Nabil

  • IA : l’Europe à la traîne face aux US, faute de formations adéquates (rapport Forrester)

    Un indicateur pour mesurer l’adoption de l’IA dans les entreprises

    Le rapport « European Employees Are Falling Behind US Workers On AI Skills » publié par Forrester alerte sur le retard croissant des entreprises européennes face à leurs homologues américaines dans l’intégration de l’intelligence artificielle. Pour évaluer cette dynamique, le cabinet introduit l’AI Quotient (AIQ), un indicateur qui mesure la capacité d’adaptation, la cohérence des formations, la rapidité d’adoption, mais aussi la confiance des employés dans l’usage de l’IA au sein des organisations. Cet AIQ révèle un écart entre les deux continents. Alors que les États-Unis ont investi 62,5 milliards d’euros dans l’IA en 2023, l’Union européenne plafonne à 9 milliards. Ce différentiel d’investissement se traduit notamment par des formations disparates, des salaires moins compétitifs (le taux de salaire en France atteint seulement 37 % de celui observé aux États-Unis dans les métiers de l’IA), et une confiance plus faible envers les outils d’IA.

    Des formations inégales et une adoption ralentie

    Forrester souligne que seules 52 % des entreprises européennes proposent des formations cohérentes à l’IA, contre 62 % aux États-Unis. Ce déficit accentue le sentiment d’incertitude. Les salariés européens affichent pourtant une motivation comparable à leurs homologues américains, mais leur confiance reste inférieure : 48 % déclarent se sentir à l’aise avec l’IA, contre 59 % aux États-Unis. Au-delà de l’acquisition de compétences techniques, c’est l’acculturation aux usages de l’IA qui reste incomplète. La maîtrise du prompt engineering et la compréhension des implications éthiques ne sont pas encore suffisamment intégrées dans les cursus.

    Un objectif commun : la productivité, mais des moyens divergents

    L’utilisation de l’IA générative pour améliorer la productivité constitue une priorité partagée. Toutefois, 36 % des entreprises américaines ont déjà déployé des outils de GenAI, contre 32 % seulement en Europe. De même, 43 % des entreprises aux États-Unis considèrent l’adoption des nouvelles technologies comme une priorité absolue, contre 37 % en France. Le rapport met également en évidence un décalage de perception entre les décideurs – techniques et commerciaux – et les autres employés sur la pertinence des formations en IA, suggérant un besoin de programmes plus inclusifs et réguliers.

    Une feuille de route pour rattraper le retard

    Pour l’analyste principal Indranil Bandyopadhyay, l’amélioration de l’AI Quotient des employés européens est désormais une nécessité stratégique. Elle passe par la mise en place de formations structurées, une meilleure intégration éthique de l’IA dans les processus métiers et la consolidation de la confiance des salariés vis-à-vis des systèmes d’IA. À défaut de réagir rapidement, conclut-il, l’Europe pourrait s’exposer à un décrochage durable en matière de productivité et d’innovation.

  • AAC : Un sixième centre d’excellence sur les troubles du neurodéveloppement (AAC ouvert jusqu’au 13 juin)

    Structurer un réseau renforcé autour des TND

    Un appel à candidatures vient d’être lancé pour la création d’un sixième Centre d’Excellence sur les troubles du neurodéveloppement (TND), dans le cadre de la stratégie nationale 2023-2027. Portée par la Délégation interministérielle à la stratégie TND (DITND), en partenariat avec la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et la Direction générale de la recherche et de l’innovation (DGRI), cette initiative vise à densifier le réseau national en recherche, soins et accompagnement. Les TND regroupent plusieurs pathologies telles que ;

    • Les troubles du spectre de l’autisme (TSA).
    • Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH.
    • Les troubles « Dys » (dyslexie, dyspraxie, etc.).
    • Et les troubles du développement intellectuel (TDI).

    L’objectif affiché de ce nouvel appel est de soutenir un projet combinant excellence scientifique et expertise clinique, dans un contexte où ces troubles constituent un enjeu de santé publique à large spectre.

    Nouveaux axes de recherche et intégration territoriale

    Le futur centre devra non seulement compléter les expertises existantes, mais aussi impulser de nouvelles thématiques de recherche, contribuer à la diffusion des bonnes pratiques, et renforcer les liens entre les champs sanitaire, médico-social, éducatif et de ville. Les projets candidats sont attendus sur leur capacité à s’inscrire dans une logique de réseau national, à articuler recherche et soins, et à proposer une dynamique intersectorielle forte.

    Candidatures ouvertes jusqu’au 13 juin

    Les structures intéressées peuvent déposer leur dossier jusqu’au 13 juin 2025 à 20h. Le cahier des charges complet est accessible ici : Appel à candidatures pour la création du sixième centre d’excellence dans le domaine des troubles du neuro-développement Ce sixième centre viendra ainsi compléter une architecture nationale dont le renforcement est au cœur de la feuille de route gouvernementale sur les TND pour les années à venir.

  • Traitements numériques sans supervision pour le trouble borderline : l’étude EPADIP-BPD fait évoluer la donne

    Un corpus encore restreint

    Jusqu’en 2022, seuls six essais cliniques randomisés avaient évalué l’efficacité d’interventions numériques dans le traitement du trouble de la personnalité borderline (TPB). Ces études rapportaient des effets statistiquement notables, de taille faible à modérée, sur les symptômes du TPB. Toutefois leur validité était affectée par des biais importants, en particulier des taux d’abandon élevés, qui réduisaient la robustesse des conclusions. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’essai EPADIP-BPD, publié en 2024.

    L’essai EPADIP-BPD : Priovi réduit les symptômes du trouble borderline et les tentatives de suicide

    Réalisé en Allemagne, l’essai EPADIP-BPD a inclus 580 patients, répartis entre un groupe recevant l’outil numérique priovi en complément des soins usuels, et un groupe témoin recevant uniquement les soins usuels (TAU). À la différence des études antérieures, priovi était utilisé de manière autonome, sans accompagnement thérapeutique. L’intervention reposait sur la thérapie des schémas, spécifiquement adaptée au TPB. Les résultats montrent un effet statistiquement significatif à 3 mois en faveur du groupe priovi (d = 0,24 ; p = 0,0005), avec un maintien de l’effet jusqu’à 12 mois. Le taux de réponse symptomatique était également plus élevé (24 % vs 16 % ; OR = 1,71), tandis que les tentatives de suicide étaient moins nombreuses (IRR = 0,34). Aucun effet n’a été observé sur la qualité de vie mentale ou le fonctionnement social.

    Vers une montée en qualité des données disponibles

    L’étude EPADIP-BPD apporte une contribution importante à la littérature existante par plusieurs aspects :

    • Elle évalue un usage sans supervision thérapeutique.
    • Elle repose sur un échantillon de taille importante (n=580).
    • Elle affiche un taux d’abandon relativement faible (12 % dans le groupe intervention).
    • Elle applique une méthodologie rigoureuse (analyse en intention de traiter, analyses de sensibilité, évaluation de la sécurité).

    Elle confirme que les thérapies numériques peuvent avoir un effet modeste mais tangible sur les symptômes du TPB, et ce, sans aggraver les risques suicidaires.

    Une littérature encore à consolider

    Malgré ces apports, la littérature reste limitée. Les études antérieures, recensées par Drews-Windeck et al. (2023), étaient hétérogènes dans leurs protocoles, souvent adossées à des soins en présentiel, et peu transparentes sur les critères de sécurité. L’effet moyen observé dans la méta-analyse (d ≈ 0,16–0,37) s’inscrit dans la même gamme que celui de priovi. La pertinence clinique de ces interventions est discutée : selon les méthodologies actuelles, un effet de taille d=0,21 pourrait suffire à produire un bénéfice perçu comme significatif par les patients. Dans ce cadre, les effets mesurés par EPADIP-BPD franchissent ce seuil, tout en posant la question de leur traduction en gains fonctionnels.

    Assmann, N., G. A. Jacob, A. Schaich, A. Hauer, U. Schweiger, A. Arntz, and G. A. Jacob. 2025. “A Digital Therapeutic for People with Borderline Personality Disorder in Germany (EPADIP-BPD): A Pragmatic, Assessor-Blind, Parallel-Group, Randomised Controlled Trial.” The Lancet Psychiatry 12 (5): 366–376. https://doi.org/10.1016/S2215-0366(25)00063-X.

     

  • Fin de vie : la HAS confirme l’impossibilité de définir un pronostic vital individuel « à moyen terme »

    Saisie par le ministère de la Santé, la Haute Autorité de santé conclut à l’absence de consensus médical pour définir un pronostic vital individuel à moyen terme, notion envisagée comme critère d’accès à l’aide à mourir.

    Dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la fin de vie, le ministère chargé de la Santé a demandé à la Haute Autorité de santé (HAS) d’éclairer les notions de « pronostic vital engagé à moyen terme » et d’« affection en phase avancée ou terminale », régulièrement évoquées comme critères d’éligibilité à l’aide à mourir. La HAS publie le 6 mai 2025 les résultats d’un travail mené par un groupe pluridisciplinaire s’appuyant sur la littérature scientifique, les législations internationales et des auditions d’experts.

    Absence de définition objective

    Il ressort de cette analyse qu’il est aujourd’hui impossible de définir, avec une certitude suffisante, un pronostic vital à l’échelle individuelle. Aucun outil ou indicateur médical ne permet d’anticiper de manière fiable la durée de vie restante, en raison du caractère évolutif des pathologies, de la diversité des symptômes et de la singularité des parcours de soins. Les instruments utilisés par les professionnels présentent une marge d’erreur importante et ne tiennent pas compte des biais émotionnels ou subjectifs des patients et des soignants. En Europe, aucun pays n’a retenu un critère temporel dans la définition du « moyen terme ». Le Québec, après l’avoir adopté, y a finalement renoncé.

    Une « phase avancée » définie par le parcours de soins

    Concernant la notion de « phase avancée » ou « terminale » d’une maladie incurable, la HAS rappelle qu’elle ne se rapporte pas à l’échéance du décès, mais plutôt au type de prise en charge requis. La loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016 mentionne cette expression sans la définir précisément. Pour la HAS, elle correspond à l’entrée dans un processus irréversible d’aggravation de l’état de santé, altérant la qualité de vie.

    Vers une logique d’anticipation plutôt que de prédiction

    En conclusion, la HAS indique qu’aucune définition ou critère objectif ne peut actuellement fonder une évaluation individuelle du pronostic vital à moyen terme. Elle préconise, quel que soit le cadre législatif à venir, de privilégier une logique d’anticipation centrée sur la qualité du reste à vivre, plutôt qu’une tentative de prédiction temporelle. Le groupe de travail appelle également à structurer un processus d’accompagnement et de délibération collective, en amont de toute demande d’aide à mourir.

  • HIMSS25 Europe : l’IA, les données et la transformation numérique au cœur des débats à Paris (du 10 au 12 juin 2025)

    Intelligence artificielle, gouvernance des données et santé des femmes : les priorités d’HIMSS25 Europe

    L’événement HIMSS25 Europe, qui se tiendra du 10 au 12 juin 2025 au Palais des Congrès de Paris, mettra l’accent sur trois enjeux structurants pour l’avenir des systèmes de santé européens : l’intelligence artificielle, la gouvernance des données, et la santé des femmes. Organisée par la Healthcare Information and Management Systems Society (HIMSS), cette conférence réunit chaque année décideurs publics, professionnels de santé, industriels et acteurs de l’innovation. Voici les thèmes abordés durant l’événement :

    • Régulation européenne et applications opérationnelles : L’impact des politiques européennes sur les systèmes de santé sera au cœur des discussions, notamment les implications de l’EU AI Act, du Cyber Resilience Act et de l’Espace européen des données de santé (EHDS). Les sessions proposées s’adressent aux responsables d’institutions nationales et régionales, avec un objectif : comprendre les leviers concrets de mise en œuvre de ces cadres réglementaires dans les établissements de santé.
    • IA et technologies immersives : vers des usages cliniques : L’intelligence artificielle fera l’objet de nombreuses interventions centrées sur ses usages concrets : détection précoce des pathologies, réduction des délais de diagnostic, analyse des données massives pour améliorer la prise en charge. Des applications en réalité virtuelle, notamment en pédiatrie, et des outils de gamification seront également présentés aux professionnels de santé, entrepreneurs et stratèges numériques.
    • Données de santé : interopérabilité, éthique et gouvernance : Les questions de gouvernance, de transparence et de sécurité des données seront discutées sous l’angle de la représentativité des jeux de données en IA, de l’interopérabilité entre systèmes et des mécanismes de partage sécurisés. Ces enjeux concernent les responsables informatiques, juristes, data analysts et spécialistes de santé publique.
    • Santé des femmes : visibilité et innovations ciblées : La santé féminine sera abordée sous l’angle des inégalités de diagnostic et de traitement, avec la présentation de technologies spécifiques : outils de dépistage de l’endométriose ou plateformes de suivi thérapeutique en temps réel. Des pistes seront également explorées pour mieux intégrer les professionnelles de santé et patientes dans la conception des dispositifs.
    • Feuille de route vers la maturité numérique : Les modèles de maturité HIMSS serviront de base aux discussions sur les trajectoires de transformation numérique des établissements. Les intervenants partageront leurs retours d’expérience sur l’intégration des infrastructures numériques, l’analyse de données et les soins communautaires. Cette session cible les décideurs et responsables de transformation.
    • Ressources humaines et attractivité des métiers : Face aux tensions sur les effectifs et aux nouvelles attentes des professionnels, les débats porteront sur les politiques de formation, le bien-être au travail et l’adaptation des organisations aux outils numériques. Des solutions pour renforcer l’attractivité des carrières seront détaillées.

    Outre les conférences et keynotes, HIMSS25 proposera des sessions interactives, des démonstrations de technologies validées cliniquement, et des ateliers sur l’interopérabilité et les applications de l’IA. Des représentants de l’OMS, du ministère français de la Santé, d’Amazon Web Services, de GE Healthcare ou encore de l’Université de Cambridge prendront part aux échanges.

    Inscription, programmes et listes des intervenants disponibles sur le site officiel de HIMSS25 Europe.

  • Maroc : 125 mesures, 1,5 milliard de dirhams pour moderniser 80 hôpitaux et structurer l’accès aux soins d’ici 2025

    Inégalités et pénuries poussent à l’innovation numérique

    Portée par le Plan Santé 2025, la réforme du système de santé marocain entend réorganiser l’offre de soins, renforcer la lutte contre les maladies et moderniser la gouvernance. En dépit de certains progrès — hausse de l’espérance de vie, recul des maladies transmissibles —, le secteur reste confronté à des défis structurels : pénurie de professionnels (1,51 agents pour 1 000 habitants), inégalités régionales et croissance rapide du nombre d’assurés. Le recours à la santé numérique s’impose ainsi comme levier pour généraliser l’accès et rationaliser les ressources.

    Le numérique en santé intégré dans la feuille de route

    Depuis 2008, la santé numérique figure dans les stratégies sectorielles du royaume. Son intégration s’est renforcée après la crise sanitaire liée au Covid-19. Le Livre blanc sur la e-santé, coordonné par l’Université Mohammed V de Rabat, formule plusieurs recommandations : généraliser la télémédecine, structurer un système national d’information, adapter le cadre juridique, développer les compétences numériques, promouvoir la culture digitale et assurer l’inclusion des professionnels comme des usagers. Ces orientations rejoignent les priorités d’une stratégie multisectorielle fondée sur la fiabilité des outils, la sécurité des données et une coordination renforcée. L’ensemble s’inscrit dans un contexte régional concurrentiel, où le Maroc cherche à rattraper son retard en matière d’attractivité HealthTech par rapport à l’Égypte ou à la Tunisie.

    @ Health & Tech Intelligence

    Une convention pour interconnecter les systèmes et fluidifier les parcours

    Début 2024, une convention-cadre a été signée entre le ministère de la Santé et de la Protection sociale (MSPS), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et l’Agence du développement du digital (ADD). Elle prévoit une interopérabilité entre le Dossier Médical Partagé (DMP) et la Feuille de Soins Électronique (FSE), grâce à une interface nationale intégrée dans les systèmes d’information publics et privés. Cette mesure accompagne l’élargissement de la base d’assurés gérée par la CNSS, passée de 7,5 à 23,2 millions avec l’intégration des non-salariés. La dématérialisation des soins vise ici à raccourcir les délais, réduire les coûts et limiter les fraudes. Le DMP, en cours de déploiement, cible d’abord médecins et pharmaciens, avant une généralisation aux autres acteurs de soins.

    E-Himaya : un programme pour digitaliser les hôpitaux publics

    Le programme e-Himaya, lancé par le MSPS avec un budget de 1,5 milliard de dirhams, prévoit la digitalisation de 80 hôpitaux d’ici 2027. Déjà en cours dans une trentaine d’établissements, il s’appuie sur des outils numériques pour assurer la traçabilité des actes médicaux, la gestion logistique des ressources et le pilotage en temps réel des performances. Outre la gestion des stocks et des consommables, le programme intègre des dispositifs de qualité et de sécurité, avec automatisation des procédures et tableaux de bord décisionnels. Un volet formation est prévu pour accompagner la montée en compétence des équipes hospitalières. Le programme prévoit aussi une interconnexion avec les autres briques du système d’information, notamment le DMP et la facturation.

    Une réforme structurée autour de 125 mesures

    Le Plan Santé 2025 regroupe 125 actions articulées autour de trois piliers : accès aux soins, lutte contre les pathologies, et gouvernance. Il inclut la création d’agences publiques (santé, médicament, sang), la généralisation de la médecine de famille, le déploiement de la santé mobile, la promotion des génériques, et la mise en œuvre d’un système d’information centralisé, avec un Data Center et un cadre de cybersécurité. Enfin, des réformes touchant les statuts et la formation des professionnels sont prévues, avec l’instauration d’une fonction publique sanitaire et la refonte de la gestion hospitalière. Le Maroc mise sur une convergence entre infrastructure numérique, réforme institutionnelle et gouvernance des données pour soutenir la généralisation de la couverture sanitaire.

  • IA : Un agent vocal pour alléger la gestion téléphonique des cabinets dentaires

    Une réponse technologique à un besoin organisationnel

    Le téléphone reste un point d’entrée central dans les cabinets dentaires. Pourtant, la gestion des appels est souvent source de désorganisation et de surcharge pour les équipes. Pour répondre à cette problématique, DentalCall IA prend en charge les appels entrants, enregistre les messages des patients, les retranscrit de façon synthétique, et les classe automatiquement par typologie : demandes de rendez-vous, urgences, questions administratives, etc. L’ensemble est envoyé au cabinet sous forme de compte rendu structuré par e-mail sécurisé, conformément aux normes HDS.

    Fonctionnalités et avantages pour les professionnels de santé

    Parmi les bénéfices immédiats évoqués :

    • Des retranscriptions claires facilitant l’identification du motif des appels.
    • Une réduction du stress et des interruptions pour les assistantes, qui peuvent se recentrer sur l’accueil physique et l’organisation des soins.
    • Une amélioration perçue du service pour les patients, dont les messages sont systématiquement pris en compte.
    • Une gestion facilitée des rappels grâce aux créneaux horaires laissés par les appelants.
    • La garantie de ne manquer aucun appel, y compris en cas de fermeture ou d’indisponibilité.

    Une collaboration entre experts du numérique et de la voix

    Stéphanie Delestre, fondatrice de Volubile.ai, souligne que cette solution prouve la pertinence des technologies vocales d’IA dans le domaine médical. Xavier Kergall, président de Webdentiste, insiste sur l’impact de cette solution sur l’organisation des cabinets, avec une promesse d’efficacité sans compromettre la qualité de l’accueil.

    Offre de lancement limitée

    Une offre est actuellement proposée aux 200 premiers cabinets inscrits, incluant :

    • Une mise en service garantie sous 3 semaines.
    • Les frais de configuration offerts (valeur de 490 €).
    • Un mois d’essai gratuit (valeur de 149 €).

     

  • SantExpo 2025 : ConSoRe, 10 ans d’évolution au service de la cancérologie

    Un projet initié dès 2011

    Le projet ConSoRe (Continuum Soins Recherche) prend racine en 2011, à la suite d’une visite de délégation hospitalière française aux États-Unis, marquée par la découverte du programme CaBIG du National Cancer Institute. Dès 2012, un groupe de travail pluridisciplinaire (médecins, chercheurs, informaticiens) est constitué. En 2013, Coexya est retenu pour développer un prototype testé dans quatre CLCC. Le programme est officiellement lancé par Unicancer en 2014. Aujourd’hui, 12 CLCC sont partenaires du projet aux côtés d’Unicancer et Coexya. Ensemble, ils développent une plateforme d’interrogation des données de soins, combinant intelligence artificielle et structuration des informations cliniques.

    23 études ont déjà mené à des publications scientifiques

    ConSoRe permet de croiser les données de différentes sources hospitalières : Dossier Patient Informatisé (DPI), imagerie, biologie, données génétiques, comptes rendus, etc. L’outil exploite les données non structurées grâce au traitement automatique du langage naturel (TALN). Chaque patient dispose ainsi d’une frise chronologique synthétique retraçant son parcours médical. Les chercheurs et cliniciens peuvent interroger ces données en temps réel pour construire des cohortes, visualiser l’évolution d’une pathologie ou croiser des informations issues de plusieurs établissements.

    La plateforme facilite la mise en place d’études multicentriques. Elle a permis à ce jour la réalisation de centaines de requêtes, dont 23 ont donné lieu à des publications scientifiques. Les cas d’usage vont de la sélection de patients pour essais cliniques à la surveillance épidémiologique ou à la détection de tumeurs rares. L’essai clinique PREDOSTAR en est un exemple : il s’appuie sur ConSoRe pour identifier des patients présentant un risque élevé de cancer secondaire et évaluer l’efficacité du dostarlimab, un anticorps anti-PD-1, en prévention. Un essai clinique de phase II évaluant le dostarlimab, un anticorps anti-PD-1. Grâce à ConSoRe, les critères d’inclusion complexes ont pu être traités rapidement pour constituer les cohortes nécessaires à l’étude.

    Vers une interopérabilité européenne

    ConSoRe s’intègre à d’autres projets comme OSIRIS, ONCODS ou UNIBASE, en lien avec le Health Data Hub. La structuration des données est alignée sur les standards internationaux : CIM-10, CCAM, LOINC, OMOP, etc. Cette standardisation garantit l’interopérabilité des données qui est essentielle pour les recherches à l’échelle nationale et européenne. L’objectif est également de sortir du seul domaine oncologique, certaines briques technologiques étant transposables à d’autres spécialités médicales.

    Selon le Dr Pierre Heudel (Centre Léon Bérard), ConSoRe répond à un besoin jusque-là inaccessible : retrouver rapidement des informations précises dans des dossiers complexes. Il souligne que 70 % des données issues des DPI sont non structurées. Leur transformation via le TALN, suivie d’une validation humaine, permet d’alimenter un « cœur de données » fiable, utilisé pour guider les décisions médicales.

    Pour Hervé Spacagna (Coexya), le projet incarne une approche sécurisée et conforme au cadre CNIL, avec un entrepôt de données de santé souverain. L’environnement permet de proposer aux chercheurs un accès encadré aux données utiles, tout en maîtrisant leur exploitation.

     

  • Comment le No-code accélère la transformation numérique des hôpitaux ?

    Le mouvement “citizen developer” s’impose dans la santé

    Jean-Michel Durocher, président et fondateur de Timetonic, observe une révolution silencieuse dans les hôpitaux. “Il y a 4 fois plus de citizen developers que de développeurs”, explique-t-il lors des Trophées de l’innovation FHF. Ces utilisateurs créent désormais leurs propres applications sans connaissances techniques. Le constat est unanime : les outils actuels ne répondent pas aux besoins des établissements. Les logiciels installés par les DSI restent rigides et complexes. Les tableurs offrent de l’autonomie mais demeurent limités. Les développements sur mesure coûtent cher et prennent du temps.

    Timetonic, une plateforme complète pour les établissements

    La solution Timetonic propose une alternative pragmatique. Fondée par Jean-Michel Durocher, cette startup française développe une plateforme No-code destinée à la gestion d’entreprise. Elle permet aux utilisateurs de créer des applications collaboratives sans compétences en programmation, avec intégration native de l’intelligence artificielle pour l’automatisation des processus métier. L’outil centralise les données et se synchronise avec les systèmes existants. L’architecture “full stack” comprend trois niveaux : un back-end pour la scalabilité et la sécurité des données, une couche d’automatisation pour créer des workflows, et un front-end pour la visualisation. Les utilisateurs peuvent générer des tableaux de bord avec des vues Gantt, des calendriers et des formulaires.

    L’intelligence artificielle intégrée aux processus

    L’IA enrichit les fonctionnalités de la plateforme. Elle extrait automatiquement des informations depuis des images, même sans texte structuré. Les coordonnées bancaires dans des documents photographiés sont ainsi récupérées instantanément. La technologie RAG (Retrieval Augmented Generation) permet de créer des assistants conversationnels. Ces outils analysent d’abord les données internes avant de répondre aux questions des utilisateurs. La gestion des droits utilisateurs assure la confidentialité des informations personnelles.

    L’AP-HP figure parmi les clients de référence de Timetonic, aux côtés de GRDF, Orano, l’URSSAF, Engie et Veolia. Cette diversité sectorielle démontre la polyvalence de la solution. Les avantages identifiés sont multiples : simplicité d’utilisation, puissance technique, aspect motivant pour les équipes, facilité de déploiement, sécurité des données et rentabilité économique.

    Vers une autonomie numérique des soignants

    L’objectif affiché est de donner aux professionnels de santé la même autonomie qu’avec un tableur, mais avec la puissance d’un ERP. Cette approche répond au besoin croissant d’outils de productivité adaptés au quotidien hospitalier. Le No-code représente une brique manquante dans l’écosystème numérique de la santé. Il permet de créer sur mesure des solutions sécurisées sans dépendre exclusivement des équipes techniques. Cette démocratisation de la création d’applications pourrait accélérer la transformation digitale des établissements de santé français.

  • Urgences : de fortes disparités régionales dans les profils et parcours des patients (DREES)

    Premiers résultats régionaux de l’enquête Urgences 2023

    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie les premiers résultats régionaux du volet « Patient » de l’enquête Urgences 2023. Réalisée le mardi 13 juin 2023 auprès de 58 500 patients accueillis dans les 719 points d’accueil des urgences générales et pédiatriques de France, cette enquête permet d’analyser les différences territoriales dans les caractéristiques et les parcours des patients, un jour de semaine hors vacances scolaires et période épidémique.

    Des profils de patients contrastés selon les régions

    Les personnes âgées de 75 ans ou plus représentent 14 % des passages aux urgences à l’échelle nationale. Cette proportion varie selon les territoires : de 9 % en Île-de-France à 17 % en Bourgogne Franche-Comté. Or, ce public, souvent plus fragile, est plus fréquemment hospitalisé, reçoit davantage de soins et reste plus longtemps dans le service, en partie en raison des difficultés d’aval.

    Recours aux urgences : le rôle du médecin et du transport sanitaire

    Le recours aux urgences sur prescription médicale ou via un transport de secours représente 47 % des cas en moyenne. Ce chiffre atteint 59 % en Bretagne et dans les Pays de la Loire, contre 41 % en Île-de-France. Le manque d’accès à un rendez-vous médical est une autre cause évoquée : 21 % au niveau national, jusqu’à 25 % en Corse et en Île-de-France, contre 16 % dans les DROM et 17 % en Bretagne. Le conseil du Samu-SAS (15) est mentionné par 16 % des patients, avec une forte disparité : 8 % en Île-de-France contre 25 % dans les Pays de la Loire et en Bretagne.

    La proportion de patients hospitalisés à l’issue de leur passage aux urgences atteint 15 % en moyenne nationale, mais varie du simple au double selon les régions. Elle est de 11 % en Île-de-France, et s’élève à 20 % en Bourgogne Franche-Comté, en Bretagne et en Corse.

    Temps passé aux urgences : de 2h30 à 4h selon les territoires

    La médiane de durée de passage aux urgences est de 3 heures en France. Elle oscille fortement selon les régions : 2h30 en Normandie, 3h50 dans les Pays de la Loire et 4h dans les DROM hors Mayotte. Ce temps inclut l’ensemble du parcours, du tri à la sortie, en passant par les soins, les examens et éventuellement un séjour en unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD). Les données publiées confirment des disparités régionales marquées dans l’organisation et l’usage des services d’urgences. Ces résultats, qui prolongent ceux diffusés au niveau national en mars 2025, fourniront aux acteurs territoriaux des éléments d’analyse pour ajuster les politiques locales de soins non programmés.