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  • Santé mentale : le Gouvernement lance l’AAP « DMN en santé mentale » (28/01/2025)

    Une attention particulière pour les projets ciblant les jeunes

    À l’occasion de la journée mondiale de la santé mentale qui s’est tenue le 10 octobre 2024, le premier ministre, Michel Barnier et la ministre de la Santé et de l’Accès aux soins, Geneviève Darrieussecq, ont annoncé le lancement de l’AAP Grand Défi « Dispositifs médicaux numériques en santé mentale », publié dans le cadre du grand défi numérique en santé mentale dévoilé en juin 2024. La santé mentale étant “la grande cause nationale pour 2025”, cet AAP “s’inscrit dans une approche collaborative interministérielle pour répondre aux besoins en matière de prévention, de soins, de déstigmatisation et de recherche”.

    Les membres du Gouvernement ont expliqué que cet AAP est structuré autour de 3 axes principaux :

    • 1️⃣ répondre aux besoins en santé mentale des citoyens, patients, aidants, professionnels en soutenant le développement des technologies numériques innovantes main dans la main avec les utilisateurs, concepteurs et évaluateurs ;
    • 2️⃣ garantir l’efficacité et la sécurité des dispositifs médicaux numériques (ou futurs DMN) qui répondent aux enjeux de la santé mentale ;
    • 3️⃣ faciliter la mise à disposition des dispositifs médicaux numériques en santé mentale évalués auprès des utilisateurs (patients, aidants, professionnels, établissements).

    Dans le cahier des charges de l’AAP (téléchargeable ici), il est indiqué que les projets peuvent porter sur différents types de technologies – comme les DM embarquant de l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle, le métaverse ou encore les DM numériques de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) – mais qu’une attention particulière sera portée sur les projets “pouvant répondre aux besoins spécifiques des enfants, des adolescents et des jeunes adultes dans le dépistage, la prévention, le diagnostic, la prise en charge, le suivi et le rétablissement dans le cadre de la santé mentale des jeunes”.

    Une aide de minimum 100 000 € par projet :

    Le cahier des charges de l’AAP explique que dans le cas général, la modalité d’attribution de l’aide pour les entreprises est forfaitaire et respecte la répartition suivante :

    • 60% au maximum de l’aide attribuée sous la forme de subventions ;
    • 40% au minimum de l’aide attribuée sous la forme d’avances remboursables.

    Pour les entités ayant des activités non économiques, l’aide sera apportée sous forme de subventions. Aucune aide de moins de 500 000 € ne sera attribuée à une entreprise relevant de la catégorie « grande entreprise » (GE et ETI). Le montant de l’avance remboursable ne pourra pas être inférieur à 100 000€ par bénéficiaire entreprise. Dans le cas d’un bénéficiaire entreprise bénéficiant d’une aide inférieure à 100 000€, la totalité de l’aide sera versée en avance récupérable. Le montant de l’aide ne pourra pas être inférieur à 100 000€ pour les bénéficiaires académiques.

    👉 Les candidatures de l’AAP sont d’ores et déjà ouvertes et doivent être déposés à cette adresse avant les deux relèves :

    • avant le 28 janvier 2025 (midi heure de Paris) pour la première relève ;
    • et avant le 30 septembre 2025 (midi heure de Paris) pour la deuxième.

    Modalité de l’AAP

    Critères d’éligibilité :

    Pour être éligible, un projet doit remplir l’ensemble des conditions suivantes :

    • Avoir son dossier de candidature (disponible ici) complet déposé avant les dates limites à l’adresse https://www.picxel.bpifrance.fr/accueil ;
    • S’inscrire dans l’une des thématiques identifiées de l’AAP ;
    • Présenter une assiette de dépenses indicative de l’ordre de 600k€ à 3M€ ;
    • Porter sur des travaux réalisés en France et non-engagés avant le dépôt de la demande d’aide (la date d’éligibilité des dépenses correspond au lendemain de la date de réception du dossier allégé jugé complet par Bpifrance). Par exception, porter sur des travaux réalisés en Europe si le seul recrutement de patients français ne peut être garanti ;
    • Proposer une assiette éligible de travaux qui ne fait pas ou n’a pas fait l’objet de financements publics hors du cadre du présent appel à projets : par l’État, les collectivités territoriales, l’Union européenne ou leurs agences ;
    • Se dérouler sur une durée comprise entre 12 et 36 mois à compter d’une date postérieure à la clôture de l’appel à projets. Les projets ne présentant pas de phase réglementaire sont encouragés à rester dans un délai de 24 mois ;
    • Ne pas causer un préjudice important du point de vue de l’environnement (application du principe DNSH – Do No Significant Harm ou « absence de préjudice important ») au sens de l’article 17 du règlement européen sur la taxonomie ;
    • Être porté par : une société immatriculée en France au registre du commerce et des sociétés (RCS) à la date de dépôt du dossier ; à jour de ses obligations fiscales et sociales et ne pas être sous le coup d’une injonction de récupération d’aides déclarées illégales ou incompatibles par la Commission européenne ; qui n’est pas une « entreprise en difficulté » selon le droit européen, auquel cas son projet ne serait pas éligible, sauf en cas de fourniture d’éléments jugés satisfaisants par Bpifrance justifiant sa sortie du statut « d’entreprise en difficulté » avant la décision de financement du projet.

    Critères de sélection :

    Pour être sélectionnés, les projets éligibles sont instruits notamment sur la base des critères suivants :

    Clarté et pertinence de l’impact médical ou économique attendu :

    • Proposition de valeur claire et caractère innovant du projet et du DMN ;
    • Impact du projet en termes clinique, de santé publique, ou de gain d’efficience ; place et pertinence de l’intégration du DMN et de la mise en œuvre dans le parcours de soin de la population concernée ;
    • Pertinence de la durée et du budget du projet en cohérence avec l’ambition des travaux à mener ;
    • Qualité et robustesse du modèle économique et du plan d’affaires proposé, démontrant notamment un retour sur investissement pour le(s) porteur ou des économies générées en perspective sociétale ;
    • Marché potentiel de la solution développée (une analyse du marché visé sera particulièrement appréciée) ;
    • Retombées économiques et emplois sur les territoires (y compris des tâches sous-traitées), issus directement du projet, des suites qu’il donnera ou, en tant que de besoin, de sa cohérence avec les politiques territoriales (en particulier chiffres d’affaires généré cumulé à horizon 5 ans postprojet, emplois créés ou maintenus à horizon 5 ans post-projet) ;
    • Externalités socio-économiques du projet.

    Degré d’innovation du projet :

    • Degré de rupture en termes d’innovation technologique ou non technologique du dispositif médical numérique proposé (offre, organisation, modèle d’affaires, prise en charge, etc.) et caractère innovant par rapport à l’état de l’art international ;
    • Positionnement et valeur ajoutée justifiée par rapport à la concurrence ;
    • Perspectives de développement sur la base du projet déposé.

    Expérience des porteurs et maturité du projet :

    • Adéquation des compétences de l’équipe dédiée au projet, notamment en matière de développement rapide de projet innovant et de maîtrise des impacts. ;
    • Capacité du porteur à assurer l’accès aux marchés visés et à mener à bien le projet, notamment opérationnelle et financière. Les bénéficiaires non académiques doivent en particulier présenter des capitaux propres et un plan de financement en cohérence avec l’importance des travaux qu’ils se proposent de mener dans le cadre du projet présenté ;
    • Maturité suffisante du projet ;
    • Appréciation du besoin non couvert ou insuffisamment couvert ;
    • Développement de nouveaux produits ou services, à fort contenu innovant et valeur ajoutée, conduisant à une mise sur le marché et à la génération de retombées économiques ou environnementales.

    Plan de financement :

    • Clarté du plan de financement proposé ;
    • Réalisme du budget et de l’agenda proposé.

    Performance environnementale du projet :

    L’AAP sélectionne des projets démontrant une réelle prise en compte de la transition énergétique et écologique. Les effets positifs attendus et démontrés du projet, du point de vue écologique et énergétique, de même que les risques d’impacts négatifs, sont utilisés pour sélectionner les meilleurs projets parmi ceux présentés, ou pour moduler le niveau d’intervention publique accordé au projet. Chaque projet doit expliciter sa contribution au développement durable, en présentant les effets, quantifiés autant que faire se peut, directs ou indirects, positifs ou négatifs, estimés pour les axes ci-dessous :

    • Atténuation du changement climatique ;
    • Adaptation au changement climatique ;
    • Utilisation durable et protection des ressources aquatiques et marines ;
    • Transition vers une économie circulaire ;
    • Prévention et réduction de la pollution ;
    • Protection et restauration de la biodiversité et des écosystèmes ;
    • Impact sociétal.

     

  • Talents de la e-santé : 9 catégories d’innovation pour la 5e édition du concours (27/10)

    9 catégories de prix et une cérémonie pour célébrer l’innovation

    Depuis 2020, le concours “Talents de la e-santé” valorise les initiatives qui transforment le numérique en santé en France. À l’occasion de cette cinquième édition, l’Agence du numérique en santé (ANS) et la Délégation au numérique en santé (DNS) invitent les acteurs du secteur à soumettre leurs projets innovants, afin de célébrer leur impact sur le système de santé. Cette année, les candidats auront l’opportunité de voir leurs projets mis en lumière lors d’une cérémonie inspirée des Césars, prévue le 3 décembre au Palais des Congrès d’Issy-les-Moulineaux.

    Les participants peuvent soumettre leur candidature dans neuf catégories, en choisissant jusqu’à deux domaines pour leur projet. Cette année, une nouvelle catégorie, dédiée aux “Usages secondaires des données de santé,” met en lumière les innovations liées aux entrepôts de données de santé. Voici les catégories de prix :

    • prix de la cybersécurité ;
    • prix de l’éthique du numérique en santé ;
    • prix de l’innovation numérique en prévention ;
    • prix de l’innovation numérique dans le secteur médico-social ;
    • prix de l’innovation numérique en ville ;
    • prix de l’innovation numérique à l’hôpital ;
    • prix Mon espace santé ;
    • prix de la formation et de la sensibilisation ;
    • prix des usages secondaires de données de santé.

    Une cérémonie pour célébrer l’excellence en e-santé :

    Les lauréats seront dévoilés lors de la cérémonie des Talents de la e-santé, le 3 décembre 2024, à Issy-les-Moulineaux. Un “Prix coup de cœur du jury” pourra également être décerné pour récompenser un projet particulièrement remarquable.

    Modalités de candidature

    Dernier délai pour participer, le 27 octobre 2024 :

    La phase de candidature pour les Talents de la e-santé 2024 se déroule du 7 au 27 octobre 2024. Pour participer, les candidats doivent déposer leur dossier de manière structurée sur la plateforme en ligne “Participez”. Le dossier de candidature doit inclure plusieurs éléments obligatoires, divisés en 5 parties :

    📌 identité graphique du projet : logo du candidat et/ou du projet pour une utilisation sur les supports de communication du concours ;

    📌 présentation des porteurs du projet : description des participants impliqués dans la fréalisation, incluant les professionnels de santé, structures sanitaires et médico-sociales, entreprises du numérique en santé et institutions soutenant l’initiative ;

    📌 description détaillée du projet : explication des objectifs, de l’innovation ou de l’originalité du service numérique proposé, ainsi que sa cohérence avec la stratégie nationale du numérique en santé ;

    📌 usages, indicateurs et pérennité : données sur le nombre d’utilisateurs, types d’usages, modèle économique et potentiel de réplicabilité du projet ;

    📌 impact sur l’organisation des soins : précisions sur l’intérêt médical et soignant du projet, en soulignant les effets concrets sur les pratiques professionnelles, l’organisation et la qualité de vie des patients et des soignants.

    Les candidats ont également la possibilité d’ajouter une vidéo de présentation de 2 minutes 30 secondes maximum, recommandée pour illustrer visuellement l’impact et l’innovation de leur projet. Des documents complémentaires (revues de presse, études, fiches produit) peuvent aussi être ajoutés pour appuyer la candidature.

    Sélection des finalistes et vote du public :

    Une fois la phase de dépôt de candidatures close, l’ANS et la DNS vérifieront l’éligibilité des dossiers du 28 octobre au 4 novembre 2024. Les projets validés seront publiés en ligne, et la phase de vote du public se déroulera du 4 novembre au 24 novembre 2024. Chaque votant pourra soutenir un projet par catégorie en utilisant son compte France Connect. Les trois projets recevant le plus de votes dans chaque catégorie seront ensuite transmis au jury final.

    Ce jury, composé de représentants des usagers, des professionnels de santé, des directeurs d’établissement et de personnalités du numérique et de la santé, examinera les finalistes pour sélectionner un gagnant par catégorie. Les critères d’évaluation incluent l’originalité, l’impact sur l’organisation des soins, le déploiement effectif, la cohérence avec la stratégie nationale, et la qualité du dossier soumis.

    👉 Les candidatures doivent être soumises avant le 27 octobre 2024 à 23h59 via ce lien.

  • PLFSS 2025 : Un budget loin de faire consensus auprès du monde de la santé

    Contraintes budgétaires et inquiétudes des acteurs de la santé

    L’annonce du projet de loi de finance 2025, et notamment du PLFSS suscite de nombreuses réactions de la part des représentants du monde médical et social. Entre l’Ondam (considéré comme sous-estimé), la hausse du ticket modérateur (susceptible d’entrainer une hausse des tarifs des complémentaires santé), et les efforts demandés aux entreprises du médicament pour baisser les prix, les critiques et les inquiétudes se partagent. Le mot d’ordre pour les établissement de santé, à savoir « faire mieux avec moins » ne recueille pas les approbations non plus. Pour la fonction publique hospitalière, c’est le « coup de rabot de trop ».

    Les organisations de santé déplorent le manque de vision du gouvernement

    Les critiques dans l’ensemble font remarquer trois choses ; des moyens alloués insuffisants (Ondam minimisé, réduction des budgets), un contexte économique et structurel difficile (vieillissement de la population, maladies chroniques). Mais aussi des propositions faites non prises en compte par le gouvernement, comme la mise en place d’une loi pluriannuelle sur le grand âge et l’autonomie. Les représentants des organisations de santé regrettent l’absence de réforme structurelle mais plutôt, comme mentionné dans le communiqué de presse de la Mutualité Française, d’une « logique de vases communiquants entre la dépense publique et la dépense privée ».

    Snitem et Leem : Des baisses de prix qui menacent la réindustrialisation et l’innovation en France

    Les Entreprises du médicament (Leem) avait présenté ses priorités pour le PLFSS 2025 lors de sa conférence de rentrée. Le syndicat défend trois axes : l’accès aux traitements, un plan d’économies soutenables, et le soutien à l’activité des territoires. Le Leem souligne que la France est en perte de compétitivité, avec des prix 20 % plus bas que dans d’autres pays européens et une taxation la plus élevée d’Europe, ce qui freine l’investissement dans l’industrie pharmaceutique. Le Leem cible la clause de sauvegarde, qui impose aux entreprises pharmaceutiques de reverser une partie de leur chiffre d’affaires en cas de dépassement des dépenses. Actuellement à 1,6 milliard d’euros, le syndicat plaide pour une réduction progressive à 1 milliard en 2025 et 500 millions d’euros en 2027. Il propose un plan d’économies de 1,1 milliard d’euros par an, avec des actions sur le bon usage des médicaments, des remises anticipées à l’Assurance maladie, et l’élargissement des médicaments sans prescription obligatoire.

    Même son de cloche pour le Snitem qui déplore des baisses de prix « non soutenables » pour les entreprises et un plan à « l’opposé des objectifs de réindustrialisation et d’innovation portés par le gouvernement lui -même ».

     

    Les acteurs du grand âge dénoncent des financements insuffisants face au défi démographique

    Les fédérations et organisations du grand âge expriment de vives inquiétudes face au PLFSS 2025, jugeant les financements prévus largement insuffisants pour répondre aux défis économiques et démographiques du secteur. Déjà fragilisé par l’inflation et la hausse des coûts, le secteur fait face à des risques de défaillances sans investissements conséquents, menaçant l’accompagnement des personnes âgées. La création de 6 500 postes prévue par le PLFSS est loin de couvrir les 400 000 nécessaires d’ici 2030 pour faire face au vieillissement de la population, d’autant que les conditions de travail et la pénibilité des emplois sont négligées. De plus, la branche autonomie, qui passe d’un excédent à un déficit, reste sous-financée, et les coupes budgétaires risquent d’aggraver la situation. Les organisations appellent à des investissements urgents pour anticiper le choc démographique à venir.

    “Sacrifier la santé pour sauver les retraites” : La FHF exige un financement indépendant pour le système hospitalier

    Le 8 octobre dernier, la Fédération hospitalière de France (FHF) a déclaré dans un communiqué de presse que « La santé ne peut être sacrifiée sur l’autel de la compensation du déficit des caisses de retraite ». Les fédérations hospitalières demandent aux pouvoirs publics de garantir un financement adéquat du système de santé à travers l’ONDAM 2025, soulignant que les mesures actuelles, en apparence augmentées de 2,8 %, sont insuffisantes face aux besoins réels, surtout après ajustements pour l’inflation et les cotisations. Elles craignent que les financements prévus ne soient détournés pour compenser les déséquilibres des caisses de retraite, ce qui risque de compromettre la qualité des soins et l’évolution démographique. Elles réclament une augmentation minimale de 3,1 % pour les établissements de santé, hors cotisations de retraite, ainsi que la mise en place d’un protocole pluriannuel pour stabiliser le financement, favoriser le recrutement et soutenir l’innovation.

    Les mutuelles : hausse des cotisations à venir

    Le secteur des mutuelles se montre également critique, refusant d’être « variables d’ajustement » face aux déséquilibres budgétaires de la Sécurité sociale, en particulier avec des transferts de charges vers les complémentaires santé, comme pour les consultations médicales. Ces ajustements, sans réforme structurelle profonde, sont dénoncés comme une simple redistribution des coûts vers le secteur privé et les ménages. La mutualité Française prévoit déjà un impact sur les cotisations.

    Calendrier serré, majorité fragile et l’ombre d’un 49-3

    Après sa présentation en Conseil des ministres le 10 octobre 2024, l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale commencera le 28 octobre à l’Assemblée nationale. Les députés auront ensuite jusqu’au 5 novembre pour voter le texte. Si le projet est adopté, il passera ensuite au Sénat pour une nouvelle lecture, conformément à la navette parlementaire entre les deux chambres. Ce processus doit s’achever avant la date limite du 21 décembre 2024, imposée par la Constitution pour l’adoption finale du budget. En parallèle, des ajustements et des débats sont attendus, notamment sur les amendements concernant le financement des hôpitaux, l’Ondam, et les enjeux liés aux retraites et à l’autonomie​

    D’après un rapport de l’OFCE publié le 16 octobre, le budget Barnier risque de diviser la croissance française par deux.

     

  • Autriche : état des lieux de la santé numérique, réglementation et principaux acteurs

    L’Autriche doit relever aujourd’hui plusieurs défis pour moderniser son système de santé. Pour cela, le gouvernement autrichien se concentre sur l’amélioration de la qualité des soins, l’égalité d’accès aux soins et l’efficacité des processus de soins dans un contexte de hausse des coûts et de tensions sur les ressources humaines.

    📌 Contexte et chiffres clés du système de santé autrichien :

    L’Autriche dispose d’un système de santé universel financé principalement par des assurances publiques et garantissant une couverture pour 99,9 % de la population. Cependant, ce système est marqué par une fragmentation organisationnelle et fait face à des défis pressants tels que le vieillissement de la population et la pénurie de personnel médical. En 2023, environ 20 % des Autrichiens avaient plus de 65 ans. Ce chiffre devrait atteindre 29 % d’ici 2050 ce qui entraînera une augmentation de 30 à 40 % de la demande de services de soins de longue durée d’ici 2030.

    Chiffre clé : plus de 90% des hôpitaux sont intégrés au système ELGA, le système de dossier de santé électronique national.

    👉 H&TI dresse un aperçu détaillé de différents aspects du système de santé du pays, notamment son organisation, son financement et son contexte numérique, dans un article à retrouver ici.

    📌 Principales évolutions réglementaires en Autriche en lien avec la santé numérique :

    Avec l’intégration de plus en plus de la télémédecine dans la pratique, l’IA et la digitalisation des dossiers médicaux, l’Autriche a posé les cadres juridiques pour améliorer l’accès aux soins et répondre aux besoins croissants de sa population. La Loi ELGA et le RGPD garantissent la protection des données et la sécurité des échanges. Par ailleurs, des initiatives comme le projet d’interopérabilité des systèmes de santé numériques soutiennent l’harmonisation européenne et l’accès transfrontalier aux soins.

    Chiffre clé : en 2023, le pays a obtenu un score de 88/100 pour la maturité de son système de santé numérique. Cependant, des défis subsistent, comme l’intégration des acteurs privés et l’extension des services de télémédecine aux zones rurales.

    👉 H&TI dresse un état des lieux des principales initiatives réglementaires sur lesquelles s’appuient les différentes stratégies en santé numérique et des principales réglementations en matière de couverture de santé, dans un article à retrouver ici.

    📌 Panorama des acteurs clés de l’écosystème fédéral autrichien autour de la santé numérique:

    La Zielsteuerungskommission est une commission fédérale réunissant l’État, les régions (Länder) et les assureurs publics. Son rôle est d’assurer la gouvernance de la stratégie nationale de santé numérique publiée en juin 2024 et dont les actions couvriront la période 2024-2030. Le ministère de la santé et ELGA GmbH jouent également un rôle central dans la gestion et la mise en œuvre des initiatives numériques.

    Toutefois, le secteur privé n’est pas encore pleinement intégré dans cet écosystème. Des initiatives sont en cours pour connecter les hôpitaux et cliniques privés à ELGA d’ici 2025. Le gouvernement encourage également les partenariats public-privé pour stimuler l’innovation dans le secteur de la santé.

    Chiffre clé : en 2023, 97,5% de la population autrichienne est couverte par le système ELGA.

    👉 H&TI réalise un panorama des nombreuses organisations jouant un rôle essentiel dans la réglementation et la mise en œuvre des initiatives numériques, dans un article à retrouver ici.

    📌 Quelle stratégie en santé numérique et data ?

    La stratégie fédérale autrichienne pour 2024-2030 vise à :

    1️⃣ améliorer l’accès aux soins via des plateformes numériques ;
    2️⃣ à optimiser l’utilisation des données de santé pour la recherche ;
    3️⃣ et à relever les défis démographiques comme le vieillissement de la population.

    La stratégie prévoit également la création d’un portail de santé numérique unifié dès 2026 qui centralisera les téléconsultations, les dossiers médicaux et la gestion des rendez-vous. Les objectifs de cette stratégie pour la période 2024-2030 sont :

    1️⃣permettre l’accès numérique au système de santé ;
    2️⃣créer des offres de prévention et de soins par télésanté ;
    3️⃣développer l’infrastructure publique de télématique de santé (GTI) ;
    4️⃣fournir des services eHealth centraux/composants ;
    5️⃣établir des registres pertinents pour les soins et la gouvernance ;
    6️⃣renforcer l’utilisation secondaire des données de santé ;
    7️⃣faciliter l’accès à l’innovation ;
    8️⃣renforcer les compétences numériques ;

    Chiffre clé : d’ici 2030, l’Autriche souhaite intégrer la télémédecine dans 50 % des services de santé et offrir des soins à distance pour les maladies chroniques.

    👉H&TI réalise une synthèse des  principaux  points  de cette  stratégie, dans un article à retrouver ici.

    Synthèse de la stratégie santé numérique autrichienne @ H&TI
  • Stratégie de santé numérique en Autriche : après les médecins, l’information médicale mise au service des patients et des chercheurs

    Répondre à la pénurie médicale et aux besoins croissants 

    L’Autriche dispose d’un système de santé performant, soutenu par une infrastructure eHealth solide, notamment l’utilisation du dossier de santé électronique (ELGA). Face aux défis actuels tels que le vieillissement de la population (En 2023, environ 20 % de la population autrichienne avait plus de 65 ans), et la pénurie de personnel médical, le pays fait face à une augmentation des coûts de santé et à des tensions sur les ressources humaines. Les enjeux principaux incluent l’amélioration de la qualité des soins, l’équité d’accès aux services de santé, et l’efficacité des processus de soins. On prévoit que d’ici 2050, environ 29 % de la population autrichienne aura plus de 65 ans. D’ici 2030, on estime que la demande pour les services de soins de longue durée augmentera de 30 à 40 %.

    Les principaux enjeux du système de santé en Autriche incluent :

    • L’accessibilité des soins dans les régions rurales.
    • L’efficacité du système face à l’augmentation des besoins.
    • La soutenabilité financière du système de santé à long terme.
    • L’adaptation au vieillissement de la population.
    • La pénurie de personnel médical.

    Un partage d’information, désormais accessible aux patients

    La précédente stratégie, datant de 2017, se concentrait principalement sur la création de l’infrastructure eHealth, avec la mise en place de l’ELGA. Elle visait essentiellement à améliorer le partage de l’information entre professionnels de santé. La stratégie actuelle, par contre, met un accent plus marqué sur l’accès des citoyens aux services numériques, le soutien aux patients chroniques, et l’utilisation des données de santé à des fins de recherche et d’amélioration des politiques publiques​.

    La stratégie de santé numérique autrichienne pour 2024-2030 repose sur une approche “digital avant ambulatoire avant stationnaire”. Elle vise à renforcer l’accès numérique aux soins, avec l’objectif d’intégrer davantage de solutions télésanté et d’optimiser l’utilisation des données de santé. Des projets incluent le développement d’un portail de santé numérique unifié, la mise en place d’une infrastructure de télésanté pour la prévention et la gestion des maladies chroniques, ainsi que l’amélioration de l’utilisation des données de santé pour la recherche et l’élaboration de politiques publiques​.

    Exemples :

    • Développement d’un portail de santé unifié prévu entre 2026 et 2028. Contrairement à l’ancienne stratégie, qui visait surtout à améliorer les interactions entre professionnels de santé.
    • Introduction d’une consultation médicale en ligne et télésurveillance d’ici 2026, notamment en réponse aux défis posés par le vieillissement et la pénurie de personnel.
    • L’utilisation des données de santé à des fins de recherche et de prise de décision publique, alors que l’ancienne stratégie était axée principalement sur l’amélioration des processus cliniques​.
    • Objectif de fournir un accès à la télésanté à plus de 50% de la population d’ici 2030.

    Dans le cadre des accords de rééquilibrage financier et de la réforme de la santé de 2023, un cadre juridique a été établi pour la gouvernance de la santé (Bund, États fédérés, assurance sociale) afin de promouvoir la digitalisation des soins publics (Gesundheits-Zielsteuerungsgesetz, BGBl. I Nr. 26/2017, modifié BGBl. I Nr. 3/2024). Les parties contractantes se sont engagées à soutenir les processus de soins grâce à la technologie. Conformément à cette stratégie eHealth, elles mettront en place des conditions permettant un usage plus large des services de santé électroniques. La finalité est de garantir un accès plus large aux soins de santé numériques, en particulier dans les zones rurales.

    Objectifs de la stratégie : télésanté et maladies chroniques, une prise en charge à distance pour les patients

    • Accès numérique au système de santé : Permettre aux citoyens d’accéder à leurs données de santé et aux services médicaux en ligne via une plateforme centralisée.
    • Offre de services de télésanté : Mettre en place des services de prévention et de prise en charge à distance pour les maladies chroniques et autres soins courants, réduisant ainsi la pression sur les établissements de santé.
    • Amélioration de l’infrastructure de télématique de santé publique : Moderniser la Gesundheitstelematik-Infrastruktur (GTI) pour soutenir les services numériques.
    • Renforcement de la sécurité et de la gestion des données de santé : Développer l’utilisation des données de santé à des fins secondaires (recherche, politiques publiques), tout en assurant la protection des données personnelles.
    • Promouvoir l’innovation et l’accessibilité : Faciliter l’accès des innovations numériques aux patients et aux professionnels de santé.
    • Développer les compétences numériques : Renforcer la formation numérique des professionnels de santé et des citoyens pour optimiser l’usage des outils numériques.

    Exemples de mesures :

    • Portail de santé numérique unifié : Prévu entre 2026 et 2028, il regroupera diverses plateformes existantes comme l’ELGA, les services de consultation téléphonique (1450), et des outils de téléconsultation. Ce portail permettra aux citoyens de gérer leurs rendez-vous médicaux, consulter leurs prescriptions et accéder à des informations de santé.
    • Introduction de la télémédecine : Entre 2024 et 2026, des consultations médicales en ligne seront progressivement mises en place, particulièrement dans les zones rurales, facilitant l’accès aux soins.
    • Télémonitoring pour les maladies chroniques : Des outils numériques pour surveiller en temps réel des maladies comme le diabète seront disponibles dès 2026, avec un objectif d’élargissement progressif​.

    Gouvernance de la stratégie : embarquer l’ensemble des parties prenantes, au service de l’innovation

    La mise en œuvre de cette stratégie est sous la responsabilité de la Commission fédérale de gouvernance basée sur des objectifs (Bund-Zielsteuerungskommission), qui regroupe les principaux acteurs du système de santé : l’État, les Länder (régions) et les caisses de sécurité sociale. Le Ministère des Affaires sociales, de la Santé, des Soins et de la Protection des consommateurs (BMSGPK) joue un rôle central dans la coordination des différentes parties prenantes. L’ELGA GmbH, en charge de la gestion du dossier de santé électronique, continue de jouer un rôle clé dans la mise en œuvre technique des solutions numériques​.

    Pour assurer le succès de la stratégie, une série de principes directeurs ont été établis :

    • Transparence et collaboration : entre les différentes institutions et les parties prenantes.
    • Protection des données : respect strict des règles de sécurité et de confidentialité des données médicales, conformément à la législation européenne (RGPD).
    • Partenariat entre acteurs publics et privés : pour encourager l’innovation et garantir une mise en œuvre coordonnée​.

    Un plan de mise en œuvre de la stratégie structuré en trois phases :

    • Phase 1 (2024-2026) : Introduction des services numériques de base, tels que la consultation en ligne et les premiers outils de télémonitoring.
    • Phase 2 (2026-2028) : Développement du portail de santé unifié et intégration des nouvelles fonctions numériques dans les établissements de santé, comme la gestion des rendez-vous médicaux en ligne.
    • Phase 3 (2028-2030) : Extension des services numériques, renforcement des outils d’analyse de données et évaluation des premiers résultats de la stratégie pour ajuster les priorités futures​.

    Dans le cadre de sa stratégie de santé numérique, l’Autriche mise sur une série de solutions pour moderniser son système de soins. En s’appuyant sur des outils technologiques de pointe, cette stratégie vise à renforcer l’efficacité des services de santé. Voici les principaux axes de cette transformation numérique :

    • ELGA : Cette plateforme, déjà en place, continuera d’être enrichie avec de nouvelles fonctionnalités, comme le suivi électronique des vaccinations et la gestion des maladies chroniques via le télémonitoring.
    • Télémédecine : Comme pour de nombreux pays Européens, la pandémie de COVID-19 a accéléré l’acceptation et l’utilisation de la télémédecine. La stratégie actuelle prévoit un développement massif des services de télésanté, en particulier pour la gestion des maladies chroniques et la fourniture de soins dans les zones rurales.
    • Applications de santé numériques : La création d’un cadre réglementaire pour intégrer les applications de santé dans le parcours de soins est une des priorités de la stratégie. Ces DiGA (applications numériques de santé) seront évaluées et intégrées dans le système de remboursement si elles prouvent leur utilité pour les patients​.

     

  • L’Autriche, 3e pays européen avec la plus grande dépense de santé par habitant (contexte et chiffres clés)

    📑Système de santé universel financé par l’assurance sociale et des dépenses publiques élevées

    Le système de santé autrichien repose sur une assurance maladie sociale qui garantit une couverture presque universelle pour ses résidents. Environ 99,9 % de la population bénéficie de cette couverture. Le financement et l’organisation du système sont partagés entre le gouvernement fédéral, les gouvernements régionaux (Länder) et des acteurs corporatistes, créant une structure fortement décentralisée et fragmentée. Ce modèle mixte associe à la fois des soins publics et privés.

    La majorité des dépenses de santé proviennent de fonds publics et de régimes d’assurance obligatoires. En 2021, environ 78 % des dépenses de santé étaient financées par ces sources, notamment via l’assurance maladie. Les ménages contribuent également par des paiements directs (out-of-pocket), qui représentent environ 15,8 % des dépenses totales, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne européenne.

    Dépenses de santé par habitant en euros en 2021 @ OCDE

    Comme le montre la figure ci-dessus, l’Autriche figure parmi les pays les plus coûteux en Europe, avec une dépense de santé par habitant atteignant 4663 €, bien au-dessus de la moyenne de l’Union Européenne de 4028 €. Le système accorde une place importante aux soins hospitaliers, représentant une grande part des dépenses, même si des efforts sont faits pour réorienter les soins vers l’ambulatoire et réduire les admissions inutiles.

    Un partage de compétences complexes entre les différents acteurs

    À l’échelle fédérale, le gouvernement définit les cadres juridiques notamment la réglementation de l’assurance maladie et les prestataires de soins. Les gouvernements régionaux ont la responsabilité des hôpitaux et financent les dépenses en infrastructures hospitalières. Le financement des soins ambulatoires principalement assurés par des prestataires privés repose sur des contrats négociés avec les fonds d’assurance maladie.

    Ce système est toutefois critiqué pour sa fragmentation. Plusieurs réformes ont visé à simplifier cette organisation. Une d’entre elles était avec la création d’une commission de gouvernance basée sur des objectifs financiers et de santé, mais les progrès restent lents. En 2020, une autre réforme majeure a réduit le nombre de caisses d’assurance maladie de 21 à 5 mais certaines disparités dans les prestations offertes subsistent.

    D’autres réformes ont eu lieu visant à renforcer les soins primaires en créant des centres multidisciplinaires.  À mi-2023, 40 de ces centres avaient été ouverts bien que l’objectif initial avait été d’en créer 75 avant 2021.

    Chiffres clés du système de santé

    Chiffres clés du système de santé autrichien @ H&TI

    90 % des hôpitaux autrichiens connectés au dossier de santé électronique (ELGA)

    D’après un rapport de l’OCDE, l’Autriche a plus de 90 % des hôpitaux intégrés dans le système ELGA (Elektronische Gesundheitsakte), un dossier de santé électronique national. Lancé en 2015, ELGA permet aux professionnels de la santé d’accéder aux données médicales des patients de manière sécurisée, tout en facilitant l’échange d’informations entre les différents acteurs du système de santé. Un des enjeux pour les années à venir est de connecter le secteur privé au système ELGA. À l’heure actuelle, seuls les hôpitaux publics et les pharmacies sont connectés à ELGA, tandis que le secteur privé, incluant les praticiens et les centres de réhabilitation, reste largement non connecté​. Pour y remédier, le programme de travail ELGA pour 2024-2025 prévoit des actions pour connecter les hôpitaux et cliniques privés ainsi que les services d’urgence.

    Un score de 88 pour la maturité du système de santé numérique

    En 2023, l’Autriche a obtenu un score de 88 sur 100 en termes de maturité de son système de santé numérique, dépassant largement la moyenne européenne de 79 selon un rapport de la commission européenne. Cette performance résulte des efforts continus du pays pour garantir un accès à ses services de santé en ligne, à travers le système ELGA (Elektronische Gesundheitsakte), qui couvre 97,5 % de la population. Les citoyens peuvent également accéder à leurs dossiers médicaux en ligne via des portails dédiés, en utilisant une e-ID conforme à la réglementation eIDAS​. Cependant, des défis subsistent, notamment dans la connexion de nouveaux acteurs privés comme les cliniques et les maisons de retraite​.

    La majorité de la population a un accès technique aux services e-santé

    La majorité des Autrichiens a désormais la possibilité technique d’accéder aux services de santé en ligne, ce qui facilite l’accès aux dossiers de santé électroniques. Toutefois, certaines données, telles que celles relatives aux implants médicaux et aux images médicales, ne sont pas encore disponibles en ligne​. Ce développement fait partie intégrante de l’agenda numérique du pays pour améliorer encore l’accessibilité et l’intégration des systèmes de santé numériques dans la vie quotidienne des citoyens.

  • Cartographie des acteurs de l’écosystème autrichien de la santé numérique

    Une stratégie numérique ambitieuse pour un système de santé durable et innovant

    Dans un contexte global de transformation numérique des systèmes de santé, l’Autriche a su développer une stratégie cohérente et ambitieuse pour moderniser ses infrastructures et améliorer la qualité des soins. Face à des défis croissants, comme le vieillissement de la population et la hausse des dépenses de santé, le pays mise sur l’innovation technologique pour renforcer l’efficacité et la durabilité de son système. Cette stratégie s’appuie sur une collaboration étroite entre les instituts de recherche, les autorités publiques, les organisations professionnelles et les startups technologiques.

    Pour autant, le secteur privé n’est pas encore complètement intégré dans l’écosystème. Pour y arriver, des initiatives sont mises en place pour connecter les hôpitaux et cliniques privés au Dossier de santé électronique d’ici 2025. Le gouvernement encourage également les partenariats public-privé pour stimuler l’innovation dans le secteur de la santé.

    Health&Tech Intelligence propose une cartographie des acteurs clés qui façonnent cette transition numérique en Autriche, illustrant leurs rôles respectifs dans l’écosystème.

    Acteurs clés de l’écosystème autrichien de la santé numérique

    Le dossier de santé électronique, les plateformes d’IA et les réseaux de soutien aux entreprises figurent parmi les initiatives phares au sein de cet écosystème dynamique et en pleine croissance, dont les principaux objectifs peuvent être résumés en trois points :

    • promouvoir l’innovation technologique ;
    • améliorer la qualité des soins de santé ;
    • et renforcer la protection des données personnelles des patients.

    Recherche et innovation :

    Les acteurs de la recherche sont des piliers essentiels dans l’innovation en santé numérique en Autriche. Plusieurs instituts de renommée internationale participent activement à la transformation du système de santé, à commencer par le Centre pour la santé numérique et l’innovation sociale (CDHSI), fondé en 2021, qui mène des recherches sur les solutions numériques centrées sur l’utilisateur.

    Plusieurs autres instituts contribuent aussi à l’innovation en santé : l’Institut autrichien de technologie (AIT), fondé en 1956, se spécialise dans la recherche en intelligence artificielle (IA), mais aussi en médecine prédictive, l’Institut Ludwig Boltzmann pour la santé numérique et la prévention (LBI-DHP), l’Institut pour les études avancées Vienne (IHS) qui explore l’impact de la digitalisation sur l’économie de la santé, ainsi que l’Institut autrichien d’évaluation des technologies de la santé (AIHTA), fondé en 2020, qui fournit des recommandations scientifiques sur l’impact et l’utilité des technologies de santé, y compris celles liées au numérique.

    Gouvernance :

    L’écosystème autrichien de la santé bénéficie également d’une solide infrastructure de gouvernance. La Commission de gouvernance basée sur des objectifs (Zielsteuerungskommission) joue un rôle central dans la fixation des objectifs financiers et des réformes nécessaires. Par ailleurs, deux chambres professionnelles, la Chambre des médecins autrichiens (ÖÄK) et la Chambre des pharmaciens autrichiens (ÖAK), veillent respectivement à la régulation de la profession médicale et de celle des pharmaciens. Elles garantissent aussi la formation continue des professionnels de santé pour l’intégration des technologies numériques dans leurs pratiques quotidiennes.

    Les infrastructures numériques de santé, comme le dossier de santé électronique, sont gérées par des organismes spécialisés. ELGA GmbH, fondée en 2009, administre l’accès aux données de santé numériques à travers une plateforme nationale, assurant un accès sécurisé aux informations médicales pour les professionnels de santé et les patients.

    Soutien aux entreprises et startups :

    Le développement des technologies de santé numérique en Autriche est soutenu par un ensemble de réseaux d’accompagnement et de structures dédiées à la promotion de l’innovation. LISAvienna et le Health Hub Vienna (HHV) sont deux acteurs importants dans ce domaine :

    • LISAvienna, fondé en 2002, soutient les entreprises de sciences de la vie, en particulier celles impliquées dans le domaine de la santé numérique, à travers des programmes de financement et d’accompagnement ;
    • et de son côté, le Health Hub Vienna, créé en 2018, réunit des startups et des acteurs de la santé pour encourager le développement de solutions numériques innovantes.

    Organismes publics et sécurité sociale :

    L’Autriche dispose également d’organismes publics et d’institutions étatiques qui jouent un rôle clé dans l’encadrement de la santé numérique. Le ministère fédéral des Affaires sociales, de la Santé, des Soins et de la Protection des consommateurs (BMSGPK) supervise les politiques de santé du pays, incluant les initiatives numériques. La Chancellerie fédérale autrichienne et le ministère des Finances, à travers leur direction de la digitalisation, coordonnent les efforts pour renforcer l’infrastructure numérique publique.

    Enfin, la Caisse de santé autrichienne (ÖGK) et la Sozialversicherung gèrent les programmes de sécurité sociale, incluant la gestion des cotisations d’assurance maladie et l’introduction de services numériques comme la prescription électronique.

    Cartographie des acteurs autrichiens de l’écosystème de le santé numérique

    L’écosystème de la santé numérique en Autriche repose sur une forte collaboration entre les institutions de recherche, les organismes professionnels, les autorités publiques et les réseaux de soutien aux startups. Ce paysage est en pleine expansion et offre de nombreuses opportunités pour l’innovation. Avec une attention particulière portée à la réglementation, la gouvernance et la protection des données, l’Autriche s’engage à construire un système de santé numérique durable et sécurisé.

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    Cartographie des personnes clés de l’écosystème autrichien :

  • Evolutions réglementaires en lien avec la santé numérique en Autriche : la loi ELGA-Gesetz pour encadrer le dossier médical partagé

    Télémédecine et IA : des outils de la stratégie e-santé en Autriche

    « The strategy is committed to the idea that digitalisation can contribute to the preservation and restoration of health » …précise le rapport gouvernemental sur la stratégie e-santé de l’Autriche. Tout comme ses homologues européens, l’Autriche intègre la santé numérique dans sa stratégie nationale de santé. Télémédecine, intelligence artificielle et dossiers électroniques de santé permettent de répondre aux besoins croissant de soins de la population. Ces technologies nécessitent un cadre juridique solide pour assurer la sécurité et la protection des données. En parallèle, l’évolution des technologies impose une adaptation vis-à-vis de la réglementation, comme pour éviter les dérives et garantir l’accès aux soins à tous.

    Les acteurs clés de la réglementation en santé numérique en Autriche

    Le Ministère fédéral de la Santé (BMSGPK) est l’entité principale en charge de la politique de santé numérique. Il travaille en coordination avec la Main Association of Austrian Social Security Institutions (Dachverband der Sozialversicherungsträger), qui supervise la mise en œuvre de projets tels que le dossier de santé électronique, ELGA. Ce dernier, géré par ELGA GmbH, est l’outil central pour l’intégration numérique des données médicales. ELGA a par exemple permis d’améliorer l’accès aux dossiers médicaux de 9 millions de citoyens autrichiens (95 % de la population). Le système est relié à environ 10 000 hôpitaux, cliniques et cabinets médicaux en Autriche. La Datenschutzbehörde (DSB), autorité autrichienne de protection des données, veille au respect du cadre juridique en matière de confidentialité des informations.

    • Loi sur la santé électronique (ELGA-Gesetz) : Lancée en 2015, la Loi sur la santé électronique (ELGA-Gesetz BGBl. I Nr. 191/2023) régit l’utilisation du système ELGA. Le but est d’assurer une gestion plus efficace des soins grâce à la numérisation des dossiers médicaux. Aujourd’hui, environ 9 millions d’Autrichiens utilisent ELGA. Ce cadre législatif permet aux patients de consulter leurs dossiers médicaux en ligne tout en ayant la possibilité d’exclure certains éléments de leurs fichiers. En 2021, près de 20 % des utilisateurs avaient exercé leur droit de restreindre certaines données accessibles via ELGA.
    • Télémédecine et cadre juridique : comme dans d’autres pays européens La pandémie de COVID-19 a accéléré l’adoption de la télémédecine. En 2020, près de 54 % des médecins généralistes et 39 % des spécialistes en Autriche ont déclaré avoir utilisé des outils de télémédecine pour leurs consultations. La législation autorise les consultations à distance tout en imposant des normes strictes pour garantir l’authentification du patient et la sécurité des échanges de données. Les soins à distance sont, dans certains cas, remboursés par l’assurance maladie, bien que des discussions soient en cours pour élargir cette couverture.
    • Protection des données et RGPD : La protection des données médicales est assurée par le Règlement général sur la protection des données (RGPD), qui impose des standards stricts en matière de confidentialité et de gestion des informations sensibles. En Autriche, la Loi sur la protection des données (DSG) complète le RGPD en prévoyant des sanctions financières pour les violations. En 2022, plusieurs établissements médicaux ont été sanctionnés pour non-conformité, avec des amendes allant jusqu’à 200 000 euros.

    Interopérabilité : l’Autriche légifère pour un échange fluide des données

    Projet de loi sur l’interopérabilité des systèmes de santé : En 2021, le gouvernement autrichien a introduit un projet de loi visant à améliorer l’interopérabilité des systèmes de santé numériques. Ce projet vise à connecter les différents systèmes utilisés par les hôpitaux, les cliniques et les praticiens privés pour garantir un échange fluide et sécurisé des données. L’objectif est de réduire les erreurs médicales dues à des informations fragmentées, un problème qui concerne environ 12 % des hospitalisations, selon une étude de 2020.

    Utilisation de l’intelligence artificielle : L’intelligence artificielle (IA) est un autre axe de développement. Bien que son utilisation dans le diagnostic soit encore limitée, des projets pilotes sont en cours dans plusieurs hôpitaux autrichiens. Un exemple est le projet de l’hôpital de Vienne, où des algorithmes d’IA sont utilisés pour analyser les résultats d’IRM.

    Cadre technique pour la réglementation de la télémédecine : définie dans leGTeIG 2012 et la réglementation ELGA 2015, les normes les plus importantes sont le HL7 CDA pour l’échange de document de santé, la standardisation des transactions avec le profil IHE, et la nomenclature médicale SNOMED CT.

    La réglementation commune avec l’espace européen : l’Autriche avance vers une santé transfrontalière harmonisée

    L’Autriche fait partie de l’eHealth Network, une initiative européenne qui vise à harmoniser les systèmes de santé numérique au sein de l’Union européenne. Une directive clé dans ce domaine est celle des soins de santé transfrontaliers, permettant aux citoyens de recevoir des soins médicaux dans un autre pays de l’UE tout en ayant accès à leurs données médicales via des systèmes interconnectés comme ELGA. En 2022, plus de 15 000 patients autrichiens ont bénéficié de soins transfrontaliers en ayant leurs dossiers accessibles grâce à ce réseau.

    Un autre projet majeur est le European Health Data Space (EHDS), qui devrait voir le jour d’ici 2025. Ce projet vise à créer une infrastructure commune pour l’échange sécurisé des données de santé à travers l’Europe. L’Autriche est impliquée dans ce projet, et plusieurs hôpitaux participent à des essais pilotes visant à tester cette interopérabilité. L’objectif est d’améliorer la recherche médicale tout en facilitant les soins transfrontaliers.

    Chronologie des dates clés de la réglementation en santé numérique en Autriche

    • Principales initiatives réglementaires en Autriche @ H&TI

    Stratégie de santé 24 – 30 : l’Autriche modernise son système de santé

    Pour aller plus loin, la Stratégie eHealth 2024-2030, développée en réponse à des défis comme le vieillissement de la population et la pénurie de personnel, vise à améliorer l’accès aux soins via la numérisation. La stratégie s’articule autour cinq objectifs :

    • Accès digital aux soins : Faciliter l’accès numérique pour les citoyens à travers des outils comme l’ELGA.
    • Services de prévention et soins à distance : Développer des solutions de télémédecine pour améliorer les services dans les zones rurales.
    • Infrastructures de télémédecine : Améliorer la sécurité et l’interopérabilité des systèmes de santé numérique, notamment grâce à l’infrastructure de télématique publique de santé (GTI).
    • Renforcement de l’utilisation secondaire des données : Utiliser les données pour améliorer la recherche et les politiques de santé.
    • Développement des compétences numériques : Promouvoir l’apprentissage des technologies de santé parmi les professionnels et les patients.

    Plus de détail sur la stratégie de santé en Autriche : lien vers l’article. 

     

  • Hôpital du futur : robots et box de consultation connectés dans la nouvelle plateforme chirurgicale de l’hôpital Cochin-Port-Royal

    Une infrastructure chirurgicale modernisée

    Après 2 ans et demi de travaux, l’hôpital Cochin-Port-Royal (AP-HP) a inauguré sa nouvelle plateforme chirurgicale située dans le bâtiment Ollier de l’établissement, le 2 octobre 2024. Grâce à un investissement de 17 millions d’euros, les trois niveaux du bâtiment Ollier ont été entièrement restructurés pour réunir trois disciplines chirurgicales – viscérale, orthopédique et thoracique – dans un environnement ultra-moderne conçu pour améliorer la prise en charge des patients tout en offrant un cadre de travail optimisé pour les équipes médicales.

    Au premier étage du bâtiment se trouve le bloc opératoire qui dispose de 11 salles d’opération équipées selon les spécialités chirurgicales accueillies, notamment cinq dédiées à l’orthopédie et trois à la chirurgie thoracique. Ces infrastructures répondent aux normes les plus élevées en matière de technologie chirurgicale et de sécurité des soins.

    Un nouveau robot parmi les équipements de haute technologie de l’établissement :

    La grande avancée de cette nouvelle plateforme réside dans son équipement technologique de dernière génération. Un robot chirurgical, destiné aux interventions thoraciques et digestives, permet de réaliser des opérations complexes avec une précision accrue. Cet outil facilite des procédures mini-invasives qui réduisent les douleurs post-opératoires, accélérant ainsi la récupération des patients. Cette technologie robotique, déjà présente dans l’hôpital, renforce ainsi les capacités de l’établissement dans ce domaine en pleine expansion.

    Un environnement patient-centric

    Outre les équipements de pointe, la réorganisation du bâtiment Ollier a été pensée pour fluidifier et améliorer le parcours de soins des patients. Le sous-sol du bâtiment abrite un vaste plateau de consultations capable d’accueillir jusqu’à 50 000 consultations annuelles dans différentes spécialités chirurgicales, incluant des espaces dédiés à l’anesthésie et aux soins péri-opératoires. Un accueil “jour 0” a été instauré pour réduire les temps d’hospitalisation, permettant à 20 patients par jour de bénéficier de soins, la journée même de leur intervention. Une solution qui optimise la gestion des flux et accroît le confort des patients. Ce plateau dispose de 15 box de consultation équipés des derniers outils technologiques pour faciliter et fluidifier la prise en charge des patients.

    En parallèle, cette modernisation s’inscrit dans une démarche environnementale. Le bâtiment a été repensé avec une isolation thermique renforcée et des systèmes d’éclairage LED à faible consommation, tout en intégrant des dispositifs de recyclage de l’air pour limiter l’impact écologique.

    Un positionnement régional et national

    Grâce à cette refonte, l’hôpital Cochin renforce sa position de centre d’expertise régional et national, notamment dans le domaine de la chirurgie oncologique, grâce aux robots, qui sont utilisés dans l’établissement depuis 2019. Avec cette nouvelle plateforme, l’établissement ambitionne d’attirer des patients au-delà de son bassin géographique traditionnel, tout en offrant des conditions optimales pour la recherche et l’innovation dans le domaine chirurgical.

    Cette modernisation incarne une vision d’avenir pour la chirurgie hospitalière, où l’innovation technologique et l’efficacité opérationnelle se mettent au service d’une meilleure qualité de soins, accessible à tous.

  • IA : la HAS lance un nouvel outil de restitution des résultats e-Satis aux établissements de santé

    La HAS intègre l’IA pour améliorer l’analyse des retours patients dans les établissements de santé

    La Haute Autorité de santé (HAS), en collaboration avec les Hospices Civils de Lyon (HCL), a dévoilé un nouvel outil web de restitution des résultats du dispositif e-Satis, visant à améliorer l’analyse des commentaires des patients hospitalisés. Mis à disposition gratuitement depuis septembre, cet outil intègre un algorithme d’intelligence artificielle pour faciliter le traitement des retours qualitatifs des patients, répondant ainsi aux attentes des établissements de santé en matière de visualisation et d’analyse des verbatims.

    e-Satis : un dispositif national pour améliorer la satisfaction patient

    Depuis 2015, e-Satis permet aux patients hospitalisés de s’exprimer sur leur expérience en répondant à des questionnaires en ligne adaptés selon le type d’hospitalisation. Les questions portent sur l’accueil, la prise en charge, les prestations hôtelières et la sortie, avec une option de commentaire libre pour exprimer des ressentis spécifiques. Jusqu’à présent, seuls les résultats quantitatifs étaient restitués aux établissements, limitant l’analyse qualitative des commentaires, pourtant riches en informations.

    En 2022, une étude de la HAS avait souligné l’importance des verbatims, révélant des attentes précises des patients en matière de fluidité du parcours, de qualité hôtelière, et de relations humaines. Ce retour d’expérience a ainsi renforcé la nécessité de créer un outil permettant une analyse approfondie des commentaires.

    Un algorithme IA pour une analyse qualitative optimisée

    Pour répondre à cette demande, la HAS et les HCL ont co-développé une nouvelle plateforme d’analyse fin 2022, associant des usagers et des professionnels de santé à sa conception. Cette plateforme inclut un algorithme de traitement du langage naturel, capable de classer automatiquement les commentaires des patients en thématiques prédéfinies, telles que la fluidité du parcours de soins, la qualité hôtelière ou le professionnalisme perçu dans la prise en charge. Grâce à cette classification, les établissements peuvent désormais visualiser et filtrer les retours patients par thème, facilitant ainsi l’identification des axes d’amélioration.

    Vers une amélioration continue des services de santé

    La HAS encourage les établissements de santé et les professionnels à s’appuyer sur ce nouvel outil pour enrichir leur approche de la qualité et de la sécurité des soins, grâce aux retours d’expérience des patients. Cet outil vise à renforcer la participation au dispositif e-Satis, en permettant une analyse approfondie des commentaires pour orienter les actions d’amélioration.

    Un webinaire intitulé “Rendez-vous HAS de la qualité” se tiendra le 5 novembre prochain, offrant aux utilisateurs l’occasion d’échanger avec les concepteurs de l’outil et d’obtenir des informations supplémentaires sur ses fonctionnalités et son déploiement.