Digikare, startup toulousaine spécialisée dans le suivi numérique des parcours chirurgicaux, rejoint le projet européen VBP.O (Value-Based Procurement Orthopedics), soutenu par EIT Health. Ce projet pilote un modèle d’achat hospitalier fondé sur les résultats mesurés chez 5 000 patients en France, Espagne et Danemark, dans un contexte où les chirurgies de la hanche et du genou pourraient doubler d’ici 2050 alors que les budgets de santé resteront contraints.
15 millions de données pour piloter les parcours orthopédiques
Fondée en 2017, Digikare a conçu la plateforme Orthense, qui a permis de collecter plus de 15 millions de données de vie réelle (PROMs, PREMs) sur les parcours orthopédiques. Ces données sont fondées sur un recueil structuré des résultats de santé.
En 2025, Digikare publie un premier modèle prédictif de la qualité de vie à un an après la pose d’une prothèse de hanche ou de genou, en utilisant uniquement les données préopératoires.
Avec l’augmentation des besoins en chirurgie orthopédique et les contraintes budgétaires, la nécessité d’optimiser les parcours et de repenser leur financement devient nécéssaire. Digikare propose un pilotage des soins par les résultats, permettant aux établissements et autorités de mieux cibler et financer les soins.
La start-up sud-coréenne Noul a présenté sa technologie de dépistage des cellules du cancer du col de l’utérus basée sur l’IA lors de la conférence NVIDIA GTC 2025. Une technologie in vitro non invasive, validée cliniquement, promet un diagnostic rapide, automatisé et accessible.
Le cancer du col de l’utérus demeure un fléau évitable mais largement sous-diagnostiqué. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 340 000 femmes en meurent chaque année, principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Parmi les freins majeurs au dépistage efficace :
Moins de 50 % de couverture dans de nombreuses régions d’Asie.
Un délai moyen d’analyse de 1 à 2 semaines.
L’invasivité des tests conventionnels, souvent mal acceptée.
Une innovation IA : dépistage automatisé et sans contact
Noul, entreprise basée à Séoul, a développé MiLab CER, un dispositif de diagnostic in vitro intégrant une IA de nouvelle génération. Cette technologie permet :
Une détection automatisée des anomalies cellulaires cervicales à partir de frottis.
Une lecture et une analyse sans intervention manuelle ni subjectivité humaine.
Ce système connecté vise à s’imposer comme une alternative plus rapide, plus fiable et mieux acceptée.
L’IA atteint 95 % de sensibilité en temps record
Une étude prospective de deux ans a été conduite dans des hôpitaux et laboratoires de cytopathologie de la région de Yongin. L’objectif : comparer les performances de l’IA à la méthode de référence du système Bethesda, interprétée par des cytopathologistes expérimentés.
Les résultats, obtenus en double lecture (IA vs expert humain) sur des échantillons réels, démontrent :
Une sensibilité de 95 %, équivalente à celle du diagnostic manuel ;
Un temps d’analyse inférieur à 20 minutes, soit 60 fois plus rapide que les méthodes classiques.
Vers un déploiement en Corée du Sud puis vers les pays à faibles ressources
Noul a rejoint l’écosystème NVIDIA Healthcare & Life Sciences (HCLS) cette année pour accélérer l’accessibilité mondiale au diagnostic médical par IA.
Noul prévoit l’installation de 1 000 dispositifs MiLab CER dans les structures de soins primaires sud-coréennes d’ici à 2026.
Cette ambition s’inscrit dans un effort national de modernisation du dépistage féminin grâce à l’IA, avec l’objectif de réduire les inégalités d’accès au diagnostic.
La société cible à la fois les pays à faibles ressources et les systèmes de santé centralisés dans les pays développés, pour démocratiser l’accès au diagnostic rapide et fiable.
ESSMS : la HAS tire les premiers enseignements de la programmation 2023-2027
En 2019, la loi relative à l’organisation et à la transformation du système de santé donnait pour mission à la Haute Autorité de Santé (HAS) de refondre et piloter le dispositif d’évaluation de la qualité des ESSMS. Le décret du 12 novembre 2021 a fixé un nouveau rythme quinquennal des évaluations, selon une programmation pluriannuelle arrêtée par les autorités de tarification et de contrôle (ARS et président du conseil départemental). La première programmation pluriannuelle des évaluations se déroule du 1er juillet 2023 au 31 décembre 2027. Durant cette période de 5 ans, tous les ESSMS doivent avoir réalisé leur première évaluation selon la nouvelle procédure.
La HAS a présenté le 3 juillet les résultats de l’évaluation 2024 des établissements, après celle de 2023 : l’occasion de tirer les premiers enseignements de la nouvelle procédure.
Un dispositif encore mal maîtrisé : seuls 19 % satisfont les critères impératifs en 2024
En 2024, 6 367 ESSMS ont été évalués sur environ 40 000, soit 16% contre seulement 7,4% l’an dernier. Le bilan 2024 montre, comme en 2023, une représentation équilibrée entre le secteur médico-social (accompagnement des personnes âgées ou en situation de handicap) et le secteur social (protection de l’enfance et inclusion sociale), cohérente avec leur poids respectif.
La cotation moyenne sur les 157 critères du référentiel baisse légèrement en 2024, passant de 3,62 à 3,57 sur 4 (avec une mention étoile pour ceux qui dépassent les normes exigées). Les 18 critères dits impératifs (portant notamment sur la gestion des risques, des plaintes, des évènements indésirables) ne sont satisfaits que dans 19% des évaluations réalisées, un chiffre inférieur de 6 points à celui de 2023. Rappelons que les établissements n’obtenant pas 4/4 sur ces critères impératifs doivent élaborer sans délai un plan d’action.
Ces résultats semblent indiquer une difficulté à s’emparer de la procédure, ou du moins à parvenir à des résultats satisfaisants, sur ce que la HAS considère comme essentiel.
Des marges d’amélioration pour les organismes évaluateurs : la durée jugée insuffisante dans 22 % des cas selon la HAS
Les évaluations ont été réalisées par 121 organismes évaluateurs, mais on constate que 15 d’entre eux concentrent la moitié des évaluations réalisées. Le coût moyen d’une évaluation est stable : 7240 € en moyenne en 2024, la moitié des prestations se situant entre 6000 et 8000€.
La HAS n’est pas en mesure de donner une durée moyenne de visite au cours de la procédure, mais elle constate que la durée des évaluations est insuffisante dans 22% des cas, car inférieure aux 2 jours jugés nécessaires pour la pleine application de la méthodologie. Afin de répondre à cet écueil, le dépôt des plannings des visites d’évaluation est devenu obligatoire, ainsi que la déclaration du nombre d’heures sur site et hors site.
A, B, C ou D : Une cotation de la qualité des établissements à venir
Le décret du 4 décembre 2024, fixant les modalités de publication des résultats de l’évaluation, en a précisé le cadre : à compter de septembre 2025, les résultats seront publiés sur le site de la HAS sous la forme d’une échelle qualité et d’un extrait du rapport d’évaluation. Une note A, B, C ou D, définissant le niveau de qualité des structures, sera attribuée pour cinq ans.
Plus de 50 établissements utilisent déjà la plateforme blocs opératoires
L’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) met à disposition des établissements une plateforme numérique dédiée aux blocs opératoires. Cette offre comprend 22 ressources issues des retours d’expérience de terrain pour structurer la gouvernance, piloter l’activité et suivre les indicateurs. Aujourd’hui plus de 50 établissements participent déjà à l’appui terrain de l’Anap. “Cette plateforme vise à fournir aux équipes une vision claire, partagée et pilotable de leur organisation opératoire”, indique Valentin Simon, directeur du pôle performance des prises en charge à l’Anap.
Un parcours en ligne en six étapes
La plateforme propose un parcours en ligne en six étapes :
La réalisation d’un autodiagnostic.
L’accès à des outils de pilotage.
La structuration de la gouvernance.
La programmation des activités.
Le suivi des indicateurs.
Le renforcement de la coopération avec les services partenaires.
L’Anap complète sa plateforme avec quatre nouveaux guides
Quatre nouvelles publications complètent la plateforme :
Indicateurs de performance du bloc : actualisation des taux de démarrage, vacations vides, retards et débordements, avec modes de calcul et utilité pour adapter les moyens selon les performances constatées.
Gouvernance du bloc opératoire : rôles des conseils de bloc, cellules de programmation, binômes de pilotage, et place de la charte de bloc et du rapport d’activité.
Coopération avec les services partenaires : leviers pour fluidifier les échanges avec soins, pharmacie, imagerie, biomédical, techniques, et éviter les ruptures de coordination.
Performance humaine et qualité des soins : structuration de la qualité autour du PAQSS, intégration des nouveaux arrivants, et développement des compétences.
En parallèle, l’Anap poursuit son appui terrain “Blocs chirurgicaux : 3 jours pour gagner du temps opératoire”. Ce dispositif court permet aux établissements de dégager des marges de progrès grâce à une analyse personnalisée de l’organisation du bloc.
Cette initiative s’adresse aux équipes de bloc et aux DSI impliqués dans la digitalisation du pilotage des blocs opératoires. Elle fournit une base d’autoévaluation, de formation et d’outillage pour moderniser la gouvernance des blocs, faciliter la programmation et valoriser les données disponibles au sein des établissements.
A l’occasion de la journée APInnov, Nicolas Revel (AP-HP) et Nicolas Dufourcq (Bpifrance) ont annoncé une coopération pour accompagner l’innovation en santé, favoriser la création de startups issues de la recherche publique et valoriser ses résultats. Ce partenariat repose sur une mobilisation conjointe des ressources, compétences et outils des deux institutions.
Intégré dans les stratégies nationales, ce partenariat contribue à deux plans portés par Bpifrance : le plan Deeptech (objectif de 500 startups deeptech créées par an d’ici 2030) et le plan Santé (10 milliards d’euros jusqu’en 2029). L’accord vise à :
Accroître le rayonnement de la recherche médicale française et européenne en tant que levier de développement industriel.
Stimuler la création de startups dans quatre domaines prioritaires : traitements, santé numérique, distribution des soins, prévention.
Clarifier les pratiques entre recherche publique et secteur privé.
Créer un environnement favorable à la croissance des projets innovants.
@Hôtel-Dieu, brevets, hub : l’AP-HP met son écosystème au service des startups en santé
Grand promoteur académique européen, l’AP-HP concentre 10 % de la recherche nationale et 25 % de la recherche biomédicale. Elle dispose d’un écosystème articulé autour :
De plusieurs types d’innovations : thérapeutiques, technologiques (IA, télémédecine), organisationnelles.
De tiers-lieux comme @Hôtel-Dieu, favorisant les coopérations entre startups, chercheurs et entreprises.
D’un pôle transfert & innovation, gérant 850 familles de brevets et 200 licences pour 25 M€ de revenus en 2025.
D’un hub innovation, facilitant l’accès aux ressources internes pour les porteurs de projet.
Bpifrance proposera à l’AP-HP des outils comme Tango et Tandem pour faciliter les connexions entre chercheurs et entrepreneurs. Des événements conjoints, sessions de sensibilisation à l’entrepreneuriat et conseils en levée de fonds sont également prévus. Par ailleurs, les deux partenaires travailleront à la transformation des pratiques internes de l’AP-HP, via le développement d’achats publics et la simplification des processus de transfert de technologie.
L’IA de Microsoft atteint un taux de réussite de 80 %
Microsoft a dévoilé lundi les résultats de son système d’intelligence artificielle MAI-DxO (Microsoft AI Diagnostic Orchestrator), présenté comme surpassant l’humain dans l’identification de pathologies complexes. Testé sur plus de 300 études de cas issues du New England Journal of Medicine, le système, associé au modèle o3 d’OpenAI, a résolu plus de huit cas sur dix, contre deux sur dix pour les médecins isolés de toute ressource externe. Mustafa Suleyman, PDG de Microsoft AI, estime (dans un entretien au Guardian) que cette avancée ouvre la voie à une “superintelligence médicale” capable de dépasser l’humain, avec des systèmes quasi sans erreur d’ici cinq à dix ans.
La nécessité de validation clinique avant un usage clinique à grande échelle
Microsoft insiste sur le maintien du rôle clinique des praticiens, au-delà du diagnostic, dans la gestion de l’ambiguïté et la relation de confiance avec les patients. Selon l’entreprise, l’IA pourrait devenir un auxiliaire pour automatiser certaines tâches, identifier plus précocement des maladies et personnaliser les traitements, sans remplacer le lien humain. MAI-DxO n’est pas encore prêt pour une utilisation clinique immédiate. La multinationale souligne que la sécurité, la validation clinique et la régulation constituent des étapes préalables nécessaires avant tout déploiement à grande échelle.
Oncologie : Microsoft intègre son orchestrateur IA santé dans Azure AI Foundry
En parallèle, Microsoft a annoncé l’intégration de son “orchestrateur d’IA”, pour la gestion des soins en cancérologie, dans le catalogue d’agents de la plateforme Azure AI Foundry. Cet orchestrateur permet de coordonner plusieurs agents IA personnalisables capables d’exploiter des données de santé différentes et de s’intégrer aux outils utilisés en milieu hospitalier. L’orchestrateur regroupe des agents préconfigurés capables de collaborer dans le cadre de flux de travail multidisciplinaires comme les réunions de concertation pluridisciplinaire. Il propose des options open source pour que développeurs et chercheurs puissent concevoir des agents adaptés à leurs besoins. Ces agents sont conçus pour raisonner sur des données cliniques, comme les dossiers médicaux électroniques (DME), les images DICOM, les lames entières de pathologie ou les données génomiques.
L’orchestrateur IA santé de Microsoft déjà testé dans des hôpitaux américains
Les agents peuvent être intégrés dans les outils de productivité de Microsoft tels que Teams, Word, PowerPoint ou Copilot. Ils sont compatibles avec les infrastructures de données de santé via Microsoft Fabric et les services FHIR. Les développeurs peuvent paramétrer les agents en fonction de leurs propres modèles, instructions et sources de données. Le système propose également des mécanismes d’explicabilité des décisions prises par les agents IA, avec un ancrage dans les données sources du DME. Des institutions comme Stanford, Johns Hopkins, Providence Genomics, Mass General Brigham et l’Université du Wisconsin testent actuellement cet orchestrateur dans les contextes cliniques. À Stanford, où 4 000 patients passent en RCP chaque année, les résumés générés par IA sont déjà utilisés.
Microsoft affirme que son orchestrateur permet de réduire la charge administrative et de transformer les pratiques en milieu hospitalier. L’objectif à terme est d’aboutir à une première mise en production clinique d’une solution générative IA dédiée aux soins réels en cancérologie.
La startup française Mistral AI a annoncé la création de Mistral Compute, une plateforme de calcul dédiée à l’IA, fruit d’un partenariat avec Nvidia. Cette infrastructure sera implantée dans l’Essonne, dans un data center de 40 MW extensible à 100 MW, prévu pour entrer en service en 2026. Objectif : fournir une alternative européenne aux services de cloud dominés par les acteurs américains et chinois. Nvidia livrera à Mistral 18 000 GPU Blackwell pour alimenter cette infrastructure. La startup entend fournir aux entreprises les outils nécessaires au développement d’applications IA sur le sol européen. Mistral Compute proposera une offre intégrée allant du matériel au logiciel :
Serveurs bare metal.
Orchestration.
API.
Produits et environnements PaaS.
Mistral AI prépare une levée de 1 Md$
Pendant que les tensions entre les US et l’Europe se ravivent, cette annonce s’inscrit dans une volonté de bâtir une souveraineté numérique. Arthur Mensch, CEO de Mistral AI, explique qu’il ne s’agit pas seulement de produire des modèles, mais de permettre aux clients de développer les leurs en toute indépendance. Pour ce faire, Mistral prépare une levée de fonds d’un milliard de dollars, selon le Financial Times. Ce nouveau tour de table pourrait suivre la dynamique de celui de 600 millions d’euros en 2024, réalisé par les investisseurs américains Andreessen Horowitz et Lightspeed, General Catalyst. Malgré la difficulté à mobiliser des capitaux européens, Mistral AI peut compter sur des partenaires institutionnels et industriels comme BNP Paribas, Orange, la SNCF, Thales, Veolia ou Schneider Electric. Ces acteurs adoptent Mistral Compute pour déployer des solutions IA.
Au T2 2025, le montant des levée de fonds a significativement augmenté, à 191,1 millions d’euros soit une augmentation de 76 % par rapport au semestre précédent. Ce trimestre est portée par l’essor de l’IA qui concentre 96% des investissements notamment via Nabla et Wandercraft qui ont respectivement levés 60 et 65,5 millions d’euros. Du côtés des opérations financières hors levée de fonds on relève le rachat de Life & Soft par SeqOne et les difficultés rencontré par Carmat (cessation de paiement), Livmed’s (redressement judiciaire) et Quantum Genomics (liquidation) illustrent les difficultés de financement persistantes. Du côté de l’actualité des levée de fonds de la healthtech on relevera également la création d’un fond fonds dédié à la santé des femmes par la région Ile-De-France et la publication du rapport de Karista sur les fonds d’investissements dédiés à la santé numérique.
📌Les investissements en healthtech française atteignent un record au T2 2025 grâce à l’essor de l’IA et de la robotique
Au deuxième trimestre 2025, les levées de fonds dans la healthtech française ont connu une progression spectaculaire de 76%, atteignant un niveau record, principalement sous l’impulsion des innovations en intelligence artificielle et en robotique. Ce dynamisme s’explique par l’intérêt croissant des investisseurs pour les solutions technologiques de santé, qui représentent désormais une part majeure des financements du secteur. Les start-up spécialisées dans l’IA médicale et la robotique chirurgicale concentrent la majorité des capitaux, traduisant une confiance renouvelée dans le potentiel de transformation du système de santé. Cette tendance confirme la place de la France parmi les leaders européens de la healthtech, avec des montants investis en forte hausse par rapport à l’an passé.
👉L’analyse détaillée des montants des levée de fonds du trimestre par secteurs et technologies est à retrouvé ici.
📌Medtech françaises : entre expansion internationale et crise de trésorerie au T2 2025
Au deuxième trimestre 2025, le secteur français des medtechs se distingue par une forte dynamique de consolidation, illustrée par l’acquisition de Life & Soft par SeqOne, qui double son portefeuille à 140 laboratoires clients et s’étend dans plus de 20 pays. Aqemia renforce sa R&D sur l’ARN grâce à une subvention de 7,4 M€, tandis que Gleamer, après 37 M€ levés, envisage une cession industrielle. À l’inverse, Carmat, qui a brûlé près de 450 M€ en douze ans, et Livmed’s, en redressement judiciaire, peinent à sécuriser leur financement, tout comme Quantum Genomics, désormais en liquidation. Ce panorama reflète un secteur en recomposition, tiraillé entre innovations, levées de fonds sélectives et pressions financières croissantes.
👉H&TI analyse le détails des fusion-acquisition et des faillites de la e-santé de ces trois derniers moi ici.
📌Nabla et Wandercraft dynamisent les levées de fonds du numérique en santé au T2 2025, mais la concentration des investissements freine la croissance globale
Au deuxième trimestre 2025, les entreprises françaises du numérique en santé ont levé 191,1 millions d’euros, dépassant les 164,75 millions d’euros du T2 2024, principalement grâce à Nabla (60 M€) et Wandercraft (65,5 M€) qui totalisent à eux seuls 125,5 millions d’euros. Malgré ces performances, seules cinq entreprises ont franchi le cap des 10 millions d’euros au S1 2025, contre onze l’an passé, illustrant une forte concentration des financements. Le montant global levé au S1 2025 (299,6 M€) reste inférieur à celui du S1 2024 (335,45 M€), et bien loin du record de 2022 porté par Doctolib et DNA Script. À noter, une seule levée de fonds inférieure à 1 million d’euros a été enregistrée ce semestre, contre quatre l’an dernier, marquant une polarisation accrue des investissements sur quelques acteurs majeurs.
👉H&TI dresse la panorama de l’intégralité des levées de fon du second semestre ici.
📌FemTech : l’Île-de-France lance le premier fonds d’investissement pour la santé des femmes, un secteur en plein essor
En 2025, la France compte 170 startups Femtech, affichant une croissance de 21 % en un an, mais le secteur reste sous-financé avec des besoins estimés à 93 millions d’euros. La Région Île-de-France vient de créer le premier fonds français dédié à la santé féminine, doté de 5 millions d’euros et visant 40 millions à terme, pour soutenir l’innovation sur des priorités majeures comme l’endométriose, la fertilité, la ménopause et la cardiologie féminine. Malgré le dynamisme du secteur – 39 % des startups ont doublé leur chiffre d’affaires entre 2023 et 2024, 18 % dépassent le million d’euros de revenus – moins de 10 % des fonds publics de recherche en santé leur sont alloués. Ce fonds régional, co-construit avec Femtech France, ambitionne de structurer l’écosystème, d’accélérer l’accès au marché et de positionner la France parmi les leaders européens de l’innovation en santé des femme
👉H&TI analyse les implication de l’annonce de la création du fond Femtech ici.
📌L’Europe triple ses fonds en santé digitale et capte 32% des investissements mondiaux en 2025
En quatre ans, le nombre de fonds actifs en santé digitale en Europe a bondi de 84 à 254, soit une hausse de 202%, accompagnant l’essor de plus de 3 800 startups sur le continent. Au premier trimestre 2025, 2,1 milliards de dollars ont été investis en Europe, représentant déjà près de la moitié du total annuel 2024 et propulsant la part européenne à 32% des investissements mondiaux, contre 19% l’an passé. Les fonds early-stage dominent (60% des acteurs, 80% chez les nouveaux entrants), tandis que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne concentrent les pôles d’investissement les plus dynamiques. Les “super-investisseurs” (plus de 10 deals) sont désormais 76, en hausse de 38%, et la santé mentale, l’oncologie et la santé féminine restent les secteurs les plus attractifs pour les capitaux.
👉H&TI synthétise les informations essentiels du rapport de Karista ici.
Visuel de synthèse – Levées de fonds T2 2025 – @HTI
Tous les trimestres Health&Tech intelligence analyse les levées de fonds des start-up françaises de la santé numérique. Au programme : montant des levées, acteurs, secteurs et technologies.
Un rebond marqué des levées de fonds : + 76% par rapport au T1 2025 sur un montant total de 191,1 M€
Le deuxième trimestre de l’année 2025 est marqué par un rebond des levées de fonds pour les entreprises de la Healthtech française, qui atteignent un montant total de 191,1 millions d’euros. Cela représente une augmentation de 76% par rapport au trimestre précédent et de 23,5 % par rapport au deuxième trimestre de l’année 2024.
Le montant reste légèrement inférieur à la moyenne de ces 9 dernières années située à 211 millions d’euros par trimestre, mais supérieur à cette moyenne si on ne prend pas en compte la période exceptionnellement riche allant du premier trimestre 2021 au second trimestre de 2022.
Ce montant relativement élevé n’est pas dû à la période de l’année, comme on peut le constater il n’y a pas de trimestre particulièrement prolifique ou particulièrement infructueux. Ce bon second semestre compense le mauvais premier semestre laissant de l’incertitude quant au bilan global de l’année 2025.
Des levées très inégales : 65,5 % des montants levés par 2 entreprises
65 %, du montant total a été par 2 start-up, Wandercraft et Nabla sur un total de 15 opérations. Wandercraft a pour objectif d’être un des leaders mondiaux de l’IA robotique, ces activités ne se limitent pas à la santé, mais leur solution la plus développée, un squelette de rééducation nommé Atalante X, est déjà présente dans plus d’une centaine d’établissements de santé. Quant à Nabla, la start-up est surtout connue pour sa solution de rédaction de compte-rendus médicaux générés par IA déjà adoptée par 130 organisations de santé et 85 000 cliniciens, mais c’est pour une autre solution que Nabla a levé 60 millions d’euros : Nabla a pour ambition de développer une plateforme “agentique adaptative”, incluant un agent de codage, un agent de pré-analyse des dossiers et un agent destiné aux infirmiers. Pour Wandercraft la dernière levée de fonds remontait à 2022 avec 40 millions d’euros et lui a permis de se développer aux Etats-Unis et de multiplier son chiffre d’affaires par 3 en 10 ans, Pour Nabla, la levée de fonds antérieur remonte à janvier 2024 pour une somme de 24 millions d’euros avec notamment Rodolphe Saadé et Xavier Niel parmi les investisseurs.
Cette concentration des montants levés vers un nombre restreint d’acteur était déjà observable le trimestre précédent; Au premier trimestre de l’année 2025 c’est également 65% du montant qui avait été levé par 2 start-ups, Bioptimus et Robeauté, sur un nombre total de 14 levées de fonds. Cette dynamique n’était pas observable l’année dernière et semble indiquer une nouvelle tendance pour l’année 2025.
L’IA incontournable : 96% des levée de fonds concernent des technologies d’IA
Déjà au semestre précédent 73% des entreprises ayant levé des fonds basaient leur solution totalement au partiellement sur des technologies d’Intelligence Artificielle, ce trimestre la proportion monte à 96% des montants levés. Les technologies hors IA (plateforme Saas, application smartphone, réalité virtuelle) représentent 4 des 15 opérations, soit 27%, mais cela concerne des montants bien inférieurs à ceux pour les solutions d’IA. Exception pour le cas de la thérapie digitales Poppins qui a levé 5 millions d’euros en avril.
La robotique en dynamique : 92,5 millions levés en 2025
Sur le plan des secteurs, si le trimestre précédent avait montré une forte dynamique pour le secteur de la Drug Discovery cette fois-ci cette thématique n’est pas présente parmi les financements. Ce qu’on peut en revanche relever c’est que la robotique fait de nouveau partie des deux plus grosse opérations de la période avec Wandercraft qui succède à Robeauté. Egalement on observe que certaines thématiques comme la Femtech, l’oncologie, et les thérapies digitales sont presque systématiquement présentes.
Plus de 3 800 startups et un triplement des fonds en 4 ans
D’après le rapport Karista (« Mapping européen des fonds de santé digitale » publié le 12 mai), en seulement 4 ans, le nombre de fonds d’investissement dédiés ou actifs dans le domaine de la e-santé est passé de 84 en 2021 à 254 en 2025, soit une augmentation de 202 %. Ene croissance qui témoigne de l’intérêt des investisseurs. Le continent européen compte désormais plus de 3 800 entreprises actives dans la santé digitale, avec des pôles dynamiques au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. Ce triptyque concentre à la fois le plus grand nombre de fonds et les volumes d’investissements les plus élevés.
2,1 milliards de dollars levés au premier trimestre 2025 en Europe
Les chiffres du premier trimestre 2025 sont notables : 5,8 milliards de dollars investis dans la santé digitale dans le monde, dont 2,1 milliards en Europe, soit près de la moitié du total investi en Europe en 2024 (4,8 milliards sur toute l’année). Cette progression positionne l’Europe comme un acteur important, représentant désormais 32 % des investissements mondiaux contre seulement 19 % en 2024. Ce renforcement du continent s’explique notamment par plusieurs opérations en late-stage, dont la levée record de la startup Neko, mais aussi par un regain de confiance envers les startups innovantes européennes, notamment dans des domaines porteurs comme la santé mentale, l’oncologie et la santé féminine.
60 % des fonds actifs investis en early stage
Un enseignement clé du rapport Karista est la transformation du profil des investisseurs. Alors que 47 % des nouveaux fonds créés en 2023 étaient exclusivement dédiés à la santé numérique, cette part est tombée à 26 % en 2024. Par ailleurs, 60 % des fonds actifs sont orientés vers l’early-stage, phase importante pour l’innovation, mais cette proportion grimpe à 80 % parmi les nouveaux entrants. La tendance souligne un appétit grandissant pour les investissements en amorçage, où le risque est élevé mais les potentiels de croissance aussi. Le Corporate Venture Capital (CVC) gagne aussi en importance, constituant 24 % des nouveaux fonds, illustrant l’intérêt des grandes entreprises pour les innovations santé digitale.
France, Royaume-Uni et Allemagne : les pôles de levée les plus actifs
La France voit aujourd’hui son avance relative se réduire face au Royaume-Uni, désormais à égalité en nombre de fonds actifs, avec l’Allemagne juste derrière. Cette évolution traduit un équilibre nouveau dans la dynamique des investissements européens, avec une diversification géographique marquée. L’émergence de fonds en Europe de l’Est vient aussi renforcer cette tendance.
En 2024, la France a levé 654 millions d’euros via 54 opérations, un chiffre solide mais en retrait par rapport au quasi-milliard enregistré en 2023. La France reste cependant un pilier, notamment grâce à ses “super-investisseurs” – ces fonds ayant mené plus de 10 transactions – qui sont au nombre de 76 en Europe, soit une hausse de 38 %.
Santé mentale, oncologie et santé féminine : les grands domaines d’intérêt des investisseurs
La santé mentale reste le premier secteur d’intérêt thérapeutique pour les fonds, suivi de près par l’oncologie et la santé féminine. Ce classement témoigne des besoins prioritaires en santé publique et des opportunités technologiques qui se développent dans ces segments. Les solutions digitales de prise en charge psychologique, préventive ou thérapeutique suscitent un fort engouement.
Des “super-investisseurs” en progression (+38%)
Le nombre de super-investisseurs, fonds ayant réalisé plus de 10 transactions, a augmenté de 38 % pour atteindre 76 en 2025. Ces investisseurs les plus actifs jouent un rôle de catalyseur, soutenant à la fois les phases précoces et les étapes de croissance accélérée des startups. Ces acteurs sont majoritairement localisés au Royaume-Uni, en France et en Allemagne, formant un socle solide d’expertise et de capitaux indispensables à la montée en puissance du secteur européen.