Articles
-
Cybersécurité : 1,8Mds € attendus du PPP lancé par la Commission Européenne le 6/7/2016
Un partenariat public-privé (PPP) pour lutter contre les cybermenaces, tel est l’objet de l’accord signé par la Commission Européenne avec le secteur de la cybersécurité le 5 juillet 2016.
L’Union Européenne annonce investir 450M € dans ce partenariat dans le cadre de son programme pour la recherche et l’innovation Horizon 2020, pour un total espéré des investissements s’élevant à 1,8Mds €.
La commission présente par ailleurs une série de mesures pour remédier à la fragmentation du marché européen de la cybersécurité:
• Mise en place d’un cadre européen de certification pour les produits de sécurité des TIC d’ici la fin 2017,
• Facilitation de l’accès au financement pour les petites entreprises,
• Amélioration de la coopération transfrontalière en cas d’incident majeur.L’Union Européenne déclare attendre de cet accord un alignement de l’offre et de la demande pour permettre aux industriels de tirer partie des besoins des utilisateurs finaux, notamment dans les secteurs de l’énergie, la santé, les transports et la finance.
Le premier appel à projets sera lancé au premier trimestre 2017.
-
Plateformes Territoriales d’Appui : le décret de mise en oeuvre publié au JO le 4 juillet 2016
Améliorer la qualité et l’efficience des parcours de patients en situation complexe, c’est l’objectif des Plateformes Territoriales d’Appui dont le décret du 4 juillet 2016 publié au J.O. précise les conditions de mise en oeuvre.
Prévues par l’article 74 de la loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016, les PTA viennent en soutien à l’ensemble des professionnels sanitaires, sociaux et médico-sociaux qui ont besoin de recourir à des compétences complémentaires pour les patients relevant d’un parcours de santé complexe.
Le décret du 4 juillet 2016 précise les missions qui constituent cet appui:
• Information et orientation des professionnels vers les ressources sanitaires, sociales et médico-sociales du territoire
• Evaluation sanitaire et sociale de la situation du patient
• Organisation de la concertation pluri-professionnelle
• Planification de la prise en charge et organisation des admissions et sorties des établissements en favorisant le maintien à domicile
• Soutien aux pratiques professionnelles en matière d’organisation des parcours, d’accès aux soins et de coordination.– La plate-forme territoriale d’appui est constituée à partir des initiatives des acteurs du système de santé relevant des secteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux. Dans ce cadre, une priorité est donnée aux initiatives des professionnels de santé de ville visant un retour et un maintien à domicile et, lorsqu’elles existent, des équipes de soins primaires et des communautés professionnelles territoriales de santé. Ces acteurs élaborent le projet de plate-forme, désignent l’opérateur en charge de la mise en œuvre de ses missions et assurent le suivi des actions.
– C’est cet opérateur qui adresse le projet de la plate-forme à l’agence régionale de santé pour approbation avec un projet définissant:
• Le territoire d’action
• Les services offerts
• Le rôle de l’opérateur
• Les modalités selon lesquelles l’opérateur rend compte de son action aux acteurs du système de santé concernés • Le schéma cible d’organisation de la plate-forme et les étapes de sa mise en place
• Le budget prévisionnel.– Après approbation du projet de la plate-forme par l’agence régionale de santé, une convention est signée entre l’agence régionale de santé, l’opérateur et, le cas échéant, les composantes de la plate-forme.
– Chaque plate-forme territoriale d’appui est équipée d’un système d’information unique partagé par chacune des composantes de la plate-forme et accessible par les professionnels au travers de leur propre système d’information.
– Une évaluation annuelle des plates-formes territoriales d’appui est mise en place par l’agence régionale de santé avec les acteurs du système de santé et les usagers.
-
Aide à domicile aux personnes âgées : Ouihelp lève 300 000 €
300 000 €, c’est le montant de la levée de fonds réalisée le 5 juillet 2016 par la start-up parisienne Ouihelp auprès du fonds Kerala Ventures.
Ouihelp, lauréat de la bourse Charles Foix 2016, a développé un service d’aide à domicile pour les personnes âgées reposant sur la sélection d’auxiliaires de vie, proposées par « matching » sur une plateforme internet.
Ouihelp indique vouloir prouver son modèle sur Paris, en atteignant 500 clients, 250 auxiliaires de vie placées et 5 millions d’euros de chiffre d’affaires annualisé d’ici 2018.
-
« Le Hackathon, c’est d’abord un lieu de collaboration » (Letélié, Desfarges)
« Depuis 4 ans maintenant sont organisés des hackathons chez Hacking Health Camp. Ce mouvement a pour but d’apporter l’innovation en santé en créant des espaces collaboratifs entre professionnels de santé, patients, acteurs du numérique et de l’innovation et toutes les parties prenantes du domaine. Les organisateurs ont la conviction que cette approche collaborative qui prend en compte les problématiques de terrain est la meilleure pour améliorer les pratiques de soins et la vie des patients. »
Sébastien Letélié, Hacker professionnel, entrepreneur en santé, innovateur technologique, leader européen du mouvement Hacking Health et dirigeant de la société Health Factory, et Pascal Desfarges, fondateur et directeur de Retiss, une agence qui se positionne autour de l’innovation ouverte sur les territoires dans le contexte des technologies émergentes, expliquent en quoi la démarche du hackathon peut parfois être mal comprise :
« L’objectif est d’éclairer sur les fondamentaux de ce type d’événement tels qu’ils sont vus chez Hacking Health Camp. L’éthique du hacker contre le pirate: construire et innover en détournant plutôt que de détruire. »
Le hacker porte des valeurs et une culture et se différencie du pirate dans le principe du détournement des technologies pour favoriser la création, la construction d’usages innovants et ceci dans une logique du partage. Innover dans le secteur de la santé peut passer par l’organisation de « hackathons » : fusion des termes hacker et marathon, un hackathon est un marathon de co-création en équipe pluridisciplinaire dont l’objectif est de trouver une solution concrète à un problème en utilisant le principe du « hacking ». Hacker, c’est détourner : utiliser un objet ou une technologie et le dévier de son usage pour en faire émerger un nouveau. Le principe fondamental du hacking est de montrer qu’il est possible de trouver des solutions simples en expérimentant des possibles, le tout dans une logique de partage et de collaboration entre les acteurs de la santé.
Une culture du prototype
Hacker la santé, c’est reposer sur un mode collaboratif et contributif les questions quotidiennes, les usages, les lieux, les outils dans leur efficience et leur viabilité en expérimentant concrètement les choses sur la base des savoir-faire existants et des expériences de chacun.
L’innovation est ici le produit de l’intelligence et de l’imagination collective où tous les acteurs peuvent participer avec leurs points de vue, leurs spécificités, leurs compétences pour prototyper une solution innovante. Le chirurgien, l’infirmière, le médecin, le sociologue, l’ergonome, l’administrateur, l’informaticien, le designer, et même le patient sont ainsi investis pour remixer, détourner et hybrider une problématique concrète et trouver une réponse viable et applicable à travers un prototype inédit et une expérimentation. L’hybridation des points de vue et la transdisciplinarité sont ici au cœur d’un processus d’innovation ouvert et horizontal où tout le monde est acteur et responsabilisé.
A titre d’exemple, dans la série « The Knick » qui raconte l’histoire d’un hôpital et de son équipe médicale au début des années 1900 à NYC, à l’époque, au bloc opératoire, l’outillage est rustique et les moyens faibles et les chirurgiens doivent faire preuve d’imagination pour sauver des vies. Il est ainsi montré comment l’outil pour aspirer le sang lors d’une intervention et permettre ainsi de retransfuser le patient avec son sang est une pompe à main. Plus communément appelé RPSO (récupération de sang périopératoire, ceci nécessite une personne dédiée au bloc et n’est pas pratique. Dans l’un des épisodes, un chirurgien rencontre un vendeur d’aspirateur et il lui vient alors l’idée de détourner cet objet pour inventer le premier RSPO automatique. Un chirurgien et un vendeur d’aspirateur (nouvelle technologie de l’époque) vont ainsi générer un outil aujourd’hui universel dans un bloc opératoire.
Un hackathon : une communauté
Il ne faut pas attendre d’un hackathon qu’il entraîne automatiquement la création de start-up à succès. Ce n’est pas en un week-end que se construit l’équipe qui va travailler ensemble les 10 prochaines années et une solution ne trouve pas son marché en 2 jours. En revanche, c’est un excellent point de départ pour l’aventure entrepreneuriale. Le principe de partir des problèmes de terrain remontés par des acteurs partie prenante du hackathon assure de mettre en œuvre des solutions pertinentes. C’est tout le travail d’un entrepreneur : chercher un modèle économique viable et l’exécuter.
Un hackathon est d’abord un lieu de collaboration, de rencontres et d’apprentissage par l’action au- delà des démarches individuelles. Il doit pouvoir faire émerger une communauté active de makers de la santé partageant les mêmes méthodes, ressources et idées pour designer la santé autrement. Cette notion de communauté collaborative n’empêche nullement les projets individuels mais s’appuie sur une culture commune de l’innovation et du partage.
Une idée existe parce qu’on la réalise et qu’on la confronte
L’objectif d’un hackathon ne s’arrête pas à l’idée. L’enjeu premier est d’intégrer une méthodologie, une démarche permettant de développer concrètement, autour des usages, le prototypage d’un projet, d’une idée et d’une pratique. Tout le monde peut avoir l’idée d’Uber ou de Blablacar sur la base du principe du réseau distribué, mais seuls ceux qui génèrent des solutions concrètes seront finalement les véritables détenteurs de ces idées. La question de la propriété intellectuelle est dans un premier temps une fausse question. La véritable problématique est comment s’approprier une idée en la construisant, en la développant, en subissant des échecs, en la confrontant à de multiples points de vue et contradictions pour finalement lui donner réellement corps.
Pour faire simple, les gens ne s’intéressent pas aux différentes idées. Ce qui les intéresse c’est d’avoir des solutions à leurs problèmes et c’est là le principal objectif d’un hackathon. Ceux qui réussissent à créer des services rentables sont ceux qui s’intéressent aux problèmes des gens en leur offrant le meilleur service possible. La question de la propriété intellectuelle devient importante dès lors qu’un modèle économique viable émerge d’une expérimentation et que la solution mise en œuvre est reproductible et peut être protégée. Cela prend du temps et ce n’est pas lors d’un hackathon que cela se passe mais bien après, ce qui laisse tout le temps de se préparer pour protéger son travail. Il est important aussi de souligner que les grands groupes qui participent, organisent ou contribuent à des hackathons n’ont aucune volonté de reprendre les idées à leur compte.
L’aboutissement d’une idée est beaucoup moins lié aux moyens pour la mettre en œuvre que la volonté et le courage de l’équipe de la réaliser. En bref, un grand groupe a des moyens mais pas l’agilité ni la motivation d’équipe interne pour la réaliser. D’où la nécessité de s’allier à des équipes externes pour les soutenir et les accompagner.
Un hackathon est un parcours pédagogique, jonché de rencontres permettant à chacun de trouver sa place dans une équipe et de comprendre les problématiques d’un domaine (ici, la santé). C’est une étape indispensable pour évaluer une idée et façonner les premières briques de solutions qui permettront ensuite de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale.
Cette année, le Hacking Health Camp est éligible à la formation professionnelle car c’est fondamentalement plus une nouvelle manière de se former. Tant par l’action que la collaboration. La viabilité du modèle Hacking Health est de mettre en œuvre un hackathon où toutes les parties prenantes en santé sont présentes, et où tous les porteurs de projets sont soumis aux mêmes règles sur un pied d’égalité. Bien sûr, certains sont mieux préparés que d’autres, comme dans toute compétition, mais au final, les seuls vainqueurs sont ceux qui ont le courage d’aller au bout de leurs idées.
-
IRM : 30 jours d’attente en moyenne pour obtenir un examen en France (ISA – Snitem)
30 jours, c’est le délai moyen constaté pour obtenir un examen par IRM, même pour un diagnostic urgent, selon le rapport 2016 de l’institut CemKa-Eval « parc français d’IRM et délais d’attente », commandé par le Snitem et Imagerie Santé avenir (ISA).
Le rapport pointe également « un taux d’équipement national bien en-dessous de la moyenne européenne ».
Le taux d’équipement en dessous de la moyenne européenne :
• il se situe à 13,1 IRM par million d’habitants, contre 20 IRM par million d’habitants au niveau européen.
Des inégalités régionales :
• les régions Auvergne, Centre et Bretagne ont à la fois les taux d’équipement parmi les plus faibles et les délais parmi les plus élevés (44,8 jours, 41,6 et 39,6 jours).
• Le délai moyen pondéré par la taille de la population montre un écart de plus du simple au double (52,9 vs 21,5 jours) entre les 5 régions les moins bien équipées et les 5 régions les mieux équipées.
• Par rapport à 2015, les délais d’attente pour un examen d’IRM ont augmenté dans 12 régions. -
Le robot chirurgien STAR a réussi une intervention sur des tissus mous d’animal
« Le marché de la robotique chirurgicale représentait 3,2 Mds€ en 2014 et devrait atteindre 20 Mds€ en 2021, d’après un rapport publié par WinterGreen Research en Avril 2015 », c’est ce qu’a indiqué Franck Latxague, éditeur spécialisé dans les robots et les drones, lors d’un entretien accordé à Atlantico le 15 juin 2016.
D’après l’ANSM, la robotique médicale représente 40 % du marché professionnel, avec 20 % de croissance annuelle.
Ces appareils à très haute valeur ajoutée peuvent se vendre à plus d’un million de dollars: c’est le frein majeur au développement de ce marché, mais l’évolution des technologies et la réduction des coûts de production annoncent de nouvelles perspectives. Le second obstacle réside dans le fait que les start-up ont besoin de réaliser d’importantes levées de fonds pour pouvoir développer des prototypes et, à terme, commercialiser leurs inventions.Dernier venu sur ce marché, le robot STAR, mis au point par une équipe pluridisciplinaire de l’université Johns-Hopkins de Baltimore (Etats-Unis) a réussi à opérer des tissus mous d’animal sans les altérer, une première médicale qui doit être suivie par des essais cliniques sur l’homme.
Star, Smart Tissue Autonomous Robot, le robot chirurgien
Développé aux États-Unis pour assister les chirurgiens pendant leurs opérations, équipé d’un bras télémanipulateur et disposant d’instruments chirurgicaux, d’un système d’imagerie et de marqueurs fluorescents qui ciblent les tumeurs, Star a relevé le challenge, dans le cadre d’un test réalisé sur des intestins de porc, d’opérer les tissus mous sans les altérer, notamment en intégrant plusieurs technologies différentes :
- Système de vision reposant sur des marques fluorescentes proches de l’infra rouge (NIRF) localisés dans le tissu intestinal
- Vidéo spécialisée NIRF traquant les marqueurs pendant qu’une caméra 3D enregistre les images du champ chirurgical entier
La combinaison en temps réel de ces données autorise Star à se concentrer sur sa cible. Le robot planifie lui-même les sutures, ajustant ce plan au mouvement des tissus durant l’opération.
Limiter voire éliminer l’intervention humaine permet de réduire via ces robots autonomes, les complications (nombreuses dans le domaine de la chirurgie délicate des tissus mous) et d’améliorer la sûreté et l’efficacité des interventions.
Plus d’un million de ce type d’anastomoses gastriques sont effectuées par an aux États-Unis, de même qu’en urologie et gynécologie. Or, 30 % de ces opérations impliquent des complications : fuites ou blocages selon les chercheurs.
Ces derniers estiment que la FDA n’autorisera pas la commercialisation de Star avant plusieurs années car des essais cliniques sont nécessaires afin de s’assurer qu’il ne présente pas de danger pour l’homme.
Les robots médicaux déjà présents sur le marché
-
Un plan pour un accès à la médecine génomique en 2025 (Rapport d’Yves Lévy, INSERM)
Faire de la France un leader de la recherche génétique et du séquençage à très haut débit de l’ADN humain, c’est l’objectif visé par les propositions du rapport d’Yves Lévy, directeur de l’Inserm, remis au Premier Ministre, Manuel Valls, et à la Ministre de la Santé le 22 juin 2016.
Intitulé « France Médecine Génomique 2025 », ce rapport détaille les « conditions de mise en œuvre du génome à grande échelle dans le cadre du parcours de soins. »
En pratique, le plan consiste à « mettre en œuvre un parcours de soins générique avec un accès privilégié, commun à tous les patients affectés par les cancers, maladies rares ou communes permettant, à l’horizon 2025, un accès à la médecine génomique pour l’ensemble des personnes concernées. »
L’objectif du rapport est de proposer une vision à long terme du positionnement de la France, l’évaluation de ses enjeux (innovation, développement économique et technologique, implications éthiques).
L’élaboration d’un modèle médico-économique « intégrant la prise en charge par l’Assurance maladie et le développement d’une filière industrielle pour soutenir cette initiative » et s’appuyant sur la mise en place d’une « task force public-privé » est préconisée dans le rapport.
Le jour-même de sa présentation, Marisol Touraine a annoncé que 670 M€ seront consacrés à la création en France de 12 centres dédiés au séquençage du génome.
Ingénierie génomique : une nouvelle dimension
Malgré l’apparition des thérapies géniques dans les années 1990, on plonge dans une nouvelle dimension avec l’avènement en 2013 de l’édition génomique.
Le 21 juin 2016, l’Institut National de la Santé américain a autorisé un essai clinique de thérapie génique anticancéreuse sur l’homme, une première, impliquant l’utilisation de CRISPR-Cas9.
Découper, à la base près, des séquences d’ ADN choisies, réaliser une chirurgie du génome, inactiver ou supprimer un gène, voire le remplacer par un autre, est désormais possible.
L’objectif est de prendre en charge, à l’horizon 2020, environ 235 000 séquences de génomes par an correspondant à 20 000 patients atteints de maladies rares, et leurs familles (environ 60 000 génomes) et 50 000 patients prioritaires car atteints de cancers métastatiques/réfractaires au traitement.Transmission irréversible à la descendance
En 1997, la France et 28 autres pays signent la convention d’Oviendo, ratifiée en 2011 : elle consacre l’interdiction d’exercer des modifications génétiques transmissibles à la descendance.
Pour l’heure, thérapies géniques ou CRISPR ne sont autorisées que pour une application thérapeutique sur les cellules somatiques du foie ou des muscles.Les trois outils d’ingénierie génomique existant
- TALEN (Transcription activator-like effector nuclease) et ZFN (Zinc finger nuclease), nécessitant plusieurs mois de développement et faisant intervenir une protéine reconnaissant l’ADN à découper
- CRISPR, courtes répétitions en palindrome regroupées et régulièrement espacées, identifiant directement l’ADN, via un ARN guide, élaboré en quelques heures
Avril 2015 : première modification génétique d’embryon humain
Optimisation de la précision, de la rapidité, du prix par rapport aux thérapies géniques classiques, les CRISPR se sont invités dans les laboratoires du monde entier : un millier d’études publiées en moins de deux ans d’existence, des millions d’euros investis dans des projets de recherche ou start-up.
Avril 2015, le biologiste chinois Huang Junjiu réalise la première modification génétique d’embryon humain via la technique CRISPR-Cas9 : des ciseaux moléculaires sont utilisés afin de traiter une maladie monogénique : la bêta-thalassémie.Utilités et bénéficiaires
L’édition génomique et ses nombreuses futures applications thérapeutiques ne se destinent qu’aux pathologies dont les gènes ont été parfaitement identifiés et caractérisés comme la myopathie de Duchenne par exemple, liée à une anomalie du gène DMD.
A l’heure actuelle il est possible d’introduire chez la souris un CRISPR dans le muscle pour modifier le gène déclencheur de la maladie.
VIH, leucémie ou mucoviscidose sont des pathologies pour lesquelles la technique est expérimentée.Obstacles techniques
Avant de commercialiser ce type de traitement chez l’homme il est indispensable de pallier le fait que les CRISPR manquent parfois leur cible et découpent un autre gène que celui visé.
Ce sont les effets dits « off-target », néanmoins prévisibles informatiquement.
Il s’agit d’identifier les séquences ressemblant considérablement à la cible afin de prédire, limiter et idéalement éviter les cassures indésirables, impliquant par exemple la délétion d’un gène indispensable au fonctionnement du système immunitaire.
La délivrance du système CRISPR-Cas9 relève du challenge : cibler les organes, introduire le bistouri génétique grâce à un virus ou en sortant les cellules de l’organisme pour les réimplanter modifiées ensuite.Limites éthiques
Modifier de l’ADN avec des outils d’ingénierie génomique comme CRISPR-Cas9 implique l’émergence de questionnements éthiques et législatifs complexes.
La thérapie génique, consistant à introduire un gène médicament dans un organisme, soulevait déjà les enjeux sociétaux des biotechnologies appliquées à la santé.- Peut-on modifier l’ADN d’embryons humains et donc celui des générations futures ?
- Comment contrôler ces nouveaux OGM ?
- Peut-on manipuler les embryons humains pour optimiser les taux de réussite des FIV ?
- Doit-on réaliser des expérimentations pour créer de nouvelles formes de vie ou recréer des espèces disparues ?
-
Dossier patient électronique : + de 95 % des généralistes anglais équipés (NHS)
Plus de 95 % des cabinets de médecins généralistes en Angleterre sont équipés pour proposer à leurs patients d’accéder en ligne à leur dossier médical détaillé, indique le NHS England le 4 juillet 2016.
Le dossier médical électronique permet aux patients anglais d’accéder à leurs résultats d’examens, diagnostics, recommandations, vaccinations, procédures et ordonnances.
En mars 2016, 8,5 millions de patients avaient déjà pris rendez-vous en ligne chez leur médecin traitant. Le nombre de rendez-vous pris en ligne a doublé en un an, passant de 700 000 en avril 2015 à 1,4 million en mars 2016.
Le NHS précise que la généralisation du dossier patient électronique s’inscrit dans une stratégie globale visant à ce que le NHS soit « sans papier » d’ici 2020.