Des lauréats et des AAP annoncés par le Gouvernement
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé le soutien de l’État à de nouveaux lauréats France 2030 (prévention de la perte d’autonomie, IA médicale, parcours de soins). La santé est de fait la catégorie la plus représentée parmi les 28 lauréats de la deuxième relève de l’appel à projets « Pionniers de l’IA » organisé par Bpifrance et Inria), avec dix projets fléchés santé dévoilés lors du salon :
- HyprView (LUMEN1) pour le diagnostic prédictif en oncologie par photonique et IA ;
- DeepLife (OncoDecide, avec le Centre Léon Bérard) pour l’aide à la décision en oncologie via jumeaux numériques cellulaires ;
- AP-HP (NEW NDP) pour l’EEG néonatal rendu accessible partout, lecture en 20 minutes ;
- Université de Bretagne Occidentale (PREDIRA) pour la prédiction dynamique du risque de récidive d’AVC ;
- Matricis AI (ESAI) pour la lecture automatique d’IRM en gynécologie ;
- Caiman (MIAMI 2030) pour l’IA multimodale pour l’imagerie médicale (TEP, scanner) ;
- Admir (MORPHO-MIR) pour la coloration digitale en pathologie sans réactifs chimiques ;
- Sagacity Health (Aphrodite AI), Nebula (FOCUS-AIDD) et InFocus Therapeutics (FORGE) pour la découverte de médicaments et cibles thérapeutiques par IA.
À la marge, deux projets biotech/imagerie biologique complètent ce socle santé : Lutèce Dynamics (BIOSIA 2) et Phagos (PRESAGES, génomes de bactériophages générés par IA).
Toujours du côté du Gouvernement, ce dernier a également profité de cette nouvelle édition du salon pour confirmé la création d’un chatbot santé public sur Ameli.fr.
Une nouvelle agence pour financer les technologies de rupture ? :
Enfin, VivaTech a aussi été l’occasion de remettre aux gouvernements français et allemand un rapport consacré à l’innovation de rupture. Celui-ci recommande la création d’une agence française dédiée au financement des technologies les plus risquées et les plus stratégiques, conçue pour fonctionner en complément de France 2030 et en coordination avec l’agence allemande SPRIND. Une annonce qui illustre la volonté croissante de l’Europe de se doter d’outils capables de rivaliser avec les écosystèmes américain et chinois sur les technologies critiques. Nous revenons plus en détail sur ce rapport dans un article dédié.
Pour aller plus loin : lire l’article H&TI dédié à ce sujet.
Quand le wearable se rapproche du dispositif médical
Plus que tout autre sujet healthtech, les wearables ont – comme chaque année – été les dispositifs les plus présents au salon Vivatech. Withings a pour l’occasion présenté sa station BodyScan 2, disponible en Europe depuis le 9 juin, qu’elle positionne comme la première offre grand public combinant analyse cardiaque, vasculaire et métabolique, avec une précision de composition corporelle comparable à un examen DEXA et un bilan en 90 secondes. Plus expérimentaux, les prototypes de lentilles de contact connectées de XPANCEO (glucose mesuré dans les larmes, affichage en réalité augmentée) ne sont pas attendus en démonstration publique avant début 2027.
Plusieurs jeunes pousses ont par ailleurs présenté des capteurs physiologiques : le patch de la hongkongaise PointFit (glucose, cortisol, lactate via la sueur) ou le casque de monitoring cérébral de la française Neurathletics pour les sportifs.
La bataille des écosystèmes plateformes
Au-delà des produits, les grands acteurs structurent des écosystèmes de services. Samsung a détaillé sa stratégie « Connected Care » articulant smartphones Galaxy, montres et l’application Samsung Health (77 millions d’utilisateurs mensuels), avec une série de partenariats orientés longévité : Generation Lab (âge biologique à domicile), SiPhox (analyses sanguines déportées), Xealth, Lansik (glycémie) et Becon (analyse de la peau par IA). De son côté, Google a engagé la fusion de Fitbit et Google Health au sein d’une plateforme unique pilotée par l’IA.
Sanofi annonce l’intégration de l’IA à tous les niveaux de sa chaîne de valeur
Pour sa 8e participation, Sanofi a mis en avant le passage de l’expérimentation à l’intégration de l’IA sur l’ensemble de sa chaîne de valeur, avec l’objectif de réduire les délais entre découverte et mise à disposition d’un traitement. Le groupe a rappelé ses collaborations de recherche (Aqemia, Owkin, Exscientia) et un travail avec OpenAI autour d’une base de 80 000 gènes associés à l’expression de maladies.

