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  • Cour des comptes : la mauvaise gestion des données de santé par l’assurance maladie

    La Cour des comptes dénonce le verrouillage et la mauvaise utilisation des données de santé gérées par l’Assurance maladie dans un rapport confidentiel cité en exclusivité par le site Acteurs publics le 19 avril 2016. L’autorité y déplore la faible utilisation par les pouvoirs publics des cette base « au potentiel exceptionnel », les freins à son l’ouverture et ses nombreuses failles de sécurité. La France disposerait de la plus grande base du monde : chaque année, 1,2 milliard de feuilles de soins, anonymisées, alimentent ainsi le Sniiram.

    « Un retard considérable a été pris dans l’exploitation du Sniiram au bénéfice de la santé publique, de la recherche, d’une meilleure efficience de notre système de soins et de la maîtrise des dépenses d’assurance maladie, tous enjeux vitaux pour notre pays », regrette la Cour qui dénonce un système qui « reste largement fermé aux acteurs publics et privés, tout en étant sous-utilisé par ceux-là mêmes qui disposent d’un accès permanent à cette base, c’est-à-dire l’assurance maladie et les ministères sociaux! ».

    Le rapport commandé par l’Assemblée Nationale pointe du doigt les conditions d’accès à ces données jugées « schizophréniques » et « laissées à des acteurs souvent plus rivaux que complémentaires, l’IDS et la Cnil, l’un plutôt libéral au regard des possibilités d’ouverture, l’autre, au contraire, d’approche très restrictive ».

    « Contrôle sans partage »

    Le rapport décrit également « comment la Cnamts gère les données comme si elle en était propriétaire, alors qu’elle ne devait être qu’un support technique ». Si la Cnamts peut s’arroger ce contrôle sans partage du  Sniiram, relève la Cour, c’est parce que le comité de pilotage ne jouerait pas son rôle, l’IDS – groupement d’intérêt public – a des missions mal définies et que la tutelle – les ministres sociaux – est absente des grandes décisions stratégiques.

    Des risques en matière de cybersécurité

    Autre reproche fait par la Cour des comptes, selon Acteurs publics, les risques de faille du système en matière de cybersécurité et la lenteur de l’Assurance maladie pour y remédier. Sur les 86 risques qu’avait identifiés la Cnil en 2013, 39 subsistaient à l’automne 2015, dont « 13 considérés comme majeurs ». En outre, la Cnamts refuse de s’aligner sur le référentiel général de sécurité de l’État (RGS) en raison d’un coût « disproportionné ». La Cour des comptes pointe « l’obsolescence » du dispositif protégeant l’anonymat des assurés et appelle l’État à agir.

    La Cour des comptes note enfin que « les acteurs de la santé publique se sont épuisés à obtenir des droits d’accès plutôt qu’à mobiliser leur expertise pour traiter les données ». La loi Santé ne devrait pas changer la situation malgré la création d’un Système national de données de santé. « Si dans les textes, la gestion technique du système de données et la gouvernance stratégique sont bien distinguées », la Cour révèle une « ambiguïté fondamentale » qui fait peser un « risque d’échec sur le nouveau système : le maintien de la gouvernance des bases existantes, qui alimentent le SNDS, en particulier celle du Sniiram.

  • Industries de santé : vers des crédits d’impôts et des données plus accessibles

    Quatre orientations stratégiques qui se déclinent en 14 mesures dans les domaines de l’innovation, de la production (avec de nouvelles règles fiscales), de la recherche (avec les essais cliniques et l’accès aux bases de données) et du renforcement du dialogue entre l’État et les industries de santé, c’est la réponse que l’État, à travers le CSIS, entend apporter aux attentes des industriels de santé en France. « Les industries de santé sont stratégiques pour la France », a souligné Lionel Collet, le coordonnateur du CSIS, en évoquant leur poids économique, leur contribution à la croissance, à l’emploi, à la balance commerciale et au rayonnement international de la recherche et de l’industrie françaises.

    Lionel Collet, le coordonnateur du Conseil Stratégique des Industries de Santé, a présenté le 11 avril 2016 à l’hôtel Matignon à l’occasion de la 7ème réunion du CSIS, en présence de Manuel Valls, Premier ministre, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, de Matthias Fekl, chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger, et de Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, son plan pour développer l’attractivité de la France dans cette filière. Ce plan répond, selon Lionel Collet, aux défis auxquels sont confrontés ces industries.

    De nouveaux crédits d’impôts

    La première de ses orientations consiste à faciliter l’accès des patients aux innovations. La principale mesure dans ce domaine sera la prise en compte dans la tarification des produits de santé et solutions innovantes des économies générées dont leur impact sur l’organisation de notre système de santé. Cette mesure répond à l’impératif des industries de santé de bénéficier de leurs efforts majeurs de R&D et de les amplifier, et aux enjeux des pouvoirs publics d’amélioration de l’état de santé de la population et de respect de la bonne tenue des comptes publics.

    La deuxième orientation est de valoriser la production avec, par exemple, une transformation des « crédits CSIS » en crédit d’impôts et la création d’un label « Offre France », vitrine internationale de nos capacités de production de médicaments biologiques et de dispositifs médicaux innovants. Il s’agit dans ce domaine de conserver le savoir-faire et l’avance technologique française et de le transformer en facteur de compétitivité favorable tant à l’économie française qu’à ses investisseurs industriels.

    Une interface pour accéder aux données de santé

    La troisième orientation vise à développer la recherche clinique en agissant sur les délais (un délai réduit à 30 jours est possible, selon Lionel Collet, pour les médicaments dont les phases cliniques 2 et 3 auront été réalisées en France) et la création rapide d’une interface permettant aux industriels d’accéder aux bases de données de santé. Alors que l’explosion de la quantité de données générées dans le monde permettra de mieux analyser ou de prédire les déterminants de santé, cette dynamique porte de grandes promesses dans les domaines de la recherche prédictive, de l’épidémiologie, de l’alerte sanitaire, de la santé publique et enfin de suivi des traitements en conditions réelles d’utilisation.

    La quatrième orientation a pour objectif de renforcer le dialogue entre l’État et les industriels. L’avis de ces derniers pourrait ainsi être pris en compte au moment de l’établissement du PLFSS.

    Le calendrier de discussion et de mise en œuvre sur l’ensemble de ces mesures est encore à établir. 

  • UniHa choisit Samsung pour gérer les échographes des hôpitaux publics

    Le groupement de coopération sanitaire UniHa qui regroupe 35 CHU et 32 centres hospitaliers a choisi l’entreprise Samsung Electronics France pour la gestion et la modernisation du parc d’échographes des établissements publics de santé, le 18 avril 2016.

    Le taux d’équipement pour les hôpitaux publics est de 48 échographes pour 1000 lits et le choix de la solution Optimium Service présentée par Samsung et qui se limite au seul coût d’un contrat de service représente, selon les responsables de UniHa, un gain de 25% par rapport à une solution classique d’achat et de maintenance.

    Les échographes sont utilisés en médecine, chirurgie et obstétrique et leur fréquence moyenne de renouvellement est de 7,8 ans. L’appel d’offres lancé par UniHa et coordonné par le CHU de Rennes visait à maintenir à niveau le parc existant et à développer le nombre d’équipements dans les disciplines où de nouvelles indications échographiques s’imposent. Le contrat conclu avec Samsung Electronics France permettra notamment la mise à niveau technique d’équipements obsolètes que les établissements ne pouvaient pas remplacer sans cette solution.

    Optimium Service est un contrat de service sur 5 ans qui inclut un audit des usages et des besoins, l’installation de nouveaux équipements et la formation des équipes médicales et para-médicales qui les utilisent.

    Testé avec des professionnels de santé et des experts

    Des professionnels de santé des établissements concernés par ce contrat, des experts para-médicaux et des techniciens ont participé aux tests auxquels ont été soumis les équipements proposés par les différents candidats qui avaient répondu à cet appel d’offres. Un mode de sélection couramment utilisé par UniHa, leader des achats groupés en santé, dont le réseau rassemble 2300 professionnels associés, avec les utilisateurs, aux choix pour les équipements des établissements publics.

    Au lendemain du contrat conclu avec Samsung Electronics France, UniHa se félicite de l’opportunité que représente la solution Optimium Service au moment où les GHT prévus par la loi Santé de 2015 se mettent en place. « Cela va permettre aux équipes hospitalières d’offrir au personnel médical et aux soignants un environnement de travail constant quel que soit leur lieu d’intervention dans le GHT », souligne Bruno Carrière, directeur général d’UniHa.

  • Revealer, nouvel outil identifiant les altérations génétiques liées au cancer

    Les chercheurs de l’Université de Californie (UC San Diego School of Medicine) et du Broad Institute ont développé un nouvel outil, Revealer, algorithme qui permet d’identifier un ensemble de variations génétiques, impliquées dans un même type de cancer, et de les associer à un phénotype, comme le mécanisme d’activation de facteurs oncogènes, la dépendance d’un gène (à un facteur ou à une voie de signalisation), ou encore la sensibilité à un traitement médicamenteux (ScienceDaily).

    Implication de nouvelles variations génétiques, dans le cancer

    Revealer a été testé en utilisant l’Atlas TGCA (The Cancer Genome Atlas) qui recense les données génétiques de plus de 500 types de cancers.

    L’étude parue dans Nature le 18 avril 2016, indique que Revealer a été utilisé pour découvrir des altérations génomiques associées à l’activation transcriptionnelle de la β-caténine (dont la surexpression est impliquée dans les cancers) et du facteur de transcription NRF2 qui serait impliqué dans la chimiorésistance, à la sensibilité à l’inhibiteur de MEK (étudié et utilisé dans les traitements anti-tumoraux) et à la dépendance à KRAS (protéine impliquée dans la prolifération cellulaire et le cancer).

    L’algorithme a révélé des associations entre l’altération de certains gènes et les processus cellulaires connus pour être impliqués dans le cancer ou dans la réponse à certains traitements. L’implication de certains de ces gènes était déjà connue, mais d’autres associations ont été mises en lumière par le programme, notamment en ce qui concerne la β-caténine et la réponse au stress oxydatif.

  • What are the obstacles to the development of telemedicine in the United States?

    We hear about amazing medical technology breakthroughs in the United States almost every day. And the growth of remote medical care, known as telemedicine, is also dramatic and encouraging, especially for the senior population. These medical solutions, services and devices, which combine technology and medicine, give us all reasons to feel optimistic about the next 20 years of an explosive healthcare revolution. But there are stop signs on this road to innovation.

    But whether you are a patient in need of medical services, an investor looking to invest in healthcare opportunities, or an entrepreneur ready to create a startup company focusing on digital health, you need to understand the policy challenges related to state licensing and payment for services in the United States which can limit telemedicine growth.

    And this is not even about Obamacare (The Affordable Care Act), the 2010 law that continues to be a political hot potato. The Affordable Care Act was about requiring insurance companies to offer all US citizens health insurance, because many people had no medical insurance previously.  

    As for telemedicine, let’s go back to a time before doctors had ever seen a smartphone, much less entered patient electronic records into a secure digital device. Doctors attended medical school in one of the 50 states of the United States, for instance, the well-known Harvard Medical School in Boston, Massachusetts.  They then had to pass a licensing exam to practice medicine in that state. 

    So a brilliant young neurologist, let’s call her Dr. Barbara Miller attended Harvard Medical School in Boston in 1985 and was licensed in the state of Massachusetts, worked at Mass General Hospital with patients in person, but could practice medicine in that state only – not the other 49 states*.

    In 2016, now Dr. Miller has moved to another state, perhaps New York, and has become an expert in telemedicine, using video and audio monitoring technology in treating Parkinson’s patients.  She may have patients who live thousands of miles from her office, for instance, out West on a ranch. She gets a call from a new patient in Wyoming who wants to work with her. New York State may allow her to practice in a number of other states that have reciprocal licensing laws for telemedicine, but Wyoming may not be one of those states. The doctor faces three problems in telemedicine healthcare law right off – the laws of her state, the laws of patient’s state and federal telemedicine policy laws. 

    And then there is the issue of payment. Even if she can practice medicine in both states, and is in compliance with federal laws, she may not be able to be paid for telemedicine services to a person outside of New York State, nor can her Wyoming patient be reimbursed by insurance for Dr. Miller’s patient “visits.”  The patient might have to pay as much as $50,000 for her services without insurance, or as little as $500 or less for Dr. Miller’s services, if her insurance does cover telemedicine.

    For many years, the definition of medical services and “doctor visits” were defined as in-person, face-to-face meetings of a doctor and a patient. This was because early Medicare reimbursement laws from the 1950’s were trying to avoid fraud.  When these laws were written, a fraudulent provider might try to give medical advice over the telephone. The best test for fraud according to the Medicare laws in those early days, was to meet the actual doctor in person to verify if they were a legitimate provider. With telemedicine, these laws are just not relevant anymore.  The very definition of telemedicine is about getting low cost, expert medical services NOT in person, but remotely by computer.  

    The medical community and insurance companies have been battling to change laws for telemedicine for a long time.  The sheer size of the United States and the fact that rural communities may have patients who live very far from excellent medical centers, demanded this. In 1997, the Balanced Budget Act began to address this issue of Medicare reimbursement for people who live in rural areas.  In 2000, the Benefits Improvement and Protection Act improved the law requiring a doctor or medical professional be present, in person, with the rural patient. 

    There is reason to be hopeful about these policy battles and the future of telemedicine. There are legislative changes coming not from the federal level on high, but rather from below, from the individual 50 states legislatures who want these laws to change. In December of 2015, Senator Cory Gardner from the state of Colorado and Representative Diane Black from the state of Tennessee proposed the Telehealth Innovation and Improvement Act of 2015, Senate (S.2343) House (H.R. 4155) and it will be an important piece of legislation to watch in 2016, to see if it can become law.   

    If there is a hero in this story of telemedicine innovation, it’s the states where they are pushing the federal government for digital health solutions. These states will give their rural populations access to telemedicine which is just as good as those in the booming metropolises of the East and West Coasts.  With pressure from the state level for improvement in telemedicine laws, the people who live far from large US cities will push innovation across all fifty states, benefitting citizens across the entire United States. 

    *some states did have reciprocity in licensing, at that time, but most did not.

  • Guy Vallancien : « Plus la médecine devient technologique, plus elle a besoin d’humanité »

    « De plus en plus de tâches techniques seront déléguées aux machines, aux robots, à des techniciens intermédiaires ou des ingénieurs. La biologie ou la radiologie sont notamment appelées à disparaître. Mais paradoxalement, plus la médecine devient technologique, plus elle aura besoin d’humanité »

    Guy Vallancien, chirurgien, professeur d’urologie et membre de l’Académie Nationale de Médecine dresse le portrait du médecin de demain, véritable conseiller, plus proche des patients dans son ouvrage « La médecine sans médecin, le numérique au service du malade » (Collection Le Débat, Gallimard).

    En quoi l’informatique cognitive aide-t-elle la médecine aujourd’hui ?

    La machine fonctionne sur des algorithmes, exactement comme mon cerveau. Mais la différence se situe au niveau de l’accès à l’information et de la capacité de traitement. La machine est meilleure que moi sur ce point et est très efficace pour effectuer des diagnostics: elle a accès à un savoir beaucoup plus vaste que le mien. En croisant ce savoir et les données du patient, elle m’aidera dans mes décisions en me fournissant des informations que je ne possède pas ou que je n’ai plus en mémoire.

    Il y a aussi un avantage thérapeutique, notamment sur des pathologie comme le cancer où l’on génotype les tumeurs. Je ne peux pas analyser à moi seul les milliards de bases de données que cela représente ! La machine, elle, en est capable.

    Ne risque-t-on pas de voir disparaître le médecin?

    De plus en plus de tâches techniques seront déléguées aux machines, aux robots, à des techniciens intermédiaires ou des ingénieurs, c’est certain. La biologie ou la radiologie sont notamment appelées à disparaître. Mais paradoxalement, plus la médecine devient technologique, plus elle aura besoin d’humanité. La relation entre le patient et le médecin va se renforcer et le médecin deviendra non pas généraliste mais global. Nous aurons toujours besoin d’un professionnel pour remettre en perspective ce qui arrive. On a tendance à oublier ce rôle fondamental du médecin. Ce dernier sera spécialisé dans la prise en charge et dans l’information du patient. Les gens ont quasiment accès à la même information que le médecin aujourd’hui. Nous devrons donc jouer le rôle de « reader’s digest » en quelque sorte. Enfin, j’insiste sur la communication et l’empathie dont nous devons faire preuve.

    Cela veut-il dire que les médecins devront acquérir de nouvelles compétences ?

    Il y a beaucoup à faire au niveau de la formation des médecins en effet. Les étudiants en médecine ne sont pas confrontés aux réalités du monde d’aujourd’hui. On ne leur apprend pas la communication par exemple ! On doit leur transmettre autre chose et leur apprendre à lever le nez de leur écran.

    En quoi est-ce une révolution ?

    Ce n’est pas une révolution, c’est une véritable mutation, un changement profond de société ! La science avance inexorablement. C’est dans sa nature de chercher à en savoir toujours plus. Et il y a fort à parier que nous irons trop loin, que nous créerons un monstre un jour ou l’autre. Mais c’est dans l’ordre des choses. C’est pour cette raison qu’il est très important que ce débat soit ouvert dès aujourd’hui au sein de la société. C’est le sens de notre propre humanité qui est en question !

    Qu’en est-il au niveau des institutions ?

    Nous vivons dans un monde où la technique évolue à une vitesse inimaginable. En même temps, tout est figé au niveau social et institutionnel. Les structures se crispent et se referment sur elles-mêmes. Le pays souffre d’un manque de souffle.

    L’État doit cesser d’essayer de tout contrôler à priori. Son rôle est de laisser agir et de jouer son rôle d’arbitre quand les choses débordent. Il ne doit pas essayer de gérer mais de garantir à tous l’accès à une santé de qualité.

  • Quels sont les freins au développement de la télémédecine aux Etats-Unis ?

    Aux États-Unis, dans le domaine médical, quasiment pas un jour ne se passe sans que l’on entende parler d’une nouvelle avancée technologique. Le développement des soins médicaux à distance, appelés télémédecine, est tout aussi important et prometteur, en particulier pour les populations âgées. Ces solutions médicales —appareils et services combinant technologie et médecine — donnent de nombreuses raisons d’être optimistes pour les 20 prochaines années. Deux décennies appelées à connaitre une véritable révolution de la santé. Mais cette aventure ne sera pas un long fleuve tranquille.

    Que vous soyez un patient nécessitant des soins médicaux, un investisseur à la recherche de bonnes opportunités, ou un entrepreneur sur le point de créer sa start-up, il est essentiel de bien comprendre les défis posés par les politiques de chaque état en matière d’autorisations ou de tarifications des services. Autant de contraintes qui peuvent limiter le développement de la télémédecine.

    On ne parle même pas de l’Obamacare (The Affordable Care Act), la loi de 2010, patate chaude de la politique américaine, et dont l’objet est de contraindre les compagnies d’assurances à offrir une assurance santé à tous les citoyens américains qui n’en possèdent pas.

    Des patients à plusieurs milliers de kilomètres

    Revenons à la télémédecine et remontons au temps où les médecins n’avaient jamais vu de smartphone et encore moins entré les informations numériques d’un patient dans un terminal électronique sécurisé. Les médecins suivent leurs études dans l’un des 50 états des États-Unis, comme la très célèbre Harvard Medical School de Boston au Massachusetts.  Ensuite, ils passent un examen afin d’obtenir le droit d’exercer dans cet état.

    Imaginons une jeune et brillante neurologue que nous appellerons Barbara Miller. Elle a effectué ses études à l’école de Médecine d’Harvard en 1985 et a reçu son autorisation d’exercer dans l’état du Massachussets. Elle a travaillé à l’hôpital Mass General au contact des patients. Mais elles ne pouvait travailler que dans cet état, et dans aucun des 49 autres.

    La question de la rémunération

    En 2016, le Dr. Miller a déménagé dans un autre état, disons New-York, et est devenue experte en télémédecine. Elle utilise des outils de suivi audio et vidéo pour le traitement de patients souffrant de la maladie de Parkinson. Certains de ces patients vivent à plusieurs milliers de kilomètres de son bureau, perdus dans un ranch, loin dans l’Ouest. Elle reçoit l’appel d’un patient du Wyoming qui souhaite recourir à ses services. L’état de New-York autorise le docteur Miller à pratiquer son activité dans d’autres états avec lesquels des accords et des lois réciproques existent pour la télémédecine. Mais le Wyoming ne figure pas forcément dans l’un de ces états. Le docteur est dès lors confronté à trois problèmes relatifs aux lois sur la télémédecine : celles de son état, celles de l’état où vit le patient, et celles régissant la télémédecine au niveau fédéral.

    À cela vient s’ajouter la question de la rémunération. Car même si elle peut pratiquer la télémédecine dans les deux états, en accord avec les lois fédérales, il est toujours possible qu’elle ne puisse pas être payée pour une consultation en dehors de l’état de New-York. De même, le patient du Wyoming pourrait ne pas être remboursé pour les « visites » du docteur Miller. Hors assurance, le patient devrait alors s’acquitter de près de 50.000$  contre 500$ ou moins, si son assurance couvre les actes de télémédecine.

    Les assurances veulent faire évoluer les lois

    Pendant des années, les concepts de service médical et de visite médicale ont été définis comme devant se faire en personne, le patient et le docteur face à face. La raison étant que les lois sur le remboursement Medicare votées dans les années 50,  cherchaient à éviter les fraudes et les abus. Àl’époque, un faux médecin pouvait essayer de fournir des conseils médicaux par téléphone. La meilleure solution pour éviter cela consistait donc à imposer la rencontre du patient et du médecin en personne, afin qu’il n’y ait aucune fraude possible sur la qualité du docteur. Avec la télémédecine de telles lois sont aujourd’hui obsolètes. La définition même de la télémédecine étant d’offrir un service d’expertise médicale à coût réduit, pas en personne, mais à distance via un ordinateur.

    La communauté médicale et les compagnies d’assurances bataillent depuis des années pour faire évoluer ces lois sur la télémédecine. La grande taille du territoire américain et le fait que certains patients de communautés rurales vivent loin des centres médicaux l’exige.

    En 1997, le balance budget act a commencé à s’attaquer à la question du remboursement Medicare pour les personnes vivant en milieu rural. En 2000, le Benefits Improvement and Protection Act a amélioré la loi qui exigeait qu’un médecin ou un professionnel de santé doivent être en présence du patient.

    Le rôle majeur des états

    Il y a des raisons d’espérer autour de ces batailles juridiques, pour le futur de la télémédecine. Des évolutions législatives sont à prévoir, non pas au niveau fédéral, mais plutôt au niveau de chaque état. En décembre 2015, le sénateur du Colorado, Cory Gardner, et la député du Tennessee Diane Black ont proposé le Telehealth Innovation and Improvement Act of 2015, un texte à surveiller de près en 2016, pour voir s’il peut se transformer en loi.

    Les états ont un rôle majeur à jouer dans l’innovation dans la télémédecine. Ce sont eux qui peuvent pousser le gouvernement fédéral à évoluer sur la question de la digitalisation de la santé. Les états pourront proposer à leur population rurale une offre de soin d’aussi bonne qualité que dans les grandes métropoles des côtes Est et Ouest. Les innovations développées au niveau de chaque état pourront ainsi se répandre à l’échelle nationale et bénéficier à tous les citoyens à travers les États-Unis.

     

    *Certains états acceptent les autorisations d’exercer réciproques. Mais la plupart ne l’accepte pas.

  • La révolution « blockchain »

    La blockchain est présentée comme la plus grande innovation technologique depuis l’invention d’Internet. Elle est appelée à révolutionner la façon dont sont effectués les échanges d’informations et les transactions dans nos sociétés. Tous les domaines économiques et sociaux seraient concernés, y compris la santé.

    La technologie blockchain permet d’imaginer un monde où stocker et échanger des informations s’effectuerait de manière entièrement automatisée, sans intermédiaire et donc sans frais, en parfaite sécurité, le tout dans la plus grande transparence. Appliquée à la santé, elle pourrait notamment lever les dernières ombres qui planent sur le stockage et la transmission des dossiers médicaux ou encore simplifier drastiquement les formalités administratives et réduire les coûts inhérents.

    L’automatisation des transactions optimiserait la sécurité

    Grâce à cette technologie, un patient ou un médecin pourrait accéder en quelques secondes, en toute sécurité, à un dossier médical ou à toute autre information nécessaire partout dans le monde. Nul besoin de recourir à un tiers, assureur ou autre société privée. II suffit simplement d’en posséder la clé de décryptage.

    De même, toutes transactions, du paiement d’une consultation ou d’un acte à leur remboursement, pourraient être traitées via des « smarts-contracts ». Ces derniers sont des programmes informatiques autonomes chargés d’exécuter automatiquement les termes d’un contrat définis entre des parties, une fois les conditions remplies.

    Dans son livre blanc publié en janvier 2016, « Comprendre la Blockchain, anticiper le potentiel de disruption de la Blockchain sur les organisations », Guillaume Buffet, président de U, donne l’exemple de La sécurité sociale s’appuyant sur une organisation décentralisée (voir encadré ci-dessous) grâce à la Blockchain et aux smart-contracts : « Celle-ci serait composée de milliers de smart-contracts permettant de répondre à la situation spécifique de chaque assuré. L’automatisation des transactions générerait évidemment des gains de productivité (temps de traitement), éviterait la fraude et optimiserait la sécurité. La mise en place de smart-contracts ouvrirait de même la porte à une gestion plus individualisée, plus précise et pourquoi pas plus démocratique du fonctionnement de l’organisation. »

    Une technologie naissante

    Il ne s’agit là que d’exemples parmi de nombreux autres illustrant le potentiel de la blockchain. Mais cette technologie reste encore émergente et de nombreux défis d’ordre techniques, économiques, juridiques voire écologiques sont encore à relever.

    Pour beaucoup, il est néanmoins plus que temps de s’attaquer à ces questions : en Grande Bretagne, un rapport du NHS incite le gouvernement à investir dès à présent dans des projets pilotes et des démonstrateurs.

    Côté privé, les entreprises qui s’aventurent dans ce domaine comme Philips Healthcare ou Bithealth se comptent encore sur les doigts d’une main. 

  • Santé publique France : une nouvelle agence de santé publique regroupant l’INVS, l’INPES et l’Eprus

    Santé publique France, agence nationale de santé publique, est officiellement créée par une ordonnance parue au JO le 15 avril 2016. La création de cette agence était prévue par la loi de modernisation du système de santé. L’entrée en vigueur de ce texte est fixée au 1er mai 2016.

    Cette nouvelle agence reprend les attributions de trois structures aujourd’hui distinctes, l’Institut de veille sanitaire (INVS), l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) et l’Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus).

    Santé publique France a, à compter du 1er mai 2016, la charge de l’observation épidémiologique et la surveillance de l’état de santé des populations, elle assure la promotion de la santé et la réduction des risques ainsi que le développement de la prévention et l’éducation pour la santé qui concerne notamment la lutte contre les addictions.

    Répondre aux crises sanitaires

    La nouvelle agence est aussi en charge de la veille sur les risques sanitaires et doit anticiper et répondre aux crises sanitaires à travers le lancement d’alertes.

    Face à des menaces graves, elle procède à l’acquisition, la fabrication, l’importation, le stockage, le transport, la distribution, l’exportation des produits et services nécessaires à la protection des populations. Elle peut être ainsi amené à organiser une vaccination de masse. Ces actions sont, précise l’ordonnance du 15 avril 2016, transposables à d’autres besoins de santé publique comme les médicaments ou les dispositifs médicaux.

    Des cellules d’intervention en région

    Pour la mise en œuvre du système national de veille et de surveillance sanitaire, Santé publique France peut s’appuyer sur des cellules d’intervention en région. Placées auprès des directeurs généraux des ARS, ces cellules demeurent sous l’autorité de Santé publique France qui peut s’appuyer sur « un réseau national de santé publique qu’elle organise et anime, selon l’ordonnance du 15 avril 2016.

    Le conseil d’administration de Santé publique France regroupe l’Etat, les régimes d’Assurance maladie, des professionnels de santé, des usagers et des élus. La mise en place d’un conseil scientifique, d’un comité d’éthique et de déontologie et d’un comité d’ouverture et de dialogue avec la société est prévue.

  • Dispositif médical : 6,4 M€ levés par FineHeart auprès de Broadview Ventures

    6,4 millions d’euros, c’est la somme levée par FineHeart, entreprise bordelaise qui développe une pompe cardiaque innovante, après un tour de table mené par le fonds américain Broadview Ventures, le 21 mars 2016.

    Broadview Ventures est accompagné par des fonds régionaux français, M Capital Partners, Sofimac, Galia Gestion, IRDInov et Aqui-Invest. Le projet de FineHeart s’adresse aux insuffisants cardiaques.

    • Incubé depuis 2010 sur la plateforme technologique d’innovation biomédicale du CHU de Bordeaux, FineHeart cherche à financer la poursuite de ses travaux.
    • Lauréate du prix Biovision 2015 pour son projet de pompe cardiaque.
    • Le dispositif a été testé sur l’animal et une première expérimentation sur l’homme est prévue en 2018 avant le démarrage des essais cliniques.
    • L’entreprise, assistée par la société de gestion Aelios Finance, a cherché dans un premier temps à attirer des investisseurs français spécialistes des medtechs et des biotechs, comme Sofinova ou Edmond de Rotshild, qui n’ont pas donné suite.
    • FineHeart va pouvoir, grâce aux 6,4 millions d’euros rassemblés par Broadview Ventures, poursuivre la mise au point du produit. Mais il lui faudra organiser une nouvelle levée de fonds pour financer les étapes suivantes, l’expérimentation sur l’homme et les essais cliniques.

    « Lever 20 M€ en France, c’est compliqué »

    • Arnaud Mascarelli, médecin, confondateur et président de FineHeart, espérait lever davantage que les 6,4 millions d’euros finalement obtenus. « Mais lever 20 millions d’euros en France, c’est compliqué », indique-t-il.
    • «  S’il existe une centaine de fonds aux Etats-Unis capables d’investir dans un projet comme FineHeart, ils sont une dizaine en France. Certains ayant déjà investi dans des projets concurrents à la marge. Conséquence : cela restreint le nombre de candidats » déclare Jean-Paul Ortelli, directeur associé d’Aelios Finance aux Echos le 21 avril 2016.

    Un dispositif complémentaire des pompes cardiaques classiques

    • Le produit sur lequel travaille FineHeart, développé avec le concours de Philippe Ritter, inventeur dans les années 1990 de la resynchronisation cardiaque, est une mini-pompe qui ne pèse que 75 grammes et qui peut se poser en une heure sur des patients insuffisants cardiaques.
    • Un dispositif complémentaire des pompes cardiaques classiques qui se posent dans le cadre d’opérations lourdes et qui travaillent ensuite à la place de l’organe défaillant.