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  • Kurma Partners annonce le premier closing de son nouveau fonds BioFund IV

    Biofund IV vise à réaliser entre 16 et 20 nouveaux investissements, dont trois ont déjà été concrétisés

    À l’image de ses prédécesseurs, Biofund IV se concentre sur les entreprises développant des thérapies innovantes. Le fonds adopte une stratégie équilibrée entre risque et rendement, qui inclut l’investissement dans des start-ups en phase de démarrage ainsi que la création  de nouvelles entreprises biotech. Kurma Partners reste résolument tourné vers l’innovation, abordant une vaste diversité de thématiques, avec pour ambition d’identifier et de façonner les tendances futures de la biotechnologie.

    Kurma mobilise également ses autres fonds d’investissement afin de soutenir les entreprises les plus performantes de son portefeuille au fur et à mesure de leur développement. À ce jour, le fonds Biofund IV a déjà réalisé trois investissements majeurs :

    • Memo Therapeutics (transplantation, 2018, Série C, 47 M€), avec la participation d’un investisseur suisse et d’un investisseur espagnol.
    • Avidicure (2024, Pays-Bas, Seed, 37 M€), soutenue par deux investisseurs irlandais.
    • SciRhom (Série A, 63 M€), spécialisée dans les maladies auto-immunes.

    Un solide track record et des investisseurs de référence

    Le track-record de Biofund III a fortement contribué à la réussite du fundraising de Biofund IV. Depuis sa création en 2009, Kurma Partners a financé 60 sociétés et en a créé 24, pour un total de 730 millions d’euros sous gestion. Dans le cadre de son troisième fonds, Biofund III, Kurma a accompagné trois sociétés qui ont ensuite été rachetées : Amolyt Pharma par le groupe pharmaceutique AstraZeneca, Emergence Therapeutics par Eli Lilly, et Corlieve Therapeutics, spécialisée dans les épilepsies rares, par UniQure.

    Kurma reste fidèle à une stratégie éprouvée alliant collaboration avec des instituts de recherche et un réseau sélectif de professionnels du secteur de la biotechnologie. Biofund IV a attiré l’attention d’investisseurs de référence tels qu’Eurazeo, Bpifrance, qui avaient déjà investi dans les fonds précédents, ainsi que le laboratoire pharmaceutique CSL.

    Olivier Millet, Membre du Directoire et Managing Partner – Small-mid buyout & Nov Santé, Eurazeo déclare :

    « Avec ses acquisitions récentes, Kurma Partners a une nouvelle fois démontré son expertise dans la transformation de la science en produits commercialisables. La participation d’Eurazeo à ce nouveau fonds témoigne de notre confiance dans l’équipe de Kurma. Avec 4 milliards d’euros investis dans de multiples stratégies santé, sur un total de 35 milliards d’euros sous gestion, l’engagement d’Eurazeo et sa mission en faveur du soutien à l’innovation dans le domaine de la santé – de la création d’entreprise à des stades plus matures de leur développement (growth, capdev, buy-out) – sont clairs. »

    Dr Andrew Nash, Directeur scientifique et directeur de la recherche de CSL, déclare :

    « L’Europe est riche en innovation scientifique et l’écosystème de biotechnologie en est l’un des moteurs. Nous sommes ravis d’avoir trouvé en Kurma Partners un partenaire pour continuer à nouer des relations sur le continent et au-delà, tout en investissant dans une équipe qui a fait la preuve de sa capacité à convertir avec succès le meilleur de la science européenne en entreprises, et à transformer les idées en thérapies révolutionnaires qui répondent aux besoins médicaux non satisfaits des patients. »

    Rémi Droller, associé-gérant de Kurma Partners, déclare :

    « Nous nous félicitons du soutien de nos principaux partenaires, Eurazeo et Bpifrance, ainsi que de notre nouvel investisseur clé CSL. Avec le lancement de Biofund IV, nous sommes convaincus que nous continuerons à générer des rendements positifs pour les investisseurs et à avoir un impact réel sur la santé humaine. »

     

  • Etude : la fiabilité des grands modèles de langage d’IA ne progresse pas (Nature)

    Modèles de langage : peut-on leur faire confiance ?

    Les LLM de dernière génération ont été entraînés sur plus de paramètres, des ensembles de données plus volumineux, pendant plus longtemps, ils ont été affinés grâce aux retours humains… mais sont-ils plus fiables ? C’est ce qu’ont voulu savoir des chercheurs de l’Université Polytechnique de Valence et de l’Université de Cambridge. Ils ont donc passé au crible les performances de plusieurs familles de LLM : GPT développée par OpenAI, LLaMA développée par Meta, et la suite BLOOM développée par BigScience. Dans leur version brute, telle GPT-3 ada, et leur version ajustée et donc plus aboutie. Ils ont été testés dans 5 domaines : la numération (addition), le maniement du vocabulaire (anagramme), les connaissances géographiques, les compétences scientifiques, et la « transformation » qui regroupe des tâches cognitives de manipulation d’informations.

    Les résultats de leur étude ont été publiés le 25 septembre dans Nature.

    Résultats : une “involution” de la fiabilité

    • À mesure que la difficulté augmente, la correction diminue nettement pour tous les modèles.
    • Une fiabilité totale n’est pas atteinte aux niveaux de difficulté les plus faibles. Bien que les modèles puissent résoudre des cas extrêmement complexes, ils échouent encore sur des instances très simples.
    • Pour la famille LLaMA, aucun modèle n’atteint 60 % de correction au niveau de difficulté le plus simple.
    • Seule exception : en science, GPT-4 atteint des niveaux presque parfaits jusqu’aux niveaux de difficulté moyenne.
    • Les modèles ajustés donnent à la place des réponses apparemment plausibles mais incorrectes. Et ils renoncent à répondre moins souvent.

    Globalement, cette étude met en évidence “une involution de la fiabilité”. Les résultats de cette étude posent donc la confiance que nous avons dans les LLM. Et les données montrent qu’elle risque fort d’être ébranlée. Et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, « “les modèles peuvent résoudre certaines tâches complexes en accord avec les capacités humaines, mais en même temps, ils échouent sur des tâches simples dans le même domaine. Par exemple, ils peuvent résoudre plusieurs problèmes mathématiques de niveau doctorat, mais en même temps, ils peuvent se tromper sur une simple addition”, note Hernández-Orallo, co-auteur de l’étude. De plus, n’étant pas 100 % précis sur des tâches simples, « cela signifie qu’il n’existe pas de ‘zone sûre’ où l’on pourrait faire entièrement confiance aux modèles”, a ajouté la chercheuse Yael Moros Daval.

    Des réponses trop affirmatives

    Autre élément qui peut alimenter la défiance : les modèles de langage récents ont beaucoup plus tendance à fournir des réponses incorrectes plutôt que d’éviter de répondre à des tâches dont ils ne sont pas sûrs. D’après les chercheurs, ce comportement imprudent a été encouragé par les développeurs qui conçoivent des modèles qui ne sont « jamais évasifs ». Par conséquent, le pourcentage de résultats incorrects augmente nettement entre les modèles bruts et les modèles ajustés. En outre, les chercheurs ont découvert que la supervision humaine ne permet pas de compenser ces problèmes car pour le moment, nous avons tendance à trop nous fier aux modèles et à ne pas reconnaître les résultats incorrects à différents niveaux de difficulté.

    Les chercheurs en concluent qu’« un changement fondamental est nécessaire dans la conception et le développement de l’IA à usage général, en particulier pour les applications à haut risque, où la prédiction des performances des modèles de langage et la détection de leurs erreurs sont primordiales. »

     

     

  • La Chine, pays en pointe dans la santé numérique mentale

    La dépression touche 54 millions de personnes Chine

    Une équipe de chercheurs du Rapid Research Evaluation and Appraisal Lab, rattaché à l’University College London (UCL) au Royaume-Uni, a publié un rapport sur l’usage des technologies numériques dans la prise en charge des troubles mentaux dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

    Les pays asiatiques sont particulièrement affectés par les troubles mentaux. En Chine, 54 millions de personnes souffrent de dépression, et en Inde, 20 % des étudiants universitaires sont touchés par l’anxiété généralisée. L’étude, menée de janvier 2023 à janvier 2024, montre que la Chine a développé et testé le plus grand nombre d’interventions numériques en santé mentale, suivie par l’Inde et le Pakistan. L’Indonésie et le Vietnam sont moins actifs dans ce domaine. Globalement, l’Asie du Sud et du Sud-Est recourent plus aux technologies numériques en santé mentale que l’Asie centrale.

    Applications mobiles, chatbots et intelligence artificielle

    Les principales pathologies ciblées sont la dépression, l’anxiété, la schizophrénie, ainsi que les troubles bipolaires, obsessionnels compulsifs et le stress post-traumatique. Quatre technologies numériques sont employées :

    • Applications mobiles et tablettes
    • Sites Web et plateformes en ligne
    • Intelligence artificielle avec chatbots et agents conversationnels
    • Réalité virtuelle

    Applications numériques : 3 avantages, 3 inconvénients

    Les applications mobiles offrent des thérapies cognitivo-comportementales pour la dépression et l’anxiété, ainsi qu’un soutien pour la dépression périnatale ou chez les lycéens. Elles présentent trois avantages majeurs :

    • Accessibilité, notamment dans les zones reculées
    • Coût réduit
    • Soutien continu et personnalisé

    Mais elles comportent aussi trois inconvénients :

    • Difficultés d’engagement à long terme
    • Risques liés à la confidentialité des données
    • Manque de preuves solides sur leur efficacité à long terme

    Des évaluations insuffisantes

    Les équipes en Asie, composées de psychiatres et psychologues, collaborent avec des développeurs pour créer des outils numériques. Cependant, quatre obstacles majeurs persistent :

    • Stigmatisation autour des problèmes de santé mentale
    • Accès limité à Internet et aux infrastructures
    • Manque de formation sur l’intégration des outils numériques
    • Insuffisance des ressources humaines et économiques

    La plupart des interventions restent au stade de développement précoce, avec peu d’études sur leur efficacité à long terme et des taux élevés d’abandon et d’engagement faible des utilisateurs.

     

  • Mesure des résultats en santé : la clé de la transformation vers une santé axée sur la valeur

    Vos patients sont-ils vraiment satisfaits de leurs soins ?

    Avec les PROMs et PREMs, pour la première fois, nous pouvons utiliser des chiffres pour décrire dans quelle mesure, par exemple, une prothèse de hanche aide une personne à marcher ou un traitement d’oxygène long-terme permet à une personne de retrouver une qualité de vie.  En associant ces PROMs et PREMs aux indicateurs cliniques, il devient possible d’obtenir une vision complète de l’état de santé global des patients créant ainsi une Valeur en Santé. 

    Réinventer la qualité des soins : vers des indicateurs centrés sur les patients

    Offrir des soins de qualité tout en maintenant la viabilité financière des systèmes de santé est un défi commun à tous les acteurs du secteur. Traditionnellement, la qualité des soins a été mesurée par des indicateurs de processus qui capturent la conformité aux directives de pratiques médicales, mais ceux-ci sont souvent insuffisants pour refléter les véritables résultats qui comptent pour les patients, comme la récupération fonctionnelle ou l’amélioration de la qualité de vie. Ces indicateurs de processus ne différencient pas véritablement les centres de soins, ce qui limite les incitations à l’amélioration. De plus, améliorer la conformité aux processus de 95 % à 98 % n’a que peu d’impact sur les résultats d’état de santé des patients.

    Quel que soit le pays, lorsque l’on voit une mesure systématique des résultats en santé, on constate une amélioration de ces résultats. Pourtant, la majorité des centres de soins (ni les caisses d’assurance maladie) ne suivent ni les résultats ni les coûts par pour les patients individuels par condition médicale. Par exemple, dans la démarche QualiScope de l’HAS, les indicateurs de qualité en médecine, chirurgie, obstétrique sont la planification du suivi post AVC, la qualité de la lettre de liaison post AVC entre autres, alors que les patients veulent connaître s’ils auront des séquelles, s’il retrouveront une activité normale, s’ils auront une fatigue accrue, de la douleur, des disturbations dans leur sommeil. Ils veulent connaître l’évolution de leur état de santé et grâce à la collecte de ces indicateurs, des parcours personnalisés peuvent être proposés.

    Adapter les soins aux besoins des patients diabétiques

    Prenons l’exemple phare en Valeur en Santé pour illustrer ce propos : Diabeter, un regroupement des cliniques spécialisées dans le traitement du Diabète type 1 au Pays Bas, stratifié un large groupe de patients diabétiques grâce à des mesures recueillies dans leur base de données électronique. Tandis que la plupart des patients pédiatriques suivent un protocole de traitement intensif standardisé, ceux présentant un diabète secondaire suivent des voies de soins alternatives. Par exemple, les 7 % des patients de Diabeter atteints de diabète causé par fibrose kystique, le diabète de type MODY (Maturity Onset Diabetes of the Young), le diabète monogénique et le diabète secondaire à des traitements glucocorticoïdes à haute dose ont des protocoles de traitement spécifiques adaptés à l’étiologie sous-jacente de leur diabète. Cela s’applique aussi aux patients ayant des comorbidités ou complications, pour lesquels une thérapie individualisée est mise en place pour gérer ces conditions supplémentaires. De plus, à mesure que Diabeter a commencé à suivre un plus grand nombre de jeunes adultes, des parcours de soins spécifiques à l’âge et au mode de vie ont aussi été développés. Un des principes clés de la Valeur en Santé est la stratification des patients en fonction de leurs caractéristiques de base et leurs besoins

    La collecte et publication des ces résultats permettent aux différents établissements de santé de se comparer sur une même base et à adopter les meilleures pratiques, ce qui conduit à une amélioration des résultats. Les résultats ne sont pas strictement liés aux spécialités individuelles ou aux procédures ; ils reflètent les soins globaux d’une condition médicale chez un patient, généralement impliquant plusieurs spécialités. Ce qui compte généralement pour les patients, ce sont des résultats qui couvrent l’ensemble du cycle de soins, y compris l’état de santé atteint (par exemple, survie, statut fonctionnel, qualité de vie), le temps, les complications et la souffrance associés aux soins, ainsi que la durabilité des avantages obtenus (par exemple, le délai avant récidive).

    Lors de plusieurs conférences, Michael Porter a partagé une idée simple mais pleine de sens pour expliquer pourquoi une approche de Valeur en Santé pourrait nous sortir de la crise dans laquelle nos systèmes de santé s’enfoncent :

    “Une bonne qualité coûte moins cher en raison d’un diagnostic plus précis, de moins d’erreurs de traitement, de taux de complications plus faibles, d’une récupération plus rapide, d’un traitement moins invasif et de la minimisation du besoin de traitement. De manière générale, une meilleure santé coûte moins cher que la maladie.”

    — Michael E. Porter, Redefining Health Care: Creating Value-Based Competition on Results

    L’évaluation des résultats de santé : les PROMs et PREMs

    Dans la Valeur en Santé, les résultats qui importent aux patients pour une condition médicale particulière se répartissent en trois niveaux ou tiers:

    • Le premier niveau inclut les résultats relatifs à la santé obtenue après les soins, tels que la survie, le statut fonctionnel ou la qualité de vie. 
    • Le deuxième niveau concerne les processus et complications durant le traitement, y compris le temps nécessaire, les complications et la souffrance liée à la prise en charge.
    • Enfin, le troisième niveau se concentre sur la durabilité des résultats obtenus, comme la période sans récidive après le traitement.

    La mesure de ces résultats devrait couvrir l’ensemble du cycle de soins pour une condition médicale donnée et suivre l’état de santé du patient une fois les soins terminés. 

    La mise en œuvre des PROMs et PREMs : Défis et solutions

    L’implémentation des PROMs et PREMs constitue un défi majeur avec deux grandes types de barrières : 

    • Les barrières technologiques : pour administrer rapidement les enquêtes, calculer les scores et analyser les résultats, les données doivent être électroniques. Il n’y a tout simplement pas de temps pour recueillir et transcrire manuellement des données écrites à la main.
    • Les barrières opérationnelles : même si la technologie fonctionne parfaitement, il faut convaincre les patients, le personnel des cliniques et les cliniciens, déjà très occupés, de collaborer pour faire des PROMs une réalité. Le risque étant de causer une surcharge de travail liée à la collecte systématique des données.

    Des institutions comme la Mayo Clinic, la Cleveland Clinic et la Martini-Klinik ont surmonté ces défis en adoptant des solutions technologiques et opérationnelles innovantes et en standardisant leurs outils de mesure. Par exemple, ces institutions ont mis en place des plateformes numériques intuitives à l’utilisation et ont réduit la longueur des questionnaires pour améliorer les taux de réponse et la qualité des données collectées; en particulier pour la collecte des données auprès des patients. De plus, l’intégration de ces données dans les systèmes électroniques de dossiers de santé, comme cela a été fait à la Cleveland Clinic, facilite leur collecte et utilisation en temps réel.

    Des stratégies variées, telles que des questionnaires en ligne, des applications mobiles ou des entretiens directs, ont été mises en place pour simplifier ces processus. Pour limiter la surcharge de travail et pour engager des patients, des équipes dédiées à la gestion des PROMs et PREMs ont été constituées. Dans leur expérience, la clé pour motiver les patients à répondre aux questionnaires PROM est que leurs médecins examinent réellement les réponses. Lorsqu’ils perçoivent que leurs réponses contribuent à améliorer leur prise en charge, ils sont plus enclins à répondre. Cependant, si ce n’est pas le cas, ils se désengagent rapidement.

    Ces acteurs ont relevé le défi de la mise en œuvre des PROMs et PREMs leur permettant de se positionner comme des références mondiales d’une médecine d’excellence, humaine et performante aussi sur le plan des ressources. 

    Acteurs d’excellence dans l’analyse des données de santé

    Le défi de la collecte et de l’analyse des données est souvent considéré comme la principale barrière de mise en place de PROMs et PREMs. C’est pour cela, qu’il me semblait pertinent d’exposer brièvement des acteurs qui ont surmonté ce défi et fait une ouverture sur l’état des lieux en France. 

    Le défi de la collecte et analyse des données de santé ne se limite pas à la collecte des PROMs et PREMs. Dans ce cadre, des organisations comme Optum et Kaiser Permanente ont intégré dans leur modèle une collecte systématique des données cliniques, résultats rapportés par les patients et déterminants sociaux de santé. Cela leur permet l’analyse des données à grande échelle, particulièrement en matière de santé des populations. 

    Optum, filiale d’UnitedHealth Group, est un modèle d’excellence dans la collecte et l’analyse des données cliniques et subjectives. Grâce à sa capacité à intégrer, analyser et exploiter des données massives provenant de diverses sources, y compris des résultats auto-rapportés, Optum est capable de proposer une personnalisation des parcours de soins et une optimisation des soins, maîtrisant les coûts et améliorant les résultats de santé. 

    Dans un autre style, Kaiser Permanente, est l’un des systèmes de santé les plus intégrés aux États-Unis, combinant une compagnie d’assurance, un réseau de soins de santé et une organisation de prestataires. Cette intégration complète leur donne un avantage unique dans la gestion des soins à grande échelle et l’analyse des données de santé. Avec sa large base de patients et ses systèmes avancés de dossiers médicaux électroniques, Kaiser Permanente est en mesure de suivre et d’analyser les données de santé à l’échelle des populations avec une précision et une continuité exemplaires. Ils sont également reconnus pour l’utilisation proactive des données pour prévenir les maladies, améliorer les soins chroniques et surveiller les résultats des patients. 

    Au-delà de ces deux exemples majeurs, pour la grande majorité d’acteurs dans le monde, l’intégration de PROMs et PREMs reste soumise à des nombreuses contraintes. Des acteurs comme Epic Systems, à travers son outil Epic Cosmos, ou Cerner, qui sont déjà des agrégateurs des données de millions de patients dans des centaines d’institutions ont commencé à intégrer la collecte des données d’auto-évaluations des patients. 

    En France, les initiatives en matière de santé numérique s’inscrivent dans une dynamique ambitieuse, portée par des acteurs publics et privés ainsi que par des plans stratégiques majeurs, tels que la Feuille de route du numérique en santé. Cette feuille de route vise à systématiser et démocratiser les usages du numérique dans le domaine de la santé, avec un accent particulier sur la prévention personnalisée, la simplification des parcours de soins et l’inclusion numérique. Au cœur de cette transformation, des outils comme Mon Espace Santé jouent un rôle central. Cette plateforme intègre progressivement des technologies permettant de recueillir des PROMs et des PREMs. L’intégration de ces mesures dans des plateformes comme Mon Espace Santé contribue à la personnalisation des soins, en permettant aux professionnels de santé de suivre de manière proactive les symptômes rapportés par les patients, leur qualité de vie, et d’ajuster les traitements en conséquence.

    Pour relever le défi de la collecte d’information, la Feuille de route du numérique en santé met un fort accent sur l’interopérabilité des systèmes, avec l’objectif de faciliter l’accès des professionnels de santé à l’ensemble des données cliniques et des résultats patients en temps réel.

    Les initiatives françaises, bien qu’en forte accélération, restent davantage axées sur la mise en place d’infrastructures nationales qui cherchent à démocratiser l’accès et l’usage des outils numériques de santé, tout en favorisant l’inclusion des populations les plus vulnérables. Là où des acteurs comme Kaiser Permanente ont déjà atteint un niveau d’intégration avancé des soins et des données à l’échelle locale et régionale, la France, avec son approche nationale, se concentre sur la généralisation des usages à travers une vaste population de citoyens, tout en cherchant à rendre ces outils accessibles à tous, y compris aux personnes les moins familières avec les technologies numériques.

    Enfin, bien que la France se distingue par son souci d’inclusion numérique et d’équité, elle reste en phase de montée en puissance concernant l’analyse prédictive des données de santé à grande échelle, un domaine où Optum et Kaiser Permanente ont déjà pris de l’avance en exploitant les capacités de l’intelligence artificielle et du machine learning. Cependant, la centralisation et l’harmonisation des données de santé dans des outils comme le Health Data Hub pourraient permettre à la France de combler cette avance en créant une infrastructure solide pour les prochaines étapes de l’innovation en santé numérique. 

    Le rôle de l’ICHOM dans la standardisation des résultats de santé

    L’International Consortium for Health Outcomes Measurement (ICHOM) joue un rôle central dans la standardisation des PROMs par condition médicale. Jusqu’à présent, la mesure des résultats a souvent été réalisée de manière isolée, chaque organisation recréant ses propres indicateurs. Cela a conduit à un patchwork de mesures et de définitions incohérentes utilisées par divers établissements de soins, sociétés spécialisées, payeurs, pays, voire des cliniciens individuels. Il n’existait pas de mécanismes efficaces pour standardiser les mesures de résultats au niveau régional ou national, et encore moins au niveau mondial.

    Pour contrecarrer, les équipes d’ICHOM développent des questionnaires, en s’appuyant sur des registres et des experts internationaux. Ce consortium rassemble des leaders cliniques du monde entier pour élaborer les PROMs, tout en collectant et en diffusant les meilleures pratiques en matière de collecte, de vérification et de rapport des données. A mesure que l’adoption de ces questionnaires standardisés se répand rapidement, des outils et des méthodes pour les mettre en œuvre de manière efficace sont en cours de développement avec des solutions logicielles pour automatiser la collecte et l’agrégation des données de résultats, et commencent à intégrer les questionnaires standards dans les dossiers médicaux électroniques.

    Vers une santé basée sur les résultats : mesurer ce qui compte vraiment pour les patients

    La mesure des résultats de santé est un élément clé de la transformation vers une santé axée sur la valeur, car elle permet de mieux évaluer l’impact des soins sur ce qui compte vraiment pour les patients : la qualité de vie, la récupération fonctionnelle et la durabilité des résultats. Les PROMs et PREMs jouent un rôle central en traduisant des données subjectives en informations exploitables, et leur mise en œuvre nécessite de surmonter des barrières technologiques et organisationnelles. En s’inspirant des meilleures pratiques d’acteurs comme Mayo Clinic ou Kaiser Permanente, les systèmes de santé peuvent non seulement améliorer la qualité des soins mais aussi rendre ces derniers plus personnalisés et économiquement viables. L’adoption généralisée des mesures standardisées, comme celles promues par l’ICHOM, favorisera une transformation mondiale vers des systèmes de santé basés sur des résultats concrets et comparables, tout en optimisant les coûts et les ressources.

    Références

    “Redefining Health Care: Creating Value-Based Competition on Results.” Michael E. Porter and Elizabeth Olmsted Teisberg, Harvard Business School Press, 2006.

    “The Strategy That Will Fix Health Care.” Michael E. Porter and Thomas H. Lee, Harvard Business Review, 2013.

    “What Is Value in Health Care.” Michael E. Porter, New England Journal of Medicine, 2010; 363:2477-2481

    What we talk about when we talk about value-based care optum.com

    “Standardizing Patient Outcomes Measurement” Michael E. Porter, Ph.D., M.B.A., et al. New England Journal of Medicine, 2016  374;6

    “Implementing patient reported outcomes” Neil Wagle M.D, MBA, Partners Health, Care Redesign 2016

    “Exploring unmet needs and preferences of young adult stroke patients for post-stroke care through PROMs and gender differences”, Sarah I. et al.,Frontiers in Stroke, 3, (2024).

     

  • Prévention : 6 ambitions pour transformer le système de santé grâce au numérique (Craps, Think Tank Health&Tech)

    Le numérique au service d’un projet de santé ambitieux

    Convaincus que le numérique ne doit pas être une fin en soi, mais un outil au service d’un projet politique, social et économique ambitieux, les think tanks Craps et Health&Tech ont rassemblé une quarantaine d’experts issus de divers horizons (opérateurs, mutuelles, académiques, industriels, professionnels de santé, etc.) pour contribuer à un nouvel ouvrage intitulé “Prévention & santé numérique : une urgence politique !”. S’intéressant notamment aux problématiques de la mobilisation des acteurs, de l’évaluation et du financement, leur objectif est d’enrichir le débat et anticiper une transition vers une médecine plus personnalisée, préventive, prédictive, participative et fondée sur des preuves scientifiques solides.

    Ce livre, placé sous la présidence d’Anne-Marie Armanteras, présidente du think tank Health&Tech, et Didier Bazzocchi, président du Craps, posent les bases d’une réflexion approfondie sur l’intégration du numérique dans le système de santé pour en faire un vecteur d’évolution positive, tout en répondant aux défis de l’éthique et du financement.

    Un système de santé à réinventer :

    Le vieillissement de la population, la montée des maladies chroniques, ainsi que les inégalités sociales et territoriales appellent à une transformation profonde de nos systèmes de santé. Dans un contexte où la prévention peine à s’imposer face à une logique curative encore dominante, le numérique apparaît comme une solution puissante pour reconfigurer la prise en charge des individus. Cependant, cette transition technologique doit être pensée avec soin. Ces innovations ne doivent pas être appliquées de manière anarchique ou fragmentée. Elles nécessitent un cadre stratégique solide, une évaluation rigoureuse et une prise en compte des fractures numériques, notamment pour ne pas laisser de côté les populations les plus vulnérables.

    Ainsi, la transformation numérique de la santé ne se résume pas à une modernisation des outils. Il s’agit plutôt de redéfinir les fondements mêmes du système de prévention. Le livre du Craps et de Health&Tech met en avant une synthèse complète des enjeux et propose des pistes concrètes pour faire du numérique un outil efficace, éthique et durable au service de la santé publique.

    Les acteurs de la santé préventive et numérique au rendez-vous :

    Les différents acteurs ayant contribué à cet ouvrage insistent sur le fait que la transformation doit dépasser les actions de prévention isolées et fragmentées, souvent limitées à des expérimentations. Ils soulignent que, malgré des initiatives comme Mon espace santé ou des campagnes sur l’alimentation et l’activité physique, il reste essentiel d’adopter une stratégie globale, de repenser le financement, et de renforcer la gouvernance pour pérenniser ces efforts. Le réel défi étant de réorganiser et de financer un système encore largement centré sur l’acte curatif, pour éviter la stagnation de l’espérance de vie en bonne santé et les inégalités dans l’accès aux soins.

    Dans ce sens, la stratégie d’accélération initiée par l’Agence de l’innovation en santé est perçue comme une promesse de changement à laquelle ils adhèrent pleinement, avec la conviction que la prévention numérique deviendra incontournable dans les politiques de santé de demain.

    6 ambitions pour une prévention numérique efficace

    Dessinant une feuille de route pour transformer le système de santé, six ambitions proposées par le Craps et le think tank Health&Tech montrent qu’au-delà des promesses technologiques, une réflexion stratégique, éthique et économique est indispensable pour inscrire durablement les innovations numériques dans les pratiques de santé publique.

    1️⃣ Une stratégie nationale de prévention numérique claire et cohérente :

    L’intégration du numérique dans la prévention ne peut se faire sans une vision d’ensemble. Il est essentiel de définir une stratégie nationale claire, centrée sur des objectifs prioritaires et mobilisant l’ensemble des acteurs de santé, des professionnels aux patients. Cette approche permet de mieux organiser les actions et d’éviter de superposer des outils sans cohérence, pour une meilleure efficacité des politiques de santé.

    2️⃣ Une approche populationnelle et personnalisée :

    La personnalisation des soins doit reposer sur une analyse fine des contextes sociaux, environnementaux et économiques des populations. Pour cela, les infrastructures numériques doivent intégrer ces données afin de cibler précisément les besoins de chaque groupe. Cela permet de concevoir des interventions de prévention adaptées aux spécificités des territoires, maximisant ainsi leur impact.

    3️⃣ La lutte contre les fractures numériques :

    Pour éviter que le numérique n’accentue les inégalités sociales, il est crucial de combattre les fractures numériques. L’illectronisme et la littératie en santé sont des enjeux majeurs. Sans une maîtrise des outils technologiques, une partie de la population risque d’être exclue des nouveaux dispositifs de prévention. Des actions éducatives doivent être mises en place pour garantir l’accès de tous à ces outils.

    4️⃣ Une évaluation rigoureuse des solutions numériques en santé :

    Face à la multiplication des solutions numériques disponibles, il est nécessaire de mettre en place des mécanismes d’évaluation rigoureux. Ces outils doivent être testés pour leur efficacité, leur sécurité et leur adéquation aux besoins des patients. Une évaluation sérieuse permettra non seulement de renforcer la confiance des utilisateurs, mais aussi de guider les investissements vers les technologies les plus prometteuses.

    5️⃣ Un cadre éthique solide pour l’utilisation des données de santé :

    Les données de santé sont des informations sensibles et leur gestion doit être strictement encadrée. Il est essentiel que chaque individu conserve le contrôle sur ses données et puisse en comprendre l’utilisation. L’introduction du numérique dans la prévention doit s’inscrire dans une démarche éthique, où la technologie reste au service des patients, dans le respect de leur vie privée et de leurs droits.

    6️⃣ La garantie d’une viabilité économique du numérique en santé :

    Le modèle économique actuel de la santé, qui rémunère principalement les actes curatifs, ne favorise pas le développement de la prévention. Il est nécessaire de repenser ce modèle pour soutenir durablement les innovations numériques en santé. Cela implique de trouver des moyens de financer ces nouvelles approches axées sur les résultats à long terme, afin de bâtir un système de santé plus préventif et durable.

    📖 Le livre numérique est téléchargeable sur notre bibliothèque via ce lien.

  • Etude : ChatGPT aussi performant que les radiologues pour dépister des tumeurs cérébrales (European Radiology)

    Tumeurs au cerveau : l’apport des LLM

    L’utilisation de LLM tels que ChatGPT dans le diagnostic, et tout particulièrement radiologique, fait l’objet de nombreuses études. Mais, à ce jour, « aucune étude n’a évalué son utilisation à partir de rapports neuoradiologiques réels, affirment des chercheurs japonais de l’Université Métropolitaine d’Osaka. Contrairement aux quiz, qui présentent généralement des cas soigneusement sélectionnés et typiques, créés par des individus connaissant déjà le bon diagnostic, les rapports radiologiques réels peuvent contenir des informations moins structurées et plus diverses. Cette différence pourrait entraîner des évaluations biaisées qui ne reflètent pas la nature complexe de la radiologie clinique », ajoutent ces derniers.

    Pour combler cette lacune, cette équipe de chercheurs a donc collecté 150 rapports d’IRM cérébrale de patients atteints de tumeurs cérébrales préopératoires dans deux établissements, de janvier 2017 à décembre 2021. Leur but : évaluer les capacités et les limitations potentielles de GPT-4 en tant qu’outil diagnostique dans un cadre clinique réel. Et les comparer l’exactitude des diagnostics avec celle de deux neuroradiologues et des trois radiologues généralistes.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 1er octobre dans la revue European Radiology.

    Résultats : Chat-GPT surpasse les radiologues sur le diagnostic différentiel

    • GPT-4 a démontré une exactitude diagnostique comparable à celle des neuroradiologues et des radiologues généralistes avec des taux respectifs de 73 %, 72 % et 68 %.
    • En termes de diagnostic différentiel, ChatGPT a surpassé les spécialistes puisqu’il atteignait un taux d’exactitude de 94% contre 88% pour les neuroradiologues et 77,3 % pour les radiologues généralistes.
    • ChatGPT s’est montré beaucoup plus performant lorsqu’il utilisait des rapports rédigés par des neuroradiologues par rapport à ceux rédigés par des radiologues généralistes. L’exactitude du diagnostic était de 80 % vs 60 %.

    Ces résultats suggèrent que GPT-4 pourrait être utilisé dans des contextes cliniques par les neuroradiologues comme second avis pour les aider à formuler des diagnostics finaux et différentiels. « Pour les radiologues généralistes, GPT-4 peut être particulièrement utile pour comprendre les indices diagnostiques et apprendre les diagnostics différentiels, qui peuvent parfois être chronophages, ajoutent-ils. Lorsqu’un radiologue généraliste est confronté à des cas complexes ou inconnus, consulter GPT-4 pourrait orienter leur réflexion diagnostique. »

    “Réduire la charge des médecins”

    Cette étude présente cependant plusieurs limites. L’utilisation unique des rapports de radiologie à l’exclusion de toute autre information telles que les antécédents du patient et les images elles-mêmes constitue la principale. Les bonnes capacités diagnostiques de GPT-4 laissent malgré tout la porte ouverte à une utilisation en clinique pour les tumeurs cérébrales. Et à l’avenir, les chercheurs japonais ont  « l’intention d’étudier les grands modèles linguistiques dans d’autres domaines d’imagerie diagnostique dans le but de réduire la charge des médecins, d’améliorer l’exactitude des diagnostics et d’utiliser l’IA pour soutenir les environnements éducatifs. »

     

     

    * Comparative analysis of GPT-4-based ChatGPT’s diagnostic performance with radiologists using real-world radiology reports of brain tumors.

    Mitsuyama, Y., Tatekawa, H., Takita, H. et al. 

    Eur Radiol (2024). https://doi.org/10.1007/s00330-024-11032-8

  • French Tech Tremplin : 14 entreprises de santé numérique parmi les lauréats de la 4e édition

    Le secteur « Data-IA-cyber-cloud » en première place

    La 4eme édition du programme French Tech Tremplin “Incubation” – organisé par la French Tech en partenariat avec Bpifrance – a permis de mettre en lumière 218 entreprises portées par des entrepreneurs issues de milieux sous-représentés dans l’écosystème start-up français, “afin qu’ils puissent développer leur projet entrepreneurial”. Parmi ces 218 entreprises, 15 sont des jeunes pousses du numérique en santé, ce qui représente plus de 6 % des lauréats et ce qui fait de ce secteur l’un des plus représentés en termes de lauréats sur les 14 catégories présentes, même si le secteur « Data-IA-cyber-cloud » est loin devant tous les autres avec 26 %. La santé en général arrive à la deuxième place avec 12 % (dont plus de 6 % pour le numérique en santé).

    Autre fait marquant de cette édition : même si la région parisienne est encore devant en termes de nombre de lauréats – comme cela a été le cas lors des éditions précédentes – , avec 43 représentants (38 pour la French Tech Grand Paris et 5 pour la French Tech Paris-Saclay), de nombreuses régions s’illustrent avec un nombre apportant de lauréats, notamment la Gironde, avec 26 lauréats pour la French Tech Bordeaux, et la Provence-Alpes-Côte-d’Azur, avec 39 lauréats, dont 17 pour la French Tech Côte d’Azur et 22 pour la French Tech Marseille. Il en va de même pour le secteur de la santé numérique, puisque cette année, seules 4 entreprises, sur les 17 nommées, sont issus d’Île-de-France : LaMadre, HandyDuty, Osmose Healthcare et Smart&Connection.

    Répartition des lauréats de la 4eme promotion French Tech Tremplin par région - @La French Tech
    Répartition des lauréats de la 4eme promotion French Tech Tremplin par région – @La French Tech

    Des lauréats qui vont être accompagnés pendant une année

    Pendant un an, les 218 lauréats de cette 4e édition vont :

    • bénéficier d’un accompagnement personnalisé au sein d’un incubateur partenaire
    • être intégrés aux initiatives proposées par leur capitale ou communauté French Tech de référence pour “renforcer leurs liens avec les acteurs de l’écosystème local” ;
    • avoir accès à un soutien financier dédié au développement de leur entreprise pour un montant maximal de 22 900 euros, versé sous forme de subventions.

    En plus de ces avantages, l’ensemble des lauréats à le droit chaque année à participer à l’événement VivaTechnology où la French Tech les accompagne et les aider à renforcer leur visibilité de ces entreprises et les mettre en relation avec de potentiels acheteurs.

    Pour rappel, le programme French Tech Tremplin a été mis en place dans le cadre du programme France 2030 “permet à des personnes éloignées de l’entrepreneuriat de créer leur start-up, contribue à réduire les inégalités d’accès au financement dans les territoires et à valoriser les écosystèmes French Tech partout en France”. Depuis la première édition en 2019, 896 entreprises ont été accompagnées dans toute la France, 80 % d’entre elles sont toujours en activité et 10 % ont déposé au moins un brevet. Autre fait marquant, la French Tech rapporte que pour les entreprises de la première édition du programme, leur chiffre d’affaires a quintuplé en moyenne 5 ans après et pour la deuxième édition,  leur chiffre d’affaires a triplé en moyenne 3 ans après.

    Des chiffres clés sur le programme French Tech Tremplin // @La French Tech
    Des chiffres clés sur le programme French Tech Tremplin // @La French Tech

    Découvrez les lauréats en santé numérique

    Pour cette 4e édition du programme, 15 entreprises de santé numérique font partie des lauréats :

    Entreprise Solution
    A.F Genese Un dispositif qui traite les douleurs chroniques par optimisation du système nerveux humain. Cette solution non-invasive appelée E-Tonus contribue à améliorer le fonctionnement du corps humain.
    Solving Company Une suite logicielle qui respecte le temps de nos soignants et qui permet de simplifier la récolte de données et leurs utilisations au quotidien. Les outils de formulaire, de traitement statistique et de génération d’arbre généalogique de Solving Company sont déjà utiliser par le CHU de Bordeaux.
    FP Santé La plateforme Rhomboid.fr offre une solution complète pour les professionnels de la kinésithérapie en facilitant la connexion entre les acteurs du secteur. Elle permet aux utilisateurs d’accéder à des formations classées par thématiques, formats ou situations géographiques. La plateforme propose également un accès exclusif à des dizaines de fiches détaillées sur les formateurs et les organismes de formation, offrant ainsi une ressource complète pour le développement professionnel dans le domaine de la kinésithérapie/physiothérapie.
    HandyDuty Une plateforme de mise en relation en temps réel avec des professionnels du handicap, ainsi qu’un accès à une gamme de services et de ressources pour favoriser l’autonomie et le bien-être.
    LaMadre Une solution qui offre aux employés un soutien personnalisé en bien-être , renforcé par l’IA et l’expertise humaine dans un environnement engageant. Avec le Smart Chat de LaMadre, chaque salarié peut s’exprimer dans un cadre confidentiel – stress, anxiété, burnout, harcèlement – et améliorer sa santé mentale de manière plus autonome au quotidien.
    Osmose Healthcare Une application qui accompagne les femmes atteintes d’endométriose ou en suspicion via : une messagerie médicale disponible 7j/7, du contenu pour mieux comprendre l’endométriose et apprendre à la soulager efficacement et un outil de suivi pour aider les patientes à identifier ce qui leur fait du bien.
    Reflextime Company Les dispositifs Reflexcare offrent aux professionnels de santé une gamme étendue de modes d’utilisation et de combinaisons d’exercices pour les personnes âgées ou en phase de rééducation. Ces options permettent la création de programmes de rééducation sur mesure. Grâce à des modules interactifs et adaptables, chaque séance peut être ajustée en temps réel pour s’aligner avec les capacités et les besoins spécifiques des patients. Cette flexibilité garantit une pertinence clinique exceptionnelle.
    Auxalie Une plateforme de mise en relation entre personnes âgées et/ou handicapées et les professionnels de l’aide à domicile.
    Izybiote Un compagnon numérique pour mieux vivre le syndrome de l’intestin irritable.
    FF-Scan Une application mobile en santé numérique pour diagnostiquer la fatigue par analyse automatisée d’images.
    Famille Santé Une application qui souhaite faciliter la coordination des soins entre différents professionnels de santé, notamment au travers d’un module de téléconsultation, d’un réseau d’experts facilement joignables, des outils de suivi personnalisé et d’un chatbot intelligent qui guide  pour trouver le bon spécialiste selon ses besoins spécifiques et faciliter la prise de rendez-vous.
    Medeasy Une plateforme qui accompagne le personnel médical dans son installation en libéral pour éviter la charge mentale que cette étape de la vie de soignants représente.
    MDDT Un logiciel d’aide au diagnostic psychiatrique par magnétoencéphalographie (MEG), une technique d’imagerie médicale basée sur la mesure du champ magnétique induit par l’activité électrique des neurones
    Idelly Une application 6 en 1 pour les infirmiers libéraux qui intègre un dossier patient, un module de gestion des tournées, une messagerie sécurisée, un système de partage d’ordonnances, un module de facturation et un dernier de transmission de documents et de notes entre collègues infirmiers libéraux.
    Farahon Une application reliée à une carte qui permet aux professionnels de santé de connaître les dernières volontés d’une personne concernant son don du corps à la science, les soins ou encore le repos du corps lors de la maladie.

    Retrouvez l’ensemble des lauréats de cette 4eme édition du programme French Tech Tremplin en suivant ce lien.

  • AAP en santé numérique (PEPR) : jumeaux numériques

    Méthodologie, thérapie personnalisée, handicap : 5 thèmes sur les jumeaux numériques

    Lancé en janvier 2021 par le Gouvernement français, le PIA4 (Programme d’investissement d’avenir) vise à soutenir les efforts en faveur de l’innovation, principalement sur les secteurs dits stratégiques et prioritaires. Le programme bénéficie d’une enveloppe totale de 20 milliards d’euros sur cinq ans, dont 60 millions pour la santé numérique.

    Piloté par l’Institut national de recherche en science et technologie du numérique (INRIA) et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), le Programme et équipements prioritaires de recherche (PEPR) lance un appel à projets (AAP) qui s’inscrit dans l’ambition du plan, à savoir traiter un volume large et hétérogène de données afin d’avoir une représentation « personnalisée et évolutive qui soit la plus complète et la plus fidèle possible du patient ».

    L’AAP du PEPR « santé numérique » porte sur les thèmes suivants :

    • Méthodes et concepts innovants pour les jumeaux numériques multi-échelles : L’objectif est de résoudre des défis méthodologiques en santé liés à la modélisation, la gestion des données et l’usage de modèles IA pour développer des jumeaux numériques multi-échelles personnalisables. Cela inclut l’IA générative pour produire des données artificielles et des systèmes d’aide à la décision fiables.
    • Capteurs multi-échelles pour des applications en santé : Ces capteurs visent à observer des phénomènes biologiques encore non visibles, enrichissant ainsi les capacités des jumeaux numériques. Plutôt que de créer de nouveaux capteurs, l’objectif est d’intégrer et d’améliorer ceux déjà existants dans des contextes de santé précis pour des bénéfices médicaux concrets.
    • Jumeaux numériques pour la thérapie personnalisée post-diagnostic : Ces jumeaux numériques permettent d’optimiser des thérapies sur mesure, que ce soient des traitements physiques ou pharmacologiques. Ils sont appliqués à divers domaines comme la chirurgie ou la radiothérapie.
    • Jumeaux numériques pour l’assistance en cas de handicap : Pour concevoir des solutions optimales et personnalisées d’assistance (orthèses, prothèses), en adaptant les dispositifs à l’activité et à l’environnement des personnes en situation de handicap. Les robots compagnons ne sont pas concernés dans ce cadre.
    • Jumeaux numériques pour les systèmes de soins intégrés : Pour modéliser et simuler les systèmes complexes des soins hospitaliers pour optimiser la gestion des ressources, la qualité des services, et la prise de décision en situation de crise (ex. flux massif de patients). L’objectif est de fluidifier les interactions entre patients, soignants et organisations.

    L’AAP précise que ce programme s’inscrit dans la « continuité des thèmes de recherche déjà initiés » et « qu’une attention particulière sera accordée aux possibles interactions avec d’autres PEPR relevant du champ du numérique et/ou de la santé ».

    Déroulement en deux étapes

    Phase 1 : Dépôt du projet, sous forme de lettre d’intention contenant une fiche administrative, une description du projet en 3 pages, une bibliographie, ainsi que les CV des principaux participants.

    Date limite : 15/10/2024 à 11h00.

    Phase 2 : Finalisation des candidatures pour soumission des dossiers complets. Le dossier comprend un document scientifique (15 pages) et un document administratif et financier.

    Dates clés :

    • Date de remise des projets complets : février 2025.
    • Sélection des dossiers : printemps 2025.
    • Annonce des lauréats : juin 2025.

    L’AAP prévoit un budget de 24,5 millions d’euros pour approximativement 15 projets (soit 1,2 à 1,6 million par projet), pour une durée de 4 ans.

     

  • IA & Cancer du sein : DiaDeep et Roche collaborent pour aider les pathologistes à dresser le bon diagnostic

    Éviter le sur ou le sous dosage du traitement des patientes

    “Un diagnostic le plus précis possible constitue un élément clé pour le choix d’une stratégie thérapeutique appropriée et personnalisée selon les besoins de chaque patiente ou patient atteint de cancer” : c’est ce qu’a indiqué DiaDeep lors de l’annonce de son partenariat avec Roche, le géant suisse de l’industrie pharmaceutique. Ce partenariat doit permettre aux pathologistes du monde entier qui utilisent la plateforme navify de Roche d’avoir accès aux algorithmes d’IA de DiaDeep, notamment ceux développés pour la quantification en temps réel des biomarqueurs du cancer du sein (comme Ki67, ER, PR, et HER2).

    L’accès à ces algorithmes pour les pathologistes doit leur permettre d’obtenir une “mesure immédiate des marqueurs de cancer pertinents pour chaque patient” lors de la lecture des lames numériques et donc de les conforter dans leurs décisions, permettant, suite à cela, d’attribuer le meilleur traitement aux patientes atteintes de cancer du sein et éviter le sur ou le sous dosage.

    Un développement futur d’algorithmes pour le mélanome :

    Ce partenariat est un grand pas à l’international pour l’entreprise française qu’est DiaDeep, puisque les algorithmes seront commercialisés dans les laboratoires français, mais aussi dans toute l’Europe, aux États-Unis et au Moyen-Orient. Cette entreprise lyonnaise a été créée en 2022 par deux chercheurs en IA et deux médecins anatomopathologistes qui ont voulu créer un assistant virtuel pour les pathologistes afin de “garantir aux patients des soins pertinents et ciblés”, alors que le cancer du sein est le cancer qui est le plus meurtrier chez les femmes avec 670 000 décès dans le monde en 2022.

    Avec cette collaboration, l’entreprise française souhaite “qu’un maximum de patients [au niveau mondial] reçoivent les traitements adaptés”, comme l’a déclaré sa CEO et fondatrice, Sanae Salhi. Elle a aussi indiqué que, même si le cancer des seins est une cause qui est chère à DiaDeep, les revenus générés permettront à l’entreprise de “poursuivre ses investissements en recherche et développement, avec notamment un focus sur la prédiction de l’évolution du cancer tel que le mélanome”.

    Navify, une plateforme qui offre de nouveaux outils aux pathologistes

    La plateforme navify Digital Pathology de Roche sur laquelle seront disponibles les algorithmes de DiaDeep est une plateforme de pathologie numérique qui permet aux lames d’être numérisées pour être analysées directement sur l’ordinateur par le pathologiste. Au-delà de la vision sur ordinateur des lames virtuelles, cette plateforme permet aux médecins d’accéder à de nombreux outils tels que le partage des cas, ainsi que des algorithmes d’aide au diagnostic comme ceux développés par la société lyonnaise.

    En plus de sa collaboration avec DiaDeep, Roche a annoncé en septembre plusieurs autres partenariats pour renforcer sa plateforme et 20 nouveaux algorithmes y ont été intégrés. Parmi ces partenariats, on peut relever :

    • celui avec Deep Bio, qui permet l’intégration dans la plateforme d’un algorithme de détection, de classification et de quantification tumorale du cancer de la prostate ;
    • celui avec le français Owkin, qui permet l’intégration dans la plateforme d’un algorithme pour le dépistage de la stabilité des microsatellites dans le cancer colorectal ;
    • celui avec Lunit, qui permet l’intégration dans la plateforme d’un algorithme d’analyse du score de proportion tumorale pour le cancer du poumon non à petites cellules ;
    • celui avec Stratipath, qui permet l’intégration dans la plateforme d’un algorithme de profilage des risques du cancer invasif du sein.

     

  • Avalun lance le test de fibrinogène le plus rapide du marché (moins de 4 minutes)

    Le Smart FIB Batrox : un dosage fiable et rapide

    Avalun, filiale de Biosynex, s’apprête à lancer un test « Point of Care » innovant pour mesurer le fibrinogène en moins de 4 minutes, à partir d’une simple goutte de sang citraté. Cette avancée promet de transformer la prise en charge des hémorragies massives, observées lors de traumatismes, d’hémorragies post-partum ou d’interventions complexes, comme les chirurgies cardiaques et hépatiques.

    Les techniques classiques, telles que le test de Clauss, la thromboélastographie (TEG) ou la thromboélastométrie rotative (ROTEM), bien que précises, restent lentes et nécessitent du matériel spécialisé. De plus, elles peuvent être perturbées par les anticoagulants, compliquant leur usage en urgence.

    Développé à Grenoble par Biosynex, le Smart FIB Batrox d’Avalun est une microcuvette contenant de la batroxobine lyophilisée, enzyme issue du venin de serpent, insensible aux anticoagulants. Une fois insérée dans le mini laboratoire portable  LabPad Evolution, une goutte de sang suffit pour obtenir un résultat en 1 à 4 minutes.

    Performances cliniques : précision à 93,3 %

    Les tests effectués au CHU de Grenoble et à l’AP-HP ont confirmé

    • Une large plage de mesure (0,3 à 4 g/L),
    • Une sensibilité de 93,3 %
    • Une spécificité de 90 %.
    • Une rapidité d’exécution : 4 minutes contre 67 minutes pour les méthodes classiques
    • un faible coefficient de variation inférieur à 7 %

    Un marché mondial de 159 millions de dollars

    En cours de certification CE, le Smart FIB Batrox devrait être commercialisé en France et en Europe dans les prochains mois, avec un marché mondial du dosage rapide du fibrinogène estimé à 159 millions de dollars selon Avalun.