Un système basé sur une structure tripartite
Le système de santé est organisé en 3 sous-systèmes distincts : le secteur public, le secteur privé et le système de sécurité social.
Le secteur public offre des services de santé gratuits à tous les résidents indépendamment de leur situation économique ou sociale. Ce système financé par l’État comprend un réseau d’hôpitaux et de cliniques répartis sur l’ensemble du territoire national. Cependant, il est confronté à des défis tels que des disparités géographiques dans l’infrastructure et une surcharge des établissements de santé notamment dans les zones urbaines.
Le secteur privé est composé d’établissements de santé et de professionnels offrant des services médicaux aux patients disposant d’une assurance privée ou capables de payer directement les soins. Environ 10% de la population argentine utilise exclusivement des services privés attirés principalement par des temps d’attente réduits et un accès à des technologies avancées.
Le système de sécurité sociale connu sous le nom d’Obras Sociales est financé par des contributions obligatoires des employeurs et des employés. Il fournit une couverture médicale aux travailleurs formels (c’est-à-dire avec un contrat de travail) et à leurs familles représentant environ 50% de la population. Les Obras Sociales sont gérées par des syndicats et offrent une gamme de services de santé mais la qualité et l’étendue de la couverture peuvent varier en fonction de la taille et des ressources du syndicat concerné. En Argentine, une part importante de la population active travaille encore de manière informelle ce qui limite leur accès aux soins de santé via le système de sécurité sociale.

Un financement mixte issu de sources publiques et privées
Le financement du système de santé provient de diverses sources reflétant sa structure tripartite. Le secteur public est principalement financé par les impôts collectés aux niveaux national et provincial. Les Obras Sociales sont alimentées par des contributions obligatoires des employeurs et des employés tandis que le secteur privé dépend des primes d’assurance payées par les individus et des paiements directs pour les soins ou services rendus. Cette diversité de sources de financement vise à assurer une couverture de santé étendue mais elle peut également entraîner des inégalités dans l’accès et la qualité des soins en fonction des ressources disponibles dans chaque sous-système.
3174 hôpitaux, cliniques et sanatoriums à travers le territoire
L’Argentine compte près de 3174 hôpitaux, cliniques et sanatoriums répartis entre le secteur public et privé. Environ 55% (soit 1740) sont privés tandis que 45% (1434) sont publics. Parmi les hôpitaux privés, 96% (1670 établissements) ne possèdent pas leur propre assurance santé ce qui signifie qu’ils dépendent des paiements directs des patients et des remboursements des assurances prépayées.
Les principales entreprises de santé privées comme Swiss Medical, OSDE, Medicus, Galeno et Omint financent une partie des hôpitaux privés. Certaines cliniques sont directement intégrées à ces groupes ce qui permet d’offrir directement des services exclusifs aux assurés. Cependant, les hausses de prix dans le secteur privé de la santé et les difficultés de financement des hôpitaux privés créent une instabilité économique importante menaçant la viabilité de nombreuses cliniques.
D’autre part, le système hospitalier public est confronté à un sous-financement. Le PAMI, la plus grande Obra social du pays couvrant les retraités peine à augmenter les remboursements aux hôpitaux partenaires mettant ainsi en péril plusieurs établissement. Actuellement, près de 30 cliniques privées sont menacées de fermeture en raison de problèmes financiers liés à la réduction des subventions et des déductions fiscales.
Une volonté d’interconnecter les 3 sous-systèmes
L’Argentine a mis en place la Red Nacional de Salud Digital pour assurer l’interopérabilité des systèmes de santé entre les secteurs public, privé et de la sécurité sociale. Ce réseau permet aux établissements de partager des informations médicales via un système de nœuds interconnectés tout en garantissant la confidentialité des données. La Red Nacional de Salud Digital fonctionne à travers des nœuds indépendants qui représentent les systèmes d’information en santé au niveau provincial, municipal et hospitalier. Chaque nœud possède ses propres bases de données sur les patients et peut se connecter aux autres pour partager des informations médicales. Grâce à cette interconnexion, lorsqu’un médecin enregistre des informations médicales dans un hôpital ou une clinique, elles deviennent accessibles à d’autres professionnels de santé du réseau en cas de besoin. Cela permet une continuité des soins, notamment en cas de transfert de patient entre établissements ou régions. L’Argentine encourage actuellement l’adhésion des établissements privés à ce système et organise régulièrement des rencontres pour favoriser l’adoption des standards d’interopérabilité.




