La Banque mondiale exhorte le gouvernement chinois d’aller plus loin dans ses réformes relatives au domaine de la santé.
Selon l’analyse de l’organisation rendue publique en août 2016, si des mesures stratégiques sont mises en place dès maintenant, le pays pourrait réduire de manière importante ses dépenses de santé, soit l’équivalent de 3 % du PIB.
Les auteurs de l’étude proposent que la Chine prenne dix ans pour mettre en place des changements profonds. Le plan se divise en 8 secteurs différents :
– 4 axés sur la qualité et l’organisation des soins ;
– 4 axés sur l’aspect administratif et financier.
Santé : des mesures ont été prises mais elles sont insuffisantes
Au cours des dernières décennies, le gouvernement chinois a fait des efforts pour améliorer l’accès aux soins en étendant notamment son réseau d’assurance de santé à la quasi-totalité de la population depuis 2009.
Mais les hôpitaux publics sont dépassés : ils doivent s’occuper de près de 90 % des patients, avec des maladies allant du simple rhume au cancer en phase terminale.
Un plan pour sauver jusqu’à 3 % du PIB
Le rapport présente un « dossier solide pour créer un nouveau modèle, qui permettrait à la fois d’améliorer la qualité de la santé et de sauver jusqu’à 3 % du PIB », assure à Bloomberg Jim Yong Kim, président du groupe de la Banque mondiale. Il décrit ce nouveau plan comme un « moteur pour la création d’emplois et une croissance économique durable en Chine ».
Ces résultats proviennent d’une étude de deux ans intitulée « Approfondir la réforme de la santé en Chine », menée par le groupe de la Banque mondiale, l’OMS, le ministère des Finances de la Chine, la Commission de la santé nationale et de la planification familiale chinoise et du ministère chinois des Ressources humaines et de la Sécurité sociale.
Sans réformes : les dépenses de santé pourraient quadrupler en 20 ans
Sans réformes, les dépenses de santé de la Chine passeraient de 5,6 % du PIB en 2015 à 9,1 % du PIB en 2035.
Cela signifie qu’en coût réel, les dépenses dans le secteur pourraient passer de 3,5 billons de Yen (473 Md €) en 2015, contre 15,8 billions de Yen (2,1 Md €) en 2035.
Santé : les problèmes auxquels doit faire face la Chine
- Trop de prescriptions de médicaments : les hôpitaux comptent encore sur les ventes de médicaments pour gagner de l’argent et incitent donc les médecins à prescrire davantage.
- Trop d’attente : les patients doivent souvent patienter plusieurs heures pour une simple consultation.
- Mauvaise relation patients-médecins : les médias locaux rapportent fréquemment des cas de patients déçus ayant violemment attaqué leurs médecins.
- Vieillissement de la population : le nombre de Chinois âgés de plus de 65 ans devrait passer de 140 millions actuellement à 230 millions en 2030, rapporte la Banque mondiale.
Le gouvernement doit donc être prêt à payer pour les services médicaux adéquats afin de maintenir en bonne santé une population vieillissante, de plus en plus touchée par le cancer, le diabète et les maladies cardiaques.
Aperçu des recommandations du rapport
> En général : les auteurs du rapport proposent la création d’un système de santé centré sur les patients.
Cela signifie, entre autre, de passer d’un modèle actuellement centré sur les hôpitaux à un modèle focalisé sur les soins primaires, en améliorant la qualité des services de base et des soins de haute qualité mais aussi en proposant des services rentables.
Selon l’étude, plus de 60 % de la hausse des dépenses de santé prévue proviendraient de l’augmentation des services hospitaliers. Dans le cadre du modèle proposé, les services seraient organisés autour des besoins de santé des individus et des familles grâce à l’utilisation d’outils électroniques et d’un meilleur partage des données de santé.
Principales propositions du rapport :
- Travailler la communication avec les patients.
L’idée est d’améliorer la communication avec la population, notamment en terme de prévention. L’un des objectifs du plan est de mieux protéger les personnes contre les comportements à risque, comme le tabagisme ou une mauvaise alimentation, et de leur apprendre à vieillir en suivant un rythme de vie sain.
- Encourager les patients à s’engager davantage.
Le rapport propose de responsabiliser les patients ayant des connaissances et une certaine compréhension des services de santé en leur proposant de s’engager activement dans les décisions relatives à leur santé pour qu’ils aient davantage confiance dans le système.
- Mieux hiérarchiser les services de soins.
Le but est de réformer les hôpitaux publics pour leur permettre de mieux se concentrer sur les cas compliqués et de déléguer à d’autres praticiens les soins de base.
Le rapport propose aussi de créer un système de récompense mettant à l’honneur les professionnels ayant obtenu les meilleurs résultats en termes de guérison.