Une refonte totale basée sur le triple objectif de l’Institute for Healthcare Improvement (améliorer l’expérience des soins par le patient, améliorer la santé de la population, diminuer le coût des soins par habitant), telles sont les préconisations présentées le 25 octobre 2016 de la commission internationale à laquelle le gouvernement d’Irlande du Nord a confié une réflexion sur l’évolution de son système de soins.
Un système à bout de souffle
Le gouvernement d’Irlande du Nord consacre actuellement 46 % de son budget, soit 4,6 milliards de livres, au système de soins, et ce montant pourrait atteindre 90 % du budget d’ici 10 ans si aucune réforme n’est entreprise. Selon Michelle O’Neill, ministre de la Santé d’Irlande du Nord, « le système est à bout de souffle ».
Aux difficultés financières s’ajoute une prise en charge des patients défaillante, caractérisée par :
- des délais d’attente importants, les plus élevés du Royaume-Uni ;
- un recours important aux services d’urgences ;
- une mauvaise affectation des lits d’hôpital, trop souvent occupés par des patients qui pourraient rentrer chez eux ;
- des difficultés d’accès aux médicaments et thérapies innovantes ;
- des inégalités sociales d’accès aux soins ;
- une démotivation des professionnels de santé.
Face à cette situation, le système de soins nord-irlandais est confronté à une alternative, selon la commission internationale : résister au changement et voir le système s’effondrer, ou transformer le système afin de le rendre moderne et efficace.
Le triple objectif pour refonder le système
La commission internationale préconise de s’appuyer sur le triple objectif de l’Institute for Healthcare Improvement pour transformer le système de soins nord-irlandais :
- améliorer l’expérience des soins par le patient ;
- améliorer la santé de la population ;
- diminuer le coût des soins par habitant.
Un plan sur 10 ans, des actions à court terme
Le ministre de la Santé d’Irlande du Nord a présenté des mesures à court terme pour lancer cette transformation, qui doit s’étaler sur 10 ans, parmi lesquelles :
- un plan pour réduire les listes d’attentes d’ici janvier 2017 ;
- un accès au dossier patient électronique pour les pharmaciens d’ici octobre 2017 ;
- une augmentation immédiate du numerus clausus pour la médecine générale ;
- une identification des innovations locales et leur diffusion au niveau national d’ici avril 2017.