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  • Lancement du premier modèle d’IA cardiovasculaire en Chine pour améliorer le diagnostic médical

    Maladies cardiovasculaires : 50 % de la mortalité nationale en 2020

    Le centre cardiaque de l’hôpital Zhongshan (Fudan) et l’Académie de l’intelligence artificielle pour la science de Shanghai ont créé CardioMind, premier grand modèle d’IA médicale spécialisé dans le diagnostic et le traitement intelligent des maladies cardiovasculaires. Les maladies cardiovasculaires représentaient 50 % des décès en Chine en 2020, l’ischémie cardiaque ayant doublé en zones rurales depuis 1988, selon le Global Burden of Disease. Les approches classiques présentent des limites : l’angioplastie (PCI) guidée par FFR ou SPECT requiert équipements coûteux et expertise pointue, avec des résultats inégaux selon les centres. Les modèles décisionnels manuels basés sur les protocoles WHO/ESC sont longs à appliquer en routine clinique. Par ailleurs, les téléconsultations rurales, souvent sans personnel qualifié, creusent les inégalités d’accès aux soins.

    Conséquences :

    • Seulement 1,5 % des arrêts cardiaques soudains bénéficient d’une prise en charge adaptée en milieu urbain
    • Zhongshan a accueilli 820 000 admissions en cardiologie l’an dernier
    • Le faible ratio cardiologue-patient, aggravé par le vieillissement, retarde le diagnostic

    CardioMind : une IA cardiaque née à Shanghai

    Développé par l’Académie de l’intelligence artificielle pour la science de Shangha avec le centre cardiaque Zhongshan, CardioMind imite les raisonnements des experts pour améliorer diagnostic et traitement. Ce modèle multimodal s’appuie sur des centaines de milliers de dossiers, intégrant ECG, échographies, bilans biologiques et données textuelles. Il propose une interface sécurisée, avec un module psycho-éducatif et une anonymisation rigoureuse des données.

    Des essais cliniques en phase bêta

    CardioMind couvre plusieurs spécialités : maladies coronariennes, arythmies, insuffisance cardiaque. Il collecte automatiquement les antécédents, analyse ECG, échographies, bilans biologiques, et génère un diagnostic structuré.

    • Essai clinique lancé il y a quatre mois
    • Comparaison en temps réel entre diagnostics IA et experts humains

    Plus de 200 hôpitaux chinois bientôt équipés du modèle CardioMind pour automatiser les soins cardiaques

    Les premiers résultats montrent :

    • Gain de plusieurs heures grâce à l’automatisation
    • Aucune erreur majeure sur cas complexes
    • Augmentation de 20 % des actes réalisés en périphérie grâce au soutien de l’IA

    CardioMind, modèle vertical, intégré et spécialisé, sera déployé dans plus de 200 hôpitaux secondaires d’ici fin 2025, soutenu par le centre Big Data de Zhongshan (inauguré en 2019) et par iFlytek Medical, entreprise leader en IA médicale spécialisée dans les technologies vocales et cloud appliquées à la santé.

     

  • Etude : la rédaction de comptes rendus médicaux par l’IA largement adoptée (JAMIA)

    l’IA générative au service de la rédaction médicale dans 43 hôpitaux américains

    Des chercheurs américains du Duke University Health System ont mesuré le taux d’adoption des outils d’IA générative dans 43 systèmes de santé américains, tous membres du Scottsdale Institute. Si les systèmes de rédaction médicale assistée par IA se sont généralisés, les autres cas d’usage de l’IA présentent des niveaux d’adoption et de réussite nettement plus variables, comme le montrent les résultats* publiés le 1er juillet dans le Journal of the American Medical Informatics Association. 

    Aide au diagnostic, au dépistage, à la lecture de l’imagerie… les usages de l’IA font l’objet de très nombreuses publications scientifiques. Mais dans la grande majorité des cas, il s’agit d’essais restreints, dans quelques établissements ou sur des populations spécifiques. Le chemin vers une adoption généralisée et un véritable impact sociétal est donc long, et rien n’est garanti. 

    Coûts, pénurie : l’IA peine à s’imposer dans les pratiques hospitalières

    Pourtant, à l’heure où les systèmes de santé de nombreux pays sont confrontés à de graves défis en matière de qualité, de coût et de pénurie de main-d’œuvre auxquels l’intelligence artificielle est souvent appelée à la rescousse. Et de plus en plus d’études définissent les contours de son champ d’application. Cependant, son utilisation effective dans les soins de santé reste mal connue. Une équipe de chercheurs américains du Duke University Health System a donc cherché à évaluer l’adoption de l’IA, à identifier les principaux freins rencontrés par les établissements de santé, et à mettre en lumière les premiers exemples de réussite. 

    Concrètement, ils ont mené une enquête transversale à l’automne 2024 auprès de 67 membres du Scottsdale Institute, un réseau de systèmes de santé à but non lucratif aux États-Unis. Quarante-trois d’entre eux ont répondu (taux de réponse : 64%). Les participants ont fourni des données sur le statut de déploiement et le succès perçu de 37 cas d’usage de l’IA répartis en 10 catégories. 

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 1er juillet 2025 dans le Journal of the American Medical Informatics Association (Jamia).  

    Résultats : L’IA adoptée avant tout pour alléger la charge de travail des soignants 

    • 100% des établissements déclarent avoir adopté l’IA pour sa fonctionnalité « Ambient Notes », la rédaction automatisée de comptes-rendus. 53% la jugent très efficace.  
    • 90% des établissements ont déployé l’IA à des fins d’analyse d’imagerie médicale mais 19% estiment en tirer un haut bénéfice. 
    • La stratification du risque clinique est adoptée par plusieurs centres, mais seulement 38% déclarent des résultats très satisfaisants.  
    • 23% seulement des établissements jugent que les outils d’IA sont efficaces pour la gestion financière.  
    • Pour 72% des participants, la réduction de la charge pesant sur les soignants fait figure de motivation principale pour adopter l’IA.  
    • 77% jugent que la maturité insuffisante des outils d’IA est le frein n°1 à leur adoption, suivie par les préoccupations financières (47%) et les incertitudes réglementaires (40%). 

    Ces résultats mettent clairement en évidence une adoption massive de l’IA pour automatiser la création de comptes rendus médicaux. Selon les auteurs de l’étude, « l’IA générative appliquée à la rédaction médicale semble avoir franchi rapidement le “fossé” de l’innovation : elle est passée des premiers utilisateurs enthousiastes à une adoption plus large par la majorité pragmatique. Cette adoption rapide pourrait s’expliquer en partie par l’épuisement professionnel des soignants après la pandémie de COVID19.  

    Des outils jugés « immatures » 

    En dehors des Ambient Notes, l’adoption de l’IA reste inégale. Si l’immaturité des outils est le principal obstacle, « l’échec relatif de ces outils peut aussi s’expliquer par la surcharge cognitive des soignants, trop sollicités ou “désensibilisés” aux alertes pour réagir efficacement », avancent les chercheurs.  

    Pour favoriser une adoption plus importante mais en toute sécurité des outils d’IA, les auteurs soulignent qu’il est nécessaire de :  

    • Réaliser des évaluations continues avant, pendant et après chaque déploiement.
    • Partager les retours d’expérience entre établissements, car les contextes d’usage varient.
    • Créer des plateformes techniques communes pour faciliter l’intégration des outils d’IA dans les pratiques médicales.
    • Diffuser largement les bonnes pratiques (déploiement, évaluation, support) tout en protégeant la confidentialité.
    • Inciter les professionnels à publier les résultats concrets, même en dehors des canaux académiques traditionnels. 

    A ce stade, les chercheurs estiment en effet que « les évaluations actuelles sont souvent insuffisantes, biaisées ou trop lentes. » 

    *Adoption of artificial intelligence in healthcare: survey of health system priorities, successes, and challenges.  

    Poon EG, Lemak CH, Rojas JC, Guptill J, Classen D.  

    J Am Med Inform Assoc. 2025 Jul 1;32(7):1093-1100. doi: 10.1093/jamia/ocaf065. PMID: 40323320; PMCID: PMC12202002. 

    https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12202002/ 

  • IDF : Enovacom déploie ORTIF, la plateforme régionale de télésanté qui couvre 2,6 millions de prises en charge

    Enovacom retenu pour la 3ᵉ génération de la plateforme ORTIF, 2,6 millions de prises en charge

    Le Groupement Régional d’Appui au Développement de la e-Santé (SESAN), GRADeS de la région Île-de-France, a choisi Enovacom pour déployer ORTIF, nouvelle version de sa plateforme régionale de télésanté. Présentée comme le plus important programme régional de télésanté en Europe en nombre de structures et d’actes, ORTIF poursuit le développement d’une solution utilisée par plus de 42 000 professionnels de santé et comptabilisant près de 2,6 millions de prises en charge patient.

    Des services étendus pour les professionnels et patients : La plateforme ORTIF prend en charge plusieurs types d’actes : téléconsultation, téléexpertise et téléradiologie. Cette nouvelle version intègre des évolutions techniques et fonctionnelles :

    • Renouvellement de l’ergonomie pour améliorer l’expérience des soignants.
    • Interopérabilité renforcée avec les systèmes d’information locaux.
    • Intégration facilitée pour la facturation des actes.
    • Nouvelles fonctionnalités du portail Ville-Hôpital.
    • Modules d’intelligence artificielle (rédaction automatique de comptes rendus, assistance au diagnostic).
    • Téléconsultation assistée avec transmission des paramètres vitaux via dispositifs médicaux connectés.
    • Application patient pour la prise de rendez-vous, les consultations vidéo sécurisées et le partage de documents.
    • Module d’interprétation des EEG.

    Sélectionné pour renforcer la télésanté auprès de 42 000 professionnels franciliens

    Enovacom, filiale d’Orange Business depuis 2018, fournit des solutions à plus de 1 500 établissements de santé français. L’entreprise mise sur la réplicabilité des plateformes régionales et l’intégration des outils numériques à l’échelle territoriale. Le contrat ORTIF s’inscrit dans sa stratégie de croissance sur le marché de la télésanté. Pour Laurent Frigara, Deputy CEO d’Enovacom, ce renouvellement confirme la capacité de l’entreprise à “proposer des solutions intégrées, interopérables et souveraines”. Christelle Rejou, directrice du programme ORTIF chez SESAN, souligne l’objectif : faire d’ORTIF une plateforme ergonomique et intégrée aux outils quotidiens des professionnels pour renforcer l’accès aux soins sur le territoire francilien.

  • Dépistage en France : le baromètre Roche Diagnostics alerte sur des insuffisances

    Une enquête auto-administrée en ligne sur le diagnostic in vitro ; 1 Français sur 2 surestime sa santé

    Roche Diagnostics France, en partenariat avec l’institut CSA, publie les résultats de la première édition de son baromètre sur la santé des Français. L’étude révèle un décalage notable entre une perception positive de leur état de santé et une réalité marquée par des retards de dépistage, notamment en diagnostic in vitro. L’enquête, menée en ligne par l’institut CSA pour Roche Diagnostics France porte sur un échantillon représentatif de 2 024 adultes (méthode des quotas : sexe, âge, CSP, région). Deux axes ont été étudiés :

    • La perception de l’état de santé et les comportements de prévention.
    • La fréquence et la nature des examens DIV réalisés.

    Dépistage en France : des taux de recours préoccupants, le non-recours au dépistage expliqué par un sentiment de non-concerné

    Alors que 35 % des Français déclarent souffrir d’une maladie chronique (diabète, maladies cardiovasculaires, respiratoires), la prévention reste un point faible du système de santé. Bien que 71 % de Français se déclarant en bonne santé, le recours au diagnostic in vitro demeure insuffisant, notamment pour les cancers :

    • 46 % des femmes n’ont pas fait de mammographie dans les deux dernières années.
    • 48 % des plus de 50 ans n’ont pas dépisté le cancer colorectal.
    • Parmi les non-participants aux dépistages, 35 % ne se sentent pas concernés par le cancer du sein, 31 % par le cancer colorectal.
    • 34 % des Français ont renoncé à des soins, surtout pour raisons financières ou difficulté d’accès aux praticiens, un taux particulièrement élevé chez les moins de 35 ans (47 %) et les aidants familiaux (55 %).

    Disparités régionales : un frein au dépistage en France, jusqu’à 40 % de renoncements aux soins dans les Hauts-de-France,

    Les écarts sont marquants selon les régions :

    • Consultation chez le médecin généraliste : 93 % en Bourgogne-Franche-Comté contre 76 % en PACA et Corse.
    • Vaccination antigrippale (65 ans et +) : 82 % en Île-de-France, 47 % en PACA et Corse.
    • Renoncement aux soins : jusqu’à 40 % dans les Hauts-de-France, contre 29 % en Bretagne.

    Ces inégalités s’expliquent par la densité médicale, la précarité socio-économique et une faible culture préventive. Pour améliorer le dépistage, renforcer l’accès aux soins et la sensibilisation est essentiel.

    Taux de dépistage inférieur à 70 %,

    À titre de comparaison, l’Allemagne et les Pays-Bas affichent des taux de dépistage supérieurs à 70 %. Pour Roche Diagnostics France, ce baromètre est à la fois un signal d’alerte et une feuille de route. L’entreprise recommande :

    • D’améliorer l’accès aux tests, en particulier dans les zones sous-dotées.
    • De renforcer la sensibilisation à l’importance du diagnostic précoce.
    • D’agir prioritairement dans les territoires fragiles où les besoins sont les plus critiques.

     

  • Hôpitaux US : les fusions-acquisitions chutent de 87 % au premier semestre 2025, mais un rebond est anticipé

    13 opérations en six mois : le recul des F&A hospitalières se confirme aux USA

    Selon le dernier rapport de Kaufman Hall, les fusions-acquisitions  hospitalières ont marqué un recul aux États-Unis au premier semestre 2025. Le nombre total de transactions atteint seulement 13, contre 35 sur la même période en 2024. Les revenus générés par ces opérations chutent également : 1,4 milliard de dollars au deuxième trimestre, soit huit fois moins que l’année précédente (10,8 milliards). Sur le deuxième trimestre 2025, huit transactions ont été recensées, principalement des cessions de petits établissements. La taille moyenne des vendeurs s’établit à 175 millions de dollars, contre 984 millions un an plus tôt. Aucun rachat impliquant des structures générant plus d’un milliard de dollars de revenus annuels – les mégafusions – n’a été enregistré.

    665 Md$ retirés à Medicaid, 8,7 millions de patients perdent leur couverture

    Kaufman Hall pointe le rôle de la nouvelle législation fédérale, le One Big Beautiful Bill Act, qui prévoit 1 000 milliards de dollars de coupes dans la santé, dont 665 milliards rien que pour Medicaid. Cette réforme va réduire la couverture de 8,7 millions de bénéficiaires, précisant le contexte économique mais renforçant la pression financière sur les établissements hospitaliers. Les hôpitaux ruraux, fortement dépendants de Medicaid, se trouvent en première ligne : leurs marges ont reculé de 12,3 % en un an, et près de 100 établissements ont fermé depuis dix ans. Pour faire face, certains se tournent vers le modèle Rural Emergency Hospital (REH), lancé en 2023 par les Centers for Medicare & Medicaid Services (CMS). Ce dispositif permet de fermer les lits d’hospitalisation pour se recentrer sur les soins d’urgence et ambulatoires. À ce jour, 41 hôpitaux ont adopté ce modèle. ECU Health (Caroline du Nord), Jellico Regional Hospital (Tennessee) et Randolph County Hospital (Géorgie) ont récemment annoncé des projets de réouverture sous statut REH.

    Vers un regain de partenariats au second semestre 2025 ?

    Pour les grands groupes hospitaliers, l’accent est désormais mis sur les soins ambulatoires. Le rapport souligne les investissements croissants dans les centres de chirurgie ambulatoire, comme l’acquisition d’Amsurg par Ascension ou la collaboration de Cleveland Clinic avec Regent Surgical. Un mouvement qui traduit une évolution stratégique vers des services à moindre coût. Kaufman Hall anticipe un regain d’activité F&A sur le second semestre 2025, porté par une double dynamique : la recherche de partenaires par les hôpitaux fragilisés financièrement, et le développement de partenariats ciblés par les acteurs les mieux positionnés. Le paysage hospitalier américain pourrait ainsi continuer sa transformation vers des modèles hybrides associant rationalisation des coûts et maintien de l’accès aux soins.

  • Télémédecine : une feuille de route attendue début 2026 pour structurer son usage en France

    +20 % d’actes en 2024, une hausse qui relance la réflexion sur son encadrement

    Plus de 150 acteurs institutionnels, industriels, professionnels de santé et représentants d’usagers se sont réunis au siège de la Cnam à Montreuil pour le lancement des premières Assises de la télémédecine. Cette concertation s’étendra sur six mois avec sept ateliers régionaux, dans l’objectif d’aboutir en janvier 2026 à une feuille de route pour définir les conditions d’un recours maîtrisé à la télémédecine.

    Avec 69 millions de téléconsultations facturées à l’Assurance maladie entre 2020 et 2024 (soit 1,7 milliard d’euros de remboursement), la télémédecine a vu son usage fluctuer :

    • Marquant un recul entre 2021 et 2023.
    • Avant de repartir à la hausse en 2024 avec 13,9 millions d’actes,
    • En progression de 20 % sur un an.
    • Les téléconsultations restent marginales dans l’activité clinique des généralistes (2 %), mais davantage utilisées en psychiatrie (7 %) et endocrinologie (6 %).

    7 ateliers d’ici fin 2025, pour bâtir des recommandations en janvier 2026

    Les plateformes de téléconsultation représentaient 40 % des actes réalisés en 2024 contre 6 % en 2021, traduisant un basculement des usages, notamment dans les territoires à faible accessibilité médicale, là où les généralistes libéraux téléconsultent principalement avec des patients vivant dans des zones favorisées.

    L’Assurance maladie et la DGOS souhaitent définir les conditions d’un développement complémentaire et coordonné de la télémédecine, en articulation avec l’offre de soins existante. Les ateliers régionaux programmés de septembre à décembre 2025 aborderont notamment les thèmes :

    • De la téléconsultation assistée.
    • De la téléexpertise.
    • De l’accès des publics vulnérables.
    • Et de l’intégration dans les parcours de soins, jusqu’en Outre-mer.

    Les conclusions issues des travaux seront restituées lors d’une journée de clôture en janvier 2026 avant transmission au ministre de la Santé et de l’Accès aux soins, pour poser les bases de recommandations.

  • Télésurveillance cardiaque : le Conseil d’État rejette Microport CRM

    Télésurveillance cardiaque : le Conseil d’État rejette Microport CRM

    Publié le vendredi 11 juillet 2025 à 15h07

    Le Conseil d’État a rejeté la demande de Microport CRM d’annuler le tarif de 550 €/semestre pour la télésurveillance des porteurs de prothèses cardiaques. Il a jugé que ce tarif respecte le code de la sécurité sociale, car fixé selon l’impact clinique, l’intérêt organisationnel et les prévisions de dépenses, critères prévus pour moduler les prix.

  • Diabète : un suivi numérique trop partiel pour endiguer la progression selon la Cour des comptes

    • +34,8 % de hausse des dépenses liées au diabète de type 2 depuis 2015, atteignant 10,2 milliards € en 2022.
    • 4,3 millions de personnes concernées par le diabète de type 2 en France.
    • 30 % des patients présentent déjà des complications au moment du diagnostic.
    • 85 % des dépenses concentrées sur les soins de ville, sans amélioration des indicateurs de suivi.
    • 2 niveaux d’ALD diabète recommandés selon la gravité et la présence de complications.
    • 862 programmes d’ETP recensés, mais seulement 112 spécifiquement dédiés au diabète de type 2.
    • 30 % seulement des patients éligibles bénéficient du programme Sophia d’accompagnement à distance.
    • Le numérique en santé mobilisé via l’ENS pour générer des alertes de risque et faciliter le dépistage.
    • Obligation recommandée d’un parcours combinant éducation, activité physique et nutrition dès le diagnostic.
    • Extension préconisée des restrictions publicitaires sur les produits gras, sucrés et salés aux médias numériques.

    +34,8 % de dépenses liées au diabète depuis 2015, le diabète de type 2 progresse sans amélioration des soins

    Le diabète de type 2 touche 4,3 millions de personnes en France, avec des dépenses atteignant 10,2 milliards d’euros en 2022, en hausse de 34,8 % depuis 2015, sans amélioration notable de la qualité du suivi des patients.

    Publié en juillet 2025, le rapport de la Cour des comptes analyse la prévention et la prise en charge précoce du diabète dans un contexte marqué par le vieillissement de la population et l’augmentation de l’obésité. Bien que le diabète de type 2 reste moins fréquent en France que dans d’autres pays européens, la pathologie progresse, avec des inégalités sociales et territoriales, notamment en Outre-mer et dans les départements les plus précaires.

    30 % des patients diabétiques présentent déjà des complications au diagnostic

    Le rapport pointe un dépistage souvent trop tardif, alors que 30 % des nouveaux patients présentent déjà des complications au moment du diagnostic. Les dépenses, concentrées à 85 % sur les soins de ville, augmentent sous l’effet des complications et de la longévité des patients diabétiques, sans amélioration des indicateurs de suivi (examens de fond d’œil, dosages, prévention des complications). La Cour des comptes appelle à structurer un parcours de soins proposé dès le diagnostic, combinant éducation thérapeutique, activité physique adaptée et intervention nutritionnelle.

    Parmi les recommandations générales formulées :

    • Découpler l’ALD diabète en deux niveaux selon la sévérité et les complications.
    • Proposer systématiquement un parcours incluant éducation thérapeutique, activité physique et nutrition dès le diagnostic.
    • Recenser et homogénéiser l’offre d’éducation thérapeutique, aujourd’hui hétérogène selon les territoires.
    • Renforcer la prévention primaire via des actions nutritionnelles, une régulation de l’offre alimentaire, et une intensification de la fiscalité comportementale sur les produits sucrés.
    • Étendre l’interdiction de publicité sur les produits gras, sucrés et salés aux supports audiovisuels et numériques, notamment via le Nutri-Score.

    Le numérique en santé mobilisé pour le repérage du risque diabète

    L’espace numérique en santé permet désormais d’identifier les facteurs de risque liés au diabète de type 2, grâce à l’exploitation de données. Depuis le décret n°2024-468 de mai 2024, l’espace numérique en santé (ENS) s’inscrit dans la stratégie de prévention du diabète. Il autorise l’exploitation d’informations telles que la sédentarité ou l’obésité, déclarées par les assurés ou renseignées par les professionnels de santé, afin de générer des alertes de risque.

    D’après le rapport, l’ENS pourrait ainsi faciliter l’incitation au dépistage systématique lors des bilans prévention proposés à 45 ans, notamment pour les femmes ayant eu un diabète gestationnel, et contribuer à mieux cibler les actions selon les facteurs de risque.

    30 % des diabétiques éligibles bénéficient du suivi Sophia, selon la Cour des comptes

    Si l’assurance maladie a développé le programme Sophia, un accompagnement multicanal à distance des patients diabétiques, son efficacité reste limitée à certains indicateurs et ne touche qu’environ 30 % des patients éligibles. Ce dispositif propose un suivi via courriels, appels téléphoniques et supports numériques, mais peine à atteindre les patients les plus éloignés du système de santé, malgré une baisse globale des coûts d’hospitalisation pour les adhérents.

    862 programmes d’ETP recensés, seuls 112 ciblent le diabète type 2

    La Cour des comptes recommande de renforcer l’articulation entre le suivi numérique et les actions d’éducation thérapeutique, qui demeurent hétérogènes selon les régions et les structures financées par les ARS. En 2022, 862 programmes ont été recensés, dont seuls 112 citaient le diabète de type 2, signe d’un potentiel encore sous-exploité pour la prévention numérique de cette pathologie.

    Le rapport souligne enfin la nécessité d’adapter le régime des affections de longue durée pour inclure l’éducation thérapeutique et l’activité physique dans le parcours de soins dès le diagnostic de diabète de type 2, en mobilisant tous les outils numériques existants pour renforcer l’adhésion des patients et le suivi personnalisé via l’ENS.

    Cour des comptes : Rapport public thématique Prévention et prise en charge précoce du diabète

  • Cegedim Santé déploie Maiia Médecin pour simplifier la gestion des cabinets de ville

    Une solution tout-en-un sans formation pour les médecins de ville

    Cegedim Santé renouvelle son offre aux médecins libéraux avec le lancement de Maiia Médecin, une solution tout-en-un combinant prise de rendez-vous en ligne, dossier patient, consultation, prescription, facturation et téléservices de l’Assurance-maladie. « Nous avons constaté un immense besoin de simplification », indique Benoît Garibal, directeur général de Cegedim Santé, précisant que l’objectif est une prise en main immédiate sans formation.

    La Consult’ : un webinaire de 20 min pour tester Maiia Médecin en conditions réelles

    Pour accompagner ce lancement, Cegedim Santé propose « La Consult’ », un webinaire de 20 minutes, basé sur un cas clinique, permettant aux médecins de tester l’outil sans perturber leur activité. Les praticiens naviguent en direct dans l’interface : gestion de l’agenda, accès au dossier patient, connexion aux modules comme la base Claude Bernard, jusqu’à la facturation et la gestion des téléconsultations. Les questions des participants portent notamment sur la gestion des listes d’attente, l’annulation de rendez-vous ou le paramétrage des formulaires.

    Maiia Médecin automatise la synthèse de consultation avec un assistant IA embarqué

    Point central de Maiia Médecin, l’assistant de consultation IA écoute et analyse les échanges durant la consultation, classe automatiquement les informations dans les sections appropriées du dossier patient et génère une synthèse de consultation, que le praticien valide avant enregistrement. Cette fonctionnalité réduit le temps de rédaction et permet un accès rapide aux informations.

    Les médecins peuvent s’inscrire aux prochaines sessions de La Consult’ programmées jusqu’au 17 juillet. Un replay est proposé aux participants, qui bénéficient par ailleurs de six mois d’abonnement offerts à Maiia Médecin après leur participation au webinaire.

  • Santé des femmes et psychiatrie infantile : deux appels à projets ARS Île-de-France pour 2025

    L’ARS soutient les projets d’innovation organisationnelle pour la santé des femmes

    L’ARS Île-de-France lance un appel à projets dans le cadre de son PRS 2023-2028 pour soutenir des innovations organisationnelles ou de recherche-action permettant d’améliorer l’accès à la santé des femmes. Les thématiques gynécologie et périnatalité sont exclues, les innovations numériques peuvent être intégrées aux projets.

    Les priorités concernent le renforcement des connaissances sur la santé des femmes (santé mentale, pathologies cardiovasculaires, addictions, santé au travail) et l’amélioration de l’accès aux soins, notamment pour les femmes en situation de vulnérabilité (aidantes, monoparentalité, horaires décalés, victimes de violence). L’appel s’adresse aux structures franciliennes (établissements de santé, structures médico-sociales, MSP, CDS, DAC, associations, CPTS) qui peuvent s’associer à d’autres partenaires (patients, collectivités, recherche).

    Les projets sélectionnés seront mis en œuvre sur deux ans après signature de la convention. Les candidatures doivent être déposées avant le 17 septembre 2025 via la démarche simplifiée disponible en ligne, avec contact possible à l’adresse suivante : ars-idf-datos@ars.sante.fr.

    4,6 millions d’euros pour la psychiatrie périnatale et infantile

    Dans le cadre d’une enveloppe nationale de 25 millions d’euros, dont 4,6 millions pour l’Île-de-France, un appel à projets régional vise à renforcer l’offre en psychiatrie périnatale, de l’enfant et de l’adolescent. L’objectif est de compléter l’équipement en lits d’hospitalisation temps plein, développer les dispositifs alternatifs (ambulatoire, hospitalisation partielle ou à domicile) et améliorer la prise en charge des urgences et des crises, en lien avec les CMP et les équipes mobiles.

    Les projets doivent répondre aux orientations du PRS 2023-2028 et s’articuler avec les PTSM, en lien avec les acteurs du médico-social, de l’éducation, de la prévention ou de la justice. Les priorités incluent la prévention du risque suicidaire chez les adolescents et le développement de l’offre en psychiatrie périnatale, avec des soins coordonnés parents-bébé, y compris en ambulatoire.

    L’appel s’adresse aux établissements autorisés en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, en coopération avec les acteurs concernés. Les dossiers doivent être transmis avant le 24 octobre 2025 aux adresses dédiées après présentation préalable du projet aux DDARS concernées. Le nombre de dossiers est limité selon le territoire et la portée régionale du projet.

    Les lauréats devront produire un rapport annuel d’activité et l’ARS se réserve la possibilité de reprendre les crédits en cas d’absence de mise en œuvre effective. La sélection sera arrêtée par le Directeur général de l’ARS Île-de-France, avec une attention portée aux départements prioritaires et aux territoires sous-dotés.