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  • 23 solutions numériques dédiées à la santé au travail

    L’employeur a juridiquement un devoir de résultat quant à la santé de ses employés, de plus la mauvaise santé des employés peut représenter un coût important pour les entreprises. Cette situation favorise le développement de solutions numériques spécifiquement dédiées à la santé au travail. Pour des raisons liées à la nature du travail en France en 2025 la très grande majorité des solutions concernent soit les troubles psychiques, soit les troubles musco-squelettiques (TMS). Certaines de ces solutions sont administrées par l’employeur, d’autres sont destinées individuellement aux salariés.

    4 applications pour la santé mentale gérées par l’employeur

    Les solutions administrées par l’employeur reposent généralement sur des questionnaires anonymes à destination des salariés, des outils de reporting et des tableaux de bord. C’est notamment le cas de Cegid Wittyfit et Personnify Health.

    Il existe aussi une solution qui ne concerne pas la santé des salariés car elle s’intéresse avant tout à la santé psychique des chefs d’entreprises. Amarok e-santé est un outil numérique gratuit développé par le Service de Prévention et de Santé en Milieu de Travail du  Interentreprises du Tarn en partenariat avec l’Observatoire Amarok, une association s’intéressant à la santé des travailleurs non salariés. Cet outil permet aux dirigeants d’évaluer facilement leur état de santé entrepreneuriale en fonction des événements satisfaisants ou stressants rencontrés dans leur vie professionnelle.

    4 applications dédiées à la santé mentale gérées par le salarié.

    Les applications administrées uniquement par le salarié offrent toutes des rendez-vous avec des professionnels de la santé psychique, des questionnaires d’auto-évaluation personnels et des ressources textuelles ou vidéos sur les thématiques de la santé au travail. Certaines solutions comme Moka.Care et Teale intègrent également des ateliers et des formations dans le domaine de la santé psychique.

    4 applications en co-gestion employeurs/employés.

    Il existe également des solutions administrées autant par l’employé que l’employeur, les données anonymisées récoltées servent à identifier les besoins et d’organiser des ateliers de prévention sur mesure. A cela peut s’ajouter des contenus pédagogiques, des exercices issus des thérapies comportementales et cognitives, des consultations de psychologues pris en charge comme c’est le cas pour Alan Mind, la solution de l’assurance santé digitale Alan à l’origine de la plus grosse levée de fonds de l’année 2024 avec 172 millions d’euros.

    9 solutions destinées à la prévention des TMS

    Les solutions numériques de prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) au travail peuvent être regroupées selon 4 grands axes : celles intégrant des consultations, celles dédiées à une profession spécifique, celles proposant uniquement des exercices et celles reposant sur l’analyse d’image.

    Solutions avec consultations
    Certaines plateformes proposent un accompagnement personnalisé incluant des consultations à distance : Axomove offre un parcours digital avec bilan initial, téléconsultations avec des kinésithérapeutes et des programmes d’exercices vidéo personnalisés, permettant de réduire les douleurs et d’améliorer la santé physique des salariés. Kaia Health, de son côté, combine exercices physiques, relaxation, analyse des mouvements et propose un accompagnement par des coachs santé, pour une prise en charge globale et interactive.

    Solutions dédiées à une profession
    D’autres outils ciblent des secteurs professionnels spécifiques afin d’adapter la prévention aux contraintes du métier : Mouv’s Agri est spécialement conçu pour les travailleurs agricoles, proposant des routines d’échauffement et d’étirement adaptées à leurs gestes et postures, dans le but de limiter l’apparition des TMS liés aux activités physiques intenses du secteur.

    Solutions d’analyse d’image
    Enfin, certaines solutions se distinguent par leur recours à l’analyse d’image pour évaluer les risques et optimiser la prévention : LEA (Logiciel Ergonomique d’Analyse) utilise l’intelligence artificielle pour analyser les postures au travail à partir d’images, comparer les profils posturaux aux normes biomécaniques et identifier les points à améliorer. Nawo Solution, quant à elle, propose une évaluation des risques de TMS à partir de vidéos, génère des rapports détaillés et met à disposition une plateforme de formation en ligne pour aider les entreprises à cibler et réduire les facteurs de risque liés à l’activité professionnelle.

    Solutions uniquement avec exercices

    Certaines solutions misent exclusivement sur la pratique d’exercices physiques pour prévenir les troubles musculosquelettiques. 100 Office Workouts propose une large sélection d’exercices faciles à réaliser au bureau, afin de lutter contre la sédentarité et les tensions musculaires. Activ’Dos, développée par l’assurance maladie, offre des exercices personnalisés et des vidéos pédagogiques pour prévenir et soulager les douleurs lombaires, favorisant ainsi une meilleure santé du dos au travail. Ces outils, simples et accessibles, permettent aux salariés d’intégrer facilement l’activité physique à leur journée de travail.

    1 solution globale

    Padoa centralise le suivi médical, la convocation, la gestion des effectifs et la prévention des risques sur une unique plateforme accessible aux employeurs, salariés et services de santé au travail. Elle vise à faciliter la planification des visites, la collecte et la sécurisation des données, tout en offrant des outils de diagnostic et de suivi adaptés à la réglementation. La sécurité et la confidentialité des données sont au cœur de la solution, avec des certifications ISO 27001 et 27701, garantissant la conformité aux normes les plus strictes en matière de protection des données personnelles

    1 solutions dédiée au sport

    PaceUP! souhaite encourager l’activité physique des salariés de manière ludique  via un système de compétition entre collaborateurs.

    @H&TI
  • Silver économie : la CNIL accompagne six projets sur la gestion des données personnelles des seniors

    Pour sa quatrième édition, le programme « bac à sable » de la CNIL s’est ouvert aux innovations de la silver économie. L’appel à projets ciblait des solutions technologiques conçues pour accompagner le vieillissement de la population, en particulier celles destinées au maintien à domicile, à l’accompagnement administratif ou aux services à la personne. Sur la quinzaine de candidatures reçues, six ont été retenues pour bénéficier d’un accompagnement par la CNIL.

    Trois projets lauréats accompagnés pendant six mois

    Parmi les projets sélectionnés pour un accompagnement approfondi :

    • O₂ développe un dispositif visant à améliorer la sécurisation des flux de données échangées entre partenaires médico-sociaux, sociaux et administratifs, tout en repérant plus efficacement les fragilités des personnes âgées suivies à domicile.
    • OSO-AI propose une solution basée sur la reconnaissance sonore par intelligence artificielle pour les établissements médico-sociaux. L’outil détecte automatiquement des sons critiques (chutes, détresse respiratoire, etc.) et alerte les soignants en temps réel, renforçant ainsi la réactivité sans recours à la vidéosurveillance.
    • Neural Vision (MISSIA) met au point une application mobile de suivi à distance permettant aux proches et aux professionnels de santé de surveiller les conditions de vie des seniors, d’identifier les changements dans leur niveau d’autonomie et d’ajuster les soins en conséquence.

    Ces projets bénéficieront d’un accompagnement personnalisé de six mois par les experts de la CNIL, avec pour objectif la mise en conformité des dispositifs tout en favorisant leur développement.

    Trois autres projets bénéficieront d’un appui ciblé

    Outre les lauréats principaux, trois projets recevront un soutien juridique et technique, sans intégration complète au programme d’accompagnement :

    • CDIET, solution de suivi diététique à destination des structures d’aide à domicile et des EHPAD, pour un meilleur encadrement nutritionnel après hospitalisation ou au quotidien.
    • DIWALL, plateforme facilitant la création de colocations sécurisées entre seniors autonomes, avec services intégrés et outils de gestion administrative.
    • SONAID, logiciel de détection sonore intégré à des dispositifs de téléassistance, pour repérer les signaux de détresse au domicile et prolonger l’autonomie des personnes âgées.

    Un retour d’expérience partagé avec l’ensemble de la filière

    Les résultats de cet accompagnement alimenteront le plan d’action de la CNIL pour la silver économie. Cette initiative prévoit notamment une actualisation du « pack de conformité » sur les données personnelles publié en 2017. Comme pour les éditions précédentes, un bilan des travaux sera publié pour permettre aux autres acteurs du secteur de s’appuyer sur les enseignements tirés de ces expérimentations.

  • US : hellocare.ai lève 47 M$ pour équiper plus de 13 000 chambres d’hôpital en solutions de soins virtuels assistés par l’IA

    Une plateforme unique pour les soins virtuels assistés par IA

    La société américaine hellocare.ai annonce une levée de fonds de 47 millions de dollars, dans le cadre d’un tour de financement de croissance sursouscrit, mené par HealthQuest Capital. Parmi les investisseurs figurent Bon Secours Mercy Health, UCHealth, OSF Ventures et LRVHealth. Déployée dans plus de 70 systèmes de santé, la plateforme entend accélérer sa phase d’hyper-croissance et renforcer l’intégration de l’intelligence artificielle dans les modèles de soins hospitaliers.

    Conçue comme une solution unifiée, hellocare.ai regroupe plusieurs services : soins infirmiers virtuels, surveillance à distance, consultations vidéo, documentation ambiante, tableaux blancs numériques, soins à domicile et engagement patient. L’ensemble est supporté par une infrastructure technologique interne – matériel, logiciel, IA et intégration aux dossiers de santé électroniques – permettant un déploiement rapide et adaptable à grande échelle.

    Des usages étendus dans les hôpitaux

    AdventHealth vient d’annoncer son adoption à grande échelle,à savoir plus de 13 000 chambres réparties sur 50 établissements en seront équipées. Objectifs : fluidifier les processus cliniques, améliorer l’expérience patient et optimiser l’efficacité opérationnelle. Bon Secours Mercy Health et UCHealth jouent un double rôle dans cette dynamique : investisseurs dans cette levée de fonds et utilisateurs actifs de la solution.

    L’approche de hellocare.ai repose sur une hybridation des modèles de soins, combinant assistance humaine et virtuelle. L’intelligence artificielle y est mobilisée pour soutenir les équipes, réduire la charge administrative et renforcer la sécurité des patients. L’entreprise prévoit d’accélérer ses déploiements et d’approfondir ses capacités technologiques dans les mois à venir, en réponse à une demande croissante pour des infrastructures hospitalières.

  • BioMérieux déploie un test PCR multiplex dédié à la surveillance épidémiologique environnementale

    BioMérieux annonce le lancement mondial en avril d’un test PCR multiplex capable de surveiller en temps réel les pathogènes respiratoires dans les eaux usées. Cette solution fournit des données épidémiologiques aux autorités sanitaires, renforçant ainsi la surveillance des épidémies respiratoires.

    Une vigilance accrue face aux épidémies respiratoires

    Depuis la pandémie de COVID-19, les infections respiratoires sont une priorité sanitaire mondiale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi une liste d’agents pathogènes prioritaires nécessitant une vigilance renforcée, notamment :
    • Virus respiratoire syncytial (VRS) : responsable de plus de 100 000 décès annuels chez les enfants de moins de 5 ans
    • Grippe aviaire A(H5N12) : présentant un taux de létalité de 40 %
    • Grippe saisonnière : impact significatif sur toutes les classes d’âge, notamment les plus de 65 ans
    • Infections à métapneumovirus humain : détectées depuis décembre 2024, entraînant une hausse des hospitalisations chez les 5-14 ans en Asie

    Une nouvelle approche pour la surveillance épidémiologique

    Les dispositifs conventionnels de diagnostic in vitro présentent plusieurs limites :
    • Sous-détection : selon une étude de l’Inserm, 90 % des cas symptomatiques de COVID-19 sont passés inaperçus après le premier confinement en France.
    • Réactivité insuffisante : les tests individuels ne permettent pas une anticipation efficace des vagues épidémiques.
    • Contraintes logistiques : les campagnes massives de dépistage génèrent des coûts humains et financiers considérables.
    D’où l’intérêt d’une surveillance environnementale via l’analyse des eaux usées, pour détecter en amont la circulation de virus et bactéries respiratoires.

    Watchfire Respiratory Panel : test de nouvelle génération

    Le test Watchfire Respiratory Panel, basé sur la technologie PCR multiplex de dernière génération, apporte trois avancées majeures :
    • Détection simultanée de 22 pathogènes respiratoires en un seul test
    • Résultats rapides : disponibles en moins d’une heure, permettant un suivi quasi instantané
    • Déploiement décentralisé : compatible avec les laboratoires de proximité, facilitant une réponse rapide sur le terrain

    Surveillance des maladies infectieuse, un marché mondial en expansion

    En réponse aux leçons tirées de la pandémie de COVID-19, cette innovation s’inscrit dans un marché de la surveillance en croissance :
    • La plateforme BioFire FilmArray Torch intègre le logiciel Fireworks, offrant une visualisation dynamique des tendances épidémiologiques.
    • Le système permet aussi la détection de gènes de résistance aux antibiotiques.
    • Il renforce la surveillance environnementale, y compris dans les zones à ressources limitées.
    bioMérieux se postionne sur un marché mondial de la surveillance des maladies infectieuses est estimé selon Mordor Intelligence à 720 millions en 2025 et devrait atteindre 1,37 milliard USD d’ici 2030.

     

  • L’IA s’impose progressivement dans le secteur de l’autonomie des personnes âgées

    Le département de l’Yonne fait appel à l’IA pour mieux adapter sa politique en faveur des personnes âgées

    Le conseil départemental de l’Yonne a fait appel en 2024 à ALOGIA GROUPE, afin de conduire une étude basée sur l’intelligence artificielle et l’open data pour mieux mesurer les besoins en matière de perte d’autonomie sur ses territoires.

    La collectivité a fixé trois objectifs :

    • Identifier les fragilités des bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (Apa) ;
    • Identifier les territoires de non-recours ;
    • Déterminer les territoires dans lesquels l’action du département doit être priorisée.

    En se fondant sur les déterminants du bien vieillir de l’OMS, 4 groupes de population ont été identifiés, de P1 (le plus haut niveau de risque) jusqu’à P4. Il s’est avéré que 16% des 4 200 bénéficiaires de l’APA nécessitaient un « haut niveau de prévention active » (P1), car ils cumulent des difficultés sur 3 déterminants identifiés par l’OMS, et 23% se situent en P2.

    Le dispositif s’appuie sur le logiciel RevealCare d’ALOGIA GROUPE, lequel combine intelligence artificielle et algorithmes prédictifs ; il a permis de dégager plusieurs observations significatives :

    • Des différences de recours à l’APA entre les communes. Certaines d’entre elles présentent un recours à l’APA insuffisant par rapport au recours moyen. C’est le cas pour près d’un tiers (28%) des 423 communes du département ;
    • Certaines communes apparaissent à risque de fragilité et d’isolement, selon un indicateur qui prend notamment en compte leur accès plus difficile aux services médicosociaux et aux soins. L’étude a produit des cartes identifiant ces différences entre les territoires.

    Cette étude constitue une aide à la décision pour le département, qui sera en mesure de mieux évaluer les besoins en matière d’APA et de mettre en place des actions de prévention nécessaires pour mieux anticiper la perte d’autonomie à domicile et en établissement. La conférence des financeurs départementale sera destinataire de l’étude et pourra s’inspirer de ses conclusions pour le financement de mesures de financement de la perte d’autonomie.

    L’IA en Ehpad nécessite un investissement humain

    L’intérêt de l’IA en Ehpad s’impose progressivement, au travers des appels d’offres de l’ANS[1] et de différentes expérimentations. L’une d’entre elles a été présentée lors d’une webconférence du magazine en ligne Gérontonews.

    Julien Brunet, directeur des Ehpad finistériens des Abers et de Plabennec, a présenté le bilan positif de l’expérimentation dans un Ehpad d’un outil de reconnaissance des signes prédictifs de troubles anxieux chez les résidents : Emobot[2] détecte précocement les troubles anxieux des résidents en filmant l’expression de leurs visages. « Dans 83% des cas, la détection des troubles est plus précoce qu’avec un psychologue seul ». Le dispositif, discret, a été bien accepté par les résidents[i]

    On sait que l’IA permet aussi le repérage des chutes, notamment la nuit[3] et apporte une réponse concrète à des problèmes bien connus en Ehpad mais aussi à domicile. Les services supports peuvent être aussi utilisateurs de l’IA comme aide à la gestion des ressources humaines ou à la gestion financière.

    Lors de cette conférence, les participants ont cependant insisté sur les réserves des professionnels[4], qui craignent une déshumanisation des soins ainsi que d’être dépossédés de leur savoir-faire ou de ne pas être à la hauteur. Un préalable est donc de former et rassurer les personnels. D’autant que l’usage de l’IA est désormais soumise à l’encadrement du règlement général de protection des données (RGPD) de l’UE, qui entre en vigueur progressivement jusqu’en 2027. Les Ehpad qui utiliseraient des solutions d’IA se voient contraints dans l’utilisation de ces outils, afin que soit garantie la sécurité des données à caractère personnel de leurs résidents. La réglementation européenne prévoit des niveaux de garantie différents selon le niveau de risque de l’IA. Certains usages sont prohibés, d’autres, considérées comme étant « à haut risque », exigent un contrôle plus important. Sur cet aspect aussi, la formation des personnels est indispensable et une assistance juridique peut être nécessaire.

    Dans ces conditions, seules les structures importantes ou regroupées dans un groupement de coordination sociale et médicosociale (GCSMS) peuvent s’engager dans cette voie, par ailleurs coûteuse. « L’Ehpad de 80 lits, tout seul, dans son coin, n’y arrivera pas »[ii].

    L’IA à domicile : de multiples solutions d’IA

    De nombreuses solutions utilisant l’IA existent pour la surveillance des personnes âgées à leur domicile[5]. L’association La Prévention médicale a récemment distingué le dispositif Epoca de télésurveillance pour personnes âgées polypathologiques à domicile. Il repose sur une collecte en temps réel de données médicales essentielles sur le patient. En cas d’urgence une alerte est donnée pour une intervention rapide par téléconsultation, grâce à un téléphone configuré préalablement. Une équipe d’experts en gériatrie disponible 24h/24 analyse les données, gère les alertes et coordonne les interventions. La plateforme de suivi a bénéficié à plus de 4 000 patients depuis 2019, diminuant, d’après les porteurs de projet , de 50% à 80% les hospitalisations et passages aux urgences, soit en moyenne 17,5 jours d’hospitalisation évités par rapport à l’année précédente de référence.

    Sur l’étude ALOGIA pour le département de l’Yonne :

    https://alogiagroupe.com/wp-content/uploads/2025-02-24-Le-departement-de-lYonne-et-ALOGIA-menent-une-mission-de-prevention.pdf

    Sur le dispositif  Epoca :

    https://epoca.health/epoca/

    [i] Voir article bilan 2e appel à projet de l’ANS 20241031

    2 Voir article sur Emobot 20241029

    3 Voir articles plan de prévention des chutes 20220228 et téléassistance et prévention des chutes du 240124

    4 Voir article IA  dans MS :des attentes et des craintes 20250312

    5 Voir article le domicile du futur… 20241121

     

  • Réforme du 100 % santé : les primes des contrats individuels en hausse jusqu’à +12 % pour les plus de 85 ans (étude Drees)

    Une réforme favorable à l’accès aux soins, mais à un coût croissant pour les complémentaires

    Progressivement mise en place entre 2019 et 2021, la réforme du 100 % santé vise à offrir aux assurés couverts par un contrat responsable un accès sans reste à charge à certains soins onéreux : prothèses dentaires, auditives et lunettes. Ce dispositif repose en grande partie sur les organismes de complémentaire santé, qui en assurent le financement résiduel après remboursement par l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Cette nouvelle charge s’est traduite par une hausse significative des primes, en particulier pour les contrats individuels.

    Des primes en nette augmentation après 60 ans

    Selon l’étude publiée aujourd’hui par la DREES et réalisée avec l’Irdes et l’Inserm, les primes des contrats individuels augmentent avec l’âge à partir de 40 ans. Pour un assuré dit « de référence », la prime mensuelle moyenne est passée de 87 à 93 euros à 60 ans (+7 %), de 115 à 127 euros à 75 ans (+11 %), et de 130 à 146 euros à 85 ans (+12 %) entre 2019 et 2021. Cette évolution concerne plus fortement les assurés disposant de contrats peu couvrants ou intermédiaires. En revanche, les contrats collectifs, couvrant principalement les actifs, affichent une stabilité des primes sur la même période. La dynamique de hausse est donc concentrée sur les populations âgées, qui sont aussi les plus concernées par les soins pris en charge dans le cadre du 100 % santé.

    Une forte progression du recours aux soins ciblés par la réforme

    L’étude montre un accroissement important du recours aux équipements inclus dans le panier 100 % santé. Entre 2019 et 2021, le nombre de personnes équipées de prothèses auditives a augmenté de 75 %. Chez les 70-79 ans, cette proportion est passée de 2,2 % à 4,1 %, soit une hausse de 83 %. Les acquisitions de lunettes et de prothèses dentaires ont progressé de 17 %, là encore majoritairement chez les personnes âgées de 60 ans ou plus.

    Une charge élevée pour les complémentaires malgré l’impact de la crise sanitaire

    En deux ans, les remboursements des complémentaires santé pour les soins du 100 % santé ont progressé de 2,1 milliards d’euros (+30 % par rapport à 2019). Cette hausse a toutefois été partiellement compensée par une baisse conjoncturelle des remboursements sur d’autres postes de soins pendant la crise sanitaire, à hauteur de 2,6 milliards d’euros. Une contribution exceptionnelle de 1,5 milliard d’euros a en outre été imposée aux organismes complémentaires.

    Au total, la dépense nette supplémentaire s’établit à 0,9 milliard d’euros sur 2020-2021, tandis que les primes collectées par les complémentaires ont crû de 1,1 milliard sur la même période. La hausse des dépenses se concentre sur les postes de soins du 100 % santé et sur les assurés de 60 ans ou plus.

    Une évolution appelée à se poursuivre

    L’effet modérateur de la crise sanitaire sur les dépenses des complémentaires pourrait n’être que temporaire. À mesure que le recours aux soins inclus dans le panier 100 % santé augmente et que la population vieillit, les primes pourraient continuer à croître pour les assurés les plus âgés, en particulier ceux disposant de contrats individuels. L’étude souligne également l’importance de la sensibilisation au dispositif pour favoriser son utilisation, ce qui, in fine, pourrait renforcer cette tendance à la hausse.

  • L’Institut Curie investit dans la formation de 220 managers pour moderniser le management hospitalier

    Un programme structurant pour refondre la culture managériale en santé

    Après deux années de conception, l’Institut Curie lance un dispositif de formation managériale destiné à ses 220 cadres – médecins, managers paramédicaux et administratifs. D’ici à 2027, tous auront suivi un parcours combinant théorie, pratique, outils numériques et coaching, dans l’objectif de faire évoluer les pratiques managériales au sein de l’hôpital. Pour Anne-Claire de Reboul, directrice adjointe de l’Ensemble hospitalier, cet investissement vise à garantir l’efficacité de l’organisation autant qu’un environnement de travail stimulant. La démarche s’inscrit dans le cadre du projet social Curie 2030, qui fait du management un levier d’attractivité, de fidélisation des talents et de qualité des soins.

    Une montée en compétences progressive et collective

    Le programme repose sur une structure hybride. Il comprend six modules en présentiel autour des postures managériales (coach, communiquant, innovant, etc.), des sessions de co-développement, du e-learning, des mises en situation pratiques et des ateliers thématiques sur des sujets tels que le harcèlement ou les risques psychosociaux. Chaque participant commence par un travail d’introspection, via l’outil D.I.S.C., pour identifier ses modes de fonctionnement. Un coaching individuel vient ensuite compléter le dispositif afin de faciliter l’appropriation des outils dans les contextes spécifiques à chaque service.

    Partage d’expériences et adaptation aux évolutions

    Onze promotions sont actuellement engagées dans le programme. Toutes les six semaines pendant un an, les managers se retrouvent pour partager leurs expériences et réfléchir aux transformations du métier. Parmi les thématiques abordées : le management intergénérationnel ou l’adaptation aux nouvelles attentes des équipes hospitalières. Pour le Dr Nicolas Pouget, chef de service de chirurgie gynécologique et mammaire, le partage d’expérience autour de situations concrètes est une composante essentielle du programme. Rémi Goudefroye, cadre paramédical, confirme que cette formation a modifié sa pratique, notamment dans l’animation des réunions : « plus d’écoute, moins de verticalité ».

    Avec ce dispositif, l’Institut Curie entend affirmer sa position de référence parmi les Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC) en matière d’innovation managériale. Au-delà de la montée en compétences individuelles, il s’agit de structurer une communauté de managers partageant une culture commune et adaptée aux réalités actuelles du soin.

  • Alibaba Cloud déploie ses solutions d’IA en santé sur le continent asiatique

    Vieillissement et maladies chroniques : un enjeu de santé publique

    Alibaba Cloud, branche technologique du groupe chinois Alibaba, intensifie le déploiement de ses solutions d’intelligence artificielle en santé préventive, notamment en Asie. Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique régionale marquée par des enjeux croissants liés au vieillissement de la population et à la prévalence des maladies chroniques.

    La proportion des personnes âgées de 60 ans et plus connaît une croissance rapide sur le continent. D’ici 2050, la part des personnes âgées de 60 ans et plus atteindra, selon l’OMS, 22,9 % de la population en Asie du Sud-Est, contre 12,2 % en 2024 (OMS). Ce vieillissement s’accompagne d’une hausse des maladies non transmissibles :
    • 75 % des personnes âgées souffrent de pathologies telles que le diabète, l’hypertension ou les maladies cardiovasculaires
    • 93,9 % des décès chez les plus de 60 ans sont dus à ces maladies

    IA préventive : vers une médecine personnalisée

    Face aux limites des stratégies classiques de prévention (campagnes, dépistages), l’intelligence artificielle permet :
    • Une détection précoce des risques via l’analyse prédictive
    • Des recommandations personnalisées fondées sur les données des patients
    • Une automatisation des processus, réduisant les coûts et améliorant l’efficience des soins

    Les Technologies développées par Alibaba

    Avec un investissement de 53 milliards de dollars sur trois ans, dans le développement de ses infrastructures d’intelligence artificielle, Alibaba Cloud intensifie le déploiement de technologies dédiées à la santé préventive, notamment dans les domaines de l’analyse prédictive, du triage automatisé et du suivi médical à distance. Alibaba Cloud propose aujourd’hui :
    • Une plateforme d’apprentissage automatique pour l’implémentation de modèles prédictifs en ligne
    • Des modèles propriétaires, dont la série Qwen (modèles de langage médical), les outils multimodaux combinant texte, image et données biologiques, et le système Cloud-native Inference pour des recommandations en temps réel
    • Des outils SaaS comme AI Doc, dédiés au traitement automatisé des documents médicaux.

    L’expansion en Asie : une dynamique soutenue

    Alibaba Cloud étend sa présence à travers 87 zones de disponibilité dans 29 régions, dont 24 en Asie. En 2025, l’entreprise enregistre une croissance de plus de 100 % sur deux trimestres consécutifs, avec des déploiements ciblés dans les systèmes de santé publique.
    Alibaba vise un leadership régional en santé numérique, en s’appuyant sur :
    • Un réseau de plus de 10 000 partenaires (établissements de santé, startups, instituts de recherche).
    • Des collaborations avec les gouvernements, pour accompagner la transition vers une médecine prédictive.

     

  • Santé mentale : lancement du label « Grande Cause Nationale 2025 » pour valoriser les initiatives engagées

    Un dispositif de labellisation au cœur d’une stratégie interministérielle

    La santé mentale a été officiellement désignée Grande Cause Nationale pour l’année 2025. Une décision réaffirmée par le Premier ministre lors de son discours de politique générale, dans un contexte où un Français sur deux déclare avoir souffert psychiquement au cours des douze derniers mois, tandis que 70 % estiment encore que le sujet reste tabou. Pour structurer la mobilisation autour de cette priorité, le Gouvernement a lancé un dispositif de labellisation destiné à soutenir les organisations qui agissent pour le bien-être psychique. Coordonné par le ministère chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, sur proposition du délégué ministériel à la Santé mentale et à la Psychiatrie, ce label donne accès à plusieurs leviers :

    • Reconnaissance institutionnelle des projets labellisés.
    • Droit d’usage de l’identité visuelle « Parlons santé mentale ! ».
    • Accès à un kit de communication et à une visibilité renforcée.

    Un plan de communication interministériel accompagnera ce dispositif tout au long de l’année 2025, avec des actions adaptées aux différents publics pour renforcer la prévention, le repérage précoce, l’écoute et l’orientation vers les parcours de soins.

    Conditions d’éligibilité et objectifs ciblés

    Les structures souhaitant obtenir ce label doivent porter des actions concrètes autour de la santé mentale, gratuites ou proposées à prix modéré, et répondre à un ou plusieurs des objectifs de la Grande Cause Nationale 2025 :

    • Lutter contre la stigmatisation des troubles psychiques.
    • Favoriser la prévention et le repérage précoce.
    • Améliorer l’accès aux soins sur tout le territoire.
    • Accompagner les personnes concernées dans leur quotidien.

    La labellisation est ouverte à tous types d’acteurs (associations, collectivités, établissements, entreprises) engagés dans des événements ou projets de sensibilisation, de prévention ou d’accompagnement.

    Dépôt des candidatures : modalités pratiques

    Les organisations intéressées peuvent déposer leur dossier dès à présent via la plateforme dédiée : santementale.gouv.fr, onglet « Labellisation ». Les premières demandes seront examinées à partir du début du mois de mai.

  • Un tiers des PME américaines arrêtent de financer une assurance santé d’une année sur l’autre (JPMorgan)

    Les PME confrontées à l’arbitrage budgétaire de la couverture santé

    Environ un tiers des petites entreprises américaines ont cessé de payer une assurance santé d’une année sur l’autre, révèle un rapport de l’Institut JPMorganChase publié en avril. Ce constat concerne à la fois les entreprises avec salariés (« employer firms ») et celles sans salariés (« nonemployer firms »), qui représentent une large part du tissu entrepreneurial américain. En 2018, 32 % des entreprises sans salariés ayant souscrit une assurance santé ne l’ont pas renouvelée en 2019. La proportion est proche pour celles avec salariés : 31 %. Sur la période post-pandémique 2022-2023, le phénomène se maintient avec respectivement 26 % et 27 % d’abandons.

    Des décisions contraintes par l’augmentation des coûts

    Le rapport pointe les coûts croissants comme principal facteur de renoncement. « Les petites entreprises doivent composer avec des ressources limitées, ce qui les oblige à faire des choix difficiles », les entreprises ayant vu leur charge liée à l’assurance santé fortement augmenter sont aussi celles qui y renoncent le plus souvent. L’arrêt de la couverture santé ne signifie pas l’arrêt de l’activité. Ainsi, parmi les entreprises sans salariés ayant cessé de payer une assurance santé, 89 % étaient toujours actives un an plus tard, et 70 % au bout de cinq ans. Côté entreprises avec salariés, ces taux atteignent respectivement 93 % et 79 %.

    Des choix de dernière extrémité, selon Morgan Health

    Un second rapport, émanant de Morgan Health — l’unité de JPMorgan Chase dédiée à l’assurance parrainée par les employeurs — apporte un éclairage qualitatif. Selon ce document, abandonner la couverture santé reste une décision de dernier recours. Certains dirigeants interrogés affirment préférer réduire d’autres postes de dépense, comme les embauches ou les projets d’expansion, avant d’envisager cette suppression.

    Des solutions peu accessibles aux petites structures

    Des alternatives existent, comme les ICHRAs (Individual Coverage Health Reimbursement Arrangements), qui permettent aux employeurs de financer via des fonds exonérés d’impôts les primes d’assurance individuelle de leurs salariés. Mais leur adoption reste faible, faute de temps ou de connaissance de ces dispositifs.

    Morgan Health souligne également que les petites entreprises rencontrent davantage d’obstacles pour intégrer des solutions innovantes, du fait de l’absence de services RH structurés capables d’évaluer les options disponibles et d’aligner les choix avec la stratégie globale.

    Un besoin de simplification et d’accompagnement

    Enfin, le rapport pointe la complexité et l’opacité du système de ressources en matière de couverture santé. Les dirigeants de PME expriment un besoin clair : accéder à une plateforme centralisée pour mieux comprendre les options disponibles et faciliter leurs décisions.