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  • IA / Dermatologie : comment l’outil d’orientation diagnostique de Regimenpro fonctionne-t-il ?

    Plus de 15 états cutanés détectés

    Les états physiologiques et pathologiques cutanés sont nombreux et leur reconnaissance demande aux dermatologues d’analyser de manière minutieuse la peau du patient. Afin de distinguer plus précisément les lésions malignes et les lésions bénignes, a majorité d’entre eux (61,5 % selon une étude publiée dans ScienceDirect) ont déclaré être favorables à l’analyse de la peau par l’IA.

    Dans ce sens, la plateforme numérique américiane Regimenpro, qui permet aux dermatologues de recommander des produits de soin en fonction de l’état de la peau des patients, a récemment intégré une solution d’IA. Une innovation qui pourrait :

    • d’un côté, faciliter et accélérer la détection des lésions cutanées ;
    • et de l’autre orienter le patient de manière plus précise vers le traitement le plus adapté à son état.

    Appelé RegimenLogic AI SkinCare Assessment, cet outil d’IA a été codéveloppé par Regimenpro et Perfect Corp, une entreprise sise au Nouveau Taipei spécialisée dans la création d’algorithmes pour la recommandation de produits skincare et/ou de beauté, grâce à une analyse du visage. Doté d’algorithmes de deep learning (DL) qui fournissent un diagnostic de la peau avant de proposer aux patients et aux dermatologues de suivre l’évolution de l’efficacité des soins proposés.

    Une analyse grâce à un algorithme de deep learning :

    L’outil de Perfect Corp combine plusieurs fonctionnalités avancées pour le diagnostic et le suivi des soins de la peau :

    • une analyse complète du visage grâce à une technologie de face mapping à 180°, permettant d’examiner toutes les zones, même celles difficiles d’accès comme le menton et les pommettes ;
    • il fournit des recommandations personnalisées justifiées par une interface de programmation (API) en “mode expert” ;
    • enfin, il inclut une simulation avant/après pour suivre visuellement les progrès dans le traitement des problèmes cutanés détectés.
    Vue de l'application mobile d'aide au diagnostic dermatologique basé sur l'IA de Perfect Corp - @ Perfect Corp
    Vue de l’application mobile d’aide au diagnostic dermatologique basé sur l’IA de Perfect Corp – @ Perfect Corp

    Sécheresse, cernes, rides… analysées en un instant grâce à l’IA :

    Utilisée sur la plateforme de Regimenpro depuis le mois de juillet, cette solution permet désormais d’analyser plus de 15 états de la peau, parmi lesquels la sécheresse, les rides, l’acné, les cernes, les rougeurs ou encore la fermeté de la peau. Cela contribue à aider :

    • d’un côté, les utilisateurs, qui sont orientés dans leurs achats de produits dermatologiques ;
    • et de l’autre, les dermatologues dans la détection des lésions cutanées et la prise de décision.

    Regimenpro et Perfect Corp rapportent des résultats proches des outils professionnels très coûteux, ce qui a provoqué une augmentation du nombre de patients utilisateurs, mais surtout du nombre de dermatologues (+55 %) inscrits sur la plateforme pour orienter les patients qui font analyser leur peau.

    Une commission pour les dermatologues

    Au-delà du fait que cette plateforme permet de faciliter l’analyse de la peau des patients par les dermatologues, Regimenpro est un site internet sur lequel les dermatologues conseillent des produits de “skincare” aux patients contre une commission versée après chaque vente de produit réalisée. Ce dispositif basé sur l’IA, en accélérant le diagnostic, promet ainsi de développer la file active de la plateforme, permettant aux médecins spécialistes de traiter un grand nombre de dossiers sans avoir à étudier longuement et une par une les images de peau des patients.

     

  • Un nouveau réseau de surveillance épidémiologique (Orchidée) au cœur des hôpitaux français

    Une vision en temps réel de la situation sanitaire

    Dans son rapport d’activité 2023 intitulé « Éclairer », Santé Publique France préconisait de renforcer la surveillance épidémiologique. À la question « Quelles directions allez-vous prendre en matière d’innovation ? », le rapport évoquait déjà le projet intitulé Orchidée (Organisation d’un Réseau de Centres Hospitaliers Impliqués dans la surveillance Épidémiologique et la réponse aux Urgences), dont l’objectif est d’améliorer la surveillance épidémiologique grâce aux données de santé hospitalière. Piloté par Santé Publique France, le réseau couvre l’ensemble des régions françaises.

    Orchidée et les systèmes européens évoluent pour surveiller les épidémies

    Ce dispositif vient compléter les outils actuels de suivi sanitaire. Le projet Orchidée s’inscrit dans une tendance à renforcer la surveillance épidémiologique grâce aux données hospitalières. Un projet similaire a vu le jour au sein de l’Union Européenne avec TESSy (The European Surveillance System), un système centralisé et géré par l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies), visant à surveiller les maladies infectieuses à l’échelle européenne. Ce système collecte des données provenant de chaque État membre pour suivre les épidémies, mais se concentre principalement sur les maladies à déclaration obligatoire, comme le COVID-19 et la grippe. Orchidée inclut une gamme plus large de pathologies et de services hospitaliers, comme les réanimations.

    En France, des initiatives telles que le Système d’information pour la surveillance des urgences et des décès (SurSaUD), ont été développées pour fournir des informations en temps réel, notamment sur la situation des urgences en France. Contrairement à Orchidée, ces systèmes n’intégraient pas directement les entrepôts de données hospitaliers (EDSH) à grande échelle. Le projet SUrSaUD, géré par Santé publique France, utilise les données des services d’urgence et de médecine générale pour la surveillance épidémiologique. Orchidée va plus loin en incluant un spectre plus large de données hospitalières (hospitalisations conventionnelles, soins intensifs) issues des entrepôts de données.

    Leçons du COVID-19, de l’importance de la surveillance en temps réel

    La nécessité d’un suivi précis et en temps réel s’est imposée comme un impératif dans la gestion des crises. La pandémie a également démontré que les données ouvertes, accessibles à des échelles géographiques fines, permettent une meilleure compréhension des dynamiques épidémiques. Le réseau Orchidée s’inscrit dans cette perspective, avec pour ambition de fournir une vision réactive de la situation sanitaire dans les hôpitaux.

    Le projet repose sur l’exploitation des entrepôts de données de santé hospitaliers (EDSH), qui centralisent les informations médicales des patients. Contrairement aux systèmes de surveillance traditionnels qui nécessitent des logiciels dédiés, Orchidée utilise les données existantes, déjà collectées dans les hôpitaux. Cette approche présente plusieurs avantages, elle valorise les données collectées, fait usage de l’intelligence artificielle pour une analyse fine et pertinente, et n’impacte pas la charge de travail et administrative du personnel médical.

    15,3 millions d’euros alloués par l’UE

    Les hôpitaux transmettront leurs indicateurs épidémiologiques à Santé publique France, qui les centralise, compile et analyse avant de les publier via sa plateforme open data. Ces données seront utilisées pour alimenter des bulletins épidémiologiques, rapports et articles en ligne. La santé numérique, à travers des systèmes d’information interopérables et des outils tels que le Dossier Médical Partagé, facilitera l’automatisation des flux de données et l’analyse en temps réel, renforçant ainsi la capacité de réponse aux événement exceptionnels.

    Ce projet, financé par la Commission Européenne à hauteur de 9,2 millions d’euros dans le cadre du programme EU4Health, dispose d’un budget total de 15,3 millions d’euros pour une durée de quatre ans (2024-2028) et vise à moderniser les systèmes de surveillance sanitaire en Europe.

    Composée d’une centaine de membres, la réunion de lancement s’est tenue le 9 octobre dernier.

    Liste des membres du consortium : 25 centre hospitaliers universitaires (Amiens, Angers, Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, Besançon, Bordeaux, Brest, Caen Normandie, Dijon, Grenoble, Guadeloupe, Lille, Limoges, Lyon, Martinique, Metz-Thionville, Montpellier, Nantes, Nancy, Nice, Poitiers, Reims, Rennes, Rouen, Strasbourg, Tours), le Health Data Hub, la Plateforme des Données de Santé, l’Université de Bordeaux, l’École des Hautes Études en Santé Publique.

     

  • Déploiement de la e-carte vitale en Haute-Savoie

    Carte Vitale numérique : un déploiement national d’ici 2025

    Déployée progressivement, cette application est déjà disponible en Haute-Savoie. Le service sera généralisé sur l’ensemble du territoire d’ici 2025. Le passage au numérique de la carte Vitale s’inscrit dans une stratégie plus large d’adaptation aux usages numériques.

    L’application carte Vitale reprend les fonctions de la version physique tout en y ajoutant de nouvelles fonctionnalités. Elle permet aux assurés de disposer de leur carte en permanence, limitant les risques d’oubli ou de perte, et réduisant le recours aux feuilles de soins papier.

    L’application offre des services pratiques pour suivre les dépenses de santé. Les assurés peuvent consulter leurs décomptes de remboursements, et la mise à jour des droits se fait automatiquement, supprimant l’obligation de se rendre en pharmacie pour actualiser la carte. D’ici 2025, l’application intégrera également les assurances complémentaires santé, permettant aux professionnels de santé de gérer le tiers-payant pour la part obligatoire et complémentaire, sans avoir à présenter une carte de mutuelle

    L’usage de l’application carte Vitale se fera progressivement. Elle est utilisable dans les mêmes conditions que la version physique chez les professionnels de santé. En raison de l’équipement progressif des lecteurs compatibles, les assurés sont encouragés à conserver leur carte physique en cas de besoin.

    Gratuite et disponible sur Android et iOS, l’application peut être activée par les assurés de l’Assurance Maladie, de la MSA ou de la MGEN. L’activation repose sur un processus sécurisé, incluant une vérification de l’identité via une vidéo du visage et de la pièce d’identité. Un code secret est ensuite défini pour garantir la sécurité de l’accès. À partir de 2025, les détenteurs d’une carte d’identité électronique (CNIe) pourront activer plus facilement l’application via France Identité.

     

  • VBHC : Investir dans le futur des soins, comment le TDABC révolutionne la gestion des ressources ?

    Investir dans le Futur des Soins : Comment le TDABC Révolutionne la Gestion des Ressources

    La majorité des systèmes de comptabilité actuels sont centrés sur les départements hospitaliers, et non sur les patients ou les pathologies spécifiques. Ces systèmes sont principalement conçus pour facturer les actes sous des contrats de type fee-for-service (paiement à l’acte). Dans un tel environnement, où les tarifs ne cessent d’augmenter, ces systèmes semblent logiques, mais ils ne permettent pas d’évaluer les coûts réels des soins pour chaque patient ou condition médicale. Cela pose de nombreux problèmes dans un contexte où les établissements de soins doivent de plus en plus justifier les coûts et améliorer la qualité des soins.

    Problématique de la Mesure des Coûts en Santé

    Le principal défi dans la gestion des coûts de santé réside dans l’absence de données précises sur le coût de l’ensemble du cycle de soins pour un patient avec une pathologie spécifique. Les systèmes actuels se basent souvent sur des allocations de coûts calculées en fonction des tarifs facturés, et non des coûts réels. Cette approche peut fournir des estimations grossières utiles pour la budgétisation au niveau des départements, mais elle ne reflète pas les coûts réels d’un parcours de soin individuel. Cela crée une grande confusion lorsque les établissements de soins doivent réduire les dépenses tout en maintenant ou améliorant la qualité des soins.

    Pour résoudre ce problème, il est nécessaire de mesurer les coûts au niveau des conditions médicales spécifiques. Cela implique de suivre les ressources utilisées tout au long du parcours de soins d’un patient : le personnel, les équipements, les installations, ainsi que les coûts de support (comme l’informatique ou l’administration). Ce n’est qu’en comprenant ces coûts que l’on peut les comparer aux résultats obtenus.

    Le TDABC : Une Solution de Comptabilité des Coûts

    Le Time-Driven Activity-Based Costing (TDABC) est une méthode émergente de mesure des coûts qui a prouvé son efficacité dans de nombreux secteurs, y compris celui de la santé. Contrairement aux systèmes traditionnels de comptabilité, le TDABC permet de mesurer les coûts réels en fonction du temps consacré à chaque activité et des ressources utilisées. Cette approche ne nécessite que deux paramètres : le coût de chaque ressource (personnel, équipements, etc.) et le temps qu’un patient passe avec cette ressource pour chaque étape de son parcours de soins.

    L’avantage majeur du TDABC est qu’il permet de calculer les coûts de manière plus précise tout en simplifiant le processus de collecte des données. Cela aide les prestataires à identifier les inefficacités, à mieux utiliser leurs capacités et à optimiser les processus de soins sans compromettre les résultats cliniques. De nombreuses organisations de soins de santé ayant mis en œuvre le TDABC ont réussi à réduire leurs coûts de 25 % ou plus tout en améliorant, dans certains cas, la qualité des soins.

    Exemple Simplifié de la Méthodologie TDABC

    Prenons l’exemple d’une consultation ambulatoire. Imaginons un patient, M. Dupont, qui se rend dans une clinique pour une consultation. Son parcours se divise en plusieurs étapes : l’inscription administrative, l’examen par une infirmière pour la préparation, et la consultation avec le médecin. En appliquant le TDABC, nous commencerions par estimer combien de temps M. Dupont passe à chaque étape. Par exemple, 15 minutes avec l’assistante administrative, 20 minutes avec l’infirmière, et 10 minutes avec le médecin.

    Ensuite, nous calculons le coût horaire de chaque ressource. Si l’infirmière coûte 60 euros de l’heure, et que M. Dupont passe 20 minutes avec elle, alors le coût pour cette partie de sa consultation serait de 20 euros. De la même manière, nous calculons les coûts pour l’assistante administrative et le médecin, puis nous additionnons ces coûts pour obtenir le coût total de la consultation. Cette approche permet de comprendre précisément où les ressources sont utilisées et d’identifier des pistes pour réduire les coûts sans affecter la qualité des soins.

     

    Intérêt de la Technologie pour le TDABC

    L’une des principales difficultés dans la mise en œuvre du TDABC est la collecte manuelle des données sur le temps et les ressources utilisées. C’est là qu’interviennent les technologies modernes. Les systèmes de gestion de soins et les outils automatisés comme le logiciel CareMeasurement permettent de faciliter cette collecte de données, en suivant automatiquement le temps passé avec chaque ressource et en calculant les coûts en temps réel. Ces outils permettent de traiter un volume beaucoup plus important de données, rendant le processus de TDABC plus rapide, plus précis et plus facile à utiliser pour les grandes organisations de santé.

    En combinant TDABC et technologie, les prestataires de soins de santé peuvent non seulement mesurer les coûts plus précisément, mais aussi identifier de nouvelles opportunités d’amélioration des processus, tout en réduisant les dépenses inutiles. Les hôpitaux qui ont adopté cette approche ont constaté des améliorations importantes dans la gestion de leurs ressources et la qualité des soins fournis aux patients.

    Application du TDABC dans la Téléconsultation

    Le TDABC trouve une application particulièrement intéressante dans la téléconsultation, notamment dans les établissements de soins de longue durée (CHSLD). Par exemple, une étude menée au Québec a utilisé le TDABC pour analyser les coûts associés à l’utilisation de la téléconsultation pour les soins infirmiers de nuit dans plusieurs CHSLD. Cette méthode a révélé que, bien que la téléconsultation puisse augmenter les coûts unitaires en raison des exigences technologiques, elle permet de réaliser des économies substantielles en réduisant le besoin de personnel sur place. Cette étude a également montré que l’utilisation de la téléconsultation pouvait aider à compenser la pénurie de personnel, tout en maintenant la qualité des soins.

    Le TDABC est la clé pour coupler résultats et ressources nécessaires

    Le Time-Driven Activity-Based Costing offre aux organisations de soins de santé une solution puissante pour répondre aux défis croissants de la gestion des coûts. En permettant une mesure plus précise des ressources utilisées et des coûts associés, le TDABC aide les prestataires à améliorer leurs processus, à réduire les inefficacités et à offrir des soins de meilleure qualité à moindre coût. Avec l’intégration des technologies modernes, cette méthode devient un outil encore plus puissant pour transformer les systèmes de santé en favorisant une prise de décision éclairée et une meilleure utilisation des ressources.

    1. Kaplan, R. S., & Anderson, S. R. (2004). Time-Driven Activity-Based Costing. Harvard Business Review.
    2. Kaplan, R. S., & Porter, M. E. (2011). How to Solve the Cost Crisis in Health Care. Harvard Business Review, 89(9), 46–61.
    3. Kaplan, R. S., & Porter, M. E. (2006). Redefining Health Care: Creating Value-Based Competition on Results. Harvard Business Review Press.
    4. Kaplan, R. S., & Cooper, R. (1998). Cost and Effect: Using Integrated Cost Systems to Drive Profitability and Performance. Harvard Business Review Press.
    5. Feeley, T. W., & Albright, H. W. (2011). A Cancer Center Puts the New Approach to Work. Harvard Business Review, 89(9), 62–63.
    6. Diaby, V., & Goeree, R. (2024). Assessing cost and cost savings of teleconsultation in long-term care facilities: a time-driven activity-based costing analysis within a value-based healthcare framework. BMC Health Services Research, 24(11578), 1-11.
    7. Kaplan, R. S., & Porter, M. E. (2010). What Is Value in Health Care? New England Journal of Medicine, 363, 2477–2481.
    8. Diaby, V., & Goeree, R. (2024). Improvements in technology and the expanding role of time-driven, activity-based costing to increase value in healthcare provider organizations: a literature review. Frontiers in Pharmacology, 15(1345842), 1–13.

     

  • IA et santé mentale : « La formation des professionnels et des patients est un enjeu clé » (A. Adda, collectif Mentaltech)

    4 cadres d’intervention de l’IA en santé mentale

    Bien que l’intégration de l’IA en santé mentale représente une avancée majeure pour la médecine prédictive, personnalisée et participative, la mise en place de mécanismes de contrôle, d’éthique et de formation est indispensable pour garantir la sécurité et l’efficacité des soins, mais aussi le respect des droits des patients. Cette technologie promet ainsi de transformer, de différentes manières, la prévention et la prise en charge des patients en santé. Le rapport publié par le collectif Mentaltech, dédié aux usages de l’IA en santé mentale, identifie quatre principaux cadres d’intervention de l’IA dans ce domaine :

    1️⃣ la prédiction de valeurs : utiliser des données pour prédire des comportements ou des états émotionnels. Par exemple, identifier une émotion à partir d’une vidéo ;

    2️⃣ la génération de texte : faciliter les interactions écrites ou orales, notamment à travers des agents conversationnels permettant d’engager un dialogue en temps réel avec un patient ;

    3️⃣ la génération d’activités : créer des exercices ou des jeux thérapeutiques, tels que des activités visant à réduire le stress ;

    4️⃣ et la recommandation de ressources : offrir des informations pertinentes aux patients ou au personnel soignant, comme la suggestion d’articles ou de traitements en lien avec les symptômes d’un patient.

    Cas d’usages actuels et potentiels de l’IA en santé mentale

    Le rapport met en lumière une série d’applications pratiques de l’IA dans le domaine de la santé mentale, organisées autour de trois axes principaux :

    📌 Diagnostic et évaluation :

    L’IA peut aider à détecter des troubles psychiques à partir de phénotypes numériques, soit par des procédés passifs (analyse de vidéos ou de textes sans interaction directe), soit actifs (réponses à des stimuli). Ces technologies réduisent la subjectivité dans les diagnostics, augmentant la précision tout en posant des défis éthiques liés à la confidentialité et au consentement.

    L’aide à la décision clinique permet aux professionnels de santé d’utiliser des algorithmes pour évaluer les risques et les pronostics de leurs patients. Néanmoins, des risques liés à la “boîte noire” des algorithmes, difficiles à interpréter, sont soulignés. Il est important que les professionnels de santé restent au centre de la décision.

    📌 Traitement et suivi :

    L’IA est employée pour suivre les patients à distance à travers des capteurs biométriques (surveillance du stress, par exemple), et les agents conversationnels fournissent un soutien motivationnel. Ces outils réduisent les barrières à l’accès aux soins, mais comportent des risques si l’IA ne répond pas de manière appropriée aux besoins des patients.

    La réalité virtuelle et les jeux sérieux sont également mis en avant comme outils thérapeutiques prometteurs, en particulier pour traiter des phobies ou renforcer les compétences émotionnelles des patients. Ils doivent cependant être encadrés par des experts pour éviter tout risque de frustration ou de mauvaise interprétation.

    📌 Amélioration des pratiques et de l’accès aux soins :

    L’IA contribue à améliorer l’accès aux soins en facilitant l’orientation des patients et la télésurveillance. Néanmoins, des risques existent en cas d’erreurs d’orientation, pouvant décourager les patients à poursuivre leurs démarches.

    Des solutions basées sur l’IA pour la gestion du stress, comme des exercices de relaxation guidés, sont également explorées. Le rapport insiste sur la nécessité de boucles de contrôle humaines pour superviser et ajuster les recommandations faites par l’IA.

    Prédiction des crises, suivi, et thérapies préventives : focus sur la prévention

    Le rapport du collectif Mentaltech aborde la prévention dans plusieurs sections, notamment en ce qui concerne la détection précoce des troubles et l’amélioration de l’accès aux soins grâce à l’IA :

    • Prédiction des crises et des épisodes aigus : L’IA est utilisée pour anticiper les crises (dépression, rechutes, etc.) en se basant sur des données historiques et en temps réel (biométrie, reconnaissance faciale). Cela permettrait de réduire les rechutes et d’améliorer la qualité de vie des patients en identifiant les risques avant qu’ils ne se concrétisent. Cependant, des faux positifs (crises détectées alors qu’elles n’existent pas) et faux négatifs (crises non détectées) sont des risques à prendre en compte.
    • Suivi et monitoring : L’IA permet le suivi continu de certains indicateurs de stress ou d’épuisement, ce qui favorise une intervention préventive avant l’apparition de symptômes graves.
    • Serious games, VR… Des thérapies préventives : L’IA propose des outils comme les jeux sérieux et la réalité virtuelle pour travailler sur la gestion des émotions, le stress et la prévention des crises en exposant les patients à des situations simulées de manière contrôlée.

    Contactée par Health&Tech Intelligence, Alexia Adda, directrice générale de Klava et une des membre du Collectif ayant rédigé ce rapport, est revenue sur la meilleure façon d’intégrer l’IA dans des stratégies globales de prévention en santé mentale : “Pour une meilleure intégration de l’IA dans les stratégies globales de prévention en santé mentale, il est essentiel que les professionnels de santé soient formés à son utilisation dès leur cursus universitaire. Du côté des patients, ils doivent être informés de manière adéquate sur l’utilisation de l’IA et les bénéfices qu’elle peut apporter à leur prise en charge. La formation de ces acteurs constitue donc un enjeu clé.

    Interrogée sur les principaux freins actuels à l’utilisation de l’IA pour la prévention en santé mentale, Alexia Adda explique que les principaux obstacles “résident dans les dérives potentielles qu’elle peut engendrer” :

    • une mauvaise utilisation par les patients et les médecins ;
    • des erreurs de diagnostic et de suivi ;
    • ainsi que des interprétations erronées des résultats, entre autres.

    Pour les surmonter, l’intégration de l’IA dans les stratégies de prévention en santé mentale doit, selon elle, être rigoureusement encadrée : “Il est essentiel que le développement de ces technologies soit étroitement supervisé par des humains”, précise-t-elle. Et d’ajouter : “La création de comités externes, composés de médecins, de responsables réglementaires et d’ingénieurs, pourrait assurer un contrôle efficace du bon fonctionnement des IA. De plus, une notice d’utilisation destinée aux patients devrait être rendue obligatoire afin de garantir une utilisation optimale et sécurisée de ces solutions.

    Différents types de technologies exploitables

    Parmi les technologies d’IA les plus efficaces actuellement pour la prévention des troubles mentaux, la dirigeante de la start-up basée à Paris et à Nice, cite :

    • les chatbots conversationnels, qui orientent les patients vers les structures de soins les plus appropriées ;
    • la personnalisation des thérapies via des systèmes de recommandation, permettant de fournir des conseils et traitements adaptés au bon moment ;
    • la détection et la prédiction des rechutes, grâce à l’utilisation de capteurs physiologiques et des données déclaratives, notamment pour les personnes souffrant de troubles mentaux récurrents (dépression, bipolarité, etc.).

    Recommandations pour un usage encadré de l’IA

    En travaillant ensemble, technologues, professionnels de santé et régulateurs pourront exploiter pleinement le potentiel de l’IA tout en limitant ses risques. Pour atténuer ces derniers et maximiser les avantages de l’IA en santé mentale, les auteurs émettent sept préconisations principales :

    1️⃣ Élaborer une notice d’information claire pour les utilisateurs : chaque dispositif IA doit expliciter son fonctionnement, ses avantages et ses risques, tout en assurant une information adaptée et compréhensible.

    2️⃣ Constituer un comité scientifique pluridisciplinaire : ce comité inclurait des médecins, des experts en IA, des éthiciens, et des spécialistes de la réglementation pour superviser le développement et l’usage des outils.

    3️⃣ Impliquer les professionnels de santé dans le développement algorithmique : les médecins doivent jouer un rôle actif dans la création et la validation des algorithmes pour garantir leur pertinence clinique.

    4️⃣ Dispenser des formations aux professionnels de santé : ces formations devront inclure l’évaluation des systèmes d’IA et leur usage éthique en santé mentale.

    5️⃣ Assurer une explicabilité des décisions prises par l’IA : le cheminement logique des décisions doit être tracé pour permettre aux praticiens de comprendre les conclusions des algorithmes.

    6️⃣ Prévenir les conflits d’intérêts : il est impératif de dissocier les acteurs qui développent des outils de dépistage de ceux impliqués dans les traitements pour éviter toute dérive.

    7️⃣ Utiliser des métriques adaptées et justifiées : les indicateurs de performance des algorithmes doivent être pertinents pour les cas d’usage spécifiques.

    Cartographie des considérations pour l'intégration de l'IA en santé - @ Mentaltech
    Cartographie des considérations pour l’intégration de l’IA en santé – @ Mentaltech
  • Valorisation des données : Dedalus et Lynxcare s’allient pour optimiser la recherche clinique grâce à l’IA

    Un partenariat pour l’innovation en recherche clinique

    Le 16 octobre 2024, Dedalus et Lynxcare ont officialisé leur partenariat dans l’objectif de renforcer la recherche clinique et d’améliorer l’exploitation des données de santé en Europe. Dedalus, fort de son réseau hospitalier couvrant plus de 540 millions de patients, et Lynxcare, spécialiste des solutions d’IA appliquées aux données médicales, conjuguent leurs expertises pour créer une plateforme innovante, basée sur l’IA et le NLP, afin de maximiser l’usage des données médicales collectées.

    Valorisation des données pour des résultats concrets :

    Le cœur de cette collaboration repose sur la plateforme Trials4Care (T4C) de Dedalus, dont le premier déploiement en France a été annoncé en mai 2023. Une solution sécurisée qui extrait, structure et sélectionne des patients pour les inclure dans des essais cliniques, en permettant d’accéder à un large réseau de données de santé tout en garantissant leur confidentialité. Grâce aux technologies développées par Lynxcare, ces informations seront enrichies et analysées en profondeur à travers des modèles NLP spécifiques aux pathologies, offrant ainsi des insights plus pertinents et actionnables pour la recherche clinique.

    Ensemble, les deux entreprises cherchent à optimiser l’exploitation et la valorisation des données médicales à travers la plateforme T4C. Cette approche vise à répondre aux besoins variés des cliniciens, des hôpitaux et des industries des sciences de la vie en matière d’informations médicales complètes.

    Davantage d’opportunités pour les établissements de santé :

    Cette collaboration ouvre de nouvelles perspectives pour les établissements de santé partenaires de Dedalus. En intégrant les technologies avancées de Lynxcare, ces hôpitaux bénéficieront d’un accès élargi aux études cliniques réalisées sur des données de vie réelle (RWE), en particulier dans des aires thérapeutiques aussi importantes que stratégiques comme l’oncologie, les maladies cardiovasculaires, etc.

    Ce partenariat devrait notamment permettre :

    • d’optimiser le recrutement de patients pour les essais cliniques ;
    • d’améliorer la compréhension des parcours de soins ;
    • et de renforcer les collaborations entre acteurs hospitaliers et industriels des sciences de la vie.

    Un impact attendu à l’échelle nationale et européenne

    Pour les établissements de santé en France, ce partenariat représente une réelle opportunité d’accélération de leur participation à la recherche clinique. Ils devraient ainsi avoir accès à des outils sophistiqués permettant une meilleure exploitation des données, renforçant ainsi leur capacité à contribuer aux innovations thérapeutiques.

    Au-delà de la France, ce partenariat pourrait également avoir un impact à l’échelle européenne, en créant un réseau de données harmonisé et sécurisé, conçu pour répondre aux besoins croissants de l’industrie des sciences de la vie. Dedalus souhaite ainsi poursuivre sa mission d’accompagner les établissements de santé dans l’optimisation de leurs données cliniques, tout en garantissant leur sécurité et leur confidentialité et en favorisant la recherche et l’innovation pour un meilleur traitement des patients.

     

  • Prévention des chutes : une étude du Gérond’if et une expérimentation d’un panier de soins

    L’activité physique, facteur de prévention des chutes

    Le plan de prévention antichute des personnes âgées 2022-2024 a pour objectif de réduire de 20% le nombre de chutes chez les personnes âgées de plus de 65 ans. Conformément à l’axe 4 du plan, portant sur l’activité physique, la Prévention retraite Ile de France (PRIF) organise un parcours de prévention pour les seniors, comportant notamment des ateliers d’activité physique adaptée – 4800 participants en 2023 – ,  ainsi que des ateliers mémoire.

    A la demande de Prévention Retraite en Ile-de-France (Prif), le Gérond’if, gérontopôle d’Île-de-France, a réalisé une étude pour démontrer l’efficacité des ateliers « équilibre en mouvement » pour la prévention des chutes. L’offre comporte 12 ateliers hebdomadaires de 2 heures, de 12 à 15 personnes. Ces séances, encadrées par un professionnel, portent sur l’équilibre, le renforcement musculaire, la proprioception, la vitesse de réaction, etc.

    L’étude EMMAP (muscle, mouvement et activité physique), dirigée par le Pr Agathe Raynaud-Simon a porté sur les résultats obtenus par la population qui suivait ces ateliers. Pour authentifier ses résultats, ils ont été comparés à un groupe contrôle, celui des ateliers mémoire. Ces derniers suivaient le même protocole et portaient sur la concentration, l’attention, l’orientation dans l’espace et le temps, etc. Ils étaient assortis de conseils généraux sur l’alimentation et l’activité physique.

    Résultats :

    A l’issue des 12 semaines, l’étude montre une nette amélioration des indicateurs retenus (temps de marche, performances physiques, force musculaire, équilibre, mobilité) et une réduction des chutes chez les participants aux ateliers équilibre. Ces résultats positifs se maintiennent à 1 an, ce qui conforte l’impact positif des ateliers .

    L‘étude fait ressortir que le groupe contrôle a également amélioré ses performances, augmentant son temps de marche et d’activité physique. Ce résultat inattendu prouve que les conseils dispensés par des professionnels ont eu un impact sur les comportements. La sociabilisation des personnes lors de ces ateliers constitue un autre facteur positif.

    Au-delà du premier enseignement de l’étude, une conclusion du Pr Agathe Raynaud-Simon est qu’il faut miser sur la diversité des activités de prévention et laisser le choix aux participants d’aller d’un atelier à l’autre, en fonction de leur intérêt et de leur motivation. Convaincre, aller vers et la recherche de plaisir sont des facteurs qui renforcent l’efficacité des actions de prévention en direction d’un public hétérogène et qui ne se sent pas toujours concerné.

    Cette étude locale s’inscrit totalement dans les recommandationsde l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui, dans son dernier rapport, rappelle que l’alimentation et l’activité physique sont les clés d’un vieillissement en bonne santé. Le respect de sa recommandation d’un minimum de 150 minutes par semaine d’activité physique modérée réduit de 28 % le risque de mortalité toutes causes confondues.

    Une expérimentation dans 5 régions

    L’axe 4 du plan de prévention des chutes prévoit l’expérimentation d’un « panier de soins » visant à proposer une prise en charge multifactorielle et coordonnée de plusieurs aspects du risque de chute chez les seniors.

    Le panier de soins comprend l’intervention de 3 professionnels pour la prise en charge d’une personne âgée. Il comporte obligatoirement un intervenant en activité physique adaptée ou un kinésithérapeute, comme socle de la prévention des chutes. Peuvent être adjoints un diététicien, un ergothérapeute, une infirmière… Une consultation médicale  en amont permet une évaluation des besoins de la personne et l’intervention coordonnée de ces professionnels.

    La mise en place de cette prestation est en cours d’expérimentation dans 5 ARS (Auvergne-Rhône-Alpes, Centre Val-de-Loire, Hauts-de-France, Occitanie, Pays de Loire) sur des territoires délimités et sur la base d’un cahier des charges élaboré en 2023 avec l’appui de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Le financement est assuré par la sécurité sociale ou, pour les prestations non remboursées, par des crédits spécifiques.

     

  • PLFSS : des crédits en hausse (+4,7 %) dans le volet médicosocial

    Une hausse de 4,7 %

    Les crédits de la branche autonomie de la sécurité sociale augmenteraient globalement de 1,5 milliards d’euros à 32,8 milliards d’euros, soit +4,7 % par rapport au prévisionnel 2024. Du fait de la démographie, l’augmentation porte aux deux tiers sur le secteur des personnes âgées, à 17,1 millions (+6 %), alors que le handicap n’augmenterait que de 3,3 % à 15,7 milliards d’euros. L’évolution de l’objectif national de dépenses de l’assurance maladie (Ondam) total s’établit à 2,8 %, ce qui met en relief la dynamique propre aux dépenses médicosociales.

    Cette hausse permettrait de financer plusieurs mesures :

    • une compensation pour la hausse de cotisation des ESSMS ;
    • un soutien financier aux établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) pour renforcer leurs équipes en nombre et qualité ;
    • le financement de 15 000 nouvelles solutions médicosociales ;
    • la tarification unique dans 23 départements volontaires ;
    • le renforcement de l’aide à domicile ; une aide pour l’émergence d’Ehpad structurants sur leurs territoires.

    Compensation de la hausse de cotisation retraite des ESSMS

    Des crédits de la branche autonomie sont prévus pour compenser une 1ère hausse de 4 points en 2025 de la cotisations retraites employeurs des ESSMS à la CNRACL (+2,3 milliards d’euros) , qui gère les retraites des fonctions publiques territoriale et hospitalière, programmée sur plusieurs années pour atteindre à terme 35,65 %, afin de combler un déficit évalué à 10 milliards d’euros à l’horizon 2030.

    📌 Un soutien financier aux Ehpad (+6500 recrutements) :

    La proportion d’Ehpad en difficulté a nettement augmenté après la crise sanitaire : les taux d’occupation n’ont pas retrouvé leur niveau antérieur, le retour de l’inflation a beaucoup impacté les établissements, tout comme les nécessaires revalorisations salariales dans un contexte de raréfaction des candidatures. Pour répondre à ces difficultés, que le Gouvernement considère comme structurelles, celui-ci « s’engage auprès des 7 500 EHPAD, de leurs 600 000 résidents et de leurs 390 000 professionnels à consolider leur situation financière, améliorer la qualité de l’offre et poursuivre les évolutions structurelles nécessaires ».

    Le soutien de l’État aux Ehpad prendra la forme du financement en 2025 de 6 500 professionnels supplémentaires, en vue d’atteindre 50 000 postes supplémentaires en 2030. Ces effectifs supplémentaires seront destinés à améliorer le taux d’encadrement ainsi que le ratio par résident.

    📌 Promotion des Ehpad structurants (+140 M€) :

    Le plan d’investissement du « Ségur » de 2,1 milliards d’euros continuera d’être déployé en 2025 pour la création ou la rénovation de 9000 places en Ehpad. Outre ce plan, 140 millions d’euros supplémentaires sont prévus en fonction de 4 priorités :

    • soutien aux Ehpad considérés comme « structurants », tels les centres de ressources territoriaux, sur leur territoire, pour bien professionnaliser leur ouverture sur leur environnement ;
    • soutien au développement et à la réhabilitation de l’habitat « intermédiaire » : résidences autonomie et habitats inclusifs ;
    • soutien particulier aux Ehpad d’Outre-mer ;
    • et soutien à la décarbonation des établissements.

    📌 Tarification unique dans 23 départements :

    Le Ségur de la santé avait prévu d’expérimenter une tarification unique pour les Ehpad et les Unités de soin de longue durée (USL). Ce principe fut repris à l’article 79 du PLFSS 2024 et il est mis en application dans le PLFSS 2025 (article 21) pour 23 départements qui se porteront candidats avant le 31 octobre. L’afflux des candidatures avait conduit à porter le nombre de départements expérimentateurs de 20 à 23.

    Il s’agit de fusionner les sections dépendance et soins pour établir une tarification unique, en dehors de l’hébergement qui reste à la charge des résidents, sauf lorsqu’ils bénéficient de l’aide sociale départementale. Ceci aux fins de simplification et d’harmonisation aussi entre des pratiques parfois divergentes. Le Gouvernement vise en effet « une convergence vers le haut des niveaux de tarification et une égalisation du reste à charge payé par les résidents » en Ehpad.

    L’expérimentation est prévue pour une durée de 5 ans et elle est dotée pour cela d’un budget de près de 200 millions d’euros. La possibilité de prolongation des expériences n’est plus inscrite dans le texte du projet.

    📌 Renforcement des aides à domicile (100 M€) :

    Le PLFSS mettra en œuvre les dispositions de la loi « Bien Vieillir » du 8 avril 2024 favorables au virage domiciliaire avec une nouvelle aide de 100 millions d’euros destinée aux départements, afin que ceux-ci puissent renforcer leur soutien à la mobilité et au travail partenarial des aides à domicile sur leurs territoires. Cette aide viendra s’ajouter, pour les 23 départements expérimentateurs de la tarification unique, aux moyens de financement ainsi dégagés en leur faveur. Cette marge de manœuvre pourra en effet être employée pour l’amélioration des conditions de vie dans les Ehpad, mais aussi pour renforcer le maillage territorial des services d’aide à domicile.

    📌 15 000 nouvelles solutions pour le handicap :

    La Conférence nationale du handicap d’avril 2023 avait défini un plan de création de 50 000 solutions destinées aux personnes en situation de handicap d’ici 2030 pour 1,5 milliards d’euros.

    Alors que le rythme annuel de déploiement prévu était d’environ 200 millions d’euros par an, les crédits 2025 seraient portés à 270 millions d’euros. Cela permettrait la mise en place de 15 000 solutions d’accompagnement, orientées vers le milieu ordinaire, avec « une attention particulière à l’émergence de nouvelles solutions d’accompagnement et de soins, plus modulaires et individualisées, au plus près des lieux de vie des enfants et adultes concernés (école, travail, etc.) ».

    Par ailleurs, un fonds de transformation de l’offre serait destiné à financer, d’ici 2027 pour 250 millions d’euros, les besoins d’appui pour accompagner les professionnels, en ingénierie, pour les investissements immobiliers, les solutions numériques et les autres évolutions techniques.

  • Observatoire de l’accès au numérique en santé : 79 % des Français pensent que le numérique peut être utile pour la prévention

    Accélérer le “virage préventif” 

    3 ans après la publication du premier Observatoire de l’accès au numérique en santé (2021), la Fondation Roche a présenté sa deuxième édition le 16 octobre, en compagnie de nombreux acteurs phares du numérique en santé : la Délégation ministérielle au numérique en santé, la Mednum, la Croix-Rouge française (déjà présente lors de la première édition), et l’Accélérateur 21 (Croix-Rouge française et Nexem). 

    Pour cette nouvelle édition, le rapport a été réalisé pour mettre en avant l’accès au numérique en santé sous le prisme de la prévention en santé des publics vulnérables et de son amélioration par le numérique. Émilie Marin a expliqué lors de la présentation de l’Observatoire que trois types de personnes vulnérables ont été identifiés par les rédacteurs : les isolés socialement, qui ont le sentiment de se sentir seul et pas accompagné, les vulnérables économiques qui ont du mal à boucler leur budget à la fin du mois et les personnes qui sont isolés médicalement.  

    Rassurer, personnaliser, accompagner : 3 défis majeurs à relever

    Après une enquête menée auprès de 3 000 Français, les auteurs de l’Observatoire ont identifié 3 défis à relever :  

    • celui de rassurer les personnes vulnérables qui déclarent faire quasiment exclusivement confiance (à 86 %) à leurs professionnels de santé pour la prévention ;  
    • celui de personnaliser la prévention pour les personnes vulnérables qui se sentent moins concernés par les messages généraux comme les spots publicitaires ; 
    • celui d’accompagner les personnes vulnérables dans l’utilisation du numérique en santé, car ils sont une majorité (tout juste plus de 50 %) à déclarer n’avoir jamais utilisé de numérique ni pour leur santé, ni à titre de prévention. 

    Une baisse de la sensibilité pour le numérique dans la santé

    Le numérique moins utile qu’en 2021 ?

    Depuis la publication du premier observatoire de l’accès au numérique en santé en 2021, le nombre d’outils numériques pour la santé – que ce soient des dispositifs, des applications ou des logiciels – a explosé, ainsi que l’usage du numérique par les médecins, comme les patients. Pourtant, même s’il y a toujours 78 % des Français qui estiment que le développement du numérique est une “bonne chose” pour améliorer le système de santé, il est important de constater que ce chiffre est moins grand que celui du premier observatoire où 86 % des Français estimaient cela.  

    Plusieurs constatations des Français sont à l’origine de cette baisse de la perception de l’utilité du numérique dans la santé : par rapport à 2021, l’utilité de l’utilisation du numérique pour obtenir plus rapidement un rendez-vous médical chute de 6 points (76 % contre 82 en 2021), son utilité pour l’amélioration du système de soins en France chute de 5 points (75 %), et son utilité pour l’amélioration de la santé des Français chute de 4 points (73 %).  

    La perception des Français de l'utilité des technologies numériques dans la santé
    La perception des Français de l’utilité des technologies numériques dans la santé – @ Fondation Roche

    Les personnes les plus vulnérables encore plus septiques :

    Centré sur les personnes vulnérables, cet observatoire montre qu’ils sont une majorité à être convaincus de l’utilité de l’utilisation du numérique dans la santé, mais ils le sont beaucoup moins que le Français en général : seulement 68 % des Français vulnérables pensent que le numérique est utile au développement de la prévention (contre 79 % des Français). Parmi les 3 types de personnes vulnérables, les vulnérables économiques sont les plus pessimiste quant à l’utilité du numérique dans la santé : seulement 68 % voient dans le numérique quelque chose d’utile pour développer la prévention et améliorer le système de soins en France, et 63 % pense que son développement est utile pour améliorer leur propre santé et pour prévenir les épidémies.

    La perception des Français vulnérables de l'utilité des technologies numériques dans la santé - @ Fondation Roche
    La perception des Français vulnérables de l’utilité des technologies numériques dans la santé – @ Fondation Roche

    Une meilleure conscience quant à l’importance de la prévention :

    Si la perception de l’utilité pour le numérique dans la santé a baissé chez les Français depuis le premier observatoire, on a pu voir qu’ils sont quand même 79 % – soit plus que la moyenne pour l’utilité globale – à penser que la technologie peut avoir un impact sur le développement de la prévention. Et cet observateur montre aussi que les Français comprennent l’importance de la prévention car ils sont près de 8 sur 10 à penser qu’il est possible d’influencer sa santé par son mode de vie et éviter certaines maladies en adoptant un mode de vie sain et en faisant de la prévention et 85 % à considérer que les recommandations spécifiques au mode de vie sont efficaces pour réduire le risque de maladies.

    Cependant, ils sont encore beaucoup à estimer qu’il est difficile de mettre en œuvre les recommandations de prévention en santé au quotidien : pour les recommandations de suivi médical, ils sont 20 % à trouver cela difficile, dont 3 % à trouver ça très difficile, et pour le fait de faire attention à son équilibre mental et moral, ils 34 % à trouver ça difficile, dont 6 % à trouver ça très difficile. Pire que ça : ils sont 44 % à estimer que les recommandations de prévention en santé sont anxiogènes.

    Baromètre du ressenti des Français sur la facilité à intégrer des recommandations dans le quotidien
    Baromètre du ressenti des Français sur la facilité à intégrer des recommandations dans le quotidien

    Présente lors de la présentation de ce nouvel observateur, Hela Ghariani, co-responsable du numérique en santé à la Délégation du numérique en santé, explique que la personnalisation de la prévention pour chaque français est importante et c’est dans un objectif de personnalisation qu’a vu le jour “Mon bilan prévention”. Le dispositif met en place car les patients peuvent récupérer à posteriori leur plan personnalisé de prévention “ce qui permet à l’usage numérique d’être lissé dans le parcours dans le soin de la personne” et donc le rendre plus adapté.

    Pour intégrer la prévention grâce au numérique dans la vie des Français, Hela Ghariani rappelle qu’un décret a été pris en mai 2024 qui permet d’utiliser “Mon espace santé” – activé par 15 millions de Français – comme un outil de prévention, car sur la base des données recueillies, des messages personnalisés de prévention sont désormais envoyés aux patients.

     

  • Un nouveau test sanguin rapide basé sur l’IA pour la maladie de Lyme

    Nouvelle méthode pour diagnostiquer la borréliose

    Des chercheurs de l’Institut California Nanosystems de l’Université de Californie à Los Angeles (Etats-Unis) ont mis au point un test innovant utilisant l’IA pour diagnostiquer rapidement la maladie de Lyme.

    Plus de 14% de la population mondiale touchée
    14,5 % de la population mondiale est exposée à la borréliose de Lyme, une infection bactérienne transmise par les tiques infectées. Cette maladie commence par des maux de tête, des douleurs et de la fatigue. Sans traitement, elle peut entraîner des complications :
    • 60 % des cas non traités présentent des manifestations articulaires,
    • 15 % des anomalies neurologiques,
    • 8 % des troubles cardiaques.

    Une efficacité prouvée

    À l’image des tests COVID-19 à domicile, un échantillon de sérum sanguin est déposé dans une cartouche avec une solution tampon. Cette solution passe à travers des couches contenant des peptides synthétiques qui capturent les anticorps spécifiques. Le motif est analysé par un algorithme d’IA via un lecteur numérique pour établir un diagnostic.Dans une étude publiée dans Nature Communications, les chercheurs ont validé l’efficacité de leur approche :
    • Sensibilité de 95,5 % pour détecter la maladie de Lyme,
    • Spécificité de 100 % pour les échantillons négatifs,
    • Résultats en 20 minutes contre deux semaines pour le test conventionnel.

    Les limites et défis des tests actuels 

    l’incidence de la maladie augmente avec le changement climatique, la migration animale et les contacts fréquents entre humains et animaux de compagnie. Aujourd’hui, le diagnostic repose sur un test en deux étapes, nécessitant jusqu’à deux semaines pour des résultats souvent inefficaces à un stade précoce.

    Le nouveau test développé par les chercheurs utilise :
    • Un lecteur portable,
    • Des peptides synthétiques pour détecter les anticorps spécifiques de la bactérie de Lyme,
    • Un algorithme d’IA pour analyser les motifs d’anticorps.

    Portable et stable, ce test réduit les erreurs de diagnostic à un coût de 3 dollars par test. Le lecteur, compatible avec un smartphone du commerce, coûte environ 200 dollars.