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  • Prévention : ProtectUrHeart, laboratoire connecté à ciel ouvert lancé à Nice

    Un laboratoire connecté à ciel ouvert consacré à l’amélioration de la prévention et l’évaluation des maladies cardio-vasculaires, c’est ce qu’a inauguré le consortium européen ProtectUrHeart lors du marathon de Nice Cannes du 10 au 13 novembre 2016.

    Regroupant start-up, sociétés savantes, associations de patients, médecins, hôpitaux et villes, ce « living lab » a vocation à être déployé à l’occasion d’événements sportifs. Parmi les sociétés impliquées figurent Sanofi, Evalrisk, portail internet grand public, Viseo, application des expertises du digital, Bepatient, plate-forme e-santé, et Adkimist, marketing comportemental.

    Sensibiliser le public avec un outil simple

    « La maladie cardio-vasculaire fait de moins en moins peur parce qu’elle est mieux prise en charge. Notre projet vise à sensibiliser le public avec un outil simple via les nouvelles technologies de communication », précise Eva Piccon, co-créatrice du projet ProtectUrHEart et CEO d’Adkimist.

    Ce laboratoire connecté est financé par l’Europe à hauteur de 400 000 € et soutenu par Eurobiomed Pôle de compétitivité santé du sud de la France. Il s’implantera dès 2017 dans les principales capitales européennes, avec le soutien de l’European Institute of Technology Health.

    Des données utilisées pour de nouveaux outils de prévention

    « Il s’agit de sensibiliser et responsabiliser les citoyens en leur proposant d’évaluer et de mesurer leurs habitudes de vie, à l’aide d’outils digitaux simples, pour protéger leur système cardiovasculaire au quotidien », indique le professeur Pierre Dellamonica, CEO d’Evalrisk et président du comité scientifique de ProtectUrHeart.

    Parallèlement, une étude à grande échelle permettra de recueillir des données anonymisées dans l’objectif d’inspirer de nouveaux outils de prévention.

  • 48h de hackathon e-santé au Havre du 2 au 4 décembre 2016

    Un hackathon e-santé est organisé au Havre, du 2 au 4 décembre 2016, par l’Hackadémie du Havre, dont l’objectif est de favoriser l’émergence des pratiques numériques et collaboratives mais aussi de participer au renforcement de l’innovation.

    Cet événement « Hack for Health » est le premier hackathon e-santé de la région. Il consiste à rassembler plusieurs équipes de 5 à 7 personnes (professionnels de santé, étudiants, patients, développeurs, cartographes, graphistes…) pour travailler pendant 48 h sur des prototypes innovants visant à répondre à des problématiques santé, à améliorer les pratiques, mais aussi à relever des challenges soumis par des professionnels de la santé ou des patients.

    « Il s’agit d’un événement au service du patient, à destination de toutes les personnes intéressées par l’innovation en santé, professionnels de santé et professionnels du numérique. Les défis seront directement soumis par des professionnels de santé, étudiants, patients ou associations de patients », précise l’organisation du hackathon.

    Ce dernier est organisé en partenariat avec le Groupe Hospitalier du Havre (GHH), la CODAH, Le Container et le soutien de Normandy French Tech et du Pôle TES. L’événement se déroulera pendant le Téléthon, les bénéfices réalisés au cours de l’événement lui seront reversés.

    L’inscription est gratuite et ouvert à tous jusqu’au 1er décembre 2016. Même sans participer au hackathon, il est possible de déposer idées d’améliorations ou défis sur le site Internet www.hackforhealth.fr

  • Innovation : l’AFD souhaite un passage du « patient alibi  » au « patient acteur »

    Considérer le patient comme un véritable acteur de sa santé, avec des conséquences concrètes en matière de prise en charge et d’innovation, c’est le point sur lequel se sont accordés patients, professionnels de santé, représentants institutionnels et industriels lors du colloque « En finir avec le patient alibi » organisé par la Fédération française des diabétiques (AFD) le 14 novembre 2016 à l’occasion de la journée mondiale du diabète.

    Le patient alibi, une réalité perçue

    Pour Gérard Raymond, président de l’AFD, les patients peuvent avoir l’impression d’être un alibi à titre individuel, en cas d’absence de dialogue avec le professionnel de santé qui les prend en charge, mais aussi à titre collectif, lorsqu’ils sont sollicités en aval d’une innovation par les entreprises. Les études menées par le Diabète Lab ont confirmé cette perception.

    Antoine Zins, directeur associé du fonds d’investissement The Family, a souligné la complexité du secteur de la santé, où l’utilisateur est en général distinct du payeur, estimant que certaines start-up utilisent le patient comme un alibi par paresse, hypocrisie, et marketing. Selon lui, les start-up devraient être très proches des associations de patients, car elles ont besoin de tester leurs produits en permanence.

    Thomas Borel, directeur des affaires scientifiques du Leem, a évoqué la nécessité de co-construire avec les patients les applis et objets connectés de santé pour s’assurer de leur utilité. Il a regretté le fait que l’amélioration de l’observance et de la qualité de vie soit mal prise en compte par le système français actuellement.

    Emmanuel Cosson, diabétologue, a rappelé les avancées en matière de formation des médecins à l’éducation et l’adhésion thérapeutique des patients, et souhaité la mise en place de lieux d’échange entre professionnels de santé et patients.

    Le patient acteur, concrètement

    Cédric Grouchka, membre du collège de la Haute Autorité de Santé, a distingué deux situations où le patient peut être acteur, et rappelé les actions portées par la HAS pour accompagner ce changement de paradigme :

    • la relation singulière avec le professionnel de santé. La commission d’information des patients de la HAS est désormais dans une démarche de co-construction avec les patients, et non de concertation avec eux;
    • la parole portée en tant que représentant des patients. La HAS vient de lancer une expérimentation visant à intégrer les patients concernés à l’évaluation des médicaments et dispositifs médicaux.

    Laurence Comte-Arassus, vice-présidente du Snitem, a souligné qu’une segmentation des patients était nécessaire : selon leurs situations, tous les patients n’ont pas les mêmes perceptions et les mêmes attentes.

    Des témoignages de diabétiques tout au long du colloque ont mis en lumière leur volonté d’être entendus comme acteurs, mais aussi experts, de leur santé.

  • Hébergement des données de santé : Syntec Numérique soutient les exigences de l’Asip

    Syntec Numérique apporte son soutien au projet de référentiel de certification des hébergeurs de données de santé (HDS) présenté par l’Agence des systèmes d’information partagés de santé (ASIP Santé) et mis en consultation, annonce un communiqué du Syntec Numérique daté du 14 novembre 2016.

    Ce projet de référentiel, élaboré après plusieurs mois de travail en association avec les fédérations d’industriels, découle du remplacement, introduit par la loi Santé de 2016, de la procédure d’agrément des hébergeurs de données de santé par une procédure de certification. Il a fait l’objet de travaux depuis plusieurs mois sous l’égide de Philippe Burnel, Délégué à la Stratégie des Systèmes d’Information de Santé (DSSIS), en association avec les professionnels concernés.

    Syntec Numérique rappelle dans son communiqué qu’il a, au cours de l’élaboration de ce projet de référentiel, « défendu un haut niveau d’exigence de sécurité, la transparence des offres d’hébergement, des responsabilités identifiées et un contrôle de sécurité portant sur l’ensemble de la chaîne d’hébergement (infrastructure, service infogérance, applicatif) ».

  • Première implantation du système de vision bionique Iris II de Pixium Vision chez un patient

    La réussite de la première implantation et activation sur un patient d’IRIS II, le système de vision bionique équipé de 150 électrodes, c’est ce qu’a annoncé Pixium vision le 7 novembre 2016. L’opération, permettant de rétablir une certaine perception visuelle chez un patient atteint de rétinite pigmentaire a été réalisée à Londres en septembre 2016 par le Dr Mahi Muqit à l’hôpital ophtalmologique Moorfields. Le système est composé d’une caméra et d’un implant épi-rétinien.

    Le Dr. Muqit déclare: «Cette première implantation de l’implant épi-rétinien IRIS II au Royaume-Uni a été réalisée avec succès chez un patient de 73 ans atteint de rétinite pigmentaire. L’implant de 150 électrodes conçu pour être explantable pourrait devenir une option innovante pour les chirurgiens de la rétine».

    Il ajoute que «le système du patient a été activé et il a déclaré avoir eu une première perception lumineuse; selon le protocole clinique, le patient va dès à présent suivre une rééducation afin d’apprendre à interpréter les nouveaux signaux lumineux». L’activation de l’implant et cette première perception lumineuse démontrent qu’une forme de perception visuelle est rendue possible. Cette phase précède le processus de réadaptation et de rééducation pendant lequel le patient apprend à interpréter cette nouvelle forme de vision bionique, qui est différente de la vision naturelle.

    En parallèle, la Société poursuit le développement de son second système PRIMA, un implant sous-rétinien miniaturisé, sans fil, avec un design conçu pour être moins invasif que celui de IRIS II et qui pourrait être particulièrement adapté pour traiter la Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age.
    Les premières études précliniques ont permis d’engager la soumission du dossier réglementaire en vue d’une étude de faisabilité pour la DMLA.

  • « L’e-santé, un outil pour améliorer l’efficience du système de santé chinois » (Carine Milcent)

    « Si l’offre de soins en Chine se diversifie, la demande reste concentrée dans [les] établissements publics de haut niveau de qualité, ne résolvant pas l’engorgement de ces structures. Internet apparaît alors comme une solution à cette concentration de la demande », analyse Carine Milcent, chercheure spécialiste du système de santé chinois (CNRS-PSE).

    Dans une tribune accordée à Health & Tech Intelligence, l’experte revient en détail sur les évolutions majeures et l’état actuel du marché de la santé chinois, convaincue que les solutions pour tenter d’assainir le système et le rendre plus efficace passeront par l’e-santé, en particulier par la télémédecine et tous les services en train de se développer sur le web par le biais de sociétés privées.

    La Chine connaît une situation paradoxale où l’état de santé de la population d’aujourd’hui s’est profondément amélioré mais dans le même temps, le système de soins est officiellement décrit comme inefficace et le climat entre le personnel soignant et les patients est délétère.

    L’hôpital public chinois draine l’ensemble de la demande de soins entraînant des phénomènes d’engorgement et des files d’attente monstrueuse.

    Si les admissions hospitalières ont lieu à l’hôpital public, il en va de même pour les consultations médicales. Il s’agit d’une caractéristique très spécifique du système de santé expliquant en partie son inefficacité.

    Depuis les années 2000, le gouvernement a cherché à redéfinir les trajectoires des patients sans y parvenir. Différents instruments ont été testés à travers des mécanismes d’assurance publique de santé, ou encore de mise en place d’un marché des soins via des incitations à la création d’établissements privés ou la transformation d’établissements publics en établissements privés, ou encore la création de centres de santé communautaires pour les consultations médicales devant jouer le rôle de « porte d’entrée » à tout parcours de soins.

    Toutefois, ces tentatives aboutissent pour le moment à un résultat mitigé.

    Ces toutes dernières années, avec une accélération à partir de 2015, sont alors apparues d’autres formes de solutions basées sur l’utilisation d’internet et regroupées sous le terme de « e-santé ».

    Évolution de la demande de soins

    Ces dernières décennies, la demande de soins a évolué non seulement par un changement démographique mais également une diminution drastique de la pauvreté et une augmentation des inégalités : le système de santé chinois est donc passé de la gestion d’une population à faible revenu, à fort taux de mortalité et à forte natalité, réclamant en premier lieu la mise en place de soins de base, à une population relativement plus âgée et à faible taux de natalité et à un revenu plus conséquent exigeant des soins de plus en plus performants.

    Ainsi, l’espérance de vie s’est considérablement améliorée au cours du temps : de 67 ans pour les hommes et de 70 ans pour les femmes en 1990, elle atteint en 2010 72,5 ans pour les hommes et 76,8 ans pour les femmes (chiffres officiels). De même le taux de mortalité à 5 ans et la mortalité maternelle se sont nettement améliorés.

    Sur le plan économique, le PIB talonne celui des États-Unis : selon les chiffres du FMI, le PIB Chinois était légèrement supérieur à celui des États-Unis en 2014. Si le taux de croissance tend à ralentir (il était de 10,6 % en 2010), il est tout de même prévu d’atteindre 6,8 % pour l’année 2016 (source PBOC, 2017). Au global, le niveau de richesse générale de la population est en augmentation. Le PIB par tête était de 1 644 RMB (223 €) en 1990 pour atteindre 38 420 RMB (5 212 €) en 2012.

    De ce fait, depuis les réformes économiques, le niveau standard attendu de qualité des soins s’est fortement élevé réduisant de facto le nombre d’établissements pouvant y répondre aux établissements les plus performants, généralement en zone urbaine, et créant ainsi une pénurie de l’offre pour ces niveaux de qualité tandis que les établissements de santé de moindre qualité se sont retrouvés dans une situation d’excès d’offre sans parvenir à attirer la demande.

    Évolution de l’offre de soins : 3 phases

    • 1. Des années 50 jusqu’aux réformes économiques, l’espace sanitaire s’est constitué autour d’une offre de proximité. En fonction de l’état de gravité du patient, celui-ci était alors redirigé vers des structures plus équipées et ayant un personnel plus qualifié. Ces espaces sanitaires étaient d’autant plus importants en taille (nombre de lits) et en personnels médicaux que la densité de population y était importante. La population n’avait administrativement d’autre choix que de respecter cette structuration de l’espace sanitaire.
    • 2. À partir des années quatre-vingt, l’espace sanitaire a été désorganisé sous l’effet de plusieurs facteurs amenant à la disparition puis à la redéfinition de cette offre de proximité. Le coût des soins jusqu’alors quasiment gratuits, a suivi une courbe vertigineuse d’augmentation. La raison en est le désengagement financier de l’État et la possibilité pour les centres hospitaliers de générer des profits et d’en disposer à leur convenance.

      Parallèlement, le niveau de qualité s’est également amélioré. Le résultat a été une fragmentation de la population dans son accès aux soins en fonction de son niveau de revenus, de sa zone géographique d’habitation, et de son permis de résidence (hukou) : rural ou urbain. Ainsi, dans les zones rurales, les dispensaires publics où la médecine était pratiquée par des travailleurs agricoles à l’aide d’une rapide formation médicale (appelés les médecins aux pied-nus ou barefoot doctors) ont disparu pour laisser progressivement la place à des centres privés, dont les tarifs excluaient une partie de la population.

      De ce fait, une large partie de la population rurale s’est trouvée exclue d’un espace sanitaire financièrement accessible par la disparition des structures sanitaires publiques ; pour autant, cette population rurale restait également isolée géographiquement de l’espace sanitaire urbain par l’état des routes et des moyens de circulation insuffisamment développés. Dans les zones urbaines, la situation – tout en étant différente – a également conduit à l’exclusion de l’accès aux soins d’une partie de la population. Suivant le type d’entreprises employant le patient, les accessibilités de prise en charge des coûts des soins sont devenues très variables.

      Il est difficile de généraliser tant les cas diffèrent. Toutefois, de façon schématique, pour les travailleurs d’entreprises dont l’État central restait actionnaire, l’accessibilité à un espace sanitaire a été assurée même si elle s’est souvent réduite à un plus petit nombre de structures financièrement accessibles. Pour l’ensemble des entreprises anciennement publiques et privatisées, la situation a été différente : les salariés ont parfois vu quasiment disparaître leur espace sanitaire accessible financièrement.

    • 3. Avec une population migrante ou « commutante » (campagne-ville) de plus en plus importante, l’état des routes et les possibilités de transports se sont rapidement améliorés. Il s’agit de la troisième phase de l’évolution de cet espace.

      Les hôpitaux ont acquis des équipements performants. L’ensemble des structures médicales a grandement amélioré le niveau de qualité de l’offre de soins, cependant avec des inégalités fortes suivant la taille des établissements de santé et les zones géographiques. L’effet a été une plus forte incitation à aller dans des hôpitaux offrant un haut niveau de qualité des soins. Ceci entraînant alors des effets de concentration massifs sur quelques zones et un délaissement de l’offre de soins ailleurs. L’espace public sanitaire ne se définissant alors plus uniquement par l’accessibilité financière des populations mais également par les niveaux de qualité offerts par les structures sanitaires.

      On assiste aujourd’hui à des espaces publics sanitaires désertés dans certaines localités et en parallèle, des espaces publics sanitaires pris d’assaut par des milliers de patients prêts à attendre des heures voire des jours pour une consultation médicale.

    La relation patient-médecin

    Face à des établissements publics maximisant leur profit telle des entreprises à but commercial, les coûts des soins ont flambé. La relation patient-médecin s’est alors transformée en relation conflictuelle face à des coûts des soins exorbitants, des temps d’attente extrêmement longs, des temps de consultation de plus en plus courts et des pratiques de pot de vin de plus en plus généralisées. Cette dernière permet en effet de raccourcir les délais d’attente et de s’assurer une meilleure prise en charge médicale du patient.

    Différentes formes de violence se sont développées ces dernières années dans les hôpitaux en Chine. Il peut s’agir de formes inoffensives de revendication, comme l’exposition par ses proches du corps d’un défunt devant l’hôpital, jusqu’à des formes plus actives comme la destruction de locaux ou des altercations voire des actes de grande violence envers le personnel soignant ou encore faire appel à des gangs organisés. Les mots clés « hôpital – violence » sur les moteurs de recherche usuels renvoient à des centaines d’articles de journaux relatant des faits divers de médecins blessés ou tués par des patients.

    Les réformes

    Depuis quelques années, la nécessité d’un accès aux soins de base pour tous s’est imposée. Deux philosophies coexistent : un accès universel pour les soins de base grâce à un marché fortement régulé ; pour les autres types de soins, une mise en concurrence des soins grâce au développement du marché privé. Les premières séries de réformes furent annoncées par le conseil d’État de la République populaire de Chine et par le Comité central du parti communiste chinois en mars 2009. Elles se sont poursuivies avec le 12e plan quinquennal (2012-2016) et le 13e plan quinquennal (2016-2020) en donne les nouvelles orientations.

    De ce fait, le secteur sanitaire est en plein essor. D’une part, le nombre d’établissements médicaux et de santé ne cesse d’augmenter. Cette croissance de l’offre s’observe autant en ville que dans les campagnes, dans le secteur public comme dans le secteur privé. Elle présente toutefois de fortes hétérogénéités. D’autre part, ce secteur emploie un nombre croissant de personnes. Une vraie volonté politique d’étendre le tissu hospitalier et sanitaire est à l’origine de ces augmentations. L’évolution démographique de la société chinoise implique également une augmentation du nombre d’établissements de protection sociale.

    Toutefois, la mise en place de ce système de soins se heurte à la non-mobilité du personnel médical. Pour des raisons de statut (équivalent de fonctionnaires d’État avec un certain nombre de privilèges supplémentaires dont une protection sociale largement étendue par rapport au reste de la population, l’accès à faible coût à des écoles de qualité pour leurs enfants), le personnel médical correspondant au nouveau standard de la demande (« formé, qualifié et performant ») est uniquement présent dans les grands établissements publics de haut niveau de performance.

    Ainsi si l’offre se diversifie, la demande reste concentrée dans ces établissements publics de haut niveau de qualité, ne résolvant pas l’engorgement de ces structures. Internet apparaît alors comme une solution à cette concentration de la demande.

    L’e-santé comme outil du système de santé chinois

    Je distingue quatre axes : la télémédecine, en séparant les services entre praticiens de ceux à destination des patients, les médicaments et enfin les services supports.

    La télémédecine entre praticiens

    Il existe en Chine de fortes disparités régionales dans l’accès aux soins mais aussi l’accès aux soins de qualité marqués par la faiblesse ou l’absence d’hôpitaux publics d’excellence dans certaines zones. Pour parer à ces disparités physiques d’offre de soins, une offre virtuelle se développe rapidement.

    Depuis les premières circulaires sur la télémédecine, une flexibilité entourée d’un certain flou a été laissée à la commission de santé et de planning familial de chaque province (PHFPC).

    Cette situation, tout en conduisant à de grandes disparités de mise en place et de mode d’application de la télémédecine, a permis son développement rapide. Elle a rendu possible des interventions médicales très techniques dans des zones reculées de la Chine, sans l’apparition de nouveaux espaces publics sanitaires.

    Parmi les questions soulevées : ce type de pratiques est-il adapté à toutes les pathologies et à tous les degrés de sévérité ? Par ailleurs, peut-on s’attendre à la même prise en charge des patients suite à l’acte médical réalisé via la télémédecine ? Ce type de méthode remplacera-t-il la construction de structure hospitalière d’excellence ?

    La consultation médicale

    Un marché B2C (ou plutôt doctors to patients) se développe également à un rythme rapide. Pour ces consultations, les patients peuvent envoyer grâce à des applications sur leurs téléphones mobiles des résultats cliniques qu’ils ont obtenus précédemment : résultats de laboratoire médical, radiographie, conclusion de consultations précédentes.

    Les envois se font en fichiers attachés en ligne ou par email ou encore par une simple prise de photo via une application sur téléphone mobile. En 2014, plus de 72 millions de patients chinois utilisaient ce type de services en ligne. Le marché représentait près de 2,95 milliards de RMB (400 M€). Aujourd’hui, les estimations laissent penser que ses services rassembleraient 138 millions d’utilisateurs et un marché de 4,27 milliards de RMB (580 M€).

    Ces consultations représentent un gain de temps pour le patient ainsi qu’un coût minimum comparativement à ce qu’engendrerait un déplacement à l’hôpital. Par ailleurs, cela leur permet d’avoir accès à des médecins de niveau d’excellence, la consultance étant juridiquement dans une zone grise.

    Pour la tutelle, ce service virtuel permet un certain désengorgement des files d’attente pour consultation.

    Toutefois, ce type de services pose à nouveau la question de la qualité des soins offerts.

    La vente de médicaments en ligne

    La Chine est le second marché de vente de médicaments après les États-Unis. L’augmentation massive du coût des soins s’explique en partie par la vente de médicaments qui représente plus de 40 % du chiffre d’affaires des établissements publics de santé.

    Aujourd’hui, des acteurs privés tel que Alibaba ou Walmart proposent la vente de médicaments, hors ordonnance, en ligne. En mai 2014, le Ministère du Commerce a publié un draft plan programmant l’ouverture du marché en ligne aux médicaments sous prescription, mais la situation semble gelée depuis. La vente de ces produits sur internet soulève de grandes questions quant à la qualité offerte. D’après l’OMS, la moitié des médicaments vendue en ligne serait des contrefaçons.

    La gestion des files d’attente

    L’utilisation d’internet apparaît également comme un instrument d’aide pour une meilleure efficacité de l’offre hospitalière.

    Aujourd’hui, le patient doit se déplacer physiquement à l’hôpital, y prendre un ticket en arrivant (un marché noir des tickets enflamme leur valeur) afin d’être officiellement sur la liste d’attente des patients à traiter. Dans des localités comme Pékin, on s’enregistre désormais grâce à une application mobile sur son smartphone pour les établissements hospitaliers d’excellence.

    Le Online Booking System introduit en 2011 est en train de devenir obligatoire. Le patient doit rentrer ses informations personnelles en donnant son nom et son numéro d’identité équivalent à son numéro de sécurité sociale. Par SMS, il reçoit ensuite un code de rendez-vous. Ainsi, le patient obtient son ticket sans avoir à se déplacer physiquement à l’hôpital.

    Toutefois, si pour ces établissements de santé, les files d’attente n’existent plus physiquement, elles demeurent virtuellement. Le patient doit attendre d’être convoqué.

    Évolution future

    Un certain nombre d’autres services offerts par l’e-santé n’ont pas été évoqués ici tel que la construction de base de données sur l’historique des soins des patients, la constitution de base de données semblable au programme médicalisés de système d’information (PMSI) pour la mise en place d’autres modes de remboursements des établissements de santé ou encore la place des objets connectés dans le système de santé chinois.

    Toutefois, il apparaît clairement une imbrication entre l’e-santé et les autres formes de mesures mises en place jusqu’alors pour endiguer l’engorgement des établissements publics de santé chinois et permettre une meilleure efficience du système de soins.

  • Un test de surveillance et de dépistage du VIH effectué sur clé USB

    Surveiller, voire dépister le VIH à l’aide d’une clef USB, c’est ce que proposent des scientifiques de l’Imperial College de Londres et de DNA Electonics, société de biotechnologie anglaise, dont les travaux ont été publiés dans la revue Scientific Reports, le 10 novembre 2016.

    Ce nouveau dispositif ne nécessite qu’une goutte de sang, qui crée un signal électrique pouvant être lu par un ordinateur portable. Ce nouveau test jetable cible les patients séropositifs qui pourraient surveiller leur propre traitement, ou les patients vivant dans des endroits éloignés.

    Un des principaux avantages de cette nouvelle technologie est de fournir un résultat en moins de 30 minutes. Elle mesure la quantité de virus dans le sang, ce qui est crucial pour le suivi du traitement d’un patient, sachant qu’actuellement les tests prennent au moins trois jours et nécessitent souvent l’envoi d’un échantillon de sang à un laboratoire.

    De plus, ce test permettrait de détecter précocement la résistance du virus aux antirétroviraux, qui se manifeste par une hausse des niveaux de charge virale dans le sang. Le système utilise une puce de téléphone mobile. La présence du VIH modifie l’acidité de l’échantillon sanguin, ce qui est détecté et transformé en signal électrique, envoyé à travers un puce de téléphonie mobile à la clef USB qui, connectée à un ordinateur, permet de produire un résultat.

    L’équipe étudie actuellement la possibilité d’appliquer ce test au virus de l’hépatite.

  • Diabète : des lentilles de contact équipées de capteurs pour détecter le glucose dans les larmes

    Un capteur intégré dans les lentilles de contact et mesurant le glucose dans les larmes, c’est l’innovation mise au point par des scientifiques de l’Oregon State University dont les travaux ont été publiés dans la revue Nanoscale le 7 octobre 2016.

    Le capteur minuscule permet de mesurer la concentration de glucose dans les larmes et pourrait être un jour intégré dans les lentilles de contact comme dispositif de glucométrie non invasive. Le capteur est constitué d’un transistor à effet de champ d’oxyde d’indium et de gallium amorphe ou IGZO FET pouvant être relié à un dispositif d’affichage externe ou une pompe à insuline pour créer un système de gestion du diabète plus complète.

    Ce capteur est essentiellement transparent. Il éviterait aux patients diabétiques d’avoir à se piquer tout en leur offrant une surveillance continue en leur indiquant une réponse progressive et entièrement réversible selon la concentration de glucose, avec un temps de réponse court.

    Les chercheurs précisent que cette nouvelle technologie pourraient être étendue à d’autres types de bio-capteurs.

  • Du machine learning pour identifier les comportements suicidaires

    Identifier les comportements suicidaires à l’aide de machine learning, c’est l’objet de l’étude du Professeur John Pestian, spécialisé dans l’informatique biomédicale et la psychiatrie au Children Medical Center de Cincinnati aux États-Unis, dont les résultats ont été publiés dans la revue Neuroscience le 7 novembre 2016.

    En utilisant les mots parlés ou écrits d’une personne, ce nouvel outil peut identifier avec précision (jusqu’à 93% de classification correcte) si une personne est suicidaire ou souffre de maladie mentale par exemple.

    « Ces approches informatiques offrent de nouvelles possibilités d’appliquer les innovations technologiques dans la prévention et les soins du suicide », précise le Professeur Pestian.

    Chacun des 379 patients participant à l’étude a rempli différentes échelles d’évaluation comportementale normalisées et participé à une entrevue semi-structurée répondant à cinq questions ouvertes pour stimuler la conversation comme par exemple « Êtes-vous en colère ?, « Est-ce que cela fait mal émotionnellement ? ». Les chercheurs ont extrait et analysé le langage verbal et non verbal à partir de ces données, puis ils ont utilisé des algorithmes de machine learning automatique pour classer les patients répartis en 2 groupes, personnes souffrant de maladie mentale ou personnes suicidaires.

  • Australie : le nouveau registre national de dépistage du cancer approuvé par le Parlement

    Le parlement australien a adopté fin octobre 2016 une loi instituant un nouveau registre national de dépistage du cancer (NCSR). Cette mesure va permettre le lancement d’un important programme visant à sauver davantage de vies grâce à une détection, un traitement et une prévention des cancers accrus.

    Ce programme sera établi et géré par la société de télécommunications Telstra, dans le cadre d’un contrat de 220 millions de dollars (196 M€) annoncé au printemps.

    Une alliance critiquée par l’opposition sur deux points:
    – elle a été annoncée avant la validation de la loi par le parlement;
    – elle sous-entend l’exploitation de données privées sensibles par une entreprise privée.

    Le gouvernement rassure les citoyens en déclarant que la protection des informations personnes est prise très au sérieux.

    Un registre national pour un dépistage des cancers plus rapide et plus efficace

    Le programme remplacera les huit registres de dépistage du cancer du col de l’utérus déjà existants dans différents territoires du pays et le système de dépistage du cancer de l’intestin actuellement en place. Le but étant de créer un registre national unique.

    • Le NCSR facilitera l’introduction, en mai 2017, du test permettant de détecter le papillomavirus (HPV) afin d’améliorer le dépistage du cancer du col de l’utérus, a déclaré la ministre de la Santé australienne, Sussan Ley.
    • Il rendra aussi possible l’expansion du programme national de dépistage du cancer du côlon pour tous les Australiens âgés de 50 à 74 ans, la population la plus susceptible d’être touchée par cette maladie.

    « Les cancers du col de l’utérus et de l’intestin sont largement évitables par le biais de dépistages réguliers, commente la ministre. Il était impératif que cette loi soit adoptée afin d’améliorer les taux de prévention et de survie pour certains des cancers les plus mortels. »

    Détection des cancers : l’Australie veut rester parmi les leaders

    « L’adoption [de ce projet de loi] permettra à l’Australie de rester l’un des leaders mondiaux dans le domaine de la détection, du traitement et de la prévention du cancer, a ajouté Mme Ley. Le gouvernement australien est déterminé à sauver des vies grâce à des processus de dépistage et à une coordination plus efficaces. Le nouveau registre national fait partie des éléments essentiels de ce processus d’évolution. »

    NCSR : la protection des données au cœur du débat

    Telstra à la tête du NCSR : un choix critiqué par l’opposition

    Telstra a été choisi par le gouvernement pour gérer le NCSR. La société de télécommunications assure qu’elle proposera une plateforme conforme aux exigences de l’État en termes de protection et de sécurité de la vie privée.

    La députée de l’opposition Julie Owens (Australian Labor Party) estime que le gouvernement perçoit ce nouveau registre comme un cobaye en donnant à Telstra des données de patients sensibles, comme les résultats de tests de dépistage et des détails relatifs à l’assurance-maladie. De telles informations n’avaient encore jamais été transmises à une entreprises, s’inquiète-t-elle.

    De son côté, Sussan Ley rassure en affirmant que la protection des données personnelles traitées au sein du registre sont d’une « importance primordiale » pour le gouvernement.

    Protection des données : le gouvernement devrait prochainement légiférer

    • L’Australian Labor Party (ALP) et la Nick Xénophon Team (centristes) ont déposé en deuxième lecture des amendements à la motion portant sur le projet de loi 2016 sur le Registre national de dépistage du cancer.

      Par ces amendements, les deux partis demandent à l’auditeur général de contrôler le processus d’attribution du contrat et reprochent au gouvernement d’avoir permis à Telstra d’accéder à des données sanitaires sensibles avant même que le parlement n’ait légiféré sur la mesure.

    • Par ailleurs, le Sénat a demandé au gouvernement de mettre au point une loi d’ici la fin des audiences de 2016 pour mettre en place un système de notification obligatoire visant à minimiser le risque de violation des données.

    Le gouvernement a déjà publié fin 2015 une ébauche d’un projet de loi visant à établir un cadre juridique conforme aux recommandations émises à la suite de l’enquête parlementaire réalisée il y a peu sur le système de conservation des données.

    Le texte contraindrait entre autres les entreprises à signaler toute « grave violation des données » à l’Australian Information Commissioner (le commissaire australien à l’information) et à prévenir les personnes dont les données auraient été touchées par la violation en question.

    En août, le ministère du Premier ministre et du Cabinet a publié une liste de projets de loi proposés au Parlement, comprenant notamment le projet de loi sur la protection des informations personnelles (infractions à déclaration obligatoire), avec une note précisant l’intention du gouvernement de demander l’adoption de ce dernier lors des séances de printemps du Parlement.

    Le débat n’est pas encore clos.