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  • Silver économie : +27 % de CA pour les entreprises franciliennes de 2013 à 2015 (Silver Valley)

    Croissance du chiffre d’affaires, création d’emplois et innovation, tels sont les principaux enseignements du baromètre des entreprises de la silver économie publié le 30 juin 2016 par le cluster Silver Valley.

    Réalisé sur la base d’une enquête auprès d’un échantillon de 49 adhérents du cluster francilien, le baromètre montre que la silver économie « est une filière d’avenir ».

    Les entreprises sélectionnées pour le baromètre étaient toutes déjà en activité en 2013, année de la création du comité de filière silver économie sous l’égide du ministère du Redressement productif et du secrétariat d’Etat aux personnes âgées et à l’autonomie.

    Entre 2013 et 2015 :

    •  leur chiffre d’affaires total est passé de 362 972 000 € à 468 497 900 € ;
    • 45 % d’entre elles ont levé des fonds, pour un montant moyen de 1 million par levée de fonds ;
    • 18 % avaient un chiffre d’affaires supérieur à 10 millions d’€ en 2015, contre 10 % en 2013;
    • 2 groupes ont réalisé plus de la moitié de ce chiffre d’affaires, soit 243 millions d’euros en 2015.

    En termes d’effectifs, les entreprises interrogées se caractérisent de la façon suivante :

    • ce sont majoritairement des PME, 33 d’entre elles comptant moins de 20 salariés en 2015 ;
    • elles ont déclaré 7932 emplois liés à la silver économie en 2015 ;
    • 70 % d’entre elles prévoient d’embaucher en 2016 ;
    • les recrutements à venir concernent des postes commerciaux, marketing, et de R&D.

    Innovation : un mélange de logique d’exploitation et d’exploration

    Les entreprises ont également été interrogées sur leur stratégie d’innovation (plusieurs réponses possibles) :

    • 31 déclarent une stratégie d’innovation continue ;
    • 44 déclarent une stratégie d’innovation incrémentale ;
    • 18 déclarent une stratégie d’innovation radicale ;
    • 34 déclarent une une stratégie d’innovation de rupture.

    Les innovations sont largement des innovations de services (31 %), de produit (25%) et d’usage (17 %).

    Benjamin Zimmer, directeur de Silver Valley, a annoncé lors de la présentation du baromètre que celui-ci avait être vocation à être réactualisé tous les ans. Il a également exprimé le souhait qu’il serve de modèle à d’autres baromètres régionaux, et ce dans le cadre de l’observatoire de la silver économie que France Silver éco doit mettre en place, selon la nouvelle feuille de route qui lui a été assignée par le gouvernement en juin 2016.

  • Assurance maladie : un objectif de 1,42 Mds€ d’économies en 2017

    Dégager 1,42Mds € d’économies en 2017, c’est l’objectif des pistes annoncées le 30 juin 2016 par l’Assurance maladie dans son rapport annuel présenté à son conseil d’administration.

    Les propositions contenues dans ce rapport s’articulent autour de trois priorités:
    • Diminution des durées de séjour à l’hôpital
    • Contrôle renforcé des arrêts de travail
    • Amélioration des prescriptions médicamenteuses.

    Ces économies prévues pour 2017 représentent le double de l’objectif fixé pour 2016, année où l’Ondam fixé à 1,75%, n’a jamais été aussi bas.

    L’Assurance maladie justifie son appel à « intensifier les efforts » en évoquant « les défis des années à venir », notamment l’arrivée des traitements innovants et coûteux dans les traitements du cancer ou de l’hépatite C.

    Les pistes d’économies pour 2017 avancées par l’Assurance maladie

    Améliorer les prescriptions médicamenteuses

    Sur ce point, l’Assurance maladie entend réaliser en 2017 l’équivalent des économies réalisées en 2016, soit 430M €, à travers une amélioration des prescriptions et la poursuite de la lutte contre la iatrogénie (effets indésirables provoqués par les médicaments).

    L’utilisation de médicaments « biosimilaires » moins chers et la promotion des génériques permettrait de réaliser 230M € d’économies supplémentaires

    Développer le virage ambulatoire

    La poursuite des actions engagées pour réduire les durées d’hospitalisation devrait permettre à l’Assurance maladie de dégager des marges de manoeuvre s’élevant à 390M €.

    Contrôler les arrêts de travail

    En renforçant « l’efficacité des contrôles des arrêts de travail », notamment sur les arrêts longs, et en aboutissant à « une plus grande homogénéité » dans les prescriptions, l’Assurance maladie espère dégager 100M € d’économies.

    Pour atteindre et objectif, il est proposé de renouveler l’accompagnement personnalisé auprès des médecins généralistes ayant une part importante de patients bénéficiaires d’arrêts de travail et une durée d’interruption élevé, le travail mené dans ce domaine ayant abouti, selon l’Assurance maladie,  à des résultats « encourageants ». Sur 1 673 médecins généralistes visités, une diminution de 1,5 du nombre moyen de jours indemnisés par patient a été observée dans les trois mois qui ont suivi la visite? souligne le rapport de l’Assurance maladie.

    Réduire le coût des transports sanitaires

    Les prescriptions dans ce domaine ont augmenté de 3,7% en 2015, selon le rapport. L’Assurance maladie propose des actions « renforcées » favorisant le transport assis, le partage et l’utilisation des véhicules personnels.

    Adapter la tarification de la radiothérapie dans le traitement du cancer

    L’Assurance maladie note une progression « extrêmement rapide » des dépenses dans ce domaine (+ 39% entre 2011 et 2015) dans les cabinets libéraux alors que le nombre de patients n’a augmenté, selon elle, que de 1,5%.

    La Cnamts souligne par ailleurs le maintien, dans un contexte d’évolution des techniques qui entraîne des surcoûts, d’une tarification unique dans le secteur libéral quelle que soit la technique utilisée, contrairement à ce qui se pratique à l’hôpital. Elle propose la mise en place de forfaits différenciés permettant de « financer l’innovation à son juste prix et de favoriser l’accès pour les patients à la technique d’irradiation la plus adaptée ».

    Réguler la démographie des masseurs-kinésithérapeutes

    L’Assurance maladie constate « un afflux de professionnels » et souhaite réguler cette démographie des masseurs-kinésithérapeutes. Elle rappelle que le coût de ces soins enregistre une croissance de 4% par an en moyenne depuis 5 ans.

  • NBIC

    nanotechnologie, biotechnologie, informatique, cognitiquenull

  • « La France a peu de chance de devenir un acteur majeur de la santé NBIC » (Laurent Alexandre)

    « Comment la France va-t-elle survivre dans un XXIe siècle où les NBIC déterminent la puissance des nations alors que sa classe politique ignore cette problématique? « . Telle est l’interrogation soulevée par Laurent Alexandre dans un rapport d’étude du Think Tank Digital New Deal Foundation publié le 29 juin 2016.

    « En l’état actuel, la France a peu de chance de devenir un acteur majeur de la santé NBIC. La marginalisation de la médecine française et de l’industrie européenne de la santé peuvent être spectaculaires à moyen terme », poursuit-il.

    Parmi les risques pointés dans le rapport:

    • Une France décalée où  » les acteurs de la e-santé n’ont jusqu’à présent créé que peu de valeur »,
    • « L’erreur de la loi Touraine » qui, dans son article 47, « prévoit la création d’un système national des données de santé (SDNS) ouvert,
    • La crainte que les GAFA soient les seuls à avoir la capacité de traiter cette masse considérable de données diffusées gratuitement,
    • La “désanonymisation” de ces données si elles sont croisées par des organisations privées comme Google ou Facebook. Le secret médical s’en trouverait ainsi de facto brisé. »

    La réflexion présentée dans ce rapport d’étude repose sur la menace de “tsunami pour la santé” que représentent les NBIC et les GAFA. Pour Laurent Alexandre, « La santé va être confrontée à de grands bouleversements :

    • La remise en cause du rôle des professionnels de santé traditionnels avec la “watsonisation et la robotisation de la médecine”.
    • La profonde mutation sociale liée à l’utilisation des biotechnologies sur l’homme, l’homme augmenté et l’eugénisme et l’apparition d’écarts entre les pays.
    • La prédominance des GAFA sur la santé.

    Les enjeux des bouleversements à venir dans le secteur de la santé

    La médecine marginalisée et le transfert du pouvoir médical

    • La prise en charge du diagnostic par la machine, vers la « watsonisation » de la médecine:
      • « D’ici à 2030, plus aucun diagnostic médical ne pourra être fait sans système expert. Les médecins signeront des ordonnances qu’ils n’auront pas conçues. »
    • La robotisation de la chirurgie:
      • « Les prochaines générations de robots chirurgicaux vont dépasser puis remplacer les chirurgiens d’ici 2035. »

    L’homme augmenté, un possible toboggan transgressif en matière de bio-enhancement

    • Les techniques scientifiques d’eugénisme bientôt mises au point:
      • « Le coût de l’eugénisme baisse rapidement, ce qui va rendre plus facile sa diffusion. »
    • L’inéluctabilité des bébés à la carte:
      • « Des techniques seront opérationnelles en routine sur l’embryon humain dans dix à quinze ans. »
    • Un gouffre inégalitaire et une humanité à deux vitesses:
      • « Tous les pays ne défendent pas la même position en matière de bio-éthique ».

    Le retard de la France

    • « La méfiance française envers le progrès, dont le principe de précaution est le symbole et le moteur, accélère notre déclin relatif économique et technologique. »
    • La loi Touraine risque de verrouiller l’accès aux données médicales [en donner les clés au GAFA, ndlr] et de tuer dans l’œuf l’industrie française des algorithmes médicaux. »

    Des solutions complexes à mettre en œuvre mais indispensables

    Accompagner les professionnels de santé dans une redéfinition de leur rôle

    Elaborer un nouveau système de santé pour le monde post-révolution NBIC : créer des plateformes innovantes de santé

    Une politique ambitieuse de modernisation du système de santé pour permettre la création de plateformes dans un cadre maîtrisé.

  • Mesure de la performance des établissements : un nouvel outil de formation en ligne (ANAP)

    Un second module de formation en ligne à l’outil Hospi Diag permettant de mesurer la performance d’un établissement de santé est mis en ligne, a annoncé l’ANAP le 23 juin 2016.

    L’outil Hospi Diag permet une mesure de la performance de manière globale et pluridisciplinaire avec une comparaison par rapport aux autres établissements.

    Accessible sur le site de l’ANAP, ce second module de formation prolonge la formation en ligne « Mes premiers pas sur Hospi Diag » proposée depuis mars 2016.

    Il se compose de trois séquences de 8 minutes sur les thèmes suivants :
    • Comment apprendre à croiser les indicateurs en quelques clics
    • Comment déterminer d’où viennent les patients d’un établissement
    • Comment approfondir l’analyse de la performance en chirurgie ambulatoire.

    Un troisième module de formation permettant de faire un état des lieux de l’organisation d’un établissement de santé est annoncé par l’ANAP pour la fin de l’année 2016.

  • Concours IBM Watson Xprize : 5M $ pour des projets utilisant l’IA et l’informatique cognitive

    5M $ (4,5M €) c’est le montant des prix mis en jeu par IBM Watson dans le cadre de son concours Xprize ouvert aux candidatures depuis le 23 juin 2016 jusqu’au 1er décembre 2016.

    Le concours IBM Watson Xprize est une compétition d’une durée de 4 ans au cours de laquelle des équipes de développeurs sont invitées à librement tirer partie des technologies d’intelligence artificielle et d’informatique cognitive pour développer des applications sur les thématiques de la santé, l’éducation, l’énergie ou l’environnement.

    Déroulement :

    • les candidatures peuvent être déposées jusqu’au 1er décembre 2016,
    • les candidats ont jusqu’au 1er mars 2017 pour soumettre un projet détaillé de développement pour leur solution,
    • 3 tours de sélection sont organisés chaque automne. Un panel d’experts choisira les 10 meilleures équipes qui pourront concourir aux différents événements de Watson et recevront des prix intermédiaires,
    • les 3 derniers finalistes participeront à la cérémonie du grand prix organisée sur la scène de TED2020. Les équipes seront jugées sur leur projet et son potentiel.

    Le gagnant recevra 3M $ (2,7M €), le second 1M $ (900 000 €) et le 3e, 500 000 $ (450 000 €). 500 000 $ additionnels seront répartis pour des projets marquants au cours de la compétition et des prix intermédiaires.

    Xprize est une organisation à but non lucratif spécialisée dans l’organisation de concours internationaux destinés à répondre aux grands enjeux de la société.

    Parmi les autres concours Xprize :

    • Google Lunar  (30M $)
    • NRG COSIA (20M $)
    • Global Learning (15M $)
    • Qualcomm Tricorder (10M $)
    • Shell Ocean Discovery (7M $)
    • Barbara Bush Foundation Adult Literacy (7M $)
  • Accès aux soins : « Un recul en 4 ans pour 30 millions de Français » (UFC – Que Choisir)

    « Entre 2012 et 2016, l’accès géographique aux médecins généralistes (à moins de 30 minutes du domicile) s’est dégradé pour plus du quart de la population », c’est ce qu’affirme l’association de consommateurs UFC – Que Choisir qui a mis en ligne le 29 juin 2016 sa carte interactive de la « fracture sanitaire ».

    « L’accès aux médecins spécialistes a diminué pour 38 % des Français en ce qui concerne les ophtalmologistes, 40 % pour les pédiatres et même 59 % de la population pour l’accès aux gynécologues. La situation est encore plus alarmante pour les spécialistes au tarif de la sécurité sociale, dont l’offre a reculé pour plus de la moitié des usagers, quelle que soit la spécialité étudiée », précise UFC – Que Choisir qui estime que son étude illustre  » un recul de l’accès aux soins en 4 ans pour plus de 30 millions de Français ».

    L’association a analysé l’offre exhaustive de soins de ville pour quatre spécialités (généralistes, pédiatres, ophtalmologistes et gynécologues), pour la totalité des communes de France métropolitaine, en croisant les deux dimensions de l’accès aux soins, géographique et financière.

    La méthodologie de l’étude de l’UFC – Que Choisir

    • Méthodologie inchangée entre 2012 et 2016
    • Données de l’Assurance maladie aspirées en février 2016 sur son site « annuaire santé » qui renseigne sur la localisation et le prix des médecins libéraux (généralistes et spécialistes)
    • Quatre spécialités étudiées (spécialités d’accès direct, c’est à dire non conditionné au passage préalable chez le médecin traitant): généralistes, ophtalmologistes, gynécologues, pédiatres
    • Définition de l’offre de soins disponible: relevé du nombre de praticiens exerçant en libéral et du prix le plus fréquemment demandé pour une consultation simple
    • Définition de la demande de soins : les différentes catégories de population ont été pondérées selon l’âge et le sexe (lorsque cet élément était disponible) en fonction des besoins moyens de cette catégorie par rapport à la moyenne de la population entière (exemple: pour un généraliste, un homme de 15 à 29 ans compte 0,64 et un homme de 60 à 74 ans compte 1,56)
    • Détermination du territoire géographique : relevé pour chaque commune du nombre de praticiens installés jusqu’à 30 minutes de route pour les généralistes, 45 minutes pour les spécialistes et adaptation des barèmes selon que la commune appartient ou non à une entité urbaine de plus de 50 000 habitants
    • Evaluation de la densité : le critère de « désert médical » retenu est une densité de médecins inférieure à 60% à la moyenne nationale (le ministère de la Santé retient pour ce critère une densité de médecins inférieure de 30% à la moyenne nationale)

  • Impression 3D : du cartilage artificiel pour réparer les articulations

    Un type d’encre à base de brins de cartilage nourrissant une imprimante 3D et permettant d’obtenir de grands « patchs» de cartilage, c’est l’innovation dévoilée le 27 juin 2016 par la revue Scientific Reports.

    Cette innovation représente une nouvelle technique de médecine régénérative pour réparer les cartilages usés ou lésés chez les arthritiques.

    L’arthrose concerne une dizaine de millions de patients en France, et 1,2 milliard de personnes dans le monde.

    Une équipe internationale

    Le tissu cartilagineux ne se régénère pas, une fois atteint, il reste endommagé. Face à ce constat, le professeur d’ingénierie mécanique, Ibrahim T.Ozbolat, a eu l’idée, aux côtés de son équipe internationale (Corée, Japon, Etats-Unis) de se servir de «brins» de cartilage de vache pour la création de cette encre (« bio-ink »), aboutissant à des patchs ou prothèses de cartilage pouvant remplacer une articulation.

    Le bioprinting peut cibler le cartilage car c’est un tissu constitué d’un seul type cellulaire non vascularisé.

    Le processus de cette nouvelle méthode de bioprinting permet d’élaborer un petit tube constitué d’alginate, d’injecter des cellules de cartilage dedans et de les laisser se développer durant une semaine afin qu’elles adhèrent les unes aux autres sans coller à l’alginate, formant ainsi des « brins » de cartilage.

    Des propriétés mécaniques inférieures au naturel

    Le prototype d’imprimante 3D a été conçu spécifiquement pour être alimenté par ces brins afin de reproduire le modèle souhaité.

    Une fois imprimé, le patch est immergé dans un milieu nutritif afin qu’il fusionne plus solidement. Souple et évolutif, mimant le cartilage articulaire réel, intégrant des correctifs, ce processus d’impression permet d’obtenir un cartilage très similaire à celui de la vache, avec des propriétés mécaniques inférieures au naturel néanmoins.

    Utilisant des cellules autologues, le précédé permet d’éviter les risques de rejet.

  • E-santé : les pistes de l’Institut Montaigne pour un leadership français

    • L’automatisation des processus, à l’hôpital comme en ville, pour la prise de rendez-vous, la gestion du dossier patient, le développement des produits de santé (par exemple pour la collecte des données et le suivi des essais cliniques).
    • L’amélioration des prises en charge et des parcours patients grâce à une fluidification des échanges de données et d’informations avec le recours aux téléconsultations et au télésuivi des patients
    • L’utilisation de la donnée et les approches analytiques pour élaborer des outils d’aide à la décision permettant de comparer les données de leurs patients à des jeux de données massifs et prendre en compte pleinement les connaissances scientifiques disponibles,
    ce sont les trois axes principaux définis par l’Institut Montaigne dans son rapport de juin 2016 « pour faire de la France un leader du numérique en santé ».

    Le rapport met en avant une étude réalisée en 2014 par le NHS (National Health Service), système de santé publique du Royaume-Uni, qui évaluait des gains d’efficacité de l’ordre de 6% à 10% des coûts grâce à une meilleure exploitation des outils numériques, soit une économie annuelle comprise entre 15 milliards et 25 milliards d’euros.

  • Les cyber-attaques contre les hôpitaux se multiplient (Etude TrapX Security, 27 juin 2016)

    Les systèmes d’information et les appareils médicaux des hôpitaux sont susceptibles d’être pénétrés par d’anciennes versions de logiciels malveillants permettant de dérober les informations des patients, révèle l’étude MEDJACK 2 publiée le 27 juin 2016 par la société de cyber-sécurité TrapX Security.

    Les appareils médicaux qui utilisent de vieux systèmes d’exploitation — certaines versions de Windows, jugées dépassées, sont actuellement ignorées par les logiciels de sécurité — sont vulnérables aux attaques de plus en plus sophistiquées des hackers. En camouflant de vieux logiciels malveillants, qui ne sont plus suivis par les systèmes anti-virus, les hackers réussissent à contourner les systèmes de sécurité traditionnels et à accéder à des données sensibles, montre le rapport de TrapX Security.

    « Nous avons constaté dès notre premier rapport [en juin 2015, ndlr] que des attaques ciblant des appareils médicaux dans les hôpitaux n’étaient pas détectées avant plusieurs mois. Au cours de l’année qui vient de s’écouler, un grand nombre de ces affaires ont été relatées dans les médias. Des preuves confirment que des attaques sophistiquées ciblent les professionnels de santé et sont susceptibles d’accéder à des informations sensibles sur les patients qui valent beaucoup d’argent sur le marché noir. Medjack 2 montre une vraie tendance à la hausse de ces attaques », déclare Greg Enriquez, Pdg de TrapX Security.

    Le secteur de la santé constitue la première cible des cyber-attaques dans le monde selon le rapport annuel d’IBM Cyber Security Intelligence Index 2016.

    Un analyste de Kaspersky démontre la facilité à pénétrer le réseau d’un hôpital

    Lors du Security Analyst Summit 2016 qui s’est déroulé du 7 au 11 février 2016 à Tenerife en Espagne, Sergey Lozhkin, expert en sécurité informatique chez Kaspersky, un des principaux éditeurs d’antivirus et spécialiste de la cybersécurité, a démontré, en accord avec la direction d’un établissement, à quel point il est facile de pénétrer le réseau wi-fi d’un hôpital et d’accéder à certains de ses appareils (Scanner, IRM) à l’aide d’un simple ordinateur portable. La même semaine, Le centre médical presbytérien d’Hollywood a payé une rançon de 17 000 $ (15 320 €) pour récupérer le contrôle de son système informatique hacké et paralysé pendant une semaine par un logiciel de racket (ransomware).

    Selon un article du Monde du 24 février 2016, les hôpitaux français ne seraient pas épargnés, le journal citant Cedric Cartau, responsable sécurité des systèmes d’information au CHU de Nantes et Pays de la Loire: «Il y a environ mille hôpitaux en France, mais à peine cinquante responsables sécurité des systèmes d’information. La situation n’est pas plus enviable dans les structures privées, et c’est encore pire dans le médico-social. Dans 95 % des cas, il n’y a personne pour se préoccuper de sécurité informatique ».

    Selon Sergey Lozhkin, une des meilleures défenses contre ces intrusions consisterait à mener des audits préventifs sous forme de tests de pénétration (comme il l’a montré dans son exemple) afin de déceler les failles et les corriger au plus vite.

    Une étude montre l’inquiétude des DSI

    Les DSI admettent investir des millions à fonds perdus dans une cybersécurité qui se révèle inopérante sur la moitié des attaques selon une étude mondiale menée auprès de 500 DSI publiée en février 2016 par le cabinet d’étude Vanson Bourne.

    Les principales conclusions de cette étude :

    • 87 % des DSI sont convaincus de l’inefficacité de leurs mécanismes de défense puisque ceux-ci sont incapables d’analyser le trafic réseau crypté pour y déceler d’éventuelles attaques.
    • 90 % des DSI ont déjà essuyé ou s’attendent à essuyer une attaque dissimulée dans du trafic crypté.
    • 86 % des DSI estiment que les clés de cryptage et certificats numériques dérobés sont en passe de représenter un marché extrêmement lucratif pour les pirates.
    • 79 % des DSI conviennent que leur stratégie d’accélération de l’informatique et de l’innovation est en danger car leurs initiatives introduisent des vulnérabilités nouvelles.