Nabil

  • Achats et logistique hospitalière : l’État étend sa feuille de route jusqu’en 2027 pour améliorer performance et résilience

    Une feuille de route nationale structurée en trois axes

    Le 28 avril, lors d’un comité national réunissant l’ensemble des parties prenantes, la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (ANAP) ont présenté l’extension de la feuille de route dédiée à la performance des achats et de la logistique des établissements sanitaires et médico-sociaux. Ce plan, applicable jusqu’en 2027, vise à renforcer l’efficacité des établissements, quel que soit leur statut, en structurant les mesures autour de trois axes : pilotage de la performance, produits de santé et criticité, pratiques et processus d’achat.

    Piloter pour mieux transformer les fonctions achat

    Le premier axe cible une montée en compétence des fonctions achat, notamment au sein des groupements hospitaliers de territoire (GHT). Plusieurs leviers sont mobilisés :

    • La mutualisation des fonctions achat encore peu ou pas engagée.
    • L’introduction de méthodes de calcul des gains et du coût complet pour rationaliser les dépenses.
    • Le soutien à des pratiques logistiques durables.
    • L’élaboration de schémas d’approvisionnement intégrant les risques de rupture sur les médicaments et dispositifs médicaux.
    • Le recours à des systèmes d’information modernes, incluant l’intelligence artificielle.
    • Le déploiement de bonnes pratiques issues du programme PHARE porté par l’ANAP.

    Sécuriser l’approvisionnement en produits de santé

    Les produits de santé représentant 60 % des achats hospitaliers, le second axe vise leur optimisation et sécurisation. Sont prévues :

    • La mise en œuvre de leviers d’efficacité.
    • Le renforcement du dialogue entre acheteurs et fournisseurs.
    • La création d’indicateurs de performance.
    • L’évaluation de l’impact des pratiques actuelles sur les tensions d’approvisionnement.
    • Le soutien à l’innovation produit.
    • La décarbonation progressive des achats de produits de santé.

    Adapter les processus aux enjeux actuels

    Enfin, le troisième axe vise à faire évoluer les pratiques internes des GHT pour les adapter à l’écosystème actuel. Les mesures porteront sur :

    • L’intégration dans les contrats d’achat d’objectifs de durabilité et de préservation de l’environnement.
    • Le développement des SPASER, schémas locaux pour des achats publics socialement et écologiquement responsables.
    • Des appels à projets autour de l’innovation, notamment numérique.
    • L’accompagnement des établissements dans l’évaluation de leur empreinte carbone liée aux achats.
    • La valorisation de pratiques d’achats durables.

    Cette feuille de route s’inscrit dans un projet global de modernisation des infrastructures hospitalières, avec pour finalité l’amélioration des prises en charge via une gestion optimisée des ressources.

  • AAP: 400 000 € pour développer des hôpitaux « Alzheimer Friendly »

    Une enveloppe portée à 400 000 € pour une prise en soin plus adaptée

    La Fondation Médéric Alzheimer renouvelle en 2025, avec le soutien de la Fédération hospitalière de France (FHF) et de la FEHAP, son appel à projets Vers un hôpital Alzheimer Friendly. Le budget de cette édition connaît une progression : 400 000 € contre 50 000 € en 2024. L’objectif est d’encourager des projets visant à améliorer l’accueil, l’accompagnement et la qualité de vie à l’hôpital des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une pathologie apparentée.

    Un périmètre élargi aux dispositifs « hors les murs »

    Pour la première fois, l’appel à projets s’adresse non seulement aux services hospitaliers – y compris les urgences – mais également à des dispositifs en lien avec l’hôpital hors les murs. Sont éligibles les projets favorisant l’articulation entre la ville et l’hôpital, les EHPAD et l’hôpital, ou encore le domicile et l’hôpital. L’enjeu est de repenser le parcours de soin pour éviter les hospitalisations non nécessaires, souvent délétères pour ces patients. Les porteurs de projet peuvent solliciter un financement pour initier, développer, évaluer ou essaimer une initiative. Les dépenses éligibles incluent des actions de formation, du temps-homme, l’achat de matériel, la production d’outils de communication, l’organisation d’événements, ou encore l’aménagement d’espaces dédiés.

    Modalités et accompagnement des porteurs de projet

    Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 30 septembre 2025. L’ensemble des informations, critères et documents à fournir est disponible sur le site de la Fondation Médéric Alzheimer. Un webinaire d’information est prévu le 4 juin à 14h30 pour répondre aux questions des potentiels candidats.

    Par cette initiative renforcée, les partenaires souhaitent soutenir une dynamique de transformation des pratiques hospitalières et intersectorielles au bénéfice des personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer.

  • SantExpo 2025 : « L’outil capte des informations que je n’aurais pas captée » Dr Adrien Vidart – L’IA avec Microsoft Dragon Copilot

    En partenariat avec l’éditeur, les deux établissements hospitaliers figurent parmi les premiers en France à tester cette technologie, conçue pour assister la documentation clinique, fluidifier les prescriptions et enrichir la relation médecin-patient. Lors d’un échange organisé dans l’agora « Données, IA et sécurité », DSI, praticiens hospitaliers et représentants de Microsoft ont présenté les apports concrets de l’outil, les conditions de son déploiement, ainsi que les premiers enseignements tirés de cette phase de test en conditions réelles.

    Participants :

    • Philippe Boulogne – Hôpital FOCH – Directeur des Systèmes d’Information
    • Jean Christophe CALVO – CHRU Nancy – Président du Collège des DSI de CHU
    • Dr Marc Ladrière – CHRU Nancy – Néphrologue & VP du CME
    • Sandra Logut – Microsoft – Customer Success Manager
    • Dr Adrien Vidart – Hôpital Foch – Chirurgien Urologue
    • Dr Arnaud Wilmet – Microsoft – Directeur Médical EMEA

     Où en êtes-vous au niveau de l’implémentation de l’intelligence artificielle ?

    Jean Christophe CALVO : Des expérimentations sont menées depuis quelques années sur l’imagerie médicale. On dresse une feuille de route à 3/5 ans des projets et des porteurs de projets. On veut passer de l’expérimentation à l’organisation et à la fédération de ces projets. On a beaucoup investi sur la reconnaissance vocale avec la solution Dragon et on a vu l’apport que ça pouvait avoir. On veut que l’IA puisse compiler les résultats pour que le professionnel n’ait qu’à relire et envoyer. Notre phase d’expérimentation va se poursuivre avec la solution Dragon Copilot. Pour commencer, on va aller chercher des utilisateurs plutôt technophiles pour voir si l’intelligence artificielle va leur rapporter un vrai gain de temps. On a des résultats plutôt satisfaisants. Sur Nancy, on veut aller plus loin et on s’attend à ce que les gens expriment les besoins et on veut dresser une feuille de route qui va être alimentée de ce qui a été déjà fait.

    Plusieurs expérimentations ont été lancées au CHRU de Nancy afin de mettre à profit les données pour améliorer l’efficacité opérationnelle, vous qui participez au processus d’innovation, pourquoi avoir investi votre temps sur Dragon Copilot et quels bénéfices recherchez-vous ?

    Dr Marc Ladrière : On va chercher en priorité du gain de temps, peu importe les usages qu’on a de l’IA. On a fait le choix d’avoir un panel très varié de médecins, de types de consultations car on sait bien que l’exercice varie d’un praticien à l’autre. Cette diversité d’usage est très importante à intégrer pour voir les performances de l’outil et voir comment s’adapter aux nouveaux outils. Il y a une diversité inter spécialités, inter médecins et inter patients donc il y a un vrai intérêt à participer le plus tôt possible à ces changements.

    Pouvez-vous nous présenter l’outil et ses caractéristiques principales ?

    Dr Arnaud Wilmet : Mon rôle est de faire venir les solutions qui existent déjà aux USA en France. Dragon Copilot c’est le Copilot pour les professionnels de santé, ça provient de la reconnaissance vocale et de la technologie ambiante. 25% des médecins en France utilisent la reconnaissance vocale. Trois rôles de l’outil : simplifier la documentation, automatisation des prescriptions et la recherche d’information dans le DPI. L’outil est mature et disponible aux USA, c’est plutôt une adaptation de l’outil au marché français. On a une phase de test in vivo pour travailler avec les médecins, pour avoir un retour d’information. L’IA responsable chez Microsoft, c’est des valeurs de sécurité et de fiabilité pour être sûr que le produit sera parfait pour les médecins pour éviter les hallucinations et sur la partie réglementaire. On veut un Dragon Copilot à terme intégré aux DPI.

    Deux établissements sont parmi les premiers à tester la version adaptée au marché français de Dragon Copilot, pourquoi avez-vous décidé d’être un des pionniers à intégrer cette solution d’IA ?

    Philippe Boulogne : On a un axe stratégique de développement de la recherche et d’innovation. On est habitué aux expérimentations, j’ai rencontré le VP Sales de Microsoft il y a un an qui nous a fait une présentation complète lors du dernier congrès HIMSS. À Foch, on s’est structuré avec une gouvernance de l’IA avec des médecins et des chercheurs. Ma première priorité c’est embarquer les médecins car personne ne vient aux réunions de formation donc il faut des sponsors pour convaincre les collègues de l’expérimentation. Les équipes Microsoft ont été très présentes avec des indicateurs de suivi. Une cinquantaine de médecins a répondu présent et on a enclenché l’expérimentation en vie réelle avec des patients.

    Adrien Vidart : L’IA est une révolution industrielle, à court terme il y aura des établissements qui auront fait le virage et d’autres non. Concernant cet outil Microsoft, on a tout de suite adhéré au projet. Ma secrétaire m’a tout de suite dit : c’est génial, les courriers sont mieux structurés, c’est mieux que le DMO, je passe moins de temps à structurer les documents. Ça fait gagner du temps mais quel temps ? En moyenne un médecin écoute un patient pendant 11 secondes avec une consultation moyenne qui dure 15 minutes. Je me suis rendu compte qu’avec cet outil mon empathie a changé, je ne regarde plus mon écran. Mon eye contact a changé, je regarde le patient et je regarde son langage paraverbal. L’outil me permet de noter des informations sur le mode de vie du patient car l’outil capte des informations que je n’aurais pas captées et ces informations pourront être utiles pour mes collègues. Il y a toute cette exhaustivité. J’ai fini ma consultation à la même heure, je n’ai pas gagné de temps. Ça va être attractif pour mes collègues et je vais être plus exhaustif et empathique.

     Quels ont été vos besoins en ce qui concerne le management du changement ?

    Adrien Vidart : Il y a toujours des ambassadeurs, ceux qui s’y intéressent mais l’abandonnent et les opposants à toutes les nouvelles technologies. On a eu 50 inscrits et 20 utilisateurs actifs. Pourquoi les 30 autres ont-ils abandonné ? Il y a eu quelques erreurs techniques pour les enregistrements ou alors la présentation des informations est différente car l’outil qu’on utilise est à sa version junior. Quand vous êtes les premiers à vous positionner sur un projet, c’est important de pouvoir exprimer les besoins pour faire évoluer la solution.

    Philippe Boulogne : En tant que DSI, quand on présente un outil en mode junior à des médecins, ils ne veulent pas l’utiliser car il y a des bugs. Or il faut comprendre que c’est une expérimentation qui ne demande qu’à s’améliorer mais pour cela il faut l’utiliser pour avoir des retours.

    Demain le médecin n’aura plus besoin de clavier et il commandera tout à l’oral.

    Quels ont été les impacts sur la manière dont a été reçu Dragon Copilot par les médecins en fonction de leur profil et de leur spécialité ?

    Dr Ladrière : Même en ciblant des profils divers et variés, on a vu d’autres profils qui sont venus s’ajouter. On a un excellent retour pour les chirurgiens et les médecins internes et les sage-femmes. C’est vraiment une expérience qui s’alimente au fur et à mesure de l’avancée au sein d’une même spécialité. Par le partage d’expérience, on y trouve des intérêts qu’on n’aurait pas ciblés ou vus au départ.

    Vous êtes spécialiste du management du changement, quelle démarche mettez-vous en place pour faire adopter ces outils auprès des médecins ?

    Sandra Logut : Dès lors qu’il faut changer des habitudes, c’est compliqué. On a les premiers utilisateurs qui n’ont pas besoin de formation, ils sont suivis de ceux qui imitent, puis une grosse portion de ceux qu’il va falloir accompagner, puis il y aura les réfractaires. On savait qu’on allait demander plus aux médecins donc il fallait prendre le temps des feed-backs, faire de la pédagogie vis-à-vis de l’IA car il faut verbaliser et expliquer. On a mis en place une équipe projet particulière qui est associée à des chefs de projet sur site. Les formations sont individuelles et sont adaptées aux profils d’utilisateurs qu’on a. Formation très courte puis expérimentation à laquelle on assiste pour faire des retours et coacher le médecin.140 médecins utilisent la solution avec 2200 consultations réalisées avec l’outil et 3 sites actifs. 4 nouveaux sites vont nous rejoindre en juin. On a un effet boule de neige avec des médecins qui parlent de la solution à leurs collègues.

     

  • Orange Business et l’Institut Curie renforcent l’IA TransCUPtomics pour mieux diagnostiquer les cancers rares

    Une IA optimisée pour identifier l’origine des cancers rares

    Orange Business collabore avec l’Institut Curie pour optimiser un outil d’intelligence artificielle dédié au diagnostic des cancers dits « primitif inconnu » (CPI), soit 7 000 cas par an en France. Ces cancers, souvent identifiés à un stade métastatique avancé, sont complexes à traiter en raison de l’absence d’identification de l’organe primaire touché.

    L’Institut Curie, coordinateur national de la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) dédiée aux CPI, a inscrit 442 patients depuis la création de cette instance en 2020. Face à la rareté et à la difficulté diagnostique de ces cas, un outil IA baptisé TransCUPtomics a été conçu dès 2019 par l’équipe du Dr Sarah Watson. Basé sur le séquençage ARN et un algorithme de deep learning, ce classificateur établit des correspondances entre profils génétiques tumoraux et tissus d’origine.

    Visualisation et interprétation : deux apports d’Orange à l’IA de Curie

    La collaboration actuelle trouve son origine dans l’initiative de Charles Delobel, salarié d’Orange Business et patient atteint d’un CPI. Il a mis en relation les ingénieurs d’Orange avec l’équipe du Dr Nicolas Servant, co-directeur de la plateforme de bio-informatique de l’Institut Curie. Ensemble, ils développent une version améliorée de TransCUPtomics.

    Orange Business apporte son expertise sur deux volets :

    • L’explicabilité des décisions de l’IA, en identifiant les gènes les plus contributifs au diagnostic.
    • Et la visualisation des résultats, notamment par la génération automatique de rapports patients intégrés.

    Un soutien technologique et humain à la recherche

    Outre son implication professionnelle, Charles Delobel soutient la recherche via l’association Rock4Life, qui organise des concerts pour lever des fonds au profit de l’Institut Curie. La Dr Sarah Watson, marraine de l’association, souligne l’impact de ce réseau entre recherche, technologie et mobilisation citoyenne. Pour Claire Scotton, Vice-Présidente Santé B2B chez Orange Business, ce projet incarne le potentiel de l’intelligence artificielle dans la transformation des pratiques médicales, et l’importance des collaborations humaines dans les avancées de la recherche clinique.

  • CaloPix de Tribun Health obtient l’autorisation de la FDA pour deux scanners de pathologie numérique

    La plateforme de pathologie numérique CaloPix, développée par la société française Tribun Health, a reçu le feu vert de la Food and Drug Administration pour une utilisation avec deux scanners de lames numériques – le NanoZoomer S360MD d’Hamamatsu et l’Aperio GT450 DX de Leica.

    Une reconnaissance internationale consolidée : une étape pour le marché américain

    L’autorisation américaine vient compléter un parcours réglementaire déjà bien établi pour CaloPix, marquée CE et approuvée par Santé Canada. Tribun Health revendique aujourd’hui plus de 1 000 utilisateurs actifs dans le monde. La compatibilité validée avec deux équipements de numérisation ouvre la voie à une adoption à grande échelle aux États-Unis, premier marché mondial de la santé. Le système de santé américain est confronté à une augmentation constante du volume de cas en pathologie, couplée à une pénurie de personnel qualifié.

    La FDA autorise désormais les hôpitaux et laboratoires à s’appuyer sur CaloPix pour les actions suivantes :

    • Accélérer les délais de diagnostic.
    • Structurer les données pour un usage futur en IA
    • Travailler en réseau via la télépathologie.
    • Gérer des volumes importants avec un archivage centralisé.
    tribun health platform I calopix FR
    @ Tribun Health Calopix

    Une solution interopérable, pensée pour les environnements complexes

    CaloPix se présente comme une plateforme web, prête pour le cloud, intégrable avec les SGL et VNA des établissements. Elle propose des fonctionnalités de collaboration à distance, de contrôle qualité et d’export de données pour la recherche. Ces caractéristiques la rendent adaptée aux exigences d’interopérabilité et de conformité du marché américain. Tribun Health met en avant les distinctions obtenues par CaloPix, dont trois récompenses « Best in KLAS » en pathologie numérique. Ces reconnaissances appuient, selon l’entreprise, la valeur de sa solution dans des environnements hospitaliers à fort volume et hautement réglementés.

    Jean-François POMEROL - CEO / Président Directeur Général - Tribun Health,  AI-Powered Pathology | LinkedIn
    Jean-François Pomerol, PDG de Tribun Health

    « Nous entrons sur le marché américain avec une solution éprouvée, adoptée par des institutions de référence », déclare Jean-François Pomerol, PDG de Tribun Health, qui se dit prêt à renforcer la présence de l’entreprise sur la scène internationale.

    Certification ISO 27001, alliance avec GE Healthcare et levée de fonds de 15 M€ : Tribun Health structure sa croissance

    Récemment, Tribun Health a franchi plusieurs étapes dans sa stratégie de développement. En mai 2025, l’entreprise a obtenu la certification ISO/IEC 27001, attestant de la robustesse de son système de gestion de la sécurité de l’information, en particulier pour sa plateforme CaloPix, utilisée par des laboratoires et hôpitaux à travers le monde. Par ailleurs, l’entreprise a levé 15 millions d’euros lors d’un tour de financement de série B, mené par le Fonds Patient Autonome de Bpifrance, avec la participation d’investisseurs tels que Owkin, Vivalto Family et LBO France.

  • AAC : L’ARS Île-de-France mobilise des fonds en 2025 pour moderniser l’offre médico-sociale destinée aux personnes en situation de handicap

    Un appel pour transformer et adapter l’offre médico-sociale

    Dans le cadre de sa stratégie régionale d’investissement en santé, l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France ouvre un nouvel appel à candidatures (AAC) en 2025. Ce dispositif vise à accompagner la modernisation et la transformation de l’offre médico-sociale destinée aux personnes en situation de handicap. Face à une pression croissante sur les capacités d’accompagnement, en lien avec la démographie et l’allongement de l’espérance de vie des publics concernés, l’ARS cible des projets portés par des établissements souhaitant rénover, restructurer ou adapter leurs structures.

    Objectifs de l’investissement

    L’aide financière apportée par l’ARS doit permettre de mettre en œuvre des solutions techniques et organisationnelles dans plusieurs domaines :

    • La rénovation ou la restructuration des établissements pour optimiser l’organisation et améliorer l’accompagnement des usagers ;
    • La mise aux normes sanitaires ;
    • La création de chambres simples.

    Les opérations doivent répondre aux conditions définies par l’instruction de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) du 23 avril 2021. Sont éligibles uniquement les projets dont les travaux n’ont pas encore démarré.

    Nature des opérations éligibles

    Les établissements médico-sociaux accueillant des enfants ou des adultes en situation de handicap peuvent proposer des opérations portant sur :

    • Restructurations ou constructions neuves concernant uniquement les capacités autorisées ;
    • Création de nouvelles places ou l’extension de capacités ;
    • Mises aux normes techniques, de sécurité, d’accessibilité et d’adaptation à la gestion de crise sanitaire ;
    • Projets intégrant des critères environnementaux, notamment en matière de performance énergétique ;
    • Remplacement d’équipements thermiques ou énergétiques dans le cadre d’un investissement global
    • Montages en VEFA ou CPI, sous réserve que le gestionnaire en soit l’acquéreur
    • Projets dont le gestionnaire est le maître d’ouvrage.

    Sont également éligibles les études de faisabilité et autres prestations intellectuelles préalables à des projets complexes, notamment en vue d’une restructuration dans une logique d’amélioration continue de la qualité.

    Modalités et calendrier : L’appel à candidatures est ouvert depuis le 5 mai 2025. Les établissements intéressés doivent transmettre leurs dossiers à l’ARS Île-de-France avant le 15 juillet. Les résultats seront notifiés aux porteurs de projets au cours du dernier trimestre 2025.

  • SantExpo 2025 : un parcours expert pour intégrer le numérique dès la conception des Smart Hospitals

    Construire un hôpital intelligent, de la conception à l’exploitation

    Lors de SantExpo 2025, la Smart Buildings Alliance a organisé un parcours expert sur la co-construction des Smart Hospitals. La méthodologie regroupe une quarantaine de membres issus de divers domaines : maîtrise d’ouvrage, conception de solutions, éditeurs de logiciels, énergéticiens, architectes ou encore intégrateurs. L’objectif : présenter les compétences, outils et méthodologies permettant d’intégrer le numérique au bâtiment hospitalier dès sa conception.

    L’ensemble du parcours repose sur le référentiel Ready2Services 4 Care, une déclinaison sectorielle du cadre Ready2Services, adaptée aux enjeux des établissements de santé. Il propose une méthodologie pour améliorer la performance énergétique, la résilience et l’expérience patient à travers les services numériques du bâtiment. La gouvernance, la coordination des parties prenantes et l’implication des usagers figurent parmi les axes prioritaires.

    R2S 4 CARE : le cadre de référence du smart hospital
    @ Smart Building Alliance : le cadre de référence du smart hospital

    Ce référentiel vise à faire du bâtiment un support de services numériques fiables, évolutifs et interopérables, en structurant toutes les étapes du projet : de la programmation à l’exploitation. Adaptée aux enjeux du secteur hospitalier, cette méthodologie s’adresse aux maîtres d’ouvrage, exploitants, industriels, éditeurs, architectes ou encore intégrateurs. Elle définit un socle commun de principes techniques et organisationnels, en intégrant les contraintes propres aux environnements médicaux et aux flux complexes des patients, soignants et équipements.

    Le référentiel Ready2Services 4 Care repose sur plusieurs piliers :

    • Une infrastructure numérique ouverte et interopérable, qui facilite la connexion et la supervision des équipements techniques, biomédicaux et informatiques ;
    • Une gouvernance projet partagée, intégrant dès l’amont tous les acteurs – y compris les usagers – pour assurer la cohérence fonctionnelle et technique ;
    • Un pilotage par les usages, avec une attention portée aux parcours patients, aux services à valeur ajoutée et à la réduction des ruptures d’information ;
    • Une exigence en matière de cybersécurité, notamment via l’articulation avec la mission nationale CSSN (cybersécurité des systèmes numériques hospitaliers).

    Interopérabilité, pilotage et cas d’usages concrets

    Parmi les points sensibles évoqués : les problématiques d’interfaces et d’interopérabilité entre les systèmes techniques, médicaux et d’information. Plusieurs cas concrets ont illustré la nécessité d’une approche collaborative et intégrée. Comme par exemple Where IT, une entreprise spécialisée dans la géolocalisation d’équipements médicaux au sein des établissements de santé. Cette solution repose sur un moteur de géolocalisation capable d’indiquer en temps réel la localisation et la disponibilité du matériel médical, réduisant ainsi le temps perdu quotidiennement par le personnel soignant. Le coût de cette solution varie en fonction de la surface à couvrir, notamment en fonction du nombre de routeurs nécessaires.

    Dispositifs tracking du matériel médical Where IT

    Des expertises croisées pour des solutions sur mesure

    Plusieurs membres de l’écosystème ont illustré la diversité des expertises mobilisées :

    • ENGIE Solutions, en charge du départ du parcours, met en avant des solutions liées à la performance énergétique des bâtiments.
    • Enovacom travaille sur l’intégration des dispositifs médicaux dans le dossier patient informatisé (DPI), afin de fluidifier la circulation de l’information.
    • AIA Life Designers s’appuie sur la donnée pour cartographier les flux patients et modéliser les parcours, comme dans le projet de l’hôpital de Nantes.
    • ou encore Artelia, a présenté sa mission de coordination en matière de cybersécurité des systèmes numériques hospitaliers (CSSN).

    Une dynamique collective ancrée dans les usages

    Ce parcours met en avant l’approche systémique nécessaire à la réussite des projets de Smart Hospitals. L’articulation entre les métiers, la standardisation des interfaces et l’ancrage dans les usages permettent de concevoir des hôpitaux intelligents adaptés aux réalités de terrain. L’ensemble des acteurs présents à SantExpo rappelle que la transformation numérique du secteur hospitalier repose autant sur la technologie que sur la collaboration.

  • SantExpo 2025 : Prescription numérique – Numih France et Posos s’allient pour éliminer la saisie manuelle

    Une intégration native dans les systèmes d’information hospitaliers, une IA spécialisée pour structurer les prescriptions jusqu’à la posologie, et une expérimentation déjà en cours dans plus de 20 établissements : Numih France et la medtech Posos annoncent une collaboration industrielle pour accélérer la numérisation des ordonnances.

    Une alliance public-privé pour une innovation déployable

    Numih France, anciennement Nipici, renforce son rôle de partenaire industriel des programmes publics. Sa nouvelle stratégie, baptisée “IA Inside”, repose sur trois axes : développer ses propres innovations, ouvrir un store de modules partenaires labellisés, et soutenir les initiatives territoriales. C’est dans ce cadre que s’inscrit le partenariat avec Posos, medtech fondée en 2018 par des pharmaciens et ingénieurs. Utilisée par 85 000 soignants, dont 40 000 médecins, Posos propose une structuration automatisée des prescriptions, destinée à optimiser leur intégration dans les systèmes hospitaliers. “Notre objectif est de restaurer du temps soignant aux soignants, en réduisant les tâches répétitives à faible valeur ajoutée”, résume Jérôme Manzanares, directeur de l’Offre IA Data chez Numih France.

    Une IA pour structurer les posologies complexes

    Posos repose sur une technologie de reconnaissance et de structuration du langage médical, y compris la posologie, qui reste un obstacle à l’automatisation. L’outil identifie les cas simples ou ambigus selon un système de scoring :

    • ✅ Validé (classe High) : structuration fiable à 98 %
    • 🟦 À vérifier (classe Medium)
    • 🟧 À modifier (classe Low)

    L’intégration peut se faire via photo, webcam, dictée vocale ou pièce jointe. Un QR code permet d’associer l’ordonnance au séjour du patient dans le DPI. “Même les écritures peu lisibles sont reconnues. L’IA est accompagnée d’une deuxième IA de vérification pour limiter les erreurs”, précise Emmanuel Bilbault, cofondateur et CEO de Posos. Chaque semaine, environ 35 000 ordonnances sont scannées via la solution. Elle est déjà compatible avec 15 éditeurs de logiciels et intégrée dans plus de 20 établissements, dont le CHU de Saint-Étienne, les Hôpitaux Civils de Colmar ou le CHU de Nice.

    Vers une généralisation sécurisée et accompagnée

    Dès novembre, la solution sera disponible dans le store de Numih France, via le DPI “Sillage”. Les établissements pourront la commander directement, avec un accompagnement prévu pour l’installation, la formation et la maintenance. Ce modèle de partenariat tripartite, entre éditeur, startup et hôpital, doit garantir la pérennité de la solution. “Le plus grand risque pour une innovation, c’est de ne pas être intégrée correctement”, souligne Emmanuel Bilbault.

    Un levier d’industrialisation pour l’innovation hospitalière

    L’expérimentation est également accompagnée par l’Institut d’Intelligence Artificielle en Santé de Reims Champagne Ardenne, soutenu par la stratégie France 2030. Pour Vincent Vuiblet, professeur au CHU de Reims, “ces collaborations permettent de confronter les solutions IA à la réalité du terrain, d’en mesurer la performance mais aussi l’acceptabilité”. Le but à terme est de rendre ces outils accessibles à tous les établissements, y compris les plus petits. Numih France évoque déjà un déploiement élargi et l’évaluation médico-économique des solutions pour démontrer leur valeur. “L’enjeu est de passer du POC à une vraie diffusion opérationnelle”, conclut Jérôme Manzanares.

     

  • Doctolib déploie de nouvelles solutions IA et cible les infirmiers libéraux

    Trois nouvelles solutions IA à destination des soignants

    Doctolib poursuit son virage technologique en 2025 avec le lancement de trois innovations s’appuyant sur l’intelligence artificielle. L’objectif affiché : simplifier la charge administrative des professionnels de santé. Après l’Assistant de consultation lancé fin 2024, utilisé dans plus de 3 millions d’actes médicaux, deux nouvelles fonctionnalités sont d’ores et déjà disponibles : la génération automatique de courriers et une dictée médicale.

    • La génération automatique de courriers permet, à partir des synthèses produites par l’Assistant, de créer des documents cliniques (compte-rendus, lettres d’adressage) adaptés au contexte de chaque consultation. Ces documents structurés peuvent ensuite être validés par le praticien et intégrés directement au dossier patient.
    • La dictée médicale permet quant à elle de produire des notes cliniques, résultats ou comptes-rendus par simple reconnaissance vocale, tout en naviguant dans le logiciel. Intégrée au sein de l’environnement Doctolib, elle vise à remplacer des outils externes souvent peu compatibles et de qualité variable.

    Un troisième outil, actuellement en cours de déploiement, est annoncé pour la fin 2025 : un assistant téléphonique conversationnel, accessible 24h/24 et 7j/7. Déjà en service auprès de 3 500 professionnels de santé en Allemagne, il permettra aux patients de prendre rendez-vous ou de poser des questions par téléphone, avec une gestion des appels automatisée. Cette solution vise à soulager les secrétariats des tâches les plus chronophages.

    Une nouvelle solution pensée pour les infirmiers libéraux : 2h gagnées par semaine

    Doctolib annonce également une nouvelle offre à destination des infirmiers et infirmières libéraux. Ces professionnels, dont 90 % de l’activité se déroule à domicile, pourront désormais recevoir directement via la plateforme des demandes de soins géolocalisées. En précisant leur secteur d’intervention, ils pourront structurer des tournées plus cohérentes et réduire les sollicitations téléphoniques. La “Demande de soins à domicile localisée” permettra un gain de temps estimé jusqu’à deux heures par semaine, grâce à la gestion numérique des réservations. Les soignants auront aussi un accès rapide et sécurisé à tous les documents nécessaires (ordonnances, formulaires de prévention, attestations) et pourront répondre aux patients via une messagerie dédiée. Cette offre complète les outils déjà disponibles sur Doctolib pour les infirmiers : gestion d’agenda, messagerie patients, et Doctolib Siilo pour l’échange interprofessionnel.

    Une nouvelle campagne nationale

    Pour accompagner ces nouveautés, Doctolib lance une campagne de communication nationale à destination des soignants. Signée par l’agence Herezie et la société de production Quad, elle est diffusée depuis le 19 mai sur l’ensemble des canaux (presse, radio, digital, réseaux sociaux et affichage numérique). Le message central est “Votre vocation, c’est de soigner. La nôtre, c’est de vous aider à le faire.”

  • SantExpo 2025 : la FHF remet un projet de loi pour sortir les hôpitaux du déficit

    Un projet présenté à SantExpo

    En amont de la conférence inaugurale de SantExpo, Arnaud Robinet a exprimé une vive inquiétude face à l’état des finances hospitalières. Le secteur public enregistre un déficit cumulé de près de 3 milliards d’euros, et 70 % des Ehpad publics sont déjà déficitaires. Malgré le soutien de l’Etat, certaines spécialités restent en difficulté chronique : cardiologie, pédiatrie, soins palliatifs, neurologie, rhumatologie, greffes et transplantations. Dans les colonnes du quotidien du médecin, Arnaud Robinet évoque même le risque d’un “retour en arrière”. Pour rompre ce scénario, la FHF remet officiellement ce mardi un projet de loi de programmation pluriannuelle à Catherine Vautrin et Yannick Neuder. Fruit d’un travail entamé au premier semestre 2025, cette proposition offrirait une visibilité sur cinq ans aux établissements de santé, à l’instar des secteurs de la Justice ou de la Défense.

    Un changement de paradigme face aux limites du pilotage actuel

    La FHF constate l’impasse d’un pilotage du système de santé dominé par une logique court-termiste, symbolisée par l’ONDAM (Objectif national de dépenses d’assurance maladie). Malgré des réformes successives, la santé publique reste cantonnée à une gestion des urgences et des crises. Le projet de loi proposé ambitionne une « révolution copernicienne » : partir des besoins réels de la population pour définir les moyens adaptés, dans une logique d’efficacité et de soutenabilité. Le texte s’appuie sur des indicateurs, censés guider l’action publique et en évaluer les effets. Parmi les cibles envisagées :

    • L’espérance de vie en bonne santé et ses écarts territoriaux ;
    • L’accès aux soins de premier recours et aux examens diagnostiques dans des délais raisonnables ;
    • La mortalité maternelle et infantile ;
    • Les taux de vaccination (grippe, HPV…) ;
    • L’incidence des maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque et rénale) ;
    • L’évolution du taux de suicide.

    Cinq titres pour structurer l’action

    Le cadre juridique élaboré par la FHF compte 53 articles, organisés autour d’un article liminaire et de cinq grands axes. Parmi les mesures avancées :

    • Un taux plancher d’évolution de l’ONDAM sur cinq ans ;
    • La révision de la nomenclature des actes médicaux selon les priorités de santé publique ;
    • L’affectation de recettes issues d’une fiscalité « pollueur-payeur » (ex. sur certains produits alimentaires) à des actions de prévention ;
    • La création d’un livret d’épargne hospitalier « Livret H » pour financer l’investissement public ;
    • Un effort soutenu en matière de formation médicale et paramédicale ;
    • Un financement sanctuarisé pour la recherche et l’innovation ;
    • Une simplification de la gouvernance du système, avec renforcement de la démocratie sanitaire, territorialisation des politiques de santé et adoption généralisée de l’approche populationnelle.

    La FHF appelle donc les autorités à se saisir de cette proposition comme d’un levier. Selon Arnaud Robinet, il s’agit de « soigner mieux sans dépenser plus », en optimisant l’allocation des ressources et en structurant l’action publique autour d’objectifs durables et partagés.

    Absentéisme à l’hôpital : la FHF dévoilera une enquête à la rentrée pour objectiver les tensions

    L’attractivité et la fidélisation des personnels restent aussi un enjeu. La FHF salue certaines avancées comme la revalorisation des gardes de week-end ou l’augmentation prévue des astreintes en novembre 2025. Mais toutes les mesures du Ségur de la santé n’ont pas été compensées par l’État, ce qui pèse sur les budgets hospitaliers. Une enquête sur l’absentéisme, menée par la FHF, sera dévoilée à la rentrée. Arnaud Robinet insiste sur la nécessité d’investissements pour améliorer les conditions de travail et moderniser l’hôpital public. Car l’avenir du système hospitalier passe aussi par une adaptation aux enjeux climatiques, de sécurisation des données et d’intégration de l’IA.

    Première évaluation du programme PrendreSoin.fr

    SantExpo est aussi l’occasion pour le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, en partenariat avec France Travail, de présenter un premier bilan du programme « Prendre soin », lancé en novembre 2024. Destiné à valoriser les métiers du soin et de l’accompagnement social, ce programme va au-delà de la communication : accompagnement, orientation, formation et accès aux offres d’emploi.

    En six mois :

    • 600 000 visiteurs uniques sur prendresoin.fr ;
    • 76 000 formations et 90 000 offres d’emploi consultées ;
    • 5 000 candidatures déposées ;
    • Plus de 115 millions de vues pour les vidéos TikTok ciblant les jeunes.