Nabil

  • Revalorisation de la consultation à 25 € : une hausse tarifaire qui stimule l’activité des généralistes de secteur 1 (note IPP)

    Une activité en hausse de près de 9 %

    Quels effets concrets produit une revalorisation du tarif des consultations sur l’activité des médecins généralistes ? C’est à cette question qu’a répondu une note de l’Institut des politiques publiques (IPP), publiée le 24 novembre 2025. L’analyse porte sur la hausse intervenue le 1er mai 2017, date à laquelle le tarif de la consultation des médecins généralistes de secteur 1 est passé de 23 à 25 euros.

    Cette revalorisation de 8,7 % du tarif a entraîné une hausse équivalente, en moyenne, de l’activité mensuelle des praticiens concernés. Plus précisément, l’IPP estime l’augmentation du nombre de consultations entre 7 et 10 %, selon les modèles utilisés. Cette progression s’explique quasi exclusivement par l’augmentation du nombre de patients pris en charge (+11 %), et non par une hausse de la fréquence des consultations par patient.

    Un effet de levier sur l’offre de soins en ville

    Pour les auteurs de la note, ces résultats suggèrent qu’une hausse modérée du tarif peut jouer un rôle dans l’élargissement de l’offre de soins, en incitant les médecins à accueillir davantage de patients. Cela pourrait s’expliquer par une meilleure rémunération de leur temps, ou une plus grande attractivité de leur exercice. L’étude souligne également que le surcoût engendré par cette mesure a pu être “partiellement compensé” par les effets comportementaux observés chez les médecins. En d’autres termes, l’augmentation de leur activité aurait permis d’atténuer le coût net de la revalorisation pour l’assurance maladie.

  • Déploiement de l’IA en imagerie : des obstacles économiques, organisationnels et technologiques (Livre blanc)

    L’IA peine à passer du pilote à la pratique clinique en radiologie

    Présentée comme un levier d’optimisation du diagnostic et des parcours en imagerie, l’intelligence artificielle (IA) peine encore à se déployer à grande échelle dans les établissements français. Un livre blanc publié par Catel, en partenariat avec Dell Technologies et NVIDIA, dresse un état des lieux des freins rencontrés sur le terrain et propose une grille d’analyse à partir de retours d’expérience de cliniciens, industriels et directeurs des systèmes d’information.

    L’IA peut être mobilisée à plusieurs niveaux du dépistage, en particulier dans la lutte contre le cancer du sein : aide à l’acquisition, détection automatisée en première lecture, sélection des mammographies à relire, ou tri en seconde lecture. Si des expérimentations sont en cours, leur généralisation reste limitée par des incertitudes sur les performances, les responsabilités médico-légales et la capacité d’intégration dans les flux cliniques. L’outil ne remplace pas l’expertise du radiologue mais doit l’assister de façon ciblée, notamment en réduisant le temps d’analyse des examens normaux.

    Trois verrous à lever pour un passage à l’échelle

    L’analyse croisée des retours d’acteurs du terrain aboutit à une cartographie en trois volets des principaux freins à l’adoption de l’IA :

    • Verrou économique : les solutions d’IA ne disposent pas de modèle de financement pérenne. Leur coût est difficile à absorber sans retour sur investissement clair ni valorisation financière adaptée. Le manque d’incitations freine leur diffusion en dehors des projets pilotes.
    • Verrou organisationnel et clinique : la mise en place de l’IA suppose une réingénierie des organisations, un travail d’appropriation par les équipes et une adaptation des pratiques. La confiance dans les outils reste à construire, notamment via des preuves robustes d’impact clinique, au-delà des simples performances algorithmiques.
    • Verrou technologique : l’infrastructure nécessaire (serveurs, logiciels, interopérabilité avec les systèmes d’information) reste souvent absente ou mal adaptée. Les solutions « clé en main » séduisent par leur simplicité de déploiement, mais soulèvent des questions de souveraineté et de compatibilité avec les environnements locaux.

    Des recommandations pour sortir de l’impasse

    Les contributeurs du livre blanc, issus du monde médical (CHU de Montpellier, Hôpital Tenon), industriel (NVIDIA, Incepto) ou hospitalier (GHT Unyon), appellent à :

    • Renforcer l’évaluation indépendante des solutions.
    • Définir des modèles économiques pérennes, incluant la valorisation dans les parcours.
    • Anticiper les besoins d’infrastructures dès les phases de conception.
    • Intégrer les utilisateurs finaux (radiologues, manipulateurs, DSIO) dès les premières étapes de déploiement.

    Sans levée coordonnée de ces verrous, les promesses de l’IA resteront confinées à des initiatives locales, sans transformation systémique de la filière imagerie.

  • Etude : l’analyse automatique de la parole pour diagnostiquer le déclin cognitif léger validée dans une revue

    Une revue systématique publiée en octobre confirme la capacité des biomarqueurs vocaux à distinguer le déclin cognitif léger (MCI) d’un fonctionnement cognitif normal, avec une précision globale de 80 %. L’étude a également démontré une robustesse méthodologique avec une absence de biais de publication et une très faible hétérogénéité entre les travaux examinés. Alors que le diagnostic de la maladie d’Alzheimer repose sur des examens coûteux et invasifs comme l’IRM, le PET scan ou les ponctions lombaires, l’analyse de la parole s’impose comme une alternative peu intrusive. Elle permettrait une détection plus précoce du MCI – stade prodromique de la maladie – en s’appuyant sur des marqueurs liés à la production langagière : diversité lexicale, complexité syntaxique, propriétés acoustiques ou encore contenu sémantique.

    Méthodologie : 54 études analysées, 35 incluses dans la méta-analyse

    Les chercheurs Zahra Jafari, Melissa K. Andrew et Kenneth J. Rockwood ont conduit leur méta-analyse selon les recommandations PRISMA, en consultant quatre bases de données jusqu’en avril 2025, sans restriction de langue ni d’année. Parmi les 4 432 publications initialement identifiées, 54 ont été retenues. Trente-cinq ont permis de calculer des estimations regroupées pour quatre indicateurs de performance :

    • Précision : 80 % (IC 95 % : 70–89 %, p < 0,001)
    • Aire sous la courbe (AUC) : 78 % (IC 95 % : 70–86 %, p < 0,001)
    • Sensibilité : 80 % (IC 95 % : 71–90 %, p < 0,001)
    • Spécificité : 77 % (IC 95 % : 65–89 %, p < 0,001)

    Aucun biais de publication n’a été détecté (test d’Egger p ≥ 0,299) et l’hétérogénéité entre les études était nulle (I² = 0 %, p = 1,00).

    Une large adoption de l’intelligence artificielle dans les protocoles

    Parmi les 35 études incluses dans la méta-analyse, 31 utilisaient des algorithmes d’apprentissage automatique (machine learning) tels que les SVM, forêts aléatoires ou régressions logistiques, en lien avec des techniques d’analyse automatique de la parole (ASR) ou combinées à des transcriptions manuelles. Sur les 27 études ayant mobilisé l’ASR, près de la moitié y ont eu recours exclusivement. Celles combinant ASR et transcription manuelle ont rapporté des performances comparables, validant la fiabilité des outils automatisés.

    Une application possible au SCD, encore peu explorée

    Quatre études incluaient également des participants présentant un déclin cognitif subjectif (SCD), sans déficit objectivé. Certaines différences de caractéristiques vocales ont été observées dans ce groupe par rapport aux sujets cognitivement indemnes, mais les données restent limitées.

    Recommandations : standardiser et diversifier les protocoles

    Les auteurs soulignent la nécessité d’harmoniser les méthodologies et d’élargir les études à des populations plus diversifiées. La variabilité des tâches vocales et des approches d’analyse freine encore l’adoption clinique à grande échelle.

    Référence : Zahra Jafari, Melissa K. Andrew, Kenneth J. Rockwood. Diagnostic utility of speech-based biomarkers in mild cognitive impairment: a systematic review and meta-analysis. Age and Ageing, Volume 54, Issue 10, octobre 2025.

  • « C’est la capacité à détecter les cassures dans les routines qui fait la différence » : des capteurs IA pour prévenir les fragilités à domicile (Tunstall Vitaris)

    « L’IA va être en capacité de détecter des anomalies de comportement avant qu’il se passe quelque chose de grave »

    Aujourd’hui, la plupart des sollicitations en téléassistance sont déclenchées par l’usager via un bouton d’alerte (le fameux “bouton rouge”), un médaillon ou une montre. Si ces dispositifs permettent de prévenir les secours, Alain Monteux (président de Tunstall Vitaris – premier téléassisteur en France qui accompagne plus de 250 000 personnes) considère qu’ils ne suffisent plus à répondre aux enjeux du vieillissement.

    L’entreprise développe une nouvelle approche fondée sur la détection en amont des situations à risque, à partir de capteurs installés au domicile. Ces capteurs, passifs ou actifs, permettent d’analyser des données liées aux habitudes de vie : sommeil (ex : réveils nocturnes), nutrition (ex : absence de petit déjeuner), température, fréquence des visites, usage des toilettes ou encore temps passé dans certaines pièces. L’objectif est de repérer des signaux faibles de fragilité (isolement, troubles du sommeil ou du comportement alimentaire) pour déclencher des alertes avant qu’une urgence n’apparaisse.

    Deux niveaux d’alertes :« construire des profils de comportements individuels »

    Tunstall Vitaris distingue deux niveaux d’alerte : les signaux faibles (niveau 1), comme des levers nocturnes plus fréquents, et les alertes critiques (niveau 2), comme une chute détectée. Chaque semaine, les données sont consolidées dans une fiche transmise aux professionnels de santé. L’entreprise a mis en place une coordination entre infirmiers et ergothérapeutes pour proposer, en fonction des observations, des actions concrètes. L’approche est personnalisable : les capteurs et les seuils d’alerte sont ajustés en fonction des habitudes et du profil de chaque personne accompagnée.

    Ces dispositifs visent aussi à rassurer les bénéficiaires et leurs proches aidants. L’adhésion est forte dès lors que les outils sont présentés de façon transparente. Les retours sont positifs, les utilisateurs comprenant l’utilité de ces outils, à condition qu’ils soient bien expliqués et que leur mise en œuvre reste discrète.

    Une IA de santé mentale pour les salariés Tunstall de Vitaris

    Tunstall Vitaris mise sur l’intelligence artificielle pour recentrer les équipes d’écoute sur des interactions à forte valeur ajoutée. Une IA conversationnelle est également utilisée en soutien psychologique pour les opérateurs en centre d’appel. Le projet prévoit son extension aux bénéficiaires et à leurs aidants. L’entreprise insiste sur le rôle central du lien humain, notamment pour les personnes isolées, pour lesquelles elle propose un dispositif d’appels réguliers accompagnés par des psychologues.

    Tunstall Vitaris appelle à un soutien public pour accélérer le déploiement

    Dans les prochaines années, le support de la téléassistance pourrait évoluer : les hubs classiques pourraient laisser place à des objets du quotidien déjà connectés (smartphones, télévisions, enceintes vocales). Le modèle de service s’adaptera à une pluralité de profils et de besoins, en s’appuyant sur des partenariats et des portefeuilles d’offres diversifiés. Reste à garantir que ces évolutions technologiques restent lisibles. Selon Alain Monteux, l’un des principaux freins au déploiement à grande échelle reste l’absence de financement public en France. Le coût mensuel des dispositifs, entre 50 et 75 euros, reste à la charge des usagers. Dans d’autres pays comme la Belgique ou l’Espagne, ces services sont subventionnés, ce qui facilite leur adoption. L’entreprise plaide pour une reconnaissance institutionnelle de la téléassistance préventive, considérée comme un levier d’économies à long terme pour le système de santé : maintien à domicile prolongé, baisse des hospitalisations évitables, réduction des appels aux secours.

    La téléassistance entre dans une nouvelle ère, portée par des outils d’intelligence artificielle capables d’anticiper les risques et de personnaliser l’accompagnement. Mais son déploiement à grande échelle en France reste conditionné à une reconnaissance institutionnelle et à un financement adapté. Sans cela, le modèle restera cantonné à quelques expérimentations, malgré des bénéfices démontrés en matière de santé publique et de qualité de vie. Tunstall Vitaris en est convaincue : la transformation de la téléassistance en outil prédictif repose autant sur les technologies que sur la volonté collective de faire évoluer le cadre de financement.

  • Concours i-Lab 2026 : Subvention jusqu’à 600 k€

    La 28e édition du concours d’innovation i-Lab s’inscrit dans le cadre du plan France 2030 et est opérée par Bpifrance au niveau national. Le dispositif vise à détecter et accompagner les futurs leaders deeptech en finançant des projets de création ou de développement d’entreprises de technologies innovantes, avec une forte sélectivité et un label reconnu.

    La date limite de dépôt des candidatures est fixée au mardi 3 février 2026 à 12h (heure de Paris), pour des projets d’une durée maximale de 3 ans.​

    Tableau récapitulatif des principaux critères

    Elément Informations clés
    Dates importantes Clôture des candidatures : 3 février 2026 à 12h (midi, heure de Paris).​
    Financement proposé Enveloppe de dépenses éligibles : jusqu’à 1 M€ de coûts de projet. Subvention pouvant atteindre 600 k€ par projet, versée de manière échelonnée, pour des projets d’une durée maximale de 3 ans.​
    Nature des projets attendus Projets de « création-développement » à forte intensité technologique (deeptech), présentant une faisabilité technique, économique et juridique déjà établie.​ Projets pouvant conduire à court terme à la création d’une entreprise innovante en France ou projets d’innovation portés par des sociétés de moins de deux ans (ou moins de trois ans pour certains projets deeptech).​
    Critères d’éligibilité – porteurs Toute personne physique ayant créé son entreprise depuis moins de deux ans ou ayant un projet de création d’entreprise de technologies innovantes en France, quelle que soit sa nationalité, son statut ou sa situation professionnelle, sous réserve de remplir les conditions légales et réglementaires de création d’entreprise.

    Projets issus de la recherche ou d’essaimage/externalisation d’entreprises existantes possibles, sous conditions notamment de participation au capital de l’entreprise d’origine (inférieure à un certain seuil).​

    Critères d’éligibilité – projets Projets de technologies innovantes avec preuve de concept et faisabilité démontrées. Projets deeptech de moins de 3 ans, inscrits dans les priorités de France 2030, avec un fort potentiel de développement et de création de valeur.​
    Modalités de dépôt Dossier de candidature à déposer exclusivement en ligne sur la plateforme de dépôt Bpifrance (Picxel), à partir des modèles et documents fournis dans la rubrique dédiée de la page du concours. Les pièces et formulaires du règlement i-Lab doivent être complétés conformément aux instructions officielles Bpifrance.​
    Modalités de sélection Processus national avec présélection et évaluation par Bpifrance et experts mandatés, puis examen en jury pour déterminer les lauréats. Concours reconnu pour son prestige et sa forte sélectivité, distinguant uniquement les projets technologiques les plus innovants et à fort potentiel.​
    Critères de sélection Caractère innovant de la technologie et niveau de maturité (preuve de concept). Viabilité économique, potentiel de développement (y compris international) et capacité de l’équipe/du porteur à créer, diriger et développer l’entreprise et à nouer des partenariats.​

    Procédure de candidature et de mise en œuvre

    La candidature se fait via le téléchargement du règlement et du dossier type sur la page officielle du concours, puis le dépôt des documents complétés sur la plateforme en ligne Bpifrance (Picxel) avant la date de clôture. Le projet est ensuite instruit en plusieurs étapes (analyse, expertise approfondie, jury), conduisant à une proposition de subvention pouvant aller jusqu’à 600 k€, versée par tranches en fonction de l’avancement du projet sur une durée maximale de 3 ans.​

    L’annonce officielle et l’accès à la plateforme de dépôt sont accessibles depuis la page Bpifrance du concours d’innovation i-Lab 28e édition : https://www.bpifrance.fr/nos-appels-a-projets-concours/concours-dinnovation-i-lab. ​

    Points d’attention

    • Forte sélectivité : le concours cible un nombre limité de projets deeptech avec un haut niveau d’innovation et de maturité, il est nécessaire de bien documenter la preuve de concept et le potentiel marché.​
    • Eligibilité temporelle : vérifier la date de création de l’entreprise (moins de 2 ans, voire contraintes spécifiques pour les projets issus d’essaimage ou lauréats d’autres dispositifs) et la durée maximale de projet (3 ans).​
    • Structuration financière : la subvention couvre seulement une partie des dépenses (plafond de 600 k€ pour 1 M€ de dépenses), des financements complémentaires devront être sécurisés.​
    • Qualité du dossier : respecter les modèles et consignes du règlement i-Lab, en soignant les sections sur l’équipe, la stratégie de valorisation, le plan de développement et les impacts.​

  • Santé mentale : reconduction en 2026 et promesse d’actions plus visibles selon Matignon

    La santé mentale restera la grande cause nationale en 2026, a annoncé Matignon le 27 novembre, à l’issue d’une réunion entre le ministre de la santé Sébastien Lecornu, la députée Stéphanie Rist, et l’ancien premier ministre Michel Barnier. Cette reconduction prolonge l’élan initié en janvier 2025, à l’issue d’une première annonce faite par Michel Barnier en septembre 2024.

    Matignon justifie cette décision par la nécessité d’aller plus loin. L’exécutif prévoit :

    • Un renforcement de la coordination interministérielle.
    • Un appui aux familles, aux associations et aux territoires.
    • Ainsi qu’une intégration plus systématique de la santé mentale dans toutes les politiques publiques.

    La seconde phase de cette grande cause devra, selon le gouvernement, se traduire par des actions « plus concrètes et plus visibles » :

    • Valorisation des initiatives locales.
    • Meilleure diffusion des ressources d’aide.
    • Et implication des écoles, entreprises et associations.

    Une volonté politique fragilisée par les changements de ministres

    Cette prolongation intervient une semaine après l’intervention de Michel Barnier devant la commission d’enquête parlementaire sur les défaillances des politiques publiques dans le champ de la santé mentale et du handicap. L’ancien premier ministre avait plaidé pour un prolongement d’un an, en pointant notamment la fréquence élevée des changements ministériels dans le champ de la santé.

    Des critiques persistantes sur l’ambition et les moyens

    Depuis le lancement de la grande cause nationale en 2025, des voix se sont élevées pour dénoncer un rythme d’action insuffisant. Selon le 3e baromètre santé-social de l’AMF et de la Mutualité Française, publié le 20 novembre, les indicateurs stagnent ou régressent deux ans après la précédente édition. Les améliorations sont donc toutes relatives.

    En juin dernier, le gouvernement avait pourtant présenté un plan pour mieux repérer et soigner les troubles psychiques et rendre la psychiatrie publique plus attractive. Toutefois, de nombreux professionnels de santé ont exprimé leur déception face à des mesures jugées incomplètes, tant sur le fond que sur les moyens financiers mobilisés.

  • Assises HU : les CHU gagnent en impact scientifique, mais alertent sur la concurrence internationale et la trajectoire budgétaire jugée intenable

    • Les CHU concentrent 60% des publications médicales françaises et 20% de l’ensemble des publications scientifiques du pays.​
    • Entre 2014 et 2023, ces productions ont augmenté de 20%, avec un indice de citations normalisées (ICN) passé de 1,25 à 1,63.
    • Déficit cumulé des CHU passé de 200 M€ en 2021 à 950 M€ en 2024, jugé intenable.​
    • Absentéisme dans les 32 CHU français à 8,47% fin août 2025, contre 8,55% en 2019.
    • Postes vacants de chefs de clinique-assistants approchent 5% au niveau national.
    • Effectifs hospitalo-universitaires reculent de 3% entre 2019 et 2024, malgré triplement du nombre d’étudiants formés.​

    À l’occasion de la conférence de presse d’ouverture des 19e Assises Nationales Hospitalo-Universitaires, Philippe El Saïr (Conférence des directeurs généraux de CHU), Isabelle Laffont (Conférence des doyens de médecine) et Rémi Salomon (Conférence des présidents de CME-CHU) ont présenté les six grands thèmes structurant cette édition :

    • Stabilité institutionnelle.
    • Recherche et innovation.
    • Attractivité des carrières.
    • Convergence territoriale.
    • Redressement financier et souveraineté sanitaire.

    + 20% publications médicales : une dynamique à préserver malgré la concurrence internationale

    Les CHU concentrent 60 % des publications médicales françaises et 20 % de l’ensemble des publications scientifiques du pays. En neuf ans, entre 2014 et 2023, ces productions ont augmenté de 20 %, avec une progression de leur impact mondial, mesuré par l’indice de citations normalisées (ICN) passé de 1,25 à 1,63. Au-delà des chiffres, les CHU revendiquent une ambition renouvelée en matière de collaboration avec les soins primaires et de valorisation des entrepôts de données de santé. Ils portent le projet SéData, une fédération des entrepôts de données hospitaliers, appuyée par des partenariats industriels, visant à structurer un socle commun d’accès à la donnée. L’objectif : renforcer la recherche, notamment en intelligence artificielle, à partir de données maîtrisées, de qualité, conservées sur le territoire.

    Innovation : le coût des progrès thérapeutiques questionne la soutenabilité

    L’innovation thérapeutique, portée pour partie par les CHU, soulève des inquiétudes quant à son coût. De nombreuses molécules onéreuses, par exemple en oncologie, augmentent fortement les dépenses hospitalières. Cette inflation interroge la soutenabilité du système et la capacité à garantir l’accès à l’innovation sans fragiliser les équilibres budgétaires. Les CHU, engagés dans des partenariats avec des entreprises du médicament et du numérique, demandent une réflexion sur la régulation des coûts, la pertinence des prescriptions et la souveraineté de la production, y compris sur les algorithmes d’IA utilisés en santé. L’appel à une production européenne de certains traitements, comme les CAR-T cells, est réitéré. Des algorithmes aident au diagnostic, à la lecture d’imagerie et à la robotique chirurgicale. L’intelligence artificielle soutient l’enseignement en évaluant les étudiants via des interfaces numériques. Elle analyse des données multiomiques pour une médecine personnalisée. Les CHU développent des partenariats avec des industriels pour l’innovation en médicaments et intelligence artificielle.​ 25% des CHU prennent des participations dans des startups. ​

    3 % de baisse des effectifs hospitalo-universitaires malgré un triplement du nombre d’étudiants

    L’absentéisme dans les 32 CHU français tombe à 8,47% fin août 2025, contre 8,55% en 2019. Le solde entrée-sortie s’améliore pour les infirmières avec un gain net fin août 2025.  La perte d’attractivité du modèle hospitalo-universitaire inquiète les responsables. Le nombre de postes vacants de chefs de clinique-assistants approche les 5 % au niveau national. En parallèle, les effectifs hospitalo-universitaires ont reculé de 3 % entre 2019 et 2024, alors que le nombre d’étudiants formés a triplé sur la période. Ce déséquilibre s’accompagne d’une perte de pouvoir d’achat de 19,6 % sur 30 ans pour les PU-PH et d’un manque de lisibilité des carrières. Les CHU demandent une refonte urgente du statut des jeunes universitaires pour garantir un vivier de futurs enseignants-chercheurs.

    Universitarisation des territoires : une stratégie concertée plutôt qu’une multiplication des structures

    Les responsables insistent ; il ne s’agit pas de multiplier les UFR ou les CHU, mais de territorialiser l’enseignement via des stages de cycle 2 et 3, et d’implanter des enseignants hospitalo-universitaires dans les territoires. Cette dynamique est jugée plus soutenable et cohérente avec l’exigence de qualité académique. Les CHU s’impliquent aussi dans la structuration des parcours de soins territoriaux via les postes partagés et la coordination avec les centres hospitaliers. En revanche, ils attendent un approfondissement de la politique des GHT, jugée inaboutie, ainsi qu’une réforme de la carte hospitalière pour une gradation des soins plus rationnelle.

    Déficit CHU à 950 millions d’euros

    Le déficit cumulé des CHU s’est creusé, passant de 200 M€ en 2021 à 950 M€ en 2024. Les revalorisations salariales du Ségur ont été en partie financées par des mécanismes inadaptés aux CHU, dont seulement 38 % des recettes proviennent de la tarification à l’activité. Un rapport commandé à l’IGAS aurait confirmé cette perte de recettes. La trajectoire budgétaire actuelle est jugée intenable. Les CHU plaident pour une politique active de prévention des pathologies chroniques, responsables de 70 % des dépenses de l’Assurance maladie, et pour une régulation renforcée de l’offre de soins sur les territoires.

    Souveraineté : des pénuries croissantes de médicaments courants

    La multiplication des pénuries de médicaments courants et le poids croissant des traitements très coûteux remettent à l’agenda la question de la souveraineté pharmaceutique. Les CHU plaident pour des capacités de production européennes communes, comme le font déjà certains pays (ex. l’Espagne pour les CAR-T cells). Sur le numérique, la dépendance aux fournisseurs industriels d’IA pose une question de contrôle, de coût et de confidentialité des données. Les CHU veulent promouvoir la création d’algorithmes en interne, à partir de données françaises, dans une logique de souveraineté technique et scientifique. Enfin, en matière de recherche et d’enseignement, la dépendance à des bases de données scientifiques non-européennes (PubMed, Web of Science) et le besoin de coalition entre acteurs européens et francophones sont présentés comme deux chantiers majeurs.

  • ESC 2025 : l’IA au service d’une cardiologie connectée et préventive

    Un smartphone devient stéthoscope

    Présenté lors de l’ESC Digital & AI Summit 2025 à Berlin, le dispositif de Theodor Health transforme un smartphone en stéthoscope intelligent. En quinze secondes, l’application enregistre les sons cardiaques et les analyse par intelligence artificielle, fournissant une interprétation semi-quantitative avec une sensibilité et une spécificité supérieure à 90 % pour les souffles cardiaques. Ce diagnostic mobile permet un dépistage précoce de valvulopathies ou de troubles du rythme, sans matériel dédié. Autre solution connectée : Vox, développée par Noah Labs, utilise un simple enregistrement vocal pour détecter les signes précoces de décompensation d’une insuffisance cardiaque chronique. L’algorithme identifie les variations acoustiques liées à la congestion pulmonaire et génère des alertes cliniques via un score validé. Quatre études observationnelles sont en cours, notamment en lien avec le dispositif CardioMEMS, pour évaluer ses performances dans le télésuivi des patients.

    Deux outils numériques primés à l’ESC 2025 pour une cardiologie proactive

    Côté formation, Epicardio a été récompensée pour sa plateforme Virtual CSP, une application interactive en 3D temps réel pour la simulation de la stimulation du système de conduction. Les utilisateurs peuvent y simuler l’insertion de sondes dans les cavités cardiaques, observer les effets électrophysiologiques sur l’ECG généré, et valider leurs connaissances via des tutoriels intégrés. L’outil vise à faciliter l’apprentissage de la conduction system pacing (CSP), technique en développement pour améliorer la synchronisation ventriculaire. En matière de prévention, le test PocDoc Healthy Heart Check permet aux patients britanniques de réaliser à domicile un auto-prélèvement capillaire, de photographier le test après sept minutes, puis d’obtenir un profil lipidique, un âge cardiaque et une estimation de leur risque cardiovasculaire à dix ans. Disponible en pharmacie pour environ 20 £, ce test vise à fluidifier le dépistage des patients à risque et à soulager les cabinets de médecine générale. Le NHS estime qu’un PocDoc permet d’économiser 20 minutes de consultation médicale.

    L’IA en cardiologie progresse, mais son intégration clinique reste conditionnée

    Les outils présentés à Berlin — stéthoscope intelligent, dépistage vocal, cœur virtuel, auto-test ou chatbot — reposent sur des technologies éprouvées, appliquées à des cas d’usage cliniques. Leur intérêt repose sur leur accessibilité, leur autonomie d’utilisation et leur potentiel d’intégration dans les parcours de soins. Cependant, leur diffusion pose plusieurs enjeux :

    • Validité clinique des algorithmes.
    • Fiabilité des mesures en auto-surveillance.
    • Protection des données de santé.
    • Acceptabilité sociale.

    Plusieurs interventions du congrès ont insisté sur la nécessité d’un encadrement réglementaire, d’une évaluation rigoureuse et d’une formation adaptée des professionnels.

    LLM spécialisés 

    Le congrès a également été l’occasion de présenter l’ESC Chat, un agent conversationnel fondé sur un large modèle de langage (LLM) entraîné spécifiquement sur les recommandations de la Société européenne de cardiologie. L’outil permet un accès instantané et contextualisé aux critères diagnostiques, aux évaluations de risque et aux stratégies thérapeutiques, avec des références directement issues des textes ESC. En parallèle, les discussions ont mis en lumière les défis à relever :

    • Robustesse des modèles.
    • Gestion des biais.
    • Reproductibilité des résultats.
    • Et création d’une relation de confiance entre l’IA, les cliniciens et les patients.

    L’ESC entend accompagner cette évolution par un cadre éthique et scientifique renforcé. Le sommet ESC Digital & AI 2025 confirme l’ancrage de l’IA dans la pratique cardiologique, depuis la prévention jusqu’à la formation. Si les solutions sont prêtes à l’usage ou en cours de validation, leur impact dépendra d’une intégration encadrée et concertée dans les systèmes de santé.

  • AAC « longue vie aux médicaments » : Projet d’augmentation de la durée de conservation des médicaments

    • Délai de candidature : 4 mois pour préparer et déposer le dossier (échéance : le 20 mars 2026)​
    • Engagement sur 5 ans : les laboratoires doivent s’assurer de disposer des données de stabilité nécessaires ou pouvoir les produire.​
    • Reporting annuel obligatoire : communication des demandes de modifications approuvées chaque décembre.​
    • Enjeux de pharmacovigilance : l’ANSM a recensé 810 cas liés à des médicaments périmés depuis 2011, dont 17 suspicions d’inefficacité – les modifications d’AMM devront être étayées.​
    • Absence de financement direct : seul l’accompagnement réglementaire est offert, les coûts des études de stabilité restent à la charge des laboratoires​
    • Valorisation RSE possible : opportunité de démontrer l’engagement environnemental dans le cadre de la planification écologique

    Dans le cadre de la planification écologique du système de santé français, qui représente plus de 8% des émissions de gaz à effet de serre nationales, l’ANSM initie un projet pilote visant à réduire le gaspillage médicamenteux. La majorité des médicaments autorisés en France ont une durée de conservation de 2 à 3 ans, entraînant la destruction de milliers de boîtes.

    Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de durabilité et dans les actions européennes en faveur de l’augmentation de la durée de vie des produits de santé.

    Tableau récapitulatif des principaux critères

    Critère Détails
    Dates clés Ouverture : 21 novembre 2025
    Clôture : 20 mars 2026
    Publication des sélectionnés : 3 mois après clôture
    Durée du projet : 5 ans ​
    Financement Accompagnement scientifique et réglementaire via les équipes ANSM et le Guichet Innovation et Orientation (GIO)​
    Nature des projets Augmentation de la durée de conservation des spécialités pharmaceutiques commercialisées en France par modification d’AMM ​
    Éligibilité Laboratoires pharmaceutiques titulaires d’AMM ou exploitants de médicaments commercialisés en France, s’engageant sur la base du volontariat ​
    Modalités de dépôt Candidature via la plateforme Démarches simplifiées : lien plateforme​
    Critères de sélection Évaluation des dossiers par l’ANSM après clôture de l’appel ​
    Bénéfices pour les candidats Accompagnement réglementaire ANSM/GIO. Reconnaissance possible dans dispositifs RSE.​

    Procédure de candidature et de mise en œuvre

    Composition du dossier de candidature

    Le dossier doit comporter :​

    • Informations générales : nom du titulaire de l’AMM, nom de l’exploitant (si différent), coordonnées du contact référent du projet
    • Liste des spécialités envisagées : nom commercial, numéro d’AMM (CIS), durée de conservation actuelle (en mois), objectif de durée cible (en mois), disponibilité des données supportives, engagement prévisionnel de dates de dépôt des demandes de modifications d’AMM.

    Engagements des laboratoires sélectionnés

    Les laboratoires participants s’engagent à :​

    • Identifier les spécialités pour lesquelles une augmentation de durée est scientifiquement envisageable.
    • Déposer des demandes de modification d’AMM dans un délai de 5 ans.
    • Participer à l’évaluation annuelle en décembre : référence et date d’approbation de chaque modification (procédures décentralisée, reconnaissance mutuelle ou centralisée), durée autorisée, utilisation du GIO.
    • Sur la base du volontariat : fournir un retour d’expérience annuel comprenant l’estimation de la réduction du gaspillage (tonnage ou valeur détruite/an), la réduction des contraintes logistiques, la valorisation carbone selon la méthodologie publique DGE, et tout élément illustrant bénéfices ou limites.​

    Suivi et évaluation

    L’ANSM réalisera deux évaluations, à mi-parcours et en fin de projet, portant sur le nombre de spécialités ayant vu leur durée augmentée et les retours d’expérience des industriels. Les laboratoires devront utiliser la plateforme Démarches simplifiées pour l’évaluation annuelle via ce lien.

    Projet sur l’augmentation de la durée de conservation des médic – ANSM ​

  • Etude : un biomarqueur potentiel du stress chronique identifié par IA (Congrès)

    Les surrénales, baromètre biologique du stress

    Le stress chronique est un facteur de risque majeur, mais ses marqueurs biologiques restent difficiles à saisir : les questionnaires sont subjectifs et les mesures de cortisol ne reflètent qu’un instantané. L’IA offre aujourd’hui un levier inédit pour identifier, dans des images médicales déjà disponibles, des signatures morphologiques imperceptibles aux cliniciens. Cette approche d’imagerie opportuniste augmentée par l’IA consiste à réinterpréter des scanners standards afin d’en extraire de nouveaux phénotypes biologiques. L’étude s’inscrit dans cette dynamique en dévoilant un biomarqueur du stress invisible à l’œil humain, mais que l’IA parvient à mesurer automatiquement.

    Les chercheurs ont analysé les données de 2 842 participants de la cohorte MESA, dont les scanners thoraciques ont été réévalués grâce à un modèle d’apprentissage profond capable de détecter, segmenter et mesurer précisément les glandes surrénales. Cette automatisation est déterminante, car ces structures de petite taille sont rarement quantifiées en clinique.

    Un volume surrénalien calculé par IA

    Pour chaque participant, l’algorithme a calculé un volume surrénalien normalisé sous forme d’Adrenal Volume Index (AVI), rapporté à la taille. Cet indicateur a ensuite été comparé à plusieurs mesures indépendantes du stress chronique : questionnaires validés, cortisol salivaire répété et score de charge allostatique, un indicateur global du stress chronique, construit à partir de plusieurs mesures biologiques (pression artérielle, glycémie, inflammation, etc.). Enfin, l’équipe a étudié les liens entre l’AVI et différents paramètres cardiovasculaires, notamment le remodelage du ventricule gauche, l’incidence d’insuffisance cardiaque et la mortalité.

    Résultats : une quantification objective du stress chronique

    • Les participants présentant un stress perçu élevé avaient un AVI significativement supérieur.
    • L’AVI était corrélé au cortisol salivaire, aux scores de stress et à la charge allostatique (corrélations significatives).
    • Chaque augmentation de 1 cm³/m² de l’AVI était associée à un risque accru d’insuffisance cardiaque au suivi.
    • L’AVI constituait un prédicteur indépendant de mortalité toutes causes confondues.
    • Un AVI plus élevé était associé à un index de masse ventriculaire gauche plus important, signe d’un remodelage cardiaque.

    En révélant un biomarqueur invisible à la lecture humaine standard, cette approche illustre le potentiel de l’IA pour enrichir la valeur clinique des images déjà disponibles, sans examen supplémentaire. Ce biomarqueur piloté par l’IA aurait le potentiel d’améliorer la stratification du risque cardiovasculaire et d’orienter les soins préventifs — sans tests supplémentaires ni radiation. À terme, l’AVI pourrait donc être intégré automatiquement dans les workflows d’imagerie pour repérer les individus exposés à un stress chronique délétère, avec un coût marginal minimal.

    Une utilisation en clinique prématurée

    La Dr Elena Ghotbi, première auteure de l’étude et chercheuse postdoctorale en radiologie à Johns Hopkins, insiste sur le fait que leur « modèle d’IA montre que des données d’imagerie largement disponibles peuvent révéler des informations biologiques essentielles, auparavant impossibles à mesurer en routine. » Le Pr Shadpour Demehri, professeur de radiologie et directeur des recherches en imagerie à Johns Hopkins, souligne lui l’enjeu clinique : « Pour la première fois, nous pouvons visualiser le fardeau à long terme du stress dans le corps à partir d’examens que les patients obtiennent déjà quotidiennement. L’IA change ici radicalement ce que la radiologie peut voir. »

    Des validations prospectives, des réplications sur d’autres systèmes d’IA et une harmonisation des protocoles d’analyse des images seront cependant nécessaires avant un déploiement clinique. Mais l’étude montre déjà comment l’IA peut transformer un scanner thoracique courant en outil de phénotypage biologique avancé.

     

    * Quantifying chronic stress and cardiovascular risk via adrenal volume on chest ct: an opportunistic deep learning approach in the mesa

    Roham Hadidchi, Seyedhouman Seyedekrami, Quincy A. Hathaway, M.D., Ph.D., Michael Bancks, Nikhil Subhas, Matthew J. Budoff, M.D., David A. Bluemke, M.D., Ph.D., R. Graham Barr and Joao A.C. Lima, M.D.

    https://www.rsna.org/-/media/files/press/2025/2625/ghotbi-abstract.pdf?rev=d112b4f3efe24ec4adcf51ccdcad4d0b&hash=4D418FAAFEE98CF9E9E15A766691271D