La Cnamts a accueilli le 10 mai 2016 la finale d’un « hackathon santé » lancé en décembre 2015. Objectif : « Accompagner la création de services ou d’applications numériques innovantes au service du bon usage du médicament » et « en encourager l’exploitation à des fins d’intérêt public. »
Les finalistes ont présenté des offres améliorant l’information des patients, leur observance ou l’analyse des habitudes de prescriptions médicales. En 2015, l’Assurance-maladie a proposé un rapport pour économiser 3 milliards d’euros en trois ans. Pour remédier aux dépenses trop élevées, un vif intérêt est porté aux solutions innovantes susceptibles d’être apportées par certaines start-ups.
Une des deux start-ups gagnantes du hackathon, Track Medoc s’intéresse aux habitudes des prescripteurs. « La Caisse nationale d’Assurance maladie nous a lancé un double défi : le premier c’est de contribuer à une plateforme sur le bon usage des médicaments, et, le second, c’est de valoriser les données d’Open Medic (une base de données sur les dépenses des médicaments selon la spécialité du prescripteur) », explique Paul Mandelbrojt, médecin et participant au projet de Track Medoc.
Comparer les ordonnances entre praticiens
En plus de pouvoir consulter la liste des contre-indications, effets indésirables des médicaments, l’innovation réside dans l’avantage offert via l’analyse de données de comparer les ordonnances entre praticiens, et ajuster ainsi leurs recommandations en ayant connaissance de la moyenne habituelle de ces dernières. L’assurance-maladie peut alors exercer un contrôle renforcé des prescriptions.
Responsabiliser les patients
La seconde start-up, Valwin, prévoir d’informer, améliorer l’observance et de responsabiliser les patients via une application mobile pédagogique dénommée « Medic’in ». « Le système de soin français est mal compris. Les gens ne se rendent pas forcément compte que les médicaments sont payants », explique Camille Freisz, fondatrice de la start-up. Afin d’exposer le coût réel d’un traitement, cette dernière fournit un résumé intégrant tous les traitements pris en charge et une alerte indiquant l’éventuelle possibilité de prendre un générique, atout majeur prôné par l’Assurance-maladie pour réaliser d’importantes économies.
9 milliards d’euros d’économies potentielles
Le patient est aussi accompagné en vue d’améliorer son observance, et surtout pour lutter contre le manque d’adhésion au traitement qui représente un coût vertigineux pour l’Assurance-maladie.
Le cabinet spécialisé en santé IMS Health a publié fin 2014 une étude selon laquelle la France pourrait économiser 9 milliards d’euros chaque année sur six pathologies chroniques grâce à un meilleur respect des prescriptions médicales. En 2012, une autre étude du même cabinet affirmait que « plus de la moitié des économies potentielles de santé relève de l’observance ».