La mise en place à l’automne 2016 d’un conseil stratégique e-santé, une extension dés juillet 2016 du télésuivi pour les patients diabétiques ou souffrant d’insuffisance respiratoire, cardiaque ou rénale et l’allocation de 750 M€ dédiés au numérique et aux outils de coordination autour du parcours de soins et nomination prochaine d’un administrateur des données de santé, ce sont les quatre annonces faites le 4 juillet 2016 par Marisol Touraine dans le cadre de la présentation à Paris de la stratégie nationale e-santé d’ici à 2020.
Les 750 M€ dédiés au numérique seront financés sur l’enveloppe de 2 Mds€ sur 5 ans à destination des établissements de santé annoncée par Marisol Touraine le 24 mai 2016.
La ministre des Affaires sociales et de la Santé a décliné en 4 axes cette stratégie nationale e-santé:
• Mettre le citoyen au coeur de l’e-santé
• Soutenir l’innovation par les professionnels de santé
• Simplifier le cadre d’action pour les acteurs économiques
• Moderniser les outils de régulation de notre système de santé
Axe 1 : Mettre le citoyen au coeur de l’e-santé
Renforcer et simplifier l’accès aux soins
- Faciliter l’accès aux soins par la télémédecine
- Simplifier les démarches administratives
Développer les services au patients pour favoriser leur autonomie
- Faciliter l’accès des patients à leurs informations médicales avec un DMP enrichi téléchargeable sur mobile
- Mieux informer sur la santé et l’offre de soins à travers le service public d’information en santé
- Faciliter le suivi par les patients de leurs indicateurs de santé avec le déploiement d’expérimentations de télésurveillance et l’appui au développement de labels pour les objets connectés de santé
Outiller la démocratie sanitaire
- Promouvoir l’expression collective des patients et citoyens avec la mise en place d’une plateforme publique en ligne
- Permettre la contribution individuelle à l’amélioration du système de santé avec la mise en place d’un portail public par le ministère de la Santé et soutenir des projets de co-innovation à travers des living-labs
- Favoriser l’usage du numérique par les associations de patients et d’usagers à travers des appels à projet pour offrir de nouveaux services.
Axe 2 : Soutenir l’innovation par les professionnels de santé
Développer la formation des professionnels de santé autour du numérique
- Renforcer la formation initiale et la formation continue en matière d’informatique médicale en lien avec les facultés de médecine
Soutenir les professionnels de santé qui s’engagent dans l’innovation numérique
- Renforcer la visibilité des programmes d’appui aux professionnels porteurs de projets innovants et prendre en compte le critère d’innovation dans les projets financés par la puissance publique
- Appuyer et sécuriser les professionnels de santé dans le recours aux objets connectés à travers leur évaluation an matière de pertinence, de fiabilité médicale et de protection des données
Accompagner le développement des systèmes d’aide à la décision médicale
- Faciliter l’exploitation numérique des connaissances médicales (dossiers patients, comptes-rendus, lettres de médecins)
- Utiliser les outils numériques pour simplifier l’utilisation des RPC par les professionnels
Soutenir la co-innovation avec les patients et les industriels
- Favoriser la co-construction des solutions numériques entre start-up, professionnels de santé et citoyens-patients par des appels à projet et l’ouverture d’espaces collaboratifs
- Accompagner la professionnalisation des living-labs en santé par une cartographie réalisée par le ministère en vue de favoriser les synergies
Axe 3 : Simplifier le cadre d’action pour les acteurs économiques
Etablir une gouvernance plus lisible et ouverte de l’e-santé
- Optimiser la répartition des rôles entre les acteurs de la régulation avec la mise en place d’une instance nationale, le conseil stratégique e-santé, et une adaptation de l’organisation du ministère (qui fera l’objet d’une annonce au deuxième semestre 2016)
Favoriser le partage de priorités entre acteurs publics et économiques en matière de systèmes d’information
- Priorité donnée au déploiement d’outils d’aide à la coordination des soins, DMP, messageries sécurisées, répertoires partagés, services nécessaires au déploiement de la télémédecine
- Renforcement par le ministère de la coordination des expérimentations locales et fixation plus précise des conditions de leur évaluation en vue d’une généralisation
Clarifier les voies d’accès au marché des solutions e-santé
- La puissance publique assurera financement et régulation des systèmes informatiques collectifs tels que le système de l’authentification
- Les professionnels et établissements de soins financeront leur propre équipement informatique en limitant l’intervention de la puissance publique à des incitations financières ou des aides ponctuelles
- Mise en place par le ministère d’une structure dédiée à l’innovation
Déployer un cadre d’interopérabilité facilitant l’intégration des innovations
- Elargissement du périmètre des référentiels d’interopérabilité
- Définition de normes pour les documents échangés par les professionnels de santé et adoption de terminologies médicales communes dans les secteurs clés de la prise en charge des patients
Axe 4 : Moderniser les outils de régulation de notre système de santé
Assurer la sécurité des systèmes d’information
- Accompagnement par le ministère de la Santé par un plan d’action à court terme de la mise en oeuvre de la politique générale de sécurité des systèmes d’information
Développer les méthodes d’évaluation adaptées à l’e-santé
- Les pouvoirs publics et la HAS vont développer des méthodologies impliquant les professionnels et les patients
Le numérique au service de la veille sanitaire
- Organismes de recherche et agences de santé vont développer de nouveaux outils pour anticiper les épidémies et faciliter la lutte contre les maladies infectieuses
Lever les freins au développement du big-data au service de la santé
- Des mesures concrètes seront annoncées par le ministère de la Santé à l’été 2016 pour soutenir des projets prioritaires de big data et un administrateur des données de santé sera nommé pour travailler avec l’administrateur général des données