réalisable en partie de manière automatique, demande un temps conséquent aux personnes en charge des données. Yann-Maël Le Douarin a quant à lui évoquer la possibilité d’utiliser les données de santé pour développer un jumeau numérique du système de santé français afin “de tester des politiques publiques et surtout tester de la prévention” et cela sur le moyen terme, entre 3 et 5 ans.

  • Cancer, chirurgie, imagerie : quelle stratégie d’Elsan pour favoriser l’accès à l’innovation technologique dans les territoires ?

    L’innovation médicale au cœur de la stratégie d’Elsan

    Lors d’une conférence de presse organisée à Paris, le 8 octobre 2024, Sébastien Proto, président exécutif du groupe Elsan, explique que « quand on parle d’innovation, on parle de cancer », traduisant ainsi la volonté du leader de l’hospitalisation privée en France de faire de l’innovation technologique un levier majeur pour améliorer la prise en charge des patients atteints du cancer, mais aussi d’autres pathologies, notamment en matière de chirurgie. C’est dans cette dynamique que le groupe souhaite s’illustrer comme un acteur clé dans les territoires, avec ses 214 établissements à travers le pays, “à moins de 40 km de 45 millions de Français”.

    Ainsi, face au vieillissement de la population, à la pénurie de soignants et à l’augmentation des coûts de santé liés aux avancées technologiques, Elsan place l’innovation et la qualité des soins au cœur de sa mission, qui s’appuie sur trois piliers fondamentaux :

    • l’excellence médicale ;
    • l’accessibilité et la proximité ;
    • et l’action et l’innovation pour l’avenir de la santé.

    Qu’il s’agisse de la robotique chirurgicale, de l’imagerie interventionnelle ou de la radiochirurgie stéréotaxique, Elsan adopte une approche qui permet de proposer des parcours de soins personnalisés et coordonnés, visant à améliorer la qualité de vie des patients et à optimiser leur prise en charge.

    La robotique, levier de transformation :

    Le groupe Elsan a mis en place plusieurs initiatives pour améliorer l’accès aux soins et la qualité des traitements grâce à des technologies avancées. En 2024, 95 % du parc robotique d’Elsan est constitué de robots Da Vinci (Intuitive Surgical), avec 22 unités en service. Un nombre qui passera à 29 en 2025, puis à 32 en 2026. Ces robots, principalement utilisés pour des chirurgies complexes comme celles des tissus mous, sont pilotés par des chirurgiens expérimentés, comme l’explique le Dr Hervé Montsaint, urologue à Vannes. L’urologie, notamment dans le traitement du cancer de la prostate, est un domaine historique où la robotique a permis de révolutionner les pratiques. Désormais, les patients passent une seule nuit à l’hôpital, et des réflexions sont en cours pour développer une prise en charge en ambulatoire. Les robots Da Vinci apportent des bénéfices significatifs pour les patients, en termes de récupération rapide, et pour les chirurgiens, en améliorant leur confort et précision opératoire.

    Elsan s’est, par ailleurs, associé avec la société Moon Surgical pour déployer le système Maestro. La Polyclinique de Franche-Comté à Besançon est l’un des deux premiers centres européens pilotes de cette technologie, qui permet une plus grande agilité en bloc opératoire. Déployé dans deux autres établissements d’Elsan (le Centre Bouchard à Marseille et la Clinique de l’Orangerie à Strasbourg), le système Maestro a déjà permis de prendre en charge plus de 242 patients pour des pathologies digestives et gynécologiques.

    Le Dr Henry Mercoli, chirurgien viscéral et digestif à Besançon, met en avant l’importance de cette innovation pour des pathologies courantes comme l’obésité, les hernies ou les pathologies gynécologiques. Ces outils technologiques, combinés à l’IA, offrent une plus grande prévisibilité dans les interventions.

    L’IA et l’analyse des données se présentent également comme un axe clé dans la stratégie d’Elsan : en partenariat avec Incepto, des solutions d’IA sont déployées en radiologie pour améliorer les diagnostics. L’IA est également utilisée en temps réel pour analyser des images durant les interventions chirurgicales. Cela permet d’améliorer la stabilité de la vision des chirurgiens, de réduire le temps opératoire et d’optimiser les performances.

     

    Cartographie des robots chirurgicaux installés dans les établissements du groupe Elsan - @ Elsan
    Cartographie des robots chirurgicaux installés dans les établissements du groupe Elsan – @ Elsan

    La radiothérapie, un engagement pour l’avenir :

    La radiothérapie est un autre domaine dans lequel Elsan innove en profondeur. Dr Alain Toledano, cancérologue et radiothérapeute à l’Institut Hartmann et président de l’Institut Rafaël, souligne que la radiothérapie classique cède de plus en plus la place à des techniques de haute précision. Les dispositifs Cyberknife utilisés chez Elsan permettent des traitements robotisés qui s’adaptent en temps réel aux mouvements des organes, avec l’aide de l’IA pour optimiser le ciblage des rayons.

    En collaboration avec Dassault Systèmes, Elsan travaille aussi sur le développement d’un jumeau numérique qui permet de simuler le traitement en réalité virtuelle. Cela aide les patients à mieux comprendre leur parcours de soins, renforçant ainsi la relation de confiance, essentielle dans le traitement du cancer.

    Radiothérapie stéréotaxique pour les pathologies neurologiques :

    Le Dr Philippe Colin, cancérologue et radiothérapeute au centre Icone à Bezannes, utilise des techniques de radiothérapie innovantes pour des pathologies neurologiques comme la névralgie du trijumeau et les tremblements essentiels. Il rapporte que, grâce à la machine Novalis, développée par la société allemande Brainlab, il est désormais possible de traiter ces pathologies avec une précision extrême, sans avoir recours à un casque (technique frameless). Pour les patients atteints de névralgie du trijumeau, “une séance de 45 minutes avec la machine Novalis équivaut à 300 séances de radiothérapie classique, avec des résultats visibles entre une heure et trois mois après le traitement”.

    Pour les patients souffrant de tremblements essentiels, une maladie neurologique génétique, le traitement repose sur la machine Zap-X, un accélérateur de particules autoblindé qui cible les zones cérébrales responsables des tremblements avec une précision inframillimétrique. Cette technologie, intégrant l’IA pour un ciblage optimal, serait “une révolution dans le domaine des traitements non invasifs”.

    Les différents cancers traités dans les établissements du groupe Elsan - @ Elsan
    Les différents cancers traités dans les établissements du groupe Elsan – @ Elsan

    Un modèle d’innovation fondé sur la collaboration et la recherche

    Pour concrétiser sa vision, Elsan s’appuie donc sur des partenariats stratégiques avec des entreprises qui permettent de doter ses établissements de technologies de pointe. Et, parallèlement, il déploie des partenariats public-privé, notamment avec des hôpitaux publics comme l’Hôpital Lariboisière à Paris et le CHU de Reims, où les premières opérations avec ces technologies devraient commencer en 2025 et 2026. Emile Dinet, vice-président de Seny, filiale radiothérapie et médecine nucléaire d’Elsan, souligne l’importance des partenariats public-privé pour le déploiement de ces technologies coûteuses mais essentielles l’amélioration de l’accès aux soins de haute précision sur le territoire national.

    Dorothée Moisy-Gouarin, responsable de l’innovation chez Elsan, résume ainsi la démarche du groupe autour de trois axes stratégiques :

    • un plan d’investissement ambitieux pour développer le parc robotique ;
    • l’évaluation rigoureuse des innovations pour en mesurer l’efficacité ;
    • et le soutien à la recherche clinique pour renforcer leur adoption.

    Qu’il s’agisse de robotique, d’intelligence artificielle ou de nouvelles approches radiothérapeutiques, l’ambition du groupe est claire : investir massivement dans les nouvelles technologies pour offrir à ses patients des soins de qualité supérieure, tout en contribuant à l’avancée de la médecine grâce à la recherche clinique et à des partenariats stratégiques.

     

  • Budget 2025 : 300 millions d’euros d’économies à faire sur la biologie, la radiologie et l’imagerie médicale

    Sécurité sociale et santé : 15 milliards d’économies pour combler le déficit

    Le gouvernement a dévoilé ce jeudi les mesures prévues dans le budget 2025 pour redresser les finances publiques, la sécurité sociale et la branche maladie. La sécurité sociale est confrontée à un déficit de 16,6 Mds€ (18 milliards d’ici la fin de l’année), loin des 10,8 milliards prévus dans la loi de financement de décembre 2023. HTI est revenu hier sur les premières annonces du plan, qui sont désormais plus claires, tout comme l’objectif : faire des économies.

    Au global, c’est 60 milliards d’euros à dégager pour redresser les finances publiques :

    • Un tiers des efforts porte sur les recettes : 20 milliards d’euros supplémentaires seront générés par des hausses d’impôts, notamment via une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grands groupes et une hausse de la taxe sur l’électricité.
    • Pour les deux tiers restants : ce plan repose majoritairement sur des coupes dans les dépenses publiques, avec 40 milliards d’économies, dont 20 milliards provenant des budgets ministériels, touchant notamment l’Éducation nationale et les aides aux entreprises. La Sécurité sociale devra également contribuer à hauteur de 15 milliards d’euros, tandis que les collectivités locales subiront une réduction de 5 milliards.

    3,1 % pour l’Ondam des établissements de santé.

    Liées à l’inflation et au vieillissement de la population, les dépenses de santé progressent rapidement. Le gouvernement vise à limiter cette hausse à 2,8 % au global (Ondam) en 2025, avec 4 milliards d’euros d’économies prévues. Un communiqué de presse de la FHF déclare que, dans l’hypothèse où l’Ondam pour les établissements de santé est bien de + 3,1 %, cela reviendrait à seulement + 0,2 % en raison des effets de l’inflation et de la CNRACL.

     

    Détail de l’Ondam par sous-objectifs. Dossier de presse du gouvernement

    Hausse du ticket modérateur, optimisation des frais de fonctionnement : coup de frein sur les dépenses

    Le gouvernement prévoit de réduire le niveau de remboursement par l’Assurance maladie pour certaines consultations (médecins, sages-femmes), générant une économie d’environ 1 milliard d’euros. Le ticket modérateur, à la charge des patients, passera de 30 à 40 %. Le gouvernement prévoit également de nouvelles économies dans le secteur des soins en réactivant des mesures d’efficience utilisées lors des précédents budgets. Ces mesures incluent l’optimisation des achats à l’hôpital (700 millions d’euros), la rationalisation des transports sanitaires (450 millions) et des réductions dans les domaines de la biologie, de la radiologie et de l’imagerie médicale (300 millions). La lutte contre la fraude devrait générer 900 millions d’euros d’économies.

    Contributions des laboratoires et des assureurs : négocier des baisses de prix des médicaments remboursés.

    • Les laboratoires pharmaceutiques devront réduire les prix des médicaments, économisant 1 milliard d’euros (le Leem proposait déjà, le 19 septembre dernier, des propositions pour garantir un accès aux médicaments).
    • Les fabricants de dispositifs médicaux contribueront à hauteur de 200 millions d’euros.
    • Les complémentaires santé prendront en charge davantage de remboursements, générant 1,1 milliard d’euros, ce qui pourrait augmenter les cotisations pour 2,5 millions d’assurés.

    Impact sur les retraites et les hôpitaux : « faire mieux avec moins »

    • Le report de la revalorisation des retraites à juillet 2025 permettrait une économie de 3,6 milliards d’euros.
    • Les hôpitaux participeront au financement des retraites des agents hospitaliers avec 1 milliard d’euros et économiseront 700 millions grâce à des optimisations d’achats.
    • Les collectivités locales devront fournir un effort global de 2,3 milliards d’euros.

    Arrêts maladie : un plafonnement des remboursements à 1,4 Smic

    • Les entreprises verront une partie du coût des arrêts maladie transférée à leur charge, économisant 600 millions d’euros pour la Sécurité sociale.
    • Les allègements de charges pour les emplois au SMIC seront réduits, avec une économie attendue de 4 milliards d’euros d’ici deux ans (limiter les indemnités en cas d’arrêt maladie à 1,4 Smic, au lieu de 1,8 actuellement).

    Recherche et enseignement supérieur : un budget légèrement revalorisé

    Le budget 2025 pour l’enseignement supérieur et la recherche s’élève à 26,8 milliards d’euros, avec une augmentation modeste de 89 millions par rapport à 2024, bien inférieure aux 818 millions de l’année précédente. En février 2024, ce secteur avait déjà subi une coupe budgétaire de 588 millions d’euros. Les crédits pour la loi de programmation de la recherche (LPR) augmentent de 200 millions, mais restent en deçà des promesses initiales. L’Agence nationale de la recherche voit sa dotation progresser de 120 millions, contre les 220 millions espérés. Les revalorisations des carrières scientifiques seront néanmoins maintenues, avec 68 millions pour le régime indemnitaire des chercheurs et enseignants-chercheurs.

    Un retour progressif à l’équilibre

    Le gouvernement espère ramener progressivement les comptes de la Sécurité sociale à l’équilibre, malgré un déficit estimé à 20 milliards d’euros d’ici 2028. La vigilance est de mise pour limiter l’impact sur l’emploi et les assurés.

    Le parcours législatif du budget 2025 : des examens et un vote final attendu en décembre

    Le budget, actuellement en audition par les commissions des finances des deux chambres, sera examiné par l’Assemblée nationale à partir du 21 octobre, avec un vote final prévu pour décembre. En cas de blocage entre les chambres parlementaires, l’Assemblée nationale aura le dernier mot. Le gouvernement pourrait aussi utiliser l’article 49.3 de la Constitution pour faire passer le budget sans vote, au risque d’une motion de censure. Le PLF doit être adopté et publié avant le 31 décembre pour entrer en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2025. Mais de nombreuses étapes jalonnent le calendrier, comme les examens du 21 au 25 octobre par l’Assemblée nationale et l’examen du 25 novembre au Sénat.

     

     

  • Une application au service des aidants familiaux en situation professionnelle

    Une application collaborative sécurisée

    On estime qu’il y a entre 8 et 13 millions d’aidants familiaux en France, s’occupant d’environ 5 millions de personnes dépendant, qu’il s’agisse de handicap, de maladie chronique ou du grand âge. Une grande part des aidants sont bénévoles et ont une autre activité pour 60 % d’entre eux, il leur est donc difficile de concilier leur vie professionnelle et leur rôle d’aidant auprès d’un proche. C’est là où la nouvelle application Famirelay, conçue pour smartphones iOS ou Android, se positionne pour faciliter la tâche des aidants.

    L’application est dédiée à la communication entre les personnes impliquées dans le soutien apporté à la personne dépendante, à la planification des tâches des différents intervenants, ainsi qu’à leur suivi. Elle est d’abord centrée sur chaque personne aidée et pour cela comporte toutes les informations utiles : le nom, l’âge, les principales informations sur sa santé, le traitement en cours.

    En plus d’un module de gestion des tâches (tâches à faire, en attente, etc.), Famirelay comporte une fonction de conversation entre toutes les personnes impliquées auprès de la personne aidée. Un module agenda permet la planification des tâches, la répartition entre les intervenants avec des rappels automatisés avec aussi une possibilité de désistement ; il permet également d’y effectuer un compte-rendu à l’intention des autres personnes impliquées dans le suivi.

    Un abonnement familial à 5,99 € par mois :

    Il convient de ne pas confondre Famirelay avec un simple groupe Whatsapp. L’application est gérée par un référent qui définit les différents droits d’accès des utilisateurs, tous ne recevant pas les mêmes informations. Elle est en outre hébergée selon la norme HDS, propre aux données de santé et qui respecte le RGPD.

    L’application est disponible pour les familles moyennant un abonnement de 5,99 euros par mois ou 59,99 euros dans le cas d’un abonnement annuel, pour une personne aidée et sans limitation du nombre d’intervenants coordonnés au travers de l’application.

    Famirelay cible les entreprises

    Cependant Famirelay se positionne davantage en B2B et vise la cible des entreprises, dont statistiquement une part significative des salariés sont des aidants bénévoles. Fabrice Valay et Michaël Guez, les deux associés fondateurs de Famirelay ont fait le calcul de la perte de productivité globale des entreprises, à cause de la présence parmi leur personnel des 60 % déjà évoqués d’aidants qui sont salariés. Ainsi, selon les deux entrepreneurs, 20 % des salariés auraient également un rôle d’aidant, à raison d’une heure, voire une heure et quinze minutes par jour en moyenne. Ils évaluent sur ces bases le coût moyen par salarié aidant à plus de 20 000 euros.

    Quelle que soit la validité d’une telle évaluation, ce qui est certain c’est que la réalité de l’aide familiale par les salariés a un impact significatif sur les entreprises. Il se manifeste par une augmentation de l’absentéisme et une certaine désorganisation dans le travail. Or les promoteurs de Famirelay font valoir auprès des entreprises l’apport de leur application pour réduire le stress des employés confrontés à leurs tâches d’aidants, qu’ils n’arrivent que difficilement à concilier avec leur mission professionnelle. L’application serait là pour les aider, augmentant la qualité de vie au travail, l’épanouissement professionnel et en fin de compte la bonne marche des services, dans une approche dit holistique des collaborateurs.

    Si une entreprise s’abonne à l’application, elle paiera1 € par salarié – pour l’ensemble de ses salariés – et par mois. Cette cotisation permet d’offrir le service Famirelay à ceux de ses salariés concernés par l’aide familiale.

  • Un test sanguin diagnostique la sclérose latérale amyotrophique avec une précision de 98%

    Maladie de Charcot, un diagnostic complexe et souvent tardif

    La SLA, ou maladie de Charcot, affecte les neurones moteurs du cerveau et de la moelle épinière, provoquant une paralysie progressive, une perte d’autonomie, et une issue fatale dans un délai de 3 à 5 ans après le diagnostic.

    Brain Chemistry Labs vient de mettre au point un nouveau test sanguin capable de détecter la sclérose latérale amyotrophique (SLA).Cette maladie neurovégétative également connue sous le nom de maladie de Charcot affecte les neurones du cerveau et de la moelle épinière, provoquant une paralysie progressive, une perte d’autonomie, et une issue fatale dans un délai de 3 à 5 ans après le diagnostic.

    Le diagnostic de la SLA qui repose sur l’examen clinique neurologique et l’évolution des symptômes, présente des limites:

    • Un délai de diagnostic pouvant aller de 9 à 12 mois en moyenne
    • Jusqu’à 68% de taux d’erreur de diagnostic initial
    • Un sous diagnostic important de nombreux patients n’étant pas identifié dans le temps

    Les chercheurs du Brain Chemistry Labs de Jackson dans le Wyoming aux Etats-Unis ont découvert un biomarqueur dans le sang, qualifié d’« empreinte digitale de la SLA », dans des vésicules extracellulaires enrichies de neurones.

    98% de précision, 100% de sensibilité et 97% de spécificité

    Dans leur étude publiée dans la revue Brain Communications, ils ont utilisé le séquençage de nouvelle génération et la réaction en chaîne par polymérase en temps réel  pour analyser des échantillons de sang de patients atteints de SLA, de sclérose latérale primitive, de la maladie de Parkinson et d’individus sains. Un algorithme d’apprentissage automatique et un modèle de régression logistique ont été utilisés pour évaluer le diagnostic. L’empreinte ALS des huit microARN a permis de détecter la SLA avec

    • Une précision de 98%
    • Une sensibilité de 100%
    • Une spécificité de 97%
    • Une aire sous la courbe de 98%. Ce test sanguin permet ainsi de différencier la SLA d’autres maladies neurologiques comme la sclérose latérale primitive et la maladie de Parkinson

    Ce test différencie la SLA d’autres maladies neurologiques (Parkinson, sclérose latérale primitive) et sera disponible d’ici deux ans, offrant un diagnostic plus précoce et précis.

     

  • PLFSS 2025 : un plan sous haute tension face à un déficit de 14,6 Mds€ de la branche maladie

    Contenir les dépenses dans un contexte d’inflation, de vieillissement de la population et des maladies chroniques

    Le PLFSS 2025 prévoit de limiter la hausse des dépenses d’assurance maladie à +2,8 %, contre +3,3 % en 2024 (Ondam). Cette réduction repose sur des économies de 4 à 5 milliards d’euros. Parmi les principales mesures, le gouvernement envisage de réduire la part de l’Assurance maladie dans le remboursement des consultations médicales. Ce transfert de charges vers les complémentaires santé pourrait affecter 2,5 millions de Français sans couverture complémentaire, augmentant ainsi leur reste à charge.

    Les complémentaires santé augmenteront probablement leur tarif, malgré de récentes hausses post-COVID. Pour l’année 2024, l’augmentation est estimé à 8%

    D’autres mesures concernent la baisse des tarifs des médicaments, ainsi qu’un effort sur la pertinence des prescriptions, notamment en matière d’analyses médicales. Le gouvernement prévoit également de limiter les indemnités journalières versées en cas d’arrêt maladie, plafonnant les remboursements à 1,4 Smic au lieu de 1,8 Smic actuellement. Mais elles représentent toujours 50 % du salaire journalier. Il est également question de maîtriser les dépenses relatives aux transports de patients, sans avoir plus de détails. Enfin, le ticket modérateur sur les consultations médicales pourrait bien progresser de 30 % à 40 %, mais pas forcément dans le cadre du PLFSS.

    Un déficit toujours élevé malgré les économies

    Malgré ces efforts d’économies et la hausse des recettes, le déficit global de la Sécurité sociale restera élevé en 2025, avec un solde négatif de 16 milliards d’euros. Ce déséquilibre persistant souligne la nécessité de réformes structurelles profondes pour assurer la pérennité du système. Le Premier ministre Michel Barnier déclare œuvrer à épargner “les plus fragiles” et “ceux qui travaillent”, et évoque un “freinage indispensable, sinon on va droit vers une crise financière”.

    Pour 2025, l’État doit trouver 60 milliards d’euros pour redresser les finances publiques. Il contribuera lui-même à hauteur de 20 milliards. Plus de précision à venir.

    Déjà de vives réactions de la part des représentants des professionnels de santé.

    Le 8 octobre dernier, la Fédération hospitalière de France a partagé son inquiétude – via un communiqué de presse – en déclarant que le risque est “d’aggraver la situation de sous-recours sur certaines activités prioritaires, d’obliger les établissements à repousser des investissements et de limiter leur capacité de recrutement”.

    Le G5 Santé exprime également son mécontentement concernant les décisions du PLFSS 2025, notamment concernant la réduction des prix des médicaments (à hauteur de 1 milliard d’euros), des dispositifs médicaux (200 millions d’euros), ainsi que le maintien d’une clause de sauvegarde de 1,6 milliard d’euros pour les entreprises du médicament. Le cercle de réflexion demande un moratoire sur les baisses pour les médicaments essentiels fabriqués en France afin de prévenir des pénuries et réclame des hausses de prix toujours non appliquées, conformément à l’article 65 de la LFSS 2022. Enfin, le G5 va plus loin et propose un Plan National pour l’Efficience avec 15 recommandations structurelles. Parmi elles, une loi d’organisation et de programmation en santé, des enveloppes budgétaires pour la santé, ainsi que des programmes en faveur de la prévention.

    D’autres prises de position sont attendues dans les semaines à venir au fur et à mesure que le PLFSS évolue.

     

  • L’EMA et l’IA : un cadre réglementaire pour sécuriser le futur des médicaments et des patients

    Médicaments et intelligence artificielle : une révolution sous surveillance réglementaire

    De la recherche de molécules à la commercialisation, en passant par la sélection des candidats éligibles aux essais cliniques, l’intelligence artificielle impacte l’ensemble du cycle de vie des médicaments. Non sans risques, l’utilisation de cette technologie nécessite un cadrage réglementaire pour assurer la fiabilité et la sécurité des données.

    Le rapport “Reflection paper on the use of Artificial Intelligence (AI) in the medicinal product lifecycle” publié par l’Agence européenne des médicaments, en version finale, le 11 septembre 2024, propose un tour d’horizon des usages de l’intelligence artificielle dans le cadre du cycle de vie des médicaments et des dispositifs médicaux. Ce document vise d’une part à sensibiliser les acteurs de la santé aux opportunités techniques comme l’analyse de données, et d’autre part à réfléchir à la réglementation nécessaire pour encadrer ces usages.

    Le rapport de l’ICMRA sur l’IA et les produits médicaux, la déclaration de l’EFPIA sur l’IA dans le cycle de vie des médicaments et maintenant le rapport de l’EMA, tendent vers le même avis, à savoir décrypter les enjeux réglementaires liés à l’intégration de l’IA dans le domaine médical, en insistant sur la gestion des risques, la sécurité des patients, et l’adaptation des cadres réglementaires existants pour répondre aux spécificités de ces nouvelles technologies. Le rapport est en phase avec la vision de l’Union européenne, la FDA et des institutions qui œuvrent à la régulation des usages.

    Optimisation des essais cliniques : comment l’intelligence artificielle améliore la sélection des patients

    Découverte de médicaments, analyse de données, optimisation des essais, l’IA pourrait réduire les coûts de développement de nouveaux médicaments de 20 à 30 % en comparaison aux méthodes plus traditionnelles. Récemment, l’Institut Gustave Roussy et l’entreprise Lifen ont démontré, via deux études, que l’IA permettait de rendre la présélection des candidats aux essais cliniques plus rapide et efficace, avec une précision supérieure à 95 %.

    Le recours à ces technologies doit répondre à des standards stricts, notamment les bonnes pratiques cliniques (GCP). Mais le rapport de l’EMA précise que l’utilisation de l’IA – dans certaines phases mentionnées ci-dessus comme l’identification des molécules candidates – reste généralement à faible impact réglementaire, tant qu’elle n’interfère pas avec la sécurité des patients ou l’intégrité des essais cliniques​.

    Voici comment l’IA impacte les différentes phases de la recherche clinique :

    • Découverte de molécules : L’IA accélère la découverte de nouveaux médicaments en permettant l’analyse rapide d’un grand nombre de composés chimiques pour prédire leur potentiel thérapeutique. En combinant des algorithmes d’apprentissage automatique avec des bases de données massives, il est possible d’identifier des molécules candidates en quelques jours, là où les méthodes traditionnelles prenaient plusieurs mois.
      Développement non clinique : Dans la phase de développement non clinique, l’IA optimise l’analyse des données précliniques, réduisant le recours aux tests sur les animaux. Elle permet de simuler des réponses biologiques, améliorant ainsi la transposabilité des résultats aux essais cliniques sur les humains. Le rapport insiste sur la nécessité de respecter les normes des Bonnes Pratiques de Laboratoire (BPL), en veillant à la sécurité des patients et à l’intégrité des données traitées par les modèles d’IA​.
      Essais cliniques : Dans les essais cliniques, l’IA joue un rôle dans l’identification des patients et l’optimisation des protocoles d’essais. En utilisant des outils d’IA pour analyser les caractéristiques des patients (génétiques, cliniques), elle permet une sélection plus précise des participants, augmentant l’efficacité des essais. Les modèles d’IA aident également à ajuster les dosages ou à adapter les protocoles en temps réel. Toutefois, l’EMA exige que ces outils respectent les standards des Bonnes Pratiques Cliniques (GCP).

    L’IA dans l’industrie pharmaceutique : l’EMA et les institutions face aux défis de la régulation

    Bien que toutes les étapes doivent faire l’objet d’une vigilance accrue, l’EMA insiste sur certaines phases considérées comme à haut risque pour le patient et nécessitant des évaluations strictes pour garantir leur fiabilité ;

    • Médecine de précision :  L’IA soutient également le développement de la médecine de précision, en aidant à personnaliser les traitements en fonction des caractéristiques individuelles des patients, telles que leur génome, leurs biomarqueurs et leurs paramètres cliniques. Cette approche permet d’ajuster les dosages et de sélectionner les patients en fonction de leur probabilité de réponse au traitement.
      Informations sur le produit : L’IA est utilisée pour générer, réviser et traduire les informations sur les produits médicaux. Toutefois, comme ces outils peuvent produire des résultats erronés ou incomplets, l’EMA insiste sur la nécessité d’une supervision humaine étroite. Les textes générés par l’IA doivent être rigoureusement vérifiés avant d’être soumis à un examen réglementaire​.

    L’EMA recommande des interactions fréquentes et régulières avec les régulateurs lors de l’utilisation de modèles d’IA dans le développement de médicaments. Les développeurs sont encouragés à discuter avec les autorités de la performance et des risques des modèles dès les phases initiales de développement pour s’assurer que les algorithmes respectent les normes éthiques, techniques et scientifiques.

    Sur le plan technique, l’IA nécessite des données de qualité, exemptes de biais, afin de garantir la fiabilité des modèles. L’acquisition et l’augmentation des données sont des étapes pour l’entraînement des algorithmes. Le rapport souligne l’importance de la transparence dans le développement des modèles, ainsi que la nécessité d’évaluer rigoureusement leur performance avant leur déploiement.