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  • Déploiement de l’IA en santé : les recommandations de l’ANAP pour une intégration réussie

    Une IA de confiance : transparence et gouvernance comme piliers

    Ce document, intitulé « Déployer l’IA en toute confiance : stratégies et bonnes pratiques », met en lumière les enjeux, les bénéfices et les précautions à prendre pour une intégration efficace et sécurisée des solutions d’IA en milieu hospitalier et médico-social. L’ANAP insiste sur la nécessité d’une gouvernance rigoureuse de l’IA. Les solutions doivent être transparentes et explicables, afin que professionnels de santé, patients et décideurs puissent en comprendre le fonctionnement et les implications. Plusieurs questions doivent être posées en amont :

    • Quels sont les mécanismes de mise à jour et d’amélioration des algorithmes ?
    • Comment sont sécurisées et anonymisées les données utilisées ?
    • Quel est le rôle de l’IA dans la prise de décision médicale ?

    L’ANAP recommande l’intégration de l’IA dans la feuille de route numérique des établissements et sa supervision par des comités existants (comité de pilotage des projets informatiques, COPIL innovation). Certains établissements choisissent de constituer des groupes de travail dédiés pour cadrer les enjeux juridiques, éthiques et organisationnels liés à l’IA.

    Optimiser la performance grâce aux bonnes pratiques

    Le guide de l’ANAP détaille plusieurs bonnes pratiques pour garantir un déploiement réussi :

    • Assurer la qualité des données : un algorithme d’IA n’est performant que sur les données sur lesquelles il est entraîné. L’ANAP recommande de s’assurer que les bases de données utilisées sont représentatives et complètes.
    • Privilégier l’interopérabilité : l’IA doit s’intégrer dans le système d’information hospitalier (SIH) sans générer de rupture de charge pour les professionnels. L’interfaçage avec les outils existants est essentiel pour éviter la saisie manuelle d’informations.
    • Garantir un contrôle humain : conformément au règlement européen IA 2024/1689, toutes les décisions médicales assistées par IA doivent être validées par un professionnel de santé.

    Quels bénéfices concrets pour les établissements de santé ?

    L’IA permet d’automatiser des tâches répétitives, d’améliorer la sécurisation des soins et d’optimiser la gestion des ressources. L’ANAP illustre ces bénéfices à travers plusieurs cas d’usage :

    • Planification automatique des plannings en bloc opératoire, avec un gain de temps de 75 % pour les cadres de santé.
    • Aide à la lecture d’images médicales, notamment aux urgences, pour détecter les fractures et autres pathologies avec plus de précision.
    • Surveillance intelligente des chambres de patients, permettant d’optimiser les interventions des soignants et de limiter la charge mentale.
    • Cybersécurité renforcée, avec des solutions capables d’identifier et de contrer une attaque en quelques minutes.

    Accompagner le changement pour une adoption réussie

    L’ANAP insiste sur l’importance d’une conduite du changement adaptée. L’implémentation d’une IA nécessite l’implication de différents acteurs : services informatiques, professionnels de santé, représentants des patients et instances de gouvernance. Une communication transparente et une formation adéquate sont essentielles pour rassurer les équipes et garantir une adoption efficace.

    Déployer l’IA en toute confiance : stratégies et bonnes pratiques 

     

  • Mammographie numérique : l’ANSM renforce le contrôle qualité des équipements

    Des contrôles plus rigoureux et harmonisés

    Cette décision remplace celle du 15 janvier 2020 et s’applique aux équipements utilisant des récepteurs numériques DR, des écrans radioluminescents CR ainsi qu’aux fonctions de tomosynthèse. Elle introduit deux niveaux de contrôle :

    • Le contrôle interne, réalisé régulièrement par l’exploitant, vérifie la qualité des images et la dose délivrée.
    • Le contrôle externe, effectué tous les six mois par un organisme accrédité, audite les procédures internes et réalise des tests complémentaires sur les équipements.

    En cas de non-conformité grave, l’appareil concerné doit être immédiatement mis hors service et signalé à l’ANSM et à l’ARS. Les non-conformités mineures doivent être corrigées sous six mois avec une validation par contre-visite.

    De nouvelles exigences techniques

    L’ANSM impose également des spécifications techniques plus strictes, notamment l’utilisation de fantômes anthropomorphes pour simuler les tissus mammaires, de luminancemètres pour contrôler l’affichage des moniteurs et de plaques de calibration pour les faisceaux de rayons X. Par ailleurs, la dose glandulaire moyenne (DG), essentielle pour la radioprotection, devra être calculée avec des formules intégrant divers paramètres physiques, garantissant une meilleure maîtrise de l’exposition des patientes.

    Un calendrier de mise en conformité précis

    Les exploitants ont six mois pour appliquer ces nouvelles règles. Les équipements récemment installés devront être contrôlés avant leur mise en service. L’ensemble des installations existantes devra intégrer ces nouveaux protocoles dans leur cycle de maintenance.

  • Cervital : une IA prometteuse pour optimiser la détection du cancer du col de l’utérus

    Chaque année en France, près de 3000 femmes développent un cancer du col de l’utérus et 1 100 en décèdent, malgré les campagnes de dépistage et de vaccination. Le test HPV, bien que sensible, manque de spécificité et entraîne une multiplication des colposcopies (+70 %). Par ailleurs, la colposcopie elle-même est dépendante du praticien et souffre d’une variabilité importante. Ces limites augmentent le stress des patientes et entraînent des interventions invasives parfois évitables, comme la conisation ou l’hystérectomie.

    Cervital : un modèle d’IA innovant

    Publiée dans Computers in Biology and Medicine, une étude met en avant un modèle d’IA multimodal intitulé Cervital. Cet outil vise à améliorer la reconnaissance des lésions précancéreuses du col utérin en combinant plusieurs sources de données :

    • Cervital données historiques (antécédents cytologiques et HPV)
    • Cervital imagerie colposcopique
    • Cervital combo, qui associe les deux

    Grâce à une base de données de 30 000 patientes sur 20 ans, incluant des biopsies et conisations, l’IA délivre une prédiction fiable en moins de 30 secondes. L’analyse de performance a été menée sur 6400 patientes avec un diagnostic validé, permettant d’obtenir un modèle robuste et optimisé.

    Des performances supérieures aux experts

    Cervital dépasse l’expertise humaine, avec une précision supérieure de 10 points pour la prédiction des pré-cancers (CIN2+). Son utilisation par des praticiens moins expérimentés pourrait encore amplifier cet écart. Son accessibilité en temps réel pourrait transformer la prise en charge du cancer du col de l’utérus en :

    • Réduisant les erreurs d’évaluation et les incertitudes
    • Diminuant le nombre de conisations inutiles
    • Optimisant le parcours de soins et le suivi des patientes
    • Offrant un gain de temps pour les médecins et réduisant le stress des patientes
    • Contribuant à des économies de santé publique

    Les résultats encourageants de cette première étude ouvrent la voie à une validation multicentrique et prospective. Si ces performances se confirment, Cervital pourrait devenir un outil efficace pour améliorer le dépistage et la prise en charge du cancer du col de l’utérus.

     

  • France 2030 : l’IA au service du diagnostic médical avec cinq nouveaux projets

    L’IA pour affiner et accélérer les diagnostics médicaux

    Dans un contexte où l’IA s’impose comme un outil pour la médecine de demain, le Health Data Hub (HDH), en partenariat avec Bpifrance, le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI), l’Agence de l’innovation en santé (AIS) et la Délégation au numérique en santé (DNS), accompagne cinq nouveaux Data Challenges sélectionnés en 2025.

    Depuis 2020, ces compétitions rassemblent des data scientists du monde pour développer des solutions innovantes sur des problématiques médicales. Parmi les projets lauréats cette année :

    • ML-KIDCAR (IHU ICAN) : utilisation de l’IA pour détecter les risques d’insuffisance rénale aiguë après une chirurgie cardiaque.
    • MYOCARDIA (MIRACL.ai) : classification des myocardites aiguës via des algorithmes d’apprentissage profond appliqués aux IRM cardiaques.
    • OutsAIder (GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences) : corrélation entre la production artistique d’individus atteints de troubles psychiatriques et leur diagnostic.
    • AID-Oral (AP-HP) : analyse d’images de lésions buccales pour anticiper un risque de transformation maligne.
    • RESPRED-UC (Hôpital Foch) : prédiction de la réponse aux immunothérapies pour le cancer urothélial de la vessie à partir d’images anatomopathologiques.

    Ces projets bénéficieront d’un soutien financier de France 2030, ainsi que d’un accompagnement juridique, technique et logistique du HDH.

    Des résultats attendus lors du Sommet pour l’IA à Paris

    Parmi les initiatives précédemment sélectionnées, le projet CytologIA, porté par le Groupe Francophone d’Hématologie Cellulaire et Algoscope, a été intégré aux 35 défis Convergence IA. Son objectif est d’automatiser le diagnostic en hématologie grâce à l’IA. Les résultats de ce projet seront présentés lors du Sommet pour l’action sur l’IA.

     

  • Horizon scanning 2024 (LEEM) : l’oncologie représente 25% des molécules en développement

    L’innovation au cœur du secteur du médicament

    Le Leem a récemment publié une étude sur l’évolution du secteur du médicament dans les années à venir, ceci dans le but d’en anticiper les impacts. L’étude analyse les traitements autorisés. 45% des 271 AMM approuvées par l’agence du médicament entre 2021 et mi 2023 concernaient des nouvelles substances actives, le syndicat estime à près de 1800 le nombre de programmes de recherche clinique en cours dans le monde et à 660 le nombre de nouvelles molécules potentielles d’ici 2027. L’innovation est donc importante dans le secteur du médicament, le budget R&D représente en moyenne 9,8% du chiffres d’affaires des entreprises du médicaments, contre 4,8% pour l’automobile. Dans ces innovations les biothérapies (anticorps, thérapie génique, thérapies cellulaires, oligonucléotides et peptides) jouent un rôle significatif notables, elles représentent 40% des traitements approuvés entre 2021 et 2023 et la même proportion des innovations thérapeutiques à venir d’ici 2027.

    Thérapies géniques : développement et conséquences

    Les thérapies géniques représentent quant à elles 16% des biothérapies en développement. Cela signifie que les thérapies géniques pourraient représenter 6,4% des traitements nouvellement approuvés, alors qu’en décembre 2023 on ne recensait que 4 thérapies géniques autorisées en France.  La thérapie génique consiste à introduire du matériel génétique dans les cellules d’une personne pour soigner une maladie. Par exemple en 2016, un enfant de 13 ans atteint de la drépanocytose a été traité en France avec succès par thérapie génique. Le sujet a vu la disparition de ses symptômes, comme l’anémie, la fatigue et les atteintes aux articulations.

    Les thérapies géniques peuvent être réalisées en injectant directement du matériel génétique fonctionnel (ADN nu, liposomes ou vecteur viral) ou être réalisées ex vivo avec des cellules du patient prélevées puis modifiées avec un rétrovirus avant d’être réintroduites chez le patient. Le type de thérapie génique dépend de la maladie traitée, par exemple l’oncologie représente 86% des thérapies géniques ex vivo en développement contre 36% des thérapies géniques in vivo.

    Ces nouvelles thérapies posent deux défis :

    • La formation du personnel en raison des effets cliniques parfois inattendus qui nécessitent un suivi spécifique et important.
    • Des moyens matériels et humains supplémentaires, notamment en raison du caractère répété que parfois nécessite leur administration. Par exemple dans l’épidermolyse bulleuse, l’hôpital Necker fait face à une file d’attente pédiatrique de 30 patients et ne peut réaliser que 4 traitements par semaine, car le traitement nécessite une prise en charge quotidienne. Autre exemple, les thérapies géniques à ARN messager demande un protocole spécifique qui entraîne ce temps de préparation de 10 heures, ceci en grande partie en raison de problématiques réglementaires.

    Un différentiel Etats-Unis/Union Européenne conséquent dans l’autorisation des biothérapies, le Leem relève un retard de l’Europe sur les Etats-Unis avec 143 thérapies géniques ou cellulaires approuvées par la FDA entre 2021 et 2023, contre 30 pour l’EMA.

    Les 4 propositions du Leem  pour relever les défis des biothérapies.

    Le Leem conclut que si les thérapies géniques et cellulaires vont apporter des gains significatifs dans des aires thérapeutiques sans alternative satisfaisante aujourd’hui leur implémentation sera exigeante pour le système de santé. Le syndicat du médicament fait 4 propositions pour permettre un accès équitable aux soins :

    • Coconstruire une approche prospective de l’innovation pour pouvoir anticiper les changements.
    • Faciliter et unifier au niveau national les procédures d’accréditation des centres et les filières
      d’autorisation délivrées par les ARS en rendant possible l’extension des certifications à différentes indications.
    • Définir une stratégie d’organisation des systèmes hospitaliers pour absorber l’augmentation des flux de patients traités par thérapies géniques. Par exemple en formant le personnel et en mutualisant les ressources humaines et matérielles au sein des services hospitaliers.
    • Mettre en place les outils nécessaires à l’évaluation de la performance et assurer leur interopérabilité à l’échelle européenne.

     

  • Le rapport de la Branche Autonomie par la CNSA montre l’effort national consenti en faveur de la politique de l’autonomie

    L’effort porté sur la prévention de la perte autonomie

    L’effort national en faveur du soutien à l’autonomie (ENSA) s’établit à 90 milliards d’euros, soit une augmentation de 29% depuis 2013. La part des dépenses de la CNSA dans ces financements publics s’élève à plus de 41 %. Dans les années à venir, les pouvoirs publics devront relever les défis du vieillissement de la population et de l’accroissement prévisible du nombre de personnes en situation de handicap, du fait de l’augmentation de l’espérance de vie ainsi que de la prévalence des troubles neurodégénératifs, rapportée dans de nombreux pays.

    En 2023, l’effort global de prévention s’élevait à plus de 271 millions d’euros, en progression de 4,2 % par rapport à l’année précédente. Les principales thématiques des actions collectives de prévention financées sont le maintien du lien social, les activités physiques adaptées, l’usage du numérique, le bien-être et la mémoire.

    Le financement des actions est assuré à plus de moitié par la CNSA (58%). Les conférences des financeurs pour la prévention de la perte d’autonomie (CFPPA), réunies sous la présidence du président du conseil départemental et la vice-présidence de l’ARS, coordonnent les actions locales et octroient des financements complémentaires.

    Le programme de prévention « ICOPE » (Integrated Care for Older People) de l’OMS, porté par l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Toulouse, doit bénéficier à toutes les personnes d’au moins 60 ans en 2025. Il a pour objectif le dépistage précoce de la perte d’autonomie des personnes. Les conditions de la généralisation de ce programme seront précisées dans un cahier des charges attendu cette année.

    D’ores et déjà 2,8 millions de personnes âgées de 60 ans et plus et leurs aidants ont été bénéficiaires d’actions de prévention en 2022.

    Un centre de ressources et de preuve (CRP) dédié à la valorisation des actions de prévention de la perte d’autonomie a été mis en place par la CNSA. Le CRP a publié en 2024, avec l’appui de l’Union des gérontopôles de France, deux études consacrées aux critères d’efficacité des actions collectives de prévention en matière de nutrition et de prévention des chutes.

    Une offre médico-sociale consolidée

    La hausse des financements alloués à l’offre médicosociale a permis une augmentation du nombre de places et une amélioration de la qualité.

    Les financements publics dédiés à l’offre médicosociale se sont élevés à
    38,2 milliards d’euros en 2022 :

    • Les ARS ont apporté 28,4 Md€, représentant 74 % des financements publics, via des dotations régionales limitatives (DRL) de la CNSA dans le cadre de l’objectif global de dépenses (OGD) médicosociales. Ces crédits financent essentiellement l’offre en établissements ;
    • Les départements ont contribué pour 9,8 Md€, orientés majoritairement vers l’offre à domicile.

    Une augmentation régulière des crédits en faveur du grand âge

    En 2022, 21 Md€ ont été alloués au secteur du grand âge, soit une augmentation de 27 %en euros constants depuis 2013.

    L’offre en établissements, essentiellement en Ehpad, a bénéficié de 14,6 Md€, représentant 70 % de l’enveloppe globale ; 6,3 Md€ ont été consacrés à l’offre de services à domicile.

    Des crédits supplémentaires alloués au handicap

    En 2022, 16,5 milliards d’euros ont été alloués au secteur du handicap, soit une augmentation de 40 % en euros constants depuis 2013. Ce sont 13,6 Md€ (82 % du total), qui ont été engagés par les ARS et 2,9 Md€ (18 % du total) par les départements.

    La création de 50 000 nouvelles solutions à l’horizon 2030 a bénéficié de 1,5 Md€ supplémentaires. Elles devraient pouvoir bénéficier notamment à certains cas particuliers :

    • Les personnes en situation de handicap vieillissantes

    La situation de ces personnes est difficile car elle nécessite une double expertise, du point de vue gérontologique comme de celui du handicap.

    Il serait souhaitable que les maisons d’accueil spécialisées (MAS), les foyers d’accueil médicalisés (FAM) et les foyers de vie puissent accompagner leurs résidents pour toute la durée de leur vie, afin d’éviter les ruptures de parcours, comme le préconise la Cour des comptes. Les fréquentes orientations en Ehpad ne constituent souvent pas la solution optimale.

    A domicile, les personnes en situation de handicap peuvent bénéficier des services d’accompagnement à la vie sociale (SAVS), des services d’accompagnement médicosocial pour adultes handicapés (SAMSAH), des SSIAD, des équipes mobiles, des structures d’hébergement temporaire ou de répit pour les aidants des personnes handicapées vieillissantes.

    • Les personnes autistes en situation très complexe

    La Haute autorité de santé (HAS) estime qu’environ 100 000 jeunes et près de
    600 000 adultes sont porteurs de troubles du spectre de l’autisme (TSA) en France. Pour les personnes atteintes des troubles les plus sévères, un accompagnement continu et un encadrement très renforcé sont nécessaires. Pour répondre au manque de capacités d’accueil adapté en ESMS, 50,6 M€ ont été orientés vers la création de nouvelles unités résidentielles destinées aux personnes autistes en situation très complexes (URTSA) dans le cadre de la Stratégie nationale pour l’autisme et les troubles du neurodéveloppement (TND) 2018-2022.

    Les solutions d’avenir : logement inclusif, CRT

    Pour la CNSA, le virage domiciliaire passera par le développement de l’habitat inclusif, qui bénéficie depuis 2021 d’une « aide à la vie partagée », permettant l’intervention d’un professionnel chargé d’animer un projet de vie sociale et partagée. Actuellement 15 % des habitants en logement inclusif ont choisi de quitter un établissement d’hébergement pour ce type d’habitat.

    En 2023, 95 départements ont développé cette approche sur leur territoire, avec le soutien financier de la CNSA à hauteur de 37 millions d’euros. La CNSA a également renouvelé son appel à manifestation d’intérêt « Investissement dans l’habitat inclusif », allouant 7,5 M€ pour des travaux dans 103 habitats inclusifs. En 2025 l’effort sera poursuivi pour ce secteur, tout en ayant une conception élargie de l’habitat partagé, incluant les résidences autonomie, les Marpa  (maisons d’accueil rural pour les personnes âgées) ou l’accueil familial.

    Les centres de ressources territoriaux (CRT), créés par la loi de financement de la Sécurité sociale 2022, offrent une alternative à l’Ehpad en proposant un accompagnement renforcé à domicile. Les CRT, créés généralement partir d’un établissement ou service médicosocial (ESSMS) existant, proposent également un appui aux professionnels du territoire, la mise à disposition de ressources gérontologiques ou d’équipements spécialisés, ainsi que des locaux adaptés. Il en existe actuellement 166. Les CRT ont été dotés de 20 M€ en 2022, complétés par les ARS de 39,7 M€ en 2023.

    Constatant les difficultés de recrutement dans les métiers de l’autonomie (avec un turn-over de 25%), le président de la CNSA, Jean-René Lecerf, appelle à un « plan Marshall pour l’attractivité des métiers du domicile » et met en avant les plateformes des métiers de l’autonomie, dont l’expérimentation sera prolongée en 2025.

    Rapport de la branche autonomie de la CNSA :

    https://www.cnsa.fr/sites/default/files/2025-02/RapportdeBranche_2025_CNSA.pdf

    Synthèse du rapport de branche :

    https://www.cnsa.fr/sites/default/files/2025-02/CNSA_SYNTHESE_RAPPORT_DE_BRANCHE_ACCESS.pdf

     

  • Etude : un outil prédictif basé sur l’IA identifie les patients à risque d’erreurs médicamenteuses (Nature)

    Prévenir les événements indésirables liés aux médicaments

    Erreurs de prescription, de délivrance, de dosage, de stockage… Les sources d’erreurs médicamenteuses ne manquent pas. Et même si elles peuvent survenir à tout moment du parcours de soins du patient, la majorité des cas se produisent le premier jour d’hospitalisation. Et leurs conséquences pèsent lourd : elles sont responsables d’une augmentation de la mortalité, de complications médicales et de coûts élevés dans les systèmes de santé (estimés à 42 milliards de dollars par an), soit 0,7 % des dépenses de santé mondiales. Mais, environ la moitié des événements indésirables liés aux médicaments sont des erreurs évitables.

    La “conciliation médicamenteuse” : efficace mais chronophage

    Pour les prévenir, les hôpitaux utilisent la conciliation médicamenteuse, qui consiste à créer une liste précise des médicaments que le patient prend réellement, à la comparer avec les prescriptions du dossier médical puis à corriger les écarts ou erreurs éventuels. Des études ont montré qu’elle peut réduire les erreurs médicamenteuses de 66 %. Depuis 2018, les hôpitaux sont incités à la mettre en œuvre puisque la conciliation médicamenteuse est devenue un indicateur dans les contrats d’amélioration de la qualité et de l’efficience des soins. Cependant, le déploiement de la conciliation médicamenteuse se heurte à un problème de taille : elle est très consommatrice en temps et de ressources humaines. Il faut en effet environ 50 minutes pour réaliser une conciliation par patient.

    C’est pourquoi une équipe du CHU de Reims a conçu un outil utilisant des algorithmes d’apprentissage machine pour prioriser les patients à risque d’erreurs, permettant ainsi aux pharmaciens de cibler plus efficacement leurs interventions. Concrètement, les chercheurs ont collecté les données de 12 604 patients admis entre 2017 et 2023 au Centre Hospitalier Universitaire de Reims. Les données ont été nettoyées, normalisées et équilibrées pour compenser l’importance disproportionnée des cas négatifs par rapport aux cas positifs. Et plusieurs algorithmes (régression logistique, machines à vecteurs de support, gradient boosting et classificateur par vote) ont été testés.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 30 décembre dans Scientific Reports.

    Résultats : l’IA repère 75% des patients à risques d’erreurs

    • Le modèle de classificateur par vote a donné les meilleures performances avec un rappel de 0,75, une précision de 0,65 et un score F1 de 0,70.
    • L’outil a permis de détecter 45 % des patients à risque d’erreurs médicamenteuses, contre seulement 21 % avec les méthodes traditionnelles, soit une amélioration de 113 %.

    Le modèle de classificateur par vote détecte donc efficacement les patients à risque (75 %) mais il est modérément précis. Dans 35% des cas, il signale des fausses alertes. Cependant, ces résultats sont prometteurs puisque par comparaison, en 2022, sur 47 876 admissions, seulement 4,3 % des patients ont subi une conciliation médicamenteuse. Parmi eux, 26 % avaient au moins une erreur détectée nécessitant une intervention pharmacologique. L’outil prédictif aide donc à mieux prioriser les patients, réduisant ainsi le gaspillage des ressources et augmentant la sécurité des patients.

    Cependant, l’étude présente des limites puisqu’elle n’a été réalisée qu’au CHU de Reims. Par ailleurs, le développement d’un modèle plus performant nécessiterait davantage de données, mais cela suppose d’effectuer un nombre élevé de conciliations, ce qui reste difficile avec les ressources actuelles. Une étude multicentrique est donc prévue. Et à terme, il pourrait aussi être envisagé de rendre l’outil applicable en soins ambulatoires et primaires.

    *A machine learning-based clinical predictive tool to identify patients at high risk of medication errors.

    Abdo, A., Gallay, L., Vallecillo, T. et al.

    Sci Rep 14, 32022 (2024). https://doi.org/10.1038/s41598-024-83631-w

  • Téléconsultation : une adoption en hausse de 13 % en 2024, avec un fort besoin en pédiatrie

    Un recours croissant, notamment en dehors des heures ouvrées

    Pour la cinquième année consécutive, l’éditeur de télémédecine Medaviz publie son étude sur l’usage de la téléconsultation en 24/7. L’analyse des données de 8 millions de bénéficiaires, issus de 80 organisations partenaires (mutuelles, assurances, écoles, etc.), montre une adoption en hausse.

    En 2024 :

    • 89 % des appels concernaient un médecin généraliste, confirmant une hausse continue depuis 2021.
    • 40 % des patients ont utilisé le service plus d’une fois, démontrant un ancrage progressif dans les pratiques.
    • 34 % des appels ont été passés en dehors des heures d’ouverture des cabinets médicaux, illustrant un besoin de prise en charge nocturne et le week-end.

    L’âge moyen des appelants est de 44 ans, avec une prédominance des 30-49 ans, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

    Une forte demande en pédiatrie et en gynécologie

    Si la médecine générale reste prépondérante, certaines spécialités émergent :

    • 49 % des appels spécialisés concernaient la pédiatrie, en hausse par rapport à 2023 (47 %).
    • 19 % des appels ont sollicité un gynécologue (contre 17 % en 2023).
    • La psychologie et la psychiatrie, en baisse, représentent 13 % des consultations (contre 17 % en 2023).

    Un service plébiscité par les femmes

    En 2024, 60 % des appels ont été passés par des femmes (contre 54 % en 2023) et 55 % des comptes ont été créés par des utilisatrices. Ces chiffres confirment que l’accès à la téléconsultation est une démarche majoritairement féminine, notamment pour des besoins en pédiatrie et en gynécologie.

    Une alternative efficace aux consultations en cabinet

    L’étude révèle que 81 % des appels ont permis d’éviter un rendez-vous en cabinet. La téléconsultation est perçue comme une solution complémentaire, permettant d’obtenir une réponse rapide en cas de non-disponibilité du médecin traitant, lors de déplacements ou en cas de besoin de réassurance. Le temps d’attente avant mise en relation est de 88 secondes, et la durée moyenne des échanges s’établit à 5 minutes et 14 secondes. Le service affiche un taux de satisfaction de 88 % (en progression de 3 points par rapport à 2023).

    En 2023, environ 8 % des personnes âgées de 18 ans ou plus ont consulté un médecin par vidéo en France.

     

  • Bpifrance déploie 10 milliards d’euros pour renforcer l’IA en France et soutenir les entreprises

    Un plan pour renforcer la souveraineté technologique

    Dans un contexte de compétition mondiale, la France s’appuie sur un écosystème d’IA pour renforcer sa compétitivité. En un an, l’usage de l’IA générative par les PME françaises est passé de 15 % à 31 %. Une adoption rapide mais encore incomplète. Pour accélérer cette transition, Bpifrance investira 10 milliards d’euros sur plusieurs axes stratégiques :

    • Financement en fonds propres : soutien aux startups développant des modèles d’IA avancés et infrastructures technologiques.
    • Investissements via des fonds partenaires : appui aux fonds français et internationaux spécialisés en IA.
    • Accompagnement des entreprises : aide aux sociétés à intégrer l’IA dans leur modèle économique et à anticiper les transformations sectorielles.

    Des investissements pour structurer l’écosystème IA

    Précurseur dans le financement de l’IA depuis 2015, Bpifrance a déjà investi plus d’un milliard d’euros en capital innovation, participant notamment aux levées de fonds de Mistral AI, Poolside et H Company. En 2024, le programme France 2030 a permis d’allouer 3,4 milliards d’euros au financement de projets IA innovants via des appels à projets dédiés (IA embarquée, cloud souverain, espaces de données mutualisées). Par ailleurs, plus de 150 startups d’IA a bénéficié d’investissements à travers des fonds spécialisés, notamment dans les secteurs du software B2B et de la santé.

    Un accompagnement renforcé pour les entreprises françaises

    Bpifrance ne se limite pas aux investissements : l’accompagnement des entreprises est une priorité. Le programme IA Booster France 2030, lancé en 2023, propose formations et conseils pour aider les PME à exploiter leurs données et intégrer l’IA. Résultat : plus de 600 PME ont bénéficié de ce programme en 2024, et 8 000 chefs d’entreprise se sont inscrits au cursus “Intelligence Artificielle”. Un accélérateur “Transition digitale et IA” sera lancé fin 2025 pour renforcer cet accompagnement et structurer davantage l’écosystème.

    « A l’heure où tout s’accélère, la France a une place à prendre dans cette révolution. Elle compte déjà 750 startups dans l’IA et des pépites reconnues dans le monde entier. Elle s’appuie sur un écosystème solide et dispose des talents et des compétences nécessaires pour faire la différence. Grâce à nos investissements et à notre soutien continu, nous renforçons la position de la France en tant qu’acteur mondial dans ce domaine stratégique » déclare Nicolas Dufourcq, Directeur général de Bpifrance.

     

  • EDSH : il n’est pas encore possible de calculer directement des IQSS et de remplacer les analyses manuelles de dossiers (Étude HAS)

    Les IQSS : un processus manuel complexe, mais essentiel à la qualité des soins

    Les IQSS sont des outils clés pour mesurer et améliorer la qualité des soins dispensés dans les hôpitaux et cliniques en France. Actuellement, ces indicateurs sont recueillis à partir des dossiers patients, un processus manuel long et coûteux en ressources humaines. Dans un contexte de tension sur les effectifs hospitaliers, cette charge administrative représente un défi pour les établissements. L’idée de la Haute autorité de santé (HAS) est donc d’exploiter les entrepôts de données de santé hospitaliers (EDSH), qui stockent des données cliniques structurées et informatisées, pour automatiser ce calcul et faciliter la collecte des informations essentielles à l’évaluation des soins.

    Un projet pilote pour tester la faisabilité d’une automatisation :

    Pendant 24 mois, les CHU de Lille, de Bordeaux, ainsi que l’AP-HP, ont travaillé avec la HAS pour explorer comment les EDSH pourraient être utilisés pour mesurer certains indicateurs de qualité. Deux expérimentations ont été menées : la première sur la mesure du délai de prise en charge des AVC et la seconde sur la capitalisation des travaux menés sur l’indicateur de prise en charge de la douleur. Les résultats montrent que si les EDSH constituent une source précieuse pour suivre la qualité des soins, plusieurs obstacles techniques et organisationnels demeurent.

    Des résultats prometteurs, mais des obstacles techniques et réglementaires

    Les travaux menés montrent que les EDSH offrent une ressource précieuse pour mesurer la qualité des soins. En permettant d’exploiter une large quantité de données en temps réel, ils peuvent faciliter le suivi des indicateurs et améliorer la réactivité des établissements dans l’adoption des bonnes pratiques. Cependant, plusieurs freins limitent encore leur plein potentiel.

    Tout d’abord, la structuration des données dans les EDSH est hétérogène et parfois insuffisante. Il n’existe pas encore d’algorithme unique capable de calculer directement un IQSS à partir de ces bases de données. Chaque établissement possède son propre mode d’organisation des données, ce qui complique leur standardisation. Ensuite, des questions réglementaires se posent quant à l’exploitation de ces données sensibles. L’accès aux EDSH est strictement encadré par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et suppose des autorisations spécifiques, ce qui peut ralentir les projets d’automatisation.

    L’étude souligne également des défis organisationnels. Pour intégrer efficacement les EDSH dans la mesure des IQSS, il est nécessaire de mobiliser des compétences variées : cliniciens, experts en informatique médicale, ingénieurs en données… Une coopération étroite entre ces différents acteurs est indispensable pour garantir la qualité des données et la pertinence des analyses.

    Une expérimentation qui ouvre la voie à de nouvelles perspectives

    Malgré ces défis, la HAS considère que l’automatisation des IQSS via les EDSH est une piste prometteuse pour l’avenir. L’étude a notamment permis d’identifier plusieurs leviers pour améliorer l’exploitation de ces bases de données. Parmi eux : une meilleure structuration des informations dans les dossiers patients, l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle pour traiter les données non structurées, ou encore le développement d’un cadre réglementaire plus adapté à ces nouveaux usages.

    Dans cette optique, la HAS prévoit de poursuivre ses travaux, notamment en approfondissant l’étude sur la mesure des délais de prise en charge des AVC. Elle souhaite également explorer d’autres indicateurs et renforcer la coopération avec les établissements de santé pour généraliser ces méthodes d’automatisation.