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  • L’ANS ouvre la concertation sur l’espace de confiance DRIM-M en imagerie médicale

    Sécuriser les échanges entre DRIMbox

    Dans le cadre du déploiement du maillage DRIM-M, destiné à faciliter l’échange et le partage d’imagerie médicale à l’échelle nationale, l’Agence du Numérique en Santé (ANS) lance une concertation publique sur les documents fondateurs de l’Espace de Confiance DRIM-M. Cette démarche, ouverte du 24 avril au 16 mai 2025, vise à associer l’ensemble des parties prenantes à la définition d’un cadre sécurisé, interopérable et opérationnel. L’Espace de Confiance DRIM-M vise à encadrer les connexions entre les différentes DRIMbox, composants techniques interconnectés du réseau DRIM-M. Ce dispositif repose sur une supervision centralisée, une authentification des échanges, ainsi que des mécanismes de certification pour garantir la sécurité et la fiabilité du partage des examens d’imagerie.

    L’ANS, en tant que gestionnaire de cet espace, en assure la gouvernance. Elle veille notamment à la conformité des DRIMbox aux exigences techniques et organisationnelles décrites dans les Conditions Générales d’Intégration, incluant les critères de sécurité, d’interopérabilité et de maintien en conditions opérationnelles.

    Trois documents à l’étude

    La concertation ouverte par l’ANS concerne trois ressources clés :

    • Le support de présentation du webinaire du 22 avril 2025, qui expose les principes de l’Espace de Confiance et les étapes du parcours d’intégration.

    • Les Conditions Générales d’Intégration à l’Espace de Confiance DRIM-M, cadre juridique et technique de référence.

    • Un aperçu du parcours d’intégration, accessible via le Portail Industriel de l’ANS, synthétisant les étapes à suivre pour les industriels souhaitant se connecter au réseau.

    Deux temps forts pour dialoguer

    Deux webinaires viendront structurer ce temps d’échange : une présentation du parcours d’intégration début juin, suivie fin juin d’une restitution collective des retours recueillis. Chaque contribution fera l’objet d’une réponse individualisée, avant l’élaboration d’une version consolidée des documents.

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  • Télésurveillance des patients atteints de cancer : inscription officielle du dispositif numérique CUREETY TECHCARE au remboursement

    Le dispositif CUREETY TECHCARE intégré à la liste des actes et prestations remboursés

    Par arrêté conjoint des ministères de la Santé et de l’Économie publié fin mars, l’activité de télésurveillance médicale reposant sur le dispositif médical numérique CUREETY TECHCARE est désormais inscrite sur la liste des actes et prestations (LAP) pris en charge par l’Assurance maladie. Cette inscription concerne les patients adultes atteints de cancer sous traitement systémique et répondant à un ensemble strict de critères médicaux, techniques et organisationnels.

    Un périmètre d’indication centré sur les tumeurs malignes

    L’outil CUREETY TECHCARE s’applique aux patients traités pour des tumeurs (hors tumeurs bénignes et syndromes héréditaires), classées selon la CIM-11. Il couvre différents types de cancers (cérébraux, hématopoïétiques, in situ, à évolution imprévisible ou inconnue), répartis dans les classes 2A à 2G de la classification. L’exclusion concerne notamment l’incapacité du patient ou de l’aidant à utiliser le dispositif, le refus de partage des données, ou encore le refus d’un accompagnement thérapeutique.

    Un fonctionnement logiciel basé sur le recueil de symptômes

    Le DMN se compose d’une plateforme pour les soignants et d’une application mobile destinée au patient, intégrant un algorithme de classification clinique. Le recueil hebdomadaire des effets indésirables via un questionnaire PRO (patient reported outcomes) permet une stratification en quatre niveaux (vert, jaune, orange, rouge) selon la gravité des symptômes. Une alerte est transmise à l’équipe de soins pour les niveaux orange et rouge. Les notifications et les rappels au patient sont automatisés.

    Encadrement strict des acteurs et des modalités de prise en charge

    L’arrêté détaille les qualifications minimales requises pour les professionnels de santé impliqués, notamment une formation à la télésurveillance médicale et à l’oncologie. L’organisation impose également un tri des alertes, une réponse sous 24h pour les alertes rouges, un message guidant le patient selon la gravité détectée, et une coordination entre les différents acteurs du parcours de soins. Ce suivi ne se limite pas à un usage technique du dispositif. Il intègre un accompagnement thérapeutique obligatoire, réalisé par les professionnels de l’équipe de télésurveillance. Il vise à renforcer l’implication du patient dans son suivi, à structurer les réactions face aux alertes, et à garantir l’adhésion au dispositif. La première séance est organisée dès le premier mois, idéalement en présentiel.

    Prescription, évaluation et conditions de renouvellement

    La prescription est initialement réservée aux spécialistes en oncologie et comporte une phase d’essai d’un mois, suivie de prescriptions renouvelables de six mois maximum. L’intérêt clinique et l’adhésion du patient sont évalués à chaque renouvellement. Une interruption automatique est prévue après deux mois consécutifs sans utilisation effective, sauf exceptions justifiées.

    Forfaits et durée de prise en charge

    Le remboursement repose sur un forfait mensuel réparti entre l’opérateur et l’exploitant, conformément à l’arrêté du 16 mai 2023. La prise en charge est accordée pour trois ans, avec des données en vie réelle attendues pour tout renouvellement d’inscription. Ces données devront démontrer un bénéfice clinique ou organisationnel.

    L’exploitant du DMN reste responsable de la formation, de la maintenance, de l’assistance technique et de l’interface avec les systèmes hospitaliers. L’opérateur assume la mise en œuvre de la télésurveillance, l’information du patient, l’organisation du suivi, et la coordination des acteurs. Certaines tâches peuvent être confiées à des tiers qualifiés, à l’exclusion de toute activité médicale.

  • Discriminations dans les soins : des dispositifs numériques à risque selon le Défenseur des droits (rapport)

    Mardi 6 mai, le Défenseur des droits a publié un rapport alertant sur les discriminations persistantes dans les parcours de soins, en dépit des protections juridiques en vigueur. L’institution y dresse un panorama détaillé des obstacles rencontrés, notamment à l’accès aux soins urgents, à la prise de rendez-vous et lors de la prise en charge, et formule une série de recommandations pour y remédier.

    Discriminations systémiques et invisibles dans l’accès aux soins

    Fondé sur un appel à témoignages ayant recueilli plus de 1 500 réponses, le rapport recense des refus de soins, explicites ou indirects, liés à la situation économique, à l’origine, au handicap, à l’identité de genre ou à l’état de santé. Parmi les cas documentés : des patients bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS) refusés en cabinet, des femmes trans exclues de consultations gynécologiques ou encore des enfants autistes refusés par des dentistes, y compris en cas d’urgence. L’accès aux soins est aussi entravé par des pratiques numériques non inclusives, telles que la restriction de rendez-vous sur certaines plateformes pour les bénéficiaires de l’AME ou de la CSS. Le Défenseur alerte sur une discrimination indirecte, parfois générée par des outils ou des organisations « neutres » en apparence.

    Des recours peu utilisés, une vigilance insuffisante

    En 2022, seules 224 plaintes ont été déposées auprès des ordres professionnels et de l’assurance maladie pour refus de soins discriminatoires. Le rapport insiste sur l’écart entre la réalité des discriminations subies et la faible mobilisation des voies de recours. Il souligne la nécessité d’une meilleure identification des actes discriminatoires, souvent dissimulés sous des justifications administratives ou organisationnelles.

    Des recommandations

    Le Défenseur des droits appelle à la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre les discriminations dans les soins, absente à ce jour. Elle devrait reposer sur quatre axes :

    • Documenter et mesurer les discriminations,
    • Former les professionnels de santé,
    • Faciliter les recours juridiques,
    • Adapter le système de santé aux besoins spécifiques des patients.

    Il recommande également d’inscrire l’obligation d’aménagements raisonnables dans les parcours de soins pour les personnes en situation de handicap, et d’améliorer l’accessibilité numérique et physique des services. Enfin, le rapport insiste sur la responsabilité partagée entre acteurs institutionnels, établissements, professionnels de santé et opérateurs numériques. Il invite à passer d’une approche individuelle à une prise de conscience collective, pour garantir un égal accès aux soins à toutes et tous.

  • Recherche scientifique : 600 millions d’euros investis par l’UE et la France pour attirer les talents internationaux

    100 millions d’euros pour l’attractivité scientifique française

    Lors de la conférence “Choose Europe for Science”, tenue à la Sorbonne le 5 mai, le président Emmanuel Macron et la présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, ont dévoilé une enveloppe conjointe de 600 millions d’euros pour renforcer l’attractivité scientifique du continent. L’événement, inscrit dans le prolongement de la plateforme “Choose France for Science” lancée en avril, vise à faciliter l’accueil de chercheurs étrangers menacés ou freinés dans leurs travaux, notamment par des pressions politiques.

    Ce soutien financier spécifique s’adresse aux chercheurs souhaitant rejoindre des établissements français, sans empiéter sur les postes ou les financements existants pour les chercheurs nationaux. Le président a réaffirmé l’importance de la liberté académique, la qualifiant d’”impératif moral et humain”, et a condamné les ingérences politiques dans l’orientation de la recherche.

    En référence à certaines décisions prises sous l’administration Trump, telles que les coupes budgétaires ou la suppression de projets liés à la diversité ou au climat, Emmanuel Macron a dénoncé une “rupture” avec l’histoire scientifique des démocraties. Il a également apporté son soutien au mouvement “Stand Up for Science”, lancé par des chercheurs américains, et salué les initiatives françaises telles que “Choose CNRS”, “Safe Place for Science” (Aix-Marseille Université), ainsi que l’implication de l’Institut Pasteur et de l’Université de Montpellier.

    500 millions d’euros de la Commission pour 2025-2027

    La présidente de la Commission européenne a, quant à elle, annoncé un plan de 500 millions d’euros pour la période 2025-2027 afin de faire de l’Union européenne un pôle mondial de recherche. Le dispositif comprendra notamment une “super-subvention” de sept ans, le doublement des compléments aux bourses de recherche d’ici 2027 et un objectif partagé avec les États membres : consacrer 3 % du PIB à la recherche et au développement d’ici 2030. Ursula von der Leyen a également évoqué un futur acte législatif européen pour inscrire la liberté de la recherche scientifique dans le droit de l’UE, dans le cadre de la construction de l’Espace européen de la recherche.

    Des mesures opérationnelles déjà en cours

    Sur le terrain, plusieurs établissements français ont d’ores et déjà adapté leur stratégie d’accueil. Le CNRS, via le programme “Choose CNRS”, facilite l’intégration de scientifiques menacés. Aix-Marseille Université propose un dispositif d’hébergement scientifique sécurisé. D’autres institutions comme l’Institut Pasteur ou l’Université de Montpellier se sont également mobilisées pour répondre à cet appel.

  • Neuracorp AI mise sur la compréhension médicale et l’efficacité des soins

    Comprendre ses résultats médicaux

    Fondée par Mathieu Auffret, radiologue ORL, et Philippe Bonhomme, docteur en sciences du langage, la start-up Neuracorp AI propose trois solutions basées sur l’intelligence artificielle et ciblant les spécialités de la radiologie et de la médecine dentaire. Son approche : rendre l’information médicale plus accessible, améliorer l’organisation des cabinets, et soulager les professionnels de santé des tâches répétitives. La solution LYRAE Explain Radiologie traduit automatiquement les comptes-rendus radiologiques dans un langage accessible, adapté au niveau de littératie en santé du patient. Elle est également disponible en version vocale et traduite en 25 langues, facilitant l’accès à l’information pour les personnes malvoyantes, éloignées du numérique ou confrontées à une barrière linguistique. Cette solution permet de réduire l’anxiété liée aux examens, de limiter les risques d’autodiagnostic erroné et d’améliorer la participation du patient à son parcours de soins. Du côté des cabinets de radiologie et services hospitaliers, elle optimise les consultations et contribue à l’obtention de l’accréditation LABELIX via l’outil complémentaire “+Satisfy”.

    Automatiser l’administratif avec un standard vocal intelligent

    Deuxième outil développé par la start-up : LYRAE Talk, un assistant vocal IA conçu pour automatiser les tâches administratives courantes (prise de rendez-vous, gestion documentaire…) dans les cabinets de radiologie et dentaire. Il vise à recentrer les secrétaires médicales sur des missions à plus forte valeur ajoutée, comme la coordination des soins ou la gestion des urgences. LYRAE Monitor complète cette suite technologique en fournissant aux structures de soins une analyse en temps réel des flux de patients et de l’activité. Objectif : anticiper les saturations, réduire les inefficiences et améliorer la qualité de prise en charge.

    Une approche collaborative et interdisciplinaire

    Pour développer ces outils, Neuracorp AI a collaboré avec plusieurs partenaires :

    • Le groupe RIVA à Vannes, pour l’adaptation des outils aux besoins opérationnels ;
    • Des chercheurs en neurolinguistique du laboratoire ICAR (CNRS, ENS Lyon), pour affiner l’analyse des comptes-rendus ;
    • Le laboratoire SPURBO (Brest), pour évaluer l’impact sur les parcours de soins.

    L’ensemble des solutions respecte les exigences du RGPD et les normes en vigueur, notamment sur la protection des données patients.

    Enjeux d’un marché en forte croissance

    Avec environ 3 000 cabinets de radiologie et 30 000 cabinets dentaires en France, Neuracorp AI cible un marché national conséquent. À l’échelle mondiale, le secteur de l’IA en santé, estimé à 20,9 milliards en 2024, pourrait atteindre 613 milliards d’ici 2034. La start-up entend répondre à un double constat : 50 % des Français présentent une littératie en santé insuffisante, et la non-observance des traitements coûte 9 milliards d’euros par an à l’Assurance maladie.

  • AAC : 4 millions d’euros pour intégrer 5 millions de PPS en cancérologie dans Mon espace santé

    Objectif : fluidifier la circulation des PPS entre professionnels et patients

    L’Institut national du cancer (INCa) et l’Agence du Numérique en Santé (ANS) lancent un appel à candidatures destiné à améliorer la diffusion numérique du Programme Personnalisé de Soins (PPS) en cancérologie via Mon espace santé. Cette initiative, structurée autour de deux appels à projets interdépendants, repose sur une collaboration entre les deux agences. Le projet s’étend sur 36 mois et bénéficie d’un financement cumulé d’environ 4 millions d’euros.

    Le dispositif s’adresse exclusivement aux acteurs régionaux responsables des plateformes du Dossier Communicant de Cancérologie (DCC), en particulier les Groupements Régionaux d’Appui au Développement de la e-Santé (GRADeS) et les Dispositifs Spécifiques Régionaux de Cancérologie (DSRC). Ces structures devront permettre l’intégration d’environ 5 millions de PPS dans Mon espace santé.

    Les deux appels à projets définissent trois phases successives :

    • Phase 1 : développement technique des fonctionnalités permettant l’intégration des PPS dans les DCC régionaux.
    • Phase 2 : déploiement régional des solutions validées en phase 1.
    • Phase 3 : adoption des usages par les établissements de santé et transmission d’indicateurs aux agences nationales.

    Les deux premières phases sont portées par l’ANS dans le cadre des évolutions techniques des DCC. La troisième phase, dédiée à l’usage, est financée par l’INCa.

    Cadre réglementaire et échéances

    L’appel à candidatures s’inscrit dans la continuité de l’arrêté du 14 mai 2024, qui encadre le financement du déploiement des PPS dans Mon espace santé. Il s’aligne sur les politiques nationales telles que « Ma Santé 2022 », le Ségur du numérique en santé et la stratégie décennale de lutte contre les cancers, qui prévoit la remise systématique d’un PPS à chaque patient. Les candidatures doivent être déposées d’ici le 17 juin 2025. Le comité d’évaluation se réunira début septembre et les résultats seront annoncés fin octobre 2025.

    Production, déploiement et exploitation au sein de « Mon espace santé » du programme personnalisé de soins en cancérologie

    Arrêté du 14 mai 2024 relatif à la mise en place d’un programme de financement destiné à encourager la production, le déploiement et l’exploitation au sein de Mon espace santé du programme personnalisé de soins en cancérologie – Légifrance

  • La CNIL actualise ses recommandations sur les applications mobiles : des précisions pour les technologies de santé

    Des recommandations qui s’adressent aux acteurs du numérique en santé

    Publiée en avril, la nouvelle recommandation de la CNIL clarifie les obligations des professionnels du secteur des applications mobiles, y compris ceux œuvrant dans le champ de la santé. Éditeurs, développeurs, fournisseurs de SDK ou de systèmes d’exploitation sont directement concernés. L’objectif est de mieux encadrer les traitements de données personnelles opérés via les applications, notamment celles embarquant des fonctions sensibles (géolocalisation, biométrie, capteurs de santé, etc.). Les dispositifs médicaux personnels connectés, les objets de santé en lien avec l’Internet des objets (IoT), ou encore les montres connectées de suivi de l’activité sont explicitement intégrés dans le périmètre de la recommandation.

    Un encadrement spécifique pour les applications santé à usage domestique

    La CNIL rappelle que les applications de santé stockant localement des données, sans transmission à un serveur tiers, peuvent bénéficier d’une exemption du RGPD si deux conditions sont réunies : le traitement doit être initié à la discrétion de l’utilisateur, et les données ne doivent pas sortir de son terminal. Cela concerne, par exemple, les journaux de glycémie ou les applications de suivi menstruel configurées en mode hors ligne. Toutefois, dès qu’un échange de données avec un tiers (éditeur, fournisseur d’OS ou SDK) intervient, les obligations du RGPD s’appliquent pleinement.

    Dans l’écosystème des apps santé, les éditeurs sont généralement considérés comme responsables de traitement. Ils doivent garantir une information claire à l’utilisateur, gérer les consentements, et sécuriser les données collectées. Les développeurs externes peuvent, quant à eux, être considérés comme sous-traitants s’ils interviennent sur les flux de données ou la maintenance. La CNIL recommande, dans tous les cas, une formalisation contractuelle explicite de leurs rôles et responsabilités.

    Attention particulière sur les SDK et services tiers

    L’usage de kits de développement logiciel (SDK) est fréquent dans les applications santé pour intégrer des fonctions de partage, de paiement ou de mesure. Ces briques logicielles peuvent opérer des lectures de données sensibles (localisation, identifiants mobiles, etc.) pour le compte de l’éditeur ou pour leur propre compte, notamment à des fins de profilage publicitaire. Les éditeurs sont invités à vérifier ces traitements et à les documenter précisément.

    Enfin, la CNIL recommande aux acteurs du numérique en santé d’intégrer les principes de protection des données dès la conception des applications. Cela inclut la minimisation des données, le chiffrement local, la mise à jour régulière de l’application et l’élimination des versions obsolètes présentant des failles de sécurité.

     

  • RadNet rachète iCAD pour 103 M$ afin de renforcer son offre d’IA dans le dépistage du cancer du sein

    Accélération dans l’IA appliquée à l’imagerie mammaire

    RadNet, fournisseur de services d’imagerie diagnostique et de solutions numériques de santé, a annoncé l’acquisition d’iCAD, spécialiste des solutions d’IA pour la santé mammaire. Cette opération, d’un montant estimé à 103 millions de dollars, se fera sous forme d’échange d’actions. Une fois finalisée – entre le deuxième et le troisième trimestre 2025, sous réserve de l’accord des actionnaires et des conditions habituelles de clôture – l’opération verra iCAD intégrer DeepHealth, filiale de RadNet dédiée aux solutions d’intelligence artificielle. Cette acquisition apportera à DeepHealth un portefeuille de clients couvrant plus de 1 500 établissements de santé dans plus de 50 pays, ainsi que les équipes commerciales et techniques d’iCAD.

    Renforcement de l’offre en IA pour le dépistage précoce

    RadNet et iCAD vise à combiner leurs suites logicielles respectives, notamment ProFound Breast Health Suite et les solutions de dépistage de DeepHealth. Objectif : améliorer la précision et la détection précoce du cancer du sein à l’échelle mondiale. Selon Howard Berger, PDG de RadNet, cette combinaison pourrait améliorer les diagnostics pour les millions de femmes concernées, en facilitant l’accès à des outils plus performants pour les professionnels de santé.

    Feuille de route produits et développement commercial élargis

    Dana Brown, PDG d’iCAD, souligne que le rapprochement vise également à accélérer le développement de nouvelles solutions d’évaluation du risque, de mesure de la densité mammaire et de détection des calcifications artérielles mammaires. RadNet, grâce à son accès aux données et à son envergure clinique, permettra selon elle de faire progresser ces solutions plus rapidement sur le marché.

  • Lancement de la première plateforme de test de cytologie urinaire pour le diagnostic précoce du cancer de la vessie

    Hospitex International, filiale du groupe Aliko Scientific, annonce le lancement de la première plateforme en ligne dédiée aux tests de cytologie urinaire pour le dépistage précoce du cancer de la vessie.

    Cancer de la vessie : plus de 600 000 nouveaux cas par an

    Classé au 9e rang des cancers les plus fréquents dans le monde, le cancer de la vessie constitue un enjeu majeur de santé publique. Selon l’Agence internationale de recherche sur le cancer, plus de 600 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, avec une progression estimée à 7,1 % par an. Cette pathologie est responsable de plus de 213 000 décès annuels. Les projections indiquent que l’incidence pourrait dépasser 650 000 cas d’ici 2026, soulignant l’urgence de solutions de dépistage innovantes et accessibles.

    Des outils conventionnels aux performances limitées

    Les méthodes actuelles présentent plusieurs limites :
    • La cystoscopie, méthode de référence, reste invasive, inconfortable et coûteuse — jusqu’à 500 euros par procédure
    • La cytologie urinaire, bien que non invasive, montre une sensibilité réduite, notamment pour les tumeurs de bas grade
    • La recherche de biomarqueurs urinaires est souvent perturbée par des infections, fréquentes chez les patients à risque

    Urine24 : une plateforme intégrée et automatisée

    Pour répondre à ces limites, la medtech italienne Hospitex a conçu Urine24, une solution de diagnostic en ligne articulée autour de trois composantes :
    • Un prélèvement à domicile via un kit stérile avec stabilisateur cellulaire, assurant la conservation des échantillons
    • La technologie CYTOfast, cytologie en couche mince, qui réduit jusqu’à 40 % le taux de faux négatifs par rapport à la méthode conventionnelle
    • Une intelligence artificielle assurant l’analyse automatisée des cellules par microscopie intelligente.

    Une architecture sécurisée pour une détection précoce

    Urine24 repose sur une architecture web sécurisée. Elle comprend un système de traçabilité RFID et une interface de communication médecin-patient conforme à la norme HIPAA (Health Insurance Portability and Accountability Act), garantissant la confidentialité des données. Selon l’étude Diaguro
    • Sensibilité de 87 % pour le carcinome urothélial
    • Spécificité de 95 %
    • Détection de biomarqueurs jusqu’à dix ans avant le diagnostic clinique.

    Un marché mondial estimé à près de 3 milliards de dollars

    La plateforme est déployée en Italie, ciblant prioritairement 29,9 millions d’Italiens à risque et pourrait éviter jusqu’à 30 % des cystoscopies inutiles. Intégrée aux dossiers médicaux électroniques, elle vise une simplification du parcours de soins. Hospitex prévoit un déploiement international sur un marché estimé à 1,63 milliard de dollars en 2023, avec une croissance attendue à 2,99 milliards d’ici 2032 selon SNS Insider.

     

  • IA : seulement 15 % des établissements de santé peuvent faire évoluer leurs outils (Rapport Nordic)

    Un écart entre ambition et capacité opérationnelle

    Les résultats du rapport publié par Nordic Consulting révèlent que : 70 % des décideurs interrogés affirment avoir confiance dans les cadres de gouvernance de l’IA de leur organisation, mais une minorité seulement — 15 % — déclare avoir les moyens techniques pour faire évoluer ces systèmes à grande échelle. L’étude a été réalisée auprès de professionnels issus majoritairement d’hôpitaux et de cliniques. Pour Kevin Erdal, vice-président principal des services de transformation et d’innovation chez Nordic, cette confiance pourrait être excessive. Il estime que le déploiement à grande échelle de l’IA dans les établissements de santé est un processus particulièrement complexe, nécessitant une réflexion approfondie sur la notion même « d’échelle » et sur les conditions d’une utilisation durable des outils d’IA.

    Des obstacles techniques persistants

    L’un des principaux freins identifiés par les répondants concerne l’infrastructure de données. Nombre d’organisations manquent de systèmes capables d’accéder efficacement aux données, notamment en raison du cloisonnement des sources d’information. Kevin Erdal souligne que la simple disponibilité des données ne suffit pas : leur interopérabilité, ainsi que la capacité à les traiter, sont essentielles pour garantir la performance des modèles d’IA. Il précise que l’attention médiatique portée aux nouvelles solutions d’IA ne doit pas faire oublier l’importance des fondations techniques, comme la gestion des données et les capacités informatiques. Ces éléments, bien que moins visibles, conditionnent la réussite à long terme des projets IA.

    Gouvernance, données et gestion du changement : un triptyque sous-estimé

    La disponibilité croissante des modèles IA proposés par les fournisseurs peut donner une impression trompeuse de préparation. Il insiste sur la nécessité d’une gouvernance globale, intégrant les utilisateurs opérationnels dès les premières étapes du déploiement. La gestion du changement est, selon lui, fréquemment négligée : les organisations ne prennent pas toujours le soin d’expliquer aux utilisateurs finaux l’objectif des outils mis en place. Erdal cite l’exemple d’un modèle d’IA destiné à prédire les absences dans un hôpital : sans stratégie claire sur la manière d’exploiter ces prédictions, l’outil risque de rester sans impact réel.

    Alors que l’intelligence artificielle continue de se diffuser dans les systèmes de santé, Erdal insiste sur l’importance de concentrer les efforts sur des chantiers fondamentaux mais souvent sous-estimés. Le succès ne dépendra pas de la démonstration des capacités technologiques, mais de la solidité de l’architecture de données, de la gouvernance, et de l’accompagnement du changement au sein des organisations.