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  • FemTech Île-de-France : un fonds inédit pour propulser la santé des femmes

    170 startups et 21 % de croissance pour la Femtech en France

    La Région Île-de-France crée un fonds d’investissement pour soutenir les startups Femtech : un tournant dans l’innovation en santé féminine. Ce fonds, première initiative en France, répond à un besoin de financement et d’accompagnement pour un secteur en pleine structuration.

    Le terme « Femtech » désigne l’ensemble des innovations technologiques dédiées à l’amélioration de la santé des femmes : objets connectés, applications mobiles, dispositifs médicaux, plateformes éducatives, etc. En 2025, la France compte 170 startups actives dans ce domaine, soit une croissance de 21 % en un an, selon le dernier baromètre Femtech France x Wavestone. Cette dynamique s’explique par une prise de conscience des enjeux de santé féminine, tant du côté des usagers que des pouvoirs publics.

    Les startups françaises se distinguent par leur diversité : 47 % œuvrent dans le bien-être, 53 % dans la santé, et de nouveaux segments émergent, comme la ménopause (+6 points en un an) ou la santé mentale. Les entreprises pionnières, à l’image de Fizimed ou Mindology, montrent la voie, tandis qu’une nouvelle génération, plus tournée vers la deeptech et l’e-santé, s’installe durablement.

    Des freins persistants : moins de 10 % des fonds publics alloués

    Malgré cette vitalité, l’accès au financement reste le principal frein à la croissance de la Femtech en France. Les pathologies féminines captent moins de 10 % du financement public de recherche en santé, et les besoins sont immenses : rien que pour les 37 startups répondantes au baromètre 2025, il faudrait 93 millions d’euros pour couvrir les besoins annuels.

    Les investisseurs, encore frileux, perçoivent souvent la Femtech comme un marché de niche. Pourtant, 39 % des startups ont doublé leur chiffre d’affaires entre 2023 et 2024, et 18 % dépassent le million d’euros de revenus annuels. Les succès internationaux, comme Flo Health (UK) ou Maven (US), contribuent à crédibiliser l’écosystème, mais la France manquait jusqu’ici d’un fonds spécifiquement dédié.

    Un fonds régional de 5 M€, avec un objectif de 40 M€

    C’est dans ce contexte que la Région Île-de-France a annoncé, lors du salon VivaTech 2025, la création du premier fonds d’investissement français dédié à la santé des femmes : FemTech Île-de-France. Doté d’une enveloppe initiale de 5 millions d’euros, il vise à terme les 40 millions par effet de levier, sur le modèle du fonds régional pour la réindustrialisation.

    Ce fonds, co-construit avec l’association Femtech France (qui fédère plus de 80 startups), cherche à structurer et soutenir l’écosystème Femtech, en finançant une dizaine de startups innovantes, sélectionnées pour leur potentiel à transformer la prise en charge des pathologies féminines. L’accent est mis sur les projets combinant intelligence artificielle, biotechnologies et dispositifs médicaux.

    Quatre priorités : endométriose, fertilité, ménopause et cardiologie féminine

    Le fonds FemTech Île-de-France se concentre sur quatre axes : 

    • L’endométriose : 1 femme sur 10 touchée, avec un retard de diagnostic de 7 à 9 ans.
    • La fertilité : développement d’outils prédictifs et de parcours personnalisés pour les couples confrontés à l’infertilité.
    • La ménopause : soutien aux capteurs et applications de suivi hormonal, alors que 80 % des femmes jugent leurs symptômes mal pris en charge.
    • La cardiologie féminine : première cause de mortalité chez les femmes, mais encore trop peu prise en compte dans la recherche et l’innovation.

    Un effet d’entraînement attendu pour l’écosystème : jusqu’à 500 000 € de subventions pour les startups en IDF

    L’annonce de ce fonds s’inscrit dans une dynamique régionale ambitieuse : la stratégie Smart Santé de l’Île-de-France fait de la santé des femmes l’un de ses cinq axes prioritaires, et le dispositif Innov’up permet désormais aux startups Femtech d’obtenir jusqu’à 500 000 € de subventions. Par ailleurs, le partenariat entre Femtech France et l’AP-HP, via le tiers-lieu d’expérimentation Hôtel-Dieu, favorise la collaboration entre startups et cliniciens pour accélérer le test et la mise sur le marché des innovations.

    Avec 55 % des startups ayant passé le cap des 3 ans et 30 % celui des 5 ans, l’écosystème Femtech français gagne en maturité et en résilience. L’internationalisation progresse également, avec 26 % des startups bénéficiant déjà de financements étrangers.

    Un signal fort pour l’innovation et l’égalité

    En lançant FemTech Île-de-France, la Région envoie un signal fort : la santé des femmes est un enjeu d’innovation, de compétitivité et d’égalité. Ce fonds devrait permettre à la France de rejoindre le peloton de tête européen, aux côtés du Royaume-Uni et de l’Allemagne, et d’accélérer la transformation de ce secteur à fort potentiel.

  • Investissements : en termes de montants levés, Nabla et Wandercraft portent quasiment à eux seuls l’écosystème français du numérique en santé

    Wandercratf et Nabla lèvent plus qu’Uromems (40M €) au T2 2024

    Si l’on compare les levées de fonds des entreprises françaises du numérique en santé lors du premier trimestre de l’année 2025 à celles qui ont été réalisées au cours du premier semestre de l’année précédente, on remarque qu’en dehors de Wandercraft, Nabla – qui ont toutes les deux réalisé une levée de fonds d’un montant plus élevé qu’Uromems (entreprise qui avait levé le plus gros montant au S1 2024, avec 44 millions €), avec respectivement 65,5M et 60M € levés en juin 2025 – , et Apmonia Therapeutics (20M €), les autres entreprises du secteur n’ont pas réussi à lever plus de 10 millions d’euros.

    Plus globalement, à l’échelle du S1 2025 et en comparaison avec le S1 2024, seules 5 entreprises ont levés plus de 10M €. À la fin du mois de juin 2024, onze entreprises françaises du numérique en santé avaient réussi à lever plus que cette somme depuis le début de l’année : Uromems (44M €), Bioptimus (32,4M €), Aqemia (30M €), Resilience (23,1M €), May Health (23M €), Nabla (22M €), Kinvent (16M €), Cure51 (15M €), Diabeloop (15M €) et Azmed (15M €) et inHeart (10,2M €). Malgré des sommes plus importantes levées au cours de ce premier semestre de l’année 2025, l’inégalité dans les montants levés au cours de ce semestre ne permet au secteur d’observer une augmentation des sommes levées en France, par rapport à l’année dernière : 299,6M € au S1 2025 contre 335,45M € au S1 2024. Cependant, si l’on prend en compte uniquement les sommes levées lors du T2 de ces deux années, l’année 2025 dépasse l’année 2024 avec 191,1M € levés contre 164,75M €.

    Top 6 des levées de fonds des entreprises françaises du numérique en santé lors du T2 2025 - @Health&Tech Intelligence
    Top 6 des levées de fonds des entreprises françaises du numérique en santé lors du T2 2025 – @Health&Tech Intelligence

    Une seule levée de fonds en dessous de 1M € :

    Si ces chiffres sont bien loin d’atteindre ceux du S1 2022, qui était porté par 2 opérations dépassant les 100 M€ : Doctolib (500 M€, série G), et DNA Script (172 M€, série C), les levées de fonds du premier semestre de l’année 2025 se distinguent de celles du S1 2024, car seul financement de moins d’un million d’euros a été réalisé, celles de Little John, auprès de Bpi France, pour un montant de 800 000 €). Pour rappel, au S1 2024, 4 entreprises (Omena, Akivi, Feel et D’un seul geste) avaient levé moins d’un million d’euros.

    Détails des levées de fonds au T2 2025 :

    Entreprise Logo Montant en M€ Mois Thématique  Investisseurs 
    Parallel (ex-Kiosk) Logo de Parallel 3,2 Avril Efficience opérationelle Frst, Y Combinator, Bpifrance, Kima Ventures, Better Angle, Régio IDF
    Okeiro (ex-Predict4Health)
    Logo de Okeiro (ex Predict4Health)
    10,0 Avril Greffe Alven, Forepont Capital Partners et Red River West
    Sim&Cure Logo de Sim&Cure 3,1 Avril Neurologie
    Klaimy Logo de Klaimy 1,2 Avril Assurance Insurtech Gateway, Tenity, U-Investors,
    Diagnoly Logo de Diagnoly 5,5 Avril Femtech n.c
    H’Ability Logo de H'ability 1,2 Avril Thérapies Digitales Yeast et BAMA (Business Angels Marne Ardennes),
    Clikodoc Logo de clikOdoc 1,1 Avril RDV médicaux CAOMIE, une initiative conjointe du Crédit Agricole Martinique-Guyane, Crédit Agricole La Réunion – Mayotte, et Elevation Capital Partners, en collaboration avec BPI France
    Little John Logo de Little John 0,8 Avril Assurance Bpifrance
    Brink Therapeutics Logo de Brink Therapeutics 3,5 Avril Thérapie génique n.c
    Poppins Logo de Poppins 5,0 Avril Thérapies Digitales n.c
    Wandercraft Logo de Wandercraft 65,5 Juin Handicap Renault Group, le fonds PSIM
    Nabla Logo de Nabla 60,0 Juin Compte-rendu médicaux HV Capital, avec Highland Europe en tant qu’investisseur clé, aux côtés de DST Global, et des investisseurs historiques Cathay Innovation et Build Collective de Tony Fadell.
    GeodAIsics Logo de GeodAIsics 5,0 Juin Jumeau numérique n.c
    DESKi Logo de DESKi 6,0 Juin Cardiologie Racine² (fonds à impact de la MGEN), Serena, Makesense, BNP Paribas Développement, Épopée Gestion, Good Only Ventures, Better Angle et le fonds régional NACO
    Apmonia Therapeutics Logo de Apmonia Therapeutics 20,0 Juin Oncologie Conseil européen de l’innovation, et BPI France
  • Acquisitions, redressements et financements au T2 2025 : SeqOne et Aqemia avancent, Carmat et Quantum Genomics en difficulté

    Dans un environnement économique contracté, le secteur navigue entre des opérations de consolidation, du soutien public ciblé et des quêtes de financements. Les opérations de rachat se multiplient, tandis que les acteurs peinent à sécuriser leur trésorerie dans un contexte de hausse des coûts et de ralentissement des levées de fonds. Cette dynamique amorce une recomposition progressive du paysage pour le second semestre 2025.

    • Consolidation avec l’intégration de Life & Soft par SeqOne, qui élargit ses services multi-omics en Europe.
    • Soutien public via France 2030, qui permet à Aqemia de renforcer ses capacités de R&D sur les ARN (7,4M€).
    • Tensions financières pour Carmat, qui s’expose à un risque de rachat étranger, et Quantum Genomics, engagée dans une procédure de liquidation.
    • Pressions réglementaires et concurrentielles dans la livraison de médicaments à domicile : Le cas Livmed’s.
    • Possibles mouvements capitalistiques sur des acteurs comme Gleamer, qui envisage une reprise industrielle.

    SeqOne s’étend, Aqemia se finance, Gleamer se prépare à une cession

    SeqOne rachète Life & Soft et s’étend dans 20 pays

    Le 7 avril 2025, SeqOne a officialisé l’acquisition de Life & Soft, entreprise spécialisée dans l’analyse multi-omics et les services bioinformatiques. Cette opération marque une étape dans la stratégie d’expansion internationale de SeqOne, qui a étendu sa présence de 3 à plus de 20 pays en un an et doublé son portefeuille à 140 laboratoires moléculaires clients, capables de réaliser plus de 100 000 tests génomiques par an. Avec ce rachat, SeqOne intègre dans son offre le logiciel propriétaire d’analyse de données génomiques développé par Life & Soft, une plateforme de séquençage certifiée ISO 9001 installée au CEA, ainsi qu’un portefeuille de clients comprenant plusieurs entreprises du CAC 40. Devenue filiale à 100 %, Life & Soft conserve son expertise tout en s’appuyant sur l’infrastructure de SeqOne pour proposer aux laboratoires des services de bioinformatique (drylab) ou des prestations modulables selon leurs besoins.

    7,4 M€ pour Aqemia et sa technologie IA sur l’ARN thérapeutique

    Le 1er avril 2025, Aqemia a annoncé l’extension de ses recherches dans la découverte de médicaments ciblant l’ARN, grâce à une subvention de 7,4 millions d’euros obtenue dans le cadre de l’appel à projets i-Démo de France 2030, opéré par Bpifrance. Ce financement permettra à Aqemia de renforcer sa plateforme qui associe IA générative et physique atomistique pour explorer de nouvelles cibles thérapeutiques, notamment les ARN. L’entreprise prévoit de tester plusieurs cibles ARN afin d’affiner ses technologies, en poursuivant ses programmes de recherche sur les protéines. Parmi ses projets en cours, un programme mené avec Novalix a déjà montré des résultats sur des cellules cancéreuses et fait actuellement l’objet d’évaluations sur des modèles in vivo.

    Après 37 M€ levés, Gleamer ouvre la porte à une reprise par un industriel

    Gleamer, entreprise française spécialisée dans l’IA appliquée à l’imagerie médicale, envisage une possible cession à un industriel du secteur. Depuis sa création en 2017, la société a levé près de 37 millions d’euros auprès d’investisseurs tels que Supernova Invest, XAnge, Elaia, Heal Capital, MACSF, UI Investissement, Crista Galli Ventures et Bpifrance. Gleamer propose une plateforme d’IA qui assiste les radiologues dans l’analyse semi-automatisée des images médicales. Sur un marché medtech où les rachats se multiplient, l’entreprise réfléchit à l’évolution de son actionnariat et pourrait être reprise dans les mois à venir.

    Faillites et redressements : les secousses T2 2025 des medtechs françaises

    Livmed’s placé en redressement judiciaire

    Le 24 avril 2025, le tribunal de commerce de Nice a placé Livmed’s en redressement judiciaire. Fondée en 2020, la société niçoise, spécialisée dans la livraison de médicaments à domicile, avait levé 2 millions d’euros en 2021 puis 5 millions en 2022, avec le soutien de Sanofi, CMA CGM, Bpifrance et plusieurs business angels, dont Fred Destin et Jacques Richier. En quête d’investisseurs ou d’un acquéreur depuis septembre 2024, Livmed’s n’a pas pu finaliser sa levée de fonds avant la cessation des paiements. La période d’observation court jusqu’au 24 octobre 2025, avec une audience fixée au 18 juin pour examiner la situation et les options de sortie de crise, tandis que l’activité se poursuit sous la supervision de l’administrateur judiciaire. Livmed’s reste par ailleurs engagée dans un litige avec l’Ordre des pharmaciens, qui conteste la légalité de son modèle de livraison. Ce contentieux s’inscrit dans un climat concurrentiel, marqué par le lancement du projet MaPharmacieEnFrance, soutenu par la Caisse des dépôts et La Poste Santé & Autonomie, et porté par les syndicats de pharmaciens.

    Carmat, pionnier du cœur artificiel, en cessation de paiement

    Carmat, fabricant du cœur artificiel Aeson, a été placé en redressement judiciaire le 1 juillet par le tribunal de Versailles, après une déclaration de cessation de paiement. L’entreprise devait trouver 3,5 M€ pour finir juillet, 4,5 M€ pour août et 35 M€ pour couvrir ses besoins sur un an. Depuis sa création en 2008, Carmat a implanté son cœur artificiel sur 122 patients, avec des essais prévus pour une utilisation permanente. Malgré sa position unique en Europe après la perte de marquage CE par son concurrent américain, Carmat n’a pas obtenu les soutiens nécessaires pour sa trésorerie, malgré un appel public lancé auprès des investisseurs, de l’État et de la Banque européenne d’investissement.

    Le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, a reconnu n’avoir « jamais cru » en Carmat, malgré l’octroi en 2013 d’une subvention record de 33 millions d’euros à la medtech. Placée en cessation de paiement, Carmat a brûlé près de 450 millions d’euros en douze ans, financés par des augmentations de capital (380 millions), des dettes (50 millions) et le soutien public. La société n’a pas généré un chiffre d’affaires suffisant pour couvrir ses coûts fixes, malgré la prouesse technologique et scientifique d’Aeson.

    Quantum Genomics vers la liquidation judiciaire

    Le 3 juillet 2025, Quantum Genomics s’est déclaré en cessation de paiements, sollicitant le même jour l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire auprès du tribunal des activités économiques de Paris. L’audience est fixée au 2 septembre 2025. Malgré des discussions avancées avec ses créanciers bancaires, la société n’a pas levé les fonds nécessaires à la poursuite de ses activités de recherche dans le traitement des maladies cardiovasculaires. Quantum Genomics a suspendu sa cotation sur Euronext Growth Paris depuis le 25 octobre 2024, à 0,072 €, et a indiqué qu’en cas de liquidation, ses actions seront radiées de la cote.

    @ Health & Tech Intelligence
  • Etude : l’évaluation des dispositifs médicaux numériques en voie d’harmonisation en Europe (Nature)

    Les dispositifs médicaux numériques (DMD) sont en pleine explosion : applis, IA, objets connectés… Mais les cadres d’évaluation ne sont pas harmonisés entre les pays européens. Résultat : un DMD peut être remboursé en Allemagne, mais pas reconnu en France ; les fabricants sont perdus dans les exigences variables et les autorités de santé peinent à juger ces outils correctement. Ce flou freine l’adoption d’innovations utiles ou, à l’inverse, facilite la circulation de dispositifs présentant des risques.

    La réglementation européenne entre en vigueur

    Il apparaît donc urgent de structurer, fiabiliser et d’harmoniser l’intégration des technologies numériques dans les systèmes de santé européens. Pour protéger les patients, orienter les décideurs et guider les innovateurs. C’est pourquoi l’Union européenne a lancé un processus commun d’évaluation des technologies de santé à partir de 2025. Les États membres et leurs agences d’évaluation y travaillent. La European Taskforce for Harmonised Evaluation of Digital Medical Devices (EvalEUDMD) vient de publier dans Nature Digital Medicine le fruit de son travail. Ils ont élaboré :

    • Une grille de classification permettant de classer les DMN selon leur finalité (prévention, diagnostic, suivi, traitement, aide à la décision clinique, parcours de soins…), leur niveau de risque, et leur mode d’utilisation.
    • Une matrice de preuve : un outil destiné à indiquer quels types de preuves sont nécessaires pour évaluer un dispositif médical numérique en fonction de sa catégorie après une enquête auprès de 10 agences Health Technology Assesment de 9 pays européens (Belgique, Allemagne, France, Autriche, Danemark, Finlande, Norvège, Suède, Portugal)

    4 catégories de dispositifs médicaux numériques

    L’article fournit ensuite des outils concrets pour structurer et faire converger les critères d’évaluation des dispositifs médicaux numériques en UE, en proposant une classification claire et des exigences de preuve adaptées à chaque type de dispositif. L’ensemble a été validé sur 136 DMD, répartis selon les catégories, afin d’en tester l’applicabilité réelle. Ce travail a abouti à la création de la CEUGrid-DMD, incluant 4 catégories de taxonomie (la finalité du DMD, le bénéficiaire ciblé, l’autonomie du système (ex. IA autonome vs outil d’aide) et le niveau d’intervention humaine requis.

    Le règlement européen d’évaluation des Technologies de Santé, entré officiellement en vigueur en janvier, commence donc à prendre forme. Sa mise en œuvre se fera progressivement sur plusieurs années (jusqu’à 2030 pour certaines classes de technologies). D’autant que comme le soulignent les auteurs de l’étude, « à ce jour, peu d’États membres ont mis en place des cadres d’évaluation institutionnalisés pour les DMD ».

    “La production de preuves, un défi”

    Pour souligner l’enjeu de ce travail d’harmonisation, ces derniers ajoutent que “la production de preuves pour accélérer l’adoption des DMD constitue un défi… La Matrice de preuves, qui combine classification des DMD et besoins en génération de preuves, représente une première étape vers un plan structuré de production de preuves, afin de compenser le manque de visibilité dont disposent les entreprises quant aux exigences pour l’accès au marché en Europe.”

    Enfin, même si ce cadre commun s’applique de manière obligatoire uniquement à certaines technologies – notamment les médicaments innovants (anticancéreux, thérapies avancées) et les dispositifs médicaux de haut risque – les auteurs indiquent que leur travail devrait permettre aux états membres de collaborer volontairement sur d’autres technologies.

    *Classification grid and evidence matrix for evaluating digital medical devices under the European union landscape. Boers, M., Rochereau, A., Stuwe, L. et al.  npj Digit. Med. 8, 304 (2025). https://doi.org/10.1038/s41746-025-01697-w

     

  • AAP : financer l’innovation organisationnelle en psychiatrie (ARS IDF)

    Transitions, publics vulnérables, crises et médication… Les priorités du FIOP

    Le Fonds d’innovation organisationnelle en psychiatrie (FIOP), lancé en 2019, ouvre son appel à projets 2025 en Île-de-France. Les établissements publics et privés autorisés en psychiatrie, seuls ou en lien avec libéraux, CPTS, associations ou structures médico-sociales, peuvent présenter des projets innovants portant sur l’organisation des prises en charge ou des équipes, avec un accompagnement financier sur trois ans et une évaluation finale.

    L’appel cible le volet « nouveaux projets innovants » de l’instruction ministérielle. Quatre axes sont prioritaires :

    • Parcours de transition entre adolescence et âge adulte, coordination entre santé, social et médico-social.
    • Prise en charge de publics spécifiques (migrants, personnes âgées, femmes et enfants victimes de violences, PPSMJ, enfants ASE).
    • Prévention et gestion des crises, limitation des soins sans consentement.
    • Optimisation de la prise en charge médicamenteuse en psychiatrie.

    Les projets doivent démontrer leur pertinence pour le territoire, documenter leurs objectifs, indicateurs de suivi, et respecter le cadrage FIOP excluant les projets finançables par d’autres dispositifs.

    Modalités de dépôt et critères de sélection (date limite: 22 septembre)

    Les porteurs doivent présenter leur projet en amont à la Délégation départementale ARS du territoire concerné pour affiner leur dossier selon les priorités régionales. Les établissements situés dans le 77, 91, 93 et 95 pourront déposer jusqu’à trois dossiers, voire quatre pour des projets à envergure régionale, tandis que les autres départements pourront en déposer deux, voire trois selon l’envergure. Le dossier (20 pages maximum, annexes et fiche financière comprises) doit être transmis avant le 22 septembre 2025 midi.

    Les critères de sélection intègrent la pertinence territoriale et le besoin adressé, le caractère innovant, l’impact multi-sectoriel, l’articulation avec l’existant, l’opérationnalité dès 2026, le potentiel de pérennisation, la soutenabilité financière et la qualité du dispositif d’évaluation.

    Les projets retenus seront transmis à la DGOS avant classement national et validation par le ministre de la Santé, tenant compte de leur transférabilité sur le territoire national.

    Référence : INSTRUCTION N°DGOS/P3/2025/74 du 02.07.2025.

  • France 2030 finance 15 nouvelles chaires d’excellence en biologie-santé pour 36 M€

    15 projets en biologie, neurosciences, immunité

    France 2030 engage 36 millions d’euros pour financer 15 nouvelles chaires d’excellence en biologie-santé, sélectionnées parmi 260 intentions déposées et 22 candidatures présélectionnées. Cette vague porte sur des projets en biologie intégrative, neurosciences, immunologie, cancer et maladies rares, mobilisant les expertises de l’Institut Pasteur, Institut Curie, ICM, Collège de France, CNRS, Inserm, et des universités partenaires.

    Les projets financés couvrent :

    • la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies humaines.
    • la biologie cellulaire, du développement et des cellules souches.
    • les neurosciences et troubles du système nerveux.
    • l’immunité, les infections et l’immunothérapie.

    Parmi les lauréats, Guillaume Canaud (Université Paris Cité) développe KRASY sur les thérapies ciblées des malformations vasculaires liées aux mutations KRAS. Stéphanie Debette (Institut du Cerveau) étudie les mécanismes vasculaires des maladies neurodégénératives avec ND-VASC. Daniele Fachinetti (Institut Curie) explore le rôle des centromères dans l’instabilité génomique avec CREATE.

    Vers de nouvelles stratégies thérapeutiques

    Les thématiques financées visent des avancées cliniques :

    • Patrick Melhen (CNRS) cible la nétrine-1 pour prévenir la résistance au cancer (CANCERNET).
    • Sandrine Humbert (ICM) étudie l’évolution de la maladie de Huntington (DEVHD).
    • Nicolas Manel (Institut Curie) travaille sur la détection virale intracellulaire (DIVIS).
    • Marc Lecuit (Institut Pasteur) explore la dynamique des cellules infectées (FIDELIO).
    • Céline Vallot (CNRS, Institut Curie) analyse la plasticité cellulaire dans l’initiation du cancer du sein (BreastCancerStart).

    Des projets d’impact sur la santé humaine et l’IA

    Le projet VisionInAction porté par Nathalie Rochefort (Institut de la Vision) utilise l’IA pour décrypter l’encodage visuel du cortex, ouvrant des pistes pour les prothèses cérébrales. Julien Prudent (Institut Imagine) s’intéresse à la régulation de l’ADN mitochondrial (MitoDNA-QC), tandis que Simonetta Gribaldo (Institut Pasteur) explore la biologie des archées du microbiome humain (HUMAN-ARCHAEA). Ces financements s’inscrivent donc dans la stratégie Innovation Santé 2030, pour renforcer la souveraineté sanitaire par la recherche translationnelle, l’attraction des talents internationaux et le développement de nouvelles cibles thérapeutiques dans des domaines où les besoins médicaux restent élevés.

  • La FDA réduit les délais d’examen à 2 mois pour certains médicaments

    Deux types de vouchers pourront être attribués :

    • des vouchers ciblés sur un produit défini
    • ou des vouchers non désignés utilisables ultérieurement selon les besoins stratégiques de l’entreprise.

    FDA : de 12 mois à 2 mois pour l’examen des médicaments avec le CNPV

    La Food and Drug Administration (FDA) américaine a annoncé le 17 juin 2025 le lancement du “Commissioner’s National Priority Voucher” (CNPV), un dispositif destiné à accélérer l’examen des nouveaux médicaments. Ce programme s’inscrit dans une stratégie visant à favoriser les intérêts sanitaires et industriels des États-Unis.

    Les entreprises bénéficiaires de ces vouchers verront le délai d’examen de leur demande réduit de 10-12 mois à 1-2 mois, grâce à une procédure simplifiée. Contrairement au système standard où les dossiers sont analysés séquentiellement par plusieurs bureaux de la FDA, le CNPV mobilise une équipe pluridisciplinaire de médecins et de scientifiques pour un examen coordonné. Inspiré des “tumor boards” médicaux, ce processus inclut une pré-analyse des données et une réunion d’une journée pour statuer.

    Le programme vise les entreprises répondant à plusieurs priorités nationales : lutte contre une crise sanitaire aux États-Unis, développement de traitements innovants, réponse à des besoins de santé publique non couverts, et renforcement de la production pharmaceutique domestique, considérée comme un enjeu de sécurité nationale. La FDA délivrera les premiers vouchers de façon limitée dès la première année du programme.

    Des conditions de participation strictes

    Pour prétendre au CNPV, les sponsors doivent soumettre le volet “chemistry, manufacturing, and controls” (CMC) et un projet d’étiquetage au moins 60 jours avant la soumission finale du dossier. Ils devront également garantir une communication continue et réactive avec l’agence. La FDA se réserve toutefois la possibilité d’allonger le délai d’examen en cas de dossier incomplet, de résultats cliniques ambigus ou de complexité particulière.

    Une approche inspirée de la pratique clinique : L’approche s’inspire des pratiques multidisciplinaires hospitalières, notamment en oncologie, ou les décisions sont prises en réunissant des spécialistes. L’idée est bien d’adapter ce modèle à l’évaluation des médicaments dans une logique d’accessibilité rapide.

     

  • IA et médecine traditionnelle chinoise : efficacité renforcée contre les maladies osseuses

    En Chine, des chercheurs exploitent l’intelligence artificielle (IA) pour optimiser les granules de médecine traditionnelle chinoise (MTC) dans le traitement des maladies dégénératives des os.  33,5 % des Chinois de plus de 50 ans souffrent de maladies dégénératives osseuses, comme l’arthrose ou l’ostéoporose. Le vieillissement de la population et le faible suivi médical à domicile aggravent les fractures et la dépendance fonctionnelle, avec un impact économique. 

    Des traitements traditionnels efficaces mais encore mal encadrés  

    Bien que les granules de MTC montrent une certaine efficacité clinique, leur usage est freiné par : 

    • des effets secondaires liés aux traitements conventionnels mal tolérés.
    • une faible observance thérapeutique (seulement 50 % respectent les posologies).
    • un manque de standardisation des protocoles (moins de 30 % conformes). 

    IA et MTC : une étude pionnière pour personnaliser les soins  

    Une équipe de l’université de médecine chinoise de Guangzhou a mené une étude en cours de parution dans Frontiers in Medicine combinant pharmacologie, rhumatologie et IA. Les chercheurs ont utilisé un algorithme de classification syndromique pour personnaliser les traitements, optimiser le dosage des granules et suivre les patients via capteurs biométriques. Résultats après 12 semaines : +8 % de densité osseuse, –40 % de douleur, et 85 % de satisfaction. 

    Cinq défis pour fiabiliser l’IA appliquée à la MTC  

    Malgré ces avancées, plusieurs obstacles subsistent : 

    • hétérogénéité des données.
    • terminologie non normalisée. 
    • validation clinique complexe. 
    • interprétabilité des algorithmes.
    • enjeux éthiques et de confidentialité. 

    Un marché en forte croissance 

    Selon le rapport d’introduction en boruse de TCMTech déposé sur le site de la bourse de Hong Kong  le marché des services de MTC assistés par IA en Chine pourrait atteindre 12,6 milliards USD) en 2028, avec un taux de croissance annuel de 51,4 % entre 2023–2028. Les chercheurs chinois appellent à renforcer l’interdisciplinarité, la normalisation algorithmique et les partenariats public-privé pour garantir rigueur et sécurité. 

     

  • Santé mentale : Certaines thérapies numériques font grimper les coûts malgré leur efficacité clinique, selon le PHTI

    Trois types de solutions passées au crible

    Le Peterson Health Technology Institute (PHTI) vient de publier un rapport sur l’impact clinique et économique des solutions numériques de santé mentale, montrant qu’elles améliorent globalement les symptômes de dépression et d’anxiété. Toutefois, certaines catégories de solutions – notamment les soins mixtes – génèrent des surcoûts pour les systèmes de santé.

    L’analyse du PHTI distingue trois familles d’interventions :

    • Solutions autoguidées : contenus numériques accessibles à tout moment, sans interaction humaine ;
    • Thérapies numériques sur ordonnance (PDT) : dispositifs validés par la FDA, prescrits pour une intervention comportementale ciblée ;
    • Solutions de soins mixtes : associant contenus autoguidés et suivi par des professionnels agréés via des équipes virtuelles.

    L’évaluation porte sur les offres de 15 entreprises, dont Amwell, DarioHealth, Talkspace, Spring Health, Teladoc Health et Optum.

    Des bénéfices cliniques confirmés : 3,6 M$ d’économies pour 2 $/mois par membre (pour les solutions autoguidées)

    Les solutions étudiées démontrent une efficacité clinique mesurable sur la dépression et l’anxiété. L’usage des outils numériques de santé mentale reste d’ailleurs élevé depuis la pandémie, représentant 37 % des consultations en santé mentale au troisième trimestre 2023. C’est sur le plan économique que les différences apparaissent.

    • Les solutions autoguidées, à 2 dollars par membre et par mois, génèrent des économies de 3,6 millions de dollars par million de membres commerciaux.
    • Les PDT, à 280 dollars par épisode remboursé, produisent un gain net estimé à 8,7 millions de dollars par million de membres.
    • Les soins mixtes, en revanche, coûtent environ 6 dollars par membre et par mois, auxquels s’ajoutent 792 dollars annuels par utilisateur actif. Résultat : une hausse des dépenses totales de 25,2 millions de dollars par million de membres commerciaux.

    Recommandations du PHTI : négocier les tarifs des soins numériques mixtes

    Selon Caroline Pearson, directrice générale du PHTI, les outils virtuels représentent une opportunité pour étendre l’accès à des soins psychologiques pratiques et efficaces. Elle recommande cependant aux employeurs de négocier des tarifs plus bas pour les solutions de soins mixtes et de favoriser les options les plus économes pour maîtriser les coûts globaux. Ce rapport s’inscrit dans une série d’évaluations indépendantes réalisées par le PHTI sur les technologies numériques de santé. L’Institut a déjà publié des analyses comparables sur l’hypertension, les soins musculo-squelettiques virtuels et la gestion du diabète de type 2.

     

  • bioMérieux acquiert Day Zero Diagnostics pour accélérer le séquençage génomique des infections 

    1,27 million de morts évitables selon l’OMS 

    bioMérieux annonce l’acquisition des actifs de Day Zero Diagnostics, une start-up américaine spécialisée dans le diagnostic génomique rapide, pour un montant inférieur à 25 millions de dollars. Cette opération vise à intégrer des technologies de séquençage de nouvelle génération (NGS) directement applicables au diagnostic des infections graves et résistantes. 

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les infections bactériennes résistantes représentent une urgence sanitaire mondiale.

    • 1,27 million de décès sont directement attribuables chaque année à ces infections résistantes aux antibiotiques.
    • 1,1 million de morts supplémentaires sont liées à des cas de sepsis, souvent causés par ces mêmes agents pathogènes.

    Le défi est de pouvoir identifier rapidement le pathogène et son profil de résistance, afin de prescrire le traitement le plus efficace sans attendre plusieurs jours. 

    2 à 5 jours de délai avec les méthodes actuelles 

    Le diagnostic conventionnel repose encore majoritairement sur :

    • Une culture bactérienne préalable.
    • Des tests ID/AST (identification/sensibilité aux antibiotiques).
    • Un coût élevé peu compatible avec les flux hospitaliers automatisés.
    • Un délai d’obtention des résultats allant de 48 à 120 heures.

    Une innovation combinant NGS et IA 

    Day Zero Diagnostics développe une technologie intégrée de NGS combinant :

    • L’analyse d’échantillons directement à partir de sang total.
    • Un algorithme d’intelligence artificielle pour identifier les espèces bactériennes et prédire les résistances en quelques heures.
    • Un pipeline logiciel et des réactifs propriétaires pour l’identification et la sensibilité aux antibiotiques.

    Un marché en forte croissance d’ici 2028

    • Selon Grand View Research, le marché du NGS appliqué aux maladies infectieuses pourrait représenter 3,4 milliards d’euros de revenus annuels d’ici 2028.
    • Selon Market Research Future, le marché mondial du diagnostic des infections résistantes devrait atteindre 8,5 milliards d’euros d’ici 2030.