Nabil

  • Diabète, asthme, cancers : des pathologies pédiatriques en hausse, sur fond de pénurie de soignants

    • En 2024, 2 700 enfants de moins d’un an sont décédés en France, soit un taux de mortalité infantile de 4,1 décès pour 1 000 enfants.
    • ​Ce taux de mortalité infantile est supérieur à la moyenne de l’Union européenne, estimée à 3,3 décès pour 1 000 naissances vivantes. Entre 2011 et 2024, le taux de mortalité infantile en France est passé de 3,5 ‰ à 4,1 ‰, soit une hausse d’environ 17%.
    • Les enfants représentent environ 27% des passages aux urgences, soit plus de 5,5 millions d’entrées.
    • Les délais d’attente pour un avis spécialisé en pédiatrie ou pédopsychiatrie oscillent entre 6 et 18 mois
    • Environ 350 000 enfants sont inscrits dans le registre français des maladies rares, illustrant le poids des pathologies chroniques complexes en pédiatrie.
    • La France compte environ 8 500 pédiatres et se situe au 22ᵉ rang sur 31 pays de l’OCDE pour sa densité pédiatrique, avec un risque de dégradation lié aux départs à la retraite.
    • Le rapport des Assises de la pédiatrie propose 20 mesures et près de 400 recommandations sur cinq ans, incluant un renforcement des PMI, la création de 600 postes en pédopsychiatrie (CMP‑IJ) et une montée en puissance de la formation et de l’attractivité des carrières pédiatriques.

    27% des passages aux urgences

    En France, les données de la Drees, de Santé publique France et du registre national des cancers de l’enfant montrent une augmentation des pathologies chroniques, métaboliques et psychiques chez les moins de 18 ans, avec des inégalités sociales et des couvertures vaccinales encore hétérogènes.

    Maladies chroniques pédiatriques : asthme et diabète de type 1 en hausse continue

    Chaque année, environ 2 200 enfants de moins de 15 ans développent un diabète de type 1, avec une augmentation moyenne d’environ 4% par an depuis les années 2000. Le nombre de jeunes de moins de 20 ans vivant avec un diabète de type 1 dépasse 31 000 en 2023, ce qui renforce l’enjeu de dépistage précoce et de suivi structuré. L’asthme constitue la maladie chronique la plus fréquente chez les enfants en France, avec une prévalence d’environ 10 à 11% et une raison importante de l’absentéisme scolaire. Les hospitalisations pour asthme pédiatrique atteignent près de 40 000 séjours par an, avec une part importante de formes d’origine allergique et une exposition renforcée dans les régions d’outre‑mer et en Île‑de‑France. En France, les inégalités sociales marquent très tôt l’état nutritionnel des enfants, avec un risque de surpoids en grande section de maternelle deux fois plus élevé chez les enfants d’ouvriers que chez ceux de cadres.

    Cancers pédiatriques en France : 2 200 nouveaux cas annuels chez les 0‑17 ans

    Le cancer se classe au quatrième rang des causes de décès chez les enfants de 0 à 14 ans. Chaque année, le registre national des cancers de l’enfant recense environ 2 200 nouveaux cancers chez les enfants et adolescents, dont près de 1 843 cas chez les moins de 15 ans et environ 440 cas chez les 15‑17 ans. Chez les moins de 15 ans, les leucémies représentent environ 30% des cancers pédiatriques, avec une prédominance des leucémies aiguës lymphoblastiques. Les tumeurs du système nerveux central constituent près de 26% des cancers de l’enfant, tandis que les lymphomes comptent pour environ 10% des cas. Chez les adolescents de 15 à 17 ans, les localisations dominantes sont les lymphomes qui représentent près de 27% des cas, dont une forte proportion de maladies de Hodgkin, les tumeurs du système nerveux central pour environ 17% et les leucémies pour près de 14%. L’incidence des cancers pédiatriques reste globalement stable depuis 2000, avec un taux de survie globale à cinq ans estimé autour de 80 à 83% chez les enfants et proche de 82% chez les adolescents de 15 à 17 ans.

    Santé mentale : « Dans les années 1990, la pédopsychiatrie suivait 200 000 patients par an et aujourd’hui 800 000. » (Pr Guillaume Bronsard)

    Le mal‑être psychique des jeunes progresse en France en 2025, avec une hausse des épisodes anxiodépressifs, des passages aux urgences pour motif psychiatrique et une consommation de psychotropes, tandis que l’offre de pédopsychiatrie et de psychologues reste insuffisante malgré les réformes engagées en e‑santé et en organisation des soins. Les risques de troubles anxiodépressifs concernent près de 30 % des 11‑24 ans en 2024, ce qui confirme une tendance haussière depuis la crise sanitaire liée à la Covid‑19. Chez les 17 ans, la proportion de symptômes anxiodépressifs sévères est passée d’environ 4,5 % en 2017 à près de 9,5 % en 2022, ce qui traduit un quasi doublement en cinq ans.

    Sur 14 millions d’enfants et adolescents en France, 1,6 million souffrent de troubles psychiques, mais seulement la moitié reçoivent des soins​

    Les pensées suicidaires et tentatives de suicide progressent chez les jeunes adultes : une enquête citée à l’Assemblée nationale indique qu’en 2024, 23 % des jeunes déclarent avoir déjà eu des pensées suicidaires, soit près d’un sur quatre. La prévalence d’épisodes dépressifs chez les 18‑24 ans a augmenté d’environ 77 % entre 2017 et 2021, passant de 11,7 % à 20,8 %. Cette situation met en avant la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention et des programmes de repérage précoce dans les établissements scolaires. « La psychiatrie, et la pédopsychiatrie en particulier, sont toujours en attente de moyens supplémentaires » (Pr Guillaume Bronsard).

    Couverture vaccinale : des écarts marqués selon le niveau de vie et la région

    Chez le nourrisson en France, la couverture vaccinale pour la primovaccination atteint environ 95% pour les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, Haemophilus influenzae b, la coqueluche et le pneumocoque. Pour les enfants de 24 mois en 2018, la couverture avec deux doses du vaccin rougeole‑oreillons‑rubéole demeure autour de 83%, avec environ 90% de couverture pour l’hépatite B et 79% pour le méningocoque C. Le rapport de la Drees et les données nationales soulignent des écarts marqués de couverture vaccinale selon le niveau de vie et la région de résidence en France. Les personnes disposant d’un niveau de vie élevé sont environ 1,5 fois plus souvent vaccinées que les personnes à faibles revenus, y compris pour des vaccinations ciblées comme la grippe saisonnière chez les moins de 65 ans à risque, dont la couverture atteint seulement 39% contre environ 60% chez les 65 ans et plus.

    Alors que faire ? PMI renforcées , +2 550 ETP pour 2 150 médecins, 6 300 IPDE et 1 400 sages‑femmes (bilan des assises)

    Les Assises de la pédiatrie et de la santé de l’enfant ont été lancées fin 2022 par le ministère de la Santé dans un contexte de triple épidémie (bronchiolite, grippe, Covid‑19), de saturation des urgences pédiatriques et de montée des troubles psychiques chez les jeunes. Le rapport couvre la période de 0 à 18 ans et adopte une approche globale de la santé (somatique, mentale, sociale, environnementale), avec un cadre d’action limité volontairement à cinq ans afin de produire des transformations structurelles rapides. Dans le cadre de ces assises, le rapport « Investir dans la santé de l’enfant : une urgence nationale » propose une refondation quinquennale de la politique de santé, à partir de 20 mesures et près de 400 recommandations, après six mois de concertation nationale. Les pistes proposent de renforcer la filière de soins de l’enfant en valorisant les professionnels (notamment dans des maisons de santé pédiatriques), en développant l’exercice libéral des infirmières puéricultrices, en clarifiant les rôles entre généralistes et pédiatres de ville (pédiatre en recours pour enfants à risque), en améliorant la coopération ville‑hôpital et en révisant la nomenclature d’actes pédiatriques jugés sous‑tarifés.

    20 recommandations : 

    1. Créer un choc d’attractivité : revalorisation de toutes les prises en charge de l’enfant en ville comme à l’hôpital.
    2. Augmenter la quantité et la qualité du temps médical disponible : formation renforcée en santé de l’enfant, augmentation du numerus apertus, développement de la pratique avancée.
    3. Rendre lisible des parcours de soins gradués pour les parents et les professionnels : le bon médecin, au bon endroit, au bon moment.
    4. Améliorer l’accès aux soins non programmés et optimiser le recours aux services d’urgence : régulation téléphonique par des professionnels formés à la santé de l’enfant, participation élargie des praticiens libéraux à la continuité des soins et à la PDSA, renfort des équipes soignantes aux urgences pédiatriques au prorata de la lourdeur des soins, développement d’outils digitaux d’orientation et de conseil pour les parents.
    5. Protéger les enfants les plus jeunes et les plus vulnérables des épidémies hivernales par des campagnes de prévention nationales intégrant les mesures barrières, les vaccins (grippe, rotavirus…) et les anticorps monoclonaux anti‑VRS dès 2023.
    6. Sanctuariser le nombre de lits de réanimation pédiatrique et néonatale pour pouvoir faire face à une crise sanitaire (épidémie hivernale récurrente) sans perte de chance pour les enfants (déprogrammation chirurgicale ou médicale).
    7. Renforcer les équipes soignantes dans les services qui prennent en charge des enfants avec des besoins de soins renforcés.
    8. Enrichir les registres des naissances et des décès de données médico‑socio‑économiques et permettre les moyens de leur analyse pérennes.
    9. Transformer les PMI pour mailler le territoire de Maisons des 1000 jours et de l’enfant.
    10. Créer un nouveau Service de santé des élèves, qui mobilise tous les professionnels de santé du territoire sous la coordination du médecin scolaire, et dont l’objectif est le bien‑être des enfants et des adolescents.
    11. Créer un nouveau statut de médecin de fonction publique commun à la santé scolaire, aux Maisons des 1000 jours et de l’enfant, aux centres de santé publics et à l’hôpital, autorisant un exercice mixte et partagé.
    12. Instaurer « l’heure partagée » dans toutes les écoles élémentaires : sacraliser la dernière heure du vendredi pour la consacrer à un retour partagé entre les élèves sur le déroulement de la semaine sur les aspects non académiques (médiation et lutte contre le harcèlement scolaire).
    13. Créer un bilan de santé mentale à l’entrée au collège et revaloriser le forfait MonPsy.
    14. Renforcer les capacités en pédopsychiatrie : création de 600 postes en CMP‑IJ, renforcement de l’offre d’hospitalisation et de post‑urgence.
    15. Faire des écoles des « bulles vertes » pour les enfants : réduction des émissions de CO₂ aux abords des écoles, amélioration de la circulation et de la qualité de l’air dans les classes, zones « zéro tabac », mise à distance des zones d’épandage.
    16. Inscrire dans la loi l’interdiction des écrans avant 3 ans.
    17. Déployer le 1er Plan Sommeil.
    18. Une République, une santé : lutter contre les pertes de chance qui touchent les enfants ayant des besoins particuliers (maladies chroniques, précarité, handicap, maltraitances) et les enfants des Outre‑mer.
    19. Lancer des appels à projets récurrents fléchés dédiés à la santé de l’enfant et soutenir le développement de plateformes innovantes technologiques et thérapeutiques adaptées aux spécificités de l’enfant, en créant notamment des plateformes de thérapies géniques.
    20. Instaurer une Conférence nationale de la santé de l’enfant (CNSE), réunie tous les 2 ans sous l’autorité du Président de la République.

    Assises : malgré un bon accueil, un après en demi-teinte

    10 000 soignants et le SNPF dénoncent l’absence de « vrai plan » après les Assises

    Dans une Tribune publiée au Monde les auteurs – composés de médecin et de pédiatres – rappellent qu’un an plus tôt, 10 000 soignants avaient déjà interpellé Emmanuel Macron face à la saturation des urgences, aux transferts de nourrissons sur de longues distances et à la pénurie de soignants en ville et à l’hôpital. Ils évoquent 1 200 décès considérés comme évitables, et une situation présentée comme un indicateur de dégradation conjointe des conditions de vie, du système de soins et de la prise en charge sociale et psychologique. « La première urgence est de remédier à la pénurie croissante de soignants de l’enfant » titrait la tribune.

    Les pédiatres libéraux dénoncent une réforme incomplète

    Un communiqué du Syndicat national des pédiatres français (SNPF) critique fortement les suites des Assises de la pédiatrie et de la santé de l’enfant, jugées dépourvues de « vrai plan de santé pour l’enfant ». Le syndicat dénonce l’« invisibilité » de la pédiatrie libérale dans les mesures annoncées : aucune réflexion sur la place du pédiatre de ville ni sur le parcours de soins ambulatoire, alors que les annonces se concentrent sur d’autres acteurs et dispositifs. Le rapport souligne l’objectif gouvernemental d’atteindre 600 pédiatres en formation par an d’ici 2030, chiffre que le SNPF dit réclamer depuis vingt ans, et estime que cet objectif est désormais insuffisant sans un doublement ou triplement des promotions, en parallèle d’une vraie politique de formation des généralistes à la santé de l’enfant. Le syndicat craint que ces nouveaux pédiatres restent surtout à l’hôpital, au détriment des hôpitaux généraux et de la pédiatrie de ville, et décrit un risque de déséquilibre au profit des surspécialités pédiatriques au détriment de la pédiatrie générale, pourtant jugée indispensable en ville et dans les hôpitaux généraux.

    Le communiqué critique aussi l’absence de mesures d’attractivité pour la pédiatrie libérale : la convention n’apporte aucune revalorisation pour les enfants de plus de 2 ans, ce qui entretient la faible reconnaissance du rôle du pédiatre libéral par les tutelles et fragilise l’avenir du métier. Les auteurs s’inquiètent en parallèle de la promotion de l’accès direct aux orthophonistes : compte tenu de délais déjà estimés à 6 à 12 mois pour un enfant pourtant déjà évalué par un pédiatre, ils redoutent une aggravation des délais et une perte d’une année scolaire pour de nombreux enfants.

     

  • 66 % des hospitaliers (publics) perçoivent positivement l’arrivée de l’IA, mais seuls 6 % ont été formés (Baromètre)

    • 54 % estiment qu’elle améliore l’efficacité des processus administratifs.
    • 46 % déclarent que l’IA les soulage de certaines tâches, notamment :
      • 43 % pour la rédaction de comptes rendus,
      • 23 % pour l’analyse et l’optimisation des données,
      • 23 % pour l’analyse de documents administratifs.
    • 92 % constatent un gain de temps grâce à l’IA.
    • 88 % notent un gain de confort et de performance.
    • 70 % observent une amélioration de la qualité du travail.
    • 52 % identifient des freins liés aux enjeux éthiques et de sécurité.
    • 42 % expriment des doutes sur la fiabilité des résultats produits par l’IA.
    • 43 % estiment que l’IA dégrade la relation soignant-patient, contre seulement 13 % d’avis positifs sur ce point.

     

    Malgré une perception globalement favorable, l’intelligence artificielle reste peu déployée et insuffisamment maîtrisée dans les hôpitaux publics, selon le baromètre. Les résultats suggèrent un besoin d’accompagnement.

    66% des agents hospitaliers perçoivent positivement l’arrivée de l’IA à l’hôpital

    54% des répondants jugent l’impact de l’IA positif sur l’efficacité administrative en 2025

    Le baromètre « IA à l’hôpital » Ifop pour Acteurs Publics et UniHA repose sur un échantillon de 1051 agents hospitaliers interrogés en ligne entre juin et septembre 2025. Il cible des médecins, soignants, cadres, ingénieurs et responsables hospitaliers, exerçant en CHU, centres hospitaliers, établissements médico-sociaux et autres structures.​ Globalement, 66% des agents déclarent percevoir positivement l’arrivée de l’IA dans leur établissement, avec une proportion qui atteint 69% dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans le même temps, 32% des répondants considèrent que l’impact de l’IA sur l’efficacité des processus administratifs est positif, soit 54% en cumul des opinions plutôt et très positives, contre 18% d’avis négatifs.​ L’IA est également perçue comme un levier de réduction de la charge de travail par 44% des agents, contre 21% d’opinions négatives.

    En revanche, les répondants jugent plus défavorablement son impact sur la relation patient–soignant, avec 43% d’avis négatifs contre 13% d’opinions positives, et sur la qualité des soins, qui recueille 26% d’opinions négatives.

    43% des agents utilisent l’IA pour la rédaction de comptes rendus en 2025

    Les agents hospitaliers citent d’abord des usages liés à l’appui documentaire et administratif. L’IA est utilisée pour la rédaction de comptes rendus par 43% des répondants, pour l’analyse et l’optimisation de données par 23% et pour l’analyse de documents administratifs par 23%.​Les usages de l’IA pour la planification, la gestion des ressources et l’optimisation des processus restent plus limités. L’IA est mobilisée pour l’automatisation de tâches administratives, l’aide à la communication entre équipes, l’optimisation des ressources, la planification des plannings ou la gestion de l’accueil, avec des taux de citation compris entre 7% et 23% selon les cas.​

    Mais 45% des établissements déclarent aucun usage de l’IA en 2025

    À l’échelle des établissements, l’IA est principalement adoptée pour l’analyse d’imagerie médicale, citée par 45% des répondants. Viennent ensuite la rédaction de comptes rendus, l’aide au diagnostic, l’analyse et l’optimisation de données ou encore l’analyse de prescriptions, avec des niveaux d’adoption compris entre 10% et 29%.​ Près de 45% des agents déclarent que leur établissement n’a pour l’instant adopté aucun usage de l’IA. Les usages de l’IA générative restent eux aussi partiels : 12% des agents l’utilisent dans un cadre professionnel avec des outils professionnels, 32% l’utilisent dans un cadre professionnel avec des outils personnels et 25% en font un usage uniquement personnel, tandis que 31% n’y recourent pas.​

    92% des agents citent le gain de temps comme premier bénéfice de l’IA

    Les bénéfices perçus de l’IA se concentrent sur les gains de productivité et de conditions de travail. Les agents citent le gain de temps en premier lieu, avec 92% de citations toutes positions confondues, suivi par le gain de performance et de confort (88%) et par l’amélioration de la qualité du travail (70%).​L’IA est également perçue comme un outil de décharge des tâches périphériques. Au total, 46% des agents estiment que l’IA les décharge de certaines tâches non médicales qui ne relèvent pas de leur cœur de métier. ​

    L’impact sur l’efficacité des processus administratifs apparaît globalement positif, avec 54% d’avis favorables contre 18% d’avis défavorables. En revanche, l’amélioration de la relation patient–soignant et de la qualité des soins suscite davantage de réserves, ce qui traduit une attente forte de preuves cliniques et organisationnelles sur les bénéfices de l’IA en pratique de soins.

    43 % jugent défavorablement son effet sur la relation soignant-patient, contre seulement 13 % d’avis positifs.

    Les freins déclarés portent d’abord sur les enjeux de confiance et de régulation. Les agents citent en premier les enjeux éthiques ou de sécurité, avec 52% de citations, suivis par les doutes sur la fiabilité des résultats fournis par l’IA (42%) et par les lenteurs administratives associées au déploiement (38%).​ Les difficultés d’appropriation des outils, la crainte de perdre des compétences, la crainte pour l’emploi ou l’incertitude sur les modèles économiques sont également mentionnées, avec des niveaux de citations compris entre 7% et 31%. Les transformations rapides de l’offre et les difficultés de recrutement de profils spécialistes de l’IA apparaissent plus secondaires dans le classement, même si elles restent présentes.​ Le baromètre met en évidence un déficit de connaissance et de formation. Une majorité d’agents déclare une connaissance limitée de l’IA, 11% se disant « très limitée » et 51% « limitée », tandis que 29% jugent leur connaissance plutôt bonne et 9% très bonne ou parfaite. Seuls 6% des répondants déclarent avoir bénéficié d’une formation à l’IA dans leur établissement, 8% indiquent qu’une formation est prévue et 86% ne sont pas formés ou ne savent pas si une action est programmée.

    Un besoin d’accompagnement renforcé pour les usages de l’IA

    Les résultats du baromètre soulignent une phase d’adoption sélective de l’IA dans les établissements de santé. La technologie se concentre sur l’imagerie médicale, la rédaction de comptes rendus et l’optimisation de données, avec un déploiement limité dans d’autres champs comme la planification de l’offre de soins, la gestion des parcours ou la surveillance clinique.​

    Le déficit de formation et de connaissance identifié par l’enquête interroge les politiques de montée en compétences sur l’IA en santé. Les résultats suggèrent un besoin d’accompagnement structuré, associant pédagogie sur les enjeux éthiques et de sécurité, clarification des modèles de gouvernance des données et soutien au choix des solutions, notamment pour les directions des systèmes d’information, de la transformation et de l’innovation.

    Ifop. Baromètre IA à l’hôpital : adoption et impact de l’intelligence artificielle dans le secteur hospitalier. Étude Ifop pour Acteurs Publics et UniHA. nov. 2025.

  • Cancer : 85% des professionnels constatent une meilleure coordination ville-hôpital avec AKO@dom-PICTO

    Plus de 2 000 patients suivis : l’expérimentation AKO@dom-PICTO entre en phase de généralisation

    Le Comité technique de l’innovation en santé (CTIS) et le Conseil stratégique de l’innovation en santé (CSIS) ont donné un avis favorable à la généralisation des parcours de soins AKO@dom et PICTO, expérimentés depuis 2022 dans le cadre de l’article 51. Ces dispositifs impliquent les pharmaciens d’officine et les infirmiers libéraux en appui du médecin traitant pour accompagner à domicile les patients sous thérapies orales anticancéreuses ou immunothérapie. Le modèle associe suivi humain personnalisé et coordination en temps réel via une plateforme numérique développée par Continuum+, aujourd’hui intégrée à Cureety. Cette solution permet aux professionnels de santé hospitaliers et de ville d’échanger rapidement autour de l’état du patient, des comptes rendus d’interventions et des ajustements thérapeutiques.

    Portée par un consortium régional, l’expérimentation a été lancée dans 15 établissements du Grand Est. Elle réunit la start-up Continuum+, l’association de patients Patients en réseau, le dispositif régional NEON, les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg et l’URPS Pharmaciens Grand Est. C’est la seule des 156 expérimentations de l’article 51 à être co-portée par une association de patients. Plus de 2 000 patients ont été suivis via ces parcours depuis leur mise en œuvre. Deux modalités ont été proposées :

    • Le parcours PICTO, centré sur le pharmacien d’officine pour les patients autonomes,
    • Et AKO@dom, mobilisant un infirmier à domicile pour les patients plus vulnérables.

    70% de patients maintiennent leur traitement à 6 mois contre 60% dans le groupe témoin

    L’évaluation du dispositif, annexée à l’avis du CTIS, met en évidence des résultats positifs tant sur le plan clinique qu’organisationnel :

    • Observance thérapeutique augmentée : 70 % des patients maintiennent leur traitement au bout de 6 mois, contre 60 % dans le groupe témoin.
    • Réduction des hospitalisations : la durée moyenne d’hospitalisation pour effets indésirables est de 5 jours chez les patients accompagnés, contre 13 jours dans le groupe témoin.
    • Satisfaction des patients : les patients disent se sentir rassurés, écoutés, mieux informés et moins isolés.
    • Appui des professionnels : 85 % estiment que ces parcours améliorent la coordination ville-hôpital. Les pharmaciens sont 95 % à juger qu’ils renforcent leur rôle dans la prise en charge des patients atteints de cancer.

     Cureety centralise les données

    Le suivi repose sur une plateforme, aujourd’hui intégrée à Cureety. Elle met à disposition des oncologues et des infirmiers de coordination une visualisation en temps réel des informations remontées du terrain (visites infirmières, échanges avec les pharmaciens). L’outil renforce la réactivité en cas d’effets indésirables ou de questions des patients. Avec la diffusion des traitements anticancéreux oraux, la surveillance s’effectue désormais hors de l’hôpital, sans structuration initiale du suivi en ville pour accompagner cette évolution. AKO@dom et PICTO visent à combler ce manque en adaptant le suivi à la situation de chaque patient et en reliant les professionnels via un outil partagé. Selon le CTIS, l’expérimentation confirme l’intérêt de parcours différenciés, ajustés aux vulnérabilités des patients et aux caractéristiques des traitements.

    Phase de transition de 18 mois pour étendre les parcours sur tout le territoire

    La décision du CTIS ouvre la voie à une généralisation des parcours sur l’ensemble du territoire, avec un financement pérenne par l’Assurance maladie. Une phase transitoire de 18 mois est prévue pour organiser ce déploiement. Le modèle combinera les enseignements des parcours AKO@dom-PICTO et du projet Onco’Link, centré sur le rôle du pharmacien d’officine.

     

  • L’Hôpital Fondation Rothschild adopte l’assistant médical IA de Tandem Health après un pilote de 1 500 consultations

    L’Hôpital Fondation Rothschild choisit Tandem Health pour alléger la charge administrative des soignants

    À la suite d’un projet pilote mené durant l’été 2025 sur 1 500 consultations dans plusieurs spécialités médicales, l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild (HFAR), à Paris, a décidé d’intégrer dans ses services l’assistant médical d’intelligence artificielle développé par Tandem Health. Cette solution est conçue pour générer automatiquement, et en temps réel, les comptes rendus médicaux issus de l’échange entre praticien et patient, sans dictée ni saisie manuelle. Le test, mené dès le mois de juin dans les services de neurochirurgie, neurologie, ORL, cardiologie, CETD et ophtalmologie, a évalué la pertinence de la solution sur des critères quantitatifs comme le volume de comptes rendus produits, le nombre d’utilisateurs, le temps gagné. Et qualitatifs comme la facilité d’adoption, la qualité des documents générés, et l’impact sur le temps médical utile.

    Tandem Health lève 43 M€ pour accélérer son déploiement en France

    Les résultats ont convaincu l’établissement de retenir la solution de Tandem Health. D’après les professionnels impliqués, l’outil permet de consacrer davantage de temps à la relation patient, tout en fournissant à l’issue de la consultation un compte rendu immédiatement disponible. La qualité de la consultation s’en trouve améliorée sans allongement de la durée, les lettres étant prêtes en fin d’entretien. L’hôpital, engagé dans une stratégie d’intégration des technologies numériques, voit dans ce déploiement un levier d’amélioration organisationnelle.

    Présente dans plus de 1 000 établissements européens, la solution de Tandem Health est arrivée en France en 2024. La levée de fonds de 43 millions d’euros réalisée à l’été 2025 vise notamment à soutenir l’expansion de la startup sur le territoire national, avec des recrutements prévus et une stratégie de partenariats hospitaliers renforcée. L’outil, développé en collaboration avec des médecins européens, respecte les exigences réglementaires locales, notamment en matière de RGPD. La startup ambitionne de faire évoluer sa plateforme vers un système d’exploitation clinique fondé sur l’IA, avec pour priorité le marché français dans les mois à venir.

  • Medscape lance une plateforme d’IA médicale fondée sur 400 revues scientifiques

    13 millions de soignants ont accès à la nouvelle IA médicale de Medscape

    Medscape a annoncé le lancement de Medscape AI, un outil d’intelligence artificielle générative à destination des professionnels de santé. Accessible à ses 13 millions d’utilisateurs dans le monde, cette plateforme s’appuie sur des contenus propriétaires, les publications issues de plus de 400 revues scientifiques et des mises à jour médicales quotidiennes. Elle se positionne comme un système de soutien clinique visant à améliorer la précision et la rapidité de la prise de décision médicale. La plateforme a été conçue avec des praticiens pour répondre aux exigences opérationnelles des soignants, avec un accent mis sur trois critères : la fiabilité des sources, l’actualisation en temps réel et la pertinence clinique. Chaque réponse générée est traçable, documentée, et accompagnée de citations provenant uniquement de sources validées. Aucune donnée ouverte ou issue de contenus non vérifiés n’est utilisée. Medscape promet ainsi un outil de « Trusted Medical Intelligence », combinant la rigueur scientifique à l’usage clinique.

    Medscape AI propose des réponses cliniques contextualisées, mises à jour quotidiennement

    Les contenus sont supervisés et actualisés quotidiennement afin d’intégrer les nouveautés issues de l’actualité médicale, les études récemment publiées ou encore les évolutions des recommandations de prise en charge. Ce processus est encadré par des équipes éditoriales internes, renforçant la valeur d’usage au quotidien pour les professionnels. L’outil permet de générer des réponses synthétiques et contextualisées selon la spécialité et le cas clinique rencontré. Il propose une aide au diagnostic différentiel, à l’élaboration d’un schéma thérapeutique ou à la construction d’un plan de prise en charge. L’intégration à l’écosystème Medscape – lecteur d’actualités, outils d’aide à la décision, référentiels – renforce la continuité de l’information. Le CEO d’Internet Brands, maison mère de Medscape, Bob Brisco, insiste sur l’objectif de rationalisation : « Medscape AI débarrasse les professionnels de santé du flot d’informations superflu en synthétisant instantanément les données probantes pour améliorer les résultats patients. »

  • La CNSA publie une feuille de route et lance une enquête pour favoriser l’usage de l’IA

    Pour la CNSA, l’IA peut optimiser le fonctionnement des établissements et services en améliorant le service rendu et les conditions de travail des professionnels. Une feuille de route stratégique 2025-2026 « L’intelligence artificielle au service de la branche autonomie » a été publiée. Elle repose sur 5 piliers:

    • Gagner du temps pour mieux accompagner les personnes en réduisant les tâches chronophages et répétitives ;
    • Accélérer le traitement des demandes par l’automatisation de certaines étapes ;
    • Harmoniser les pratiques territoriales en permettant la standardisation des processus ;
    • Simplifier les démarches avec des interfaces intuitives et des parcours numériques personnalisés;
    • Repérer les non-recours et détecter la fraude.

    Conduite des expérimentations en 2026

    Pour passer à une phase plus opérationnelle du déploiement de l’IA, il est prévu « un plan de 36 actions concrètes d’ici fin 2026 » avec plusieurs étapes :

    • Identifier les cas d’usage les plus prometteurs, afin de repérer les processus pouvant être optimisés ;
    • Former massivement avec l’aide d’un réseau d’ambassadeurs IA, chargés de relayer les bonnes pratiques et de favoriser l’appropriation des outils ;
    • Mobiliser les données de la branche autonomie en respectant les principes du numérique responsable ;
    • Évaluer les expérimentations en vue de nourrir la prochaine convention d’objectifs et de gestion (COG) de la caisse.

    Ce plan d’action qui s’appuiera sur les professionnels de terrain est réparti en trois grandes phases :

    • 2ème semestre 2025 : identifier les cas d’usage intéressants et commencer les formations ;
    • 1er semestre 2026 : lancer des projets pilotes en lien avec les MDPH et les services départementaux ;
    • 2ème semestre 2026 : déployer et pérenniser les cas d’usage les plus prometteurs et préparer la stratégie post-2026.

    La stratégie est portée par une gouvernance structurée, avec une taskforce en interne et un comité de suivi des expérimentations. Chaque semestre, un bilan de déploiement sera publié. Toute la démarche s’appuie sur le référentiel proposé par l’AFNOR, destiné à limiter l’impact environnemental en adoptant les bonnes pratiques recommandées.

    Une enquête nationale sur les solutions IA existantes

    En appui à cette feuille de route, la CNSA a demandé à France Silver Eco, l’association qui pilote la filière de la Silver économie, de réaliser une enquête sur les pratiques existantes. Dans ce but cette association et le groupe de travail constitué de Silver Valley, Future4care et de l’agence Sweet Home lancent un questionnaire auprès des acteurs pour recenser les bonnes pratiques. L’objectif est de disposer d’une cartographie des solutions IA existantes et émergentes dans la branche.

     

  • Industrie pharmaceutique : un futur guide pour stabiliser briefs, budgets et relations

    La FNIM définit 10 engagements pour stabiliser briefs et budgets

    Depuis fin 2024, la Fédération nationale de l’information médicale (FNIM) mène une enquête auprès de ses adhérents pour identifier les principaux points de friction avec leurs clients issus de l’industrie pharmaceutique. Résultats :

    • Briefs incomplets.
    • Délais raccourcis.
    • Instabilité des interlocuteurs.
    • Pression budgétaire.
    • Et manque de reconnaissance du travail réalisé.

    Ces constats ont poussé la FNIM à initier la rédaction d’un guide de bonnes pratiques, discuté le 19 novembre 2025 lors de sa Matinale mensuelle, animée par Thierry Kermorvant (La Phratrie) et Pierre-Louis Prost (KPL, président de la FNIM). L’objectif de ce futur référentiel est de « formaliser les conditions d’une collaboration exemplaire » entre agences, prestataires et laboratoires pharmaceutiques. Le guide se veut complémentaire des outils existants, tels que la charte « La belle compétition » ou celles de l’AACC. La FNIM y défend « une excellence relationnelle au quotidien », autour de 10 engagements. Parmi eux : la reconnaissance mutuelle entre parties, avec une volonté de partenariat d’égal à égal dès la phase de conception du projet. En retour, les agences s’engagent à démontrer la valeur de leurs actions via études ROI, veille active et initiatives comme les « innovation days ».

    Projets santé à plus de 50 K€ : la FNIM veut un kick-off obligatoire et un brief validé en amont

    L’un des volets du guide concerne la structuration du brief, souvent jugé instable : 86,5 % des agences interrogées ont constaté des changements en cours de projet. La FNIM recommande un brief écrit et validé en amont, un interlocuteur décisionnaire désigné, et un kick-off de 2h minimum pour les projets supérieurs à 50 K€. Les agences s’engagent, elles, à reformuler ou enrichir le brief si nécessaire. En parallèle, la question de la transparence budgétaire est mise en avant : le budget n’est communiqué dès le départ que dans 1,5 % des cas. La FNIM milite pour une communication systématique du budget, accompagnée de devis détaillés et expliqués. Une grille tarifaire pourrait également être co-construite avec l’AACC et le LEEM.

    40 % dénoncent des délais irréalistes, la FNIM propose un référentiel de bonnes pratiques

    Autre engagement proposé : le respect de délais réalistes. Selon l’enquête, 40,5 % des répondants estiment que les délais imposés ne sont pas tenus. La FNIM recommande des validations sous 10 jours ouvrés maximum, et un droit d’alerte pour les agences en cas de retard prévisible. Les évolutions de périmètre ou de budget sont également fréquentes (respectivement 43 % et 40 % des cas). Le guide prévoit un suivi documenté de ces modifications, un chiffrage systématique et une flexibilité encadrée. Concernant le travail hors périmètre initial, 30 % ne seraient jamais ou rarement rémunérés. Le futur référentiel préconise une évaluation et validation systématiques des tâches supplémentaires.

    Projets abandonnés : 43 % des agences non indemnisées, la FNIM réclame un cadre contractuel clair

    43 % des agences interrogées ne perçoivent aucun dédommagement en cas d’abandon de projet. La FNIM recommande des modalités contractuelles de dédommagement définies en amont, une facturation proportionnelle au travail fourni et une discussion préalable à toute annulation. Le guide vise aussi à renforcer l’humanisation des relations, avec une exigence de réunions en présentiel, d’ouverture des caméras en visio (objectif : +90 %), de stabilité des équipes et de formation des nouveaux venus. En retour, les agences pourraient accueillir des alternants de l’industrie pharmaceutique en immersion.

    La FNIM veut impliquer les services achats et professionnaliser les retours de brief

    Parmi les points souvent négligés, les relations avec les services achats sont également à améliorer. Seuls 3 % d’entre eux faciliteraient actuellement la collaboration avec les agences. La FNIM appelle à un dialogue pédagogique autour de la création de valeur, une co-construction des cahiers des charges et une participation régulière aux Matinales de la fédération. Dernier point clé : la systématisation des retours suite à un appel d’offre. La FNIM recommande que les laboratoires répondent dans un délai maximum de 10 jours après la remise des recommandations, pour maintenir la motivation des équipes non retenues.

    Diffusion prévue en 2026 et intégration en formation

    La rédaction du guide doit s’achever début 2026. La FNIM prévoit de le présenter aux acteurs institutionnels tels que le LEEM, le SNITEM ou le CRIP, mais aussi de le diffuser dans les programmes de Masters en communication santé. Une campagne conjointe avec le Club Santé AACC est également envisagée. Ce document pourrait devenir un outil standard lors des briefs entre agences et laboratoires.

  • Télémédecine, attractivité, santé mentale : une convention pour organiser les soins au niveau départemental

    Accès aux soins : le CNOM et les Départements s’accordent sur quatre priorités territoriales

    Départements de France et le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) ont signé une convention visant à structurer une réponse locale à la “désorganisation du système de santé”. Dans un contexte marqué par la baisse de l’offre de soins, le vieillissement de la population, la progression des pathologies chroniques et la fragilité de la santé mentale des jeunes, les deux institutions souhaitent établir une collaboration pour réorganiser l’accès aux soins à l’échelle départementale. Cette initiative repose sur une vision partagée : reconstruire la confiance entre citoyens, élus et soignants, en s’appuyant sur les spécificités des territoires et les compétences des acteurs locaux.

    Déserts médicaux, télémédecine, santé mentale : les axes du partenariat CNOM–Départements de France

    L’accord prévoit plusieurs axes d’intervention :

    • La création de dispositifs communs entre conseils départementaux et conseils départementaux de l’Ordre pour renforcer la santé de proximité.
    • Le développement de la télémédecine territoriale, dans un cadre éthique et régulé.
    • Des mesures pour améliorer l’attractivité des zones sous-dotées en santé, via des leviers comme le logement, l’emploi des conjoints ou l’accueil des familles.
    • Des réponses coordonnées en santé mentale et en protection de l’enfance, missions relevant des compétences départementales.

    Pour les signataires, la décentralisation de la santé passe par la reconnaissance du département comme échelle pertinente, à la fois proche du terrain et capable d’articuler équité et efficacité. Selon François Sauvadet, président de Départements de France, « cette signature ouvre un chemin de responsabilité partagée : celui d’une République des territoires qui protège et soigne ». Le professeur Stéphane Oustric, président du CNOM, y voit la traduction d’une volonté de replacer « le médecin et la relation humaine au cœur du pacte social ».

  • Santé numérique : 82% des pays de l’OCDE ont ouvert l’accès en ligne aux DMP en 2024 (rapport OCDE)

    Plus de 8 pays sur 10 donnent accès en ligne au DMP en 2024

    En 2024, la disponibilité moyenne de l’accès en ligne aux services de santé numériques atteint 82% dans les pays de l’OCDE, contre 79% en 2023. Toutefois, seuls la Belgique et l’Estonie fournissent un accès complet à toutes les fonctions du dossier médical partagé via portail ou application mobile patient. Les progrès sont notables en Tchéquie, France, Irlande, Portugal et Slovaquie, où les politiques récentes ont permis une nette avancée de l’accessibilité. La question de l’interopérabilité reste importante entre établissements et professionnels, freinant l’efficience globale. Le renforcement de la confiance et des infrastructures reste signalé comme un enjeu dans la généralisation de la santé numérique.

    1 téléconsultation par patient et par an en 2023, un usage multiplié par deux depuis 2019

    Israël en tête avec 2,8 téléconsultations par habitant en 2023

    Le recours à la téléconsultation, toute technologie confondue, a fortement augmenté lors de la pandémie, passant d’une moyenne de 0,5 consultation par patient en 2019 à 1,3 en 2021. En 2023, ce taux s’établit à 1, illustrant une stabilisation à un niveau supérieur à la période pré-pandémique. Israël enregistre le plus haut taux (2,8). Les principaux freins identifiés dans le maintien d’un haut niveau d’activité tiennent à l’intégration des pratiques à l’offre de soins courante, aux modèles de financement et à la couverture des infrastructures numériques.

    82% d’accès moyen aux DMP mais des disparités persistantes dans l’accès à l’information santé

    Les résultats des enquêtes PaRIS (2024) soulignent une différence significative, jusqu’à 15 points, du niveau de confiance dans l’usage du numérique santé entre groupes d’individus selon le niveau d’éducation, notamment en France, Islande, Australie et États-Unis. Les publics les moins diplômés déclarent rencontrer davantage de difficultés dans la compréhension des données santé en ligne. Cette disparité d’usage pose la question de l’inclusion numérique comme condition de réussite des stratégies d’e-santé.

    L’OCDE note une augmentation des investissements alloués à la digitalisation, tant pour la mise en place des DMP que pour le déploiement de solutions d’analyse et d’intelligence artificielle, avec pour objectifs déclarés de renforcer la résilience, la réactivité et la sécurité des systèmes. Toutefois, les priorités budgétaires post-COVID et la maîtrise des dépenses publiques imposent une planification sélective des évolutions structurelles.

    Investir mieux, notamment dans la prévention

    Le rapport « Health at a Glance 2025 » de l’OCDE suggère donc que, malgré un retour apparent à la normale des systèmes de santé après la pandémie, les données réelles montrent toujours des problèmes persistants. Les dépenses de santé dans les pays de l’OCDE représentent désormais 9,3 % du PIB, mais 3 % de ces dépenses sont consacrés à la prévention. Les données sur les comportements de santé révèlent également des tendances préoccupantes : par exemple 54 % des adultes sont en surpoids ou obèses, et 27 % déclarent une consommation excessive d’alcool au moins une fois par mois. En 2023, plus de 3 millions de décès auraient pu être évités par une meilleure prévention et une prise en charge plus efficace.

    Le rapport note une progression rapide de la numérisation des soins, notamment via les dossiers de santé électroniques, la téléconsultation ou encore l’IA. Mais l’usage réel de ces outils est limité par une faible littératie numérique et en santé, en particulier chez les personnes âgées et peu instruites. Le risque est qu’au lieu de réduire les inégalités, la santé numérique pourrait les aggraver.

    La question n’est plus de dépenser plus, mais de dépenser mieux. La pression sur les effectifs, combinée au sous-investissement dans la prévention, les soins primaires et la littératie, met en évidence l’urgence de rééquilibrer les politiques de santé. Incitations, budgets et compétences doivent être réorientés vers la valeur apportée aux populations, et non uniquement vers le volume d’actes ou de technologies déployées.

     

  • US : un agent IA pour accompagner les patientes en maternité

    Questions courantes, rappels et suivi adapté

    Millie, clinique dédiée à la santé des femmes, annonce le lancement de Maia, un agent conversationnel intégré à son application mobile. L’outil offre un soutien personnalisé durant la maternité. La structure, basée à San Francisco, propose une prise en charge couvrant la fausse couche, l’allaitement, la santé mentale, l’éducation prénatale, le post-partum et la gynécologie. Son modèle associe sages-femmes, doulas et médecins, en virtuel et en présentiel. L’entreprise collabore avec des systèmes de santé.

    L’agent IA répond aux questions de routine sur la maternité, organise les rendez-vous et envoie des rappels liés au suivi de grossesse. Il adapte aussi ses échanges grâce à la mémoire des interactions et aux préférences de communication des patientes. En cas de situation jugée préoccupante, Maia déclenche une mise en relation avec les équipes cliniques afin de permettre une intervention rapide.  Maia s’appuie sur des fonctionnalités déjà présentes : ligne téléphonique 24/7, charting ambiant, dépistages via l’application et tensiomètres connectés. Cette continuité vise à renforcer la cohérence du dispositif de soins et à réduire le stress lié au parcours.

    Un lancement dans un contexte de crise de la santé maternelle

    L’annonce intervient alors que les États-Unis affichent le taux de mortalité maternelle le plus élevé parmi les pays à revenu élevé. Les pénuries de professionnels en obstétrique et gynécologie, ainsi que les réductions de budgets Medicaid, aggravent la situation. Millie voit dans Maia un moyen d’atténuer certains de ces obstacles. Sharma indique que l’objectif global de l’IA chez Millie consiste à améliorer la relation patient-clinicien et à fournir aux équipes des informations en temps réel intégrées aux workflows, pour renforcer leur capacité de soutien. En septembre, Millie a lancé un programme consacré à la périménopause et à la ménopause, proposant hormonothérapie, traitements non hormonaux, solutions vaginales et accompagnement lié au mode de vie.